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    Merci à https://twitter.com/green_lemonnn

    Titre :

    Durée : 27 minutes 13 secondes

    Lieu(x) : les combats de la séquence 2 auraient lieu à l'ouest de Makhmour. Le combat nocturne de la séquence 3 se déroulerait entre Al Zawiya et Al Shirqat. Les combats de la séquence 4 se tiendraient sur l'autoroute entre Tloul Al Baj et le marché de Al Hazr. Dans la séquence 5, l'EI attaque dans le secteur de Ein Al Biza au sud de Shirqat, de même que dans la séquence 6. La séquence 7 se déroulerait à l'ouest de al Hazr. Les combats de la séquence 9 auraient lieu dans le village Al Masdiya au nord-ouest de la ville Hamam Al Alil.

    Les numéros correspondent aux séquences de la vidéo : 2, 3 et 4 sont approximatifs (secteur), 9 est sûr. La carte montre l'ampleur géographique des combats menés par la wilayat Dijlah.


    Date (sûre par recoupement ou estimée) : les images de la séquence 2 correspondent à un reportage photo du 2 novembre publié par l'EI. Celles de la séquence 3 correspondent à un reportage photo du 16 octobre. L'attaque de VBIED contre un convoi de la séquence 8 correspond à un reportage photo du 17 octobre. Celles de la séquence 4 semble coller avec un reportage photo du 18 octobre et un autre du 19 octobre. Les 2 kamikazes sur Humvee ont été montrés dans un reportage photo du 10 novembre. Les images de la dernière séquence, où sont pris des véhicules de Saraya Ansar al-Aqeeda, date du 26-27 novembre. La vidéo a été mise en ligne le 20 décembre, il y a donc un à deux mois d'écart avec les opérations rapportées.

    Type de vidéo : c'est une vidéo d'attaques rapides, avec raids motorisés/mécanisés, et de harcèlement.

    Découpage (séquences) :

    1 : 15''-1'08'', introduction.
    2 : 1'08''-4'15'', combats à l'ouest de Makhmour.
    3 : 4'15''-6'20'', attaque d'un poste Al Zawiya et Al Shirqat.
    4 : 6'20''-9'08'', combats sur l'autoroute entre Tloul Al Baj et le marché de Al Hazr.
    5 : 9'08''-12'30'', combats dans le secteur d'Ein Al Biza au sud de Shirqat.
    6 : 12'30''-16'13'', combats dans le secteur d'Ein Al Biza au sud de Shirqat.
    7 : 16'13''-18'45'', combats à l'ouest de al Hazr.
    8 : 18'45''-23'29'', VBIED.
    9 : 23'29''-27'13'', combats à Al-Masdiya.

     

    Forces attaquées/adversaires : dans la séquence 2, un Mi-35 de l'aviation irakienne survole les positions de l'EI, ainsi que 2 avions à trop haute altitude pour être identifiés formellement.





    Dans la séquence 7, on voit 3 hommes prendre la fuite sous les tirs de l'EI.

    Dans la séquence 9, un Antonov 32 survole les positions de l'EI, puis un Mi-35 de l'aviation irakienne tire sur l'EI couvert par un Bell IA 407, et sont pris à parti par un tireur PK et plusieurs fantassins dont un avec M-16 à silencieux.



    Effectifs engagés : dans la séquence 1, on peut voir un groupe de 14 combattants.

    Dans la séquence 2, un groupe de 17 combattants est formé en U.

    Dans la séquence 7, on peut voir un groupe de 20 à 30 combattants.



    Moyens d'appui utilisés (canons, mortiers, armes artisanales...) : dans la séquence 3, l'EI emploie un canon sans recul SPG-9 porté à l'épaule.

    Cette même arme est utilisée dans la séquence 4.

    Véhicules utilisés (chars, véhicules blindés, technicals...) : la séquence 1 montre 5 véhicules de combat improvisés (3 semblent porter des mitrailleuses Type 77/85) et 1 technical avec KPV en colonne. Plus loin on voit un technical avec ZPU-2 et un Hilux avec KPV.



    Dans la séquence 2, on voit un véhicule blindé improvisé avec DSHK en tourelle et 3 combattants embarqués, dont un tireur PK. Un pick-up rouge embarque plus d'une dizaine d'hommes. Un combattant est à moto. Un autre pick-up embarque lui aussi une dizaine d'hommes.





    Dans la séquence 3, l'EI aligne un véhicule blindé improvisé avec blindage SLAT sur l'avant et mitrailleuse DSHK en tourelle.



    Dans la séquence 4, l'EI tire avec un technical muni d'un KPV.



    Les fantassins de l'EI sont accompagnés à distance par 2 véhicules, l'un avec mitrailleuse Type 77/85 ; l'autre avec PK dans la séquence 5.

    Dans la séquence 6, le cadre fait un discours à ses hommes devant un Land Cruiser avec KPV protégé par un bouclier. On voit ensuite plusieurs véhicules de combat improvisés et un Hilux avec KPV.





    Dans la séquence 7, on voit plusieurs véhicules de combat improvisés, dont un avec mitrailleuse Type 77/85 en tourelle. L'un d'entre eux a du blindage SLAT à l'avant et une mitrailleuse PK orientée vers l'avant. Il y a aussi un technical avec ZU-23 monotube. 








     

    Dans la séquence 9, l'EI tire avec un KPV monté sur technical.



    Kamikazes (identité) :

    1 : Abu Sham Al Iraqi


    2 : Abu Hamza Al Tajiki (Tadjik). En béquilles, blessé à la jambe gauche. Tireur sur le Humvee.


    3 : Abu Marya Al Maslawi (Irakien, Mossoul). Conducteur sur le Humvee.


    Véhicules kamikazes (types, impact) :

    1 : sans doute un 4x4 avec renfort de blindage, se fait sauter à l'entrée d'un poste de l'armée irakienne.







    2 : sur une route empruntée par un convoi de l'armée irakienne, un premier VBIED (inghimasi) se jette sur un Humvee. Un deuxième VBIED vient percuter le convoi à l'arrêt et détruit notamment un porte-chars avec BMP-1.




    3 : Humvee avec mitrailleuse PK en tourelle. Se jette sur un barrage de l'armée irakienne en travers d'une route.




    4 : 2VBIED utilisés au même endroit.

    Armes légères et lourdes (fusils d'assaut, mitrailleuses, RPG, etc) - groupes de combat et leurs tactiques : dans la séquence 1, un groupe de combat comprend un tireur RPG-7, 2 tireurs PK et un tireur MG-3.

    Dans la séquence 2, un fantassin dispose d'un M-16 avec lunette de visée. Le groupe de combat comprend un tireur RPG-7 et un tireur PK.





    Dans la séquence 3, le groupe de combat qui part de nuit comprend un tireur PK et un tireur RPG-7 avec chacun AK-47 en plus dans le dos.



    Le groupe de combat de la séquence 4 comprend un tireur PK, un tireur MG-3.




    Dans la séquence 5, le groupe de combat dispose d'un tireur PK (avec AK dans le dos).



    Dans la séquence 6, un cadre fait un discours devant 17 hommes d'un groupe de combat : 3 tireurs PK, 2 tireurs RPG-7 dont 1 avec charge tandem, 11 hommes avec AK-47 et 1 avec M-16. Le groupe de combat qui assaille les bâtiments dispose d'un homme avec M-4, d'un tireur RPG-7, de tireurs PK.




    Dans la séquence 7, l'un des véhicules blindés improvisés embarque un tireur PK et un tireur RPG-7. Le groupe de combat débarqué dispose d'un tireur RPG-7.



    Dans la séquence 9, un groupe de combat de 10 hommes comprend le tireur RPG-7 et son pourvoyeur.






    Destructions de véhicules adverses : dans la séquence 2, un Humvee et un ILAV Badger sont détruits.




    Dans la séquence 4, une pelleteuse est incendiée.



    Un technical est incendié dans la séquence 5.



    Dans la séquence 6, l'EI incendie un BMP-1.



    Un pick-up est incendié dans la séquence 9. Un char T-55/Type 59 est également incendié, de même qu'un véhicule léger iranien Safir avec canon sans recul M40 de 106 mm (copie iranienne).







    Butin matériel : dans la séquence 2, un combattant de l'EI s'empare d'un fusil d'assaut VHS-2.



    Dans la séquence 7, un technical (Land Cruiser avec compartiment arrière de combat et tourelle avec DSHK) de la mobilisation populaire chiite est pris. Ce technical porte sur la tourelle le drapeau d'une milice chiite, Saraya Ashura.



    Dans la séquence 9, l'EI s'empare d'un Humvee et d'un camion marqués de l'emblème de Saraya Ansar al-Aqeeda, de roquettes de RPG-7, de grenades de 40 mm pour Mk 19, de boîtes de munitions de 14,5 mm, de grenades à fragmentation, de RPG monocoups, d'une vingtaine d'AK, de 3 MG-3, d'1 RPG-7, d'un SVD, d'un mortier lourd, de plusieurs PK.















    Morts/prisonniers/blessés adverses : dans la séquence 2, un corps est visible près de l'ILAV Badger.

    Dans la séquence 5, l'EI filme 3 corps de soldats irakiens.

    Dans la séquence 6, l'EI abat au moins 3 soldats irakiens.

    2 corps sont filmés par l'EI dans la séquence 7.

    2 corps sont filmés dans la séquence 9, dont un avec sa carte d'identité militaire.

    Morts/blessés de l'EI : dans la séquence 1, un mitrailleur PK est blessé par des tirs adverses.

    Dans la séquence 2, un combattant de l'EI, gravement blessé (il a perdu 3 doigts de la main gauche, en sang) a pourtant la force de faire un discours devant le caméraman.

    Dans la séquence 8, l'EI filme 2 de ses blessés.

    Effets visuels/montage/techniques de propagande : la louange à Allah est suivie du logo de la wilayat, sous-titré en anglais, avec la mention « Islamic State » qui précède, la configuration est tout à fait nouvelle.

    Dans la séquence 1, Abu Al Hassan Al Muhajir prononce l'hymne officiel de l'EI.

    Au début de la séquence 5, l'EI évoque la relation entre l'Arabie Saoudite et les Américains. Le combat est filmé par GoPro monté sur un combattant.

    L'attaque de la séquence 6 est filmée par drone et par GoPro montée sur combattant.

    Les VBIED de la séquence 8 sont filmés par drone.

    Religion : lors des combats de la séquence 3, on entend un discours d'Abu Bakr Al Baghdadi.

    La séquence 4 commence par un discours d'Abu Bakr Al Baghdadi.

    Dans la séquence 6, on entend un discours d'Abu Muhamad Al Adnani.

    Dans la séquence 7, on entend deux fois Abu Al Hassan Al Muhajir.

    Abu Bakr Al Baghdadi parle dans la séquence 9.

    Nasheeds (poèmes chantés) présents dans la vidéo :

    1 : 33''-1'Adajah

    2 : ?

    3 : ?

    4 : 4'36''-6'13''Qad'Azamna

    5 : 6'47''-9'04''Fought (nouveau nasheed, 1ère utilisation en vidéo longue militaire)

    6 : ?

    7 : 13'19''-16'09''Ilejhim Rakibna

    8 : 16'36''-18'22''Sunnatullah

    9 : ?

    10 : 20'15''-21'21''Kulamah

    11 : ?

    12 : ?

    13 : 26'37''-27'07''Alhamdulillah

    Commentaires particuliers : cette vidéo montre un renouveau de la propagande de l'EI. L'entame change, avec une nouvelle forme ; Abu Al Hassan Al Muhajir, le nouveau porte-parole de l'EI, y prononce de nombreux discours ; un nouveau nasheed est utilisé. L'EI semble avoir surmonté en partie la crise de l'été dernier. En ce qui concerne la wilayat Dijlah, il faut remarquer qu'elle opère en soutien de la wilayat Ninive engagée dans la bataille de Mossoul. Elle harcèle l'armée irakienne plus au sud, autour de Shirqat et Makhmour ; elle attaque les convois avec des VBIED ; elle affronte enfin les milices chiites à l'ouest de Mossoul, comme Saraya Ansar al-Aqeeda dont je parlais il y a quelques semaines. On note la capacité de la wilayatà conduire des raids mécanisés plus que motorisés, car elle développe de plus en plus des véhicules blindés à partir de pick-up ou autres véhicules.

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    Merci à https://twitter.com/green_lemonnn

    Titre : Le bouclier de la croix.

    Durée : 19 minutes.

    Lieu(x) : le front d'al-Bab est explicitement mentionné dans la séquence 2. La séquence 3 parle de la campagne au nord d'Alep. Dans la séquence 4, le BMP-1 détourellé utilisé comme VBIED est lancé contre un cantonnement turc à l'ouest d'al-Bab.

    Date (sûre par recoupement ou estimée) : . Un des tirs de missiles antichars de la séquence 3 semble correspondre à une vidéo Amaq du 28 novembre 2016. Le VBIED de la séquence 4 (BMP-1 détourellé) a son explosion filmée le 7 décembre 2016 par Amaq (on reconnaît les images de la vidéo dans celle-ci). Un autre VBIED filmé ensuite dans la même séquence semble correspondre à une vidéo Amaq du 23 novembre. Les images de la séquence 6 montrant les victimes des bombardements turcs correspondent à une vidéo Amaq du 12 décembre 2016. Un des tirs de missiles antichars de la séquence 6 correspond à une vidéo Amaq du 4 novembre 2016. Il n'y a donc pas de cohérence chronologique dans le montage de l'EI, comme souvent : mise en ligne le 22 décembre, la vidéo reprend des opérations étalées sur 2 mois, dans le désordre.

    Type de vidéo : c'est une vidéo de défense agressive, l'EI contre-attaque l'assaut turc sur al-Bab avec VBIED et missiles antichars notamment.

    Découpage (séquences) :

    1 : 15''-2'16'', introduction.
    2 : 2'16''-4'59'', combats à al-Bab.
    3 : 4'59''-8'08, VBIED à al-Bab, tirs de missiles antichars.
    4 : 8'08''-10'18'', VBIED.
    5 : 10'18''-10'51'', tirs de missiles antichars.
    6 : 10'51''-12'05'', victimes des bombardements turcs.
    7 : 12'05''-19', exécution de 2 soldats turcs.



    Forces attaquées/adversaires : l'armée turque et les rebelles syriens que celle-ci appuie.

    Effectifs engagés : limités dans cette vidéo.

    Moyens d'appui utilisés (canons, mortiers, armes artisanales...) : dans la séquence 3, un missile antichar (Konkurs/Fagot) frappe un Land Cruiser. Un second tir frappe un autre Land Cruiser. Un lanceur TOW touche ensuite des véhicules rebelles syriens. Un autre tir frappe un char turc M-60T Sabra, incendié, puis un deuxième, et un troisième sont touchés.















    Dans la séquence 5, un tir de missile antichar vise un char turc. Un autre véhicule est ensuite frappé par un missile antichar. Un autre missile touche un M-60T Sabra. Un missile antichar frappe enfin un bulldozer.











    Véhicules utilisés (chars, véhicules blindés, technicals...) : le groupe de combat de la séquence 2 est appuyé par un technical avec KPV. Un Hilux avec KPV appuie aussi les fantassins.




    Dans la séquence 4, un bitube ZU-23 sur véhicule est utilisé de même qu'un ZPU-2 sur Hilux.




    Kamikazes (identité) :

    1 : Abu Abd Al Rahman Al Atharia

    2 : Abu Omar Al Hashemi (Jordanien?)



    Véhicules kamikazes (types, impact) :

    1 : un VBIED explose contre un groupe de rebelles syriens.

    2 : Abu Abd Al Rahman Al Atharia semble pilote un 4x4 blindé artisanalement.

    3 : Abu Omar Al Hashemi pilote un BMP-1 détourellé, avec blindage SLAT sur les côtés, et qui porte un emblème de l'EI avec le numéro 225 à l'arrière. Il se jette sur un cantonnement turc où stationne une dizaine de véhicules.




    4 : un véhicule blindé de manière artisanale vise lui aussi un cantonnement turc à l'ouest d'al-Bab.

    5 : 2 VBIED explosent dans la campagne au nord d'Alep.

    Armes légères et lourdes (fusils d'assaut, mitrailleuses, RPG, etc) - groupes de combat et leurs tactiques : dans la séquence 2, un groupe de combattants débarque d'un véhicule pour se jeter dans le combat. Ce groupe de combat comprend au moins 2 tireurs PK (dont un arme avec individuelle supplémentaire dans le dos).




    Destructions de véhicules adverses : dans la séquence 2, 5 pick-up et 1 van des rebelles syriens sont détruits par l'explosion du premier VBIED.

    Butin matériel : le Land Cruiser criblé de balles de la séquence 2 est capturé avec sa M2HB.



    Morts/prisonniers/blessés adverses : dans la séquence 2, un Land Cruiser avec M2HB des rebelles syriens arrive juste devant le technical de l'EI à côté duquel se tient le combattant avec PK qui filme en GoPro. Les 3 rebelles qui l'occupent sont fusillés à bout portant.

    Dans la séquence 3, l'EI filme 19 corps de rebelles syriens. Comme de coutume, les cadavres sont mis en scène : l'un a un couteau sur le dos, l'autre un tas de billets sur le torse, un autre des cigarettes. Un des corps porte l'emblème de manche de l'Armée Syrienne Libre.

    Morts/blessés de l'EI : néant.

    Effets visuels/montage/techniques de propagande : la louange à Allah est de la nouvelle forme pour l'entame des vidéos longues de l'EI : la mention « Islamic State », suivie du logo de la wilayat sous-titré en anglais.



    La séquence 1 insiste sur les liens entre Erdogan et les Américains, puis les Russes. On voit des images de véhicules blindés Kirpi de l'armée turque, ainsi que de MaxxPro utilisés par la même armée en Syrie. L'EI reprend aussi des images d'archives, de la première vidéo longue sur la bataille de Mossoul et quelques autres. L'EI montre ensuite les images d'un de ses attentats à Diyarbakir (sans doute celui du 4 novembre 2016).

    L'assaut de la séquence 2 est filmé en GoPro sur un tireur PK.

    Dans la séquence 5, l'EI insiste sur les victimes civiles provoquées par les bombardements turcs (un des sauveteurs dans les décombres porte une GoPro : toujours la mise en scène pour la propagande).

    Dans la séquence 7, un combattant turcophone de l'EI (Abu Hassan Al Turki) prend la parole dans sa langue natale (sous-titrée en arabe). Il qualifie Erdogan de « Tagout ». L'EI montre ensuite 2 soldats turcs prisonniers qui vont être brûlés vifs : le premier, né à Konya, 26 ans, travaille dans le renseignement des garde-frontières à Tikirdag (frontière avec la Bulgarie). Le second est un soldat turc de 21 ans. Avant leur exécution, les 2 soldats sont obligés de répéter un discours de l'EI : l'EI somme la Turquie de retirer ses troupes de Syrie sous peine de représailles, indique que c'est la politique d'Erdogan qui conduit aux attentats et à cette exécution. Le verset 126 de la sourate An-Nahl est utilisé pour justifier cette dernière. Le combattant de l'EI turcophone reprend la parole après l'exécution pour menacer la Turquie.



    Religion : la séquence 1 commence par un discours du « calife » autoproclamé, Abu Bakr Al Qurayshi (et non Baghdadi, ce qui est intéressant).

    Dans la séquence 3, au moment du trajet d'un VBIED, on entendu un discours d' Ibn Hasan Muhajir, le porte-parole de l'EI.

    Abu Hasan Al Muhajir parle encore dans la séquence 4.

    Nasheeds (poèmes chantés) présents dans la vidéo :

    1 : ?

    2 : ? (nasheed en turc)

    3 : 2'41''-4'53'' Hayya Inghamis


    5 : 6'22''-8'02''Adajah



    8 : ?

    9 : ?

    10 :?

    Commentaires particuliers : le titre de la vidéo renvoie à une accusation portée contre la Turquie par l'EI, d'être la « protectrice des croisés » (d'où la forme de bouclier derrière le titre de la vidéo). La défense agressive de l'EI à al-Bab montre que l'armée turque n'a semble-t-il pas anticipé (comme d'autres armées : on le voit avec l'armée irakienne à Mossoul en contexte urbain, même si cette dernière a maintenant davantage d'expérience) la menace sérieuse posée par les VBIED, y compris hors cadre urbain : on ne voit pas de lance-missiles antichars positionnés pour arrêter les VBIED. En outre, les véhicules blindés et les chars turcs s'exposent face aux tirs de missiles antichars de l'EI. Enfin, l'infanterie est surtout fournie par les rebelles syriens qui bien que soutenus par les Turcs, n'ont pas les mêmes moyens. Surtout, l'exécution insoutenable de la fin de la vidéo, couplée aux images montrant les victimes civiles des bombardements turcs, sert à l'EI pour dissuader la Turquie de continuer son intervention en Syrie, de même que les attentats.

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    Merci pour le coup de main à https://twitter.com/green_lemonnn et https://twitter.com/ruffthecrimedog

    La division al-Hamza illustre bien certaines des tendances récentes au sein de l'insurrection armée syrienne en 2016. Née en avril dans la poche d'Azaz, cette formation, largement soutenue par les Etats-Unis, l'est parce qu'elle a fait le choix, par nécessité, de combattre l'EI, et non plus le régime syrien qui reste pourtant un adversaire déclaré, tout comme les Kurdes de l'YPG. Avec l'intervention turque du mois d'août (opération Euphrates Shield), elle sert de plus en plus d'infanterie d'appoint à l'armée de ce pays. Malgré le soutien apporté et les matériels fournis, elle reste cependant mal outillée pour mener un combat urbain de l'ampleur de celui d'al-Bab, contre l'EI. En outre, elle devient très dépendante de ses soutiens extérieurs, qui ne soutiendront peut-être pas tous ses objectifs en dehors de la lutte contre le groupe djihadiste.




    Historique


    La division al-Hamza naît officiellement par un communiqué du 23 avril 2016, qui annonce la fusion de 5 groupes opérant au nord d'Alep : la brigade al-Hamza, la plus conséquente et qui donne son nom à la nouvelle formation, Liwa Mare' Al-Semood, la brigade Dhi Qar, la brigade de l'Eclair du Nord et la brigade des opérations spéciales. La nouvelle unité se qualifie de « forces spéciales » : elle est commandée par des officiers ayant fait défection de l'armée arabe syrienne et elle est menée par le lieutenant Saif Abou Bakr. La division al-Hamza stipule qu'elle combat à la fois le régime syrien et l'EI. La brigade al-Hamza, à l'origine, a été constituée dans le sud de la province syrienne d'Hasakah, au nord-est de la Syrie. Elle a combattu au nord d'Alep dès 2013, comme le confirme son chef Abu Jalal. Le 7 avril 2016, elle avait perdu son chef, Abu Yasir al-Sheikh, dans les combats contre l'EI au nord d'Alep. A part la brigade al-Hamza, il y a parmi les autres composantes Liwa Dhi Qar, ancienne subdivision de la division 99 de l'Armée Syrienne Libre (déjà née du regroupement de 5 petites unités en mars 2016) ; la brigade de l'Eclair du Nord, une formation récente née dans la poche d'Azaz. Cette unité est intéressante : bien que catégorisée « Vetted Syrian Opposition » (VSO, autrement dit soutenue par le ministère de la Défense américain, acronyme que détourne les adversaires de ces rebelles, notamment l'EI, pour les disqualifier), elle a reçu le 18 juin 2016 un lanceur antichar TOW, qui normalement est plutôt fourni par la CIA (les deux institutions américaines ne collaborent pas forcément dans leur soutien aux rebelles syriens, ce qui n'est pas sans poser problème évidemment). La division al-Hamza naît dans un contexte particulier : la formation de la poche d'Azaz en février 2016 « coince » les rebelles au nord d'Alep, adossés à la frontière turque, encerclés à l'ouest par les Kurdes syriens du canton d'Afrin, à l'Est par l'EI. Ils sont alors dépendants de l'appui turc et du soutien aérien de la coalition anti-EI. Les groupes rebelles de la poche concentrent leurs efforts contre l'EI et de furieux combats d'allers-retours se déroulent dans les villages au sud-est de la poche, le front face aux Kurdes restant relativement calme suite à un accord négocié avec les Américains. C'est ce recentrage, par nécessité, des rebelles syriens dans le combat contre l'EI qui permet aux Etats-Unis d'apporter un appui aérien et d'armer et d'entraîner des formations rebelles. Le 22 juin 2016, une brigade « Samarcande » de rebelles turkmènes rejoint la division al-Hamza : elle est commandée par le lieutenant Wael Mousa et combat le régime syrien, les Kurdes du PYD et l'EI.

    Dès le lancement de l'opération Euphrates Shield, le 24 août 2016, la division al-Hamza fait partie des premiers rebelles qui investissent la ville de Jarabulus avec l'armée turque. Elle a été convoyée via la Turquie pour participer à l'assaut sur la ville. Elle fait partie intégrante de la Hawar Kilis Operations Room, créée depuis avril (du nom du village d'Hawar Kilis, à 2 km de la frontière turque), et qui regroupe au nord d'Alep les formations de l'Armée Syrienne Libre épaulées par le Département de la Défense américain et largement soutenues par la Turquie. Aux côtés d'autres groupes comme la division du Sultan Mourad, la division 13 de l'ASL, et d'autres, elle est pointe de l'opération Euphrates Shield. Abu Jalal reconnaît la perte , au 22 septembre, de 300 hommes face à l'EI depuis le début des opérations. Mais la prise de Jarabulus puis d'al-Raï (septembre) a permis à l'unité de se développer : elle dispose maintenant d'un bataillon d'infanterie, de 2 bataillons de mortiers, et de bataillons de mitrailleuses moyennes et lourdes. L'objectif de l'unité est aussi de permettre aux réfugiés situés derrière la poche d'Azaz de regagner leur foyer, en chassant l'EI, mais en combattant également les Kurdes.

