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    Merci à https://twitter.com/green_lemonnn, https://twitter.com/MathieuMorant et https://twitter.com/binationale et https://twitter.com/davidwe82686746

    Titre : Les forces en présence dans le camp du Yarmouk à Damas.

    Durée : 21 minutes 47 secondes.

    Lieu(x) : une carte dans la séquence 3 montre le territoire que l'EI revendique sous son contrôle (voir carte ci-dessous).





    Date (sûre par recoupement ou estimée) : en cours d'analyse.

    Type de vidéo : c'est une vidéo mixte, combinant historique, combat urbain et installation des institutions de l'EI dans une zone conquise.

    Découpage (séquences) :

    1 : 13''– 5'15'', historique des parties en présence dans le camp du Yarmouk.
    2 : 5'15''– 6'53'', poursuite de l'historique avec extraits des combats en cours.
    3 : 6'53''– 15'31'', combats contre l'ex-front al-Nosra.
    4 : 15'31''– 20'55, l'EI installe sa présence (justice, etc).
    5 : 20'55''– 21'47'', conclusion.



    Forces attaquées/adversaires : l'EI se bat dans la vidéo contre l'ex-front al-Nosra (Jabhat Fateh al-Sham) et le régime syrien.

    Effectifs engagés : limités, quelques dizaines d'hommes au plus.

    Moyens d'appui utilisés (canons, mortiers, armes artisanales...) : dans la séquence 3, l'EI utilise un mortier moyen artisanal. Une mitrailleuse lourde KPV sur affût fixe, dans un bâtiment, est également employée. Une autre KPV semble être utilisée.





    Véhicules utilisés (chars, véhicules blindés, technicals...) : dans la séquence 3, un véhicule blindé artisanalement est visible.



    Kamikazes (identité) : néant.

    Véhicules kamikazes (types, impact) : néant.

    Armes légères et lourdes (fusils d'assaut, mitrailleuses, RPG, etc) - groupes de combat et leurs tactiques : dans la séquence 3, un premier groupe de combat comprend 15 à 20 hommes avec masses et marteaux pour percer des cloisons ou des meurtrières dans les murs. On remarque déjà les draps attachés tendus à travers la rue pour masquer la progression aux tireurs ou observateurs adverses. Les combattants de l'EI passent d'abord par les rues, en longeant les murs et en se couvrant mutuellement pour avancer. Ils jettent des grenades artisanales pour nettoyer le terrain. Un des combattants a une RPK. Des explosifs sont placés dans une position de l'ex-front al-Nosra ; le combattant qui les fait sauter porte un FN FAL. A l'aide d'une échelle, un combattant jette une grenade artisanale par une fenêtre. Au combat contre l'ex-front al-Nosra, un tireur emploie une DSHK portée à main nue (!). Pour le combat rapproché, les fantassins de l'EI utilisent encore des grenades artisanales, ainsi qu'un RPG-7. Il y a aussi un tireur PK. L'EI nous montre aussi la fabrication de cocktails Molotov avec bocaux en verre, polystyrène et de l'essence. L'EI sert de ces cocktails Molotov et d'un lance-grenades pour Zastava M70. Avec les masses, les hommes de l'EI creusent des meurtrières dans les cloisons pour les tireurs. Des draps cousus ensemble sont tirés en travers de la rue pour protéger les combattants qui traversent. Les combattants passent par des tunnels de fortune aménagés dans les bâtiments. Un autre tireur PK est visible dans la séquence.

































    Dans la séquence 5, un sniper de l'EI abat deux hommes du régime, dont un tireur SVD.



    Destructions de véhicules adverses : néant.

    Butin matériel : l'EI s'empare de 7 AK, d'1 SVD, d'1 KPV, d'obus de mortiers, d'un FN FAL à lunette, d'explosifs. Une moto est capturée de même qu'un véhicule avec le drapeau de l'ex-front al-Nosra.





    Morts/prisonniers/blessés adverses : dans la séquence 3, un combattant tué de l'ex-front al-Nosra est filmé.

    Morts/blessés de l'EI : dans la séquence 3, un tireur PK est tué par un tir. Un autre combattant blessé est transporté.

    Effets visuels/montage/techniques de propagande : la louange à Allah est suivie du logo de la wilayat, sous-titré en anglais, avec nouvel effet visuel.

    La séquence 1 rappelle l'historique du camp du Yarmouk, et commence par la « nakba » (catastrophe) de 1948 pour les Palestiniens. L'EI insiste sur le rôle du FPLP-Commandement Générale, milice palestinienne pro-régime syrien. On peut voir les combats menés par le FPLP-CG dans le camps, ainsi que des tirs d'IRAM. Il est ensuite question de Kataib Aknaf Bait - Al Maqdis, la branche armée du Hamas dans le camp Yarmouk. L'EI dénonce le contrôle quasi totalitaire qu'exercerait le Hamas à travers différentes institutions dans le camp.

    Dans la séquence 2, l'EI reprend une vidéo montrant Fuzi Hamid, chef du Conseil des civils du camp du Yarmouk, qualifié d'apostat.

    Dans la séquence 4, après les combats contre l'ex-front al-Nosra, l'EI montre l'instauration de sa justice dans les quartiers conquis. Un homme ayant commis « un adultère non protégé » est puni de 100 coups de bâton. Un homme déclaré « apostat » est exécuté part un tir de revolver à bout portant. Des cigarettes et une guitare sont brûlées. L'EI fait des distributions de nourriture, aux adultes comme aux enfants. Au « centre de la Dawa », les enfants reçoivent nourriture, mais aussi armes en plastique. Le « centre des services » de l'EI refait la voierie, déblaie les rues. Les enfants reçoivent des cadeaux après leurs bonnes notes à l'école, le marché reprend son cours.

    A la fin de la séquence 5, l'EI filme une procession funéraire de personnes tuées dans un bombardement autour de Sayyida Zaynab.

    Religion : néant.

    Nasheeds (poèmes chantés) présents dans la vidéo :

    1 : ?
    2 : ?
    3 : 8'38'' - 9'55''Qasaeqat
    4 : 10'07'' - 12'22''Kulamah
    6 : ?
    7 : ?
    8 : ?
    9 : ?

    Commentaires particuliers : c'est une vidéo intéressante car elle montre l'EI combattant uniquement dans un cadre urbain (le camp de réfugiés palestiniens du Yarmouk), avec des éléments tactiques rarement vus jusqu'ici. En outre la vidéo montre comment l'EI, après un succès militaire, administre la zone conquise, en soi la combinaison des deux est intéressante.

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    Merci à https://twitter.com/green_lemonnn, https://twitter.com/MathieuMorant et https://twitter.com/binationale

    Titre : Gloire révérée

    Durée : 38 minutes 42 secondes

    Lieu(x) : hormis les images de propagande ancienne (2011-2015), les images les plus récentes (6 dernières minutes de la vidéo) montrent la contre-attaque de l'EI au sud de Tabqa, sur la route de Raqqa, qui commence au champ pétrolifère al-Thawrah, se poursuit vers le sud en direction d'une centrale électrique à 10 km de là, puis continue le long de la route en direction de Salamiyeh vers l'ouest. La contre-attaque de l'EI se déroule donc sur près de 20 km.

    Carte de la contre-attaque : 1 - le champ pétrolifère al-Thawra 2- la station électrique 3- les tours de communication TV, d'après la vidéo. La contre-attaque de l'EI se déroule sur 10 km entre le champ pétrolifère et la centrale, puis sur 8 km environ entre la centrale et les tours TV.


    Date (sûre par recoupement ou estimée) : hormis les images de propagande entre 2011 et 2015, la contre-attaque de l'EI au sud de Tabqa a lieu entre les 20 et 23 juin 2016 contre les forces du régime qui poussaient sur la route d'Ithriya en direction de Taqba. Côté régime, cette offensive regroupait des éléments hétéroclites venant de nombreuses milices pro-régime (dont la Garde Nationaliste Arabe dont je parlais il y a peu). Elle avait débuté le 2 juin. Les forces du régime n'avaient pas rencontré beaucoup de résistance, et avaient poussé jusqu'au champ pétrolifère d'al-Thawra atteint le 14 juin. Faute de renseignements, seul un minimum de troupes avait été maintenu dans la direction de Taqba, alors même que l'EI préparait une contre-attaque. Celle-ci survient à partir du 20 juin et fracasse complètement le dispositif du régime, privé de soutien aérien, ce qui explique la poursuite sur près de 20 km visible dans la vidéo.

    Type de vidéo : l'EI intitule lui-même cette vidéo « Documentaire mettant en lumière les grands événements et les incidents qu'a connu le Wilayat Ar Raqqah », ce qui résume bien l'esprit. Sur 38 minutes, l'historique en occupe 32, seules les 6 dernières minutes sont consacrées à la contre-offensive au sud de Tabqa.

    Découpage (séquences) :

    1 : 19''– 1'21'', introduction.
    2 : 1'21''– 20'59'', historique de la wilayat Raqqa jusqu'à l'été 2014 et la prise des 3 bases du régime syrien.
    3 : 20'59''– 39'42'', historique de la wilayat jusqu'en juin 2016.



    Forces attaquées/adversaires : le régime syrien est l'adversaire de la contre-attaque de juin 2016.

    Effectifs engagés : importants, sans doute une centaine de combattants au moins pour la contre-attaque vu le nombre de véhicules engagés.

    Moyens d'appui utilisés (canons, mortiers, armes artisanales...) : néant.

    Véhicules utilisés (chars, véhicules blindés, technicals...) : dans la séquence 3, pour la contre-attaque à l'ouest du champ al-Thawra, l'EI utilise un char T-72 et plusieurs technicals, dont un Hilux avec mitrailleuse Type 77/85. Il y a un autre char T-72, un Hilux avec bitube ZU-23, un Land Cruiser avec bitube ZU-23, un Hilux avec KPV. L'EI dispose aussi d'un camion avec S-60 de 57 mm, d'un Land Cruiser avec ZPU-2, d'un Land Cruiser avec KPV.
























    Kamikazes (identité) : néant.

    Véhicules kamikazes (types, impact) : néant.

    Armes légères et lourdes (fusils d'assaut, mitrailleuses, RPG, etc) - groupes de combat et leurs tactiques : dans la séquence 3, lors du combat au champ al-Thawra, au moins 2 mitrailleurs PK et plusieurs fantassins avec AK tirent sur les pick-up du régime en fuite.





    Destructions de véhicules adverses : dans la séquence 3, lors de la prise du champ al-Thoura, un BM-21 est incendié.





    Butin matériel : dans la séquence 3, lors de la prise du champ al-Thoura, l'EI prend un BMP-1, un BM-21. L'EI filme un T-55AMV, 2 T-62, peut-être 2 autres BMP-1, un bulldozer, un pick-up surblindé typique de la milice des Faucons du Désert engagée dans l'offensive du régime, un lance-missile antichar Metis-M1 avec munitions, un viseur thermique 1PBN86-VI pour ce lance-missiles antichars, un détecteur de mines Foerster Minex 2FD,des munitions dont des obus de chars (les caisses de certaines indiquent qu'elles ont été débarquées au port de Lattaquié, lot de 2005).
























    Morts/prisonniers/blessés adverses : dans la séquence 2, l'EI filme le cadavre d'Abu Jasem, responsable de la sécurité militaire à Raqqa, lors de la prise de la ville au printemps 2013. Puis il montre 2 exécutions de soldats du régime syrien.

    Dans la séquence 3, l'EI filme les corps de combattants kurdes de l'YPG tués. Lors de la contre-attaque au champ al-Thoura, un corps de combattant du régime est filmé, puis 4 autres un peu plus loin. L'EI fait aussi plusieurs prisonniers.

    Morts/blessés de l'EI : voir propagande.

    Effets visuels/montage/techniques de propagande : la louange à Allah est suivie du logo de la wilayat, sous-titré en anglais, avec effet visuel.

    La séquence 1 montre des images de Bachar al-Assad célébrant l'Aïd à la mosquée al-Nour de Raqqa en 2011.

    Dans la séquence 2, on peut voir un homme battu par des militaires ou agents des services de renseignement syriens, et des femmes voilées malmenées dans la rue. On voit ensuite les images de la prison de Sednaya au nord de Damas. Le sheikh Abu Hassad, leader tribal de Raqqa, apporte ensuite son témoignage. Une carte montre ensuite toutes les bases militaires à Raqqa et dans les provinces alentours, avant de basculer sur l'Irak. On voit alors l'assaut d'une position de l'armée irakienne dans la province de Diyala (vidéo Salil al Sawarim #3). On entend ensuite le discours d'al-Baghdadi annonçant que l'Etat Islamique en Irak est à l'origine des cellules du front al-Nosra envoyées, au départ, en Syrie. On peut voir ensuite le front al-Nosra, justement, préparer l'attaque sur Raqqa au printemps 2013. La statue d'Hafez al-Assad est mise à bas. L'EI accuse les rebelles « nationalistes » (sic) d'avoir investi la ville après sa conquête par al-Nosra. Des discussions ont lieu avec des cadres locaux comme le responsable de l'électricité. On voit également une réunion du conseil civil où il est question d'indépendance, de démocratie et de laïcité. L'EI fait témoigner Abu Abd Allah, un commerçant de Raqqa. Un convoi du régime est détruit à Tel Al Samin. On entend ensuite Abu Zayd Al Shami, un transfuge d'Ahrar al-Sham où il était responsable des armes lourdes. L'EI filme ensuite les corps de ses morts abattus, selon ses dires, par des traîtres des « sahwat ». On entend ensuite le témoignage d'Abu Salah Al Shami. On voit ensuite la poursuite des « sahwat », avec chars, technicals et mortiers, à la périphérie est de Raqqa. L'EI filme ensuite la levée du premier drapeau du groupe à Raqqa, et l'installation de ses institutions comme la hisba. Il montre ensuite une carte avec la base de la 17ème division à Raqqa, celle de la 93ème brigade au bord, et la base aérienne de Tabqa au sud-ouest, attaquées à l'été 2014. Abu Abdallah Al Muhajir (tué au combat) prononce un discours. Puis on voit l'assaut sur les 3 bases dans l'ordre chronologique, en commençant par celle de la division 17 à Raqqa : char T-55, camion avec S-60 de 57 mm, mortier. Le butin est conséquent, en armes légères et munitions, on reconnaît aussi des missiles antichars Sagger. Un bulldozer enterre les corps des soldats du régime. Abu Ahrath Al Shami parle quelques secondes, puis on passe à l'assaut sur la base de la brigade 93, mené avec un tir de BM-21 Grad.

    La séquence 3 commence avec la prise de la base aérienne de Tabqa, avec chars T-55 et camion portant un canon S-60 de 57 mm. Un kamikaze, Abu Abdallah Al Jazrawi (Saoudien), se fait sauter à l'entrée. On peut voir les chars T-55, canons S-60 et les MiG-21 pris sur le régime. Au nord de la wilayat, l'EI affronte l'YPG avec plusieurs chars T-55, un camion avec S-60 et d'autres technicals, ainsi qu'un canon sans recul B-10. Abu Abd Arrahman Al Shami témoigne. On voit ensuite des bombardiers B-1B Lancer lâcher leurs projectiles pour la défense de Kobane. L'EI montre ensuite 5 de ses kamikazes ayant réalisé leur opération suicide dans cette ville avec VBIED. On entend ensuite un long discours d'al-Adnani : "Alors ils tuent et sont tués" (discours qui date du 12 mars 2015). L'EI montre ensuite des images de 3 de ses combattants membres de la branche média, tués au combat : Abu Ma'az Al Jazrawi (Saoudien), Abu Abd allah Al Shami (Syrien), Abu Omar Al Tunisi (Tunisien). Suit un discours audio d'al-Baghdadi : « March Forth Whether Light or Heavy », sur fond d'images d'archives d'autres wilayats (Homs, Halab). A noter que selon la pratique récente, au moment des discours audio, une miniature montre le portrait du narrateur en bas à droite de l'image. Abu Omar Al A'amni, membre de la sécurité de l'EI, apporte un témoignage. Puis les images d'exécution se succèdent. Une carte enfin montre les localités au sud de Raqqa, notamment Ithriya, où l'EI contre-attaque en juin 2016 contre une poussée du régime syrien. Un drone filme une position du régime, avec véhicules derrière des levées de terre de part et d'autre de la route, à l'ouest du champ al-Thoura. L'EI reprend le contrôle du champ al-Thoura et de la centrale électrique. La vidéo se termine sur le discours de Abu Jawad Al Shami, l'entraînement d'enfants à la guerre et des images du Coran ( sourate Al Anfal (le butin), versets 26, 27, 28).

    Religion : voir propagande.

    Nasheeds (poèmes chantés) présents dans la vidéo :

    1 : ?

    2 : 15'12'' - 15'44''Saraya Dawlati Haya



    5 : 23'29'' - 25'15''Adajah

    7 : 30'– 32'Hayya Inghamis


    9 : 34'15''– 36'30''Hayya Inghamis

    10 ?

    11 : ?

    Commentaires particuliers : cette vidéo-fleuve de 38 mn est, comme l'EI l'appelle lui-même, un véritable documentaire sur la mainmise de Raqqa et le territoire alentour. L'EI insiste sur les exactions commises par le régime, puis par son rôle dans l'installation du front al-Nosra qui selon lui a joué un rôle clé dans la capture de Raqqa au printemps 2013 par rapport aux autres rebelles. L'EI souligne ensuite les batailles importantes : les 3 bases prises à l'été 2014, la bataille de Kobane contre les Kurdes. La partie la plus récente, la contre-attaque au sud de Tabqa de juin 2016, n'occupe que 6 minutes à peine. Il est probable que l'EI ne montre pas tout sur cette dernière opération : le fait de publier les images 4 mois après la bataille prouve sans doute que l'EI conserve des images de succès à mettre en ligne à bon escient. Est-ce un hasard si ce gros montage est mis en ligne juste après les déclarations des Américains indiquant leur intention de partir à l'assaut de Raqqa ? Probablement pas. On remarque aussi les pertes, toutefois, dans la branche médiatique (3 cadres tués sont ici mentionnés). La contre-offensive au sud de Tabqa a mobilisé des moyens importants.

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    Merci à https://twitter.com/green_lemonnn et https://twitter.com/MathieuMorant


    Titre : Le déclenchement de la guerre.

    Durée : 20 minutes 26 secondes.

    Lieu(x) : la séquence 2 montre le front au nord de Mossoul. La séquence 4 se déroule à l'est de Mossoul. La séquence 6 a lieu au sud-est et un des VBIED se fait exploser à Bartella. L'EI présente donc la défense de Mossoul, selon un cadran horaire (nord, est, sud-est) mais étrangement ne parle pas du front sud (peut-être du ressort de la wilayat Dijlah?).

    Date (sûre par recoupement ou estimée) : la vidéo a été publiée moins de deux semaines après le début de l'offensive sur Mossoul, le lundi 17 octobre. L'EI réutilise notamment les vidéos de l'agence Amaq mises en ligne depuis, et a donc accéléré le montage de sa première vidéo longue sur la bataille, ce qui montre son importance.

    Type de vidéo : c'est une vidéo de défense agressive, l'EI combat pour le pourtour de la ville de Mossoul.

