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    Le colonel Katherine Powell (Helen Mirren) de l'armée britannique apprend qu'un de ses informateurs travaillant pour les gouvernement anglais et kenyan a été assassiné par les Shebab somaliens. Elle prépare une opération contre cette organisation et notamment contre un couple britannique faisant partie du groupe. L'opération pour les capturer et multinationale : un drone MQ-9 Reaper de surveillance et de frappe est piloté depuis le Nevada par le lieutenant Watts (Aaron Paul) ; des agents kenyans sont sur le terrain et observent la demeure qui est la cible de l'opération avec des drones miniatures (oiseau et insecte) ; les forces spéciales kenyanes sont à proximité prêtes à intervenir ; l'identification des suspects est effectué à Hawaï. L'opération est supervisée par le groupe dit Cobra au Royaume-Uni avec le général Benson (Alan Rickman), un ministre et le procureur général. Mais l'opération est remise en question quand les cibles changent de maison et se réfugient dans un quartier contrôlé par les Shebab à Nairobi, et préparent un attentat-suicide...

    Eye in the Sky, qui propose une réflexion sur l'emploi des drones en situation de guerre, a été tourné en Afrique du Sud. C'est l'un des derniers films d'Alan Rickman, mort en janvier 2016. Les drones sont reconstituée par images de synthèse.






    Le film s'inspire d'éléments réels : on reconnaît dans la citoyenne britannique membre d'al-Shabaab Samantha Lewthwaite. Plus subtil que Good Kill, Eye in the Sky met le spectateur devant le dilemme qui se pose aux militaires et aux hommes politiques : peut-on frapper des cibles importantes des organisations terroristes à distance, pour ici prévenir un attentat-suicide, tout en risquant de tuer des victimes innocentes ? Le réalisateur met en balance la frappe du missile Hellfire contre la vie d'une petite fille dont la maison a le malheur de se trouver à côté de celle où les kamikazes préparent leurs vestes-suicides avec leur artificier. Il montre les multiples allers-retours entre la chaîne de décision politique, qui hésite sur ce qu'il faut faire, et les militaires pressés de tirer un missile pour des raisons tactiques. Le tout non sans une pointe d'humour et d'ironie parfois macabre : le général anglais qui achète une poupée pour enfant avant de venir à la cellule Cobra, le ministre des Affaires Etrangères britannique contacté à Singapour et victime d'une intoxication alimentaire, parlant d'une frappe de drone sur le siège des toilettes... finalement, Gavin Hood, après avoir pesé le pour et le contre, laisse le spectateur se forger sa propre opinion sans trancher véritablement. Le film évoque certes la question des pertes provoquées par l'utilisation des drones, de la précision finalement tout relative des armes comme le Hellfire (il faut tenir compte de l'impact pour déterminer les pertes à proximité, ce que montre bien le film), mais par certains côtés, il relève aussi presque de la science-fiction (les drones miniaturisés ne sont pas encore d'un usage systématique ; l'identification faciale semble très perfectionnée). En outre les effets psychologiques des frappes de drones sur les civils ne sont pas abordés. Eye in the Sky est incontestablement meilleur que Good Kill, mais on peut probablement mieux faire : les drones attendent toujours leur film de référence...





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    Titre : La flamme du sacrifice (2).

    Durée : 11 minutes 59 secondes.

    Lieu(x) : les combats de la séquence 3 contre les postes de la police ont lieu à Al-Jalam, à 10 km au nord-est de Samarra.

    Date (sûre par recoupement ou estimée) : Abu Bakr al-Iraqi est déjà vu mort dans une vidéo de la wilayat Salahuddine de décembre 2015 (il est même probable que les images soient plus anciennes). Dans cette vidéo, une séquence montre probablement des images de la fin 2012 après une évasion dans la prison de Tikrit. En résumé, cette vidéo est constituée d'images d'archives, parfois anciennes.

    Type de vidéo : une vidéo de propagande faisant appel à des images d'archives.

    Découpage (séquences) :

    1 : 13''– 39'', introduction.
    2 : 39''– 6'28'', images d'archives.
    3 : 6'28''- 11'59 » », combats et mort d'Abu Bakr al-Iraqi.

    Forces attaquées/adversaires : la police fédérale irakienne est attaquée dans la séquence 3. 2 de ses véhicules sont visibles au loin.

     

    Effectifs engagés : dans la séquence 2, Abu Bakr Al Iraqi fait un discours devant au moins 23 combattants.



    Moyens d'appui utilisés (canons, mortiers, armes artisanales...) : néant.

    Véhicules utilisés (chars, véhicules blindés, technicals...) : dans la séquence 2, un technical avec mitrailleuse lourde KPV protégée par un bouclier est visible pendant le discours d' Abu Bakr Al Iraqi. Il y a aussi un pick-up avec deux tubes lance-roquettes artisanaux montés sur la plate-forme arrière. Un autre technical avec mitrailleuse lourde DSHK est également aperçu.





    La séquence 3 montre un convoi mené par Abu Omar al-Iraki de 4 ou 5 véhicules, des pick-up avec mitrailleuses PK sur le toit. Les PK tirent sur des cibles distances, un des pick-up mitraille à courte portée une position fixe adverse. On revoit le technical avec KPV et celui avec les lance-roquettes. Les technicals appuient de leur feu l'assaut de l'escouade sur les positions de la police. Celui avec KPV s'avance jusque dans la position prise pour tirer sur les adversaires en retraite.










    Kamikazes (identité) : néant.

    Véhicules kamikazes (types, impact) : néant.

    Armes légères et lourdes (fusils d'assaut, mitrailleuses, RPG, etc) - groupes de combat et leurs tactiques : dans la séquence 3, une escouade débarque des pick-up encore en marche pour attaquer les positions de la police (une mitrailleuse PK en couverture). Abu Bakr al-Iraqi, qui mène l'attaque, porte son AK-47 à chargeur tambour. Il porte ensuite le drapeau de l'EI lorsque ses hommes apportent des explosifs pour faire sauter les bâtiments de la position prise à la police.





    Destructions de véhicules adverses : néant.

    Butin matériel : néant.

    Morts/prisonniers/blessés adverses : néant.

    Morts/blessés de l'EI : la vidéo tourne autour de l'hommage rendu à Abu Bakr Al Iraqi, un cadre militaire tué au combat. Dans la séquence 2, il exécute de nombreux prisonniers d'une balle de pistolet dans la tête à bout portant. Il porte fréquemment une AK-47 avec chargeur tambour.





    Effets visuels/montage/techniques de propagande : le logo de la wilayat, qui suit la louange à Allah au début de la vidéo, est sous-titré en anglais.

    La séquence 2 montre de nombreuses images d'archives de l'occupation américaine de l'Irak. On y voit aussi la fameuse vidéo de Zarqawi dans le désert entouré de ses hommes, tirant à la mitrailleuse M249, celle-là même qui a conduit à son repérage et à son élimination par bombardement aérien en 2006. De nombreuses autres images de Zarqawi sont également insérées dans cette séquence. On voit aussi des images d'archives d'exécution d'otages de l'époque de Zarqawi, puis d'autres, plus récentes, avec parfois Abu Bakr Al Iraqi en bourreau. Des images des prisons sous l'occupation américaine montrent encore le tunnel d'évasion déjà vu lors de l'hommage de Khalid Kalaf dans la dernière vidéo de la wilayat al-Anbar. On peut voir aussi Abu Omar Al Ansari, un prisonnier évadé de la prison Tasfirat à Tikrit (évasion datant d'octobre 2012).

    Dans la séquence 3, le caméraman qui filme le discours d'Abu Bakr al-Iraqi filme un de ses collègues qui prend la scène sous un autre angle.

    Religion : néant.

    Nasheeds (poèmes chantés) présents dans la vidéo :

    1 : ?
    2 : ?
    3 : 8'05''– 10'30'' Ya Chababa Dinina
    4 : ?

    Commentaires particuliers : cette vidéo confirme la très probable mauvaise situation de l'EI en Irak sur le plan militaire. Les vidéos peinent à montrer des opérations récentes couronnées de succès, ou bien l'EI les conserve pour plus tard, les stocke en quelque sorte. Peut-être aussi que les lignes de communications sont désorganisée et donc que les équipes de propagande ne peuvent faire transiter correctement leur matériel... d'où le recours massif aux archives.

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    Pendant la guerre Iran-Irak, dans une région de marécages non loin de la ville de Dehloran (dont il est question à une reprise dans le film), probablement dans les dernières années du conflit (1987-1988). Une équipe iranienne pilotant un drone Mohajer parvient, non sans mal, à abattre une tour d'observation irakienne dans les marécages qui bloquait la route aux assauts iraniens. L'équipe est dirigée par Assad, passionné par le vol des drones. Son camarade Mahmud est plus sceptique quant aux ordres donnés par le commandement et les objectifs de la mission. Pour la prochaine mission, l'équipe d'Assad doit opérer en 3 groupes pour piloter le drone encore plus loin derrière les lignes ennemies. Assad dirige le 3ème groupe qui s'installe derrière les lignes irakiennes pour assurer le vol final du drone. Mais tout capote quand l'équipe se retrouve isolée derrière les lignes ennemies...





    Mohajer est un film d'Ebrahim Hatamikia, qui a commencé sa carrière dans les années 1980 avec des films et documentaires traitant de la guerre Iran-Irak : ses réalisations sur le sujet sont souvent considérées comme les meilleures du cinéma iranien. Il faut dire qu'il a servi dans les Pasdarans pendant le conflit pour tourner des documentaires et qu'il a été profondément marqué par ce qu'il a vu. Mohajer est produit par le  Centre de l'Art et de la Pensée islamique, une organisation semi-officielle et semi-privée qui finance beaucoup de films de guerre pendant le conflit avec l'Irak.






    Tout le film tourne autour de l'utilisation par Iraniens des drones Mohajer-1. Cette famille de drones est développée pendant la guerre Iran-Irak à des fins de reconnaissance des lignes adverses, comme on peut le voir dans le film. Par ailleurs, les Iraniens équipent leurs Mohajer-1 de 6 roquettes de RPG-7, 3 sous chaque aile, pour des frappes sur des objectifs de valeur, ce que l'on constate également dans le film. On est alors aux débuts de l'armement des drones, ce qui souligne l'importance non négligeable de ce conflit, à beaucoup de points de vue, d'ailleurs.





    Hatamikia, dans le scénario, oppose le personnage d'Assad, neveu du chef de l'unité de drones, passionné et absorbé par sa tâche, à son camarade Mahmud, plus hésitant, mais qui fera tout pour sauver son ami coincé derrière les lignes ennemies. La guerre est donc questionnée, mais c'est la figure d'Assad, modèle de dévotion à la patrie, qui est mise en avant. Le film vaut surtout pour l'emploi des drones iraniens, guidés à vue, télécommandés, et dont la faible portée oblige à établir des groupes-relais pour piloter le drone le plus loin possible. On comprend instantanément l'utilité des drones sur le terrain marécageux, accessible seulement aux petits navires et aux plongeurs, ce qui rend toute reconnaissance humaine périlleuse. L'importance de l'artillerie dans le conflit est également bien mise en avant : le film fourmille de détails montrant que le réalisateur a pris part au conflit et en resté marqué. Un film à voir, assurément.





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    Merci à https://twitter.com/green_lemonnn et https://twitter.com/MathieuMorant


    Titre : La gloire du djihad

    Durée : 26 minutes 25 secondes.

    Lieu(x) : l'EI, dans la séquence 3, attaque l'ancienne prison al-Adath et la station électrique située à quelques kilomètres au sud d'al-Hasakah. Dans la séquence 4, il est à l'attaque de la ville de Barakah (Hasakah). Les combats de la séquence 5 ont lieu dans le quartier d'al-Nashwa, au sud-ouest de la ville et dans les quartiers sud-est.

    Date (sûre par recoupement ou estimée) : la séquence 3 donne elle-même la date de l'opération montrée : nous sommes en mai 2015, au moment où l'EI s'approche de la ville d'al-Hasakah par le sud. La séquence 4 donne aussi la date : juin 2015. Ce sont donc des opérations datant d'un an et demi qui sont montrées dans cette vidéo.

    Type de vidéo : c'est une vidéo de propagande, montrant des images d'archives, où l'EI est à l'offensive notamment en milieu urbain.