    Après la chute de Dabiq, reprise à l'EI le 16 octobre, la Turquie et ses alliés rebelles se tournent vers al-Bab. Le début de la bataille d'al-Bab est éclipsé par le lancement de l'offensive contre Mossoul en Irak au même moment. L'EI, pourtant, s'est contenté jusque là de mener un combat de retardement, laissant l'armée turque et ses alliés rebelles créer une zone tampon le long de la frontière syro-turque de 20 km de profondeur, disposant surtout des IED et des mines pour freiner l'avance adverse. A al-Bab en revanche, l'EI se retranche. Il faut dire qu'al-Bab comptait avant la guerre plus de 60 000 habitants : c'est une vraie agglomération, contrairement à Dabiq qui n'en comptait que 3 000. En combat urbain, la puissance de feu turque, aviation, automoteur d'artillerie T-155 Firtina, chars M-60T Sabra et M-60A3TTS, sans parler des autres véhicules blindés (ACV-15, Otokar Cobra, etc), ne peut jouer à plein. Par ailleurs l'infanterie est surtout fournie par les rebelles syriens, mal préparés à un combat urbain d'assez grande ampleur contre l'EI. D'autant que celui-ci a fortifié la ville depuis l'été pour en faire un point d'arrêt à l'offensive turque : à Manbij, il avait fallu 3 mois aux Kurdes de l'YPG pour venir à bout de la garnison de l'EI... Le vivier de recrutement pour les rebelles est alors limité car beaucoup sont davantage préoccupés par l'offensive du régime sur Alep que par l'opération Euphrates Shield. En outre des tensions se font jour, au sein des groupes rebelles engagés avec la Turquie et soutenus par les Etats-Unis et les formations islamistes ou salafistes. Le 1er octobre, Abu Ali Kaferhaya (Omar Halifi), un commandant de la brigade Samarcande de la division al-Hamza, est tué au combat contre l'EI. Il est natif de Kafr Haia, dans la province d'Idlib, tenu par Ahrar al-Sham, qui refuse d'autoriser son enterrement sur place. Des échanges assez vifs ont lieu entre les deux formations.



    Le 2 novembre, la division al-Hamza combat à Masoudiyah, à 20 km au nord-ouest d'al-Bab. Le 3 novembre, elle est dans le village de Baruze, à 19 km au nord-ouest d'al-Bab, de Tel Tana (17 km au nord-ouest), al-Wash (18 kilomètres au nord-ouest), El-Xoz, Kassar (18 kilomètres au nord-ouest). Le 6 novembre, une vidéo montre les opérations à Sedud, à 15 km au nord-ouest d'al-Bab. La division prétend avoir tué 10 djihadistes en reprenant le village. Une vidéo du 8 novembre montre des opérations à Nimane, à 12 km au nord-ouest d'al-Bab. Le 9 novembre, l'unité s'empare du village de Sheikh Alwan, à 9 km au nord-ouest d'al-Bab. Le 10 novembre, la division annonce la fin de l'entraînement de deux unités spécialement formées au combat de rues pour la bataille d'al-Bab. Le 11 novembre, la division est à Betecug, à 19 km au nord d'al-Bab et Shuweha, village voisin pris la veille. Une photo du 12 novembre montre les IED laissés par l'EI dans les villages autour d'al-Bab. Le même jour, la division combat à Khalisa, à 20 km au nord-est d'al-Bab et à Shalal Wiran (25 km au nord-est). Le 14 novembre, une vidéo montre la division en action à Hezwane, à 10 km au nord-ouest d'al-Bab. La division combat aussi à Bascirne à 20 km au nord-est d'al-Bab. Le 15 novembre, l'opération « Bouclier de l'Euphrate » s'empare de la ville de Qubasin, au nord-est d'al-Bab. Le 17 novembre, la division libère le village de Kundurli, où elle désamorce un VBIED abandonné par l'EI. Le 18 novembre, la division al-Hamza détruit un VBIED de l'EI à Kundurli, village à 12 km au nord-est d'al-Bab. Une photo du 23 novembre montre des combattants dans un village dont le YPG a été chassé, Birshaya, et un autre village est pris, Jeb Aldam. Le 25 novembre, la division prend le village d'Aji, à 10 km au nord d'al-Bab, coupant la route vers Manbij. Le 26 novembre, la division annonce la prise d'Umm Shkayf, un village à 13,5 km au nord-est d'al-Bab. Le 27 novembre, un communiqué de la division al-Hamza annonce la capture de plusieurs villages, 2 après des combats contre l'EI (dont celui de Zurzur à 12 km au nord-est d'al-Bab), et d'autres après des combats contre l'YPG. La progression de la division al-Hamza, que l'on voit sur la carte, montre qu'elle opère surtout au nord-ouest et au nord-est d'al-Bab ; après une pause d'une dizaine de jours à partir de la fin novembre, elle va être engagée dans l'approche de la ville elle-même.

    Comme l'indique un communiqué du 2 décembre, le porte parole de la division al-Hamza est le capitaine Haji Yahya. Une photo du 14 décembre montre les lisières de la ville d'al-Bab. Le 25 décembre 2016, la division al-Hamza publie une carte des opérations à al-Bab. Le 31 décembre 2016, la division al-Hamza annonce la capture du village de Dagliyash, à 8 km à l'ouest d'al-Bab, après de violents combats contre l'EI.

    Autour d'al-Bab : les numéros indiquent les lieux où a combattu la division al-Hamza, dans l'ordre chronologique :

    1 Masoudiyah 2 novembre
    2 Baruze, Tel Tana 3 novembre
    3 Sedud 6 novembre
    4 Nimane 8 novembre
    5 Sheikh Alwan 9 novembre
    6 Betecug 11 novembre
    7 Khalisa, Shakal Wiran 12 novembre
    8 Hezwane, Bascirne 14 novembre
    9 Qubasin 15 novembre
    10 Kundurli, 17 novembre
    11 Birshaya 23 novembre
    12 Aji 25 novembre
    13 Umm Shkayf 26 novembre
    14 Dagliyash 31 décembre


    Propagande et idéologie


    L'emblème de la division al-Hamza est un cercle, surmonté des 3 étoiles rouges de la révolution syrienne, à l'intérieur duquel on trouve le drapeau de celle-ci, tenu par le canon d'une AK-47 à la verticale, et le nom en anglais de l'unité. A l'intérieur du cercle, en arabe, est inscrit : « Furqat al-Hamza. Forces spéciales », ce qui confirme la vocation de « forces spéciales » de l'unité.



    La division al-Hamza publie sur un compte Twitter auquel est associé une chaîne Youtube. Dans les vidéos, une présentation initiale avec effet visuel et l'emblème du groupe a progressivement disparu, laissant un contenu plus sobre. L'emblème apparaît depuis en haut à gauche de chaque vidéo, le tout étant un peu plus sobre. Les publications sont consacrées quasi exclusivement au combat : il n'y a quasiment pas d'élément sur les idées politiques de la formation, tournée uniquement dans l'affrontement militaire contre ses adversaires.

    Le 21 novembre, la division annonce la mort de Allah Mamdouh Jassim Al Jassim (33 ans), tué contre l'EI. Une photo du 27 novembre montre les hommes de la division faire leur prière du midi. Le 30 novembre 2016, la division al-Hamza annonce la mort de 2 de ses combattants, Ahmed Mohamed Hassan et Allah Mohammed Hassan, contre l'EI. Ils étaient âgés de 18-19 ans (nés en 1997).




    Armement, matériel, tactiques


    Une étude en source ouverte sur les mois de novembre et décembre 2016 permet d'aboutir à plusieurs conclusions. La division al-Hamza est approvisionnée en armes par les Etats-Unis (mitrailleuses M240/249, fusil de sniper Mk 14 EBR, mortiers M252A2 de 81 mm) et par la Turquie (mitrailleuse Zastava M84, armes légères...). En outre, sur les deux mois, avec les combats difficiles à al-Bab, la Turquie a cédé des véhicules blindés à la formation : d'abord un Humvee avec M2HB, sans doute quelques automitrailleuses ZPT, enfin au moins un ou deux ACV-15 AACP, comme c'était déjà le cas avec le 1er régiment. La division al-Hamza dispose aussi d'une flotte assez importante de technicals (notamment Land Cruiser). L'infanterie de l'unité est assez peu nombreuse : au maximum on voit 50 à 60 hommes simultanément, et malgré les déclarations des communiqués, cette infanterie semble mal préparée à un combat urbain tel qu'exigé à al-Bab. Elle est ponctuellement appuyée par l'armée turque, notamment avec des chars M-60T Sabra.

    Une photo du 3 novembre montre 2 mortiers, un lourd (120) et un moyen (M252A2, 81 mm). Une autre montre le Humvee utilisé par l'unité.




    Une vidéo du 4 novembre montre plusieurs technicals avec M2HB/GAU-16, une M240B, un fusil de sniper Mk 14 EBR, une batterie de 3 mortiers (2 lourds, 1 moyen M252A2).







    Une vidéo du 6 novembre montre une M240B sur Land Cruiser, un autre véhicule de ce type avec bitube ZU-23, un mortier lourd de 120 mm et un autre de 81 mm (M252A2), le Humvee avec M2HB en tourelle, une infanterie avec mitrailleuses Zastava M84, M240.








    Une vidéo du 8 novembre montre un convoi avec le Humvee, un bitube ZU-23 sur Land Cruiser, un tireur PK, un char turc M-60T, et un ACV-15 AACP numéroté 243768.







    Une photo du 13 novembre montre un mortier lourd de 120 mm et un mortier moyen de 81 mm (M252A2), une autre une M240B montée sur véhicule.






    Le 14 novembre, une vidéo montre un Land Cruiser avec bitube ZU-23 et un ACV-15 AACP turc utilisé par la division. On voit aussi un Land Cruiser avec M2HB/GAU-16 en action, un canon sans recul SPG-9 et une M240B. Ce même jour, le Humvee utilisé par la division est photographié, frappé de l'emblème de l'unité sur la portière avant droite.



    Le 20 novembre, la division se sert d'un canon sans recul SPG-9 pour pilonner les positions de l'EI à Qabasin (8,5 km au nord-est d'Alep).



    Une vidéo du 23 novembre montre une batterie de 4 mortiers, 2 lourds de 120 mm et 2 moyens de 81 mm (M252A2), frapper les positions de l'EI à al-Bab.




    Une vidéo du 27 novembre montre un convoi de 7 véhicules et une dizaine de combattants, dont 2 très jeunes, qui portent des M249. On peut voir en action un Land Cruiser avec M2HB/GAU-16, 2 technicals avec ZPU-2, une mitrailleuse M240. Une photo du même jour montre des IED désamorcés par la division al-Hamza, laissés par l'EI dans les villages autour d'al-Bab.



    Une vidéo du 8 décembre montre un convoi de 24 véhicules de la division al-Hamza partant pour le front d'al-Bab, dont de nombreux Land Cruiser avec M2HB/GAU-16. Une automitrailleuse turque ZPT évolue à côté du convoi. Une photo du même jour montre 50 à 60 combattants alignés. La plupart porte des AK-47, mais on remarque quelques M-16. Une ZPT est présente à l'arrière-plan ainsi qu'un autre véhicule blindé.

    Une vidéo du 9 décembre montre un Land Cruiser avec M2HB/GAU-16 en action. Une dizaine de fantassins précède le véhicule dans une localité. Il y a un autre technical avec KPV et encore un autre avec ZPU-2 protégé par un bouclier. Une photo prise de loin montre les silos d'al-Bab, au sud de la ville.

    Dans une vidéo du 10 décembre sur les combats près d'al-Bab, on voit un convoi de 6 véhicules dont 4 technicals, des Land Cruiser. L'un d'entre eux a un KPV protégé par un bouclier qui ouvre le feu. Un autre est armée d'une M240B, qui tire depuis le véhicule puis tenue par un fantassin, pour la caméra. Une photo publiée le même jour montre une vingtaine de combattants autour du drapeau de la division al-Hamza et de véhicules ; les quelques hommes armés tiennent des M-16.



    Une vidéo du 12 décembre montre les combats aux abords de la ville d'al-Bab. Un convoi comprend plusieurs technicals : un Land Cruiser avec M2HB/GAU-16, un autre avec mitrailleuse Type 77/85. Un des fantassins porte le Mk 14 EBR déjà observé. Un tireur PK fait feu depuis le premier. L'infanterie est appuyée par le tir d'un mortier lourd (120 mm). Une photo postée le même jour montre les mêmes véhicules avec une automitrailleuse ZPT turque que l'on apercevait furtivement dans la vidéo.



    Une vidéo du 20 décembre montre les combats sur le front d'al-Bab. On voit un Otokar Cobra turc dans la colonne de la division. Des fantassins montent dans un véhicule blindé turc. La division al-Hamza dispose de nombreux technicals(Land Cruiser). L'un d'entre eux ouvre le feu avec une M2HB/GAU-16. La formation manipule apparemment elle-même plusieurs véhicules blindés ACV-15 AACP fournis par la Turquie. Un mitrailleur tire avec une M249 fournie par les Etats-Unis.









    Dans une vidéo du 21 décembre sur le front d'al-Bab, on voit les hommes monter dans un ACV-15 AACP, couverts par le tir d'une M2HB/GAU-16 sur Land Cruiser et d'une mitrailleuse Type 77/85 sur Hilux. Un M-60T Sabra de l'armée turque escorte également les fantassins et ouvre le feu.











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    Merci à https://twitter.com/green_lemonnn

    Titre : Procession de lumière.

    Durée : 41 minutes 27 secondes.

    Lieu(x) : Mossoul et ses alentours. Le raid de la colonne mécanisée dans la séquence 3 se déroule à Tel Zalat, à l'ouest de Mossoul. Les combats de la séquence 6 ont lieu dans le quartier d'al-Harat. Les VBIED opèrent dans la ville de Mossoul (quartiers Est).

    Date (sûre par recoupement ou estimée) : le raid de la colonne mécanisée à Tel Zalat correspond à un reportage photo du 2 décembre. Les images de la séquence 6 correspondant à un reportage photo paru le 24 novembre. Les explosions de VBIED datent des mois de novembre-décembre 2016. Certaines explosions sont récentes puisque le kamikaze n°18 s'est fait exploser le 21 décembre à Intisar. La vidéo a été mise en ligne le 3 janvier 2017.

    Type de vidéo : c'est une vidéo thématique sur la bataille de Mossoul, essentiellement consacrée aux VBIED, comme la précédente sur le combat antichar, ou celle d'avant sur les snipers.

    Découpage (séquences) :

    1 : 15''-2'59'', introduction.
    2 : 2'59''-7'40'', VBIED à Mossoul.
    3 : 7'40''-20'15'', raid d'une colonne mécanisé, VBIED à Mossoul.
    4 : 20'15''-26'35'', témoignages de kamikazes, VBIED à Mossoul.
    5 : 26'35''-29'50'', VBIED à Mossoul.
    6 : 29'50''-33'23'', combats.
    7 : 33'23''-37'22'', VBIED à Mossoul.
    8 : 37'22''-41'27'', exécution de 2 « espions ».

     

    Forces attaquées/adversaires : l'armée irakienne et les milices chiites.

    Effectifs engagés : on voit une quinzaine de combattants de l'EI ensemble dans la séquence 2.

    Dans la séquence 3, la colonne d'assaut comprend probablement plus de 50 hommes.

    Moyens d'appui utilisés (canons, mortiers, armes artisanales...) : on voit un canon sans recul SPG-9 utilisé à l'épaule dans la séquence 1. Une mitrailleuse M2HB sur affût roulant est employée en tir antiaérien.



    Véhicules utilisés (chars, véhicules blindés, technicals...) : un véhicule blindé improvisé est visible dans la première séquence. Un convoi de 4 véhicules blindés improvisés (dont un avec DSHK en tourelle) est ensuite filmé.






    Dans la séquence 3, l'EI emploie au moins 2 véhicules blindés improvisés (avec DSHK en tourelle), un Humvee capturé de la Golden Division (avec KPV en tourelle) et un technical avec KPV. Il y a aussi un M1117 avec DSHK en tourelle. Un bulldozer est utilisé pour ouvrir un passage aux fantassins de l'EI dans les levées de terre de la position adverse. Un technical avec ZU-23 monotube ouvre le feu dans un combat de rues à Mossoul.













    Dans la séquence 7, un bulldozer blindé et un véhicule blindé improvisé mènent des fantassins en combat de rue.



    Kamikazes (identité) :

    1 : Abu Abdallah Al Tunisi (Tunisien) (VBIED n°10)



    2 : Abu Mujahid Al Maghrebi (Marocain ? adolescent, quartier al-Tamim) (VBIED n°13)

    3 : Abu Hamza al Iraqi (Irakien, quartier al-Tamim) (VBIED n°14)

    4 : Abu Ibrahim Al Baghdadi (Irakien, quartier Al Shemiya) (VBIED n°15)

    5 : Abu Khatib Al Rawi (quartier Al Musarif) (VBIED n°16)

    6 : Abu Haroon Al Shami (Syrien, quartier Al Maharbin) (VBIED n°17)

    7 : Abu Hazifa Al Maghrebi (Marocain, quartier Al A'alamiya) (VBIED n°18)

    8 : Al Sheikh Abu Hamaza Al Maslawi (Irakien, hôpital al-Salam) (VBIED n°22). Après son explosion à l'hôpital al-Salam, on peut voir le sheikh Abu Masa'ab Al Zarqawi, qui serait le responsable des kamikazes sur VBIED (à Mossoul). Il sort d'une voiture, armé d'une AK-47, mais a du mal à se déplacer ; il est tenu par un autre combattant plus jeune. Juste après, on peut voir un kamikaze en larmes : son véhicule a été endommagé par l'adversaire et il n'a pu se faire exploser...



    9 : Abu Salman Al Tajiki (Tadjik) (VBIED n°23)



    10 : Abu Abd Al Rahman Al A'alami

    11 : Abu Leith Al Iraqi (Irakien, amputé des deux jambes, en fauteuil roulant ; fait un discours avant son opération, répondant à un camarade ; quartier al-Bakr) (VBIED n°24)



    12 : Abu Zeid Al Maghrebi (Marocain) (VBIED n°25)

    13 : Abu Jahad Al Maslawi (Irakien, Mossoul, quartier al-Tamim) (VBIED n°26)



    14 : Abu Ibrahim Al Muhajir (étranger ) (VBIED n°27)

    15 : Abu Sayf Al Iraqi (Irakien) (VBIED n°28)

    16 : Abu Asma Al Iraqi (Irakien) (VBIED n°29)

    17 : Abu Sham Al Shishani (Tchétchène)

    18 : Abu Saifallah Al Shishani (Tchétchène) (VBIED n°35)



    19 : Abu Sa'ad Al Daghestani (Daghestan) (VBIED n°34)

    20 : Bilal Al Daghestani (Daghestan, quartier al-Noor) ; l'EI filme les cratères réalisés par les bombes d'avions pour empêcher le passage des VBIED, ici sans succès (VBIED n°33)

    21 : Abu Omar Al Russi (Russe, quartier al-Bakr) (VBIED n°36)



    Véhicules kamikazes (types, impact) :

    1 : 4x4 blindé de manière artisanale.

    2 : 4x4 blindé de manière artisanale. La qualité du blindage artisanal ne semble pas exceptionnelle.

    3 : pick-up avec protections pour les roues et sur l'avant, moins travaillées.

    4 : 4x4 blindé de manière artisanale.

    5 : 4x4 blindé de manière artisanale.

    6 : 4x4 blindé de manière artisanale (qualité standard).

    7 : camion blindé artisanalement (qualité standard).

    8 : 4x4 blindé de manière artisanale (qualité standard).

    9 : 4x4 avec blindage artisanal moins travaillé.

    10 : 4x4 avec blindage artisanal (qualité standard), peint en blanc (Abu Abdallah Al Tunisi).

    11 : pick-up avec coque de blindage (qualité standard), peint en blanc.

    12 : 4x4 avec blindage artisanal moins travaillé ; détail intéressant, des charges explosives sont fixées à l'intérieur de la portière du blindage artisanal (3), car les 4x4 peuvent sans doute embarquer moins d'explosifs que les pick-up.

    13 : 4x4 avec blindage artisanal (qualité standard), peint en blanc (Abu Mujahid Al Maghrebi). Il doit pousser une voiture qui le gêne sur le parcours dans une rue, puis remonte une colonne de Humvees avant de se faire exploser en tête de colonne (ce qui laisse deviner un guidage de l'extérieur grâce à la caméra du drone qui filme la scène).

    14 : 4x4 blanc (?) (Abu Hamza al Iraqi), vise une colonne de Humvees, explose en tête de celle-ci.

    15 : Humvee (?) (Abu Ibrahim Al Baghdadi), échappe au tir d'un BMP-1 qui surgit d'une rue perpendiculaire. Vise une colonne de plusieurs Humvees avec un char T-72, attend d'avoir approché le char pour se faire sauter (guidage par drone?).

    16 : 4x4 blanc (?) (Abu Khatib Al Rawi), sort d'une maison dans une rue (positionné à l'avance en attendant une colonne adverse?) où travaille un bulldozer, suivi d'un char M1 Abrams et d'une colonne de Humvees. Se fait exploser entre les deux premiers.

    17 : 4x4 blanc (Abu Haroon Al Shami), positionné dans une maison dans une rue juste à côté d'une colonne avec bulldozer et M1 Abrams en tête (là encore, stocké à l'avance?), se fait sauter contre le flanc de l'Abrams.

    18 : 4x4 blanc (Abu Hazifa Al Maghrebi), vient percuter un véhicule barrant une rue pour souffler un bâtiment à côté.

    19 : 4x4 blanc avec blindage standard.

    20 : 4x4 blanc avec blindage standard.

    21 : 4x4 blanc avec blindage standard.

    22 : 4x4 avec blindage standard (Al Sheikh Abu Hamaza Al Maslawi), se fait sauter de nuit contre des BMP-1 dans l'hôpital al-Salam.

    23 : 4x4 blanc (?) (Abu Salman Al Tajiki), vise une colonne de BMP-1 et d'Abrams ; se fait sauter entre 2 BMP-1 (guidage par drone?).

    24 : 4x4 blanc (?) (Abu Leith Al Iraqi), explose sur un bâtiment.

    25 : pick-up blanc, ( Abu Zeid Al Maghrebi) explose à côté d'un Abrams et d'un Humvee dans une rue.

    26 : 4x4 avec blindage standard (Abu Jahad Al Maslawi) , explose sur une concentration de véhicules.

    27 : 4x4 blanc (Abu Ibrahim Al Muhajir), explose au milieu d'un groupe de 9 Humvees.

    28 et 29 : 2 VBIED qui se suivent ( Abu Sayf Al Iraqi et Abu Asma Al Iraqi)  ; un véhicule s'enfuit devant eux ; arrivé sur une grande route, un Humvee stoppe ; le premier VBIED entre dans un parc de véhicules et se fait sauter ; le deuxième explose un peu plus loin contre des véhicules au bord de la route.

    30 : 4x4 blanc avec blindage standard.

    31 : 4x4 blanc avec blindage standard.

    32 : 4x4 avec blindage standard.

    33 : pick-up blanc (?) (Bilal Al Daghestani) qui est probablement guidé par drone sur une colonne de Humvees. Des voitures placées en travers des rues gênent sa progression. Il explose au milieu de la colonne.

    34 : pick-up blanc (?) (Abu Sa'ad Al Daghestani) qui explose à côté de véhicules.

    35 : 4x4 blanc avec blindage standard (Abu Saifallah Al Shishani). Guidé par drone, explose au milieu d'une colonne de véhicules.

    36 : 4x4 blanc avec blindage standard (Abu Omar Al Russi ). Guidé par drone, se glisse dans une colonne de Humvees pour exploser.

    Armes légères et lourdes (fusils d'assaut, mitrailleuses, RPG, etc) - groupes de combat et leurs tactiques : dans la séquence 1, on peut voir un AK-47 avec lance-grenades, un tireur RPG-7 avec AK dans le dos.

    Dans la séquence 2, deux tirs de snipers sont montrés, dont un qui abat un mitrailleur sur M240.

    Dans le groupe de combat de la séquence 3, on voit un fantassin avec 2 AK-47, un tireur PK, plusieurs tireurs RPG-7 (dont un tire une charge tandem, et porte un M-16 dans le dos). Les hommes du groupe semblent porter des brassards blancs d'identification. Plus loin, une scène montre un tireur PK en combat de rues avec M-4 dans le dos. Dans une autre scène, parmi un groupe de combattants, l'un tient ce qui ressemble à un RPG monocoup.






    La séquence 6 montre plusieurs tireurs PK (dont un avec AK dans le dos), un AK-47 avec chargeur tambour.





    Destructions de véhicules adverses : un convoi de Humvees de la Golden Division détruit dans une rue est filmé dans la séquence 1.



    Dans la séquence 6, un Humvee est incendié, un autre abandonné qui est aussi incendié. Un technical est aussi détruit.




    Butin matériel : dans la séquence 6, une M240, un AT-4, une RPK, 1 AK et des munitions sont capturés, avec 4 autres AK, 3 RPG-7, 3 PK, 2 mortiers légers et une DSHK.






    Morts/prisonniers/blessés adverses : 4 corps sont filmés dans la séquence 6.

    Dans la séquence 8, 2 « espions » sont exécutés : un est égorgé, l'autre noyé.

    Morts/blessés de l'EI : l'EI montre 2 de ses morts dans la séquence 1.

    Dans la séquence 3, un tireur RPG-7 est touché à la jambe avant d'avoir pu tirer ; un tireur sur technical est blessé à la tête.

    Effets visuels/montage/techniques de propagande : la louange à Allah est suivie de la mention Islamic State et du logo de la wilayat, sous-titré en anglais.

    Les 5 VBIED de la séquence 2 qui explosent dans les rues de Mossoul sont filmés par drone (de même que tous les suivants).

    Un fantassin, dans la séquence 3, porte une caméra GoPro sur le front. Un défilé de photos de kamikazes montre la mention « Envato Proimage » dans les coins, ce qui semble correspondre à un logiciel de montage vidéo en ligne, en version professionnelle.

    Religion : un combattant prie dans la séquence 1.

    Dans la séquence 3, le porte-parole de l'EI, Abu Hasan Al Muhajir, prononce un discours, de même qu' Abu Bakr Al Baghdadi.

    Abu Bakr Al Baghdadi fait encore un discours audio dans la séquence 6.

    Nasheeds (poèmes chantés) présents dans la vidéo :

    1 : ?

    2 : ?

    3 : ?

    4 : 10'31''-11'21''Fought

    5 : ?

    6 : ?

    7 : ?