    Découpage (séquences) :

    1 : 15''– 3'31'', introduction.
    2 : 3'31''– 6'00'', combats et tirs de missiles antichars Konkurs au nord de Mossoul.
    3 : 6'00 – 10'44'', combats et tirs de missiles antichars.
    4 : 10'44''– 12'27'', combats et tirs de missiles antichars à l'est de Mossoul.
    5 : 12'27''– 13'39'', 2 VBIED.
    6 : 13'39''– 16'42'', combats au sud-est de Mossoul, VBIED (Bartella).
    7 : 16'42''– 20'26'', combats et VBIED.



    Forces attaquées/adversaires : dans la séquence 1, l'EI filme à distance des véhicules des kurdes irakiens, dont des Humvees, un char T-55, un M1117, des bulldozers et pelleteuses... et ce qui semble bien être un Oshkosh M-ATV, le remplaçant du Humvee, qu'utilisent notamment les forces spéciales américaines présentes dans la bataille. Un peu plus loin l'EI filme aussi à distance des véhicules de l'armée irakienne.







    Dans la séquence 2, l'EI filme des véhicules irakiens au loin, dont un ILAV Badger, des Humvees, des MRAP Maxx Pro. On voit plus loin 6 ou 7 BMP-1, des Humvees et peut-être un char.



    Dans la séquence 3, un AH-64 Apache est pris à parti par un tireur PK de l'EI. On voit aussi un B-52 survoler les positions de l'EI. L'EI filme à distance un groupe de 5 Humvees, 1 BMP-1 et un bulldozer.



    Après l'explosion du VBIED de Sa'ad Al Iraqi dans la séquence 5, l'EI filme les ambulances qui ramassent les morts et les blessés.


    Effectifs engagés : dans la séquence 1, on voit un groupe d'une douzaine d'hommes préparer ses armes, dont une mitrailleuse PK et un RPG-7. Un des combattants a aussi un AK-47 à chargeur tambour. On voit deux autres groupes d'une dizaine d'hommes, comme le premier, renouveler la bayat (serment d'allégeance), puis un groupe de 5 hommes faire de même.




    La séquence 3 montre un groupe de 5 combattants de l'EI, dont un adolescent.


    Moyens d'appui utilisés (canons, mortiers, armes artisanales...) : dans la séquence 2, l'EI filme des tirs de roquettes artisanales (107/122 mm) et de mortiers moyens (82 mm). Un canon sans recul SPG-9 sur trépied est employé pour tirer sur des positions kurdes. Un autre est porté à l'épaule pour le tir plus loin. Un lance-missiles antichars Konkurs ouvre le feu sur un BREM-1 qui tracte un BMP-1 en panne et le détruit. Un nouveau tir de Konkurs (même lanceur?) touche un véhicule blindé kurde.














    Dans la séquence 3, un missile antichar (lanceur non visible) frappe un ILAV Badger stationnant près de 3 autres véhicules semblables et de 3 Humvees. 2 missiles antichars (lanceurs non visibles) sont tirés successivement sur 2 BMP-1. Enfin, un bulldozer est frappé par un missile antichar (lanceur non visible).














    La séquence 4 voit un autre tir de missile antichar Konkurs qui détruit un char T-72. Un missile antichar (lanceur non visible) touche un char M1 Abrams












     

    Dans la séquence 5, le VBIED d'Abu Omar Al Iraqi est soutenu par le tir d'un fusil de sniping lourd bricolé à partir d'un tube antiaérien de 23 mm, avec frein de bouche, sur trépied, installé dans un bâtiment.


    Un mortier léger de 50-60 mm est utilisé dans la séquence 6.


    Véhicules utilisés (chars, véhicules blindés, technicals...) : un technical avec ZU-23 monotube est filmé dès la séquence 1.



    Dans la séquence 2, un char T-55 camouflé et engoncé sous une habitation ouvre le feu. Un Hilux avec KPV tire sur des véhicules irakiens.



    Dans la séquence 3, le kamikaze Saif Al Islam Al Iraqi est appuyé par un KPV sur technical. Un pick-up surblindé avec monotube ZU-23 fait face à un char M1 Abrams. Un autre monotube ZU-23 sur pick-up est utilisé.




    Un Toyota Land Cruiser avec KPV est filmé dans la séquence 4. Il y a aussi un Hilux avec KPV qui incendie une pelleteuse.





    Kamikazes (identité) :

    1 : Saif Al Islam Al Iraqi (Irakien).

    2 : Abu Omar Al Iraqi (Irakien).

    3 : Sa'ad Al Iraqi (Irakien).

    4 : Abu Sufiyan Al Iraqi (Irakien).

    5 : Abu Muawiya Al Iraqi (Irakien).

    6 : Abu Bakr Al Iraqi (Irakien).

    Véhicules kamikazes (types, impact) :

    1 : Saif Al Islam Al Iraqi pilote un pick-up surblindé de façon artisanale, moins travaillé que ceux habituellement vus dans la wilayat Ninive.


    2 : Abu Omar Al Iraqi conduit un pick-up surblindé avec plaques additionnelles.


    3 : Sa'ad Al Iraqi pilote un pick-up surblindé avec blindage SLAT à l'avant.


    4 : Abu Sufiyan Al Iraqi pilote un pick-up qui n'est même pas blindé.


    5 : le kamikaze anonyme pilote un 4x4 blindé avec blindage SLAT sur l'avant et les côtés.


    6 : Abu Muawiya Al Iraqi pilote un camion blindé artisanalement.



    7 : Abu Bakr Al Iraqi conduit un 4x4 surblindé.


    Armes légères et lourdes (fusils d'assaut, mitrailleuses, RPG, etc) - groupes de combat et leurs tactiques : la séquence 2 montre un tireur PK avec AK-47 en bandoulière, un tireur AK-47, un tireur M-16 à lunette, un autre tireur AK-47.






    Dans la séquence 3, le kamikaze Saif Al Islam Al Iraqi est couvert par un tireur AK-47 et un tireur M-16. Un tireur PK ouvre le feu sur un AH-64 Apache. Un autre tireur PK est filmé.





    Un groupe de 5 à 10 hommes apparaît dans la séquence 4, avec tireur PK.




    Abu Omar Al Iraqi est soutenu par 2 tireurs PK dans la séquence 5.



    Dans la séquence 6, un groupe d'une dizaine d'hommes évolue dans un village. Un combattant recharge le chargeur d'un FN FAL en version para avec lunette, avec à côté de lui un AK-47 à chargeur tambour. Il y a un tireur RPG-7 (avec M-16 dans le dos) qui expédie des roquettes antipersonnelles et un tireur M-16. Un des hommes qui manipule le FN FAL à lunette porte en plus un M-16. Il y a un tireur PK et un autre tireur M-16 avec lunette. Après l'explosion du VBIED de Abu Sufiyan Al Iraqi, on peut voir 2 tireurs RPG-7, un avec roquette tandem et AK-47 dans le dos, l'autre avec roquette antichar normal et M-16 dans le dos. Un homme avec un SVD monte sur un Humvee détruit.

















    Dans la séquence 7, un groupe de 4 tireurs (3 AK-47, 1 M-16) est filmé. Le VBIED de Abu Bakr Al Iraqi est couvert par 2 tireurs PK dont 1 avec AK-47 dans le dos. Un des tireurs PK est un homme assez âgé. Un tireur PK est filmé à la fin de la séquence.




    Destructions de véhicules adverses : séquence 2, un BREM-1 est détruit par un missile antichar Konkurs ; un véhicule blindé kurde détruit par un autre tir de Konkurs.

    Séquence 3 : un ILAV Badger détruit par un missile antichar ; 2 BMP-1 touchés par des missiles antichars.

    Séquence 4 : une pelleteuse incendiée par un KPV monté sur Hilux, un char T-72 détruit par un missile antichar Konkurs.

    Dans la séquence 6, un Humvee est détruit (peut-être par un VBIED).

    Dans la séquence 7, l'EI filme un bulldozer et un MRAP Casspir détruit (un drapeau kurde est foulé au sol au pied du véhicule), puis un bulldozer détruit et un BMP-1 en feu.




    Butin matériel : dans la séquence 1, l'EI filme un Humvee armé d'une DSKH en tourelle, capturé (ou détruit, on ne le voit pas en entier) sur lequel les combattants ont mis leur drapeau.

    Dans la séquence 3, l'EI montre un camion et un MRAP MaxxPro capturés. Le MaxxPro est équipé d'un lance-grenades Mk 19 de 40 mm en tourelle. Les combattants de l'EI y trouvent un drapeau chiite qu'ils mettent en pièces. Dans le MaxxPro, ils prennent aussi un gilet pare-balles. Le camion contient une caisse de munitions pour SPG-9, des caisses de grenades pour le Mk 19 et une caisse de grenades à main, à fragmentation, du type M67.











    Morts/prisonniers/blessés adverses : dans la séquence 3, après avoir incendié un ILAV Badger avec un missile antichar, l'EI filme les soldats irakiens évacuer les corps de leurs camarades.


    Morts/blessés de l'EI : néant.

    Effets visuels/montage/techniques de propagande : la louange à Allah est suivie du logo de la wilayat, avec effet visuel, sous-titré en anglais.

    La séquence 1 commence par une liste des adversaires de l'EI dans la bataille de Mossoul : les forces peshmergas, l'alliance gouvernementale, l'armée irakienne, les forces peshmergas et le parti des ouvriers du Kurdistan (PKK), Hashd Vatani, les forces tribales de Mossoul, les forces turques, les milices chiites du Hashd al-Shabi et les forces spéciales (étrangères). Les images suivantes montrent ces adversaires, et insistent en particulier sur la présence des forces spéciales occidentales.

    A noter : le titre de la vidéo est sous-titré en anglais, ce qui est rare (Ignition of War).


    Dans la séquence 3, l'EI montre des reportages où l'on voit les ambulances évacuer les peshmergas blessés.

    Religion : dans la séquence 1, on voit un commandant de groupe et les 16 hommes de son groupe de combat en prière collective. Plus loin on voit deux hommes séparément en prière. Un combattant lit le Coran.





    Nasheeds (poèmes chantés) présents dans la vidéo :

    1 : ?

    2 : 1'24''– 1'45''Adajah

    3 : ?

    4 : 4'24'' - 5'54''Nahadna


    6 : 7'12''– 7'41''Alhamdulillah _ الحمد لله

    7 : 8'10'' - 10'38''Fisebilillah

    8 : 11'00 – 12'21''Halili Kabiri

    9 : ?

    10 : ?

    11 : ?

    Commentaires particuliers : l'EI a été capable de sortir une vidéo longue sur la bataille de Mossoul moins de deux semaines après le début de la bataille, ce qui tranche avec ses productions récentes. On retient l'absence du front sud. L'EI emploie des lance-missiles antichars, surtout des Konkurs, et une infanterie légère armée de moyens mobiles (canons sans recul, mortiers légers, fusils de sniping bricolés) et de quelques véhicules. On note le char T-55 utilisé embossé dans une maison. 7 VBIED seulement sont montrés sur les 50 utilisés dans la première semaine de la bataille : tous sont irakiens, ce qui est intéressant et confirme l'hypothèse d'une garnison à dominante locale. L'infanterie dispose d'un armement classique mais abondant. L'EI se donne beaucoup de mal pour la mise en scène de cette bataille, preuve qu'elle compte à ses yeux.

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    Titre : La victoire vient avec la patience.

    Durée : 21 minutes 21 secondes.

    Lieu(x) : la séquence 2 se déroulerait à l'ouest de Makhmour. Les combats de la séquence 3 auraient lieu à l'ouest de Mafraq Al Hazer. Ceux de la séquence 4 se passeraient à Jabal Alnamal au sud de Shirqat.

    Date (sûre par recoupement ou estimée) : la plupart des images de la vidéo correspondent à un reportage photo de la wilayat Dijlah publié le 14 octobre (vidéo mise en ligne le 4 novembre : environ 20 jours d'écart).

    Type de vidéo : c'est une vidéo de défense agressive et d'embuscades.

    Découpage (séquences) :

    1 : 15''– 3'35'', images d'archives, discours de Zarqawi.
    2 : 3'35''– 10'27'', combats à l'ouest de Makhmour.
    3 : 10'27''– 14'49'', combats à l'ouest de Mafraq Al Hazer.
    4 : 14'49''– 19'17'', VBIED, tirs de missiles antichars.



    Forces attaquées/adversaires : l'armée irakienne. L'EI filme au loin dans la séquence 1 des Humvees et autres véhicules blindés.

    Dans la séquence 2, l'EI prend en embuscade sur une route une colonne de Humvee, avec un MaxxPro et d'autres véhicules.




    Effectifs engagés : limités, quelques dizaines d'hommes au maximum.

    Moyens d'appui utilisés (canons, mortiers, armes artisanales...) : un canon sans recul SPG-9, porté à l'épaule, est utilisé dans la séquence 3.



    Dans la séquence 4, l'EI tire avec un lance-missiles antichars Fagot. C'est la fameuse « katiba antiblindés » déjà vue plusieurs fois depuis cet été dans la wilayat Dijlah : un premier missile touche un char (T-55?), un deuxième frappe un T-55, le troisième un autre T-55, le quatrième un véhicule indistinct, le cinquième missile un T-72 (le lanceur n'est pas visible mais on dirait un missile Metis-M), le sixième missile un véhicule indistinct, le septième missile un T-55 (?), le huitième un autre véhicule, le neuvième un char.




















    Véhicules utilisés (chars, véhicules blindés, technicals...) : dans la séquence 1, 2 M1117 renforcés de blindage artisanal, SLAT, sont visibles, de même qu'un camion servant certainement de VBIED.



    Dans la séquence 2, une mitrailleuse lourde KPV sur Hilux est utilisé en tir tendue.



    Kamikazes (identité) : néant.

    Véhicules kamikazes (types, impact) :

    1 : un 4x4 blindé artisanalement se jette sur la route au milieu des véhicules irakiennes immobilisés par l'embuscade (séquence 2).





    2 : véhicule indéterminé qui se jette sur les positions adverses (séquence 3).

    3 : véhicule indéterminé qui se jette sur les positions adverses (séquence 4).

    4 : véhicule indéterminé qui se jette sur les positions adverses (séquence 4).

    Armes légères et lourdes (fusils d'assaut, mitrailleuses, RPG, etc) - groupes de combat et leurs tactiques : dans la séquence 1, un premier groupe de 5 combattants est visible, dont un tireur MG-3 avec M-16 dans le dos. On voit un autre groupe de 5 hommes avec également un tireur MG-3 (AK-47 dans le dos cette fois). Puis on voit un groupe plus important avec un tireur RPG-7 et un homme portant un canon sans recul à l'épaule (sans doute un SPG-9). On voit ensuite 16 combattants en tout dont un tireur RPG-7 et son pourvoyeur et un tireur PK.







    Le groupe de combat de la séquence 2 comprend plusieurs tireurs PK, dont un avec AK-47 dans le dos. On peut voir ensuite un autre groupe de 13 combattants, en ligne, sur plusieurs centaines de mètres, ouvrir le feu sur l'ennemi, après le discours d'encouragement d'un cadre (il y a un tireur PK et un tireur RPG-7, chacun avec une AK-47 dans le dos). On constate ensuite qu'il y a même plusieurs tireurs PK.


















    Le groupe de combat de la séquence 3 comprend un tireur RPG-7 et un tireur MG-3. Un combattant dispose d'un AK-47 à chargeur tambour.





    Le groupe de combat de la séquence 4 comporte un tireur PK, des tireurs AK-47 et M-16.




    Destructions de véhicules adverses : dans la séquence 2, un BMP-1 est incendié. Au moins un véhicule est détruit par l'explosion du VBIED sur la route.




    Butin matériel : néant.

    Morts/prisonniers/blessés adverses : le BMP-1 incendié de la séquence 2 renferme plusieurs corps de soldats irakiens.

    Dans la séquence 3, un corps de soldat irakien est visible dans la caserne attaquée.

    3 corps de soldats ou policiers irakiens sont filmés dans la séquence 4.

    Morts/blessés de l'EI : néant.

    Effets visuels/montage/techniques de propagande : la louange à Allah est suivie du logo de la wilayat Dijlah, avec effet visuel « eau » caractéristique de cette wilayat, sous-titré en anglais.

    Dans la séquence 1, l'EI rappelle la lignée des prophètes, de Noé à Mahomet. On peut voir aussi des cadres de l'EI morts, dont Omar al-Shishani. Des images d'archives montrent les combattants de l'EI en train de creuser un tunnel.

    Un cameraman de l'EI est vu en train de filmer les combattants en ligne qui ouvrent le feu dans la séquence 2.

    Le début de la séquence 3 montre les images d'archives du défilé de la victoire à Raqqa à l'été 2014 et des scènes d'exécution. Les combats sont en partie filmés par caméra GoPro fixée sur un combattant avec AK-47.

    Dans la séquence 4, les VBIED sont filmés avec drone. L'EI remontre des images de la séquence 2 au milieu d'images d'archives. Les dernières images sont des archives montrant la 3ème brigade blindée de l'EI, Liwa al-Furqan, qui opère à Mossoul : chars T-55, ILAV Badger embarquant des combattants casqués et bien armés.

    Religion : dans la séquence 1, on entend un discours d'Abu Musab Al Zarqawi. Un combattant lit le Coran.

    Dans la séquence 2, on entend un discours d'Abu Bakr Al Baghdadi. Plus loin c'est Abu Muhamad Al Adnani qui parle.

    Nasheeds (poèmes chantés) présents dans la vidéo :

    1 : ?

    2 : 4'16'' - 5'52''Qasaeqat

    3 : 5'57''– 10'06''Adajah

    4 : ?

    5 : ?

    6 : 17'19''– 18'25''Halili Kabiri

    7 ; 19'18''– 21'12''Al Nor

    Commentaires particuliers : cette vidéo montre des opérations précédant l'offensive contre Mossoul, l'EI s'attaque à des positions de l'armée au sud de la ville, mène des embuscades.

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    Le film raconte la défense de la ville de Mogilev, en juillet 1941, par les Soviétiques face au groupe d'armées Centre allemand. Il suit plus particulièrement le parcours du commandant de division de fusiliers Zubov (Igor Sigov, acteur biélorusse qui fait une très courte apparition, non créditée, dans le Stalingrad de Bondartchouk en 2013), relâché des geôles du NKVD pour orchestrer la défense de la ville. Zoe Sintsova (XeniaKnyazev), une jeune infirmière seule survivante d'un train mitraillé par des chasseurs allemands, oeuvre à l'hôpital de Mogilev et tombe amoureuse de Zubov qu'elle a rencontré avant la guerre.

    A l'instar de la Russie, la Biélorussie réalise depuis la dernière décennie de nombreux films de guerre revalorisant la Grande Guerre Patriotique. Sorti avant Brest-Litovsk, qui a connu une certaine publicité en Europe de l'ouest, La ligne du Dniepr s'inscrit parfaitement dans l'esprit des films russes ou biélorusses valorisant l'héroïsme des combattants soviétiques de 1941, même dans la défaite, la romance n'ayant ici qu'un rôle très secondaire, pour ne pas dire décoratif.