    Découpage (séquences) :

    1 : 9''- 48'', introduction.
    2 : 48''– 6'50'', histoire et archives.
    3 : 6'50''– 13'28'', assaut sur la centrale électrique et la prison.
    4 : 13'28''– 17'40'', combats à Hasakah.
    5 : 17'40''– 26'25'', combats à Hasakah.



    Forces attaquées/adversaires : l'EI affronte le régime syrien. Dans la séquence 4, un A-10 américain est filmé en train de survoler les positions de l'EI.



    Effectifs engagés : dans la séquence 4, un chef fait un discours devant plus de 50 combattants.



    Moyens d'appui utilisés (canons, mortiers, armes artisanales...) : dans la séquence 3, un canon D-30 est utilisé de nuit en tir tendu. Il y a aussi une mitrailleuse Type 77/85 sur affût (12,7 mm). Plus loin, on voit un mortier, le même canon D-30 probablement et un canon M-46 de 130 mm.







    Dans la séquence 4, un combattant utilise un mortier léger. Le D-30 de la séquence 3 est probablement le même que celui vu dans la séquence 4, tout comme le M-46. Il y a aussi une ou plusieurs batteries de mortiers lourds de 120 mm.







    Véhicules utilisés (chars, véhicules blindés, technicals...) : dans la séquence 3, un char T-55 ouvre la voie aux fantassins. Un véhicule transport de troupes improvisé est également engagé. Un Toyota Land Cruiser embarque 6 tubes lance-roquettes Grad de 122 mm.




    Dans la séquence 4, l'EI engage un Toyota Hilux avec mitrailleuse lourde KPV. Un véhicule similaire dispose d'un bouclier pour protéger le KPV. Un Land Cruiser embarque un ZU-23. Ce dernier tire sur les A-10 en l'air. Un char T-62 est pourvu d'un dais de camouflage sur la tourelle qui recouvre toute la longueur du char.






    Dans la séquence 5, le Land Cruiser avec ZU-23 est utilisé en tir tendu dans le combat urbain. Le T-62 avec dais est également utilisé en combats de rues. Un camion léger Kia Motors avec KPV est utilisé de nuit en tir tendu.















    Kamikazes (identité) :

    1 : Abu Naim Al Homsi (Syrien)

    2 : Abu Ali Al Ordoni (Jordanien)




    3 : Abu Al Manzar Al Halabi (Syrien)

    4 : Abdallah Al Shami (Syrien)





    Véhicules kamikazes (types, impact) :

    1 : Abu Naim Al Homsi pilote un camion-benne avec blindage artisanal.



    2 : Abu Ali Al Ordoni conduit un camion léger Kia Motors sans blindage particulier.


    3 : Abu Al Manzar Al Halabi pilote un camion.

    4 : Abdallah Al Shami pilote un camion-benne avec blindage artisanal. Il jette son engin sur le siège du parti Baath.



    Armes légères et lourdes (fusils d'assaut, mitrailleuses, RPG, etc) - groupes de combat et leurs tactiques : dans la séquence 3, l'assaut démarre de nuit avec un groupe de combat comprenant un tireur RPG-7. On voit plus loin le tireur PK. Le jour levé, on revoit un groupe de combat avec tireur SVD et tireur PK, qui porte un rapace (!) sur le dos.




    Dans la séquence 4, le premier groupe de combat visible comprend des tireurs AK-47 et M-16, un homme portant des roquettes de RPG-7 et un autre des explosifs.



    Dans la séquence 5, l'EI utilise des grenades en combat urbain. Un sniper tire avec un RPK à lunette (?).


    Destructions de véhicules adverses : dans la séquence 3, on voit un char T-55 détruit.


    Butin matériel : dans la séquence 4, un BRDM-2 est capturé.


    Dans la séquence 5, l'EI prend un technical avec KPV protégé par un bouclier, un autre du même type sans l'arme embarquée, un camion léger Kia Motors avec ZU-23 bitube.




    Dans la séquence 5, l'EI met la main sur des stocks d'armes et de munitions : AK-47, roquettes de RPG-7, grenades, 3 RPG-7, des obus d'artillerie, au moins 2 missiles antichars Metis.



    Morts/prisonniers/blessés adverses : dans la séquence 3, près de la centrale électrique, l'EI filme 5 corps adverses.

    Dans la séquence 5, au moins 28 corps adverses sont filmés par l'EI.

    Morts/blessés de l'EI : dans la séquence 5, l'EI filme 3 de ses morts et un blessé porté sur son dos par un autre combattant.

    Effets visuels/montage/techniques de propagande : la louange à Allah est suivie du logo de la wilayat, sous-titré en anglais, avec effet visuel.

    La séquence 2 utilise des images du film Kingdom of Heaven (souvent utilisé par l'EI), et d'autres films évoquant la bataille de la tranchée. Abu Yassir Al Maghrebi, un combattant de l'EI, prononce un discours pendant cette séquence. L'EI semble comparer sa situation aux moments où l'islam a été assiégé, notamment l'offensive des Mongols sur le califat abbasside au XIIIème siècle. Il montre aussi les violences faites aux musulmans dans certains pays pour conforter son rôle de « sauveur ».

    Religion :à la fin de la séquence 5, des combattants débarqués de leur véhicule prient face contre terre.


    Nasheeds (poèmes chantés) présents dans la vidéo :

    1 : 15'' - 40'' Ilejhim Rakibna
    4 : 10'02''– 10'09''Adajah
    5 : ?
    6 : 12'40''– 13'17''Ilejhim Rakibna
    7 : 15'35''– 16'34''Adajah
    8 : ?
    9 : 17'42''– 18'07''Ilejhim Rakibna
    10 : ?
    11 : 21'43''– 22'06''Adajah
    12 : ?
    13 : 23'54''– 25'53''Radiddou Allah Akhbar

    Commentaires particuliers : l'EI utilise ici, de nouveau des images d'archives remontant à l'année 2015. La wilayat al-Hasakah choisit donc la pure propagande et ne montre pas ses opérations récentes.

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    Merci à https://twitter.com/green_lemonnn

    Titre : Les terrifiants détonateurs

    Durée : 24 minutes 3 secondes.

    Lieu(x) : l'assaut de la séquence 3 a lieu au nord d'al-Rutbah, de même que l'attaque de VBIED de la séquence 4. Cellle de la séquence 5 a lieu à l'ouest d'al-Rutbah.

    Date (sûre par recoupement ou estimée) : la séquence 4 est datée par la vidéo elle-même du 31 juillet 2016.

    Type de vidéo : c'est une vidéo montrant des raids motorisés/mécanisés mobiles (avec souvent les mêmes véhicules), mâtinée d'images d'archives et de propagande.

    Découpage (séquences) :

    1: 17''– 2'10'', introduction, images d'archives, décompte des morts sur un siècle.
    2 : 2'10''– 5'43'', images d'archives.
    3 : 5'43''– 9'58'', assaut sur une position de l'armée au nord d'al-Rutbah.
    4 : 9'58''– 15'56'', assaut sur une position de la police fédérale au nord d'al-Rutbah.
    5 : 15'56''– 20'16'', assaut sur une position de la police fédérale à l'ouest d'al-Rutbah.
    6 : 20'16''– 24'3'', assaut sur une position de la police fédérale.



    Forces attaquées/adversaires : dans la séquence 3, un M113 sort de la position attaquée par l'EI. On peut voir un Humvee et plusieurs soldats irakiens manoeuvrer dans la position. Il s'agit probablement de l'armée irakienne.



    Dans la séquence 4, la position attaquée au nord d'al-Rutbah est défendue par le 2ème régiment de commandos. L'EI attaque la police fédérale irakienne, comme dans les autres raids ensuite.



    Effectifs engagés : dans la séquence 5, la colonne de l'EI embarque au moins 40 à 50 hommes, visibles au moment du renouvellement du serment d'allégeance.



    Moyens d'appui utilisés (canons, mortiers, armes artisanales...) : dans la séquence 6, l'EI emploie un mortier de 120 mm et une dizaine de roquettes artisanales.




    Véhicules utilisés (chars, véhicules blindés, technicals...) : dans la séquence 2, on peut voir un pick-up entièrement recouvert de plaques de blindage additionnel, et un autre véhicule léger blindé de la même manière.




    L'attaque de la séquence 3 met en œuvre un pick-up surblindé embarquant une DSHK à l'arrière, un véhicule léger surblindé, un pick-up avec ZPU-2 et un Land Cruiser avec bitube ZU-23. Un Toyota Hilux embarque une M2HB à l'arrière. Un autre Hilux dispose lui d'un canon sans recul.






    Dans la séquence 4, les VBIED sont couverts par un technical avec DSHK qui embarque aussi un tireur PK (qui tire aussi depuis le sol). Un Land Cruiser avec ZU-23 monotube est également utilisé. Les véhicules suivent l'explosion du VBIED et tirent en mouvement, de même que les tireurs embarqués (1 avec PK).





    Dans la séquence 5, la colonne de l'EI comprend 2 pick-up blindés avec plaques additionnelles et au moins 6 autres technicals ou pick-up. On peut voir un Toyota Hilux avec PK sur le toit ; 2 véhicules légers renforcés de plaques dont un embarque une mitrailleuse Type 77/85 en tourelle protégée par un bouclier. Un autre Hilux embarque une mitrailleuse lourde KPV ; on retrouve le technical avec canon sans recul, probablement un SPG-9. Il y a un Land Cruiser avec ZPU-2, un Hilux avec KPV protégé par un bouclier. Plusieurs plans larges au moment du départ de la colonne permettent de voir que celle-ci compte en tout 16 véhicules au moins. Le Land Cruiser avec ZPU-2 ouvre le feu en mouvement. Un Toyota Hilux embarque une mitrailleuse M1919 cal. 30 de 7,62 mm.















    Dans la séquence 6, un Hilux avec DSHK tire sur l'adversaire.



    Kamikazes (identité) :

    1 : Abu Ala Al Shami (Syrien).



    2 : Abu Hussein al Tajiki (Tadjik). Ce dernier s'exprime en russe et son discours, où il menace notamment les Américains, est sous-titré en arabe.

    Véhicules kamikazes (types, impact) :

    1 : Abu Hussein al Tajiki est filmé dans un camion-benne renforcé de plaques de blindage et de blindage SLAT sur l'avant et les côtés. On peut voir sur le tableau de bord le bouton-poussoir pour déclencher l'explosion.



    2 : Abu Ala Al Shami pilote ce même camion pour se faire exploser.







    Armes légères et lourdes (fusils d'assaut, mitrailleuses, RPG, etc) - groupes de combat et leurs tactiques : dans la séquence 3, au moins 5 hommes dont un tireur PK débarquent des véhicules. Un tireur PK monte sur le Land Cruiser avec ZU-23 pour tirer. 


     

    Dans la séquence 5, 5 ou 6 combattants débarquent des véhicules de combat improvisés. Une fois à l'intérieur de la position adverse, certains lancent des grenades dans les bâtiments.





    Dans la séquence 6, plusieurs combattants sont visibles dont un tireur RPG-7.



    Destructions de véhicules adverses : dans la séquence 3, un Humvee de couleur sombre capturé dans la position est incendié. 

     

    Dans la séquence 4, de nombreux véhicules dont des Land Cruiser ont été détruits par l'explosion du 2ème VBIED (non visible).

    Butin matériel : dans la séquence 3, le butin comprend 3 obus à fléchettes, 4 AK, 1 DSHK.





    Dans la séquence 4, 1 Humvee est pris de même qu'un véhicule de la police fédérale. Un mortier avec munitions, un RPG-7, une RPK, une PK et un canon sans recul SPG-9 avec munitions font aussi partie du butin.





    L'EI présente un bilan de l'opération du 31 juillet 2016 (probablement l'attaque de la séquence 4) : 20 tués, 30 blessés, 1 Humvee détruit, 1 capturé, 3 casernes incendiées, 2 camions détruits, des armes capturées, 5 technicals détruits.



    Dans la séquence 5, l'EI capture plusieurs véhicules de la police fédérale : deux Humvee, un technical avec LRM Type 63, plusieurs autres armes embarquées (dont un avec DSHK), un mortier moyen.