    8 : 26'33''-29'45''Al Noor

    9 : 29'52''-31'34''Adajah


    11 : 34'20''-37'16''Kulamah

    12 : 38'16''-38'47''Ateynah

    Commentaires particuliers : c'est déjà la 5ème vidéo longue de la wilayat Ninive sur la bataille de Mossoul depuis le début des opérations (17 octobre). Ces vidéos représentent près de 50% de la production de vidéos longues de l'EI : c'est dire l'importance de la bataille. Ici, c'est la 3ème vidéo thématique sur les 5, consacrée aux VBIED. L'EI même des images d'opérations suicides à des images de combats classiques : les images datent des mois de novembre-décembre 2016, mais l'écart avec les dernières opérations n'est pas très important, comme c'est le cas depuis le début de ces vidéos longues sur la bataille de Mossoul. On remarquera que l'EI dispose encore de colonnes mécanisées, avec véhicules blindés improvisés, pour mener des raids à l'extérieur de la ville, en particulier contre les miliciens chiites. Ce qui frappe bien sûr, c'est le nombre de VBIED montrés : au moins 36 (voire un peu plus, je n'ai pas compté tous les véhicules mais ceux bien visibles : 37 ou 38), avec 21 kamikazes identifiés dont 19 se font exploser dans la vidéo, tous filmés par drone. Il y a 7 kamikazes irakiens et 1 Syrien contre au moins 11 étrangers, la proportion est donc relativement équilibrée. On note toutefois l'importance des kamikazes venus d'Afrique du Nord (1 Tunisien, 3 Marocains), de l'espace russophone (5 du Caucase, et 1 d'Asie Centrale). Au niveau des VBIED, le véhicule dominant à Mossoul est le 4x4 SUV avec coque de blindage artisanale (la qualité ne semble pas avoir spécialement baissé ; on remarque les charges placées dans la portière de la coque artisanale) : sans doute parce que le véhicule abonde dans la ville et qu'il est plus facile à manoeuvrer en milieu urbain que les traditionnels pick-up souvent utilisés en rase-campagne. Il apparaît que les VBIED sont manifestement guidés par un opérateur au sol qui se sert de la caméra du drone pour maximiser les effets de l'explosion. Les contre-mesures de l'armée irakienne et de ses alliés, barrer les rues avec des voitures, ou faire des cratères dans les routes avec l'aviation, ne semblent pas empêcher l'action des VBIED. Dans deux cas au moins, il semble même que les VBIED soient stockés dans des habitations et sortis au moment du passage d'une colonne de véhicules, comme cela avait été le cas pour la défense extérieure de Mossoul et ses VBIED sous abri dans les villages.

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    Saraya al-Khorasani fait partie de ces milices composées de chiites irakiens nées en Syrie pour combattre aux côtés du régime syrien. Ce n'est qu'en 2014 que la milice revient en Irak pour affronter ce qui devient l'EI en juin. Dès sa naissance en Syrie, Saraya al-Khorasani se fait remarquer par sa posture pro-iranienne, au point de reprendre pour emblème celui des Pasdarans qui ont probablement constitué l'unité, du moins en Irak. Concentrée sur le théâtre irakien, la milice renvoie toutefois des combattants en Syrie en novembre 2015 et ce au moins jusqu'en avril 2016. Equipée par l'Iran, Saraya al-Khorasani intègre le bloc pro-iranien des milices chiites de la mobilisation populaire chiite (Hashd al-Shabi). Outre son discours pro-iranien, elle se signale par nombre d'exactions, notamment en Irak en 2014, qui la font craindre de beaucoup.




    Historique


    Saraya al-Khorasani est la branche militaire d'un parti politique irakien, le Hezb Taleea al-Islamiya, qui existe depuis 1995. Il prend la suite de Sayara al-Karar, une formation chiite liée à Mohamad Baqir Al Hakim qui a combattu l'Irak de Saddam Hussein pendant la guerre Iran-Irak, notamment dans les marais au sud du pays à partir de 1986. Cette milice a aussi combattu à Kerbala et à Nadjaf après 1991.

    Saraya al-Khorasani (SAK) naît semble-t-il en septembre 2013, en tout cas c'est ce mois-là que sa présence devient visible sur les réseaux sociaux. La milice tire son nom de Abu Muslim al-Khurasani, un chef militaire qui aide à déposer les Omeyyades au VIIIème siècle, mais surtout le nom renvoie au guide suprême iranien, Khamenei. SAK revendique alors être basée à Erbil, au Kurdistan irakien : cette milice opère uniquement en Syrie, dans les zones rurales autour de Damas. Comme d'autres formations du même type, elle prétend combattre pour la défense du tombeau de Zaynab et ne cache pas ses sympathies pour l'Iran, en particulier l'ayatollah Khamenei. SAK se distingue par les nombreuses images montrant ses combattants avec le drapeau du groupe. En outre, c'est l'une des rares milices chiites irakiennes à ne pas cacher ses sympathies pour l'Iran, voire à prendre ouvertement fait et cause pour les Pasdarans, comme le montre l'emblème de la milice. SAK est commandée par Ali al-Yasiri. Le groupe dispose alors d'un armement classique : AK-47, mitrailleuses PK, lance-roquettes RPG-7, fusil de précision SVD, et quelques mortiers. Il opère notamment dans la Ghouta orientale, à l'Est de Damas.

    Dès le début du mois de juin 2014, SAK déploie ses combattants en Irak, à Samarra, pour protéger la ville devant la poussée de l'EIIL, qui devient l'EI après la chute de Mossoul ce même mois. Il apparaît que SAK bénéficie d'un financement gouvernemental, le Premier Ministre al-Maliki tentant d'intégrer une partie des milices chiites dans les forces de sécurité. En août 2014, alors que SAK prend part à la bataille pour libérer Amerli de l'EI, une vidéo tournée par des peshmergas montrent un Humvee de la milice avec un corps décapité sur le capot et un autre tiré derrière le véhicule. Le discours de SAK pendant la bataille d'Amerli est d'ailleurs particulièrement virulent : tous ceux qui combattent la milice sont ravalés au rang de l'EI. En novembre 2014, les combattants de SAK tiennent des villages à 75 km au sud de Kirkouk, dans le nord de la province de Salahuddine en Irak. Ils incendient les villages sunnites et pillent les habitations. SAK se fait remarquer en Irak par sa posture ouvertement pro-iranienne.

    En 2015, les observateurs notent que SAK recrute essentiellement des chiites du centre et du sud de l'Irak, et qu'il n'a pas fallu longtemps avant que la milice soit en ordre de bataille contre l'EI dans le pays. Qassem Soleimani, le chef de la force al-Qods des Pasdarans, qui servent de modèle à SAK, a souvent été photographié en compagnie de membres de la milice. Le général iranien Taghavi des Pasdaransétait d'ailleurs conseiller auprès de SAK avant d'être abattu par un sniper de l'EI en décembre 2014 (une vidéo de SAK le présente même comme le fondateur de la milice). SAK est ravitaillé en matériel par l'Iran. En janvier 2015, elle est très présente dans la province de Diyala. Le groupe, grâce au soutien iranien, serait passé de 1 500 à 3 000 hommes, tout en capturant de l'artillerie, des mitrailleuses lourdes, des canons ZU-23 et des Humveesà l'EI pour augmenter son arsenal. Le QG de Saraya al-Khorasani serait maintenant à l'Est de Bagdad ; Ali al-Yasiri, son chef, a été blessé durant les combats de Diyala en novembre 2014. Fin 2014-début 2015, SAK opère à Tuz Khuzmato dans l'est de la province de Salahuddine et à Jalawla au nord-est de la province de Diyala. En novembre 2014, elle aurait disposé de 800 combattants dans le premier secteur et de 3 000 dans le second ; des affrontements éclatent avec les peshmergas irakiens. En mars 2015, SAK est engagée dans la libération de Tikrit. En août 2015, une vidéo montre SAK utiliser un drone de type Phantom en appui de ses opérations en Irak. En septembre 2015, une vidéo de SAK montre un camp d'entraînement, peut-être dans l'ouest de la province d'al-Anbar, rebaptisé en l'honneur du général Taghavi. On y avoit Ali al-Yasiri, et son adjoint, Hamid al Jaza’iri, qui commanderait une « 18ème brigade » au sein de SAK. Le parti islamique Taleaa devient de plus en plus visible sur les réseaux sociaux. Plutôt concentrée sur la lutte contre l'EI en Irak, SAK annonce en novembre 2015 qu'elle va participer à l'offensive en Syrie pour lever le siège des enclaves chiites de Zahra et Nubl au nord-ouest d'Alep. Parallèlement, SAK a participé aux combats pour libérer la ville et la raffinerie de Baiji en Irak.

    Combattants de SAK (dont on reconnaît l'insigne de manche à droite) en Syrie (janvier 2016).


    Des photos de SAK montrent des combattants de la milice en Syrie en janvier 2016. En février, SAK combat dans le secteur de Zahra et Nubl au nord-ouest d'Alep et dans la ville elle-même. SAK déclare en mars 2016 vouloir devenir en Irak l'équivalent des Pasdarans en Iran. Elle aurait envoyé des renforts en Syrie au mois d'avril 2016 sur le front d'Alep. Des photos montrent effectivement les combattants de SAK en Syrie (Damas) au mois d'avril : sur l'une d'elles, ils sont plus de 50. En réalité, les combattants de SAK sont également sur le front d'Alep dès la fin de février 2016 : leur camp de base serait à Damas d'après les publications de leur page Facebook. En mai 2016, quand les partisans de Moqtada al-Sadr envahissent le Parlement à Bagdad, les miliciens de SAK investissent les rues et se déclarent prêts à combattre les hommes de Sadr si besoin. L'Iranien Mohammad Saleh Jokar propose même que SAK devienne le noyau d'un corps de Gardiens de la Révolution irakien. SAK se rattache fermement en 2016, au sein de la mobilisation populaire chiite dont elle fait partie, au bloc des milices pro-iraniennes, aux côtés du Badr, de Kataib Hezbollah, d'Asaib Ahl al-haq ou d'Harakat Hezbollah al-Nujaba. Ces milices, qui sont les mieux armées, bénéficient de l'appui de conseillers militaires iraniens, ont des aspirations politiques, et ont sans doute été parmi les plus efficaces sur le terrain contre l'EI. En juin, la milice combat à Falloujah ; elle est ensuite présente dans les monts Hamrin. Le 17 octobre 2016, un convoi de SAK monte vers Mossoul pour participer à l'offensive déclenchée contre la ville par l'armée irakienne et ses alliés. Des photos de la fin décembre 2016 montrent que SAK participe au sein de la mobilisation populaire chiiite à l'encerclement à l'ouest de Mossoul tout en combattant encore dans les monts Hamrin.

    Défilé pour la journée al-Qods.

    Ali al-Yasiri, le chef de SAK.







    Idéologie et propagande


    L'emblème de SAK, reflétant la position pro-iranienne à l'excès de la formation, est le décalque exact de celui des Pasdarans. Le nom de l'unité est précisément Saraya al-Talia (l'avant-garde) al-Khorasani.



    SAK dispose une page Facebook, qui est alimentée irrégulièrement mais qui est très suivie. Elle a aussi un compte Twitter et une chaîne Youtube. Le parti politique associé à la milice a également sa propre page Facebook. SAK a également des pages pour certains de ses bureaux dans le pays, mais seules quelques-unes comme celle de Nadjaf est très active. Cette page relaie parfois d'autres informations que celles de la page militaire, comme ce combattant tué le 15 décembre 2016 dans les monts Hamrin. La page de Bassorah est également assez entretenue.

    Dans les images postées sur la page Facebook de SAK, l'emblème du groupe et le portrait du chef, Ali al-Yasiri, reviennent fréquemment. Le 15 octobre 2016, un montage photo montre Yasiri, à une période où il était blessé, marchant avec une canne au milieu de corps répandus dans un champ (la photo date de février 2016 et a été prise en Syrie). Yasiri est fréquemment accompagné sur les photos d'un clerc chiite portant le turban noir, que l'on voit souvent par ailleurs sur les autres clichés postés par le groupe. Le 25 avril 2016, une photo montre ce clerc aux côtés de Qasseim Soleimani, probablement en Syrie. Les deux sont avec Yasiri sur un cliché du 23 avril. Le 3 mars, Yasiri et le clerc posaient ensemble devant le dôme de Zaynab à Damas. Muhandis est aussi honoré par un poster de propagande.













    Le 29 avril, SAK publie un poster d'un combattant tué la veille. Le 9 juin, SAK enterre un combattant tué à Saqlawiyah, près de Falloujah. Le 14 juin 2016 ont lieu les funérailles d'un combattant tué un an plus tôt. Pour la journée al-Qods, le 1er juillet 2016, SAK organise un défilé à grands renforts de drapeaux et de pancartes, sur lesquelles on reconnaît Khamenei, Khomeiny, Muhandis et le général iranien Taghavi. Un poster mis en ligne le 22 juillet honore un combattant tombé la veille. Les 1er, 7 et 9 août, SAK poste trois posters de « martyrs » récemment tués au combat. Le 11 septembre, une vidéo honore un capitaine des Pasdarans qui a combattu avec SAK en Irak et en Syrie et qui a été tué dans ce dernier pays. Le 23 octobre 2016, SAK annonce la mort d'un ses combattants dans les monts Hamrin. Le 18 novembre 2016, un communiqué déplore la mort d'un cadre du SAK, qui avait le grade de capitaine. Le groupe poste également assez fréquemment des images d'archives du général iranien Taghavi, alias « Abou Maryam ».


    Armement, matériels, tactiques


    Une analyse en source ouverte de l'armement, des tactiques et du matériel de SAK sur l'année 2016 et le début de l'année 2017 montre que le groupe a acquis des véhicules pris sur l'ennemi, et probablement aussi via les forces de sécurité irakiennes. Le soutien iranien, bien que visible, n'est pourtant pas massif. SAK en revanche dispose d'une infanterie parfois conséquente, même si ce n'est pas la plus nombreuse des milices pro-iraniennes.

    Une photo du 28 mai montre au moins 3 Humvees de SAK, un autre véhicules et des lanceurs IRAM sur pick-up. Un cliché du 8 mars en Syrie montre que SAK dispose d'un technical(Land Cruiser avec KPV). Une photo du 20 mars 2016 montre un mortier lourd (120 mm) en Syrie. Un cliché du 25 mai montre Yasiri poser devant un IRAM monté sur camion. Une photo du 29 montre un BMP-1. Une photo du 30 mai montre des combattants de SAK, dont un tireur PK et un fantassin avec Colt Commando et AK-47. Un cliché du 2 juin montre un tireur RPG-7. Une photo du 5 juin montre un lanceur IRAM sur pick-up en position de tir. D'autres clichés montrent des fusils de sniping sommairement bricolés par l'EI à partir de tubes antiaériens pris par SAK à Saqlawiyah. Le 15 juin, une photo montre un Humvee de couleur sombre avec DSHK en tourelle, portant l'emblème du groupe. Une photo du 28 juin montre des lanceurs IRAM de SAK sur Land Cruiser. Le 30 juin 2016, une photo montre un char T-72. Un cliché du 3 juillet montre des lanceurs IRAM sur Land Cruiser. Une photo du 10 août 2016 montre un tir d'IRAM monté sur pick-up. Dans une vidéo du 12 août 2016, il est question d'un « 3ème régiment », qui serait donc une subdivision de SAK. Un cliché du 14 octobre montre 2 mitrailleurs PK de SAK. Le jour du lancement de l'offensive contre Mossoul, le 17 octobre, une photo montre un alignement d'obus de mortiers. Un cliché du 18 octobre montre un tireur RPG-7 qui porte en plus une AK-47. Une photo du 3 novembre montre un tireur d'élite de SAK sur SVD Dragunov. SAK montre plusieurs Humvees dans ses publications Facebook.




















    En février 2016, une vidéo montre un VBIED de l'EI exploser tout près des positions de SAK dans les monts Hamrin.

    Dans une vidéo du mois de mai, SAK opère avec un Humvee, un Safir iranien avec canon sans recul M40 de 106 (avec obus fléchettes), un technical avec ZU-23 bitube. L'action se déroule de nuit : des lanceurs IRAM ouvrent le feu. Une autre vidéo de mai montre aussi plusieurs tirs d'IRAM sur pick-up. Dans une autre vidéo à Saqlawiyah, on peut voir un Safir avec LRM Type 63, un Humvee avec KPV, un technical Ford F350 de la police fédérale avec KPV, un mortier léger, plusieurs tireur RPG-7, plusieurs tireurs PK, un BMP-1 et un autre Humvee. Une autre vidéo sur le front de Saqlawiyah montre en tout 2 BMP-1 et 8 Humvees.

    Dans une vidéo du mois de juin 2016, à Falloujah, on voit que SAK aligne un M1117 de la police fédérale, au moins un BMP-1 et de nombreux Humvees. L'infanterie est conséquente. SAK capture un tube antiaérien reconverti en arme de sniping par l'EI.

    En juillet 2016, une vidéo permet de voir que SAK opère avec 3 Humvees et 1 BMP-1, et une très nombreuse infanterie. On voit également un technical avec tourelle pour le bitube ZU-23 à l'arrière. Plusieurs fantassins portent des fusils iraniens anti-matériel AM 50. SAK déminent les IED laissés par l'EI derrière lui. Le clerc chiite que l'on voit souvent a le bras droit en écharpe dans cette vidéo.

    Dans une vidéo de décembre 2016, sans doute une compilation d'images d'archives, on constate que SAK a un BMP-1, une batterie de 3 lanceurs IRAM sur pick-up, des technicals, des Humvees. Un camion porte 2 Humvees. SAK a aussi une artillerie comprenant un obusier D-20 de 152 mm et un un LRM iranien HM 20 sur Mercedes 2626.























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    Titre : La guerre de la constance.

    Durée : 21 minutes 55 secondes.

    Lieu(x) : la séquence 2 se déroulerait au sud de Tal Afar. Même localisation dans la séquence 3. La séquence 4 se déroulerait à l'ouest du village de Bilwana. La séquence 6 se déroulerait dans le village de Kharab Jahsh. La séquence 7 se déroulerait à l'ouest d'Al A'amodiya. La séquence 8 montrerait le village d'al-Shaara.

    Date (sûre par recoupement ou estimée) : Les images de la séquence 2 correspondent à un reportage photo du 18 décembre. du La séquence 4 correspond à un reportage photo du 29 novembre dernier. La séquence 7 correspond à un reportage photo du 22 décembre. Les images de la séquence 9 remontent au 3 décembre. La vidéo a été mise en ligne le 10 janvier 2017, il y a un peu plus de 15 jours d'écart avec les opérations les plus récentes qui sont montrées.

    Type de vidéo : c'est une vidéo de raids et de harcèlement, l'EI attaque les positions des miliciens chiites à l'ouest de Tal Afar.

    Découpage (séquences) :

    1 : 14''-56'', introduction.
    2 : 56''-3'53'', combats au sud de Tal Afar.
    3 : 3'53''-5'43'', combats au sud de Tal Afar.
    4 : 5'43''-10'27'', combats à l'ouest de Bilwana.
    5 : 10'27''-12'05'', tirs de missiles antichars et IED.
    6 : 12'05''-15'26'', combats dans le village de Kharab Jahsh.
    7 : 15'26''-17'44'', combats à l'ouest d'Al A'amodiya.
    8 : 17'44''-20'25, le butin au village d'al-Shaara.
    9 : 20'25''-21'55'', conclusion.



    Forces attaquées/adversaires : dans la séquence 2, les adversaires de l'EI sont appuyés par plusieurs hélicoptères, dont peut-être un Mi-28. Il y a également un char M-1 Abrams visible.



    Dans la séquence 6, l'EI affronte des milices chiites : il brûle un drapeau d'une milice liée au secrétariat général du tombeau d'Hussein à Kerbala, Liwa Al Tafoof.



    Dans la séquence 8, on reconnaît le fanion de Kataib Hezbollah sur un véhicule ; un Humvee avec DSHK en tourelle mis hors de combat porte le nom de Liwa Al Tafoof.




    Dans la séquence 9, les fantassins tirent sur un hélicoptère Mi-28.





    Effectifs engagés : Assez conséquents. Dans la séquence 4 par exemple, une vingtaine de combattants sont rassemblés.



    Moyens d'appui utilisés (canons, mortiers, armes artisanales...) : dans la séquence 5, tirs de missiles antichars :

    1 : Konkurs, touche un T-72.






    2 : lanceur non visible, touche un T-62.

    3 : Konkurs, touche un bulldozer.







    4 : lanceur non visible, frappe une pelleteuse.

    5 : lanceur non visible, excavateur incendié.

    6 : Fagot, véhicule blindé détruit. Il s'agit d'un 9M111MB-1 Fagot bulgare, qui aurait appartenu à Jaysh al-Mujahdeen, groupe rebelle syrien de la province d'Idlib.







    Suivent 2 explosions d'IED contre des véhicules dans des convois.

    Véhicules utilisés (chars, véhicules blindés, technicals...) : dans la séquence 2, on voit une colonne blindée avec un véhicule blindé improvisé (DSHK en tourelle), un Hilux avec DSHK protégée par un bouclier. Plus loin, à l'arrêt, il y a un technical avec ZU-23 monotube, un autre véhicule blindé improvisé avec mitrailleuse Type 77/85 en tourelle. Un Hilux avec KPV porte une inscription sur la portière conducteur : « Nous arrivons ô Al Saloul- Wilayat Najd ». Il y a un autre technical avec KPV et un autre avec mitrailleuse cal. 50 (GAU 16 ou 21/A). Un autre véhicule porte une mitrailleuse cal.30. Le technical avec ZU-23 monotube porte l'inscription «  Baraa Ibn Malik », un des compagnons du prophète.
















     

    Dans la séquence 3, on voit un Hilux avec KPV protégé par un bouclier. Il y a un autre technical au moins.



    Dans la séquence 4, une colonne comprend au moins 2 technicals et 3 pick-up, et un véhicule blindé improvisé. Un Hilux avec DSHK ouvre le feu.




    Dans la séquence 6, un technical appuie les fantassins lors du combat nocturne.

    Dans la séquence 7, la colonne de l'EI comprend un Hilux avec mitrailleuse protégée par un bouclier, un Ford F350 avec tourelle de BMP-1 à l'arrière, deux guntruck avec canon S-60 de 57 mm, 2 chars (T-55 avec "Schürzen" et un autre), un Hilux avec ZPU-2, deux véhicules blindés improvisés, un bulldozer, un Land Cruiser avec ZU-23 bitube, un autre avec ZU-23 monotube.



















    Kamikazes (identité) :

    1 : Abu A'ada Al Shami (Syrien, adolescent).



    Véhicules kamikazes (types, impact) :

    1 : 4x4 avec coque de blindage artisanale.



    Armes légères et lourdes (fusils d'assaut, mitrailleuses, RPG, etc) - groupes de combat et leurs tactiques : dans la séquence 2, plusieurs fantassins montent dans un des véhicules blindés improvisés, dont un tireur RPG-7. Au moment du combat, le groupe de combat débarqué comprend un tireur PK avec pourvoyeur, portant en plus une AKM. Il y a au moins un autre tireur PK et de nombreux fantassins avec M-16 ou AK-47.

    Le groupe de combat de la séquence 3 comprend au moins une dizaine d'hommes, dont un tireur RPG-7. Il y a un tireur PK avec M-16 dans le dos. Il y a un autre tireur PK avec AK-47 dans le dos.





    Dans la séquence 6, il y a au moins une vingtaine de combattants de l'EI, avec tireur RPG-7 et brassards blancs pour l'identification.

    Destructions de véhicules adverses : dans la séquence 2, une image d'archive montre un véhicule en feu, un combattant de l'EI tire sur les corps à l'intérieur.

    Dans la séquence 6, un camion est incendié, de même qu'un véhicule blindé.





    Dans la séquence 8, on peut voir 2 Toyota Land Cruiser et 1 Hilux incendiés.

    Butin matériel : dans la séquence 2, l'EI capture 2 Toyota Land Cruiser, de nombreuses caisses de munitions, 2 canons sans recul SPG-9.

    Dans la séquence 8, l'EI sort avec un camion de levage un M113 d'un cratère. Plusieurs Land Cruiser dont un avec DSHK protégée par un bouclier sont capturés.





    Morts/prisonniers/blessés adverses : dans la séquence 4, l'EI fait un prisonnier.

    Dans la séquence 6, 3 corps de miliciens chiites sont filmés.

    Dans la séquence 8, une dizaine de corps de miliciens chiites sont filmés.

    Morts/blessés de l'EI : dans la séquence 9, l'EI montre 4 de ses combattants tués.

    Effets visuels/montage/techniques de propagande : la louange à Allah est suivie de la mention « Islamic State » et du logo de la wilayat, selon la nouvelle forme mise en place récemment.

    Religion : dans la séquence 4, on entend un discours d'Abu Al Hassan Al Muhajir. Les combattantrs de l'EI font des prosternations de remerciement avant et après le combat.

    Dans la séquence 6, les combattants font des prosternations de remerciement après avoir investi le village de nuit.

    Dans la séquence 8, les combattants font des prosternations de remerciement après le combat.

    Nasheeds (poèmes chantés) présents dans la vidéo :

    1 : ?

    2 : ?

    3 : ?

    4 : ?

    5 : 6'35''-10'20''Fought

    6 : 10'42''-11'56''Halili Kabiri


    8 : 16'17''-17'39'', Adajah


    10 : ?

    Commentaires particuliers : cette vidéo de la wilayat al-Jazirah montre que celle-ci opère en soutien des défenseurs de Mossoul. Non seulement elle mène des raids motorisés/mécanisés pour causer des dégâts aux milices chiites qui tiennent le flanc ouest de l'encerclement de la ville, mais elle réalise des actions de harcèlement avec des tirs de missiles antichars et des IED. On note le nombre important de technicals (dont un avec une mitrailleuse probablement venue de Syrie), de véhicules blindés improvisés, et l'engagement de 2 chars, ce qui est très rare en Irak en raison des frappes aériennes (et qui s'explique aussi par le mauvais temps, sans doute), preuve de l'importance accordée par l'EI à ces contre-attaques. Les images montrent également que de nombreuses milices chiites sont présentes dans la mobilisation populaire qui s'est lancée à l'assaut de Tal Afar depuis deux mois et demi (Kataib Hezbollah apparaît souvent dans les vidéos de l'EI ; de même que Liwa Al Tafoof).



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    Le 1er septembre 1983, un Boeing 747 de la Korean Air Lines (KAL 007) est abattu par un chasseur soviétique Su-15 non loin de l'île de Sakhaline après avoir pénétré l'espace aérien de l'URSS. Le téléfilm de Granada Television expose les faits et se concentre sur le côté américain, notamment l'action des services de renseignement et la réaction politique à l'événement via le département d'Etat.

    Le téléfilm est basé sur le livre de Seymour Hersh sorti quelques années après l'événement. L'hypothèse développée est que les Soviétiques ont paniqué en raison des nombreuses missions SIGINT effectuées par les avions-espions RC-135 dans le secteur, n'ont pas identifié l'appareil comme un avion-civil et ont tiré. Les services de renseignement américains l'avaient compris, mais les décideurs politiques ont néanmoins utilisé l'incident pour faire croire à un acte délibéré et affaiblir ainsi la position de l'URSS. Comme un autre sur le même sujet, le téléfilm a été tourné avant la fin de la guerre froide et les documents fournis depuis par la Russie. En 1993, une version mise à jour du téléfilm a été réalisée par Granada.

    L'incident survient en pleine crise des Euromissiles, alors que le président américaine Reagan avance le projet IDS, et que la flotte américaine du Pacifique a mené des manoeuvres agressives au large des îles Kouriles. Le fait que les Soviétiques aient d'abord nié avoir abattu l'avion, puis aient livré certaines informations après la chute de l'URSS (encore que des éléments importants soient manquants), ont fait de ce drame un cas d'école des théories plus ou moins farfelues sur ce qui 'est passé ce jour-là. Pour l'époque, le téléfilm était assez bien réalisé, un ave côté quasi documentaire.