    L'épisode évoqué ici est tout à fait authentique et s'inspire de la progression allemande au centre du front, après la chute de Minsk et l'encerclement de plusieurs armées soviétiques à proximité de la ville, durant la première phase de l'opération Barbarossa. Les blindés allemands du Panzergruppe 2 contournent Mogilev et laissent l'infanterie réduire la poche avec les troupes soviétiques encerclées. Dès la fin juin, les Soviétiques avaient fortifié la ville, ses bâtiments, construisent des tranchées et posant des champs de mines. Le 13 juillet, la 13ème armée soviétique se replie au nord de Mogilev et laisse la ville sous la direction du 61ème corps d'armée du général Bakunin, qui est arrivé avec son état-major le 5 juillet. Les Allemands débordent Mogilev en franchissant le Dniepr au nord de la ville (46ème et 47ème corps motorisés), puis au sud (24ème corps motorisé), entre les 13 et 17 juillet, date à laquelle l'encerclement est complété. Le 61ème corps de fusiliers regroupe alors les 53ème, 110ème et 172ème divisions de fusiliers, des restes du 20ème corps mécanisé et du 20ème corps de fusiliers, du 48ème corps de fusiliers et la 1ère division motorisée. L'ordre de repli de la 13ème armée est donné dès le 16 juillet, mais le général Romanov, qui commande la 172ème division de fusiliers, mène la défense dans Mogilev, autour du 61ème corps, des restes du 20ème corps mécanisé et d'éléments de milice populaire. Côté allemand, les corps d'armée du Panzergruppe 2 de Guderian sont relevées le 17 juillet par l'infanterie de la 2. Armee, dont le VII. Armee Korps qui va se charger de prendre Mogilev. Les combats de rue ne commencent que le 24 juillet et se terminent trois jours plus tard après une tentative soviétique de percée. Il aura fallu pas moins de 4 divisions d'infanterie aux Allemands pour réduire la poche de Mogilev (l'une d'entre elles perd 1 000 hommes dans la bataille) : un retard a été pris et les Soviétiques ont eu le temps d'amener des renforts vers Smolensk.

    Le général Romanov, qui commande la 172ème division, inspire probablement le personnage de Zubov. C'est un ancien officier de l'armée tsariste passé aux bolcheviks en 1917. Il combatcontre Koltchak et il est blessé : il rencontre Frunze à l'hôpital. Remarqué pour ses talents d'officiers, il est nommé commandant de régiment. Il se bat ensuite contre les Basmachis en Asie Centrale. Il est général de brigade en 1939 puis général de division en 1940, et suit des cours à l'académie l'état-major général, avant de prendre la tête de la 172ème division qui arrive à Mogilev entre les 28 juin et 3 juillet, lui-même avec son état-major le 30 juin. Contrairement à ce qui est suggéré dans le film, il ne me semble pas avoir participé à la bataille de Khalkin-Gol ni avoir été emprisonné et torturé par le NKVD au début de Barbarossa. Romanov, après avoir dirigé la défense de Mogilev, est capturé par les Allemands et transféré au camp de prisonniers de Hammelburg en Allemagne. Blessé, il y serait décédé en juillet 1943 selon des historiens occidentaux. Son rôle est souligné dans le chapitre que Ieremenko consacre à la défense de Mogilev dans ses mémoires.



    Les 3 corps de Guderian commencent à franchir le Dniepr les 10-11 juillet : le 47. (mot.) Armee Korps, qui traverse au sud d'Orsha, fonce sur Smolensk, le 46. (mot.) Armee Korpsà Shklov et le 24. Panzerkorps au sud de Moghilev. Les Soviétiques échouent à réduire les têtes de pont et Moghilev est bientôt encerclée par le nord, où la 53ème division de fusiliers est dispersée. Ce même jour, le 12 juillet, la 3. Panzerdivision de Model tente de forcer le verrou au sud de Moghilev, tenu par la 172ème division de fusiliers, qui oppose une résistance inattendue aux Allemands dans le secteur de Buinichi. Le 388ème régiment de fusiliers du colonel Kutepov (qui inspire dans le film le personnage de Shadrin : comme Romanov, ancien officier de l'armée tsariste, passe aux bolcheviks en 1917, a bien appris l'allemand mais n'a pas participé lui non plus à Khalkin-Gol ; tué pendant la bataille, sans que l'on sache précisément comment ; a inspiré à Simonov un personnage de son fameux roman Les vivants et les morts), en particulier, se distingue, et bloque encore la 3. Panzerdivision le lendemain, au prix de lourdes pertes, mais en revendiquant 39 véhicules détruits. Néanmoins les 3. et 4. Panzerdivisionen, en esquissant un mouvement de contournement,finissent par encercler Moghilev. Les contre-attaques soviétiques autour de Bobruisk détournent cependant pour un temps les Allemands de la réduction de la poche.

    Buinichi, 14 juillet 1941. Un Panzer III de la 3. Panzerdivision est resté sur le terrain, victime de la défense efficace mais coûteuse de la 172ème division de fusiliers.

    Ce n'est que le 17 juillet que l'infanterie allemande (7. Armee Korps : 7., 15., 23., 258. I.D., avec la 3. Panzerdivision en soutien) monte à l'assaut de Moghilev. Les restes du 61ème corps de fusiliers et du 20ème corps mécanisé sont tant bien que mal ravitaillés par air. Le haut-commandement soviétique magnifie la résistance des défenseurs de Moghilev, comparée à un nouveau "Madrid". Les combats de rue commencent le 23 juillet : les Allemands percent au niveau de la gare et de l'aérodrome qui recevait le peu de ravitaillement aérien. Trois jours plus tard, après avoir refusé une offre de reddition, les Soviétiques font sauter le pont sur le Dniepr. Les défenseurs percent dans la nuit du 26 au 27 juillet, vers l'ouest, ce qui va à l'encontre des ordres de la Stavka de tenir à tout prix. Bakunin, qui commande la 61ème corps et qui a fait replier ses troupes, passera d'ailleurs en jugement après la fin de la bataille et le commandant de la 13ème armée, Gerasimov, est immédiatement remplacé. Certains soldats encerclés arrivent à rejoindre les lignes soviétiques ou forment des unités de partisans. La résistance soviétique à Moghilev, qui ne change rien à la situation stratégique, est l'un des premiers exemples de mobilisation intensive de la population en soutien de l'Armée Rouge. Non seulement une division de miliciens est créée, mais des travailleurs construisent un énorme fossé antichar aux abords de Moghilev. Les miliciens, armés de vieux fusils britanniques et de cocktails Molotov, servent surtout de force d'appoint. La défense de Moghilev a inspiré des lignes fameuses à Konstantin Simonov, célèbre écrivain soviétique du conflit, qui a notamment été marqué par la défense héroïque de la 172ème division à Buinichi. Après la chute de l'URSS, en 1995, la Biélorussie fait construire un mémorial dans les champs de Buinichi, où la 172ème division de fusiliers avait stoppé pour un temps la 3. Panzerdivision.

    Une des deux répliques de BA-20 utilisées dans le film, que l'on verra aussi dans le film Brest-Litovsk.


    Le film joue d'un parallèle assez évident entre le héros, Zubov, et le maréchal soviétique Rokossovsky, qui lui aussi a connu les geôles du NKVD (où il a également laissé quelques dents...). Si le scénario est moins travaillé que pour d'autres productions biélorusses ou russes, et si les scènes de combat sont moins abouties que pour Brest-Litovsk, par exemple, il n'en demeure pas moins que, comme à l'accoutumée, la réalisation fait appel à un abondant matériel d'époque couplé à de non moins abondantes images de synthèse (en particulier pour les moyens aériens). Outre les armes de poing (Nagant M1895, TT-33, Mosin Nagant M1891/30 ou carabine M1938, PPD-40, SVT-40 côté soviétique, etc), on note les mitrailleuses PK modifiées pour ressembler à des MG 34 ou à des DT sur les véhicules allemands ou russes, les PKT transformées pour ressembler aux mitrailleuses des chars allemands, et le quad de mitrailleuses Maxim M-4 monté sur camion et sorti tout droit d'un musée biélorusse. On note même la présence d'une vieille Maxim 08 et surtout d'un FM 24/29 manipulé par les Allemands lors des combats de rues. Les Panzer III sont des répliques montées sur châssis des BMP-1 et seront réutilisés dans le film Brest-Litovsk tout comme les 2 BA-20 visibles à l'écran. On note aussi la présence d'un Nebelwerfer 41.





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    Merci à https://twitter.com/green_lemonnn et https://twitter.com/Arn_Del

    Titre : La promesse de Dieu.

    Durée : 26 minutes 13 secondes

    Lieu(x) : les bandeaux indiquent que la séquence 2 montre le front au nord de Mossoul. Or certaines images correspondent à un reportage photo du 11 novembre qui mentionne lui... le sud-est de Mossoul.

    La séquence 4 se passerait dans le quartier d'al-Intisar (est de Mossoul).

    La séquence 7 montrerait des combats à l'est de Mossoul.

    La séquence 8 se déroulerait également à l'est de Mossoul.

    Date (sûre par recoupement ou estimée) : dans la séquence 2, des images renvoient à un reportage du 11 novembre.

    Certaines images de la séquence 4 remontent au 1er novembre (vidéo Amaq).

    Le VBIED piloté par l'Algérien dans la séquence 5 est celui qui a touché un convoi de l'armée irakienne dans le quartier d'al-Intisar, on reconnaît un BMP-1 d'un reportage photo du 10 novembre.

    Le tir de missile antichar sur le MaxxPro de la séquence 5 date de la première semaine de novembre (reportage photo). Celui du Metis-M sur l'Abrams est du 4 novembre (reportage photo).

    Les combats de la séquence 7 renvoient à une vidéo Amaq du 4 novembre dans le quartier de Salmah.

    Dans la séquence 8, on reconnaît des images Amaq de Salmah le 4 novembre, mais l'EI glisse aussi des images de l'embuscade à al-Intisar les 10-11 novembre... il y a aussi une embuscade qui correspond à une vidéo Amaq du 7 novembre.

    Type de vidéo : c'est une vidéo de défense agressive, l'EI combat et contre-attaque en milieu urbain ou semi-urbain.

    Découpage (séquences) :

    1 : 13''– 2'26'', introduction.
    2 : 2'26''– 4'25'', combats au nord (?) de Mossoul.
    3 : 4'25''– 5'42'', morts/blessés de l'EI, prières.
    4 : 5'42''– 8'31'', combat à al-Intisar.
    5 : 8'31''– 11'52'', VBIED.
    6 : 11'52''– 15-57'', VBIED et tirs de missiles antichars, statistiques sur les pertes adverses.
    7 : 15'57''– 20'39'', combats à l'est de Mossoul.
    8 : 20'39''– 26'13'', combats à l'est de Mossoul et conclusion.



    Forces attaquées/adversaires : l'armée irakienne. Dès la séquence 1, l'EI filme par drone ou au sol des colonnes de Humvees, des chars M-1 Abrams, des BMP-1.



    Dans la séquence 2, on voit une colonne de 7 Humvees et 1 M1117.



    Le début de la séquence 3 montre de nombreux véhicules irakiens au loin : BMP-1, Humvees M-1 Abrams, T-72... on voit aussi des véhicules des peshmergas (Spartan). un groupe de combattants de l'EI tire sur un appareil en vol qu'on ne voit pas qui les manque de peu avec un canon puis un projectile.





    Dans la séquence 4, l'EI barre la route à une colonne avec BMP-1 et un char M-1 Abrams.



    Au début de la séquence 7, l'EI filme plusieurs drones de modèles différents qui survolent ses positions, ainsi qu'un B-52 et un A-10, un KC-10 avec 2 Mirage 2000, des An-32 et un C-17.












    Effectifs engagés : assez conséquents, avec de nombreuses escouades de 8 à 15 hommes.

    Moyens d'appui utilisés (canons, mortiers, armes artisanales...) : un canon sans recul SPG-9 porté à l'épaule est utilisé dans la séquence 2. L'EI emploie aussi un tube antiaérien de 14,5 ou 23 mm modifié en arme de sniping lourd.




    Un SPG-9 est de nouveau utilisé à l'épaule dans la séquence 4.



    Dans la séquence 5, un tir de missile antichar (lanceur non visible) incendie un MaxxPro. Un autre tir de missile antichar (lanceur non visible) pulvérise un BMP-1. Un Metis-M touche un char M-1 Abrams. Un missile antichar (lanceur non visible) touche un BMP-1. Le Metis-M frappe un ILAV Badger. Un missile antichar touche un char.



















    Un SPG-9 porté à l'épaule est employé dans la séquence 7. On voit un SPG-9 sur trépied transporté par 2 hommes à côté des Humvees détruits des ISOF.




    Véhicules utilisés (chars, véhicules blindés, technicals...) : dans la séquence 4, on voit un véhicule Nissan armé d'une mitrailleuse M2HB (12,7 mm). L'EI déploie un Hilux avec mitrailleuse lourde KPV.




    Kamikazes (identité) :

    1 : Abu Abd Allah Al Jazaeri (Algérien).

    2 : Khatab Al Imarati (Emirats Arabes Unis).

    3 : Abu Hassan Al Iraqi (Irakien).

    4 : Abu Muhamad Al Darawi (Syrien)

    5 : Abu Dujana Al Tajiki (Tadjik).

    6 : Abu Ali Al Iraqi (Irakien).

    Véhicules kamikazes (types, impact) :

    1 : 4x4 surblindé qui explose au milieu d'une colonne de véhicules.

    2 : un 4x4 surblindé se fait exploser sur l'avant d'un char M-1 Abrams.



    3 : 4x4 surblindé.

    L'EI montre pas moins de 6 VBIED filmés par drone : 3 dans le quartier de Salmah, 1 dans le quartier d'al-Intisar, 1 dans le quartier d'Aden et 1 dans le quartier d'Al Tasa'ain.

    4 : Abu Abd Allah Al Jazaeri pilote un camion qui se fait exploser près d'une colonne de véhicules irakiens stationnés dans une rue, avec les soldats dans les bâtiments autour.

    5 : Khatab Al Imarati se fait sauter devant un Humvee de la Golden Division dans le quartier de Salmah, près d'une maison où s'étaient installés les soldats irakiens.

    6 : Abu Hassan Al Iraqi se fait sauter près d'un rassemblement de 6 véhicules dans le quartier d'Al Tasa'ain.

    7 : Abu Muhamad Al Darawi vise un regroupement de véhicules dont un char M-1 Abrams et un bulldozer.

    8 : Abu Dujana Al Tajiki éperonne un BMP-1 dans le quartier d'Aden, qui le rate avec son canon, avant d'exploser.



    9 : Abu Ali Al Iraqi vise un groupe de véhicules dans le quartier de Salmah.

    10 : un 4x4 élaboré avec blindages en plaques sur l'avant et les côtés.



    11 : même type de véhicule que le 10, avec protection pour les pneus.



    Armes légères et lourdes (fusils d'assaut, mitrailleuses, RPG, etc) - groupes de combat et leurs tactiques : dans la séquence 1, un tireur RPG-7 vise un bulldozer.



    Le groupe de combat filmé dans la séquence 2 dispose d'un tireur PK et d'un tireur RPG-7, d'autres avec AK-47. Un fantassin tire avec un M-4 à lunette. Un autre tireur PK porte un AK-47 dans le dos. On voit un autre tireur RPG-7 expédier une roquette antipersonnelle, puis 2 autres tireurs PK (dont un avec AK-47 dans le dos), d'autres tireurs AK-47 et M-16 plus le fameux FN FAL à lunette vu dans la 1ère vidéo de la bataille. Le tireur RPG-7 qui incendie un Humvee porte en plus un AK-47.















    Dans la séquence 3, on voit un groupe d'au moins 6 hommes avec tireur PK (portant une AK-47) et tireur RPG-7 avec un pourvoyeur. Un cadre parle à un groupe de 7 hommes dont un tireur PK.





    Dans la séquence 4, un tireur RPG-7 porte en plus un AK-47. Le groupe de combat comprend au moins 2 tireurs PK (dont un avec AK-47 dans le dos). On remarque que les tireurs d'armes collectives passent parfois de la PK au RPG-7. Le groupe de combat semble ici assez étoffé (15 hommes au moins). On note la présence d'un adolescent. Le groupe semble disposer d'une moto pour les déplacements.Un autre groupe de combat comprend au moins 2 tireurs PK. Dans les images remontant au 1er novembre, à l'extérieur de Mossoul, un des combattants porte un écusson avec l'inscription "police islamique". Il se peut qu'il porte simplement l'uniforme de la hisba ou alors que celle-ci ait été mobilisée également pour la défense de la ville...



















    Dans la séquence 5, l'EI montre semble-t-il des troupes d'élite (inghimasiyyi?) qui se préparent au combat avec équipements, armes, briefing sur ordinateur, et qui partent à bord de technicals noirs.







    Le groupe de combat de la séquence 7 comprend un tireur RPG-7, des tireurs AK-47 et M-16.










    Dans la séquence 8, on voit au moins 2 tireur PK, 1 tireur RPG-7, un combattant avec M-16, plusieurs avec AK-47. Un autre tireur RPG-7 qui porte ses roquettes dans le dos est visible : plus loin le RPG-7 a une roquette tandem en place. Une mitrailleuse PK avec viseur est également utilisée. On voit aussi un autre tireur PK avec AK-47. L'EI met aussi l'image du combattant avec Steyr AUG embusqué sur un toit. Une autre embuscade met en œuvre un tireur AK-47 avec lunette de visée, un tireur sur M-4 portant en plus un M-16, le groupe dispose aussi d'un RPG-7 avec charge tandem. On voit un autre tireur M-4 avec lunette de visée. On remarque un combattant assezâgé à la fin de la séquence.



























    Destructions de véhicules adverses : dans la séquence 2, un Humvee avec DSHK en tourelle aux couleurs de l'armée est incendié au RPG-7 (ce qui tendrait à confirmer qu'on est au sud-est de Mossoul).



    Un Humvee de la Golden Division a été détruit dans la séquence 4.



    Dans la séquence 7, plusieurs Humvees des ISOF restent sur le terrain, on remarque le mot Kirkuk inscrit sur la tourelle.

    De nombreux Humvees ont été détruits dans l'embuscade montrée à la fin de la séquence 8.







    Butin matériel : dans la séquence 4, l'EI récupère un lance-grenades Mk 19 de 40 mm sur le Humvee détruit de la Golden Division.



    Dans la séquence 7, un combattant de l'EI armé d'un M-4 et d'un AK-47 récupère un AT-4 dans un Humvee détruit de la Golden Division.



    Dans la séquence 8, on voit un MaxxPro de la Golden Division laissé sur le terrain, de même qu'un Humvee aux couleurs de l'armée et plusieurs autres des ISOF. Le butin filmé par l'EI s'élève à 12 AT-4, 3 lance-roquettes monocoup type RPG notamment, et un trépied pour lance-missiles antichars Kornet.















    Morts/prisonniers/blessés adverses : dans la séquence 7, les combattants de l'EI piétinent 4 ou 5 corps de soldats irakiens.

    Morts/blessés de l'EI : dans la séquence 3, un combattant de l'EI qui porte une GoPro sur le front est touché (blessé ou tué?). On voit ensuite un autre combattant blessé (tireur PK avec AK-47 dans le dos).