    Dans la séquence 6, un véhicule de la police fédérale est capturé. Le butin comprend un mortier moyen, un mortier léger, des obus de mortier, 5 AK, 5 RPG-7 avec munitions, 5 PK, 1 DSHK avec munitions.








    Morts/prisonniers/blessés adverses : dans la séquence 3, l'EI filme 4 corps de soldats irakiens dans la position investie.

    Dans la séquence 6, un soldat irakien qui se rend en levant les mains est immédiatement abattu. En tout 3 corps sont filmés.

    Morts/blessés de l'EI : néant.

    Effets visuels/montage/techniques de propagande : la louange à Allah de l'entame de la vidéo est suivie par le logo de la wilayat, avec nouvel effet visuel (basé sur l'eau, comme celui de la wilayat Dijlah), sous-titré en anglais.

    La séquence 1 fait un décompte macabre des pertes humaines provoquées selon l'EI par la « croisade » (guerres entre non-musulmans) de 1907 à 2007 : 16 millions pour la Première Guerre mondiale, 44 millions pour la Seconde Guerre mondiale, 10 millions pour la guerre civile russe, 1,2 millions pour la guerre civile espagnole, 20 millions pour les guerres de l'URSS, 7 millions pour les guerres en Afrique, 9 millions pour les guerres au sud de l'Europe, 5 millions dans les guerres du sud-est asiatique, 3,5 millions au Moyen-Orient, 13,5 millions en Afrique du Nord.

    La séquence 2 montre des images d'archives : Omar al-Shishani, explosion de VBIED dans la wilayat al-Anbar, destruction symbolique de la frontière Syrie-Irak à l'été 2014. L'EI explique que les pertes américaines en Irak de 2003 à 2010 se montent à 35 460 tués (contre 4 300 reconnus), 50 000 blessés, sans compter 167 000 attaques contre les soldats américains. La guerre aurait coûté 1,8 trillion de dollars et la moitié du matériel américaine ne fonctionnerait plus (!). D'autres images archives viennent de la wilayat al-Furat, de la wilayat Dijlah. L'EI remontre aussi les images du butin après l'échec de l'assaut de la Nouvelle Armée Syrienne contre al-Bukhamal, fin juin 2016.

    La séquence 4 montre de nombreux kamikazes et leurs VBIED de vidéos précédentes de l'EI. On peut voir un VBIED arborant sur sa portière une inscription : 45ème brigade de VBIED/IED (déjà vu dans une autre vidéo de l'EI : wilayat Salahuddine, de mémoire).

    Religion : dans la séquence 5, il y a un extrait du discours "Dites aux Muta ( terme désignant les chiites en référence au mariage temporaire) de cette colère" du Sheikh Abu Muhamad Al Adnani, qui est bien mort selon le bandeau. Juste après les combattants renouvellent leur allégeance au califat. On réentend le discours d'al-Adnani plus tard dans la séquence.

    Dans la séquence 6, à leur retour après l'attaque, les combattants procèdent à la prosternation de remerciement.



    Nasheeds (poèmes chantés) présents dans la vidéo :

    1 : ?
    2 : 6'05''– 8'01'' Ya Chababa Dinina
    3 : 8'09''– 9'10''Hayya Inghamis
    4 : ?
    5 : 9'34''– 9'51'' Al Hamdullilah
    6 : ?
    7 : 12'54''– 14'07''Kulamah
    9 : 15'26''– 15'46'' Al Hamdullilah
    10 : ?
    11 : ?
    13 : ?


    Commentaires particuliers : la wilayat al-Furat est assez présente dans les vidéos militaires de l'EI, alors même que les opérations militaires sont de moins en moins montrées dans les vidéos, l'EI étant clairement sur la défensive. La wilayat met en œuvre des colonnes d'assaut motorisées avec développement d'un élément mécanisé (véhicules de combat improvisés) de plus en plus présent. Les raids visent, comme dans la vidéo précédente de la wilayat déjà, des objectifs de faible envergure : petites positions de l'armée ou de la police fédérale.

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    Titre : L'enfer des apostats.

    Durée : 27 minutes 41 secondes.

    Lieu(x) : dans la séquence 2, les prisonniers exécutés en masse auraient été capturés sur l'île Al Nabayi. Les deux premiers tirs de snipers ont lieu à al-Mushahida, juste au nord de Bagdad. L'unique VBIED de la vidéo se jette sur une position de la police à al-Tarmiyah, dans le même secteur. C'est également là qu'un hélicoptère de l'aviation irakienne est abattu, d'après les bandeaux.

    Date (sûre par recoupement ou estimée) : dans la séquence 2, l'EI incruste le communiqué d'une attaque à Balad le 6 juillet. Le seul VBIED qui explose est en fait ancien : l'attaque a eu lieu en mai 2015. La première attaque à l'IED est également une image d'archive (octobre 2015).

    Type de vidéo : c'est une vidéo de guérilla, l'EI utilise des IED, des snipers, monte des embuscades, procède à des exécutions notamment de nuit.

    Découpage (séquences) :

    1 : 11'– 2'37'', images d'archives.
    2 : 2'37''– 27'41'', le reste de la vidéo, avec brève image de séparation (effet visuel de flammes associé au titre).



    Forces attaquées/adversaires : l'armée irakienne. Dans la séquence 2, on peut voir un hélicoptère EC-635. Un hélicoptère est abattu par le tir antiaérien de l'EI (EC-635?).











    A la fin de la vidéo, l'EI montre une archive télé où figure Ibrahim Al Aboodi, responsable de la mobilisation tribale au nord de Baghdad.

    Effectifs engagés : limités, quelques dizaines d'hommes. Le commando nocturne pour les exécutions ("sahwat hunters") est bien armé et étoffé (au moins 20 hommes).



    Moyens d'appui utilisés (canons, mortiers, armes artisanales...) : un SPG-9 dans la séquence 2.

    Véhicules utilisés (chars, véhicules blindés, technicals...) : dans la séquence 2, un technical avec ZU-23 monotube protégé par un bouclier ouvre le feu sur les hélicoptères irakiens.

    Kamikazes (identité) : néant.

    Véhicules kamikazes (types, impact) :

    1 : pick-up ?

    Armes légères et lourdes (fusils d'assaut, mitrailleuses, RPG, etc) - groupes de combat et leurs tactiques : la séquence 2 montre une série de tirs de snipers.
    1 : un homme abattu près d'un véhicule.
    2 : un homme raté près d'un mirador.
    3 : un homme visé à travers une fenêtre.
    4 : un homme prenant son repas au-dessus des sacs de sable d'une position défensive abattu.
    5 : 3 hommes successivement abattus dans la même position défensive.
    6 : 1 ou 2 hommes abattus dans un mirador.
    7 : 1 homme abattu à côté d'un Humvee en position défensive.
    8 : 1 homme abattu sur une position défensive.
    9 : 1 homme raté dont la tête dépasse de sacs de sable.














    On voit ensuite des attaques à l'IED.

    1 : un van piégé explose au passage d'un Humvee (pulvérisé).
    2 : colonne de 2 Humvees, l'IED explose sur le 2ème.
    3 : un IED explose sur un ILAV Badger.
    4 : un IED explose sur un Humvee.
    5 : idem.
    6 : véhicule pulvérisé par un IED.
    7 : colonne de 2 Humvees, le 2ème frappé par l'IED.
    8 : véhicule léger détruit par un IED.
    9 : soldat au bord d'une route visé par l'IED.
    10 : Humvee détruit par un IED.
    11 : Humvee détruit de nuit par un IED.























    L'EI montre ensuite plusieurs exécutions :

    1 : un homme abattu de jour par 2 combattants, présenté comme un policier.
    2 : un homme sorti d'une voiture arrêtée sur une route en pleine nuit (apparemment membre du conseil provincial de Bagdad) et abattu.







    On peut voir ensuite des tirs d'armes antichars :

    1 : 1 tir de RPG-7 rapproché sur un véhicule blindé dans une position défensive, puis un autre à plus longue distance.
    2 : un toit de bâtiment où on voit un soldat adverse touché.
    3 : une même position défensive avec sacs de sable touchée deux fois.
    4 : un SPG-9 vise un Humvee faisant partie d'une rangée encastrée dans une position défensive.
    5 : un ILAV Badger incendié près d'un bâtiment probablement avec un SPG-9.















    Puis une attaque combinée : un sniper vise un soldat irakien parmi d'autres qui gravitent autour d'un Humvee. Un véhicule léger arrive en renfort et saute sur un IED. Le sniper tire sur le conducteur qui a réussi à s'extraire du véhicule.






    Tirs de snipers ensuite :

    1 : un homme blessé près d'un regroupement de 3 Humvees.
    2 : un homme abattu alors qu'il cherche à se protéger dans un Humveeà l'arrêt suivi d'un BMP-1 et d'un autre Humvee.





    On repasse ensuite à des tirs antichars :

    1 : contre une position défensive avec KPV et sacs de sable.



    Puis une attaque combinée avec tireur RPG-7 et PK contre une route où stationne des véhicules irakiens, non loin d'un mirador. Il y a aussi un tireur AK-47. En face se trouve un Humvee. Un sniper abat un des soldats irakiens, puis un deuxième.










    On revient ensuite à des scènes d'exécution :

    1 : un groupe de combattants bien équipés, casqués et avec protection individuelle, abattent de nuit deux hommes dans une maison.
    2 : un véhicule est stoppé de nuit, un homme en est extrait puis abattu.
    3 : le même groupe de l'EI pénètre dans une maison. 2 hommes sont abattus avec un pistolet à silencieux.
    4 : les combattants de l'EI pénètrent dans un lieu de réunion, sortent des hommes dont ils ont bandé les yeux. Une quinzaine est abattue à l'extérieur.

    Ce commando de chasse de l'EI poursuit en fait les cadres de la mobilisation tribale ou du gouvernement au nord de Bagdad (« sahwat hunters »).

    Destructions de véhicules adverses : néant.

    Butin matériel : néant.

    Morts/prisonniers/blessés adverses : dans la séquence 2, une trentaine de prisonniers au moins sont frappés à coups de bâtons avant d'être emmenés sur les lieux de leur exécution. Une cinquantaine de prisonniers sont abattus à bout portant dans une fosse commune. L'EI les présente comme des soldats irakiens.

    Morts/blessés de l'EI : néant.

    Effets visuels/montage/techniques de propagande : le logo de la wilayat suit la louange à Allah, et il est sous-titré en anglais (pas d'effet visuel).

    Dans la séquence 1, l'EI montre M. Royce, porte-parole du comité sur les Affaires Etrangères de la chambre des représentants américaine. Il y a de nombreuses images d'archives et des images de dirigeants adverses (Abadi, Obama).

    Dans la séquence 2, outre des images d'archives (on reconnaît un extrait de la fameuse vidéo sur l'organisation interne du califat), l'EI emploie des extraits du film Kingdom of Heaven. On peut voir les drapeaux de la coalition anti-EI regroupant 60 pays. On voit aussi un discours de Abu Mahdi Muhandis. Il y a aussi des images d'attaques à l'IED contre des véhicules sous l'occupation américaine. On observe des images d'archives de la wilayat Shamal Bagdad. On peut voir aussi Hadi al-Amiri, le chef de l'organisation Badr. La séquence montre également des images d'archives d'attaques à l'IED, d'une embuscade contre un véhicule, d'une exécution de nuit et d'un tir de sniper. Un commandant local de l'EI fait un discours avec en fond le drapeau de l'EI et un fusil d'assaut VHS-2 pris sur l'armée irakienne. Un communiqué d'une attaque le 6 juillet à Balad est inséré dans la vidéo.




    Religion : dans la séquence, l'EI affiche un hadith relayé par Jabir Ibn Samara.

    Nasheeds (poèmes chantés) présents dans la vidéo :

    1 : ?
    2 : ?
    3 : 5'08''– 6'23'', Raddidu Allah Akbar
    4 : ?
    5 : 10'46''– 12'25''Salil Sawarim
    6 : ?
    7 : 15'34''– 18'20''Ya Chababa Dinina
    8 : 19'21'' - 20'21''Dawlatal Islami Suliy
    9 : 23'59''– 26'21''Like a terrifiant thunder
    10 : ?