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    1982, URSS, près de Rostov-sur-le-Don. Un corps est retrouvé dans le champ d'une ferme collective. La fouille des bois voisins entraîne la découverte de 7 autres cadavres à des états variés de décomposition. Viktor Burakov (Stephen Rea), un expert médico-légal, est chargé de l'enquête. Face aux errements et aux menaces de la bureaucratie soviétique, incapable d'admettre l'existence d'un tueur en série en URSS, il sera aidé et protégé par le colonel Mikhail Fetisov (Donald Sutherland), qui dirige la milice de Rostov.

    Le téléfilm s'inspire d'un livre de Robert Cullen, The Killer Department (1993), qui raconte l'histoire du tueur en série Andrei Chikatilo. Surnommé "le boucher de Rostov", Chikatilo a reconnu 56 crimes (la plupart, des enfants de moins de 17 ans) et a été jugé pour 52 d'entre eux, avec abus sexuel et mutilation des victimes. Il a commis la plupart de ses meurtres dans l'oblast de Rostov, d'où son surnom. Il commet son premier meurtre en 1978, mais ce n'est qu'en 1983 que Moscou envoie une équipe spéciale dirigée par le major (et non colonel comme cela est montré dans le téléfilm) Fetisov, qui dirige 10 enquêteurs dont Burakov qui mène l'investigation. En septembre 1984, Chikatilov est arrêté pour un comportement suspect à une station de bus mais il est relâché car l'analyse de sang ne correspond pas au sperme prélevé sur les victimes. Il se fait discret et ne commet pas de meurtre pendant près d'un an. Burakov demande ensuite une expertise à un psychiatre, Bukhanovsky, une première en URSS sur les tueurs en série : il la baptise "Citoyen X" (d'où le nom du téléfilm). Ce n'est qu'avec la glasnost et les prémices de la chute de l'URSS que l'affaire se dénoue. Les médias soviétiques communiquent davantage sur l'affaire. Burakov a remarqué que plusieurs des meurtres les plus récents ont eu lieu près des lignes de train de l'oblast de Rostov : il fait investir les gares les plus importantes par des policiers en uniforme et n'en laissent que 3 plus petites surveillés par des policiers en civil. Le 6 novembre 1990, après avoir commis un autre meurtre, Chikatilo attire l'attention d'un agent qui établit un rapport. Les enquêteurs, au vu du nom qui est déjà apparu pendant l'enquête, établissent une surveillance et l'arrêtent au bout d'une semaine, le 20 novembre. C'est Bukhanovsky, le psychiatre, qui parvient à obtenir ses aveux. Condamné à mort, il est exécuté le 14 février 1994 d'une balle dans la tête dans une cellule de la prison de Novocherkassk.

    Le téléfilm prend quelques libertés avec les faits, mais vaut pour l'interprétation remarquable de Stephen Rea et de Donald Sutherland, avec un aspect quasi documentaire. La relation entre les deux personnages tient tout le film, tout comme l'idée de surmonter les blocages de la bureaucratie soviétique. Sans parler de petits bonus comme l'intervention de Max von Sydow dans le rôle du psychiatre. Tout est effroyablement humain dans le téléfilm, de Burakov, inspecteur qui craque face à l'absurdité de sa hiérarchie, jusqu'au tueur, un "monsieur tout le monde", et aux meurtres montrés, réalistes dans être gore. Et les décors de la Hongrie post-soviétique font également très authentiques.

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    Cette bande dessinée a été réalisée à partir du témoignage d'Haytham al-Aswad, un jeune Syrien qui a vécu le début de la révolution syrienne en 2011 aux premières loges, pour ainsi dire. L'histoire est racontée par Nicolas Hénin, journaliste, ancien otage de l'Etat Islamique en Irak et au Levant (EIIL), l'ancêtre de l'EI, en 2013-2014. Le dessin est dû au Coréen Kyungeun Park.

    Le destin d'Haytham permet de revivre, comme une histoire vraie, le début de la révolution syrienne. Haytham est né à Deraa, là où tout a commencé. Bastion du parti Baath, Deraa compte pourtant, avant la révolution, des activistes anti-régime, comme le père d'Haytham, très actif à partir du "printemps de Damas", de courte durée, qui suit l'avènement au pouvoir de Bashar el-Assad en 2000. Haytham lui-même, passé par le moule d'endoctrinement de l'école, raconte comme il était grisé par les manifestations organisées par le régime. Le dégrisement vient par l'action des moukhabarat, les services de renseignement, qui éliminent les opposants ; l'occasion d'évoquer le sinistre bagne de Palmyre, ville que l'EI vient tout juste de reprendre au régime syrien (qui l'avait lui-même reconquise, avec l'aide des Russes, à grand renfort de propagande, en mars 2016, après l'avoir perdue en mai 2015) en décembre dernier. On parle beaucoup, à raison, des monuments antiques de Palmyre dynamités par l'EI, mais beaucoup moins des tortures et exécutions commises dans la prison par le régime syrien sous Hafez puis Bachar el-Assad.




    Le père d'Haytham est mis à l'écart de son travail d'enseignant en raison de ses opinions politiques. Au moment du printemps arabe en 2011, les moukhabarat ne lui cachent pas qu'il disparaîtrait s'il se montrait trop virulent. Le 27 février, 15 écoliers sont arrêtés par la sécurité politique d'Atef Najib, cousin de Bachar, pour avoir dessiné des graffitis anti-régime. Le 18 mars, les habitants de Deraa manifestent après avoir appris la mort des écoliers, torturés et exécutés. Le régime fait venir par hélicoptère des renforts qui tirent des gaz lacrymogènes, puis à balles réelles, sur la foule, tuant les premiers manifestants. Haytham accompagne son père aux manifestations suivantes. Ce dernier, menacé par les shabiha, doit entrer dans la clandestinité.

    Haytham transpose le combat de son père à l'école. Mais le 24 avril, le régime syrien envoie l'armée pour encercler Deraa. La mère d'Haytham décide faire quitter la ville à sa famille. Comme le montre l'épisode de la sortie de la ville, certains soldats syriens répugnent à accomplir la tâche qui est la leur, contrairement aux moukhabarat qui vont de plus en plus encadrer la troupe pour s'assurer de l'efficacité du cordon. Le père d'Haytham finit par quitter la Syrie via la Jordanie pour continuer le combat en France. Haytham et sa famille, à leur tour, franchissent la frontière.

    En France, Haytham découvre la liberté, les barres chocolatées, le libre accès à Internet, Paris. L'apprentissage du français n'est pas évident, mais Haytham fait son chemin, ne rencontrant que peu de réactions racistes (il évolue dans une classe FLE), parfois les gabegies administratives. C'est à Paris qu'Haytham rencontre les premiers journalistes qui vont écrire les premiers articles sur lui. Via Internet, Haytham reste en contact avec la famille demeurée en Syrie. Un de ses cousins, engagé parmi les rebelles, est tué au combat. Un autre fait partie du front al-Nosra, et a également péri. Un autre a été torturé, avant d'être relâché par les moukhabarat.

    Le témoignage d'Haytham, scénarisé pour la bande dessinée, est sans aucun doute précieux, car il sonne vrai. Une façon de se rappeler que la révolution syrienne n'a pas commencé avec les djihadistes de l'EI, ou du front al-Nosra, mais bien avec des manifestants victimes de la répression militaire d'un régime prêt à tout pour s'accrocher au pouvoir.

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    Titre : Entre deux Etats : tribulations et gains

    Durée : 27 minutes 24 secondes

    Lieu(x) : les combats de la séquence 6 se déroulent sur la colline Sheikh Aqil à l'ouest d'al-Bab, et à l'hôpital. Même localisation pour la séquence 7 sur le butin.

    Date (sûre par recoupement ou estimée) : les combats de la séquence 4 correspondent à un reportage photo du 1er novembre, et d'autres plans à des reportages des 8 et 13 novembre. Certains combats de la séquence 6 correspondent à une vidéo Amaq du 22 décembre 2016 de même que les images du butin de la séquence 7.

    Type de vidéo : c’est une vidéo de défense agressive, l’EI contre-attaque différents adversaires autour de la ville d’al-Bab.

    Découpage (séquences) :

    1 : 15''-1'16'', introduction.
    2 : 1'16''-9'19'', références historiques, discours.
    3 : 9'19''-11'49'', propagande.
    4 : 11'49''-15'36'', combats contre les Kurdes
    5 : 15'36''-19'08'', tirs de missiles antichars.
    6 : 19'08''-23'11'', combats sur le front d'al-Bab.
    7 : 23'11''-24'58'', butin.
    8 : 24'58''-27’24’’, exécution d’un prisonnier.



    Forces attaquées/adversaires : l’EI affronte les Kurdes des SDF, l’armée turque et ses alliés rebelles syriens.

    Effectifs engagés : dans la séquence 6, un groupe de 14 combattants est visible autour d'un feu, dont un adolescent qui entonne un nasheed de l'EI. De manière générale l’infanterie engagée comprend plusieurs groupes de combat à chaque fois.



    Moyens d'appui utilisés (canons, mortiers, armes artisanales...) : dans la séquence 4, un mortier artisanal et un mortier de 120 mm participent au pilonnage.




    Dans la séquence 5, on peut voir des tirs de missiles antichars :

    1 : deux tirs de missiles antichars simultanés contre 2 véhicules voisins (un Kornet et un HJ-8?), dont au moins un véhicule blindé (touchés).




    2 : un tir de missile antichar contre un camion (communication) (touché).

    3 : un tir de missile antichar contre un char Leopard 2A4 turc (touché).

    4 : un tir de missile antichar contre un véhicule (?) (touché).

    5 : un tir de missile antichar contre un véhicule (?) (touché)

    6 : un tir de missile antichar contre un char Leopard 2A4 turc (sans doute Metis-M) (touché).



    7 : un tir de missile antichar contre un véhicule blindé ACV-15 AACP (touché).



    8 : un tir de missile antichar contre une automitrailleuse ZPT (touchée).

    Véhicules utilisés (chars, véhicules blindés, technicals...) : dans la séquence 4, l'EI utilise un canon sans recul M40 de 106 monté sur Land Cruiser, un camion AZP S-60 de 57 mm monté sur camion, un char T-55. On voit plus loin un Land Cruiser avec ZU-23 et un Hilux avec KPV. Il y a aussi un autre Hilux avec KPV.









    Dans la séquence 6, l'EI déploie un char T-72, un char T-55, un BMP-1. Un KPV sur Hilux ouvre le feu, ainsi que 2 autres KPV sur technicals. L'EI déploie aussi un Land Cruiser avec tourelle de BMP-1 à l'arrière (numéro 232), comme celui vu à Deir-ez-Zor ; il évoque aussi un F350 avec même tourelle vu dans la dernière vidéo al-Jazirah en Irak (ouest de Mossoul).












    Kamikazes (identité) :

    1 : Abu Abd Al Rahman Al Shami (Syrien).

    2 : Abu Asma Al Shami (Syrien).

    3 : Abu Maha Al Iraqi (Irakien), vise des véhicules à l'ouest d'al-Bab.

    Véhicules kamikazes (types, impact) :

    1 : Abu Abd Al Rahman Al Shami conduit un camion ou bulldozer blindé, et se jette sur une concentration de 13 pick-up et d'une AZT des rebelles syriens probablement.

    2 : BMP-1 détourellé. Se jette sur une position entourée de levées de terre ; une mitrailleuse lourde tire sur le BMP-1, sans pouvoir rien faire pour l'arrêter.



    3 : Abu Asma Al Shami conduit un pick-up avec coque de blindage et explose sur la partie ouest de l'hôpital (colline à l'ouest d'al-Bab).

    Armes légères et lourdes (fusils d'assaut, mitrailleuses, RPG, etc) - groupes de combat et leurs tactiques : le groupe de combat de la séquence 4 dispose d'au moins un tireur RPG-7. Les fantassins de l'EI envoient des grenades sur les combattants kurdes. On voit aussi un tireur PK.

    Dans la séquence 6, le groupe de combat de l'EI comprend un tireur sur Zastava M84 (avec AK dans le dos) et un tireur RPG-7 (avec AK dans le dos).





    L'exécution de la séquence 8 se fait une avec une M249.

    Destructions de véhicules adverses : dans la séquence 5, après la série de missiles antichars, on peut voir un véhicule blindé ACV-15 AACP incendié, qui a perdu sa tourelle, sans doute touché par un missile antichar. On peut voir ensuite 2 carcasses de chars Leopard 2A4 (tourelle éjectée à chaque fois) et 1 de ZPT. Il y a aussi un Otokar Cobra couché sur le flanc gauche. Sur une route, un char M-60T Sabra (numéro 264944) et un Otokar Cobra (numéro 25944?) ont été détruits. L'EI filme les obus de 120 mm du char et remorque le Cobra. Sur une colline, l'EI filme un Leopard 2A4 abandonné de même qu'un ACV-15. Au moins 2 autres carcasses de Leopard 2A4 sont visibles.


















    Butin matériel : dans la séquence 7, l'EI filme un ACV-15 AIFV avec tourelle Sharpshooter capturé. On voit aussi un Leopard 2A4 capturé (numéro 532) et un bulldozer.




    Morts/prisonniers/blessés adverses : dans la séquence 4, l'EI filme entre 10 et 20 corps adverses, parfois avec les mises en scène habituelles (argent ou cigarettes disposés sur le corps).

    Morts/blessés de l'EI : néant.

    Effets visuels/montage/techniques de propagande : la louange à Allah est suivie de la mention Islamic State et du logo de la wilayat, sous-titré en anglais.

    Dans la séquence 1, on voit les hommes de l'EI dans des tranchées. A noter que le titre de la vidéo s'affiche ensuite sur un montage comprenant une image du film Kingdom of Heaven (2005).

    Dans la séquence 2, l'EI montre une biographie de Mahomet par Muhamad Ibn Abd Wahab (couverture d'un livre). La séquence insiste sur les débuts de l'islam et la conquête de l'Arabie (l'EI utilise les images d'un film sans doute tourné dans le monde arabe). Il y est question d'Al Saddiq, l'ami, et d'Al Farouq, celui qui distingue entre le vrai et le faux. L'EI cite le verset 214 de la sourate de la Vache. Il insiste ensuite sur le rôle de la branche irakienne de l'organisation, avant la naissance de l'EI en 2014 : on voit des images d'un camp d'entraînement dans la province d'al-Anbar A la fin de la séquence 2, les combattants, avec leurs AK-47 dans le dos, creusent une tranchée avec des pioches.

    La séquence 3 montre des blessés et morts américains (images d'archives, soldats). On voit aussi des montages avec le Colisée de Rome sur lequel fonce un char de l'EI ; l'EI montre aussi les monuments de Palmyre pour symboliser la conquête de Sham, et la grande arche de Ctésiphon pour indiquer qu'Allah a donné les clés de la Perse. L'EI compare la défense d'al-Bab à la bataille de la tranchée en 627 à Médine.

    Dans la séquence 6, les combats, les VBIED et les carcasses de véhicules adverses sont en partie filmés par drone.

    L'exécution de la séquence 8 (réalisée par un Syrien, Abu Othman Al Shami)semble reproduire le traitement d'un cadavre de combattant de l'EI par les rebelles : dans une vidéo de ceux-ci, on voit un rebelle mitrailler un corps et le frapper avec son AK-47, ce que fait le bourreau de l'EI avec le prisonnier.

    Religion : au début de la séquence 1, on entend un discours d'Abu Bakr Al Baghdadi.

    Dans la séquence 2, un combattant de l'EI, Abu Anas Al Zarqawi (Jordanien) parle longuement. On le revoit encore dans la séquence 3. Un combattant creusant la tranchée parle également, Abu Mazar al Shami (Syrien).

    Dans la séquence, on entend Zarqawi. L'EI fait aussi référence à un écrit d'Ibn Tamiyya, qui lui-même fait allusion à la sourate al-Anfal (verset 49).

    Nasheeds (poèmes chantés) présents dans la vidéo :

    1 : ?

    2 : ?

    3 : 11’55’’-13’50’’ We came as Eagles

    4 : 13’56’’-15’30’’ Qasaeqat

    5 : 16’16’’-19’02’’ Fought


    7 : 21’19’’-23’06’’ Sunnatullah

    8 : 23’11’’-24’53’’ Halili Kabiri

    9 : 25’52’’-27’02’’ Sirna Hubbillillah

    Commentaires particuliers :L’EI a déjà consacré deux vidéos au front d’al-Bab depuis un mois. Il faut dire que l’enjeu est important et que le groupe peut montrer des succès contre l’armée turque et ses alliés rebelles syriens. Parmi les combattants, on peut voir un adolescent, qui entonne un nasheed : il faut observer que les dernières vidéos de l’EI (à Mossoul, mais pas seulement) montrent de plus en plus d’adolescents parmi les combattants. Comme la première vidéo, celle-ci met l’accent sur les tirs de missiles antichars (presque 10) avec une première : deux tirs de missiles antichars simultanés. Les matériels vus dans la première vidéo et que l’on peut deviner dans celle-ci laissent penser à la présence d’une « katiba antichars »  dénommée ainsi par l'EI et vu en action pour la défense au sud de Mossoul à l’été 2016. Si celle d’Irak n’a pas migré vers la Syrie, cela veut dire que l’EI a constitué au moins 2 katibas antichars mobiles équipées d’une gamme variée de lanceurs (Konkurs/Fagot, TOW, Kornet, Metis-M). Ici encore, l’EI déploie, par mauvais temps, au moins un char T-55, un char T-72 et un BMP-1. Le Land Cruiser avec tourelle de BMP-1 montée à l’arrière est identique à celui vu sur le front de Deir-es-Zor en septembre dernier ; un autre véhicule similaire a été vu en décembre en action à l’ouest de Mossoul (tourelle sur F350). Cela signifie que l’EI standardise probablement la fabrication de véhicules improvisés. L’armée turque et les rebelles n’ont pas encore trouvé de contre-mesures efficaces contre les VBIED (l’EI emploie ici au moins un BMP-1 détourellé mieux protégé contre les tirs, à dessein sans doute). Le nombre de chars et véhicules blindés turcs détruits est important, et l’EI s’empare même de quelques véhicules.

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    Depuis 2014, la 104ème brigade de la Garde Républicaine syrienne et son chef légendaire, le général Zahreddine, sont associés à la défense de l'aéroport militaire et de la poche tenue par le régime syrien à Deir-es-Zor, face à l'EI. Pourtant, l'unité avait commencé, en 2011, par réprimer les manifestants descendant dans les rues au début de la révolution. L'unité, partie intégrante de la garde prétorienne du régime Assad, est largement maintenue à Damas et ses alentours dans les premières années du conflit pour parer à toute éventualité, fournissant ponctuellement des détachements pour certaines opérations dans le pays. Avec l'avènement de l'EI et sa conquête de la province de Deir-es-Zor, la 104ème brigade est jetée dans la bataille pour conserver ce bastion du régime dans l'Est du pays. Depuis deux ans et demi, Zahreddine et ses hommes tiennent, tant bien que mal, cette poche contre laquelle l'EI s'est jusqu'à présent usé : mais la récente offensive de janvier 2017 a pour la première fois réussi à couper en deux tronçons le territoire contrôlé par le régime. Isolés, ravitaillés uniquement par air, les hommes de la 104ème brigade constituent pourtant un symbole fort pour le régime, celui de la combativité. Il n'empêche que le succès de la défense doit aussi beaucoup au soutien aérien, renforcé par l'allié russe, dont disposent les combattants de la Garde.




    Historique


    La Garde Républicaine a été créée en Syrie par Hafez el-Assad en 1976. Elle est commandée par Adnan Makhlouf, le cousin de sa femme. Les recrues viennent d'abord de l'armée de l'air, branche historiquement la plus liée au clan Assad. Progressivement, cette unité prétorienne passe au rang d'unité mécanisée, notamment après la dissolution des Compagnies de Défense de Rifat al-Assad suite au coup d'Etat manqué de ce frère de Hafez, en 1984. En 2011, au déclenchement de la révolution, la Garde Républicaine syrienne comprend pas moins de 3 brigades mécanisées (dont la 104ème, qui accompagne les 105ème et 106ème : 3 500 hommes chacune), deux régiments de sécurité (101ème, 102ème, 1 500 hommes chacun) et un régiment d'artillerie (100ème) : elle équivaut en fait à une division d'infanterie mécanisée, comparable à la 4ème division blindée, sauf qu'elle obtient le meilleur matériel et qu'elle est systématiquement maintenue à plein effectif. La plupart des officiers et soldats sont alaouites mais on trouve aussi des sunnites dans l'encadrement, comme le fils de l'ancien ministre de la défense Mustapha Tlass, qui a fait défection en 2012. La Garde Républicaine est destinée à prévenir tout soulèvement intérieur : c'est pourquoi elle est stationnée sur le mont Qasioun au nord de Damas, près du palais présidentiel.

    La 104ème brigade mécanisée, dans la Garde Républicaine, a une importance symbolique particulière. Elle a été commandée, en effet, par Basel el-Assad, héritier présomptif de Hafez, avant sa mort accidentelle en 1994, puis par son frère Bachar el-Assad, avant qu'il ne remplace son père comme président. Elle est ensuite prise en main par Issam Zahreddine, un Druze de la province de Suweyda. Au début de la révolution (et selon les documents fournis par le régime à l'ONU), la 104ème brigade a opéré pour partie à Deraa, dans le sud de la Syrie, où un conscrit de Deir-es-Zor est tué le 25 avril 2011. Un autre est tué le 8 juin à Douma (Damas). Un troisième meurt suite à des blessures à Homs en août 2011. 2 autres sont tués à Douma en août. Un sixième est tué à Harasta en septembre 2011. 2 conscrits sont tués à Douma en octobre. Un sergent tombe à Harasta en novembre 2011. La Garde Républicaine brise les manifestations de mars-mai 2011 dans et autour de la capitale, et opère principalement dans celle-ci. Au moins un témoignage de soldat défecteur précise que la 104ème brigade a battu des manifestants arrêtés, et que le général Zahreddine donnait lui-même les ordres, portant un bâton électrique pour procéder aux tabassages. De petits détachements sont parfois envoyés pour des opérations à l'extérieur de la capitale, comme c'est le cas pour le siège de Homs à partir de février 2012 auquel participe manifestement la 104ème brigade.

    Le général Zahreddine, un Druze, commande la 104ème brigade.


    En mai 2013, l'aviation israëlienne conduit des frappes à Damas, notamment contre des stocks d'armes à destination du Hezbollah, mais vise aussi la base de la 104ème brigade à Qasioun. Au moment des attaques chimiques dans l'est de la Ghouta, à Damas, le 21 août 2013, la base de la 104ème brigade sur le mont Qasioun est pointée du doigt comme site de lancement probable des roquettes M14 de 140 mm modifiées qui ont servi à cette attaque. En octobre, la 104ème brigade est mobilisée pour l'offensive du régime pour rouvrir le cordon de ravitaillement en direction d'Alep, mais une partie de l'unité est finalement déroutée vers Deir-es-Zor, menacée par les rebelles syriens, puis par l'EI qui chasse les autres rebelles de la ville, et de la province, en juillet 2014. Zahreddine mène en personne le contingent qui engage des T-72 Ural, des T-72M1, des BMP-1, quelques ZSU-23/4 d'autres unités. La 104ème brigade dipose aussi de 2 lanceurs IRAM Falaq-2 et d'armes légères modernes comme des AK-74M et des fusils anti-matériel iraniens AM-50. Elle vient épauler la 137ème brigade de la 17ème division, l'unité locale déjà bien entamée par les combats à Deir-es-Zor. A l'automne 2014, la 104ème brigade combat à la fois l'EI dans le centre-ville dans de difficiles combats urbains mais aussi sur l'île Sakr, à l'Est de la ville. Elle engage ses T-72, suivis par l'infanterie et épaulés par d'autres T-72 et les ZSU 23/4, pour confiner l'EI dans une partie de la ville et laisser le combat final à la 137ème brigade, aux Forces Nationales de Défense, et à au moins une milice qu'elle a formée. La 104ème brigade bénéficie de l'appui aérien du 8th Squadron basé sur l'aéroport militaire et équipé de MiG-21 ; il peut aussi compter sur le 819th Squadron avec des Su-24M2. Des MiG-23BN, Mi-25 et Mi-8 sont aussi déployés sur l'aéroport militaire. L'EI lance une première grande offensive d'envergure en décembre 2014 à Deir-es-Zor : les succès initiaux forcent les troupes de la 104ème brigade à se replier sur l'aéroport lui-même pour sécuriser l'installation, et à laisser les Forces Nationales de Défense et autres combattants à tenir les points les plus exposés sur la ligne de front. L'EI emploie de nombreux VBIED, notamment un char T-55 bourré d'explosifs, mais aussi des BMP-1. Il a également fait usage de nombreux drones pour repérer et étudier les positions adverses. Durant cette offensive, l'EI exécute par décapitation de nombreux prisonniers, dans un but évident de guerre psychologique et de propagande : en face, la 104ème brigade, et jusqu'au propre fils du général Zahreddine, qui sert comme officier dans l'unité, se font une spécialité de parader avec des têtes de combattants de l'EI décapités, et entassent les corps dans des camions qui font parfois le tour des positions contrôlées par le régime, ou les déversent dans des fosses communes. La bataille de Deir-es-Zor est un enjeu symbolique fort, dans les deux camps.

    En avril 2015, la 104ème brigade est rappelée à Damas, mais est dépêchée en urgence, de nouveau, à Deir-es-Zor, dès le mois suivant, l'EI ayant profité du départ de l'unité pour lancer une nouvelle offensive. On signale aussi la présence de la 104ème brigade (sans doute une partie non engagée à Deir-es-Zor) à Wadi Barada au mois de mai. Dans la nuit du 6 au 7 décembre, 4 appareils américains frappent la base de la 137ème brigade à Ayash, base des Panther Forces et des forces spéciales russes qui guident les frappes aériennes contre l'EI.