    Dans la séquence 4, un tireur RPG-7, qui vient juste de tirer une roquette et de prendre son AK-47 pour faire feu, est tué par une balle qui le touche en haut du torse. Un combattant de l'EI est blessé à l'oeil droit un peu plus loin dans une autre phase de la séquence.

    Dans la séquence 7, l'EI déplore la mort d'un cadre, le « Sheikh » Faris Al Mawsili (Mossouliote), et montre aussi le corps d' Abu Zaynab Al Russi (Russe).

    Effets visuels/montage/techniques de propagande : la louange à Allah est suivi du logo de la wilayat, sous-titrée en anglais.

    La séquence 1 commence par une vue satellite de l'espace qui se rapproche de Mossoul et zoome sur les quartiers est. Le 1er VBIED montré est déjà filmé par drone, de même qu'un deuxième. L'EI réutilise les images de la 1ère vidéo sur la bataille de Mossoul de la wilayat, « Ignition of War » (avec les ILAV Badger en flammes). On peut voir aussi un cameraman de l'EI.


    Dans la séquence 2, un combattant est vu avec une GoPro sur le front.
    Les VBIED de la séquence 5 sont filmés par drone.

    Dans la séquence 6, l'EI donne ses chiffres des pertes adverses : 9 MaxxPro détruits, 18 bulldozers détruits, 168 Humvees détruits et 7 endommagés, 15 chars M-1 Abrams détruits et 17 endommagés, 33 BMP-1 détruits, 4 chars "soviétiques" détruits et 1 endommagé, 9 drones et 2 véhicules démineurs détruits, soit 420 millions de dollars de matériel, plus 2 200 tués chez l'ennemi.

    A la fin de la séquence 8, l'EI montre des snipers et annonce : « Restez à l'écoute ».








    Religion : dans la séquence 2, le tireur RPG-7 qui incendie le Humvee fait une prosternation de remerciement après un coup au but.

    Dans la séquence 3, on voit un combattant prier seul puis un groupe de 13 hommes en prière collective.

    Dans la séquence 7, après l'explosion du 2ème VBIED, certains combattants de l'EI font une prosternation de remerciement. Un autre le fait au moment du butin pris sur la Golden Division dans les Humvees détruits.

    Nasheeds (poèmes chantés) présents dans la vidéo :


    2 : ?

    3 : 2'40''– 4'20''Adajah.

    4 : ?

    5 : 6'26'' - 8'15''Hayya Inghamis

    6 : ?

    7 : 11'51'' - 13'25''Kulamah

    8 : ?

    9 : 14'12'' - 15'30''Qasaeqat

    10 : 16'10''– 20'33''Halili Kabiri

    11 : ?

    12 : ?

    13 : 23'20''– 25'51'' Al Nor


    Commentaires particuliers : cette deuxième vidéo longue de la wilayat Ninive sur la bataille de Mossoul, encore plus étendue, est différente de la première. Il n'y a pas de cohérence de lieu ou de date dans l'ordre de la vidéo, avec un mélange sans doute volontaire des lieux. L'EI s'attarde plus à filmer les moyens aériens de l'adversaire (avions et drones). Les tirs de missiles antichars sont toujours conséquents, tout comme l'utilisation des VBIED. Cette fois, ces derniers sont filmés par drone, parfois dans des scènes spectaculaires (éperonage ; explosions au milieu de quartiers urbains). A noter cette fois que la moitié des kamikazes est étrangère. Les groupes de combat ont une structure classique mais sont peut-être encore davantage surarmés que dans la première vidéo. Il est visible que plusieurs colonnes de la Golden Division et de l'armée irakienne ont été détruites en combat rapproché dans les rues des quartiers est et sud-est : on est surpris par le nombre d'AT-4 récupérés par l'EI dans les véhicules... paradoxalement l'EI insiste plus sur le martyre de ses combattants et nous montre davantage ses morts et blessés (notamment les cadres) que ceux de l'adversaire. L'organisation nous propose ses chiffres de la bataille, sans doute exagérés : il n'en demeure pas moins que ses adversaires ont déjà subi des pertes conséquentes en hommes et en véhicules. A noter également l'annonce faite à la fin de la vidéo : quelque chose de particulier dédié aux snipers dans la bataille, ou autre chose ?

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    Merci à https://twitter.com/green_lemonnn

    Titre : Les lions de la campagne

    Durée : 14 minutes 25 secondes

    Lieu(x) : le premier combat de la séquence 2 aurait lieu au nord d'ar-Rutbah. Dans la séquence 3, on est au « Kilomètre 70 ».

    Date (sûre par recoupement ou estimée) : certaines séquences semblent correspondre à un reportage du 14 octobre dernier (la vidéo a été mise en ligne le 16 novembre).

    Type de vidéo : c'est une vidéo de raids motorisés/mécanisés contre des positions de petite taille.

    Découpage (séquences) :

    1 : 15''-1'18'', introduction.
    2 : 1'18''-2'55, combats au nord d'al-Rutbah.
    3 : 2'55''-14'25'', combats au Kilomètre 70.



    Forces attaquées/adversaires : dans la séquence 2, probablement l'armée irakienne. On voit plusieurs Humvees prendre la fuite. A la fin de la séquence 3, plusieurs Humvees de l'armée irakienne quittent la position attaquée par l'EI.




    Effectifs engagés : dans la séquence 3, autour des véhicules à l'arrêt, on voit une cinquantaine d'hommes renouveler leur serment d'allégeance au calife (bayat).



    Moyens d'appui utilisés (canons, mortiers, armes artisanales...) : dans la séquence 3, le groupe de combat débarqué utilise un mortier léger (50-60 mm).




    Véhicules utilisés (chars, véhicules blindés, technicals...) : dans la séquence 2, un premier convoi comprend au moins une dizaine de véhicules (surtout des pick-up). Un Toyota Hilux embarque une mitrailleuse cal.30 de 7,62 mm sans doute récupérée sur la Nouvelle Armée Syrienne en juin. Il y a au moins un véhicule blindé improvisé (avec plaques de blindage et tourelle, mais sans arme embarquée). Un Toyota Land Cruiser avec KPV protégé par un bouclier ouvre le feu.









    La colonne de la séquence 3 comprend 20 véhicules : 3 véhicules blindés improvisés avec plaques de blindage (pick-up, etc), 10 ou 11 technicals et d'autres pick-up pour le transport. Il y a un Toyota Hilux avec KPV. On voit plus loin un véhicule improvisé avec KPV protégée par un bouclier. On voit une colonne plus loin avec un Land Cruiser portant un ZPU-2, un autre portant un ZU-23 monotube. Il y a un véhicule de combat improvisé et plusieurs autres véhicules, dont un autre Land Cruiser avec ZU-23 monotube qui porte le drapeau de l'EI.

















    Kamikazes (identité) : néant.

    Véhicules kamikazes (types, impact) : néant.

    Armes légères et lourdes (fusils d'assaut, mitrailleuses, RPG, etc) - groupes de combat et leurs tactiques : dans la séquence 2, les hommes embarqués à bord du convoi porte des brassards blancs autour de la tête, probablement à des fins d'identification. Au moins une dizaine d'hommes débarque des véhicules pour attaquer une position, dont un tireur PK avec M-16 dans le dos. Le groupe comprend aussi un tireur RPG-7.








    Dans la séquence 3, le groupe de combat débarqué comprend plusieurs tireurs PK (avec AK-47 ou M-16 dans le dos). Les hommes tirent depuis les pick-up en approchant des levées de terre de la position attaquée, puis débarquent. Les fantassins de l'EI échangent des tirs à courte portée avec les défenseurs qui apparaissent à l'un des coins du bâtiment. Ils utilisent des IED pour faire exploser des positions où les défenseurs se sont retranchés. Un autre groupe de combat visible plus loin comprend un tireur PK avec arme individuelle et un tireur RPG-7. Le groupe de combat de la fin de la séquence 3 comprend au moins un tireur PK. Plusieurs hommes débarquent d'un véhicule blindé improvisé avec KPV en tourelle, dont un tireur PK et un fantassin avec M-16 à lunette. Le groupe débarqué comprend en tout au moins 15 ou 20 hommes. Il y a un tireur RPG-7.








    Destructions de véhicules adverses : dans la séquence 3, un Land Cruiser avec ZU-23 est incendié. Dans la base, l'EI incendie un technical et un Humvee portant une DSHK en tourelle. A la fin de la séquence 3, plusieurs véhicules sont incendiés dans la position prise.



    Butin matériel : dans la séquence 3, un Land Cruiser avec ZU-23 monotube est récupéré. L'EI capture aussi 3 PK, un mortier, une KPV. Plus loin, c'est un pick-up de la police récupéré par l'armée qui est pris (Ford F350), ainsi que des caisses de grenades et un mortier léger, des RPG-7 avec munitions, de nombreuses bandes de mitrailleuses et boîtes de munitions de mitrailleuses.











    Morts/prisonniers/blessés adverses : dans la séquence 3, l'EI filme 2 soldats irakiens tués derrière un angle de la position attaquée. Plusieurs autres corps sont filmés à l'intérieur des bâtiments. Un autre cadavre est filmé dans un bâtiment effondré. A la fin de la séquence 3, un convoi comprenant des technicals (dont un avec ZPU-2) attend l'arrivée d'un fourgon noir qui débarque 2 prisonniers. Ils sont exécutés à bout portant par un mitrailleur PK.

    Morts/blessés de l'EI : néant.

    Effets visuels/montage/techniques de propagande : la louange à Allah est suivie du logo de la wilayat, sous-titré en anglais, avec effet visuel « eau ».

    La séquence 1 montre des images d'archives de la wilayat, des images de la vidéo, et d'autres des dirigeants politiques de la coalition anti-EI. Un combattant d'Asie Centrale (Ouzbek?) délivre son discours dans sa langue natale, sous-titrée en arabe dans la vidéo.



    Dans la séquence 3, le renouvellement de la bayat est d'abord filmé par drone, de même que les déplacements de la colonne de véhicules. A la fin de la séquence, l'EI montre des images de la bataille de Mossoul et des images d'archives.

    Religion : dans la séquence 3, on entend un discours de Muhamad Al Adnani au moment de l'attaque. Plus loin on entend la voix d'Abou Bakr al-Baghdadi. Lors de l'arrivée des 2 prisonniers, on entend de nouveau al-Adnani. Abou Bakr al-Baghdadi reparle de nouveau à la fin de la séquence.


    Nasheeds (poèmes chantés) présents dans la vidéo :

    1 : ?


    3 : ?

    4 : 3'35''-5'06''Hayya Inghamis

    5 : ?

    6 : 7'37''Qasaeqat

    7 : ?

    8 : 9'18''-12'33'' Mawkeb Al Nor

    10 : 13'03''-14'22''Qad'Azmna

    Commentaires particuliers : la wilayat al-Furat continue de développer ses capacités de raids motorisés/mécanisés. Ici une des colonnes comprend pas moins de 20 véhicules. On note la mitrailleuse américaine prise à la Nouvelle Armée Syrienne en juin. La wilayat attaque des objectifs limités pour aguerrir son contingent.

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    Merci à https://twitter.com/MathieuMorant

    Les Tiger Forces du colonel Souleil al-Hassan, considérées par les thuriféraires du régime, et par d'autres, comme l'élite des combattants pro-Assad, sont en réalité emblématiques de la transformation de l'armée syrienne depuis le début du conflit. Ayant fait ses preuves dans la répression des manifestants en 2011, Hassan, également impliqué dans la mise au point des fameux « barils explosifs » à Hama, constitue en 2013 une unité dont le squelette est constitué par sa branche d'origine, les renseignements de l'armée de l'air, le tout complété par des officiers alaouites de l'armée, des milices locales, des civils formés par les renseignements de l'armée de l'air, voire de pur et simples criminels. A partir de l'automne 2013, et surtout 2014, les Tiger Forces servent de « brigade de pompiers » sur tous les points chauds pour le régime. Appliquant la tactique de la « terre brûlée », Hassan, qui a un accès direct à l'aviation du régime et qui a réussi à s'approprier une énorme puissance de feu, écrase les positions adverses sous un mur de flammes avant de lancer des attaques foudroyantes. Cela ne l'empêche pas d'être mis en difficulté par l'offensive rebelle à Idlib au printemps 2015. Il faudra l'intervention russe de septembre pour rétablir la situation. Depuis, Hassan, remis en selle, a été sur tous les fronts décisifs pour le régime : aujourd'hui, il est en première ligne à Alep. Son succès montre aussi que les plus ardents défenseurs du régime, bien qu'intégrés dans des forces hétérogènes, locales et étrangères, échappent de plus en plus au contrôle de Bachar el-Assad : Hassan œuvre aussi comme un pion indépendant, avec ses propres objectifs. Ses succès en font une véritable icône des supporters du régime, en faisant même pour certains un rival potentiel de Bachar el-Assad.

     


    Historique


    Souheil al-Hassan, alaouite, est né en 1970 dans un petit village (Beit Ana) de la région côtière d'al-Jableh1. Il est surnommé « al-Nimr » (le Tigre), d'où le nom de la formation qu'il mène aujourd'hui dans la guerre en Syrie, les Tiger Forces. Hassan sort diplômé de l'académie militaire de Homs, parmi les premiers de sa promotion, en 1991, avec le grade de lieutenant de la défense antiaérienne2. Il sert ensuite dans les groupes des opérations spéciales de l'armée de l'air. Il intègre finalement les services de renseignement de l'armée de l'air, branche névralgique du maintien de la dictature Assad, en 2005-2006. Avec le déclenchement de la révolution, il réintègre les forces spéciales de l'armée arabe syrienne en 2011. Connu pour sa brutalité sur le champ de bataille, il écrit aussi des poèmes à ses moments perdus, tout en cultivant la forme physique et une « éthique » (sic) du guerrier3. Hassan est réputé pour ne pas être forcément sectaire : il s'est entouré de combattants sunnites, chrétiens, ismaëliens, et aurait même de nombreux informateurs dans la rébellion4. Ce qui ne l'empêche pas de se montrer impitoyable avec ses adversaires.

    Souheil al-Hassan.


    Dès le mois de de décembre 2011, un rapport de Human Rights Watch compile les témoignages de soldats syriens déserteurs identifiant des officiers ayant donné l'ordre de tirer sur les manifestants5. Un membre du groupe des opérations spéciales des services de renseignement de l'armée de l'air explique que le colonel Suheil Hassan, alors cantonné à Mezzeh, lui a donné l'ordre de battre les personnes arrêtées dans la banlieue de Damas. Hassan aurait reçu la mission, du chef du renseignement de l'armée de l'air, de sécuriser la frontière avec Israël dès le mois d'avril 20116. Ce même mois, à la tête d'un contingent des renseignements de l'armée de l'air, Hassan part pour une caserne à Saïda, dans la province de Deraa : sa troupe tire sur des manifestants voulant rejoindre la ville de Deraa, assiégée par le régime, tue 120 personnes et en arrête 160. Hassan est ensuite transféré à l'aéroport militaire de Hama. Il gère le principal centre de détention du renseignement de l'armée de l'air et conduit la répression qui alimente les cellules du lieu. Puis Hassan s'implique dans la fabrication des « barils explosifs », lâchés par les hélicoptères du régime sur les quartiers urbains tenus par les rebelles, et qui sont notamment assemblés à la périphérie de Hama, les appareils décollant de l'aéroport militaire voisin, chargés de leurs munitions improvisées.

    A l'été 2013, il est à la tête d'une force d'opérations spéciales qu'on l'a chargé de créer pour mener des opérations offensives. Hassan a choisi la plupart de ses cadres, comme son adjoint, le capitaine Lu’ayy Al-Sleitan. En réalité, Hassan forme cette unité avec du personnel des renseignements de l'armée de l'air7. Il se reposera souvent sur des milices locales combinées à un entourage de pro-régime venant de différents milieux8. Cette force est financée par Rami Makhlouf, le fameux cousin de Bachar el-Assad qui a participé à la mise en coupe réglée de la Syrie. Le recrutement s'effectue parmi les officiers alaouites des 4ème et 11ème divisions, tandis que les renseignements de l'armée de l'air forment des civils alaouites pour l'unité9. Avec cette unité, Hassan reprend, le 3 septembre, la ville d'Ariha, dans la province d'Idlib, tombée entre les mains des rebelles dix jours plut tôt10. Utilisant des tactiques de forces spéciales, Hassan tend une embuscade aux rebelles en déguisant ses hommes pour bénéficier de l'effet de surprise. Ariha est matraquée à coups de barils explosifs et de roquettes, 60 à 70% des bâtiments de la ville sont détruits11. Ce sont les prémices de la tactique de la « terre brûlée » dont Hassan va se faire une spécialité.
     

    Hassan ouvre ensuite la voie au sud-est d'Alep, à partir d'Hama, en direction d'al-Safira (pilonnée méthodiquement comme Ariha), reprenant la ville de Khanasser aux rebelles, puis, en mai 2014, perce vers la prison centrale d'Alep, assiégée par les rebelles, opération qui devient son premier coup d'éclat médiatique, et qui lui donne une certaine visibilité. Hassan, alors commandant militaire à Alep, s'empare aussi du quartier industriel de Sheikh Najjar à l'est de la ville en juillet 2014. C'est grâce à son action que les rebelles sont déjà en passe d'être encerclés dans l'est d'Alep à la fin de l'année 2014. Alors que ses forces sont encore sur le front d'Alep12, le front al-Nosra et les rebelles lancent en juillet 2014 une offensive contre Hama et son aéroport militaire. Hassan accourt avec l'élite de ses forces pour rétablir la situation, bloquant l'offensive sur la ville chrétienne de Mhardeh. Il reprend la ville de Morek, point stratégique de la province de Hama, le 26 octobre13, mais la résistance des rebelles est plus dure, notamment en raison de l'afflux de lance-missiles antichars. Puis Hassan doit rejoindre le front à l'est : l'EI reprend en effet, fin octobre 2014, le champ gazier d'al-Shaer (nord-ouest de Palmyre), où une première bataille avait eu lieu contre l'EI en juillet. Le régime, au prix d'une furieuse bataille, parvient à reconquérir al-Shaer, les forces sur place étant commandées par Hassan.