    Commentaires particuliers : la vidéo montre que la wilayat Shamal Bagdad, comme beaucoup d'autre de ses consoeurs irakiennes, est passée à la guérilla. La vidéo mêle à la fois des images d'opérations récentes mais aussi beaucoup d'archives, comme souvent ces derniers temps, rendant parfois difficilement distinguable ce qui est ancien et plus récent. Technique éculée de propagande. L'EI, en attendant, est clairement mis sur la défensive et n'est plus capable de monter des opérations offensives d'envergure comme on en voyait encore au début de l'année 2016.

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    La synthèse n°8 récapitule les vidéos 41, 42, 43, 44 et 45 de propagande militaire de l'EI étudiées avec le questionnaire. Cet échantillon marque sans doute un tournant dans la production de vidéos militaires de l'EI.

    Ce n'est pas tant la question du lieu qui est importante ici : en effet, on repasse à 4 vidéos irakiennes pour 1 syrienne. En Irak, nous avons les wilayats Ninive, Salahuddine, al-Furat et Shamal Bagdad, pour la wilayat al-Barakah en Syrie. Les opérations se déroulent respectivement, pour celles où les lieux sont identifiables, au nord de Samarra, près et dans Hasakah, près d'al-Rutbah et au nord de Bagdad, près d'al-Tarmiyah notamment.



    Ce sont les questions de date qui comptent ici : pour commencer, il a fallu plus d'un mois pour avoir les 5 vidéos de cet échantillon. A titre de comparaison, l'échantillon précédent du mois d'août avait été rassemblé en un peu moins de deux semaines. Il y a donc un recul de la production de vidéos militaires de l'EI probablement lié à la mauvaise situation militaire du groupe, clairement sur la défensive. Encore plus intéressant, toutes les vidéos sauf une sont composées totalement ou en partie non négligeable d'images d'archives plus ou moins anciennes. La wilayat Ninive a inséré dans sa vidéo une séquence remontant à 2012-2013, avant même la création de l'EI. Toute la vidéo de la wilayat Salahuddine est composée d'images d'archives : morceaux remontant à 2012, là encore avant la création de l'EI, et l'essentiel probablement dans le second semestre 2015. La vidéo de la wilayat al-Barakah remonte aux dernières grandes offensives de l'EI en mai-juin 2015 : le groupe montre les combats dans Hasakah. De la même façon, la wilayat Shamal Bagdad montre au moins deux opérations qui remontent à l'année 2015. Il n'y a que la wilayat al-Furat, de plus en plus présente dans les productions militaires, qui semblent montrer uniquement des opérations plutôt récentes, en 2016.

    Technical avec canon sans recul-wilayat al-Furat.


    Le type de vidéos est donc cette fois assez peu varié : nous avons surtout des images de pure propagande. Celle de Ninive insiste en particulier sur les kamikazes ; la wilayat Salahuddine rend hommage à un cadre tué au combat fin 2015 et déjà vu mort dans une autre vidéo de la wilayat. Pour al-Barakah, les archives montrent des opérations en milieu urbain, avec beaucoup de combats de rues. Malgré l'emploi d'archives, on constate par contre que la wilayat Shamal Bagdad, comme nombre de wilayats irakiennes, repasse à la guérilla/insurrection : pose d'IED, tirs de snipers, embuscades, exécutions nocturnes menées par un commando surarmé et nombreux de « sahwat hunters ». La wilayat al-Furat quant à elle semble développer ses capacités de raids motorisés/mécanisés avec véhicules de tout type ; on remarque probablement des véhicules ou armes prises lors de l'offensive ratée de la Nouvelle Armée Syrienne à Al-Bukamal en juin 2016.

    Commando nocturne "sahwat hunters"-wilayat Shamal Bagdad.


    Les adversaires de l'EI sont également un peu moins divers. A Ninive, l'EI s'attaque à l'armée irakienne. A Salahuddine, il s'en prend plutôt à la police fédérale. La vidéo d'al-Barakah montre les combats contre le régime syrien. Les wilayats al-Furat et Shamal Bagdad ciblent à la fois l'armée et la police irakiennes dans leurs opérations. Il faut noter que la première n'hésite pas à attaquer une position défensive où stationnent plusieurs véhicules blindés M113 et des Humvees ; la seconde abat peut-être avec un ZU-23 un hélicoptère EC-635 de l'aviation irakienne (impossible de dire pour l'instant s'il s'agit d'une image d'archive ou plus récente). A Shamal Bagdad, l'EI semble cibler particulièrement la mobilisation tribale sunnite au nord de Bagdad.

    Hélicoptère en flammes s'écrasant vers le sol-wilayat Shamal Bagdad.


    En tenant compte du fait qu'il s'agit surtout d'images de propagande, les effectifs fluctuent selon les wilayats. Les vidéos de Ninive et Salahuddine ne montrent que quelques dizaines d'hommes au maximum. A l'époque des dernières grandes offensives de mai-juin 2015, l'EI alignait, comme ici à al-Barakah, des effectifs beaucoup plus conséquents en première ligne (on voit plus de 50 hommes en une seule fois sur cette vidéo). Les raids motorisés et mécanisés de la wilayat al-Furat, par contre, sont de plus en plus étoffés : on y voit ici jusqu'à 50 hommes également embarqués sur des véhicules de plus en plus nombreux. Pour Shamal Bagdad, par contre, le retour à l'insurrection est signe d'une baisse des effectifs, sauf pour le commando de chasse nocturne, étoffé comme on l'a dit.

    Renouvellement de la bayat envers le calife-wilayat al-Furat.

    Les moyens d'appui lourds sont réduits au minimum, d'autant qu'ici beaucoup de vidéos montrent des images anciennes. La wilayat al-Furat, qui montre les images les plus récentes, n'engagent qu'un mortier de 120 mm et des roquettes artisanales, ce qui est logique au vu du raid motorisé/mécanisé. La wilayat Shamal Bagdad ne met en action qu'un seul canon sans recul SPG-9 facilement transportable. Rien de comparable à ce qu'on voit à Hasakah en mai-juin 2015 où l'EI utilise un canon D-30, un canon M-46, des roquettes, etc.

    Mortier de 120 mm et roquettes artisanaleswilayat al-Furat.
     

    Le constat est le même pour les véhicules. La wilayat al-Furat, une des plus intéressantes à observer ces temps-ci sur le plan militaire, monte des raids motorisés/mécanisés qui pour l'un, dans la vidéo, aligne jusqu'à 16 véhicules. Non seulement le nombre de véhicules augmente, mais la wilayat déploie de plus en plus de véhicules blindés improvisés (pick-up ou 4x4), sans parler des armes américaines (M2HB ou M1919 de cal.30) montées sur les technicals en plus des habituels ZU-23 ou KPV ; ces armes ont probablement été prises à la Nouvelle Armée Syrienne en juin. La wilayat Shamal Bagdad ne montre qu'un seul technical avec ZU-23 monotube qui tire contre l'hélicoptère (s'il ne s'agit pas d'images d'archives). Plus de T-55, T-62 comme on en voit à Hasakah en mai-juin 2015, ni même de D-30, M198 que l'on voit dans la vidéo d'archives de la wilayat Ninive...

    Les véhicules de la colonne motorisée/mécanisée de la wilayat al-Furat.




    Seules les vidéos de Ninive et d'al-Furat montrent des kamikazes « récents », 4 en tout. 2 sont Irakiens, 1 Syrien, 1 Tadjik : de nouveau les locaux sont majoritaires, mais on note encore la présence d'un combattant d'Asie Centrale, décidément très nombreux parmi les kamikazes depuis des mois. Un des Irakiens utilise un camion-citerne avec blindage SLAT sur l'avant. Le Syrien pilote un camion-benne avec plaques de renfort et blindage SLAT sur l'avant pour se faire exploser sur une position de la police avant le raid motorisé/mécanisé de la wilayat al-Furat ; son explosion et celle qui suit du combattant tadjik provoquent des dégâts importants, on est dans l'utilisation classique des VBIED par l'EI en avant d'un raid.

    VBIED-wilayat al-Furat.


    La vidéo de la wilayat Ninive montre un instructeur formant un groupe de 15 hommes sur M-16. Les combattants apprennent à monter et démonter une mitrailleuse lourde KPV et une autre DSHK, et s'entraînent au close-combat. Dans la vidéo d'al-Furat, on note un certain nombre de tireurs à la mitrailleuse PK embarqués sur les véhicules (les mitrailleuses étant parfois sur les toits des pick-up). En combat rapproché, les fantassins débarqués utilisent des grenades et on trouve aussi au moins un tireur RPG-7. A Shamal Bagdad, outre l'emploi de snipers, on remarque des tirs de RPG-7 à courte portée et une embuscade montée avec un tireur RPG-7, un mitrailleur PK, un fantassin et un sniper. Le commando de chasse nocturne est particulièrement bien équipé : casques, protections individuelles, nombreuses armes, et les exécutions se font ponctuellement au pistolet à silencieux (ou sans).


    Fantassins débarqués-wilayat al-Furat.
    Tireur PK-wilayat al-Furat.


    Tireur RPG-7-wilayat al-Furat.



    Dans la vidéo d'al-Furat, un Humvee capturé est incendié par l'EI qui ne cherche pas à récupérer le véhicule. Lors de l'explosion des 2 VBIED avant un raid, de nombreux véhicules adverses (Land Cruiser surtout) sont détruits. A Shamal Bagdad, si l'on excepte les IED, un seul véhicule semble être détruit par tir de SPG-9 (un ILAV Badger).



    Humvee capturé et bientôt incendié-wilayat al-Furat.


    La même vidéo d'al-Furat montre un butin qui sans être énorme, est déjà non négligeable : 3 obus à fléchettes, 4 AK, 1 DSHK ; puis 1 Humvee est pris de même qu'un véhicule de la police fédérale. Un mortier avec munitions, un RPG-7, une RPK, une PK et un canon sans recul SPG-9 avec munitions font aussi partie du butin. L'EI présente un bilan de l'opération du 31 juillet 2016 (probablement l'attaque de la séquence 4) : 20 tués, 30 blessés, 1 Humvee détruit, 1 capturé, 3 casernes incendiées, 2 camions détruits, des armes capturées, 5 technicals détruits. L'EI capture aussi plusieurs véhicules de la police fédérale : deux Humvee, un technical avec LRM Type 63, plusieurs autres armes embarquées (dont un avec DSHK), un mortier moyen. Enfin, un véhicule de la police fédérale est capturé. Le butin comprend également un mortier moyen, un mortier léger, des obus de mortier, 5 AK, 5 RPG-7 avec munitions, 5 PK, 1 DSHK avec munitions.



    Si l'on enlève les tués des exécutions ou tirs de snipers de la vidéo Shamal Bagdad, la vidéo d'al-Furat montre 7 combattants adverses tués au combat.

    En revanche l'EI ne montre pas ses morts et ses blessés (pour les images récentes du moins).

    Un nouvel effet visuel en 3D a été appliqué au logo de la wilayat Ninive. La vidéo de Salahuddine insiste particulièrement sur Zarqawi, de nombreuses images d'archives le montrent. La vidéo d'al-Barakah emploie des extraits du film Kingdom of Heaven, qui semble particulièrement prisé par les équipes de montage des vidéos de propagande de l'EI puisqu'il apparaît aussi dans la vidéo Shamal Bagdad. Le logo de la wilayat al-Furat se voit appliquer un nouvel effet visuel, basé sur l'eau, qui ressemble à celui de la wilayat Dijlah.


    Extrait du film Kingdom of Heaven-wilayat Shamal Bagdad.



    Dans la vidéo Ninive, outre un combattant en prière, on remarque 2 combattants qui s'expriment avec le Coran posé à côté d'eux. Dans la vidéo al-Barakah, il y a la traditionnelle prière de remerciement après le combat. Cette même prosternation revient dans la vidéo al-Furat où l'on voit aussi le renouvellement de l'allégeance au calife par les combattants. Un hadith est incrusté dans la vidéo Shamal Bagdad.




    Prosternation de remerciement-wilayat al-Furat.



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    Merci à https://twitter.com/green_lemonnn

    Titre : Les batailles épiques de la constance (3)

    Durée : 26 minutes 30 secondes.

    Lieu(x) : l'attaque de la séquence 2 a lieu sur l'autoroute à l'ouest de Mafriq Al Hazr. L'embuscade de la séquence 4 aurait lieu à l'ouest de Makhmour. Pour la séquence 5, on revient sur l'autoroute à l'ouest de Mafriq Al Hazr.