    En janvier 2016, l'EI lance une nouvelle offensive sur Deir-es-Zor qui lui permet de s'emparer des quartiers nord de la ville. La 104ème brigade est obligée de céder du terrain malgré l'appui aérien russse désormais disponible côté régime. En mars 2016, le général Ghassan Taraaf arrive avec une unité spéciale de 100 hommes pour renforcer la 104ème brigade à Deir-es-Zor et préparer des opérations offensives. A ce moment-là, une source pro-régime indique que la garnison comprend 4 000 hommes, entre la 104ème brigade et la 137ème brigade. La 104ème brigade se repose beaucoup sur la puissance de feu des chars, des canons D-30 et M-46, et des avions de l'aéroport militaire pour repousser les assauts successifs de l'EI. En mai 2016, un document montre les noms de 350 soldats de la brigade tués au combat depuis 2013. Un chiffre important quand on sait qu'environ un millier d'hommes de la 104ème brigade aurait combattu à Deir-es-Zor (avec probablement des hommes recrutés sur place, comme ceux de la tribu al-Shaytat). Le 1er septembre, la 104ème brigade montre des photos d'un bulldozer blindé de l'EI détruit dans les combats de rues. Le 6 septembre 2016, la 104ème brigade fait sauter un réseau de tunnels de l'EI découvert dans la ville de Deir-es-Zor. Ce même mois, l'EI relance une offensive pour prendre le terrain au sud de l'aéroport militaire, notamment le mont Tardah qui domine le secteur. Le régime ne parvient qu'à grand peine à repousser l'assaut. Le 12 novembre 2016, la 104ème brigade abat un drone de l'EI, un quadcopter type Phantom 4, au-dessus de ses positions.







    Le 14 janvier 2017, l'EI lance une offensive de grande envergure contre les positions du régime à Deir-es-Zor. Au bout de 3 jours, il parvient pour la première fois depuis le début du siège à couper la poche du régime en deux tronçons, isolant l'aéroport militaire des quartiers de la ville et du territoire tenu plus à l'ouest. Le 22 janvier, une centaine de soldats de la 104ème brigade sont déposés par hélicoptère sur la 137ème brigade, après avoir transité par avion via Qamishli.

    Ci-dessus et ci-dessous, cartes montrant l'évolution de la poche du régime à Deir-es-Zor après l'offensive de l'EI qui débute le 14 janvier dernier. Certaines cartes sont plus marquées pro-régime, d'autres pro-EI.


    Le 16 janvier, on voit que l'EI (ici sur une carte plutôt pro-régime) a coupé en deux la poche, séparant l'aéroport militaire de la base de la 137ème brigade à l'ouest.








    Combattant de la 104ème brigade tué à Deir-es-Zor en janvier 2017. Le béret rouge est l'apanage de la Garde Républicaine.




    Combattant du Hezbollah tué à Deir-es-Zor, aux côtés de la 104ème brigade.





    Propagande, idéologie


    Une page Facebook est dédiée à la 104ème brigade. La photo de couverture de la page associe le général Zahreddine au général Hassan, le commandant des Tiger Forces, sur fond de tir de BM-21 Grad. Une autre page semble être dédiée à une unité de la brigade. La page du fils du général Zahreddine est également très active.

    De nombreuses photos du général Zahreddine, véritable icône des pro-régime syriens, sont mises en avant. Le 16 janvier 2017, en pleine offensive de l'EI, des photos montrent Zahreddine et ses gardes du corps à côté de cadavres. Le 20 janvier, on voit encore des photos de nombreux cadavres présentés comme ceux des combattants de l'EI.



    Le 17 novembre 2016, une des pages Facebook se plaint d'un article d'al-Akhbar (quotidien libanais pourtant proche du Hezbollah, allié d'Assad) qui dépeint sous un jour un peu trop sombre la situation de la poche du régime à Deir-es-Zor.


    Armement, matériels, tactiques


    Les T-72 de la Garde Républicaine ont généralement un camouflage de type désertique. L'unité dispose de la version la plus récente du char en Syrie, le TURMS-T. La 104ème brigade a reçu de nombreux AK-74M et AKS-74U quand elle a été dépêchée, pour partie, à Deir-es-Zor, à l'automne 2014. C'est l'arme de choix de la garde rapprochée de Zahreddine, Saqr al-Harath, composée comme il se doit de nombreux Druzes. La 104ème brigade, contrairement à ses deux consoeurs de la Garde Républicaine, ne dispose pas de BMP-2 : à Deir-es-Zor, elle se repose sur les vieux BMP-1, en utilisant des tactiques adaptées. Une photo du 17 janvier 2017 sur une des pages Facebook montre le général Zahreddine à côté d'un technical portant un KPV bitube.

    Une analyse en source ouverte des documents produits par la 104ème brigade durant l'offensive de l'EI débutée le 14 janvier dernier permet de se faire une idée de ses modes d'opération. Une vidéo du 14 janvier filme des fantassins se protégeant derrière un BMP-1, un tir de missile antichar Metis-M, des technicals avec ZU-23 et DSHK. Dans une vidéo du 15 janvier, on peut voir un ZSU 23/4 utilisé en tir tendu et un mortier léger. Parmi les fantassins filmés le 17 janvier, un tireur d'élite avec SVD Dragunov et AK dans le dos, comme ceux de l'EI. Dans une vidéo du 18 janvier, on observe un Shilka sans canon, semble-t-il, et une position d'artillerie, avec au moins un canon M-46 de 130 mm. Assez curieusement, une vidéo du 20 janvier montre une charge de fantassins en ligne, à découvert : on peut supposer qu'une préparation a été effectuée avant sur les positions adverses. Le même jour, on peut voir un char T-55 faire feu en tir tendu, passant à côté d'un technical avec bitube ZU-23. En combat urbain à Deir-es-Zor, une vidéo du 21 janvier montre quelques fantassins faire le coup de feu avec AK-47 et RPG-7. Certains fantassins sont casqués Le même jour, on peut voir un char se diriger vers les positions adverses. Une autre vidéo montre plusieurs chars, un technical avec ZU-23, un camion avec S-60 de 57 mm appuyer des fantassins. Le 22 janvier, outre un char T-55 et un technical avec bitube ZU-23, on peut voir un lance-grenades AGS-17 russe en action. La 104ème brigade semble se reposer beaucoup sur les frappes aériennes : dans une vidéo du 23 janvier, Zahreddine visite la ligne de front pour la propagande, et observe sinon guide à la radio un raid aérien. Une autre vidéo montre un mortier lourd de 120 mm et un ZSU 23/4 en tir tendu. Le 24 janvier, une vidéo montre Zahreddine faisant le coup de feu avec un vieux fusil de sniperMosin Nagant 1891/30 à lunette.




























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    Titre : Les chevaliers des Dawawin.

    Durée : 38 minutes 33 secondes.

    Lieu(x) : Mossoul et ses environs immédiats.

    Date (sûre par recoupement ou estimée) : la vidéo a été mise en ligne le 24 janvier 2017. Les derniers kamikazes de la vidéo se sont fait exploser le 7 janvier, soit une quinzaine de jours avant ; les images précédentes sont plus anciennes. Les séquences de combat remontent à début janvier ou fin décembre 2016.

    Type de vidéo : c’est une vidéo thématique, dédiées à la fois aux kamikazes issus des bureaux administratifs de l’EI (diwans), et à l’utilisation, aussi, de drones armés.

    Découpage (séquences) :

    1 : 15''-1'56'', introduction.
    2 : 1'56''-4'25'', bataille de Mossoul.
    3 : 4'25''-9'08'', VBIED.
    4 : 9'08''-13'52'', VBIED.
    5 : 13'52''-16'42'', VBIED.
    6 : 16'42''-18'14'', combats.
    7 : 18'14''-18'44'', portraits de combattants.
    8 : 18'44''-20'04'', VBIED.
    9 : 20'04''-21'17'', blessés de l'EI.
    10 : 21'17''-24'02'', VBIED.
    11 : 24'02''-25'05'', reporters.
    12 : 25'05''-29'19'', VBIED.
    13 : 29'19''-29'57'', propagande.
    14 : 29'57''-30'28'', 1 VBIED.
    15 : 30'28''-32'17'', bombardement d'un B-52.
    16 : 32'17''-38’33’’, attaques avec drones armés.

     

    Forces attaquées/adversaires : petits groupes de combat (7-10 hommes).

    Effectifs engagés : dans la séquence 2, on voit un très jeune combattant lancer une grenade improvisée. On peut voir un groupe de 50 à 100 hommes assis dans une pièce (apparemment des membres de la Hisba).




    Moyens d'appui utilisés (canons, mortiers, armes artisanales...) : dans la séquence 2, on voit 3 tirs de SPG-9 successifs (dont 2 par des fantassins qui les portent à l'épaule). L'EI filme aussi une mitrailleuse Type 77/85 sur affût roulant.





    Dans la séquence 11, l'EI se sert d'un mortier léger.

    Pour la première fois, dans la séquence 16, l'EI montre ses drones armés en action. 2 hommes font décoller un Skywalker X7/X8, ou un modème approchant, armé de grenades de 40 mm modifiées. D'après cet article, il s'agit probablement de grenades de 40 mm de fabrication occidentale (l'EI a capturé des bandes de grenades de 40 mm pour lance-grenades Mk 19 à Mossoul, entre autres), ou de munitions OG-7VE High Explosive pour lance-roquettes RPG-7.












    1 : l'engin frappe un groupe de 7-8 hommes dans une rue, plusieurs blessés.

    2 : explose à côté de soldats irakiens dans une rue, plusieurs blessés.

    3 : tombe à côté d'un ILAV Badger et de 2 Humvees, un blessé.

    4 : tombe au milieu d'une concentration de véhicules.

    5 : tombe à côté d'un Humvee.

    6 : tombe sous un pick-up, à côté d'un ILAV Badger.

    7 : tombe sur la tourelle d'un Abrams, membre d'équipage blessé sinon tué.

    8 : tombe sur un Humvee.

    9 : tombe dans la tourelle d'un Humvee.

    10 : tombe dans la tourelle d'un Humvee.

    11 : tombe sur un groupe de 9 hommes à côté de Humvees. 1 tué probable, plusieurs blessés.

    12 : tombe à côté d'un Humvee, 1 blessé.

    13 : tombe sur un groupe de soldats, 1 tué probable, plusieurs blessés.

    14 : tombe sur un groupe de soldats, 1 tué probable.

    15 : tombe sur des soldats.

    16 : tombe sur le capot d'un Humvee.

    17 : tombe près d'un groupe de Humvees précédé d'un MaxxPro.

    18 : tombe sur l'avant d'un véhicule.

    19 : tombe sur l'avant d'un Humvee, qui prend feu.

    Véhicules utilisés (chars, véhicules blindés, technicals...) : dans la séquence 2, on voit tirer un technical avec DSHK. L'EI utilise aussi les motos pour le transport des combattants.

    Dans la séquence 6, on peut voir un véhicule blindé improvisé.

    Kamikazes (identité) :

    1 : Abu Imam Al Shishani (Tchétchène)

    2 : Abu Musa Al Shami (Syrien)

    3 : Abu Mariyam Al Maslawi (Irakien, Mossoul)

    4 : Yousif Al Maslawi (Irakien, Mossoul)

    5 : Abu Al Zubir Al Iraqi (Irakien)

    6 : Abu Abd Al Hakim Al Iraqi (Irakien)

    7 : Abu Yassir Al Iraqi (Irakien).

    8 : Abu Maslam Al Muhajir (étranger)

    9 : Abu Talha Al Iraqi (Irakien)

    10 : Qatada Al Iraqi (Irakien)

    11 : Abu Hassan Al maslawi (Irakien, Mossoul).

    12 : Abu Omar Al Maslawi (Irakien, Mossoul).

    13 : Abd al rahman Al Iraqi (Irakien).

    14-15 : Abu Bara et Abu Malik Al Iraqi (tireur, adolescent ; conducteur).

    16 : Abu Khatab Al Tunisi (Tunisien).



    17 : Abu Aisha Al A'alami

    18 : Abu Salah Al Janabi

    19 : Abu Yusef Al Daghestani (Daghestan).


    Véhicules kamikazes (types, impact) :

    1 : 4x4 avec coque de blindage, repeint.

    2 : 4x4 Kia Motors avec coque de blindage et blindage SLAT sur l'avant et les côtés. On observe le système de mise à feu avec 2 boutons identiques (pour pallier aux défaillances?).

    3 : 4x4 blanc avec coque de blindage, explose sur une concentration de véhicules irakiens.

    4 : pick-up blanc, explose sur un regroupement de véhicules.

    5 : camion, explose au milieu d'une colonne de Humvees.

    6 : 4x4 blanc avec coque de blindage. On voit encore les 2 boutons détonateurs sur le tableau de bord. Explose contre des Humvees.

    7 : 4x4 blanc avec coque de blindage. Sans doute guidé par drone. Explose sur une colonne de Humvees.

    8 : 4x4 blanc avec coque de blindage, explose le long d'une colonne de Humvees.

    9 : pick-up blanc, explose sur une colonne de véhicules.

    10 : camion, explose contre des Humvees.

    11 : 4x4 blanc, s'encastre dans un Humvee.

    Un des kamikazes de la séquence 10 a une oreillette sur l'oreille gauche, ce qui laisse penser qu'il y a bien un guidage à distance avec le drone. On voit toujours les deux boutons pressoirs.

    12 : véhicule de combat improvisé, avec un chauffeur et un tireur à l'arrière. Explose contre des chars T-72.

    13 : pick-up blanc avec blindage additionnel. Explose le long d'un regroupement de véhicules à l'arrêt.

    14 : pick-up avec blindage additionnel.

    15 : 4x4 avec coque de blindage, 2 boutons pressoirs, percute un Humvee.

    16 : pick-up avec renfort de blindage. Se jette sur un Humvee.

    17 : 4x4, percute 2 Humvees.

    On voit un camion, un pick-up avec blindages additionnels, de même qu'un 4x4 dont la cabine a été découpée pour mettre le blindage additionnel.

    18 : un 4x4 blanc vient percuter un Humvee après le largage du drone armé n°1.

    Armes légères et lourdes (fusils d'assaut, mitrailleuses, RPG, etc) - groupes de combat et leurs tactiques : dans la séquence 2, on peut voir un combattant avec RPK et un autre avec AK munie d'un lance-grenades tirer sur des avions, de même qu'un fantassin avec M-16. On voit aussi un tireur PK et un tireur RPG-7. Plus loin 2 autres tireurs PK sont filmés.

    Au début de la séquence 4, on peut voir des inghimasiyyi (avec gilets d'explosifs et détonateurs).

    Le groupe débarqué de la séquence 6 comprend un tireur RPG-7. Pour percer des trous dans les murs, les combattants utilisent 2 charges circulaires. Ces combattants appartiennent à la Hisba.




    Dans la séquence 11, on voit un groupe de combat avec PK et RPG-7.

    Destructions de véhicules adverses : néant.

    Butin matériel : néant.


    Morts/prisonniers/blessés adverses : néant.


    Morts/blessés de l'EI : des noms de tués ou de kamikazes sont cités dans plusieurs séquences :

    Abu AlGha'agha'a Al Ansari.

    Abu Rabiya Al Ansari.

    Abu Raqiya Al Maslawi (kamikaze, de Mossoul).

    Abu Zahra (kamikaze).

    Abu Salah Al Ansari

    Jafar Al Ansari

    Abu Sharaf Al Maslawi (kamikaze, de Mossoul).

    Abu Hassan Al Iraqi (Irakien).

    Abu Zahra Al Maslawi (kamikaze, de Mossoul).

    Al Alwalid Al Iraqi (Irakien)

    Abu Malik Al Iraqi (Irakien)

    Abu Ismail Al Maslawi (kamikaze, de Mossoul).

    Abu Al Darada Al Iraqi (kamikaze, Irakien)

    Khabab Al Iraqi

    Abu Hafiz Al Maslawi (kamikaze, de Mossoul).

    La séquence 9 insiste sur les blessés de l'EI. Un homme est blessé à la jambe droite. Un autre est touché à la jambe gauche. Un combattant assez jeune a été touché à la tête. On voit un autre blessé à la tête, un blessé à la main gauche, et un mort recouvert d'une couverture. Un blessé est port par 3 camarades. On pose un bandage sur la cuisse droite d'un blessé. Un blessé au bras droit est évacué en moto, de même qu'un autre. On voit enfin un blessé à la jambe droite, et un blessé soutenu par un camarade jusqu'à une moto.

    Dans la séquence 12, l'EI filme 3 de ses morts.

    On voit les noms suivants :

    Abu Hathifa al A'alami (tué)

    Abu Khatan al Iraqi (kamikaze, Irakien).

    Abu Hajer Al A'alami (tué)

    Mahmoud Al A'alami

    Dans la séquence 15, un groupe de 17 combattants de l'EI combat au sommet d'une crête. Un B-52 largue plusieurs bombes, qui font plusieurs tués et plusieurs blessés.





    Effets visuels/montage/techniques de propagande : la louange à Allah est suivie de la mention Islamic State, puis du logo de la wilaya, sous-titré en anglais.

    Dans la séquence 1, l'EI insiste sur les dawawin (remontrant des passages de la vidéo consacrée aux « divans » de l'EI il y a quelques mois), et montre des images d'archives. On voit aussi les véhicules et le bureau de la hisba, la police religieuse de l'EI.

    La séquence 4 évoque un kamikaze déjà vu dans une vidéo précédente de la wilayat Dijlah, Abu Marya Al Maslawi, conducteur d'un Humvee converti en VBIED, avec mitrailleur dans la tourelle. Abu Abida Al Maslawi et Abu Qatada Al Maslawi font un discours (le second est tué à l'hôpital Salam par un bombardement).

    Dans la séquence 5, on revoit une scène de tirage au sort pour les kamikazes comme dans la wilayat Halab il y a quelques mois.

    Dans la séquence 6, on revoit encore beaucoup la Hisba ; un panneau sur une arche en travers d'une route porte l'inscription : « La wilayat Ninive félicite l'EI ».

    Dans la séquence 10, on voit un docteur de l'EI, Al Doktor Fahr Al Maslawi (Mossoul).

    Dans la séquence 11, le tireur RPG-7 porte une GoPro pour filmer ses tirs. La séquence insiste sur les reporters de guerre de l'EI.

    Dans la séquence 12, on voit un adolescent utilisé comme kamikaze regarder une vidéo précédente de l'EI de la wilayat Ninive, et regarder son parcours sur tablette via un logiciel de localisation par satellite. Pendant son discours, on voit le « Bureau de l'armée, section des images aériennes », une salle de classe, avec tableau, étudiants derrière les tables, ceux de la rangée de droite ayant des caméscopes à côté d'eux. Un autre kamikaze fait de même sur tablette.

    Dans la séquence 13, un véhicule de l'EI porte l'emblème des services des égoûts.

    Religion : dans la séquence 1, on peut voir un combattant lire le Coran (idem dans la séquence 5).

    Nasheeds (poèmes chantés) présents dans la vidéo :

    1 : 15''-5'04''Bi Amrillahi Na'Tamiru


    3 : ?



    6 : ?

    7 :  18'45''-19'57''A'qululaha

    8 : ?

    9 : ?

    10 : 29'52''-30'22''Hayya Inghamis

    11 : 32'49''-38'31''Aurilladha

    Commentaires particuliers : cette 6ème vidéo longue de l'EI sur la bataille de Mossoul est encore une fois très longue (plus de 38 minutes). Un effort est encore fait pour mettre en ligne assez rapidement ce montage vidéo (il arrive 3 semaines seulement après le précédent) et les kamikazes les plus récents datent d'à peine 15 jours. L'EI insiste sur sa capacité à être un Etat : pourtant, la vidéo montre que l'EI est obligé de jeter comme kamikazes des membres de la Hisba (police religieuse), et ces derniers combattent aussi. De la même façon, les reporters de la branche média de l'EI sont utilisés comme kamikazes et subissent des pertes élevées dans leur activité classique. Les adolescents sont aussi nombreux parmi les combattants. Cela nous montre l'usure exercée sur l'EI à la fin des combats dans les quartiers Est. De la même façon, plusieurs séquences montrent la vulnérabilité de l'EI aux frappes aériennes : jamais jusque là les vidéos sur la bataille de Mossoul n'avaient également autant insisté sur les blessés (qui reçoivent des soins rudimentaires) et les tués. Les kamikazes sont ici surtout irakiens, mais on note la présence de quelques étrangers, et de deux enfants (dont un sur un véhicule à deux hommes, chose rare) : on note également qu'un Tunisien dans son VBIED porte une oreillette, ce qui confirme le guidage du kamikaze par un drone dans les rues des quartiers Est pour maximiser les effets de l'explosion avec choix de la cible. L'utilisation des drones armés est montrée, pour la première fois : on note qu'il y a même plus de frappes de drones armés que d'explosions de VBIED. Les drones sont moins efficaces que ces derniers, mais sont un moyen d'action moins onéreux et plus faciles à mettre en œuvre, même si leur action constitue plus une gêne qu'une menace sérieuse comme les VBIED.

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    Titre : Ecraser les adversaires (sous-titre : Du côté des résultats de l'armée de l'EI contre les apostats du PKK dans les périphéries de la Wilayat).

    Durée : 19 minutes 1 seconde

    Lieu(x) : les combats de la vidéo se déroulent au nord et à l’ouest de Raqqa. Les tirs de missiles antichars de la séquence 4 se déroulent à l’ouest de la wilaya.

    Date (sûre par recoupement ou estimée) : Le premier combat de la séquence 3 correspond à un reportage photo du 13 novembre 2016. Les images de la séquence 3 avec Abou Jandal al-Koweiti correspondent à un reportage photo du 8 décembre 2016 de la wilayat al-Barakah (Hasakah), et non Raqqah (ce qui suppose qu'Abou Jandal était dans la wilayat al-Barakah à cette date ou peu avant, juste avant le début de l'offensive sur Palmyre). Le combat où Ryan Lock trouve la mort correspond à un reportage photo du 26 décembre dernier (le combat semble avoir eu lieu le 21). Les dernières images de combat de la vidéo correspondant à un reportage photo du 10 janvier dernier, et à un autre du 13 janvier.

    Type de vidéo : c’est une vidéo de défense agressive, l’EI contre-attaque contre la poussée des SDF vers Raqqa au nord et à l’ouest de la ville.

    Découpage (séquences) :

    1 : 14’’-1’52’’, introduction.
    2 : 1’52’’-3’30’’, discours d’un cadre/clerc à la troupe.
    3 : 3’30’’-9’58’’, combats, hommages à Abu Jandal al-Kuwaïti.
    4 : 9’58’’-12’53’’, explosion d’un VBIED, combats.
    5 : 12’53’’-19’01’’, combats, exécution.



    Forces attaquées/adversaires : les SDF. Dans la séquence 4, un B-52 survole les positions de l’EI. Il est tiré par un technical avec ZU-23 bitube.




    Effectifs engagés : dans la séquence 1, on peut voir une dizaine de combattants faisant leurs préparatifs.

    Le groupe de combat de la séquence 3 (début) comprend au moins une douzaine d’hommes.

    Moyens d'appui utilisés (canons, mortiers, armes artisanales...) : dans la séquence 4, on peut voir un lance-missiles antichars Fagot qui frappe une pelleteuse. Un canon D-30 de 122 mm est également utilisé. Un autre tir de Fagot touche un véhicule blindé kurde. Un lance-missiles antichars Konkurs vise un groupe de pick-up près desquels marchent des combattants kurdes.















    Véhicules utilisés (chars, véhicules blindés, technicals...) : la colonne de la séquence 3 comprend un technical, deux motos (2 personnes), un véhicule de combat improvisé (Land Cruiser avec plaques de blindage), un Hilux avec KPV, un autre véhicule de combat improvisé. Plus loin, lors d’une autre attaque, la colonne comprend au moins un véhicule de combat improvisé avec mitrailleuse Type 77/85 (le tireur porte une GoPro), un VBIED (un seul bouton sur le détonateur), une moto (2 personnes).





    Dans la séquence 4, la colonne vue précédemment réapparaît : plusieurs véhicules de combat improvisés, une moto, un VBIED… on voit aussi un Land Cruiser avec bitube ZU-23, un char T-55 avec désignateur laser, un Land Cruiser avec mitrailleuse Type 77/85 (elle tire avec une PK sur le toit, et un fantassin avec AK-47). L’EI emploie un autre char T-55, un Hilux rouge avec KPV. Plus loin un autre technical avec KPV prend à partie les véhicules des SDF. On voit aussi des combattants monter dans un BMP-1. Dans un autre assaut, on peut voir un mitrailleur PK tirer sur le toit d’un véhicule improvisé, tandis que des fantassins avec AK-47 tirent à travers des fentes percées sur le blindage latéral.


















    Kamikazes (identité) : néant.

    Véhicules kamikazes (types, impact) :

    1 : pick-up avec renforts de blindage (roues), mais assez sommaire protégé.

    Armes légères et lourdes (fusils d'assaut, mitrailleuses, RPG, etc) - groupes de combat et leurs tactiques : dans la séquence 1, un tireur PK fait feu, la bande munitions est tenue par un pourvoyeur.



    Dans la séquence 3, une PK ouvre le feu depuis le toit d’un véhicule de combat improvisé. Un des véhicules embarque un groupe de 5-6 hommes, dont un tireur RPG-7, un fantassin AKS-47. Les combattants ont des grenades improvisées à leurs ceintures qu’ils jettent sur les positions adverses.





    Dans la séquence 4, un groupe de combattants de l’EI embarqué dans un véhicule de combat improvisé comprend un adolescent. Il y a aussi un tireur RPG-7 et un sniper sur AM 50 iranien.




    Destructions de véhicules adverses : néant.

    Butin matériel : dans la séquence 4, l’EI s’empare d’un RPG-7, de munitions, de plusieurs AK et d’un RPG monocoup (22/26 ?), une mitrailleuse PK, un mortier moyen avec des obus.




    Morts/prisonniers/blessés adverses : dans la séquence 1, un bourreau de l’EI armé d’un M-4 égorge un prisonnier présenté comme un Kurde.

    Dans la séquence 4, l’EI filme 4 corps de combattants des SDF et celui de Ryan Lock, un Britannique de 20 ans parti combattre avec les SDF et qui a été tué par l’EI dans ce combat. A la fin de la séquence, l’EI montre de nouveau 4 ou 5 corps adverses.

    Le bourreau de l’EI vu au début de la vidéo égorge un prisonnier dans la dernière scène, et parle cette fois en anglais (mais a priori, ce n’est pas un Anglais, plutôt un Arabe parlant anglais).

    Morts/blessés de l'EI : dans la séquence 1, un blessé de l’EI aux jambes gît au sol.

    Dans la séquence 3, l’EI fait un éloge prononcé d’Abu Jandal al-Kuwaiti, un de ses chefs militaires, tué le 26 décembre 2016 par une frappe aérienne américaine alors qu’il dirigeait une contre-attaque près de Raqqa contre les SDF. D’après la vidéo, il aurait eu un rôle clé dans les opérations militaires de la province d’Hasakah (images d’archives de l’offensive de mai-juin 2015), dans la bataille à Khanasser (celle de février 2016?) et aurait coordonné la contre-attaque au sud de Tabqa contre le régime en juin 2016. De son vrai nom Abdul Mohsen al-Zaghilani al-Taresh, né à al-Jahra au Koweït, a rejoint l’EIIL, devenu l’EI en 2014. Il aurait combattu à Deir-es-Zor en 2014, menant le « bataillon des chevaliers d’al-Jazeera » : en juillet 2015, il est parmi les commandants militaires de première importance dans la province de Hasakah (wilayat al-Barakah). Son unité est surnommée « le bataillon de réaction rapide » par al-Adnani. Combattant en Syrie (à Khanasser) et en Irak, il intègre le comité de la guerre de l’EI et en décembre 2016, alors qu’il participe à la reconquête de Palmyre, il est le n°2 militaire de l’EI en Syrie. Chargé de la défense de Raqqa, il trouve la mort alors qu’il organise une contre-attaque près du village de Jabar.