    Son unité, les « Tiger Forces » (Qawat Al-Nimr), devient une véritable brigade de pompiers, intervenant sur tous les points chauds du front pour le régime. Hassan se transforme une légende vivante pour les partisans du régime, mais sa réputation d'invincibilité est écornée par la chute de la province d'Idlib en avril-mai 2015 : même ses troupes n'ont pas pu sauver les positions du régime pressées par les rebelles. La situation a été particulièrement dure pour ses 800 hommes à Jisr-al-Shughur. Le coup est d'autant plus dur pour Hassan que c'est là qu'il avait réalisé ses premiers « exploits » en 2013. Un des gardes du corps de Hassan est abattu à côté de lui par un sniper le 13 juin 2015. Ce même mois, Hassan est redéployé en urgence dans l'est, après la chute de Palmyre tombée face à l'EI, pour enrayer l'avance de l'organisation djihadiste14. En septembre 2015, les Tiger Forces participent à l'offensive du régime pour lever le siège de la base aérienne de Kweires, à l'est d'Alep, par l'EI. Hassan, revenu sur le devant la scène, repousse plusieurs contre-attaques de l'EI sur al-Safirah et la route entre Hama et Alep, puis, après un mois d'offensive (largement soutenue par les Russes -Spetsnaz guidant les frappes aériennes15- et d'autres alliés étrangers16), finit par faire la jonction avec la garnison de Kweires le 11 novembre 2015. Il semble que ce soit une subdivision des Tiger Forces, les Cheetah Forces (Qawat al-Fahoud), commandées par le colonel Ismael et par le désormais colonel Sleitan, qui sont engagées dans la bataille17. Un précédent commandant des Cheetah, Ali Al-Hajji de 'Ayn Al-Souda, dans la province de Tartous, est d'ailleurs tué dans la plaine d'al-Ghab en octobre 201518. A la mi-novembre, les Tiger Forces sont engagées au nord-est de Hama et à l'est de Homs pour effectuer des raids en profondeur du dispositif adversaire et des éliminations ciblées afin de favoriser l'offensive des forces du régime19. Hassan est promu Major General par Assad en décembre 2015, une promotion qu'il accepte après en avoir refusé une autre de Brigadier General, selon ses dires, pour rester combattre auprès de ses hommes. Il est également décoré par les Russes20.

    Novembre 2015 : un membre des Tiger Forces avec un RPO-A Shmel russe.
     
    Décembre 2015. T-72 des Tiger Forces.

    Les Tiger Forces reçoivent d'ailleurs du matériel plus performant suite à l'intervention russe. Elles sont intégrées dans le 4ème corps créé sous l'égide de Moscou qui mêle les forces paramilitaires du régime avec les conseillers étrangers21. Elles font partie du corps qui reprend Palmyre à l'EI en mars 2016 (avec une autre subdivision, les Panther Forces du colonel Shaheen, qui sont redéployées dans la plaine d'al-Ghab peu après la reprise de Palmyre22). Egalement engagées à Deir-es-Zor, les Panther Forces, en tant que forces spéciales, repèrent et identifient les cibles pour les frappes aériennes russes23. En mai 2016, Hassan menace le gouverneur du régime de la province de Homs, Talal Barazi, qui ne l'a pas reçu comme il se doit, d'après lui24. En juillet 2016, un autre des gardes du corps de Hassan est tué au combat par les rebelles à Alep : les Tiger Forces sont engagées dès le mois précédent dans l'offensive du régime pour encercler les quartiers est tenus par les rebelles. A la fin octobre, elles reviennent pour repousser l'attaque contre les quartiers ouest tenus par le régime. Elles combattant parallèlement au nord de Hama, où elles perdent un de leurs cadres, Tariq Al Bonyahi, décédé après avoir été amputé des deux jambes le 8 novembre. Le 25 novembre, un des commandants des Tiger Forces, Wael Taffouh, vétéran des combats de Kweires et des appartements 1070 à Alep, est tué durant les combats.

    Carte non exhaustive des engagements des Tiger Forces depuis 2013 : cercle rouge, 2013 ; cercle bleu, 2014 ; cercle jaune, 2015 ; cercle vert, 2016.


    Hassan a probablement été mis en avant par Bachar el-Assad et son frère Maher, qui dirige la Garde Républicaine, sur les conseils des officiers de renseignement25. Il a ainsi pu nommer les chefs des comités de sécurité à Hama et Homs, de même que les nouveaux chefs du renseignement militaire et du renseignement de l'armée de l'air à Hama. C'est lui aussi qui gère les instruments de renseignement de la ville de Salamiyeh dans la province de Hama. La situation est parfois tendue avec les autres chefs de guerre du régime, dégénérant jusqu'à l'affrontement armé. L'efficacité d'Hassan sur le champ de bataille est sans doute lié à son accès quasi direct à l'aviation ; en outre il a accumulé une force d'artillerie tractée par camions (à l'origine, de la 4ème division blindée), combinée aux chars, véhicules blindés et mortiers qui lui permettent de mener des bombardements massifs et une véritable politique de « terre brûlée ». Ses combattants ont été formés par les Iraniens (qui fournissent également de nombreuses armes et des munitions à ses troupes) ou le Hezbollah. Le colonel Fadl Salami, chef du comité de sécurité de Hama, a été relevé de ses fonctions de direction de l'aéroport militaire de la ville pour n'avoir pas voulu obéir à certains ordres de Hassan. Depuis l'intervention russe, Hassan bénéficie aussi du soutien aérien de Moscou. Ces faveurs lui valent la haine sourde d'autres responsables militaires ou des renseignement du régime, qui ont parfois tenté de l'assassiner (on évoque notamment les responsables du renseignement militaire) ; en outre Hassan attire les recrues, ce qui n'est pas sans poser problème à l'architecture des forces pro-Assad. Il a souvent été déclaré comme tué au combat, ce qui a été jusqu'ici démenti à chaque fois. D'aucuns le considèrent comme un rival de Bachar el-Assad : un parcours foudroyant pour cet officier des renseignements de l'armée de l'air qui a su fédérer autour de lui les énergies d'un régime en plein désarroi, officiers des renseignements, leaders tribaux locaux (d'abord à Hama, puis ailleurs), et criminels parfois, aussi, et qui en a fait un Etat dans l'Etat26.


    Armement, matériel, tactiques


    Une analyse en source ouverte sur les deux derniers mois (septembre-novembre 2016) offre un bon aperçu de l'armement, du matériel et des tactiques mis en œuvre par les Tiger Forces de Hassan. L'unité dispose d'une abondante artillerie : canon D-30 de 122 mm, LRM BM-21 Grad, batterie de canons M-46 de 130 mm... Outre les canons, elle a aussi des mortiers lourds et des lance-missiles antichars (Metis-M par exemple), ainsi que des lanceurs IRAM montés sur véhicules. Hassan a, pour ses opérations, accès à un impressionnant soutien aérien de l'aviation du régime : Sukhoi Su-22, hélicoptère Gazelle, hélicoptère Mi-8/17 lâchant des barils explosifs. Les chars, comme les T-55, sont utilisés pour le pilonnage à distance, tandis que les véhicules blindés BMP-1 ouvrent la voie des assauts au sol. En plus des T-55, les Tiger Forces disposent de chars T-72 et même de T-90A, un des matériels les plus récents livrés par la Russie. Un ZSU 23/4 est employé en tir tendu contre des objectifs terrestres. Les Tiger Forces ont aussi un automoteur d'artillerie 2S1 ou 2S3 utilisé en tir tendu. Elles font également largement usage de technicals : Toyota Land Cruiser avec ZU-23 ou KPV/ZPU-2, pick-up ou camions avec ZPU-4, nombreux camions portant des canons antiaériens S-60 de 57 mm... L'infanterie opère en groupes d'une dizaine d'hommes, avec tireur PK, tireur RPG-7 et brancardier, plus des tireurs SVD. Le tireur RPG-7 porte en même temps ses munitions. Les combattants portent un brassard jaune pour s'identifier sur le champ de bataille. Les fantassins ont accès à des armes plus sophistiquées comme des lance-grenades AGS-17 ou des RPO-A Shmel russes. Les Tiger Forces semblent compter plusieurs subdivisions, probablement de taille réduite (bataillon/compagnie) : outre les Cheetah Forces et les Panther Forces, on trouve à Alep le bataillon Al Rahhal et le groupe des Lions de Yaraab. La tactique favorite des Tiger Forces est d'écraser l'adversaire sous leur puissance feu (avions, artillerie, chars) puis de lancer un assaut mené par les éléments blindés ou mécanisés suivis de l'infanterie.












































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    Saraya Ansar al-Aqeeda est une milice chiite irakienne dont le portrait tranche un peu au sein de celles intégrées dans la mobilisation populaire chiite (Hashd-al-Shaabi), désormais placée sous le commandement militaire. Rattachée au Conseil Suprême Islamique Irakien, qui prend plutôt ses distances à l'égard de l'Iran tout en favorisant une ligne religieuse irakienne centrée sur Ali al-Sistani, la milice, par la voix de son chef, met en avant un discours sectaire assez virulent et se montre favorable à l'envoi de combattants en Syrie pour soutenir le régime Assad. Rien d'étonnant à cela, en fait, puisqu'elle est l'expression, à sa naissance, d'un noyau de combattants vétérans du combat en Syrie. Si elle n'est pas parmi les plus imposantes des milices chiites, Saraya Ansar al-Aqeeda se distingue par ses ateliers de fabrication de véhicules blindés improvisés, qui tournent à plein régime.




    Historique


    Saraya Ansar al-Aqeeda (SAA) est une milice chiite irakienne née au moment de la mobilisation populaire chiite contre l'EI en juin 20141. Elle est dirigée par le sheikh Jalal al-Din al-Saghir2 qui est lié au Conseil Suprême Islamique Irakien (CSII). Le CSII a été formé, au départ (sous un autre nom), pendant la guerre Iran-Irak, par des chiites irakiens exilés en Iran. Il se dote en 1982 d'une branche militaire, le corps Badr. Les exilés du CSII reviennent en Irak en 2003 ; en 2007 l'organisation change de nom pour devenir le CSII et ainsi prendre ses distances à l'égard de l'Iran. Dès lors, le CSII adopte une ligne plus nationaliste et suit l'enseignement religieux de l'Irakien Ali al-Sistani, notamment à partir du moment où le Premier Ministre Nouri al-Maliki apparaît comme le relais d'influence de Téhéran. En 2012, une partie du groupe, sous l'autorité d'Hadi al-Amiri, fait scission et fonde l'organisation Badr, beaucoup plus alignée sur l'Iran, avec des vétérans du corps Badr. Ammar al-Hakim, qui dirige le CSII depuis 2009 après la mort de son père, tente alors de développer une ligne nationaliste pour la classe moyenne chiite.

    Jalal al-Din al-Saghir apparaît sur ce poster produit par SAA.
     
    Ammar al-Hakim.

    Mais SAA n'est pas vraiment née à proprement parler en juin 2014. En effet, cette milice a été fondée avec des cadres ayant déjà combattu en Syrie aux côtés du régime de Bachar el-Assad dès 2012. Saleh Alboukhata, un des fondateurs de SAA, a combattu en 2012 en Syrie : un groupe de 30 combattants est à Damas dès septembre 2012 et fait le coup de feu contre les rebelles autour de Sayyida Zaynab. Un premier « martyr » tué en Syrie en 2014 se nomme Jafar Al Musawi. Même après sa formation en juin 2014, SAA continue d'envoyer des combattants en Syrie : des photos datant probablement de l'hiver 2014/2015 montrent plusieurs dizaines de combattants, certainement dans la région d'Alep. On a donc ici le cas d'une milice formée de manière informelle pour aller se battre en Syrie dès 2012, mais créée officiellement en Irak après la poussée de l'EI en juin 2014, et qui se bat ensuite sur les deux théâtres jusqu'en 2015.

    Saleh Alboukhata.

    2012, des combattants de ce qui deviendra SAA en Syrie.

    Jafar Al Musawi.



    Des combattants de SAA, probablement durant l'hiver 2014-2015, en Syrie (Alep ?).


    SAA (qui compterait actuellement de 1 500 à 3 000 hommes) est proche de Sayara Ashura, la milice créée par Ammar al-Hakim (qui alignerait 3 à 5 000 hommes), et qui fait partie du bloc politique chiite restant proche, toutefois, de l'Iran3. Ces milices ont été crées par les leaders du CSII pour compenser, notamment, la perte de ce qui est devenue l'organisation Badr4. Elles reçoivent de l'armement iranien, mais le CSII n'a jamais fait l'éloge de l'autorité religieuse iranienne ni plaidé en faveur de l'envoi de combattants chiites en Syrie. Al-Hakim avait commencé par légitimer la mobilisation populaire chiite contre l'EI, avant de la critiquer dès le printemps 2015. SAA, quant à elle, reconnaît l'autorité religieuse d'Ali al-Sistani en Irak5. Cependant, son chef, qui dirige la mosquée Buratha à Bagdad, n'a jamais caché ses sympathies pour l'Iran, ni un discours sectaire assez dur (appelant Falloujah « ville maudite » après sa libération en 20166) et même en faveur de l'intervention de combattants chiites irakiens en Syrie aux côtés du régime Assad7. Il a été mis sur la touche par le CSII depuis 2013 mais a développé son propre appareil et sa propre milice à l'intérieur de l'organisation. Ce profil cadre bien avec les origines de SAA, fondée par des vétérans du combat en Syrie aux côtés du régime, comme on l'a dit.

    SAA regroupe au moins deux brigades : les 2ème et 66ème, et opère dans plusieurs provinces, notamment autour de Bagdad (Diyala ; Salahuddine ; al-Anbar)8. On l'a vu sur nombre de fronts en Irak depuis 2014 : Jurf al Sakhr en 2014, Tikrit, les monts Hamrin et Baiji en 2015... En juillet 2016, SAA monte au front à Shirqat, sur la route de Mossoul, contre l'EI. Le 7 septembre 2016, Saghir reçoit la visite à Bagdad de Qassem Soleimani, le chef de la force al-Qods des Pasdarans9. Certains indices sur les profils Facebook de combattants de la milice laissent à penser qu'une partie de ses effectifs est formée par les Iraniens, peut-être dans le cadre de la mobilisation populaire désormais intégrée aux forces de sécurité. SAA est engagée avec les autres milices chiites de la mobilisation populaire dans la bataille de Mossoul, poussant à l'ouest/sud-ouest de la ville en direction de Tal Afar, à partir du 29 octobre. Le 31 octobre, SAA investit le village de Zarkah. Le 3 novembre, SAA, de concert avec l'organisation Badr, pousse dans le secteur de Tal Zalat. Le 6 novembre, un reportage montre SAA en action, avec d'autres milices chiites de la mobilisation populaire, au sud-ouest de Mossoul. Une vidéo du 9 novembre montre les miliciens de SAA abattant un drone de l'EI qui survole leurs positions. Au sein de SAA, il semblerait qu'une 28ème brigade fasse partie du corps expéditionnaire qui intervient à l'ouest de Mossoul.

    Octobre 2016 : un membre de SAA pose avec un de ses instructeurs iraniens, après être passé par un camp d'entraînement dans la région de Hawija.



    2 cartes montrant la progression de SAA depuis son entrée dans la bataille de Mossoul, le 29 octobre. La milice est sur le flanc Est de la poussée de la mobilisation populaire chiite vers Tal Afar, avec l'organisation Badr.



    Idéologie et propagande


    Le drapeau de SAA est organisé de la façon suivante : en-dessous d'un AKMS/47S chinois, vu le dessin, on distingue un dôme doré qui est peut-être celui du tombeau de l'imam Hussein à Kerbala ou d'Ali à Nadjaf, et qui contient le nom de la milice. En haut à droite, dans l'écharpe verte, on peut lire « ô celui (Mahomet) qui s'est levé ». En bas est incrit un verset (39) de la sourate Hajj, qui semble renvoyer à la fatwa d'Ali al-Sistani de juin 2014 pour lancer la mobilisation populaire parmi les chiites (« Autorisation est donnée à ceux qui sont attaqués (de se défendre) - parce que vraiment ils sont lésés; et Allah est certes Capable de les secourir »).



    SAA est très présente en ligne, sur les réseaux sociaux, notamment Facebook. Elle gère notamment une page principale suivie par plus de 220 000 personnes10. Certaines subdivisions de SAA, comme la 66ème brigade, ont aussi leur propre page Facebook, mais qui ne sont plus entretenues régulièrement. SAA célèbre ses martyrs avec des posters de propagande. Le 3 novembre, la milice déclare la mort de Abbas Awad Abdul Khalif, tué le 1er novembre. Le 6 novembre, elle annonce la mort de Kazim Qasim Obeis, tué au combat le 1er novembre. Le 8 novembre, la milice publie même un dessin au fusain d'un de ses « martyrs », Hossam Sabri Abdel. Une photo montre une mère pleurant son fils apparaissant sur une affiche géante collée dans la rue, à Kerbala, le 16 novembre 2016. SAA va même jusqu'à baptiser ses véhicules blindés artisanaux des noms de ses martyrs, comme celui dédié au Sheikh Salim al-Jubouri le 20 novembre. Une vidéo du 22 novembre montre le cortège funéraire de 3 combattants. Raza Kazim al-Musawi est tué le 24 novembre lors des combats à l'ouest de Mossoul, de même que Hussain Mansouri et Hussain Kazim Alaگala. Un combattant, Jassim Mohammed Hussein al-Mamouri, est déclaré mort le 25 novembre 2016 durant les combats à Mossoul. Il est enterré à Bagdad. Le 28 novembre 2016, Ammar Hashim Kamel est tué dans les combats à l'ouest de Mossoul. Ce qui en tout fait au moins 8 tués depuis le début des opérations fin octobre. SAA proteste violemment, aussi, contre la diffusion par l'EI d'image d'un de des véhicules capturés (un Humvee surblindé équipé d'un canon sans recul) et de plusieurs de ses morts, le 27 novembre 2016. La milice utilise également des nasheeds dans ses montages vidéos, comme celui de Hussain Al Zubaidi, « Hashd 40 ». L'emblème de SAA est également souvent mis en avant, sur les photos de véhicules, ou de patchs de manches.






    Les bureaux de la milice dans les grandes villes du sud de l'Irak ont également leurs pages Facebook. Celle de Nadjaf11 montre, le 6 novembre, l'installation de panneaux représentant les « martyrs » de la milice sur les grandes artères à l'entrée de la ville. Certains « martyrs » ne sont signalés que sur ces pages locales : ainsi Fahad Hammoud Ayachi, tué le 28 octobre à Mossoul. Le bureau de Nadjaf reçoit aussi la visite d'un responsable d'une autre milice chiite pro-iranienne, al-Nujaba, le 20 octobre. La page du bureau de Nasiriyah12, elle, montre une visite aux blessés des opérations à Mossoul le 14 novembre des responsables locaux, ainsi qu'à deux familles de « martyrs ». Cette page annonce la mort de Hossam Sabri Abdel, un vétéran de la 28ème brigade, le 20 novembre. La page du bureau de Bassorah montre également une visite aux blessés le 4 novembre13. Le bureau organise des défilés d'enfants portant les portraits des martyrs.