    Date (sûre par recoupement ou estimée) : l'attaque du VBIED 2 piloté par le Jordanien a eu lieu le 29 août 2016.

    Type de vidéo : c'est une vidéo mixte : des assauts mécanisés sont entrecoupés de scènes plus défensives, embuscade et tirs de missiles antichars.

    Découpage (séquences) :

    1 : 20''– 3'08'', introduction, résumé de la vidéo, propagande.
    2 : 3'08''– 9'17'', attaque de deux petites positions de l'armée irakienne par une colonne mécanisée.
    3 : 9'17''– 16'19'', VBIED.
    4 : 16'19''– 18'44'', embuscade contre une colonne de l'armée irakienne.
    5 : 18'44''– 24'50'', assaut de 2 véhicules sur des positions irakiennes.
    6 : 24'50''– 26'30'', tirs de missiles antichars.



    Forces attaquées/adversaires : l'armée irakienne. Dans la séquence 1 on peut voir des Humvees, un char M1 Abrams, un char T-72, des BMP. Une colonne de 7 Humvees et un BMP-1 est filmée.



    Dans la séquence 4, une grosse colonne de l'armée, avec char T-72, 2 BMP-1 et de nombreux Humvees, est prise en embuscade dans une localité.



    Effectifs engagés : la séquence 1 montre déjà un groupe de 16 combattants minimum. 16 combattants sont visibles plus loin dont un tireur PK et un pourvoyeur RPG-7.

    Dans la séquence 2, un cadre, Abu Jabir Al Iraqi (tué au combat d'après le bandeau), fait un discours à une vingtaine d'hommes.



    Moyens d'appui utilisés (canons, mortiers, armes artisanales...) : la séquence 1 montre un SPG-9 utilisé à l'épaule, une mitrailleuse lourde Type 77/85 sur affût, des roquettes artisanales.





    Dans la séquence 6, tirs de missiles antichars (par la katiba antichar déjà mentionnée dans une vidéo précédente de la wilayat) :

    1 : probablement un Metis-M sur un T-72.
    2 : probablement un Metis-M sur ce qui semble être un Humvee.
    3 : probablement un Metis-M sur une pelleteuse.











    Véhicules utilisés (chars, véhicules blindés, technicals...) : dans la séquence 1, on peut voir une colonne de 6 véhicules, dont de nombreux véhicules blindés improvisés. Un pick-up surblindé embarque une mitrailleuse Type 77/85. Un Humvee (M1114) a également été surblindé avec plaques de blindage additionnelles. On peut voir une colonne de 10 véhicules dont 4 ou 5 sont des transformations (5 avec la colonne vue sous un autre angle). Un ZU-23 monotube sur technical ouvre le feu. On revoit une colonne de 7 véhicules dont les 5 véhicules blindés improvisés. L'un d'entre eux embarque une mitrailleuse Type 77/85 en tourelle.

    Dans la séquence 2, un des véhicules de combat improvisés porte une mitrailleuse Type 77/85 protégée par un bouclier en tourelle. Avant le départ, 6 hommes se tiennent près de ce même véhicule. Un autre véhicule de transport blindé improvisé n'a pas d'arme en tourelle (3 hommes autour). Un pick-up surblindé embarque 3 hommes, sans arme embarquée non plus. Pour le premier assaut, la colonne de véhicule se scinde en deux : 3 véhicules attaquent une position de l'armée d'un côté tandis que les 2 autres partent dans une autre direction. Les 3 véhicules font feu avec leurs armes de bord et attaquent par la route une position avec BMP-1 qui leur tourne le dos. Les 2 autres véhicules attaquent une autre position de l'armée irakienne dans un bâtiment. Au moment du repli, la colonne est rattrapée par un Toyota Hilux avec KPV protégé par un bouclier.










    Dans la séquence 4, un KPV protégé par un bouclier sur Land Cruiser est utilisé en tir tendu.

    Dans la séquence 5, la colonne de l'EI comprend un Humvee surblindé avec mitrailleuse Type 77/85 en tourelle, un M1117 surblindé avec mitrailleuse M2H en tourelle qui longe la position irakienne attaquée en ouvrant le feu avec sa M2HB. Le tireur M2HB abat 2 soldats irakiens avec son AK-47 (dont un qui levait les bras) et le véhicule roule sur les corps. Un autre tireur à l'AK-47 fait feu depuis une trappe sur l'avant du M1117. Les 2 véhicules attaquent ensuite deux positions voisines de l'armée irakienne à la même disposition. Le Humvee débarque ses combattants près de la première tandis que le M1117 contourne les positions puis revient tirer sur les soldats irakiens qui s'enfuient de la position attaquée par le Humvee. Le Humvee abat un autre fuyard, le M1117 également, qui porte un uniforme de la police fédérale semble-t-il ; le véhicule roule de nouveau sur le corps.








    Kamikazes (identité) :

    1 : Abu Noor Al Beljiki (Belge). Lors de son discours un Steyr AUG est posé non loin.



    2 : Abu Oussama Al Urdoni (Jordanien).



    3 : Abu Hamza Al Maslawi (Irakien, Mossoul).




    Véhicules kamikazes (types, impact) :

    1 : Abu Noor Al Beljiki pilote une camionnette avec plaques de blindage artisanales et blindage SLAT sur l'avant.




    2 : Abu Asma Al Urdoni conduit un véhicule léger renforcé de plaques de blindage et blindage SLAT sur l'avant.



    3 : véhicule léger renforcé de plaques de blindage et blindage SLAT sur l'avant.



    Armes légères et lourdes (fusils d'assaut, mitrailleuses, RPG, etc) - groupes de combat et leurs tactiques : dans la séquence 1, au moins 6-7 hommes débarquent des véhicules improvisés dont un tireur RPG-7. Un homme est armé d'une M249 SAW, un autre porte un lance-roquettes antichar RPG monocoup.

    Dans la séquence 2, avant le départ des véhicules, au moins 19 hommes sont visibles dont un tireur PK. 5 ou 6 hommes débarquent des véhicules pour l'assaut sur la première position. Ce sont en tout 12 combattants au moins qui sortent des véhicules dont un tireur RPG-7. L'autre attaque avec les 2 véhicules restants engagent le même effectif.







    Dans la séquence 4, on peut voir des combattants casqués ; l'un est armé d'un lance-roquettes RPG monocoup, un autre d'un Steyr AUG. Le groupe de combat en milieu urbain dispose de 2 RPG-7, d'une PK. Un des tireurs RPG-7 porte une AK-47.







    Dans la séquence 5, les combattants de l'EI sont qualifiés d'inghimasiyyi noirs par un bandeau.

    Destructions de véhicules adverses : dans la séquence 2, le BMP-1 de la première position attaquée est incendié avec une grenade jetée par une trappe.



    Butin matériel : dans la position de la séquence 2 attaquée par le groupe de 2 véhicules, un mortier et un Humvee sont abandonnés par l'armée.




    Morts/prisonniers/blessés adverses : néant (à part ceux signalés abattus pendant les combats ci-dessus).

    Morts/blessés de l'EI : un blessé est porté sur le dos d'un camarade dans la séquence 4.

    Effets visuels/montage/techniques de propagande : la louange à Allah est suivie du logo de la wilayat, sous-titré en anglais, avec nouvel effet visuel toujours basé sur l'eau.

    Dans la séquence 1, une scène de combat du film Kingdom of Heaven est utilisée. On peut voir aussi Abu Muhammad al-Adnani et Omar al-Shishani.






    Dès la séquence 2, la plupart des attaques sont filmées en GoPro montées sur les combattants.

    Des images de Kingdom of Heaven sont de nouveau utilisées dans la séquence 5.

    La vidéo utilise massivement les drones pour filmer les assauts mécanisés et les trajets des VBIED jusqu'à l'explosion.

    Religion : dans la séquence 1, un combattant lit le Coran. Plusieurs combattants sont filmés de nuit, en prière. On peut voir aussi le Coran avec les inscriptions suivantes : «  Sharia, La loi/le prescrit d'Allah, Seigneur des cieux et des terres ».

    Nasheeds (poèmes chantés) présents dans la vidéo :

    1 : 26''- 2'19''Adajah
    2 : ?
    3 : 5'11''– 9'04''Like a terrifying thunder
    6 : ?
    7 : 16'43'' - 18'30''Qad'Azamna
    8 : ?
    9 : 21'44''– 24'40''Hayya Inghamis
    10 : 24'53''– 26'25''Dawlatal Islami Suliy

    Commentaires particuliers : la wilayat Dijlah est l'une de celles qui produit encore le plus de vidéos militaires en Irak. Logique, puisque l'EI semble accorder une importance particulière à la défense de Mossoul et à sa médiatisation. A noter que l'EI ne se contente pas d'une posture défensive mais montre des opérations offensives (assauts mécanisés) et contre-attaque, harcèle l'adversaire (VBIED).

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    Merci à https://twitter.com/green_lemonnn et https://twitter.com/MathieuMorant

    Titre : Les charges de la rédemption (2)

    Durée : 15 minutes 30 secondes.

    Lieu(x) : une pancarte de la séquence 2 a le nom de la localité : Huwaysis, qui est à 60 km au nord-ouest de Palmyre et à 25 km à l'ouest/sud-ouest du champ gazier d'al-Shaer.

    Date (sûre par recoupement ou estimée) : la séquence 2 correspond à des images de l'EI diffusées le 5 septembre dernier à propos des combats à Huwaysis.

    Type de vidéo : c'est une vidéo offensive, l'EI s'attaque à des positions du régime.

    Découpage (séquences) :

    1 : 8''– 4'03'', morts de l'EI, images de propagande, combattants de l'EI dans leurs positions défensives.

    2 : 4'03''– 11'49'', assaut sur des positions du régime.

    3 : 11'49''– 15'30'', combats avec chars et artillerie.



    Forces attaquées/adversaires : le régime syrien. Un char T-55 est pris pour cible dans la séquence 2. Quand la première position est prise, on aperçoit plusieurs fuyards sur lesquels tire l'EI. Un obus ou autre munition tombe près d'un technical de l'EI embossé sur la position prise et qui tire sur celle située un peu plus loin.



    Effectifs engagés : probablement quelques dizaines d'hommes lors de chaque assaut.

    Moyens d'appui utilisés (canons, mortiers, armes artisanales...) : dans la séquence 1, on peut voir un tir de lance-missiles antichars Konkurs. Un combattant porte aussi un M79 Osa.




    Dans la séquence 2, une batterie de mortiers lourds (120 mm) entre en action.




    Dans la séquence 3, pour la première fois, l'EI montre un BM-21 Grad en action (il s'agit peut-être de celui capturé dans le champ gazier d'al-Shaer au mois d'avril) aux côtés d'un canon M-46 de 130 mm. Un combattant porte sur l'épaule un canon sans recul SPG-9 pour le tir.








    Véhicules utilisés (chars, véhicules blindés, technicals...) : dans la séquence 1, un char T-62 est filmé.



    Dans la séquence 2, l'EI utilise un char T-55 avec blindage de tourelle renforcé par sacs de sable tenus par blindage SLAT, avec « schürzen » improvisés sur les côtés et l'avant également. Un autre char T-55 est également engagé. Une mitrailleuse lourde KPV sur Toyota Hilux est employée en tir tendu, ainsi qu'un 2ème véhicule du même type.








    Dans la séquence 3, l'EI déploie une colonne avec Hilux portant un KPV protégé par un bouclier, un véhicule sans tourelle (peut-être un BTR modifié), un char T-55, un char T-72 qu'on voit tirer tous les deux après. Un Land Cruiser avec bitube ZU-23 est également engagé de même qu'un Hilux avec KPV.











    Kamikazes (identité) : néant.

    Véhicules kamikazes (types, impact) : néant.

    Armes légères et lourdes (fusils d'assaut, mitrailleuses, RPG, etc) - groupes de combat et leurs tactiques : dans la séquence 1, les combattants de l'EI creusent et installent des positions défensives. Il y a aussi des installations souterraines. Une mitrailleuse PK tient une position avec sacs de sable.