    Effets visuels/montage/techniques de propagande : dès la séquence 1, l’EI montre les images capturées sur les SDF de l’embuscade que l’on voit à la fin de la vidéo.

    Dans la séquence 2, un cadre/clerc, Abu Omar Al Shami, fait un discours à la troupe.

    Tout l’assaut de la séquence 3 est filmé par caméras GoPro montées sur les combattants. Un des combattants GoPro est tué dans l’assaut.

    Dans la séquence 4, l’EI récupère des séquences filmées par le groupe de combattants des SDF qui est battu, et les insère dans le montagne pour montrer le combat des deux côtés et identifier les morts adverses.

    Religion : dans la séquence 1, on entend un discours d’Abu Omar Al Baghdadi.

    Dans la séquence 3, on entend un discours d’Abu Ibrahim Al Qamishli. On le réentend plus loin (c’est sans doute le combattant avec GoPro tué dans le véhicule).

    Dans la séquence 4, on entend un discours d’Abu Al Hassan Al Muhajir, et plus loin un autre de Abu Mas'ab Al Zarqawi.

    Nasheeds (poèmes chantés) présents dans la vidéo :

    1 : ?

    2 : 4’41’’-6’26’’ Fought

    3 : ?

    4 : 9’57’’-12’52’’ We came as eagles

    5 : 13’08’’-18’28’’ Kayfema Jidtum

    Commentaires particuliers : c'est la première vidéo de la wilayat ar-Raqqah spécifiquement consacrée à la défense de la ville, depuis le lancement de l'opération Colère de l'Euphrate par les SDF début novembre 2016. La vidéo a une ampleur chronologique assez large puisque les recoupements montrent des opérations entre le 13 novembre et le 13 janvier. On note les deux exécutions, au début (ce qui est rare) et à la fin, par un bourreau probablement non anglophone mais qui s'exprime en anglais la deuxième fois. Encore une fois, l'EI insiste sur les pertes : combattant avec GoPro tué en pleine action, éloge d'Abou Jandal al-Kuwaiti, responsable de la défense de Raqqa et tué le 26 décembre par une frappe aérienne (encore un cadre militaire important qui disparaît)... on note que la garnison de Raqqa dispose de moyens conventionnels conséquents (sont montrés ici 2 chars T-55, un canon D-30, plus toute la flotte de véhicules, des lance-missiles antichars). L'EI fait aussi un focus sur les combattants étrangers venus comme volontaires au sein des SDF : outre Ryan Lock, dont le corps est filmé, un Canadien, Nazzareno Tassone, a été tué dans le même combat, et on le reconnaît semble-t-il dans les images capturées du combat que l'EI insère dans la vidéo.

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    Titre : Le rugissement des lions.

    Durée : 10 minutes 49 secondes.

    Lieu(x) : d'après les bandeaux, le raid de la séquence 2 a lieu au nord d'al-Rutba ; même secteur dans la séquence 5.

    Date (sûre par recoupement ou estimée) : la vidéo a été mise en ligne le 30 janvier 2017.

    Type de vidéo : c'est une vidéo de raids mécanisés/motorisés dans le désert. L'EI attaque de petites positions.

    Découpage (séquences) :

    1 : 16''-1'06'', introduction.
    2 : 1'06''-3'41'', raid sur une petite position.
    3 : 3'41''-4'28'', deux tués au combat de l'EI.
    4 : 4'28''-5'23'', un tué de l'EI.
    5 : 5'23''-10'49'', raid mécanisé.

     

    Forces attaquées/adversaires : dans la séquence 5, après la prise du poste, on peut voir 6 soldats irakiens en fuite.

    Effectifs engagés : dans la séquence 2, le groupe de combat prépare l'attaque en examinant le terrain sur une tablette (une dizaine d'hommes).



    Moyens d'appui utilisés (canons, mortiers, armes artisanales...) : néant.

    Véhicules utilisés (chars, véhicules blindés, technicals...) : la colonne de la séquence 2 comprend un Land Cruiser avec ZU-23 monotube, un Land Cruiser avec KPV protégé par un bouclier, deux véhicules blindés improvisés dont un avec mitrailleuse Type 77/85 en tourelle. Il y a aussi un Land Cruiser avec mitrailleuse Type 77/85, un autre avec bitube ZU-23 et un Hilux avec GAU 16/21.













    La colonne de la séquence 5 comprend un Land Cruiser avec ZU-23, un véhicule blindé improvisé avec DSHK en tourelle protégée par un bouclier, le Land Cruiser avec ZU-23 monotube portant le drapeau de l'EI sur l'avant. Il y a aussi un Land Cruiser avec ZPU-2.













    Kamikazes (identité) : néant.

    Véhicules kamikazes (types, impact) : néant.

    Armes légères et lourdes (fusils d'assaut, mitrailleuses, RPG, etc) - groupes de combat et leurs tactiques : dans la séquence 1, le groupe de combat comprend un tireur RPG-7 (avec GoPro sur le front), un tireur PK, un fantassin avec M-16 à lunette, d'autres fantassins dont certains portent 2 armes individuelles. Le groupe vise une position où se trouve un BMP-1, apparemment.

    Le groupe de combat de la séquence 2 comprend un ou deux tireurs PK (dont un avec M-16 dans le dos) et 2 tireurs RPG-7.






    Le groupe de combat de la séquence 5 comprend au moins une dizaine d'hommes, dont un tireur PK (manqué de peu par une roquette de RPG venant de la position attaquée) et un fantassin avec M-16 à lunette. Pendant l'assaut (filmé en GoPro), les fantassins grimpent jusqu'au petit sommet où se situe le poste irakien et y jette des grenades.






    Destructions de véhicules adverses : un Humvee est incendié dans la séquence 5.



    Butin matériel : dans la séquence 5, des armes sont récupérées, dont une DSHK, un mortier léger et des munitions.

    Morts/prisonniers/blessés adverses : l'EI larde de balles 3 corps de soldats irakiens dans la séquence 5.

    Morts/blessés de l'EI : dans la séquence 3, l'EI montre 2 de ses tués, Abu Al Bara Al Ansari (Irakien) et Abu Said Al Shami (Syrien).

    Dans la séquence 4, un tireur PK ou MG-1M qui filme en GoPro est tué par une roquette ou un obus.

    Effets visuels/montage/techniques de propagande : la louange à Allah est suivi de la mention Islamic State et du logo de la wilayat, sous-titré en anglais.

    La dernière scène de la vidéo montre une attaque par drone armée similaire à celles vues dans la dernière vidéo de l'EI à Mossoul.



    Religion : néant.

    Nasheeds (poèmes chantés) présents dans la vidéo :

    1 : 21''-59''Fought

    2 : 1'08''-3'17''Kulamah

    3 : 5'50''-9'00''Kayfema Jidtum


    Commentaires particuliers : deuxième vidéo de la wilayat al-Furat avec le mot « lion » dans son titre... production courte (10 minutes), par rapport à la moyenne des vidéos de l'EI depuis novembre, souvent des gros montages (parfois 30 minutes et plus). L'action se déroule toujours autour de la ville d'al-Rutbah. La wilayat al-Furat continue de mener des opérations motorisées/mécanisées, des raids sur de petites positions pour aguerrir et motiver ses troupes, et ramener du butin, avec technicals et véhicules blindés improvisés. Le changement, c'est l'accent mis sur les pertes (ici 3 tués sont montrés), ce qui n'était pas le cas dans cette wilayat jusqu'ici : tendance assez générale dans la propagande de l'EI, on insiste beaucoup plus sur les pertes subies au combat (dans un but élogieux évidemment), c'est nouveau depuis quelques temps. Les soldats irakiens abattus dans une des séquences voient leurs corps criblés de balles, dans un but de terreur évident. Grande surprise : la scène finale, avec attaque de drone armé, comme à Mossoul. Ce qui annonce peut-être une prochaine vidéo avec d'autres attaques de drones dans ce secteur : cela confirmerait que l'emploi se généralise.

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    Lors de leur déploiement à l'automne 2014 sur les lignes de front de Deir ez-Zor, les éléments de la 104ème apparaissent comme équipés d'un armement individuel de qualité : celui-ci est même au-dessus des standards de certaines des autres unités d'élite du Régime, qu'il s'agisse de la Garde Républicaine, de la 4ème Division ou encore de certains régiments de forces spéciales. Bien que les éternels AK-47, AKM, AKMS, et autres Type-56 semblent alors rester les fusils d'assaut standards, de nombreux soldats de Zahreddine sont équipés d'AK-74M, flambant neufs, pour certains équipés de lance-grenades GP-30. L'AKS-74U est lui semble-t-il réservé aux officiers, et à la garde rapprochée du général druze de la 104ème.



     

    Garde républicain de la 104ème à Deir ez-Zor, armé du fusil d'assaut AK-74M. Photo publiée en février 2015.

    Garde républicain de la 104ème à Deir ez-Zor, armé d'u fusil d'assaut Type-56-I, et d'une AK-74M équipé d'un lance-grenade GP-30M. Photo publiée en février 2014.
    Des fusils d'assaut HK G3A3 et HK G3A4 sont utilisés pour le tir de précision, ainsi que des FN FAL, le fusil de précision standard aux mains des gardes républicains déployés à Deir ez-Zor étant le SVD-S Dragunov, et pour le sniping lourd, l'AM-50 Sayyad. Quelques OSV-96 sont également utilisés, ainsi qu'à partir du début de l'année 2015, le fusil de sniper Mts-116M.

    Ce soldat de la 104ème est armé du fusil SVD-S Dragunov. A noter le patch du Hezbollah, porté sous le patch « Anti-terrorisme » / « COMANDOS » (sic).

    Fusil de sniper Mts-116M mis en œuvre par un soldat de la Garde Républicaine. L'arme équipe également les S.M.F. du ministère de l'Intérieur. Photo publiée en mars 2015.

    Au côté d'un pick-up Nissan Frontier, ce soldat de la 104ème présente fièrement son fusil anti-matériel AM-50 Sayyad. Photo publiée en février 2015.


    L'armement d'appui est constitué de mitrailleuses légères PKM / PKMS, tandis que quelques lance-grenades automatiques AGS-17 sont également déployés. Différents modèles de RPG équipent la 104ème, dont des antiques RPG-2, le plus classique RPG-7 (y compris le modèle iranien), et le RPG-29. Les lance-missiles antichars utilisés comprennent le Milan franco-allemand, le Metis-M, le Konkurs, et le Fagot.

    Missile antichar 9K111 Fagot semble-t-il mis en œuvre par une unité de la Sécurité militaire syrienne. Photo publiée en janvier 2017.

    Si la 104ème est déployée à Deir Ez Zor avec a priori un armement léger de qualité, l'armement lourd est constitué uniquement des matériels récupérés sur place. Seuls quelques pick-up, en particulier les Nissan Frontier équipant la Garde Républicaine, ont fait le voyage, armés à la base de mitrailleuses PK. Un armement qui sera complété sur place à l'aide de mitrailleuses DShK, KPV, ZPU et bitubes ZU-23. 

    Un pick-up Toyota Hilux de la 104ème, armé d'un ZU-23-2, ouvre le feu sur les positions de l'EI, durant les combats dans le secteur du cimetière de Deir ez-Zor. Janvier 2017.

    Aux côtés de ces Technicals, différents Guntrucks sont largement utilisés, sur châssis de camions civils ou militaires. Ces camions sont armés en particulier de ZU-23-2 , de canons de 57 mm AZP S-60, et de canons M1939 de 37 mm, pour la plupart récupérés sur les stocks restant de la 113ème Brigade de Défense aérienne.

    Un canon AZP S-60 de 57 mm, filmé en janvier 2017, intervient en tir direct contre l'EI : il est monté sur le châssis d'un camion-benne civil Mercedes-Benz.

    GAZ-3308, équipé d'un bitube ZU-23-2. Photo publiée en octobre 2016.

    Chars et blindés (T-55, BMP-1, AMB-S) intervenant en appui des éléments de la 104ème proviennent pour l'essentiel des éléments rescapés de la 17ème Division (93ème et 137ème Brigades) : une division durement éprouvée par les combats dans la province, et dont certaines unités ont été déployées dans d'autres secteurs de la Syrie. Toutefois, d'autres modèles de chars sont également présents dans la poche de Deir Ez Zor : T-55AMV, T-72 et T-72M1, dont quelques-uns sont équipés du système TURMS-T. Si certains sont mis en œuvre par des équipages de la 104ème, il semblerait que d'autres unités de l'armée syrienne fournissent également du personnel, comme par exemple la 91ème Brigade de la 1re Division.

    Char T-55 déployé à Deir ez-Zor : il s'agit d'un rescapé de la 17ème Division. Photo publiée en octobre 2016.

    Un char T-55 s'apprête à ouvrir le feu sur les positions de l'EI, durant les combats dans le secteur du cimetière de Deir ez-Zor. La tourelle est sommairement protégée de sacs de sable, le tout étant recouvert de grillages. Janvier 2017.

    Un char T-55AMV, mis en œuvre par les défenseurs de Deir ez-Zor : l'état des briques de blindages réactifs, où de ce qu'il en reste, donnent une idée de la dureté des combats. Photo publiée en janvier 2017.

    L'artillerie lourde, pour l'essentiel des D-30 de 122 mm et M-46 de 130 mm, provient également des restes de la 17ème Division : les servants étant quand à eux parfois des membres de diverses unités de l'armée comme, par exemple le 141ème Régiment de la 1re Division. Quelques obusiers automoteurs 2S1 de 122 mm sont alignés par l'armée syrienne et la Garde dans la poche de Deir ez-Zor, tandis que des ZSU-23/4 sont utilisés pour les tirs contre des objectifs terrestres. Aux côtés de quelques lanceurs « Volcano », et il est possible que des BM-21 soient toujours à disposition des défenseurs de la poche de Deir ez-Zor.

    Un obusier D-30 de 122 mm ouvre le feu, à Deir ez-Zor, en janvier dernier.

    Tandis que le général Zahreddine s'installe dans le poste de pilotage, un obusier automoteur 2S1 de 122 mm s'apprête à faire feu. Photo publiée en janvier 2016.







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    David Thomson avait écrit, au début 2014, un premier livre consacré aux djihadistes français partis se battre en Syrie, que j'avais fiché ici même. Deux ans et demi plus tard, il publie un second ouvrage qui prolonge en quelque sorte le précédent. Entretemps, il y a eu la naissance de l'Etat Islamique (le premier livre était sorti initialement alors qu'existait encore l'ancêtre, l'EIIL), Charlie Hebdo, les attentats de Paris, ceux de 2016, etc. Le contexte est bien différent : alors que le sujet n'intéressait pas grand monde, quand j'ai moi-même commencé à travailler sur le conflit syrien (août 2013), écrivant également des résumés à partir des sources secondaires disponibles sur les djihadistes français au moment où David Thomson sortait son premier ouvrage, il occupe maintenant le devant de l'actualité.

    Comme dans le premier livre, le journaliste se base exclusivement ou presque sur les entretiens avec les djihadistes français. C'est sans doute la principale force du livre -et la principale faiblesse, diront certains. Contrairement à David Thomson, je crois que les "sources secondaires" qu'il évoque à la p.8 (PV, d'interrogatoires, etc : il les qualifie "d'indispensables mais biaisées", de "lucarne") peuvent apporter des éléments intéressants, s'ils sont contextualisés et pris avec recul, bien sûr. De la même façon, le renfort d'une approche "universitaire", avec toute la littérature secondaire disponible sur le sujet, permettrait, encore une fois, de croiser les sources. Témoignages recueillis à la source, documents officiels (de justice ou autres), travaux universitaires ou de spécialistes : voici une combinaison qui permettrait d'écrire une histoire globale (pour ne pas dire totale) du djihadisme français au Levant.Une démarche qui me semble d'autant plus nécessaire que je suis moi-même passé par mon travail par plusieurs étapes : de compilateur de sources secondaires pendant près d'un an, j'ai fini par comprendre qu'il fallait, un peu à l'image de David Thomson, travailler à la source, en étudiant les documents originaux produits par les acteurs du conflit syrien (rebelles, régime, milices chiites irakiennes, je ne suis venu aux vidéos militaires de l'EI qu'en août 2015).

    Il est vrai qu'en France, les passerelles existent peu, voire pas, entre les différents niveaux. Ceux que l'on appelle maintenant les "jihadologues", dont fait partie David Thomson, et qui travaillent à la source, au contact des djihadistes, n'ont pas été forcément reconnus pour leur travail par la sphère universitaire ou les institutions gouvernementales (du moins au départ en ce qui concerne D. Thompson, les choses ont évolué depuis). En vérité, les journalistes comme David Thompson réalisent un travail à la source que n'ont pas fait (ou que ne font plus), jusqu'à présent, les universitaires : c'est aussi un problème. David Thomson a aussi eu le malheur de se faire écharper, pour rien ou presque, sur un plateau de télévision un mois à peine après la sortie de son premier livre. Vu la suite des événements, on mesure l'inanité de la chose.




    Les six parties du livre sont organisées autour des figures interrogées par David Thomson. Le premier Bilel, cherche à quitter l'Etat Islamique, et le journaliste retranscrit les échanges surréalistes entre le djihadiste et le consulat français, qui l'aide à passer en Turquie. Bilel, arrivé en Syrie au printemps 2014, a d'abord combattu avec les Marocains d'Harakat Sham al-Islam, lié au front al-Nosra (branche syrienne d'al-Qaïda qui depuis a changé de noms deux fois), puis, sous la coupe d'un autre djihadiste français, Abou Maryam, est passé à l'EI après la proclamation du califat le 29 juin 2014. Bilel, d'abord installé près d'al-Bab, assure, comme quasiment tous les Français, n'avoir jamais combattu : il était dans la logistique. Les frappes aériennes de la coalition, le durcissement de la position turque à l'égard de l'EI mettent pour ainsi dire Bilel au chômage : rapatrié à Raqqa, avec sa femme qui est venue de France pour se marier avec lui, Bilel constate que l'EI n'est pas très populaire auprès des Syriens. L'événement qui précipite la rupture, ce sont les attentats de Paris. C'est alors que Bilel décide de faire défection.

    Yassin, lui, a été blessé trois semaines après son arrivée en Syrie, en septembre 2014. Il a été envoyé au front à Deir-es-Zor, un vrai Stalingrad de la guerre en Syrie. Depuis l'été 2014, le régime syrien tient une poche autour de l'aéroport militaire, seul bastion qui lui reste dans l'Est, encerclé de territoires contrôlés par l'EI qui cherche absolument à réduire cette flèche qui lui perce le  flanc. Presque trois ans d'offensives sans succès majeur (et où de nombreux Français ont été tués), même si la dernière, en janvier 2017, a réussi pour la première fois à couper la poche du régime en deux tronçons. Gravement blessé, Yassin est soigné dans des conditions sommaires à Mayadin, au sud de Deir-es-Zor, un bastion de l'EI près de la frontière irakienne. La famille de Yassin prend une décision folle : partir le chercher, les parents et ses deux soeurs ensemble. Pour déjouer la paranoïa des emnis, le service de renseignements et de contre-espionnage de l'EI (Amniyat), les deux parents jouent sur le fait qu'ils sont médecins, profession dont l'EI a le plus grand besoin. La famille parvient à rentrer en Syrie (ce qui montre au passage le réseau installé par l'EI en Turquie), le père retrouve Yassin à Mayadin. Pour sortir, il faut un temps jouer la comédie à Raqqa. Les parents y voient des choses étonnantes, comme ces médecins venus de Damas, payés par l'EI pour soigner à Raqqa, qui arrivent pourtant de zones contrôlées par le régime syrien. S'ensuit une évasion rocambolesque, qui manque plusieurs fois de tourner au drame.

    Zoubeir est un cas rare : c'est un repenti qui essaie de prévenir les départs en France. Il ne croit pas à la déradicalisation mise en oeuvre en France : ce qui l'a dégoûté, c'est le contact avec la réalité de l'EI, sur place, où ils voient les Français importer leur comportement des cités, les écarts entre le discours et la réalité. Devant la force de frappe de l'organisation sur les réseaux sociaux, David Thomson estime que le programme de contre-discours, avec Stopdjihadisme, est une goutte d'eau dans l'océan. C'est sans doute vrai : pour autant, un effort assez net a été fait par Twitter, par exemple, sur les contenus djihadistes. Les photos et les vidéos militaires, pour ne prendre que cet exemple que je connais  bien, sont beaucoup plus difficiles à trouver aujourd'hui qu'à l'été 2015 (on les trouve encore, mais en, cherchant) ; les compte pro-EI sont davantage signalés et suspendus qu'auparavant. Bref, on progresse. Dans le cas de Zoubeir, ce qui est intéressant, c'est qu'il ne vient pas comme beaucoup d'un milieu social modeste : mais comme de nombreux autres djihadistes français, il est passé d'abord par le salafisme quiétiste qui selon lui a préparé sa radicalisation et son basculement dans le salafisme djihadiste. En même temps, il incarne aussi le phénomène "d'islamisation de la révolte radicale" décrit par certains chercheurs. Zoubeir passe aussi par al-Qaïda avant de rejoindre l'EIIL. La recherche de femmes par les djihadistes arrivés sur place est un moteur puissant : Zoubeir raconte ainsi l'histoire de ces conversations avec une ancienne prostituée convertie à l'islam, ou d'une adolescente de 15 ans qui arrive très rapidement sur la zone. Il estime que le "LOL djihad" de ses camarades est en fait la simple islamisation de pratiques existant en France précédemment, comme les codes des cités : une revanche sociale en quelque sorte. A partir de 2014, avec la fitna entre djihadistes et l'intervention de la coalition, Zoubeir, écoeuré, décide de déserter. Mais une fois en prison, en France, à Fleury-Mérogis, il retrouve des camarades ou des aspirants au départ qui s'endurcissent dans leurs convictions. Il est dans la même cellule qu'Adel Kermiche, un des assassins du prêtre Jacques Hamel à Saint-Etienne-du-Rouvray en juillet 2016 : Zoubeir trouve Adel, qui n'a jamais été en Syrie, encore plus fanatisé que les djihadistes qui y ont été. Certains détenus diffusent même dans la prison, via des haut-parleurs, les anasheed (poèmes chantés guerriers, systématiquement intégrés dans les vidéos de combat par exemple) de l'EI ! Les prisons sont une étape du cursus djihadiste. Mais souvent, les djihadistes voient surtout des délinquants de droit commun chercher une justification religieuse à leur comportement. L'hostilité à l'Etat français rassemble cependant tout le monde, jusqu'aux Basques ou aux Corses terroristes, et l'hostilité contre l'institution pénitentiaire aussi. Le problème reste entier : rassemblés, les détenus djihadistes peuvent s'organiser, dilués, ils conservent une influence nuisible sur les autres. Pour Zoubeir, le djihadisme a tout à voir avec l'islam, et a donc bien une essence religieuse : c'est pour cela qu'il tente de couper les ponts avec la religion.

    La quatrième partie du livre est consacrée aux femmes. Elles sont nombreuses à être parties, moins nombreuses à être revenues. Comme le souligne le journaliste, elles ont plus été perçues comme victimes que comme une menace, du moins jusqu'en 2016. Avec l'attentat raté de septembre dernier en plein coeur de Paris, les choses ont un peu bougé. Safya, l'une des revenantes de David Thomson, a quitté l'EI en raison de la naissance de son bébé, et pas pour des raisons idéologiques. Elle ne regrette quasiment rien de son séjour à Raqqa, ni de ses convictions ; c'est seulement après les attentats de Paris qu'elle revient à un salafisme quiétiste. Même topo pour Lena, deuxième revenante, qui évoque l'insistance des femmes à perpétrer, sur place, des opérations kamikazes, au même titre que les hommes. En fait, aucune activité n'est prévue pour les femmes, mais les revenantes expliquent que le tabou sur la femme combattante, au sein de l'EI, finira par sauter, nécessité oblige. L'expérience de la brigade féminine de la hisbaà Raqqa, pourtant, avait fait long feu. Plus grave, Lena témoigne aussi de l'inutilité des programmes de déradicalisation, après le retour en France. Si les femmes présentent souvent des parcours chaotiques, l'explication de la violence sexuelle ou d'autre forme de traumatisme n'est pas suffisante, comme le montre les exemples du livre. Les facteurs sont multiples, et les femmes partent en toute connaissance de cause. Sur place, elles enchaînent les mariages, car l'espérance de vie des combattants est courte. Dans l'intervalle, elles passent par les maqqar, ces maisons d'attente qui sont conçues pour les pousser à sortir, par le mariage, au plus vite, comme celle de Raqqa tenue par Oum Adam, figure historique du djihad. Elles côtoient les Yézidies, esclaves à tout faire. Dans les mariages, le racisme ordinaire trouve aussi sa place dans l'EI, contre les Asiatiques ou les Noirs.

    La cinquième partie revient sur deux cas masculins. Kevin, catholique converti, avait rejoint Forsane Alizza, groupe dissous après l'affaire Merah en 2012. Avec son épouse, il part en Syrie, et il rejoint l'EIIL dès sa naissance au printemps 2013. A Raqqa, il croise de nombreux Français, dont de futurs membres des commandos du 13 novembre. En 2016 pourtant, avec 4 femmes et 6 enfants, il décide de partir, à cause de la situation militaire qui se dégrade -lui-même refusant de combattre. Toute la famille finit par passer en Turquie, où Kévin est détenu avant d'être transféré récemment en France. Quentin, lui, est passé par la filière d'Omar Diaby à Nice, dont il était déjà beaucoup question dans le premier livre de David Thomson de mars 2014. Entre 2013 et 2016, une centaine de personnes au moins sont parties depuis cette ville, pourtant dirigée par un maire qui ne cachait pas ses sympathies pour le "tout sécuritaire", et qui a connu un attentat meurtrier l'an passé. Ancien délinquant converti à l'islam radical, Diaby, alias Omsen, a étendu son emprise sur les quartiers. Il étend encore son influence avec Internet et ses vidéos Youtube : avec Mourad Farès à Lyon, il est la figure majeure du djihad français en 2012-2013. Farès rejoint l'EIIL ; Quentin également, mais il en sortira très vite, car il arrive juste avant le déclenchement de la fitna, début 2014, l'offensive rebelle anti-EI à laquelle va se joindre aussi le front al-Nosra, l'autre formation djihadiste qui attire alors les Français. Omar Diaby arrive et choisit de se détacher de l'EIIL ; pour autant, al-Nosra n'est pas prête à l'accueillir. Farès, réfugié en Turquie, finit par se rendre à la DGSI à l'été 2014. Diaby, qui s'est un temps fait passer pour mort, continue de survivre en roue libre, sans qu'on sache si al-Nosra l'a réellement coopté. Fin assez piteuse pour celui qui a entraîné des dizaines de candidats djihadistes en Syrie. Il a pourtant réussi à attirer vers lui en 2016 l'un des deux adolescents dont le court départ avait fait grand bruit dans les médias : c'était juste avant la parution du premier livre de David Thomson, en janvier 2014.