    Armement, matériels, tactiques


    L'analyse en source ouverte des productions de SAA entre le 17 octobre et fin novembre, autrement dit depuis le début de la bataille de Mossoul, offre un bon échantillon sur ces aspects. SAA s'est faite une spécialité des véhicules bricolés, à une échelle rarement vue chez les autres milices chiites irakiennes. Le groupe dispose de plusieurs Humvees, dont un capturé par l'EI le 27 novembre (wilayat Dijlah) portant un canon sans recul. Les véhicules sont systématiquement marqués avec l'emblème de SAA. Une photo du 25 novembre 2016 montre un char T-55 mais il est impossible de dire s'il appartient en propre à SAA (pas d'emblème visible sur le char, il est probablement à l'armée irakienne). SAA semble disposer d'un atelier de fabrication de ses véhicules blindés artisanalement, souvent mentionné, et qui sort ces Humvees avec plaques de renfort et KPV en tourelle. La milice compte aussi des véhicules légers Safir iraniens. En plus de ces montages, les véhicules de SAA comme les Humvees portent souvent des reproductions de Zulfiqar, l'épée mythique à deux pointes d'Ali que Mahomet lui aurait donné à la bataille d'Uhud (625). Parmi les véhicules, SAA en aligne plusieurs avec LRM Type 63 (un Land Cruiser et un Safir). SAA dispose aussi d'au moins 2 « battle wagons », l'un avec un bitube ZU-23 et l'autre avec la même arme monotube. SAA fabrique aussi des MLRS artisanaux, dont un sur camion, à 12 tubes (numéroté « 9 »), de gros calibre. Une vidéo du 22 novembre montrant probablement des images d'archives montre un M113 recouvert de blindage SLAT et portant en tourelle un bitube ZU-23. On voit d'autres véhicules montés artisanalement dont des Humvees et un MLRS sur camion, ainsi qu'un « battle wagon ». Parmi les véhicules, il y a aussi un Safir avec canon sans recul M40 de 106 mm. Un des « véhicules bricolés » par SAA est un MT-LB auquel a été ajouté une tourelle. Un autre est un Humvee probablement venu des forces spéciales, de couleur sombre, qui embarque une DSHK en tourelle et une PK protégée par un bouclier à l'arrière, sur une plate-forme rajoutée, montage déjà vu chez d'autres milices irakiennes comme Nujaba. Un bulldozer avec blindage SLAT et autres plaques de renfort porte le nom d'un « martyr » de SAA. SAA va jusqu'à blinder ses 4x4 et leur ajouter des tourelles.
































    L'armement des fantassins est classique : AK-47, M-16, RPG-7, PK, SVD. Un fantassin transporte, en plus des VHS-2, un missile ATGM type Fagot. Un fantassin porte un AKSU. Un des mitrailleurs de SAA embarqué sur la plate-forme arrière d'un pick-up est apparemment armé d'une MG-3. L'infanterie a au moins une mitrailleuse DSHK sur trépied. Certains fantassins sont bien protégés, avec casques et protection individuelle. L'infanterie d'accompagnement des véhicules à Mossoul semble moins nombreuse que celle d'al-Nujaba, par exemple, étudiée précédemment.
















    Dans le cadre de la bataille de Mossoul, SAA évolue imbriquée avec des unités de l'armée irakienne avec BMP-1 et T-72 (à moins que les véhicules ne lui appartiennent en propre, mais cela n'est pas établir à partir des vidéos où ces chars et véhicules blindés apparaissent). Les véhicules précèdent systématiquement l'infanterie qui ne débarque qu'en cas d'accrochage. A la moindre résistance, SAA fait entrer en action les armes lourdes et notamment les LRM ou IRAM montés sur camion ou pick-up. Les IRAM montés sur camion semblent regroupés au sein d'un bataillon d'artillerie pour la 28ème brigade « spéciale » qui combat à Mossoul.




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    Titre : Les descendants du désaveu.

    Durée : 9 minutes 40 secondes.

    Lieu(x) : les kamikazes se font sauter à Samawah, à 235 km au sud de Bagdad.

    Date (sûre par recoupement ou estimée) : un des IED frappant un Dzik-3 correspond à un reportage photo de l'EI mis en ligne le 1er novembre (la vidéo a été publiée le 18 novembre).

    Type de vidéo : c'est une vidéo de guérilla, l'EI mène des raids nocturnes, fait sauter des IED et mène des attaques kamikazes en ville contre des civils.

    Découpage (séquences) :

    1 : 22''-1'07'', introduction.
    2 : 1'07''-9'40'', archives, « chasse aux sahwat », kamikazes.



    Forces attaquées/adversaires : armée irakienne, milices sunnites pro-gouvernementales.

    Effectifs engagés : faibles.

    Moyens d'appui utilisés (canons, mortiers, armes artisanales...) : des embuscades à l'IED visent un certain nombre de véhicules.

    1 : un Dzik-3.




    2 : un semi-remorque

    3 : un véhicule blindé (?)

    4 : un pick-up.

    5 : une patrouille de fantassins à pied.

    6 : un Humvee

    7 : un Dzik-3. La carcasse est treuillée par un camion que l'EI filme.





    Véhicules utilisés (chars, véhicules blindés, technicals...) : néant.

    Kamikazes (identité) :

    1 : Harath Al Iraqi (Irakien)

    2: Abu Juna Al Iraqi (Irakien)

    L'un porte un M-4, l'autre un VHS-2 pendant leur discours. Celui-ci est entrecoupé d'images de bombardement de la coalition et de la tuerie d'Orlando. Ils sont font sauter au milieu de la foule chiite à Samawah, au sud de Bagdad.




    Véhicules kamikazes (types, impact) : néant.

    Armes légères et lourdes (fusils d'assaut, mitrailleuses, RPG, etc) - groupes de combat et leurs tactiques : néant.

    Destructions de véhicules adverses : néant.

    Butin matériel : néant.

    Morts/prisonniers/blessés adverses : dans la séquence 2, 5 hommes qualifiés de « sahwat » sont exécutés de nuit après avoir été sortis de leurs maisons.

    Morts/blessés de l'EI : néant.

    Effets visuels/montage/techniques de propagande : la louange à Allah est suivie du logo de la wilayat, avec effet visuel, sous-titré en anglais.

    La séquence 1 mêle des images d'archives à celles de la vidéo.

    Un combattant, Abu Jnan Al Ansari, s'exprime dans la séquence 2. Il relate une opération de « chasse aux sahwat » (sunnites des milices pro-gouvernementales). On peut voir ensuite rapidement un atelier de fabrication d'IED. La séquence 2 se finit sur un VBIED filmé par l'EI avant son opération suicide.



    Religion : A la fin de la séquence 2, on entend un discours d'Abu Mohamad al-Adnani.

    Nasheeds (poèmes chantés) présents dans la vidéo :


    2 : ?

    3 : 2'58''-3'15''Saleel al-Sawarim

    4 : 3'30''-4'55''Qasaeqat

    5 : ?

    6 : ?

    7 : 8'30''-9'40''Adajah

    Commentaires particuliers : la wilayat al-Janub, qui n'avait pas publié de vidéos longues depuis un certain temps, semble rejoindre le mouvement des autres wilayats irakiennes et retourner à la guérilla (elle n'avait déjà pas les moyens les plus forts précédemment). Opérations nocturnes, pose d'IED, attaques kamikazes : la vidéo ressemble fort à la dernière de la wilayat Diyala. Si l'on excepte la wilayat Ninive avec la bataille de Mossoul, et quelques autres, l'EI semble sur le chemin du retour à l'insurrection en Irak.

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    Je m'étais arrêté en août 2016 pour le dernier billet à propos de Liwat Fatemiyoun : celui-ci prolonge jusqu'à fin novembre 2016.

    D'après un article du Washington Institute for Near East Policy1, les dernières déclarations du dernier commandant adjoint en titre de Liwa Fatemiyoun, Sayyed Hassan Husseini, appelé aussi Sayyed Hakim, chiffrent le contingent afghan à 14 000 hommes, organisé en 3 brigades à Damas, Hama et Alep avec leur propre artillerie, leurs propres blindés et leur propre service de renseignements. Cela entre en contradiction avec la plupart des chiffres qui placent le nombre d'Afghans à 3000, voire un peu plus, entre 5 et 10 000. Les Afghans sont entrés en Iran, à Qarchak, au sud-ouest de Téhéran, pendant deux à trois semaines. Les Iraniens cherchent à ce que leurs « proxies » en Syrie combattant de la façon la plus indépendante possible. Le Brigadier General Mohammad Ali Falaki, vétéran de la guerre Iran-Irak où il a commandé une brigade mécanisée d'une division d'infanterie, membre des Pasdarans, a servi avec la Fatemiyoun en Syrie. Le premier contingent parti en Syrie aurait été constitué de 25 vétérans de la brigade Abouzar de la guerre Iran-Irak et du corps Mohamed du djihad anti-soviétique en Afghanistan : aucun n'a survécu. Au départ, les Afghans combattent avec les chiites irakiens, notamment Liwa Abou Fadl al-Abbas. Ce n'est que fin 2013 qu'est organisée Liwa Fatemiyoun, qui tire son nom de Fatima, la fille du prophète enterrée à Qoms en Iran2.

    Le 11 septembre, Morteza Ataei (Abu-Ali), un cadre de Liwa Fatemiyoun, est tué dans la province de Lattaquié. A la mi-septembre, Liwa Fatemiyoun opère effectivement de concert avec Suqur al-Saharaà Kinsabba, au nord de la province de Lattaquié. Le 21 septembre, une vidéo montre les combattants de Liwa Fatemiyoun déployant leur drapeau sur une mosquée au sud d'Alep. Une vidéo du 30 octobre montre la montée en ligne (probablement à Alep) d'un convoi de la Fatemiyoun : Toyota Land Cruiser avec KPV protégée par un bouclier, une deuxième du même type (sans bouclier, avec le drapeau de la Fatemiyoun) fermant la marche, suivie par une Land Cruiser avec bitube ZU-23, puis une autre Land Cruiser avec KPV/bouclier ; entre les technicals, des véhicules transportant une bonne cinquantaine d'hommes. Début novembre 2016, l'agence iranienne Fars publie des photos de Liwa Fatemiyoun au combat à Alep, manipulant des obusiers D-20 de 152 mm, ce qui confirme que l'unité dispose de sa propre artillerie. On voit aussi que les Afghans sont armés d'un fusil anti-matériel iranien AM-50. Une vidéo de fin octobre montre des Afghans utiliser un LRM Type 63 monté sur véhicule léger iranien Safir. Les Afghans ont aussi un camion avec canon S-60 de 57 mm. Ces derniers documents montrent une unité de la Fatemiyoun sur un autre front (est de la province de Homs, vers Palmyre?). Des images du 11 novembre montrent que les snipers de la Fatemiyoun se servent d'AM-50, de SVD Dragunov et sont aussi formés au tir sur lance-missiles antichars. L'Iran aurait installé un camp de base3 pour ses combattants étrangers à l'est de la montagne Tell Azan (15 km au sud d'Alep) : on sait par exemple que les Irakiens chiites d'Harakat Hezbollah al-Nujaba auraient leur base à Rasm Bakru, juste à l'est de la montagne, à 16 km à l'ouest d'al-Safira. Liwa Fatemiyoun y serait cantonnée aussi de même que le Hezbollah et Liwa al-Quds. A Qom, en Iran, un cimetière entié est dédié aux morts de la Fatemiyoun et de Liwa Zaynabiyoun, son homologue chiite pakistanaise. Le 25 août, 4 tués de la Fatemiyoun sont enterrés en Iran. Le 29 août, deux morts sont enterrés à Mashad. Le 1er septembre, 3 combattants de la Fatemiyoun sont enterrés en Iran. Le 17 septembre, Ali Ahmad Hosseini, combattant de la Fatemiyoun, est enterré en Iran. Le 22 septembre, Téhéran annonce la mort de 6 combattants de Fatemiyoun. Le 5 octobre, 4 combattants de la Fatemiyoun sont enterrés à Qom. Le 20 octobre, un combattant de la Fatemiyoun tué en Syrie est enterré à Mashad, en Iran. Le 2 novembre, 5 Afghans tués à Alep sont enterrés à Qom. Le 10 novembre, 10 combattants de Liwa Fatemiyoun morts en Syrie sont enterrés à Qom, en Iran. Idris Bayati, un enfant-soldat, est enterré à Nadjafabad. Le 15 novembre, 6 combattants de la Fatemiyoun sont déclarés mort à Alep. Le 20 novembre, on annonce le rapatriement de 13 corps de Liwa Fatemiyoun en Iran. Le 30 novembre, lors des combats à Alep-Est, les rebelles syriens capturent un Afghan de Liwa Fatemiyoun ; ce jour-là 7 Afghans sont enterrés à Qom. Au 29 novembre 2016, Ali Alfoneh comptabilise 508 Afghans morts en Syrie depuis septembre 2013, dont 26 rien que pour le mois de novembre 20164.

    Un des derniers "martyrs" de Liwa Fatemiyoun.


    Avec Suqur al-Sahara à Kinsabba, septembre 2016.

    Front d'Alep, octobre 2016.


    Clichés d'octobre 2016, probablement pris sur un autre front qu'Alep (Palmyre, est de Homs ?)



    Les snipers de la Fatemiyoun avec AM 50 et SVD, on note le lance-missiles antichars.

    Le convoi partant pour le front à Alep, fin octobre.




    Extraits d'un trailer d'un documentaire sur Liwa Fatemiyoun, à venir.







    Liwa Fatemiyoun, sur le front désertique (Palmyre ?) semble disposer maintenant d'un Safir avec Type 63.






    Il y a aussi le montage classique camion/S-60 utilisé par les Afghans, maintenant.






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    I stopped in August 2016 for the last post about Liwat Fatemiyoun: this one extends until the end of November 2016.

    According to an article by the Washington Institute for Near East Policy, the latest statements by the last deputy deputy commander of Liwa Fatemiyoun, Sayyed Hassan Husseini, also known as Sayyed Hakim, enumerate the Afghan contingent to 14,000 men, organized in 3 brigades in Damascus , Hama and Aleppo with their own artillery, armored vehicles and intelligence services. This is in contradiction with most of the figures that put the number of Afghans at 3,000, or even a little more, between 5 and 10,000. The Afghans are trained in Iran at Qarchak, southwest of Tehran, for two to three weeks. The Iranians are seeking to have their "proxies" in Syria fighting in the most independent way as possible. Brigadier General Mohammad Ali Falaki, a veteran of the Iran-Iraq war where he commanded a mechanized brigade of a division of infantry, a member of the Pasdarans, served with Fatemiyoun in Syria. The first contingent in Syria was allegedly made up of 25 veterans from the Abouzar brigade of the Iran-Iraq war and from the Mohamed Corps of the anti-Soviet jihad in Afghanistan : none survived. Initially, the Afghans are fighting with Iraqi Shiites, mostly within Liwa Abu Fadl al-Abbas. It is only at the end of 2013 that Liwa Fatemiyoun, which takes its name from Fatima (daughter of the prophet buried in Qoms in Iran) is organized.

    On 11 September, Morteza Ataei (Abu-Ali), an officer of Liwa Fatemiyoun, was killed in the province of Latakia. In mid-September, Liwa Fatemiyoun effectively operates with Suqur al-Sahara in Kinsabba, in the northern province of Latakia. On 21 September, a video shows the fighters of Liwa Fatemiyoun displaying their flag on a mosque south of Aleppo. A video of 30 October shows (probably in Aleppo) a convoy of the Fatemiyoun : a Toyota Land Cruiser with KPV protected by a shield leads the way, a second of the same type (without shield, with the flag of Fatemiyoun) closes the column, followed by a Land Cruiser with twin-tube ZU-23, then another Land Cruiser with KPV/shield ; between the technicals, vehicles carrying about fifty men, probably more. In early November 2016, the Iranian agency Fars published photos of Liwa Fatemiyoun in combat in Aleppo, handling 152 mm D-20 howitzers, confirming that the unit had its own artillery. We also see that the Afghans are armed with an Iranian AM-50 anti-material sniper rifle AM-50. A late October video shows Afghans using a Type 63 LRM mounted on Iranian Safir light vehicle. The Afghans also have a truck with a 57 mm S-60 gun. These last documents show a unit of the Fatemiyoun on another front (east of the province of Homs, towards Palmyra ?). Images of 11 November show that the Fatemiyoun snipers use AM-50, SVD Dragunov and are also trained in firing on anti-tank guided missile. Iran would have set up a base camp for its foreign fighters east of Mount Tell Azan (15 km south of Aleppo) : for example, it is known that the Shiite Iraqis of Harakat Hezbollah al-Nujaba would have their base In Rasm Bakru, just east of the mountain, 16 km west of al-Safira. Liwa Fatemiyoun would be there also as well as Hezbollah and Liwa al-Quds. In Qom, Iran, an entire cemetery is dedicated to the dead of Fatemiyoun and Liwa Zaynabiyoun, his Pakistani Shiite counterpart. On August 25, 4 killed of the Fatemiyoun are buried in Iran. On 29 August, two dead were buried in Mashad. On 1 September, 3 Fatemiyoun fighters are buried in Iran. On 17 September, Ali Ahmad Hosseini, a child-soldier Fatemiyoun fighter, was buried in Iran. On September 22, Tehran announced the death of 6 Fatemiyoun fighters. On 5 October, four Fatemiyoun fighters were buried in Qom. On October 20, a Fatemiyoun fighter killed in Syria is buried in Mashad, Iran. On 2 November, 5 Afghans killed in Aleppo were buried in Qom. On November 10, 10 fighters of Liwa Fatemiyoun who died in Syria are buried in Qom, Iran. Idris Bayati, a child soldier, is buried in Nadjafabad. On 15 November, 6 Fatemiyoun fighters were declared dead in Aleppo. On 20 November, the repatriation of 13 bodies from Liwa Fatemiyoun to Iran is announced. On 30 November, during the fighting in Aleppo, the Syrian rebels captured an Afghan from Liwa Fatemiyoun; That day 7 Afghans are buried in Qom. As of November 29, 2016, Ali Alfoneh counts 508 Afghans dead in Syria since September 2013, of which 26 only for the month of November 2016.

    One of the last "martyrs" of Liwa Fatemiyoun.


    With Suqur al-Sahara at Kinsabba, September 2016.

    Aleppo front, October 2016.


    Pics from October 2016, probably an another subunit of Liwa Fatemiyun (East Homs ?)



    Snipers of Fatemiyun with SVD and AM-50. Note ATGM at the bottom far right.

    Convoy in march on Aleppo front, October 2016.




    Pics from a trailer of a documentary coming soon about Liwa Fatemiyoun.







    Safir with MLR Type 63, subunit on the desertic front (East Homs ?).






    Same place, a truck with 57 mm S-60 gun.






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    Hayya Inghamis1-Les inghimasiyyi de l'EI au combat


    Comme le rappelle un récent article de Bellingcat2, le concept d'inghimasi renvoie à un combattant armé, muni d'une ceinture d'explosifs : il utilise d'abord ses armes avant de se faire sauter au besoin, s'il est à court de munitions ou dans l'impossibilité d'échapper à l'adversaire. Les inghimasiyyi sont, pour l'EI, des troupes de choc, destinées à percer les lignes adversaires pour les combattants intervenant derrière eux. Ils sont libres de revenir sans s'être fait sauter, du moment que leur objectif a été atteint. Le nom précède le conflit syrien mais a été popularisé par les groupes djihadistes nés durant le conflit, d'abord le front al-Nosra et d'autres, qui les utilisent encore, puis par l'EI, qui a récupéré le terme. L'étymologie du mot souligne que l'objectif de ce combattant est de pénétrer les lignes ennemies pour causer le maximum de dommages. Au sein de l'EI, les inghimasiyyi sont une catégorie de combattants à part entière qui apparaissent d'ailleurs comme tels sur les documents administratifs. Les inghimasiyyi peuvent viser des objectifs civils, comme le font les deux assaillants de l'hôtel Corinthia à Tripoli en janvier 2015 ; ils peuvent agir par petits groupes pour infiltrer et détruire une position ennemie, comme c'est souvent le cas en Irak. Les assaillants du Bataclan, à Paris (novembre 2015) ou ceux de l'aéroport Atatürk d'Istanbul (juin 2016), bien que non qualifiés comme tels par l'EI, renvoient aussi à ce concept. Dans cet article, il sera davantage question de l'utilisation des inghimasiyyi sur le champ de bataille, en Syrie et en Irak. Depuis le début de l'année et l'établissement d'un questionnaire pour renseigner les vidéos militaires de l'EI, j'ai pu traiter 59 productions de l'organisation. Sur ces 59 vidéos, 11 font apparaître le terme inghimasiyyi pour désigner des groupes de combattants. Il est probable que d'autres vidéos montrent aussi des inghimasiyyi mais pour être pertinent, je me suis limité à ceux désignés par l'EI comme tel. Quel est l'emploi de ces troupes de choc en Syrie et en Irak dans les opérations militaires de l'EI ?