    Le groupe de combat de la séquence 2 comprend 15-16 hommes avec tireur PK, tireur RPG-7 et son pourvoyeur. Le groupe dispose d'un 2ème tireur PK et sans doute d'un 2ème tireur RPG-7. Un des tireurs PK porte une AK-47 en plus de la mitrailleuse. Les fantassins portent des AK-47. Lors de la progression, on voit que le tireur RPG-7 porte une AK-47 de même que son pourvoyeur. Il y a probablement un tireur d'élite sur SVD Dragunov. Une des AK-47 a un chargeur tambour. A noter qu'un des Hilux avec KPV fait un tir transversal pour faire écran aux fantassins qui se déplacent d'une position à l'autre. Un des Hilux suit les premiers fantassins qui ouvrent la voie.











    Dans la séquence 3, une dizaine de fantassins au moins accompagne la colonne de véhicules (dont 2 tireurs PK). Un tireur RPG-7 ouvre le feu plus tard ; on peut voir aussi une AK-47 avec baïonnette.





    Destructions de véhicules adverses : néant.

    Butin matériel : dans la séquence 2, la position prise au régime livre des RPG-7 avec munitions, une mitrailleuse PK, 2 technicals avec KPV protégés par un bouclier, un canon sans recul sur affût B-10 de 82 mm, un camion avec canon M1919 AA de 37 mm, une vieille mitrailleuse Goryunov SG 43 de la Seconde Guerre mondiale (!).












    Morts/prisonniers/blessés adverses : dans la séquence 2, l'EI filme 3 corps adverses.

    Dans la séquence 3, l'EI fait 2 prisonniers et filme 7 corps adverses.

    Morts/blessés de l'EI : dans la séquence 1, l'EI filme 2 de ses morts qui sont ensuite mis en terre.

    Dans la séquence 2, l'EI filme un de ses blessés graves.

    Effets visuels/montage/techniques de propagande : la louange à Allah du début de la vidéo est suivi du logo de la wilayat, sous-titré en anglais, sans effet visuel.

    Dans la séquence 1, l'EI montre des séquences tirées du films sur les débuts de l'islam. On peut voir Obama, Poutine et Nasrallah, le chef du Hezbollah, ainsi qu'Omar al-Shishani, Abu Ali al-Anbari et al-Adnani. On peut voir aussi Zarqawi.

    Un des combattants de la séquence 2 porte une caméra GoPro sur le front.

    Même chose dans la séquence 3, la GoPro filme des tirs d'AK-47.

    La séquence 3 se termine sur une vidéo amateur probablement tournée lors d'un attentat de l'EI à Homs, dans le quartier al-Zahra ; juste après, l'EI filme un kamikaze qui monte dans son VBIED.





    Religion : dans la séquence 1, un combattant lit le Coran.

    Dans la séquence 2, l'EI montre une prière.

    Nasheeds (poèmes chantés) présents dans la vidéo :

    1 : ?

    2 : ?

    3 : ?

    4 : ?

    5 : ?



    8 : 10'06''– 11'07''Al Hamdulilah

    9 : 12'07'' - 14'25''Like A Terrifying Thunder

    10 : ?


    Commentaires particuliers : en Syrie, l'EI continue de se battre de manière plus conventionnelle, contrairement à l'Irak, et en particulier face au régime syrien. Ici, le groupe engage un nombre de chars conséquents, des technicals, de l'artillerie dont pour la première fois un BM-21. La wilayat Homs reste l'une des plus productives en vidéos militaires et compte particulièrement pour l'EI.

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    Merci à https://twitter.com/green_lemonnn

    Titre : Leur patience et leur ligne de front.

    Durée : 9 minutes 39 secondes.

    Lieu(x) : le combat de la séquence 4 a lieu à Um al-Shababit, à 28 km à l'ouest de Tal Afar. Dans la séquence 6, l'EI combat à l'ouest du cimetière de Sinjar.

    Date (sûre par recoupement ou estimée) :

    Type de vidéo : c'est une vidéo de propagande : beaucoup d'archives anciennes et quelques assauts de faible envergure, pour la caméra.

    Découpage (séquences) :

    1 : 16''– 2'02, images d'archives.
    2 : 2'02''– 2'49'', images d'archives.
    3 : 2'49''– 3'40'', discours d'Abu Hmam Al Ansari.
    4 : 3'40''– 4'40'', combats à Um al-Shababit.
    5 : 4'40''– 6'04'', images d'archives.
    6 : 6'04''– 9'39'', assaut sur une position kurde, discours d'un combattant.



    Forces attaquées/adversaires : dans la séquence 4, l'EI attaque une position où flotte le drapeau du Kurdistan irakien.



    Effectifs engagés : réduits, 10 à 20 hommes dans chacun des deux assauts.

    Moyens d'appui utilisés (canons, mortiers, armes artisanales...) : dans la séquence 4, un mortier moyen (82 mm) pilonne les positions kurdes. Un canon sans recul SPG-9 est également utilisé.




    Dans la séquence 6, l'EI utilise une batterie d'une trentaine de roquettes artisanales pour pilonner l'adversaire. Un SPG-9 est également employé ainsi qu'un mortier artisanal de 200 mm (d'après le bandeau).





    Véhicules utilisés (chars, véhicules blindés, technicals...) : dans la séquence 1, on voit un Hilux avec KPV, un véhicule portant un canon sans recul, un autre Hilux avec KPV protégé par un bouclier. 


     

    Dans la séquence 4, un Hilux avec DSHK tire sur les positions kurdes.



    Dans la séquence 6, un Hilux avec KPV protégé par un bouclier est utilisé en tir tendu de même qu'un Hilux avec mitrailleuse Type 77/85.




    Kamikazes (identité) : néant.

    Véhicules kamikazes (types, impact) : néant.

    Armes légères et lourdes (fusils d'assaut, mitrailleuses, RPG, etc) - groupes de combat et leurs tactiques : dans la séquence 4, le groupe de combat de l'EI a un tireur RPG-7.



    Le groupe de combat de la séquence 6 comprend un tireur PK et un fusilier avec M-16 à lunettes. La plupart des fusiliers tirent au M-16.





    Destructions de véhicules adverses : néant.

    Butin matériel : néant.

    Morts/prisonniers/blessés adverses : néant.

    Morts/blessés de l'EI : dans la séquence 6, l'EI filme un de ses blessés et plusieurs morts.

    Effets visuels/montage/techniques de propagande : la louange à Allah est suivie du logo de la wilayat, avec nouvel effet visuel, sous-titré en anglais.

    Des images d'archives sont utilisées dans la séquence 1 : discours de Baghdadi à Mossoul, destruction de la frontière Syrie/Irak, défilé de la victoire à Raqqa à l'été 2014. On voit aussi des images filmées par l'armée irakienne. L'EI montre également des images d'archives de la wilayat avant juin 2014 : on peut y voir plusieurs Hilux avec mitrailleuse Type 77/85, un Land Cruiser avec monotube ZU-23.

    La séquence 2 montre aussi des images d'archives. On voit une trentaine de combattants de l'EI, avant juin 2014, s'entraîner au maniement des armes et au tir. On revoit aussi des images du défilé de la victoire de l'été 2014.

    La séquence 3 est l'occasion d'un discours d'un combattant, Abu Hmam Al Ansari.

    La séquence 5 montre d'anciennes images de combat, parfois d'autres wilayats (Dijlah entre autres), ou de prises de bases adverses avec véhicules.

    A la fin de la séquence 6, il y a un discours d'un combattant, Abu Omar Al Ansari.

    Religion : la séquence 2 montre une scène de prière collective.

    La séquence 5 montre des combattants lisant le Coran et faisant une prière collective.

    Pendant l'assaut de la séquence 6, on entend un discours d'Abu Bakr Al Baghdadi (le visage est associé au bandeau pour l'identifier).

    Nasheeds (poèmes chantés) présents dans la vidéo :

    1 : ?

    2 : ?

    3 : ?

    4 : 6'41''– 8'22'', Adajah.

    Commentaires particuliers : la wilayat al-Jazirah, qui ne produit pas énormément de vidéos militaires, bascule sur la défensive comme la plupart de ses consoeurs irakiennes. Les remplois d'archives sont nombreux dans cette petite vidéo, et les 2 assauts visibles consistent surtout en du harcèlement avec des moyens faibles.

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    Titre : Les lions du champ de bataille (4)

    Durée : 14 minutes 39 secondes

    Lieu(x) : les combats de la séquence 2 se déroulent dans le village de Kishkish Jbour, à un peu moins de 20 km au sud-ouest d'al-Shaddadi. L'EI s'attaque à la « maison blanche », une position fortifiée du village. Les 2 VBIED de la séquence 3 explosent à al-Hamadat.

    Date (sûre par recoupement ou estimée) : l'assaut sur Kishkish Jbour a lieu le 23 août, alors même que la Turquie lance l'opération « Euphrate Shield ».

    Type de vidéo : c'est une vidéo offensive, l'EI attaque des positions kurdes dans les villages au sud de Shaddadi.

    Découpage (séquences) :

    1 : 9''– 38'', un combattant de l'EI saute sur une mine.
    2 : 38''– 5'11'', assaut sur Kishkish Jbour.
    3 : 5'11''– 7'30'', VBIED.
    4 : 7'30''– 14'39'', assaut sur les positions kurdes.

     

    Forces attaquées/adversaires : Les Forces Démocratiques Syriennes. Comme toujours l'EI insiste sur la dimension kurde de l'organisation et appelle ses adversaires « PKK ».

    Dans la séquence 2, l'EI filme un ou plusieurs A-10 qui interviennent en soutien des FDS.




    Effectifs engagés : moyens, quelques dizaines d'hommes probablement, autour de 50 avec les véhicules.

    Moyens d'appui utilisés (canons, mortiers, armes artisanales...) : dans la séquence 2, un lance-roquettes improvisé sur affût pilonne Kishkish Jbour.




    Dans la séquence 4, un canon sans recul B-10 sur affût (82 mm) est engagé, de même qu'un SPG-9 porté à dos d'homme. Des roquettes artisanales sont également tirées. Une mitrailleuse DSHK sur affût prend à parti les positions kurdes.






    Véhicules utilisés (chars, véhicules blindés, technicals...) : dans la séquence 2, l'assaut sur Kishkish Jbour implique au moins 2 pick-up renforcés de plaques de blindage et embarquant chacun une mitrailleuse KPV. L'EI engage aussi 2 bulldozers blindés dont un avec tourelle supérieure. Il y a aussi un Humveesurblindé et un autre technical improvisé avec plaques de blindage et mitrailleuse KPV protégée par un bouclier. Les véhicules entrent dans le village en tirant avec les KPV. Un char T-55 avec « schürzen » de caisse et de tourelle tire sur les positions des Kurdes.


















    Dans la séquence 4, une jeep avec canon sans recul de 106 mm tire sur les positions kurdes. Il y a aussi un bitube ZU-23 sur Land Cruiser. Un des technicals surblindés avec KPV est réemployé ici ; un Hilux avec KPV tire également sur les positions kurdes. Le technical avec KPV avance en tirant pour couvrir la progression des fantassins. Les combattants de l'EI infiltrent une position kurde par l'arrière et éliminent plusieurs hommes.







    Kamikazes (identité) :

    1 : Abu Yunes Al Shami (Syrien).



    2 : Abu Qadam Al Shami (Syrien).



    Véhicules kamikazes (types, impact) :

    1 : Abu Yunes Al Shami pilote un véhicule léger renforcé de plaques de blindage sur l'avant et les côtés.




    2 : Abu Qadam Al Shami conduit un pick-up renforcé de plaques de blindage à l'avant et sur les côtés.




    Armes légères et lourdes (fusils d'assaut, mitrailleuses, RPG, etc) - groupes de combat et leurs tactiques : un groupe de combat de 11 hommes ouvre la voie pour l'assaut dans la séquence 2. Les fantassins portent des brassards blancs pour l'identification. On remarque au moins un pourvoyeur RPG-7. Les servants des armes de bord des véhicules appuient aussi les fantassins avec leurs armes individuelles.







    Dans la séquence 4, un groupe de 2 mitrailleuses PK tire avec le SPG-9(un des tireurs PK porte une AK-47 avec chargeur tambour). Les 2 mitrailleurs PK du groupe de combat visibles portent tous les deux une AK-47 en plus. Le tireur RPG-7 utilise une munition antipersonnelle OG-7V.










    Destructions de véhicules adverses : néant.