    La dernière partie est consacrée à ceux qui ne sont pas revenus. Abou Mujahid est à Mossoul. Il fait partie du dernier carré, les fanatiques endurcis qui resteront jusqu'au bout. L'EI, sur la défensive, avait appelé à frapper les pays de la coalition, appel renouvelé par Al-Adnani (avant sa mort) en mai 2016. Frapper la France, les djihadistes français de l'EIIL y pensaient déjà, du moins pour certains (pas tous), si l'on se rappelle bien le premier livre de David Thomson : les frappes aériennes ont servi de prétexte. Plus intéressant, pour justifier ces actes, Abou Mujahid évoque le passé colonial de la France. Il a pourtant un profil atypique : ancien petit dealer et rappeur de Montreuil, il bascule dans l'islam radical dans une mosquée où se regroupent des aspirants au djihad. Un parcours qui rappelle celui de Deso Dogg en Allemagne. Abou Mujahid est à Mossoul ; d'autres sont à Raqqa, un petit groupe surtout originaire du sud-ouest, autour de Toulouse, souvent des vétérans du djihad irakien après l'invasion américaine. Ce sont eux qui pilotent la propagande française de l'EI : Dar-al-Islam, al-Hayat, bulletins radios sur Al-Bayan, et présence sur les réseaux sociaux, aussi. A Mossoul, le voisin d'Abou Mujahid n'est autre que Rachid Kassim, le Franco-Algérien de l'EI qui est derrière la plupart des attaques, réussies ou ratées, en France, de l'année 2016. David Thomson évoque aussi les anciens militaires français passés au djihad. Outre un bourreau psychopathe, qui aime tuer, on trouve le plus discret Abou Souleymane, légionnaire déserteur, qui a dirigé sa propre katiba, ce qui n'est pas un bon signe. Ou Younès le déserteur, ancien des commandos paras, focalisé uniquement sur le combat, très critique d'ailleurs de la propagande de l'EI, tombé au combat début 2016 près d'Alep.

    En conclusion, le journaliste souligne que l'année 2012 a été un déclic : avec une propagande djihadiste sophistiquée, un théâtre d'opérations alors facile d'accès, une utilisation quasi normale des réseaux sociaux, un sentiment de frustration et d'humiliation en France, des personnes trouvent une revanche sociale, un statut, une dignité, comblent un vide religieux, aussi, dans le djihad. Celui-ci est l'occasion d'expier les fautes passées. Les djihadistes sont surtout issus des milieux populaires, de Seine-Saint-Denis, des Yvelines (avec le cas particulier de Trappes), des Alpes-Maritimes, de Haute-Garonne. Outre le cas de Nice, déjà évoqué, Lunel, Nîmes, Roubaix ont aussi leur contingent de djihadistes. Les solidarités amicales jouent beaucoup. Il y a une djihadisation de la délinquance, que l'on retrouve dans les auteurs des attentats en France, mais beaucoup moins dans le contingent français actif en Syrie, ou dans les prisons. Pour David Thomson, on trouve en gros 70% de djihadistes issus de milieux musulmans conservateurs, et 30% de convertis. Souvent, les familles présentent des particularités ou des problèmes qui ont pu favoriser le processus : couples mixtes sur le plan religieux, absence d'un des parents (souvent le père), etc. Les violences sexuelles et les antécédents psychiatriques sont loin d'épuiser tous les cas : on a vu que les femmes sont consentantes à leur départ, et parfois plus radicales encore que les hommes. Si le niveau d'instruction est bas, celui de l'engagement religieux et politique est très élevé. Alors que l'EI, sur la défensive, n'appelle désormais plus à le rejoindre, mais à commettre des attentats sur place, le danger est donc toujours plus présent.

    Comme le précédent, le livre de David Thomson est fort utile. La collection de témoignages permet d'infirmer un certain nombre de lieux communs sur les motivations des djihadistes, ce qui était déjà le cas du premier ouvrage, avec ici, en plus, la dimension féminine qui est mieux traitée. Il permet d'appréhender le phénomène de l'intérieur. Il faut donc prendre le livre pour ce qu'il est : un travail de journaliste, à la source, et qui donne des informations pratiques sur les djihadistes français de l'EI en particulier. C'est aux chercheurs, analystes, et autres spécialistes, ensuite, de remettre ce travail en perspective, de le recouper avec d'autres sources, et de prolonger ce recueil, en forme de matière première, pas complètement brute, déjà dégrossie par le travail du journaliste.

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    L'auteur de cet ouvrage, Frédéric Pichon, est bien connu sur les réseaux sociaux quand il est question du conflit syrien. Vindicatif, agressif, surtout quand l'interlocuteur n'est pas de son avis, il n'hésite pas à déformer les propos de son vis-à-vis pour mieux marteler son message de soutien au régime Assad et à ses alliés, dont il ne s'est jamais vraiment caché. J'ai dû le bloquer sur Twitter en raison d'un de mes tweets détourné par lui, suivi d'une non moins creuse discussion sur le fil -ce qui arrivé à d'autres, au demeurant.

    J'avais déjà lu ce livre, reçu en service presse il y a longtemps, avant de voir F. Pichon "en action" sur Twitter. Je l'ai relu pour en dresser la fiche de lecture. Mon avis n'a pas vraiment changé quant au contenu. On peut du reste admirer le site très fourni de l'auteur ici.

    Le sous-titre donne le ton : il ne s'agit pas d'un ouvrage scientifique (l'auteur est pourtant chercheur, a soutenu une thèse sur la Syrie), mais d'un véritable pamphlet, appuyé par l'exorde du journaliste du Figaro. En résumé : la France a été en-dessous de tout, parce qu'elle aurait jeté aux orties le régime Assad, croyant à sa chute prochaine, alors "qu'il incarne à lui seul tout l'appareil étatique" (sic). Au lieu de donner des leçons de morale, la France aurait dû soutenir la Russie (re-sic). Une fois le ton du pamphlet posé, il n'y a pas grand chose à rajouter, malheureusement

     

    Dès l'introduction, Frédéric Pichon commence très fort en minimisant l'incident de Deraa, en mars 2011, qui lance la contestation en Syrie, avec une seule référence à l'appui. On attendait peut-être quelque chose d'un peu plus "musclé". C'est à l'image de l'appareil critique de tout l'ouvrage, singulièrement faible : 36 notes de bas de page en tout, dont 10 sans références, et aucune bibliographie, soit en gros 20 références (certaines se répètent dans les notes) pour 130 pages. Autant dire que c'est très léger, d'autant que les références citées ne sont pas des meilleures, on le verra. Sur un sujet aussi débattu que le conflit syrien, on espérait mieux. Frédéric Pichon minimise également les manifestations en Syrie (certes Alep et Damas n'ont pas bougé immédiatement, mais il y a eu des manifestations dès 2011...) et appuie sur l'armement des rebelles syriens pendant les tous premiers mois, évoquant les soldats du régime tués mais pas la répression féroce exercée par le régime dès le début ou presque. Une autre des idées maîtresses de l'auteur, c'est que la France a écarté "les vieux de la vieille" de la diplomatie ou de l'action sur le terrain (auxquels il semble s'identifier) pour favoriser une nouvelle génération de responsables incapables, commençant dès la p.14 des invectives à l'encontre de personnes jamais nommées ou presque, mais dont on devine les noms quand on connaît un peu le sujet. On rejoint l'attitude que je décrivais en introduction. Finalement, plus que la faute au régime, c'est la faute à la France, qui a laissé faire les pays du Golfe -autre mantra de F. Pichon-, le tout mâtiné d'une posture de "victime" de la bien-pensance et de l'étiquette de "pro-Assad" qu'on lui aurait collé... La faute aussi aux politiques, ces incapables dénoncés par F. Pichon.

    Le premier chapitre sur la présentation de la Syrie continue sur cette lancée. Le soulèvement syrien ? Le fait des régions périphériques, de potentats locaux pressés de se débarrasser du poids pesant du Baath, de même que le secteur informel et la mafia locale, comme à Deraa et Homs, épicentres de la contestation. F. Pichon rappelle d'ailleurs que Deraa était un nid à djihadistes allant faire leurs armes en Irak sous l'occupation américaine -bizarrement, il ne dit pas pourquoi le régime laissait faire à l'époque. La prise de pouvoir par les alaouites ? Une simple captation par ascension sociale depuis le début du mandat français. Sauf que ce ne sont pas tous les alaouites qui sont au sommet, mais bien une asabiyya, terme que l'auteur tord pour coller à son propos. Mais après tout, Assad arrive au pouvoir en 1970 "sans effusion de sang" (p.32). Le massacre de Hama (plusieurs dizaines de milliers de mort probablement, bien qu'on ignore le chiffre précis) ? La faute aux attentats des Frères Musulmans... finalement, les alaouites ressentent juste un complexe de "citadelle assiégée" devant la menace sunnite. Et Frédéric Pichon d'en rajouter sur la non-participation au soulèvement des villes sunnites (Damas, Alep), engoncées dans leur bourgeoisie, et participant presque plus que les alaouites à la corruption et à la captation de l'économie sous l'ère Assad. Le soulèvement de 2011, quant à lui ne serait dû qu'aux IDE investis par les pays du Golfe dans les années 2000, notamment dans les mosquées et les madrasas (F. Balanche, auteur qu'affectionne F. Pichon, dans son Atlas du Proche-Orient, dit pourtant que les investissements des pays du Golfe sont somme toute limités avant 2011), et au rôle d'al-Jazeera et du Qatar qui auraient enflammé les foules à coups de discours islamistes. D'où l'arrivée de ces "brigades internationales" de djihadistes (re-re-sic), dont F. Pichon oublie le pendant côté régime ; mais après tout, les djihadistes s'entretuent à la façon des staliniens et du POUM en 1937 (p.42), c'est évidemment plus intéressant que d'expliquer que e régime doit beaucoup à l'intervention étrangère.

    Le chapitre 2 commence avec une expression que l'auteur répétera souvent au fil des pages : psittaciste. Action de répéter sans réfléchir. C'est un peu ce que fait F. Pichon dans son livre, pourtant. D'ailleurs, p.44, arrive aussi une référence qui va également se répéter dans les trop rares notes : le C2FR... Il s'agit de montrer que le soulèvement syrien a été orchestré par des ONG américaines, main clandestine du gouvernement des Etats-Unis, à l'image des "révolutions de couleur". L'auteur nous explique aussi qu'à Banyas et Lattaquié, en mai 2011, les blindés, et un navire de guerre dans le second cas, ne sont utilisés seulement parce que le régime rencontre un arsenal impressionnant côté rebelles (pourquoi s'en servir sinon ? Il est vrai que les états de service du clan Assad plaident en leur faveur). Argument d'autorité qui n'est appuyé... sur rien. De même, le traitement médiatique est biaisé, d'après lui : al-Jazeera connaît la musique, selon l'auteur, qui se fait un plaisir de décortiquer une séquence de combat probablement montée (mais sans aucune référence à l'appui), oubliant de nous parler de la propagande du régime. Et Frédéric Pichon d'en rajouter sur les premiers attentats suicides, probablement le fait d'al-Nosra, tout juste créé, et que les rebelles attribuent parfois au régime. Sur l'attentat du 18 juillet 2012 contre des dignitaires du régime, en revanche, les choses semblent un peu plus compliquées que ne l'explique (sans aucune référence encore une fois) l'auteur, et on ne peut écarter l'hypothèse d'un règlement de comptes à l'intérieur du régime. La compassion de F. Pichon est bien sélective : oui, les rebelles ont commis des crimes de guerre, ont tiré sur des quartiers civils, mais les chiffres parlent d'eux-mêmes, et l'auteur ne nous en dit rien. Le régime a massacré la population syrienne sur une échelle qui n'a rien à voir avec les exactions des rebelles -et même avec celles de l'EI. L'indignation morale de l'auteur n'a donc ici que peu de poids, d'autant qu'elle ne s'appuie pas sur aucune source (sans même parler de sources de référence...).

    Le chapitre 3 est consacré aux relations entre la Russie et le régime Assad. On sourit à l'évocation de ces chars T-74 p.68 (aucun char soviétique ne porte ce numéro ; il y a par contre un char japonais, le Type 74, auquel pensait peut-être F. Pichon...). La Russie ne fait qu'armer la Syrie de manière défensive (re-re-re-sic) ; après tout les rebelles ont bien reçu des Stinger par caisses entières dès 2012, comme en Afghanistan (p.69). Et puis, dès 2012, les premiers djihadistes arrivent... F. Pichon n'a pas forcément tort : oui, beaucoup de Libyens et de Tunisiens sont venus se battre en Syrie dès 2012 ; étaient-ils tous des djihadistes ? Pas certain, ce qui se voit aux formations qu'ils ont rejoint sur le terrain -alors que le front al-Nosra s'impose progressivement dans l'insurrection cette année-là, et que l'EIIL, ancêtre de l'EI, n'existe pas encore. Et F. Pichon de reprendre les attaques personnelles anonymisées, bien sûr (2, p.76, un nom apparaît p. 79, enfin, J.-P. Filiu) et de nous parler des pertes du régime, mais pas des autres. Après tout, l'EIIL, la rébellion, sont financées par l'Arabie Saoudite, avec l'accord de la France, qui a laissé se créer un "nid à djihadistes" en Syrie.

    C'est que la France a pris le relais des néoconservateurs américains pour la bêtise, d'après F. Pichon, braquant tout le monde, jusqu'aux Américains, et faisant fi d'une diplomatie conçue pour discuter avec nos ennemis. Et l'auteur de consacrer 10 pages (p.86-96, sur un livre qui n'en compte que 120 de lui, ce n'est pas rien) au Qatar, auquel la France serait pour ainsi dire asservie. En plus, le vrai "Munich" (p.98) de la France, c'est d'avoir abandonné les chrétiens de Syrie, dont l'auteur reconnaît du bout des lèvres qu'ils ont très majoritairement partisans du régime -et de plus en plus dans l'action armée. Pas très loin de Maaloula, d'ailleurs, dont F. Pichon parle beaucoup, il y a la terrible prison de Sednaya, dont on comprend bien pourquoi il n'en parle pas -Assad y a beaucoup torturé, exécuté et pendu, comme le confirme un rapport récent d'Amnesty International. Et F. Pichon de s'affoler pour Kessab, prise par les rebelles en mars 2014 (F. Balanche, lui, parlait même d'un "deuxième génocide arménien" orchestré par la Turquie)... le tort de la France, c'est aussi de ne pas avoir choisi des rebelles "cooptés" par le régime. On n'en finit plus des "sic".

    Les Russes, finalement, sont des "réalistes" en matière de politique étrangère. Ils ont été "traumatisés" par l'expérience tchétchène. Dont acte : la France n'a rien compris. Le clou, c'est sans doute la pseudo-démonstration sur les attaques chimiques du 21 août 2013 : non, le régime n'avait rien à y gagner (alors qu'il a lancé une contre-attaque immédiatement après, et par la négociation, a pu continuer à loisir ses offensives avec armes conventionnelles, utilisant même du chlore par la suite, moins repérable que le sarin). Et F. Pichon, sur cet événement sensible, ne cite aucune source ou presque : arguments d'autorité, de nouveau. Assad, de toute façon, est la seule alternative. Quand on sait qu'il a fallu l'intervention directe de la Russie pour sauver le régime, encore une fois, en septembre 2015, le propos a de quoi faire sourire.

    L'Occident s'est-il trompé ? Peut-être. En tout cas, Frédéric Pichon, lui, ne trompe personne. Celui qui prétendait encore en juillet 2016 que jamais les rebelles syriens n'arriveraient à lever le blocus établi à grand peine par le régime autour d'Alep -avant d'être démenti pour un temps quelques jours plus tard- fanfaronne à mesure que le régime syrien, porté à bout de bras par ses alliés étrangers, s'impose comme un acteur incontournable du règlement du conflit. A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire, a-t-on coutume de dire. Sans psittacisme bien sûr.

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    Titre : Des clients, pas des chefs religieux

    Durée : 23 minutes 23 secondes.

    Lieu(x) : Mossoul. Dans la séquence 4, le 1er VBIED explose dans le quartier d'al-Intisar (sud-est) ; le 2ème explose dans le quartier de Muthana (nord-est) ; le 3ème à Bahwiza (nord-est) ; et le 4ème à al-Furqan (centre-est).

    Date (sûre par recoupement ou estimée) : la vidéo a été mise en ligne le 9 février 2017. Un des kamikazes de la séquence 4 s'est fait sauter le 7 janvier, un autre le 12 janvier. Certaines images de combat correspondent à des vidéos Amaq des 5,10 et 13 janvier.

    Type de vidéo : c'est une vidéo mixte, mêlant quelques images de combat et de VBIED à de la propagande.

    Découpage (séquences) :

    1 : 16''-3'38'', dénonciation de clercs sunnites « apostats ».
    2 : 3'38''-8'34'', discours de jeunes combattants, victimes civiles des bombardements.
    3 : 8'34''-10'13'', hommage aux cadres décédés de l'EI.
    4 : 10'13''-15'55'', VBIED.
    5 : 15'55''-16'56'', discours d' Abu Abd Albar Al Iraqi.
    6 : 16'56''-18'11'', séquence variée.
    7 : 18'11''-23'23'', propagande.



    Forces attaquées/adversaires : dans la séquence 4, 2 fantassins avec AK, dont une avec chargeur tambour, tire sur un EC-635 de l'aviation irakienne.



    Effectifs engagés : groupes de combat d'une dizaine d'hommes.

    Moyens d'appui utilisés (canons, mortiers, armes artisanales...) : néant.

    Véhicules utilisés (chars, véhicules blindés, technicals...) : dans la séquence 4, on voit un Hilux avec ZPU-2 en tir antiaérien.



    Dans la séquence 7, un Land Cruiser avec bitube ZU-23 ouvre le feu, il y a un Hilux avec KPV.



    Kamikazes (identité) :

    1 : Sheikh Abu Bilal Al Misri (Egyptien)



    2 : Abu Zaid Al Azeri (Azéri)

    3 : Abu Omar Al Maslawi (Irakien, Mossoul).

    4 : Abu Noor Al Iraqi (Irakien).

    Véhicules kamikazes (types, impact) :

    1 : Humvee de la Golden Division renforcé de plaques de blindage, blindage SLAT sur le sommet de la tourelle (on ne voit pas l'explosion).



    2 : pick-up avec blindage improvisé. Explose près d'un Humvee et d'un bâtiment abritant des soldats irakiens.

    3 : 4x4 SUV blanc avec blindage artisanal. Explose au milieu de véhicules et de soldats irakiens.

    4 : Abu Omar Al Maslawi explose au milieu d'un regroupement de véhicules (Humvees et un MaxxPro).

    5 : Camion, explose entre 2 Humvees.

    Armes légères et lourdes (fusils d'assaut, mitrailleuses, RPG, etc) - groupes de combat et leurs tactiques : dans la séquence 4, les combattants de l'EI tirent dans les rues avec AK-47, AKM, AKMS. On voit aussi 2 tireurs PK dont un porte en plus une AKMS. Plus loin un autre tireur PK a également une AKS-47 avec embout de lance-grenade ou silencieux dans le dos. Un autre combattant porte un M-16, un fantassin 2 AK-47/AKMS.

    Dans la séquence 7, parmi les nombreux fantassins qui tirent, un porte le drapeau de l'EI sur le dos. On voit également un mitrailleur avec une M240.




    Destructions de véhicules adverses : néant.

    Butin matériel : néant.

    Morts/prisonniers/blessés adverses : néant.

    Morts/blessés de l'EI : néant.

    Effets visuels/montage/techniques de propagande : la louange à Allah est suivie de la mention Islamic State et du logo de la wilayat sous-titré en anglais.

    Dans la séquence 1, l'EI qualifie « d'apostats » toute une série de dignitaires religieux sunnites : Youssef al-Qardaoui (théologien d'origine égyptienne, vivant au Qatar, qui intervient sur al-Jazeera, condamné à mort par contumace par l'Egypte en raison de ses liens avec les Frères Musulmans), Salmad Al Ouda (un clerc saoudien qui intervient fréquemment à la télévision saoudienne et dans la presse), Mohamed Hassan (chef salafiste égyptien), Abd Al Aziz Al Fawzan (un clerc saoudien), Aly Jomaa (clerc et juriste égyptien, grand mufti d'Egypte entre 2003 et 2013), A'ath Al Qarni (clerc saoudien qui a peut-être été victime d'une tentative d'assassinat inspirée par l'EI en mars 2016 aux Philippines), Mahdi Al Samidai (un cheikh irakien), Abdul Latif Al Hamim (un clerc sunnite irakien), Ahmad Badreddin Hassoun (grand mufti de Syrie depuis 2005, qui collabore avec le régime syrien), Ahmad al-Kabissi (prédicateur et religieux sunnite irakien), Mohamad Said Raslan (cheikh salafiste égyptien très hostile aux Frères Musulmans), Ali Hasan al-Halabi (cheikh salafiste jordanien), Yassir Barhami (clerc salafiste égyptien), Saleh Al Maghamsi (clerc saoudien, imam d'une mosquée de Médine), Sa'ad Al Shatri (clerc saoudien), Sadiq Al-Ghariani (grand mufti de Libye depuis 2012), Sa'ad Al Barik (cheikh saoudien). Un tweet de ce dernier (20 février 2014) sur des crimes commis par l'EI est inséré dans la séquence. L'EI utilise une citation de Ibn Qayyim al-Jawziyya (1292-1350), un juriste et mufti sunnite rattaché à l'école hanbalite, originaire de Damas, très influencé par Ibn Tamiyya, une des références classiques de l'EI : « On parle ici de savants corrompus qui sont sur les portes du paradis appelant les hommes à travers leurs mots mais leurs actions les guident vers le feu de l'enfer. A chaque fois que leurs mots appellent le peuple au Paradis, leurs actions ne sont pas confirmées par leurs mots. Si ces mots étaient vrais, ils les auraient suivis eux même. Ils semblent être des savants mais en réalité c'est des bandits de grand chemin. », pour discréditer ces clercs sunnites.

    Dans la séquence 2, l'EI fait parler un combattant assez jeune, Abu Raqiya Al Shami (Syrien), pour discréditer encore davantage les clercs sunnites évoqués précédemment. Des photos des clercs environnés de flammes, ou discutant avec des hommes politiques américains, comme John Kerry, sont insérées au milieu du discours du combattant. On voit plus loin des images de rebelles syriens (13ème division de l'ASL) et de victimes de bombardements de la coalition dans les zones tenues par l'EI (enfants, un bébé en particulier). Suit le discours d'un autre combattant assez jeune, Abu Nouris Al Iraqi (Irakien). On revoit la photo d'un des clercs environné de flammes, de même qu'une autre d'Erdogan (le combattant fait référence au front d'al-Bab et au bombardement turc des quartiers tenus par l'EI où se trouvent des civils).




    Dans la séquence 3, l'EI fait l'éloge de ses chefs « historiques » : Zarqawi, Abu Omar al-Baghdadi, Abu Hamza al-Mujahir, Abu Anas Al Shami (compagnon de Zarqawi, mentor d'al-Adnani, tué par les Américains en septembre 2004), Abu Abdullah al-Muhajir (tué en novembre 2016 par une frappe américaine), Abu Ali al-Anbari (tué par un raid des forces spéciales américaines en mars 2016), al-Adnani, Abu Malik Al Tamimi (clerc de l'EI tué en mai 2015). La séquence se conclut par deux photos inédites d'Abu Ali al-Anbari.



    Dans la séquence 5, l'EI fait à nouveau parler un jeune combattant, Abu Abd Albar Al Iraqi (Irakien), sur fond de photos des clercs « apostats » environnés de flammes.



    Dans la séquence 7, Abu Maria Al Iraqi prend la parole, suivi d'Abu Zeinab Al Iraqi. Les deux hommes semblent évoquer un sheikh tué dans les combats de Mossoul, Faris Al Mawsili (Mossouliote), dont on voyait les dernières images et le corps dans la deuxième vidéo longue sur la bataille, « La promesse de Dieu », mise en ligne le 14 novembre dernier. On voit encore des photos des clercs sunnites environnés de flammes.

    Religion : dans la séquence 3, on voit 2 combattants lire le Coran.

    Dans la séquence 3, l'EI cite Sufyan ibn `Uyaynah (725-814), un érudit de La Mecque spécialiste des hadiths et de l'exégèse du Coran : apparemment une référence à la sourate de l'Araignée (al-Ankhabut), verset 69 : « Ceux qui combattent pour Notre Cause, Nous les guiderons assurément sur Nos sentiers, car Dieu est avec ceux qui s’appliquent à accomplir des œuvres salutaires. » .

    Dans la séquence 4, le Sheikh Abu Bilal Al Misri (Egyptien, porte une ceinture d'explosifs), avant son attaque suicide, fait un discours, sur fond de photos des clercs sunnites dénoncés avec des flammes ; on reconnaît aussi sur une photo Ammar al-Hakim, dirigeant chiite du Conseil Suprême Islamique d'Irak.

    Dans la séquence 6, l'EI incruste une citation du prophète : « Allah a élevé grâce à ce livre (le Coran) certaines nations et a descendu d'autres ». Il est question du Sheikh Ibrahim al-Nama'a, membre du Parlement irakien.

    La séquence 7 qui conclut la vidéo se termine avec un montage qui scande : « Tuez l'imamat de l'incrédulité ».

    Nasheeds (poèmes chantés) présents dans la vidéo :

    1 : ?

    2 : ?


    4 : 14'10''-16'03'' A'qululaha

    5 : 21'51''-22'56'' Hilafati gatda Jalla

    6 : 22'57''-23'23'' Come come

    Commentaires particuliers : cette 7ème vidéo longue sur la bataille de Mossoul, moins longue que les précédentes, est la première à ne pas être centrée sur les combats. On note aussi que les images de combat et de VBIED datent de début janvier : l'EI ne communique pas comme de coutume sur ses revers, ici la chute des quartiers Est. Il faut noter toutefois que dans les derniers combats, l'EI a engagé des technicals en tir tendu ou antiaérien, ce qui a été plutôt rare dans les quartiers Est. Il n'y a que 4 VBIED montrés, soit beaucoup moins qu'auparavant (2 Irakiens, 2 étrangers), et pas de drones armés, cette fois. Les VBIED eux-mêmes sont plus disparates. On remarque le mitrailleur avec M240, rarement vue entre les mains de l'EI à Mossoul. Ici, l'EI fait surtout œuvre de propagande : il jette le discrédit sur les clercs sunnites des pays environnants faisant partie de la coalition, met en contrepoint de jeunes combattants engagés dans le djihad, souligne les victimes civiles dues aux frappes aériennes. On insiste aussi sur les chefs tués au combat et les exemples de « martyrs » durant la bataille de Mossoul. Comme de coutume, le groupe appuie son discours sur des références religieuses précises.