    Cette vidéo a été mise en ligne le 26 janvier 2016, et montre des opérations se déroulant probablement début janvier ou un peu avant. Le groupe de combat de l'EI qui conduit l'attaque comprend au moins une dizaine d'hommes, avec 2 tireurs PK, 1 tireur RPG-7 portant en plus une AK-47, un tireur SVD. L'objectif de l'attaque est une caserne de l'armée irakienne, protégée par des postes avancés qui la surplombent sur les hauteurs avoisinantes. La caserne est pilonnée avec des mortiers moyens (82 mm), un mortier léger, un canon sans recul SPG-9 et un RPG-7. Elle recèle de nombreux véhicules : des Humvees, et au moins un char T-72 qu'on voit évoluer en dehors de la caserne, puis à l'intérieur de celle-ci. 2 inghimasiyyi interviennent durant l'assaut, qui a lieu à l'aube probablement, après le pilonnage : Abu Muslim Al Shami pénètre dans la caserne mais est tué par le tir du char T-72. Abu Qatada Al Issawi réussit quant à lui à se faire sauter à l'intérieur de la caserne et détruit un véhicule (peut-être le char T-72). La caserne est ensuite mitraillée par une M2HB et une DSHK protégées derrière des sacs de sable. Pour ouvrir la voie au groupe de 7 à 8 fantassins, l'EI engage un bulldozer blindé qui manque d'être détruit par une chaîne d'IED disposée devant la caserne. En désespoir de cause, un VBIED piloté par un Irakien, Abu Sarat al Iraqi, est lancé contre la caserne (camion militaire avec blindage SLAT). Mais les images de positions conquises à la fin de la position ne collent pas avec la caserne vue précédemment ; l'EI n'a probablement pas emporté la position cette fois-là.






















    Dans ce cas, les inghimasiyyi sont engagés dès le début de l'assaut, après le pilonnage initial. L'un d'entre eux est tué par un char mais l'autre actionne sa ceinture d'explosifs et détruit probablement un véhicule (le char T-72?) ou plusieurs. Le VBIED n'est engagé qu'ensuite, en dernier recours, le bulldozer blindé n'ayant pas réussi à dégager un passage pour les fantassins.




    Cette vidéo a été mise en ligne le 9 février 2016 et montre les opérations menées par l'EI devant Palmyre, alors défendue face au régime syrien. Une des séquences montre un assaut de l'EI sur une position du régime à al-Dawah, à 5 km à l'ouest de Palmyre. Les positions défensives de départ des combattants de l'EI sont aménagées avec des levées de terre érigées par plusieurs bulldozers pour une meilleure protection. Un char T-55 et un char T-72 stationnent dans ces positions. Une partie des inghimasiyyi embarque dans un véhicule blindé BMP-1 détourellé et muni de blindage SLAT sur l'avant et sur les côtés. Le char T-72 est en avant pour l'assaut : il tire avec son canon et sa mitrailleuse coaxiale sur les deux positions du régime visées par l'attaque. Les inghimasiyyi suivent dans le BMP-1 et en pick-up, débarquent et grimpent l'éminence menant à la première position (on remarque que l'un d'entre eux porte 2 AK-47). Le groupe d'assaut comprend au moins 2 mitrailleurs PK et un tireur d'élite sur Steyr SSG 69. Un Toyota Land Cruiser avec bitube ZU-23 appuie la progression vers la deuxième position du régime. Parvenus sous les sacs de sable de cette position, les inghimasiyyiéchangent des jets de grenades et des tirs d'armes individuelles avec les défenseurs, qui demandent un appui d'artillerie (mortiers) dont les obus tombent tout autour des combattants de l'EI. Pris sous un tir de flanc, les inghimasiyyi pénètrent finalement dans la position, utilisant des tirs de RPG-7 pour se couvrir, soutenus à distance par un ou deux mitrailleurs PK.



















































    Ici, les inghimasiyyi sont utilisés pour un assaut mécanisé/motorisé assez conventionnel, suivant le char T-72 qui ouvre la voie, appuyé par un technical. L'armement à leur disposition est assez conséquent, avec plusieurs tireurs PK, un tireur RPG-7 et un sniperéquipé d'un Steyr SSG 69, arme plutôt rare chez les tireurs d'élite de l'EI. La vidéo montre ici un combat rapproché avec les combattants du régime syrien.




    Cette vidéo a été mise en ligne le 9 février 2016 et évoque probablement des opérations du début de l'année. L'attaque de l'EI a lieu dans les environs du barrage de Samarra. Le groupe d'assaut est assez nombreux : au moins une vingtaine d'hommes, dont un tireur PK avec arme individuelle de même qu'un tireur RPG-7. La position visée est pilonnée au mortier moyen et au mortier lourd. Un VBIED piloté par Abu Muwaiya Al Shami (Syrien), un Humvee renforcé de plaques de blindage, se jette sur la position : il est couvert par un ZPU-2 monté sur Toyota Hilux, par une DSHK montée sur un autre véhicule identique, par une mitrailleuse Type 77/85 sur affût, par une KPV sur Toyota Hilux protégée par un bouclier et par un bitube AA de 37 mm monté sur camion ainsi que par un mitrailleur PK. Après l'explosion du VBIED, les inghimasiyyi avancent appuyée par un monotube ZU-23 protégé par un bouclier sur Hilux. L'explosion du VBIED provoque la fuite des défenseurs : la position est prise, et les inghimasiyyi poursuivent à pied ou en pick-up les fuyards, rattrapés et achevés. Dans leur élan, les inghimasiyyi, appuyés aussi par un ZPU-2 monté sur Land Cruiser, enlèvent une autre position tenue par des miliciens du Badr.



























    L'assaut prend ici une forme classique : après le pilonnage initial, le VBIED se jette sur la position ennemie et son explosion provoque la débandade des défenseurs. Les inghimasiyyi, toujours ici très bien armés, n'ont qu'à poursuivre et exécuter les fuyards. Leur puissance de feu combinée à celle des technicals permet de prendre la deuxième position face à des miliciens chiites.




    La vidéo a été mise en ligne le 26 février 2016 et montre les opérations de la première quinzaine du mois dans les monts Makhoul, au nord-est de Baiji. Les positions adverses sont pilonnées au mortier moyen et lourd, avec un char T-55, un canon D-30 monté sur camion, un LRM Type 63 sur Hilux et des roquettes artisanales. Pour ouvrir la voie aux VBIED, l'EI engage un bulldozer blindé conduit par 2 inghimasiyyi, Abu Ahmad Al Maqrebi et Abu Yassir Al Hindi. Le groupe de combat couvre l'approche du premier VBIED, piloté par Abu A'az Al Jazrawi (Saoudien) avec des tirs de RPG-7 (le groupe en a au moins 2). 2 autres VBIED suivent le premier, pilotés pari Qutaiba Al A'afr et Abu Adham Al Misri. Un MT-LB détourellé, avec blindage SLAT, et muni d'une KPV protégée par un bouclier, ouvre la voie. Le groupe monte à l'assaut au plus près avec AK-47, M-16, PK, RPG-7 et un tireur d'élite sur SVD Dragunov. La position finit par être abordée.



























    Assaut classique ici : le pilonnage est suivi par la progression d'un bulldozer blindé, puis par une vague de 3 VBIED qui se font sauter les uns après les autres sur la même position adverse. Les inghimasiyyi, toujours lourdement armés (on note les 2 RPG-7), attaquent ensuite une position en surplomb qui domine la route où se sont engouffrés les VBIED.




    Cette vidéo, mise en ligne début juin 2016, montre la prise par l'EI du village de Kafr Kalbin, le 27 mai. L'assaut, préparé sur vue satellite chargée sur une tablette, est lancé de nuit. Le groupe de combat entre dans le village et élimine la garnison des rebelles syriens dans une partie du village, s'emparant d'armes et de véhicules. Les positions rebelles restantes sont pilonnées par un canon sans recul M40 de 106 mm sur Safir, 2 ZU-23 sur Land Cruiser, des canons de l'enfer et une KPV sur véhicule. Un VBIED (4x4 blindé artisanalement) piloté par un Syrien ouvre la voie au groupe d'assaut. Les inghimasiyyi passent par des trous pratiqués dans les cloisons des habitations, mais sont aussi obligés d'évoluer dans les rues. Un ZU-23 sur Land Cruiser les soutient ; ils sont visés par un A-10. Les rebelles qui s'enfuient sont pris à partie par 2 tireurs PK et un tireur RPG-7 ; un sniper abat l'un des fuyards.





































    Les inghimasiyyi sont ici engagés en combats de rue. L'assaut, au départ est nocturne, et couronné de succès. Pour le reste du combat urbain, la bataille prend un tour classique : un VBIED ouvre la voie, puis les inghimasiyyi s'engagent dans les rues en passant par les cloisons percées ou les rues directement. L'armement est toujours conséquent, à noter l'action du sniper sur les fuyards.




    Cette vidéo de l'été 2016 montre des opérations de la wilayat Ninive. On peut voir un groupe de près de 15 combattants avec tireur SVD et un autre sur fusil de sniping lourd bricolé à partir d'un tube antiaérien ; des inghimasiyyi s'infiltrent en rampant dans les positions ennemies. L'assaut est lancé avec un Humvee embarquant une DSHK en tourelle et des fantassins. Un VBIED se jette sur les positions averses (pick-up surblindé avec SLAT à l'avant), couvert par 2 tireurs PK.
















    Dans ce cas, l'infiltration des inghimasiyyi précède l'assaut : d'ailleurs il est probable que plusieurs ou tous se font sauter à l'intérieur des positions adverses. Le VBIED intervient seulement après.




    La vidéo, mise en ligne le 4 juillet 2016, montre la capture par l'EI du champ gazier d'al-Shaer, au nord-ouest de Palmyre, début mai. L'assaut s'ouvre par un bombardement effectué par un canon D-30, un char T-55 avec blindage SLAT de tourelle et un char T-72. Un premier groupe de combat d'une quinzaine d'inghimasiyyi, avec tireur PK et pourvoyeur RPG-7, avance en colonne. Des KPV sur Hilux, un ZU-23 sur Land Cruiser et un ZPU-4 sur Land Cruiser appuient l'assaut. Un deuxième groupe d'inghimasiyyi (une douzaine d'hommes au moins, dont un avec RPG-7 à charge tandem) monte en ligne et court en colonne, couverts par les technicals, et précédés par un BMP-1.


























    On retrouve ici un assaut mécanisé/motorisé, les inghimasiyyi intervenant après le barrage initial, puis une deuxième vague montant à l'assaut de nuit derrière un véhicule blindé BMP-1. Les groupes de combat sont assez étoffés (12-15 hommes) et supérieurs à la norme standard qui est plutôt de 8-10 hommes ; l'armement est toujours conséquent (RPG-7 avec charge tandem, etc).




    Cette vidéo, publiée en août 2016, montre notamment les combats à la centrale thermique de Tishrin, à l'ouest de l'aéroport de Damas, début avril. L'attaque commence de nuit avec des tirs de technicals, dont un Hilux avec une mitrailleuse Type 77/85. A l'aube, un VBIED (BMP-1 détourellé) est jeté contre les positions du régime dans la centrale (Abu Umar ad-Dar'aoui, Syrien). Un ZU-23 sur Land Cruiser pilonne les positions du régime, puis les inghimasiyyi s'ébranlent, avec tireur RPG-7 et son pourvoyeur. Un KPV sur Hilux appuie également la progression. Le groupe de combat comprend un tireur PK et un autre avec RPK. Transportés au plus près par pick-up, les inghimasiyyi investissent la centrale.

































    On a encore ici un assaut à l'aube, avec un schéma classique : le pilonnage initial est suivi par l'action de l'unique VBIED, les inghimasiyyi intervenant sans un second temps. Comme toujours l'effectif du groupe de combat est conséquent et l'armement aussi (PK, RPG-7, RPK cette fois).




    Cette vidéo, mise en ligne fin août 2016, montre des opérations à l'est et au nord-est de Palmyre en juin-juillet. Une séquence montre un assaut des inghimasiyyi. Ceux-ci embarquent dans un BMP-1 : parmi eux un tireur PK et un tireur RPG-7, chacun avec une AK-47 en plus. La progression est couverte par un canon S-60 monté sur camion. Le BMP-1 s'arrête devant la levée de terre qui protège la position du régime attaquée ; les inghimasiyyi débarquent du BMP-1 et ouvrent le feu dans l'intérieur de la position. Un autre groupe a été débarqué par Toyota Hilux ensuite, probablement. La position est emportée, les fuyards du régime sont massacrés.
























    Encore un assaut mécanisé, avec des inghimasiyyi embarqués à bord d'un BMP-1 ou transportés par pick-up et qui attaquent une petite position du régime. Le groupe de combat est toujours étoffé, on remarque comme de coutume que les porteurs d'armes collectives ont des armes individuelles en plus.




    Cette vidéo, mise en ligne le 22 septembre 2016, montre des opérations du mois d'août ou du début du mois de septembre. Une des séquences montre l'assaut d'une position irakienne par des inghimasiyyi, ici qualifiés de « noirs ». L'assaut est conduit à bord de véhicules : Humvee avec DSHK en tourelle, M1117 renforcé de blindage SLAT. Le tireur à la M2HB du M1117 ouvre le feu sur la position irakienne, puis abat à l'AK-47 3 fuyards. Un autre inghimasi sort d'une trappe du véhicule et tire aussi à l'AK-47. Les 2 véhicules attaquent ensuite deux baraquements voisins : le Humvee débarque des inghimasiyyi qui investissent la première, tandis que le M1117 tourne en mitraillant autour de la deuxième, puis tire sur les fuyards de la première position.

































    Assaut complètement mécanisé ici pour les inghimasiyyi : les 2 véhicules attaquent à distance de petites positions de l'armée irakienne, abattant les fuyards (le M1117 écrase aussi les corps), débarquant ponctuellement des combattants pour prendre telle ou telle position.




    Cette vidéo, publiée le 12 octobre 2016, montre notamment l'assaut sur la position dite « brigade d'artillerie » au sud de l'aéroport militaire de Deir-es-Zor, le 17 septembre. L'attaque s'ouvre par un pilonnage : KPV sur Land Cruiser, char T-55, tourelle de BMP-1 montée sur l'arrière d'un Land Cruiser, ZPU-2 monté sur Land Cruiser, sniper avec fusil anti-matériel Zijiang M99, canon sans recul B10 de 82 mm, fusil de sniping lourd bricolé à partir d'un tube antiaérien. 2 ou 3 tireurs PK appuient la charge d'une dizaine d'inghimasiyyi courant dans le sillage d'un char T-72, et suivis par un pick-up surblindé avec plaques et blindage SLAT à l'avant, qui embarque une mitrailleuse PK. Les inghimasiyyi sont au contact rapproché une fois atteintes les levées de terre protégeant la position adverse, qui finit par être prise.




























    Assaut très conventionnel, comme souvent autour de l'aéroport de Deir-es-Zor : il est d'ailleurs probable que d'autres vidéos de la wilayat al-Khayr montrent des inghimasiyyi au combat, même s'ils ne sont pas mentionnés explicitement. Il faut noter ici l'abondance des véhicules de soutien, et des moyens d'appui légers. Les inghimasiyyi, toujours nombreux dans le groupe de combat, s'élancent à la suite d'un char T-72 et sont suivis par un pick-up surblindé armé d'une mitrailleuse. C'est à eux que revient de prendre la position visée.


    Conclusion


    Les 11 exemples analysés montrent la diversité d'emploi des inghimasiyyi sur le champ de bataille et en même temps quelques tendances. Sur les 11 cas, on peut remarquer que les inghimasiyyi apparaissent 3 fois dans la wilayat Homs et 2 fois dans la wilayat Dijlah. Rien d'étonnant à cela : la wilayat Homs est celle où l'EI mène les combats les plus conventionnels, ou presque ; quant à la wilayat Dijlah, elle a un rôle stratégique puisqu'elle couvre l'approche sud de la ville de Mossoul, où la bataille fait rage depuis le 17 octobre dernier. Nous avons donc 8 wilayats représentées, 4 en Syrie et 4 en Irak, ce qui montre que l'emploi des inghimasiyyi n'est pas une spécificité locale ou régionale. L'utilisation des inghimasiyyi est variée : dans deux cas, ils sont envoyés en premier et actionnent leurs ceintures d'explosifs (Falloujah et Ninive). A quatre reprises, ils sont utilisés dans ce que l'on peut qualifier d'assaut « classique » de l'EI : un ou plusieurs VBIED se font exploser sur la position adverse pour ouvrir la voie, parfois précédés ou suivis d'un bulldozer blindé, puis les inghimasiyyi entrent en action. Dans les cinq cas restants, les inghimasiyyi sont employés de manière conventionnelle : ils servent d'infanterie d'accompagnement de choc à des chars et/ou des véhicules blindés, et à trois reprises (dont deux dans la seule wilayat Homs), ils constituent une infanterie mécanisée à bord de BMP-1 ou d'autres véhicules (Humvee renforcé de plaques de blindage-M1117 également « bricolé », avec blindage SLAT et camouflage, à Dijlah). Il n'y a donc pas de schéma d'emploi unique d'utilisation des inghimasiyyi mais plusieurs pratiques que l'on repère assez bien. Sur la forme prise par les inghimasiyyi, on note que leurs groupes de combat ont un effectif généralement supérieur à la moyenne (12-15 combattants au lieu des 7/8-10 habituels) et un armement plus étoffé ou avec des armes plus rares (Steyr SSG 69 à Homs ; RPG-7 nombreux, parfois avec charge tandem, etc). Les inghimasiyyi, comme on l'a vu, n'hésitent pas à mener des assauts nocturnes et à conduire des combats urbains. Au terme de cette étude, on ne peut constater que les inghimasiyyi sont une arme de choix dans l'arsenal de l'EI, au même titre que les VBIED.

    Ci-dessous, le nasheed Hayya Inghamis qui m'a inspiré le titre de l'article.







    1Du nom d'un nasheed de l'EI, souvent utilisé dans les vidéos militaires, et en particulier quand les inghimasiyyi entrent en action : https://www.youtube.com/watch?v=hao8dPSXHpE


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    Merci à https://twitter.com/green_lemonnn et https://twitter.com/ruffthecrimedog

    Titre : Balles signées

    Durée : 19 minutes 25 secondes

    Lieu(x) : la vidéo montre les actions des snipers dans et autour de Mossoul, pendant la bataille commencée le 17 octobre dernier.

    Date (sûre par recoupement ou estimée) : un des tirs correspond à un reportage photo du 11 novembre dernier.