    Butin matériel : dans la séquence 4, l'EI capture des RPG-7, des PK, des AK-47, une mitrailleuse DSHK et une mitrailleuse Type 77/85. Un technical avec KPV protégé par un bouclier est aussi pris. L'EI fait sauter un bâtiment d'observation à l'explosif.











    Morts/prisonniers/blessés adverses : 3 prisonniers sont faits dans la séquence 4. Une dizaine de corps est filmée par l'EI.

    Morts/blessés de l'EI : Abu Abdalrahman Al Hashimi, saute sur une mine devant une position kurde dans l'introduction.

    Effets visuels/montage/techniques de propagande : la louange à Allah est suivie du logo de la wilayat, avec effet visuel, sous-titré en anglais.

    Au début de la séquence 2, on peut voir des images d'archives de la wilayat : convois de véhicules, fantassins, images de la dernière vidéo de la wilayat, appareils de la coalition (F-15, F-16, B-1...), tir de missile antichars Konkurs...

    A la fin de la séquence 4, l'EI montre de nouveau des images d'archives (dont celles du défilé de la victoire en 2014).

    A partir de la séquence 2, les objectifs attaqués et/ou pris sont filmés par drone.

    Religion : néant.

    Nasheeds (poèmes chantés) présents dans la vidéo :

    1 : 9'-30'' I Mourned The Generous Soldiers Of Our Ummah _ رثيت جنود أمتنا الكرام

    2 : ?

    3 : ?


    5 : 9'45''– 11'48''Nahadna

    6 : ?

    7 : 12'07''– 13'25''Nahadna

    8 : ?

    Commentaires particuliers :la wilayat al-Barakah combat toujours, à l'offensive, avec des moyens conventionnels : char, véhicules improvisés, moyens du génie (bulldozers) et VBIED. Et ce malgré l'intervention de l'aviation américaine. Cette fois-ci, la wilayat n'utilise pas d'images d'archives mais montre bien des opérations récentes (qui datent d'un peu plus d'un mois).

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    Titre : Les hommes qui ont été fidèles à leur alliance avec Allah-Bilal al-Iraqi.

    Durée : 18 minutes 24 secondes.

    Lieu(x) : la séquence 2 montre l'assaut d'une caserne à al-Zarkat.

    Date (sûre par recoupement ou estimée) : pas de date sûre, mais certaines archives remontent à l'année dernière, et il est fort probable que la vidéo en soit composée pour bonne partie.

    Type de vidéo : c'est une vidéo de propagande, en hommage à un cadre de la wilayat tué au combat.

    Découpage (séquences) :

    1 : 11''-44'', titre.

    2 : 44''– 12'01'', images d'archives.

    3 : 12'01''– 14'54'', assaut à l'ouest d'Amerli.

    4 : 14'54''– 18'24'', enterrement de Bilal-al-Iraqi.

     

    Forces attaquées/adversaires : armée irakienne (archives).

    Effectifs engagés : conséquents, 50 hommes dans plusieurs séquences (archives).

    Moyens d'appui utilisés (canons, mortiers, armes artisanales...) : néant.

    Véhicules utilisés (chars, véhicules blindés, technicals...) : voir propagande.

    Kamikazes (identité) : néant.

    Véhicules kamikazes (types, impact) : néant.

    Armes légères et lourdes (fusils d'assaut, mitrailleuses, RPG, etc) - groupes de combat et leurs tactiques : voir propagande.

    Destructions de véhicules adverses : néant.

    Butin matériel : néant.

    Morts/prisonniers/blessés adverses : Dans la séquence 2, un soldat irakien est exécuté par un combattant masqué, peut-être Bilal al-Iraqi. Ibrahim Al Tawili, qualifié de « leader des sahwat », est arrêté par deux hommes ; un qui tient un M-16 et un couteau, un autre un AK-47 et un SVD. Une voiture de l'EI mitraille en roulant un van de soldats rejoignant leur caserne, puis les occupants descendent de voiture pour mitrailler à bout portant le véhicule. Une autre scène d'exécution d'un soldat irakien suit. Après l'assaut sur la caserne d'al-Zarkat, où plusieurs Humvees et des armes sont capturés, 2 soldats sont exécutés. L'EI fait aussi 5 prisonniers. 2 autres soldats sont exécutés plus loin. Un autre est tué à bout portant avec un SVD.

    Dans la séquence 3, après l'assaut à l'ouest d'Amerli, un soldat est exécuté. 3 autres corps sont visibles.

    Morts/blessés de l'EI : une bonne partie de la vidéo tourne autour d'un cadre de la wilayat mort au combat : Bilal al-Iraqi. Il est peut-être originaire de Sulayman Bek ou alors menait l'organisation de l'EI sur place. On le voit parler dans un micro devant plusieurs dizaines de combattants, puis mener des entraînements au tir (avec mitrailleuse PK, AK-47). Dans la séquence 2, on voit deux autres morts de l'EI dont un identifié : Abu Bakr Al Iraqi. On voit Bilal-al-Iraqi mener des barrages sur l'autoroute Bagdad-Kirkouk.





    Dans la séquence 3, Bilal al-Iraqi mène un groupe de 50 combattants au moins à bord d'un convoi de 6-7 véhicules, dont un Humvee capturé, un véhicule de la police fédérale retourné et un Hilux avec KPV. La colonne attaque un village à l'ouest d'Amerli. Les tireurs PK ont des AK-47 dans le dos, il y a un tireur SVD. Un des technicals porte une DSHK.














    Effets visuels/montage/techniques de propagande : la louange à Allah est suivie du logo de la wilayat, sous-titré en anglais, sans effet visuel.

    Dans la séquence, on voit de nombreuses images de l'invasion américaines de l'Irak, puis d'embuscades, d'attaques à l'IED ou de snipers contre les troupes américaines. On peut voir ensuite des conseillers américains former des soldats irakiens (lance-grenades Mk 19), puis les forces de sécurité irakiennes et des archives de la wilayat.

    Religion : néant.

    Nasheeds (poèmes chantés) présents dans la vidéo :

    1 : ?

    2 : ?

    3 : ?

    4 : ?

    5 : ?

    6 : 9'33'' - 10'38''النشيد الرائع - يا جنود الحق هيا

    7 : ?

    8 : ?

    9 : ?

    Commentaires particuliers : c'est une pure vidéo de propagande, en l'honneur d'un cadre tué au combat. La wilayat Kirkouk ne montre pas d'opérations récentes...

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    Merci à https://twitter.com/green_lemonnn, https://twitter.com/MathieuMorant et https://twitter.com/binationale

    Titre : La victoire vient de Dieu et la conquête imminente (5)

    Durée : 18 minutes 40 secondes.

    Lieu(x) : le tir de SPG-9 dans la séquence 1 aurait lieu dans le quartier d'Al Rashidiya. La séquence 3 se déroule sur la position dite par l'EI « brigade d'artillerie », au sud de l'aéroport militaire de Deir-es-Zor, de même que les séquences 4 et 6.

    Date (sûre par recoupement ou estimée) : les vues de l'aéroport militaire de Deir-es-Zor ont été mises en ligne le 19 septembre dernier (un peu moins d'un mois avant cette vidéo). L'assaut la brigade d'artillerie de la séquence 6 est probablement celui du 17 septembre quand la position a été prise par l'EI.

    Type de vidéo : c'est une vidéo d'offensive, l'EI attaque des positions du régime avec des moyens conséquents.

    Découpage (séquences) :

    1 : 18''– 2'52'', archives, prisonniers.
    2 : 2'52''– 4'45'', combat contre le régime.
    3 : 4'45''– 7'58'', assaut contre le régime sur la brigade d'artillerie.
    4 : 7'58''– 9'02'', blessés et tués de l'EI, assaut contre le régime sur la brigade d'artillerie.
    5 : 9'02''– 12'46'', VBIED.
    6 : 12'46''– 18'40'', assaut contre le régime sur la brigade d'artillerie.



    Forces attaquées/adversaires : le régime syrien. Dans la séquence 2, un BMP-1 et 2 fantassins à pied s'enfuient devant l'EI.



    Dans la séquence 4, un Su-34 russe intervient et largue des bombes à sous-munitions (l'EI le précise dans le bandeau) sur l'EI.




    Dans la séquence 6, l'EI filme l'aéroport militaire de Deir-es-Zor avec sur les pistes des MiG-21 et un Mi-8, et sous alvéoles des L-39.







    Effectifs engagés : conséquents. Les assauts sur la brigade d'artillerie engagent probablement une centaine d'hommes au moins.

    Moyens d'appui utilisés (canons, mortiers, armes artisanales...) : la séquence 1 montre un tir de canon sans recul SPG-9 (?).



    La séquence 2 montre un mortier improvisé. Un combattant de l'EI tire au mortier léger (50-60 mm?).




    Dans la séquence 3, un lance-missiles antichars Fagot tire sur un char du régime. Un combattant porte un missile antichar sur l'épaule (quel type, Metis-M ; Konkurs?). Pour le pilonnage avant l'assaut, l'EI utilise un mortier artisanal, un canon sans recul SPG-9 et un autre B-10. Pendant l'attaque, 2 mortiers légers sont utilisés par l'EI.









    Dans la séquence 6, un sniper de l'EI utilise un M99 Zijiang chinois de 12,7 mm. Un canon sans recul B-10 tire aussi. Un autre fusil de sniper, improvisé (peut-être à partir d'un tube de 14,5 mm) est aussi mis en ligne.






    Véhicules utilisés (chars, véhicules blindés, technicals...) : la séquence 2 filme un bitube ZU-23 sur Toyota Land Cruiser.



    La séquence 3 montre 2 pick-up transformés en véhicules de combat improvisés par ajout de plaques de blindage, un Land Cruiser avec KPV, un Hilux avec une arme embarquée. Un char T-72 est transporté sur un porte-chars avant d'être débarqué près de la zone des combats. L'EI engage aussi un T-55AMV avec briquettes de blindage réactif et un autre char T-72 avec 2 membres d'équipage visibles et qui portent les fameux couvre-chefs des tankistes soviétiques. Un Hilux transporte 7-8 combattants sur la plate-forme arrière. On voit ensuite 3 chars T-72 (parmi lesquels les 2 vus précédemment) puis un BMP-1 avec blindage SLAT sur la tourelle. Un des pick-up modifiés embarque une mitrailleuse PK. Pour le bombardement avant l'attaque, un camion avec canon AA de 57 mm est utilisé. Le T-55 participe au pilonnage de même que le bitube ZU-23 sur Land Cruiser, et un ZPU-2 sur Hilux, ainsi qu'un des chars T-72 et un KPV sur Hilux, et un autre KPV sur Land Cruiser. Un ZPU-2 sur Land Cruiser fait aussi feu en tir tendu.



























    Dans la séquence 6, on retrouve le Land Cruiser avec KPV. Le T-55AMV est également présent de même qu'un Land Cruiser avec plate-forme arrière surmontée d'une forme rectangulaire pour accueillir une tourelle de BMP-1 démontée. Le ZPU-2 sur Land Cruiser est là également. Le pick-up surblindé (avec blindage SLAT à l'avant) surmonté d'une mitrailleuse PK participe à l'assaut.














    Kamikazes (identité) :

    1 : Abu Khatab Al Shami (Syrien). le kamikaze revêt un gilet pare-balles avant de monter dans le véhicule. Il est très ému pendant son discours, le seul qui est donné pour les kamikazes de cette vidéo.

    2 : Ali Al Uzbaki (Ouzbek).



    3 : Abu Obida Al Qirqizi (Kirghize).



    4 : Zakaria Al Andalousi (Espagnol?).

    Véhicules kamikazes (types, impact) :

    1 : BMP-1 modifié, tourelle improvisée, blindage SLAT sur les côtés et à l'arrière.



    2 : pick-up surblindé avec plaques additionnelles de blindage.

    3 : pick-up surblindé avec plaques additionnelles de blindage.



    4 : pick-up surblindé avec plaques additionnelles de blindage.



    Armes légères et lourdes (fusils d'assaut, mitrailleuses, RPG, etc) - groupes de combat et leurs tactiques : dans la séquence 1, un cadre s'adresse de nuit à ses hommes, l'un d'entre eux est un pourvoyeur RPG-7.