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    La division Sultan Murad est le résultat d'une coalition de brigades rebelles constituées de Turkmènes, en décembre 2015. Les Turkmènes, minorité syrienne, ont rapidement formé plusieurs brigades dans l'opposition armée dans les provinces de Lattaquié et d'Alep, tandis qu'ils commençaient à se structurer politiquement. A partir de l'été 2015, alors que la Turquie s'engage plus nettement contre l'EI, l'appui américain puis turc à la brigade, puis division Sultan Murad est de plus en plus évident. La division Sultan Murad est cependant davantage alignée sur la Turquie : bien que combattant d'abord le régime, elle s'est aussi affrontée aux Kurdes de l'YPG/SDF, et à l'EI. Depuis le lancement de l'opération Euphrates Shield le 24 août 2016, la division Sultan Murad semble la figure de proue des rebelles regroupés derrière l'armée turque pour reprendre al-Bab. Bénéficiant de nombreux matériels fournis par Ankara, l'unité semble s'inscrire dans la logique « néo-ottomane » du président Erdogan.




    Historique


    La brigade Sultan Murad a été créée le 28 mars 2013. Elle est issue d'un groupe rebelle turkmène disparu depuis, Jabhat Ahfad al-Sultan. Elle est commandée par le colonel Ahmed Othman qui a fait défection de l'armée syrienne en 2012. Ce groupe rebelle recrute parmi les Turkmènes du nord de la Syrie, surtout dans la province d'Alep. Très présents dans la région côtière de cette dernière province, les Turkmènes, d'après la Coalition Nationale Syrienne, ont été victimes de discriminations culturelles de la part du régime syrien, notamment quant à la langue et à leur activité économique. Ils auraient joué un grand rôle dans les manifestations initiales en 2011 à Alep, Lattaquié, Homs (où 40% des résidents de Bab Amr seraient turkmènes) et Damas. Pourtant, un rapport du Syrian Network for Human Rights rapporte que le 25 octobre 2013, à Alep, la division Sultan Murad bombarde un monastère, celui de Wartan, situé sur la ligne de front, avec des mortiers.

    En fait, les Turkmènes syriens n'avaient pas d'organisation politique avant la révolution de 2011, et ont dû apprendre à en créer une à partir de cette date. En mars 2012, deux entités sont nées : le Bloc Turkmène Syrien (BTS) et le Mouvement Turkmène Démocratique Syrien (MTDS). Ces deux mouvements n'ont pas du tout les mêmes fondations. A cela s'ajoute la Plateforme Turkmène Syrienne (PTS), initiée par la Turquie, qui tente de chapeauter les mouvements turkmènes syriens. Le BTS trouve ses origines dans les Turkmènes syriens installés en Turquie ; initié dès août 2011, il naît formellement en mars 2012 et se base surtout sur les Turkmènes de la province de Lattaquié, dans la région de Bayir-Bucak. Le MTDS est une réponse au précédent et émane de Turkmènes syriens, également pour la plupart établis en Turquie, soucieux de politiser leur communauté en Syrie : il naît également en mars 2012 à Istanbul. Il opère surtout avec les Turkmènes de la province d'Alep. Le BTS défend l'idée d'un Etat syrien comprenant les Turkmènes, mais pas celle d'un fédéralisme : un Etat suffisamment fort pour contrer les tendances séparatistes, mais démocratique et laïc. Le programme est sensiblement même dans le MTDS, qui insiste pour que les droits des Turkmènes soit garantis dans une Syrie unie.

    A Lattaquié, la principale formation militaires regroupant les Turkmènes est la brigade de la Montagne Turkmène dirigée par le colonel Awad. A Alep, les brigades turkmènes sont principalement dirigées par Ali Basher, un Turkmène d'Alep : la brigade du sultan Mehmet le Conquérant, la brigade du Sultan Abdul Hamid, etc. Il y a aussi des unités turkmènes dans les provinces de Homs, Raqqa, Damas, Idlib et Tartous. Il y aurait au total 3,5 millions de Turkmènes en Syrie, sunnites à 99%, dont 1,5 millions qui ont conservé leur identité (et surtout la langue) turque. Finalement, une Assemblée Turkmène Syrienne est fondée à Ankara le 29 mars 2013, en présence du Premier Ministre turc Erdogan ; elle tient son deuxième congrès les 9 et 10 mai 2014.

    En 2014, après les négociations manquées de Genève II, les rebelles syriens attaquent dans le nord de la province de Lattaquié, à Kessab (opération al-Anfal) le 21 mars, à Khan Sheykhoun et à Alep. Dans cette dernière ville, les rebelles cherchent à desserrer l'étau du régime sur les quartiers Est. En effet, l'EIIL ayant été chassé d'Alep avec l'offensive rebelle lancée en janvier, le régime en a profité pour avancer à l'est d'Alep. Les rebelles tentent de mettre la pression sur les quartiers ouest de la ville tenus par le régime. La brigade Sultan Murad est engagée dans ces opérations. A cette époque, l'unité est commandée sur le plan militaire par Fehim Isa.

    En juillet 2015, la brigade Sultan Murad se bat toujours dans les quartiers nord et nord-est d'Alep contre le régime. En août 2015, la division accueille une défection du régime syrien. La Turquie négocie alors avec les Etats-Unis son entrée dans la coalition anti EI. Dans les zones rurales autour d'Alep, le front al-Nosra, après un accord avec les rebelles, évacue certaines positions pour être remplacé par certaines brigades, dont Sultan Murad, qui semble de plus en plus liée à la Turquie. Le 15 septembre 2015, la brigade Sultan Murad fait partie des signataires d'un accord sur le processus de paix initié par l'ONU. Elle est récipiendaire cette année-là de missiles antichars TOW, fournis par la CIA, ce qui dénote aussi d'un soutien américain. La brigade Sultan Murad est alors principalement concentrée sur le front d'Alep (autour d'Handarat, au nord de la ville), mais elle a aussi un contingent à Idlib qui participe à la capture de la ville de Jisr-al-Shughour au printemps 2015. Elle intègre la coalition Fatah Halab qui regroupe des groupes rebelles de l'ASL ou islamistes. A partir du 16 octobre, la brigade Sultan Murad doit se défendre, à Alep, contre la grande offensive lancée par le régime avec l'appui massif de l'Iran et de la Russie, qui a commencé son intervention directe dans le conflit le mois précédent. Les missiles TOW permettent de quelque peu contrebalancer le matériel déployé par les alliés du régime. En novembre, la brigade Sultan Murad combat dans la montagne des Turkmènes, au nord de la province de Lattaquié, où le régime mène aussi une nouvelle offensive fortement appuyée par la Russie. Le 8 décembre 2015, la brigade Sultan Murad fusionne avec d'autres brigades turkmènes, la brigade du Sultan Mehmet le Conquérant, la brigade du martyr Zaki Turkmani et la brigade Ashbal al-Aqeeda pour former la division Sultan Murad.



    En janvier 2016, l'armée turque commence à retirer les engins explosifs et mines posés par l'EI près de la ville frontière de Jarabulus, et en informe la division Sultan Murad qui éloigne les civils du secteur. En février 2016, à Alep, des combattants de la division Sultan Murad humilient et frappent 4 prisonniers d'une formation liée aux Forces Démocratiques Syriennes dominées par les Kurdes syriens de l'YPG. Pour l'Institute Study of War, la division Sultan Murad constitue alors un groupe influent à Alep, qui peut changer la donne côté rebelles. En mars, la division Sultan Murad semble conduire un échange de prisonniers avec l'EI. Elle affronte également un autre groupe rebelle, les brigades Nour ad-Din al-Zanki, après un différent, dans la ville d'Alep ; les deux groupes font alors pourtant partie de Jaysh Halab, nouvelle coalition créée à Alep en février autour d'Ahrar al-Sham. En avril, la division Sultan Murad est dans la liste des groupes accusés par l'YPG de bombarder le quartier kurde de Sheikh Maqsud, au nord d'Alep, faisant de nombreuses victimes civiles, depuis le mois de novembre précédent. Ce même mois, elle participe à l'offensive de la Hawar Kilis Operations Room au nord d'Alep pour marcher sur al-Raï, alors tenu par l'EI. L'opération qui démarre le 4 avril est soutenue par des bombardements de l'artillerie turque et des frappes aériennes de la coalition. Al-Raï est prise le 7 avril mais une contre-attaque de l'EI reprend la localité le 11, et menace de couper en deux la poche d'Azaz au nord d'Alep (formée après l'offensive du régime au nord-ouest de la ville d'Alep en février 2016, et adossée à la frontière turque). L'EI ne se retire que début juin, abandonnant par la même occasion le siège de Mare, en raison de la progression des SDF à l'Est vers Manbij. La division Sultan Murad participe à la bataille pour briser le blocus des quartiers Est d'Alepà partir du 31 juillet. Une interview du colonel Othman le 23 août, la veille de l'intervention turque en Syrie, explique que les rebelles de la division Sultan Murad ont du mal à progresser de nuit en raison des IED laissés par l'EI derrière lui au nord/nord-est d'Alep. Le lendemain, la division fait partie des 5 000 rebelles syriens qui appuient l'armée turque dans sa conquête de Jarabalus, tandis que l'EI commence à se retirer en direction d'al-Bab. Dès lors, la division Sultan Murad accompagne l'armée turque au sein de l'opération Euphrates Shield, dans sa descente vers Dabiq, puis al-Bab. Parallèlement, le 30 octobre, la division Sultan Murad participe à la dernière offensive pour lever le blocus d'Alep contre les quartiers ouest tenus par le régime, le 30 octobre : elle se bat dans le quartier de Zahraa. En novembre 2016, une source attribue à la division Sultan Murad 550 combattants à Alep et autour de la ville. Le 13 novembre, un commandant militaire de la division, Kemal Ömer Tilki, est tué dans les combats contre l'EI à l'Est d'Alep.





    Début 2017, le secteur déjà libéré par l'armée turque et ses alliés rebelles, dont la division Sultan Murad, au nord d'al-Bab, doit faire face à une recrudescence des VBIED. La formation constitue un des éléments rebelles les plus conséquents opérant sur le front d'al-Bab en soutien d'Euphrates Shield et fait partie des premiers élémentsà entrer dans la ville le 8 février 2017.













    Propagande et idéologie


    La brigade puis division Sultan Murad tire son nom d'un sultan ottoman : Mourad II, qui règne de 1421 à 1444, puis de 1446 à 1451 -et père de Mehmet II le Conquérant, le vainqueur de Constantinople, dont une autre brigade rebelle turkmène porte le nom. Mourad II consolide l'empire ottoman fragilisé par l'incursion de Tamerlan au début du XVème siècle : il étend notamment l'empire dans les Balkans et remporte la victoire de Varna (1444). Il tente sans succès un premier siège de Constantinople : l'entreprise sera menée à son terme par son fils Mehmet.

    Cette dimension ottomane, et turque, se retrouve sur le drapeau initial de Liwa al-Sultan Murad : la shahada, la profession de foi musulmane, est en blanc (ou jaune comme ci-dessous) sur fond rouge, couleur du nationalisme turc. Plus que l'islam, c'est donc bien la dimension turque, ottomane, qui domine le discours de l'unité. La division Sultan Murad, en revanche, reprend dans son logo les emblèmes de la révolution syrienne et de l'ASL : l'aigle, le drapeau noir-blanc-vert avec 3 étoiles rouges, avec le nom ASL et celui de la formation. On constate cependant que ce dernier logo n'est utilisé que dans le coin supérieur gauche des vidéos Youtube de l'unité (et la petite introduction de chaque vidéo), qui continue d'aborder sur ses véhicules le drapeau rouge avec la Shahada. C'est donc une dimension que d'aucuns pourraient qualifier de « néo-ottomane » qui semble dominer parmi les rebelles de la division Sultan Murad.




    Un montage de propagande du 9 décembre 2016 montre un rebelle sur un cheval, tenant le drapeau de la division Sultan Murad. Une photo du 11 février montre des combattants en prière à al-Bab sur le drapeau de l'unité.




    Le groupe dispose d'un site Internet, d'un compte Twitter en arabe et d'un autre en turc, et d'une chaîne Youtube pour diffuser ses vidéos. La page Facebook reprend le contenu Twitter essentiellement.


    Armement, matériel, tactiques


    L'analyse des productions vidéos de la division Sultan Murad entre novembre 2016 et février 2017 (bataille d'al-Bab, en gros) permet d'avoir un bon aperçu de son armement, de son matériel et de ses tactiques. L'infanterie est assez conséquente (le groupe revendiquait 1 300 hommes l'an passé) et la division Sultan Murad est sans doute l'élément rebelle le plus important en soutien de l'armée turque dans Euphrates Shield. La discipline de feu, qui paraissait relativement bonne en novembre, se dégrade en février -sans doute en raison de l'incorporation de jeunes recrues, à cause des pertes : on note d'ailleurs un « trou » dans les vidéos en décembre-janvier, au moment où les combats à al-Bab contre l'EI entraîne de lourdes pertes dans l'armée turque et sans doute aussi parmi les rebelles syriens. L'infanterie est armée d'AK, de PK, de SVD et de RPG-7. Les M-16 et autres américaines sont moins nombreuses : la division Sultan Murad semble davantage soutenue par la Turquie seule que par les Etats-Unis et la Turquie de concert, comme c'est le cas pour la division al-Hamza. On note quelques M240 et M249, mais aussi des Zastava M84. La Turquie semble fournir des Milkor MGL dont une photo montre un exemplaire le 6 février.Les technicals embarquent aussi au moins une M2HB, et une M240 à côté d'un ZPU-2, de plusieurs ZU-23, de KPV, de Type 77/85. Des 3 groupes rebelles que j'ai étudiés jusqu'ici opérant avec Euphrates Shield, la division Sultan Murad est celui qui a le plus reçu de véhicules de l'armée turque : pas moins de 8 ACV-15 AACP (numéros ****75, avec emblème du groupe sur l'avant ; 243768 ; 19*157 ; ****63 ; 238061 ; 196149 ; ****87 ; 238001) et au moins 2 automitrailleuses ZPT. La division Sultan Murad dispose aussi de moyens d'appui, dont des mortiers : une batterie de 3 mortiers de 82 mm (sans doute des M69 serbes), et 1 mortier de 120 mm (avec munitions de la compagnie bulgare Dunarit Ruse, un 46 dans un cercle sur les obus), un lance-missiles antichars Fagot utilisé dans un rôle antipersonnel, un lance-roquettes artisanal pour roquettes Grad de 122 mm, 2 mortiers M252A2 de 81 mm et 2 mortiers M120 de 120 mm, d'autres mortiers de 120 mm. En outre, la division Sultan Murad est ponctuellement appuyée par des chars M-60T Sabra ou Leopard 2A4 de l'armée turque.











    Le 9 novembre, la division met en batterie 2 mortiers de 81 mm et 2 de 120 mm. Un Land Cruiser avec ZU-23 ouvre le feu.

    Une vidéo du 11 novembre montre un ACV-15, un Land Cruiser avec ZU-23 et un autre avec ZPU-2 en action, une mitrailleuse PK.

    Dans une vidéo du 12 novembre, un ACV-15 frappé de l'emblème de la division et chargé de fantassins est suivi d'un technical avec M2HB, d'un Land Cruiser avec M240B et de pick-up bourrés de fantassins. Chose rare, plusieurs de ces derniers sont armés de M-16.

    Le 14 novembre, on voit les combats près d'al-Bab dans une vidéo. La division a un Land Cruiser avec ZPU-2, un autre avec ZU-23, un Hilux avec KPV, un ACV-15 AACP. Des fantassins sont embarqués à bord de ce dernier. Une autre vidéo montre les fantassins monter de nuit dans un ACV-15, et de longues colonnes de véhicules en mouvement. Les Land Cruiser avec ZPU-2 et ZU-23 ouvrent le feu.

    Le 17 novembre, une batterie de 4 mortiers (1 lourd de 120 mm et 3 moyens de 82 mm) tirent sur le quartier de Zahra, à l'ouest d'Alep.

    Le 20 novembre, un char M-60T Sabra de l'armée turque est filmé par les rebelles de la division détruisant un véhicule de l'EI à Qabasin.

    Le 22 novembre, la division Sultan Murad marche sur Qabasin (nord-est d'al-Bab). Elle aligne un ACV-15 AACP, un Land Cruiser avec ZPU-2, un autre avec ZU-23, un Hilux avec KPV, un Land Cruiser avec M2HB. A côté des habituelles PK, on remarque une Zastava M84 flambant neuve. Une autre vidéo montre un tir de missile Fagot sur des fantassins du régime à Alep.

    Le 24 novembre, la division bombarde le quartier de Zahra à Alep avec un mortier lourd de 120 mm.

    Le 27 novembre 2016, la division Sultan Murad tire avec un lance-roquettes artisanal des roquettes Grad de 122 mm sur les positions du régime à Alep. Une autre vidéo montre les opérations près d'al-Bab : on voit un Land Cruiser avec ZPU-2, un Hilux avec KPV, un Land Cruiser avec mitrailleuse Type 77/85. Dans une 3ème vidéo sur le front d'al-Bab, un Land Cruiser avec ZU-23 ouvre le feu ; les rebelles sont appuyés par un char M-60T Sabra de l'armée turque. Il y a aussi un Land Cruiser avec M240 et un Hilux avec PK.

    Le 11 décembre 2016, une vidéo filme la mise en batterie et le tir d'un mortier de 82 mm contre le quartier de Zahraa, à l'ouest d'Alep, tenu par le régime.

    Le 24 janvier, une vidéo montre les combats près d'al-Bab. En plus d'une automitrailleuse ZPT, on distingue un Land Cruiser avec KPV, un autre avec une M240, un autre avec ZU-23, un autre avec DSHK.

    Le 8 février, une vidéo montre un tireur PK et d'autres fantassins armés d'AK faire le coup de feu à l'entrée d'al-Bab. Une autre vidéo du même jour montre le déploiement de nombreux technicals et d'au moins 1 ACV-15. Un ZU-23 sur Land Cruiser entre en action. Parmi les fantassins, on voit un tireur PK et un tireur RPG-7 et un tireur d'élite sur SVD Dragunov. Dans une 3ème vidéo, un ACV-15, un KPV sur pick-up, un ZU-23 sur camion, une M2HB et une M240B sur Land Cruiser sont visibiles. Il y a aussi une automitrailleuse turque ZPT et des mitrailleurs avec M240 et PK. Une 4ème vidéo filme les combats à Bazah : on distingue une automitrailleuse ZPT, un ACV-15, un mortier moyen, un ZU-23 sur Land Cruiser, un autre sur camion Isuzu, un ZPU-2 sur Land Cruiser, une M240 sur Land Cruiser, une M2HB sur Land Cruiser, un KPV sur technical, des mitrailleurs sur PK et M240, un bulldozer.

    Une vidéo du 10 février montre une colonne de la division à l'ouest d'al-Bab. Celle-ci comprend un Land Cruiser avec ZU-23 et un ACV-15. Un Land Cruiser avec M2HB ouvre le feu de même qu'un ZU-23 sur camion léger Isuzu. Les rebelles sont aussi appuyés par un char Leopard 2A4 de l'armée turque. 2 mitrailleurs ont des M249.

    Le 11 février, une vidéo de la division montre un technical (M240B sur Land Cruiser), 2 ACV-15 AACP manipulés par les rebelles turkmènes, un Land Cruiser avec DSHK, un autre avec M2HB, un Land Cruiser avec KPV ou ZPU-2. Les fantassins embarquent dans les ACV-15. Un mitrailleur tire avec une M240. Ils exhibent un drapeau de l'EI capturé et déploient le leur en hauteur.

    Le 12 février, une vidéo montre les combats à al-Bab. La division Sultan Murad déploie une flotte de pick-up (Land Cruiser surtout) et technicals, et manipule au moins un ACV-15 AACP. Parmi les technicals, 2 ZU-23 bitube sur Land Cruiser et un KPV sur le même véhicule. Les fantassins, parmi lesquels un tireur RPG-7 et un tireur PK, montent sur les silos d'al-Bab et y déploient le drapeau de leur formation.


































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    Titre : Prenez exemple sur leur ligne de conduite.

    Durée : 26 minutes 44 secondes.

    Lieu(x) : Mossoul et ses environs.

    Date (sûre par recoupement ou estimée) : la vidéo a été mise en ligne le 14 février 2017. La photo du 2ème adolescent kamikaze yézidi a été publiée par l'EI le 14 décembre 2016, deux mois avant cette vidéo. Il est probable que les 6 kamikazes montrés dans cette vidéo correspondent pour la plupart à la période de la bataille avant la chute des quartiers Est.

    Type de vidéo : c'est une vidéo thématique consacrée aux kamikazes sur VBIED.

    Découpage (séquences) :

    1 : 13''-2'11'', introduction.
    2 : 2'11''-4'14'', propagande.
    3 : 4'14''-6'37'', kamikaze Abu Islam Al Dameshqi.
    4 : 6'37''-10'30'', kamikaze Abu Al Ghamdi Al Idlib.
    5 : 10'30''-17'35'', kamikaze Abu Talab Al Baghdadi.
    6 : 17'35''-22'40'', deux kamikazes yézidis adolescents.
    7 : 22'40''-26'44'', kamikaze Abu Hamza Al Maslawi.



    Forces attaquées/adversaires : néant.

    Effectifs engagés : néant.

    Moyens d'appui utilisés (canons, mortiers, armes artisanales...) : néant.

    Véhicules utilisés (chars, véhicules blindés, technicals...) : néant.

    Kamikazes (identité) :

    1 : Abu Islam Al Dameshqi



    2 : Abu Al Ghamdi Al Idlib (adolescent).


    3 : Abu Talab Al Baghdadi (Irakien, Bagdad).


    4 : Abu Yussef Al Sinjari (Yézidi, adolescent).


    5 : Abu Khatab Al Sinjari (Yézidi, adolescent).

    6 : Abu Hamza Al Maslawi (Irakien, Mossoul, semble être revenu de l'étranger, il parle de sa hijra).



    Véhicules kamikazes (types, impact) :

    1 : Abu Islam Al Dameshqi mène une attaque de nuit, chose rare. On peut voir les tirs contre son véhicule de la colonne qu'il vise avant l'explosion.



    2 : Abu Al Ghamdi Al Idlib pilote un véhicule Kia renforcé de blindage artisanal. Il explose contre une colonne avec bulldozers en tête et Humvees.



    3 : Abu Talab Al Baghdadi pilote un 4x4 avec coque de blindage artisanal et se jette contre une colonne à l'extérieur de la ville de Mossoul (non filmé par drone).



    4 : Abu Yussef Al Sinjari pilote un 4x4 blanc avec coque de blindage. On remarque les charges explosives dans la portière déjà vues dans une précédente vidéo. Il se fait exploser contre un BMP-1.



    5 : Abu Khatab Al Sinjari se fait exploser au milieu d'une colonne de Humvees.

    6 : Abu Hamza Al Maslawi se fait exploser contre une colonne de véhicules.

    Armes légères et lourdes (fusils d'assaut, mitrailleuses, RPG, etc) - groupes de combat et leurs tactiques : néant.

    Destructions de véhicules adverses : néant.

    Butin matériel : néant.

    Morts/prisonniers/blessés adverses : néant.

    Morts/blessés de l'EI : néant.

    Effets visuels/montage/techniques de propagande : la louange à Allah est suivi de la mention Islamic State puis du logo de la wilayat Ninive.

    Dans la séquence 1, on peut voir un atelier de fabrication de VBIED, avec pose de blindage artisanal et peinture en blanc du véhicule.







    Dans la séquence 2, l'EI montre des images de rebelles syriens (division Sultan Murad, brigades Nour-ad-Din al-Zanki) et insiste sur le soutien des Américains. Il montre aussi les négociations d'Astana et ses tirs de missiles antichars sur le front d'al-Bab dans la dernière vidéo de la wilayat Halab. 4 kamikazes sont nommés : Khatab Al Shami, Abu Al Moatasim Al Shami, Abu Ma'an Al Shami, Abu Saif Al Shami (tous syriens). L'EI montre ensuite des photos d'Omar Shishani et d'al-Adnani.

    On revoit des images de rebelles syriens entraînés par les Américains dans la séquence 3 (Jaysh al-Mujahideen). Toutes les explosions de kamikazes sont filmées par drone sauf une.

    Dans la séquence 5, Abu Talab Al Baghdadi parle au milieu du Tigre, on voit aussi des images des quartiers ouest de Mossoul.

    La séquence 6 montre l'entraînement militaire d'enfants. Abu Yussef Al Sinjari, adolescent yézidi kamikaze, explique avoir reçu un endoctrinement religieux, puis une formation militaire. Ils ont rejoint avec son camarade kamikaze la Katiba Annas Ibn Al Nazar.

    Religion : dans la séquence 1, sur fond de combattants armés de fusils de précision ou lisant le Coran, l'EI insère une exégèse d'Ibn Kathir, juriste du XIIIème siècle et élève d'Ibn Tamiyyah, à propos du verset 16 de la sourate al-Maidah : « Par ceci (le Coran), Allah guide aux chemins du salut ceux qui cherchent Son agrément. Et Il les fait sortir des ténèbres à la lumière par Sa grâce. Et Il les guide vers un chemin droit. ».

    Dans la séquence 5, on peut voir la Mosquée Oussama Ibn Zayd, où l'EI endoctrine des enfants. On voit des combattants et des adolescents lire le Coran.

    Nasheeds (poèmes chantés) présents dans la vidéo :

    1 : ?

    2 : ?

    3 : ?

    4 : ?

    Commentaires particuliers : pour sa 8ème vidéo sur la bataille de Mossoul, l'EI n'a pas d'images de combat à montrer en raison de la chute des quartiers est. Il choisit donc de présenter des kamikazes (6), utilisés avant la chute, dont 3 adolescents, ce qui est significatif. Outre les 2 Yézidis endoctrinés par l'EI, on note cet Irakien probablement revenu d'Europe vers le territoire de l'EI et qui mène une opération kamikaze à Mossoul. L'EI Plus »cherche évidemment à inspirer ses troupes. On remarque les charges explosives dans la portière de la coque de blindage artisanale d'un des VBIED, caractéristique déjà notée précédemment dans une autre vidéo. Les attaques sont toujours filmées par drone. Les images de l'atelier de fabrication de VBIED sont également originales.

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