    Type de vidéo : c'est une vidéo thématique, consacré aux snipers et à leur emploi dans la bataille de Mossoul.

    Découpage (séquences) :

    1 : 15''-1'30'', introduction.
    2 : 1'30''-6'43'', tirs de snipers.
    3 : 6'43''-9'47'', tirs de snipers.
    4 : 9'47''-14'22, tirs de snipers, avec fusils moyens puis lourds.
    5 : 14'22''-15'35'', discours du sniper Abu Hamza Al Muhajir (russophone).
    6 : 15'35''-19'25'', exécution avec un fusil de sniper et trailer de la prochaine vidéo.

    Forces attaquées/adversaires : armée irakienne, Golden Division...



    Effectifs engagés : néant.

    Moyens d'appui utilisés (canons, mortiers, armes artisanales...) : néant.

    Véhicules utilisés (chars, véhicules blindés, technicals...) : néant.

    Kamikazes (identité) : néant.

    Véhicules kamikazes (types, impact) : néant.

    Armes légères et lourdes (fusils d'assaut, mitrailleuses, RPG, etc) - groupes de combat et leurs tactiques :

    Dans l'introduction, les snipers de l'EI, en tenue camouflée, utilisent un M24 SWS (fusil américain, 7,62 mm). Un M-16 à lunette est posé contre le mur.







    La séquence 2 montre des tirs de snipers :

    1 : un sniper abat successivement 3 hommes sur un toit.
    2 : 1 homme abattu au milieu d'une porte d'un bâtiment.
    3 : un tir raté contre 1 hommes sortant d'un bâtiment.

    Dès la séquence 1, on voit une équipe de snipers en tenue camouflée opérer sur un AM 50 (12,7 mm, fusil iranien).



    4 : 1 homme accroupi au-dessus d'une tranchée abattu.
    5 : 1 homme touché derrière des sacs de sable.
    6 : 1 homme touché derrière des sacs de sable.
    7 : 1 homme travaillant près d'un camion abattu.
    8 : 1 homme observant avec des jumelles en haut d'une tour abattu.
    9 : 1 homme touché dans un bunker de sacs de sable.
    10 : 1 homme touché dans un bunker de sacs de sable.
    11 : 1 homme touché derrière des sacs de sable.
    12 : même position, sur la droite, un tireur d'élite avec SVD dans son bunker de sac de sable abattu.
    13 : un homme faisant une ronde dans une position au sommet d'un bâtiment avec des sacs de sable abattu.
    14 : un soldat irakien s'exposant blessé à la jambe. On voit un Humvee quitter la position.
    15 : 1 homme abattu sur un toit, 1 autre touché juste après.
    16 : tir raté sur 1 homme sur un toit. Même position, 1 homme tirant à la PK est abattu.
    17 : 1 homme abattu à l'intérieur d'un bâtiment.
    18 : 1 homme abattu à l'intérieur d'un bâtiment.

    Séquence 3 :

    19 : 1 homme abattu dans un bunker de sacs de sable.
    20 : 1 homme touché dans un bunker de sacs de sable, regardant avec des jumelles.
    21 : 1 homme près d'un pick-up de la police fédérale blessé à l'épaule gauche.
    22 : même position, 1 homme à l'entrée d'un bunker de sacs de sable abattu.
    23 : 1 homme touché à l'entrée d'un bunker de sacs de sable.
    24 : 1 homme touché dans un bunker de sacs de sable (le toit s'effondre).
    25 : 1 homme au sommet d'une tour d'observation/bunker touché.
    26 : 1 homme au sommet d'une tour d'observation/bunker touché.
    27 : 1 homme touché dans un bunker de sacs de sable.
    28 : 2 hommes touchés dans un bunker de sacs de sable.
    29 : 1 homme tire avec un M-4, puis met son casque en l'air pour défier le sniper, qui abat 1 autre homme un peu plus loin.

    Séquence 4 (on voit un tireur camouflé avec SVD, 7,62 mm, soviétique) :







    30 : 2 hommes abattus avec une seule balle sur un groupe de 3 (officiers?) discutant au bord d'une tranchée.
    31 : 1 homme abattu alors qu'il observe avec des jumelles derrière des sacs de sable, près d'un Humvee.

    Abu Ibrahim Al Iraqi tient un M24 SWS avec silencieux improvisé.



    On revoit un sniper camouflé avec AM 50, puis un tireur sur tube antiaérien bricolé pour le tir de sniping (14,5/23 mm ?), avec frein de bouche et viseur téléscopique. Une équipe de 2 hommes en utilise un autre, mais plus sur le mode canon à longue distance (23 mm alors que le 1er ressemble plus à du 14,5 mm). On voit des snipers creuser leurs meurtrières de tir dans des murs avec des masses. On revoit un tir de canon antiaérien bricolé en canon anti-matériel par Gopro. Ces canons lourds visent des véhicules ou des positions fortifiées.















    32 : tir sur une tourelle de véhicule avec bouclier derrière sacs de sable.
    33 : tir sur une position fortifiée.
    34 : tir sur des combattants protégés derrière des abris.
    35 : tir des combattants évoluant sur une terrasse, 1 homme touché.
    36 : tir sur une pelleteuse, touchée.
    37 : tir sur la remorque d'un Humvee, touchée, puis sur 1 homme.
    38 : tir sur une position fortifiée.
    39 : tir sur un bunker pour le faire s'effondrer (sacs de sable).

    On voit ici un groupe tireur/observateur sur tube antiaérien bricolé (14,5 mm).



    40 et 141 : tirs sur la même position, sur les sacs de sable pour effondrement et à l'intérieur.
    42 : idem.

    Autre tireur sur tube antiaérien bricolé (14,5 mm).



    43 : tir sur un bâtiment.
    44 : tir sur un bunker de sacs de sable.

    Au début de la séquence 5, on voit des snipers avec SVD et M24.











    Séquence 6 :

    45 : 1 homme touché dans un bunker.

    Destructions de véhicules adverses : néant.

    Butin matériel : néant.

    Morts/prisonniers/blessés adverses : dans la séquence 6, Abu Asma Al Iraqi abat un homme attaché à un arbre avec un vieux fusil soviétique Mosin Nagant 1891/30 (7,62 mm) à lunette PU 3.5 (qui semble être une reproduction Firefield d'ailleurs, pas une originale). La lunette porte d'ailleurs l'emblème soviétique.








    Morts/blessés de l'EI : néant.

    Effets visuels/montage/techniques de propagande : la louange à Allah, au début de la vidéo, est suivi du logo de la wilayat, sous-titré en anglais, avec effet visuel.

    L'introduction mêle des images de snipers de l'EI en action, un combattant regardant une vidéo où apparaissent des extraits de télévision irakiens sur l'action des snipers, et les opérateurs médias de l'EI filmant ceux-ci.

    Dans la séquence 2, un combattant, probablement un sniper, Abu Abd Al Rahman Al Iraqi , fait un discours.

    Dans la séquence 4, même chose avec un autre sniper, Abu Ibrahim Al Iraqi. L'un des deux tireurs sur fusil bricolé à partir d'un canon antiaérien porte une caméra GoPro sur le front.

    Au début de la séquence 5, discours du sniper Abu Hamza Al Muhajir (russophone, sous-titré en arabe), qui donne des conseils classiques pour être un bon sniper, en tenant un M-16 à lunette.



    La fin de la vidéo annonce une autre vidéo « thématique » sur les missiles antichars.

    Religion : néant.

    Nasheeds (poèmes chantés) présents dans la vidéo :


    2 : 3'34''-6'30'' Come, Come

    3 : 7'13''-9'39''Qasaeqat

    4 : 9'54''-11'13''Sarya Dawlati Haya

    5 : 11'50''-14'13'' Al Nor

    6 : ?

    Commentaires particuliers : l'utilisation des snipers en combat urbain est un grand classique. L'EI met en scène son emploi des snipers durant la bataille de Mossoul : à noter que la vidéo confirme ce que l'on savait déjà, à savoir qu'à côté des tireurs d'élite des groupes de combat classiques, souvent armés du SVD Dragunov, l'EI a de véritables groupes de snipers professionnels, opérant en binôme sniper/observateur, avec différents matériels : SVD ou M24, et calibres plus lourd, AM 50 ou tubes antiaériens bricolés pour un tir éventuellement anti-matériel (mais pas que).

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    Merci à https://twitter.com/green_lemonnn pour les traductions et https://twitter.com/ruffthecrimedog et https://twitter.com/MathieuMorant pour l'identification de certaines armes.

    Le parcours du 1er régiment illustre bien le devenir de l'insurrection syrienne depuis 2015. Issu de Liwa al-Tawhid, autrefois un des groupes les plus puissants de la rébellion, le 1ee régiment a fini par rejoindre Fatah Haleb, une des deux coalitions principales opérant à Alep. « Approuvé » par les Américains, le 1er régiment fait partie des récipiendaires de missiles TOW à la fin de l'année 2015. Ce soutien, cependant, n'est pas suffisant : le 1er régiment lie son chemin à celui de la Turquie, qui fournit du matériel, puis s'engage à ses côtés après l'intervention turque en Syrie, Euphrates Shield, à partir du 23 août 2016. Aujourd'hui le 1er régiment combat dans la poche d'Alep sud-est, au nord de la ville et à l'est, près d'al-Bab, avec l'armée turque. Celle-ci n'a fourni que des armes légères, sans doute quelques pièces d'artillerie légère également (mortiers), des pick-up et un seul véhicule blindé. Cela n'a rien d'un appui massif et déterminant quand on songe que le 1er régiment affronte 3 adversaires : le régime syrien à Alep, largement soutenu par ses soutiens étrangers, les Kurdes de l'YPG, qui bénéficient du soutien américain contre l'EI, et l'EI lui-même, qui aligne parfois des moyens matériels autrement supérieurs.




    Historique


    Le 1er régiment (Al-Fauj al-Awwal) est une formation de rebelles syriens créée en mars 2015, dirigée par Hassem Kenjo1. A l'origine, les membres de ce groupe viennent de Liwa al-Tawhid, une ancienne unité parmi les plus puissantes de l'insurrection syrienne et centrée sur Alep (qui a fait partie du Front Islamique)2. Déliquescente3, celle-ci se délite, faute de soutien extérieur, depuis l'automne 2013, en une multitude de groupes dont le 1er régiment. Celui-ci a fait partie du Front du Levant4 jusqu'en mai 2015, avant de rejoindre Fatah Halab, coalition de groupes rebelles soutenus par les Occidentaux et de formations islamistes opérant à Alep. Le 1er régiment a également participé à la formation de la coalition Ansar-al-Charia, créée en juillet 2015, avec une coloration plus islamiste, mais qui ne fonctionne plus dès la fin 2015. Il opère essentiellement à Alep et au nord de la province du même nom, mais on l'a vu aussi intervenir dans la province de Hama. Il a reçu des missiles antichars TOW à la fin de l'année 20155.

    Le 1er régiment participe aux combats de février 2016, quand le régime syrien ouvre un corridor au nord-ouest d'Alep vers Zahra et Nubl et encercle des rebelles dans la poche d'Azaz au nord d'Alep (où se trouve certains de ses combattants). Un article détaillé sur les unités rebelles du même mois crédite l'unité d'environ 500 combattants6. Une analyse plus longue sur les forces rebelles de la province d'Alep donne quant à lui 1 500 hommes, et souligne les liens de la formation avec la Turquie, qui chercherait ainsi à avoir des relais dans le nord de la Syrie. Le 1er régiment dispose d'un « expert » dans le creusement des tunnels7, Abou Assad8. Au mois de mai, le groupe est parmi les signataires d'un texte demandant à Jaysh al-Islam d'arrêter les combats fratricides contre les rebelles de Faylaq al-Rahman dans la poche de l'est de la Ghouta à Damas9. Le 2 août, lors de l'offensive rebelle pour lever le blocus des quartiers est d'Alep, le 1er régiment fait sauter un tunnel sous les positions du régime dans le quartier de Ramouseh10. Il semble jouer un rôle conséquent au sein de Fatah Halab pour cette opération11. Le 22 août, il détruit au missile antichar un BMP-1 du régime dans le collège technique de l'académie d'artillerie d'Alep. En septembre 2016, il est à l'offensive pour prendre le quartier d'Ameriyah à Alep. En octobre 2016, le 1er régiment participe à l'offensive rebelle au nord de la province de Hama, tirant des roquettes 9M22U Gradà Tel-al-Syriatel. A partir du 28 octobre, il participe également à l'attaque des rebelles contre les quartiers ouest d'Alep tenus par le régime. Le 1er décembre 2016, le 1er régiment intègre Jaysh Halab, la coalition créée en urgence par les rebelles dans la partie sud-est d'Alep que ceux-ci contrôlent encore après l'offensive du régime. Comme le montrent ses vidéos récentes, le 1er régiment combat à la fois dans la poche au sud-est de la ville d'Alep encore tenue par les rebelles, mais aussi au nord-ouest d'Alep, et à l'est de la ville, avec l'armée turque engagée dans l'opération Euphrates Shield, pour reprendre al-Bab à l'EI.


    Idéologie


    L'emblème du 1er régiment est relativement simple : le nom de l'unité, 1er régiment, est surmonté d'un drapeau blanc avec écriture noire où figure la profession de foi de l'islam (shahada). En-dessous, en rouge, figure l'inscription « La victoire ou le martyre ».



    Le groupe dispose d'un compte Twitter12 très actif, d'une chaîne Youtube13 et d'un site Internet, la page Facebook semble en revanche avoir disparu (il y a sans doute eu, comme souvent, beaucoup de suppressions successives).

    Sur ses vidéos, le 1er régiment utilise à la fois son logo, couplé à celui de l'Armée Syrienne Libre, et le logo de Fatah Halab. Cela vaut pour la ville d'Alep, mais pas sur le front d'al-Bab ou le logo de Fatah Halab disparaît souvent.

    A Alep, le logo de Fatah Halab en haut à droite...

    ... qui disparaît sur le front d'al-Bab, à l'est d'Alep, avec l'armée turque.


    Le 10 novembre, le site du 1er régiment publie un article sur les combattants étrangers servant aux côtés du régime syrien. Il confirme que la base de la montagne Azzan, à 15 km au sud d'Alep, est l'une des plus importantes de la région : on y trouve les chiites irakiens de Nujaba, le Hezbollah, des Iraniens. Nujaba serait également présent en force à l'académie militaire, à l'ouest d'Alep, qui serait son QG ; le Hezbollah serait à Hamdania, et à Zahra et Nubl. A Aziza, au sud d'Alep, on trouve le QG de Liwa al-Baqir (milice de chiites syriens), ainsi que des Irakiens chiites, dont Nujaba. Liwa Fatemiyoun stationnerait dans le quartier industriel de Sheikh Najjar à l'est d'Alep. L'aéroport d'Alep serait contrôlé par les Pasdarans et le Hezbollah.

    Le 18 novembre, un poster est dédié à un commandant du 1er régiment tué à Sheikh Saïd, Khaled Najjar. Le 27 novembre, un poster rend hommage à Hassem Kenjo, le chef du 1er régiment, tué la veille dans les combats de Sheikh Saïd à Alep-Est. 


     


    Armement, matériel, tactiques


    Une analyse en source ouverte de l'armement, des matériels et des tactiques employés par le 1er régiment depuis un mois environ permet d'aboutir à plusieurs conclusions. D'abord, que le soutien turc est évident : le 1er régiment dispose d'armes neuves venant de Turquie, des M-16A2 avec viseur ACOG, des mitrailleuses M240 ou M249 montées sur ses véhicules, un mortier yougoslave et d'autres pièces d'artillerie venues sans doute de la Turquie, de même que cette mitrailleuse Zastava M84 flambant neuve. Le 1er régiment a reçu également, semble-t-il, un unique véhicule blindé ACV-15 AACP que l'on voit depuis quelques temps maintenant dans les rangs des groupes rebelles soutenus par la Turquie dans la province d'Alep. Le groupe dispose également de nombreux technicals. L'infanterie se monte à chaque fois à quelques dizaines d'hommes au maximum. Mais le 1er régiment ne dispose pas de moyens très lourds : un possible lanceur BM-21 Grad est visible début novembre mais pas depuis. Rien d'équivalent en tout cas à la puissance de feu déployée par le régime et même par l'EI en certaines occasions. Rien d'étonnant à ce que l'unité privilégie le pilonnage à distance avec ses moyens d'appui, limités, avant d'engager l'infanterie souvent derrière les véhicules qui ouvrent la voie. La discipline de feu n'est pas très respectée chez les fantassins, mais il y a aussi sans doute l'intention de faire le coup de feu pour la caméra.

    Le 6 novembre, le 1er régiment tire avec un LRM, peut-être un lanceur Grad sur montage improvisé, de nuit, à Alep.






    Le 8 novembre, à l'est d'Alep, le 1er régiment engage plusieurs technicals : un KPV sur Isuzu, un KPV sur Land Cruiser, une DSHK sur Isuzu ou Hilux, une M240 sur Land Cruiser. Il y a plusieurs dizaines de fantassins : on retrouve une M240 et plusieurs hommes armés de M-16. Un sniper opère sur un vieux Mosin Nagant 1891/30 avec lunette plus récente que celle d'origine et quelques modifications.

    Mitrailleuse M240 sur Land Cruiser.


    Sniper avec un vieux Mosin Nagant 1891/30 équipé d'une lunette de visée plus récente que celle d'origine.

    Le 9 novembre, un mortier moyen (peut-être un vieux mortier soviétique PM-41 de 82 mm) pilonne les positions du régime sur la colline de Mutah, au sud d'Alep.

    Le 10 novembre, une vidéo montre un VBIED de l'EI arrêté par les technicals du 1er régiment à l'est d'Alep, et le kamikaze s'enfuyant à pied. Dans les combats, l'unité engage un technical avec KPV et une dizaine de fantassins soutenus par un technical avec une M240.

    Le 12 novembre, un convoi du 1er régiment monte au combat contre l'EI à l'est d'Alep. Le groupe dispose d'au moins 3 technicals (un KPV, un autre KPV protégé par un bouclier, un ZU-23) Plusieurs dizaines de fantassins sont engagés.

    Le 14 novembre, le 1er régiment tire au missile TOW 2A sur une position du régime à Alep.

    TOW 2A. Le 1er régiment en a reçu à partir de la fin 2015.

    Le 15 novembre, un convoi d'au moins 5 véhicules (dont 2 technicals : Isuzu avec DSHK et Land Cruiser avec DSHK) monte au front d'al-Bab.

    Le 17 novembre, un Land Cruiser avec ZPU-2 et un mortier moyen (81-82 mm) tirent de nuit sur les combattants du régime qui cherchent à avancer à Sheikh Saïd. Un canon sans recul SPG-9 est utilisé pour des tirs « en cloche » sur des positions du régime au sud d'Alep. Le 1er régiment montre un de ses snipers en action, qui abat 3 combattants adverses et en blesse peut-être un autre avec un SVD. Le 1er régiment est également présent au nord d'Alep où il combat les Kurdes de l'YPG : technical avec KPV, plusieurs dizaines de fantassins.

    Sniper sur SVD Dragunov.

    Le 20 novembre, le 1er régiment t