    Dans la séquence 2, un groupe de 10 combattants fait feu (tous porteurs d'AK-47). Un tireur PK dispose d'une lunette télescopique sur son arme.




    La séquence 3 montre d'abord un groupe de 10 combattants environ dont au moins la moitié transporte le ravitaillement en eau. Un autre groupe de même taille est à côté du BMP-1 avec blindage SLAT sur la tourelle (un tireur PK, un pourvoyeur RPG-7). On voit un autre groupe d'environ 15 hommes. Le pick-up modifié avec PK embarque 8 à 9 hommes. Un autre groupe de combat de 14 hommes monte en ligne (1 tireur PK, 1 tireur RPG-7 avec chacun AK-47 dans le dos). Un autre groupe comprend 19-20 hommes avec tireur RPG-7 et lance-roquettes M79 Osa avec munitions. Le premier groupe de combat qui tire comprend au moins 10 hommes avec 3 tireurs PK et un tireur RPG-7. On voit aussi le pourvoyeur RPG-7.





    Dans la séquence 6, une batterie de 3 mitrailleurs PK tire de concert. Un char T-72 ouvre la voie à une dizaine de fantassins (dont un pourvoyeur RPG-7). Ici il s'agit de troupes de choc, les inghimasiyyi.






    Destructions de véhicules adverses : dans la séquence 6, un BMP-1 détruit se trouve dans la position du régime investie. Un 2ème BMP-1 a probablement été pulvérisé aussi (tourelle projetée au loin, carcasse visible). Un camion a également été détruit.



    Butin matériel : dans la séquence 2, l'EI s'empare d'un BMP-1 abandonné par le régime. Un char T-72 semble également pris. L'EI capture aussi un camion avec bitube ZU-23, des armes légères, des munitions.





    Dans la séquence 6, l'EI capture un M79 Osa, 2 SVD, de 2 mitrailleuses PK, un RPG-7, des roquettes de RPG-7, des grenades, un mortier léger, un bitube ZU-23. Un camion avec canon AA de 57 mm est capturé de même qu'un char T-72. L'EI récupère aussi des mines.























    Morts/prisonniers/blessés adverses : la séquence 1 montre 11 prisonniers de l'EI (dont un soldat du régime vu dans la dernière vidéo). Parmi eux, 2 prisonniers qui se sont d'eux-mêmes rendus à l'EI à al-Rusafa (8 octobre).

    Dans la séquence 2, un corps est visible.

    La séquence 6 filme entre 30 et 40 corps de combattants du régime. Une carte d'identité est filmée : Ibrahim Mazr, lieu de naissance Tartous. Le dernier corps est moqué par l'ajout sur le torse d'une liasse de billets.

    Morts/blessés de l'EI : dans la séquence 4, on voit un tireur PK se faire blesser à la main et un autre se faire tuer par un impact. Les bombes à sous-munitions lâchées par le Su-34 russe font de nombreux tués et blessés côté EI.



    Effets visuels/montage/techniques de propagande : la louange à Allah est suivie du logo de la wilayat sous-titré uniquement en arabe, ce qui est rare maintenant dans les vidéos longues.

    La séquence 1 montre de nombreux extraits des vidéos précédentes de la wilayat. On voit les combattants de l'EI écouter et plaisanter des conversations de soldats du régime sur une radio capturée : un certain Muhamad Ali Bin Issa semble demander une évacuation médicale qui lui est refusée.

    Religion : dans la séquence 3, on voit combattant se prosterner au sol pour la prière.

    Nasheeds (poèmes chantés) présents dans la vidéo :

    1 : 3'02'' - 4'42''Qasaeqat


    3 : 6'38''– 7'55''Adajah

    4 : ?


    6 : ?

    7 : 12'51'' - 13'26'' https://www.youtube.com/watch?v=rVmXPHKUdwA

    8 : ?

    9 : 14'40'' - 16'40''Amdulillah

    10 : ?


    Commentaires particuliers : la wilayat al-Khayr met en œuvre des moyens importants pour l'assaut sur la brigade d'artillerie. Outre les 3 chars T-72 et le char T-55, on note une abondante infanterie et de non moins pléthoriques véhicules, avec des montages rarement vus comme le Land Cruiser avec tourelle de BMP-1. Sur ce front, comme à Homs, l'EI conserve une configuration très conventionnelle. La wilayat al-Khayr se distingue par le rappel des « sacrifices » : on voit ici de nombreux tués ou blessés de l'EI notamment lors de l'explosion de la bombe à sous-munitions russes.

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    La Garde Nationaliste Arabe fait partie de l'éventail de milices pro-régime syrien composées de combattants étrangers apparues à partir de 2013 pour soutenir les forces de Bachar el-Assad à bout de souffle, et notamment à courts d'effectifs. Reposant sur une idéologie arabe nationaliste, antisioniste et pro-Palestine, cette formation a mis en ligne 4 bataillons qui sont intervenus depuis 3 ans sur la plupart des fronts importants pour le régime syrien. La milice se démarque par ce discours idéologique, une proximité avec le régime, et des recrues qui viennent pour l'essentiel du Proche et Moyen-Orient.


    Historique


    La Garde Nationaliste Arabe (GNA), milice créée pour soutenir le régime syrien, est constituée de personnes adhérant encore à une certaine idée du nationalisme arabe au Moyen-Orient et au Maghreb1. Dans l'article qu'Aymenn Jawad al-Tamimi avait consacré à GNA en janvier 2014, un militant égyptien explique que cette milice a été formée en avril 2013 (mai selon d'autres sources2) par des membres de la Jeunesse Nationaliste Arabe de plusieurs pays, et que 4 bataillons ont été constitués, portant les noms de « martyrs » : Wadih Haddad, Haydar al-Amali, Mohamed Brahmi, et Jules Jammal. Mohamed Brahmi est un politicien tunisien laïc qui a fondé le Mouvement Populaire après la chute de Ben Ali. Il a été assassiné en juillet 2013. Wadih Haddad, Palestinien chrétien, a milité au Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP), connu pour ses détournements d'avions dans les années 1960-1970. Jules Jammal était un chrétien de la marine syrienne qui aurait coulé un navire français durant les combats de la guerre de Suez en 1956. Haydar al-Amali était un penseur nationaliste libanais décédé en 2007 après ses blessures reçues dans la guerre de 2006 entre le Hezbollah et Israël. GNA aurait été formée par Abu A’ed, un nationaliste arabe libanais du sud du pays, à Jabal Amal, après les frappes israëliennes en Syrie3. C'est un vétéran du combat contre les Américains en Irak après 2003. Le Camp de la Jeunesse Nationaliste Arabe dont est tirée GNA est lui-même issu du Mouvement Nationaliste Arabe fondé par George Habache, un intellectuel palestinien marxiste : le mouvement est panarabe et antisioniste.







    L'idéologie du groupe, en plus du nationalisme arabe, reprend la rhétorique du régime syrien d'agression impérialiste contre Assad, et rajoute en plus comme objectif la libération de la Palestine. La propagande du groupe aime utiliser les grandes figures du nationalisme arabe : Nasser, mais aussi Saddam Hussein, en plus du Hezbollah et de Bachar el-Assad. La Jeunesse Nationaliste Arabe fournit des recrues venant de Sidon, au Liban, de Gaza, et de l'Egypte. GNA, qui comprend des recrues venant d'Egypte mais aussi d'Irak, opère sur une bonne partie du territoire syrien : Damas, Alep, Homs et Deraa. Elle se concentre surtout à Damas en 2013-2014, participant notamment à l'offensive dans le Qalamoun. Comme souvent, les martyrs sont mis à l'honneur dans la propagande, comme Aamer Eid Abdullah - "Abu Nasir", tué en novembre 2013. GNA comprend aussi, d'après le journal libanais al-Akhbar, des recrues libanaises. Les camps d'entraînement de GNA auraient été installés dès mai 2013 sur le mont Qasioun, à Damas : les miliciens sont encadrés par l'armée syrienne. Le recrutement de Palestiniens et d'Egyptiens se serait accru après la menace de frappes aériennes américaines en août 2013 contre le régime syrien, qui venait d'utiliser des armes chimiques dans la Ghouta à Damas. GNA comprend, en plus des autres nationalités déjà mentionnées, des Tunisiens, des Yéménites, et des Syriens, aussi. En mai 2014, al-Akhbar lui donne un effectif d'un millier d'hommes, qui aurait déjà perdu près de 50 combattants tués. Les recrues sont jeunes, entre 18 et 30 ans, avec quelques-unes de 16-17 ans, encadrées par des hommes plus âgés passés par les armées égyptienne ou irakienne. On trouve par exemple un ex-officier de l'armée égyptienne âgé de 36 ans. La GNA a combattu aux côtés du Hezbollah ou du Parti Social-Nationaliste Syrien. La GNA dispose d'une branche féminine : 70 recrues en mai 2014, âgées de 19 à 35 ans, assurant notamment des tâches de sécurité à l'arrière (contrôle des checkpoints, etc). A la mi-mai 2014, la Garde Nationaliste Arabe est engagée sur le front de Mleha, dans l'est de la Ghouta. Comme la milice irakienne Liwa Assad Allah al-Ghaleb à la même époque, elle utilise des roquettes Volcano4.

    Miliciennes de GNA, octobre 2014, Damas.


    Je n'ai pas retracé tout le parcours de la formation depuis début 2014, date où je l'avais déjà évoquée sur mon blog, aussi je me suis concentré sur l'année 2016 pour donner une idée de l'engagement militaire de GNA en Syrie. En mai 2016, GNA combat à Darayya, au sud de Damas, où l'unité perd un de ses commandants5. En juin, elle a des combattants à la fois sur le front de Palmyre, à Darayya et à Ithriya où elle subit manifestement des pertes lors de la contre-attaque de l'EI pour bloquer la poussée du régime sur Raqqa6. Un bataillon est aussi présent dans la Ghouta orientale. En juillet, le bataillon Brahmi combat à Alep. En août, GNA combat toujours dans la Ghouta occidentale. Le bataillon Mohamed Brahmi lui est engagé contre l'EI à l'est d'Alep. Début septembre, une unité au moins de GNA est présente dans les combats à Alep. Le 6 octobre 2016, une vidéo du groupe indique qu'une partie au moins de GNA combat à l'est d'Alep avec le régime syrien. Le 14 octobre, des photos montrent que le bataillon Haydar opère de concert avec la 4ème division blindée du régime (42ème brigade) à Aldarkbbia. Une vidéo du 18 octobre 2016 indique qu'un bataillon au moins de GNA, Haydar al-Amali, opère dans la Ghouta occidentale à Damas, toujours à Aldarkbia.




    GNA à Alep, septembre 2016.

    En protection du régime à Suweyda, chez les Druzes syriens.














    Octobre 2016, dans la Ghouta occidentale. Le bataillon de GNA a le renfort d'un char du régime que l'on distingue à l'arrière-plan.






    Propagande


    GNA dispose de sa propre page Facebook7, régulièrement mise à jour et proposant une abondante iconographie qui confirme l'idéologie de la formation récapitulée ci-dessus. En juin 2016, Bachar el-Assad est photographié en visite auprès de GNA dans la Ghouta orientale. La cause de la Palestine est souvent évoquée (15 août). Les portraits et les discours de Nasser apparaissent souvent sur le mur de GNA, comme le 20 août 2016. La Jeunesse Nationaliste Arabe défile, avec drapeaux et bras tendus, à Qardaha, fief natal d'Assad, le 1er septembre 2016. Le 10 septembre, des miliciens de GNA accompagnent des représentants du régime chez les Druzes de la province de Suweida. Le portrait de Bachar el-Assad apparaît souvent en fond es photos ou autres montages, comme sur ce cliché du 16 septembre. Le 17 septembre, GNA reçoit à Alep le sheikh Akraam al-Kaabi, le chef de la milice irakienne chiite Harakat Hezbollah al-Nujaba qui combat aussi dans le secteur pour le régime syrien. Le 21 septembre, un poster honore Mahmoud Kassem, « martyr » tombé dans les combats en Syrie. Le 23 septembre, un convoi funéraire rassemble de nombreux véhicules et militants de la formation. Les cercueils sont salués par un bras droit tendu. 2 autres « martyrs » sont honorés le 14 octobre. Une photo du 15 octobre montre l'enterrement de 2 « martyrs » de GNA. Parmi eux, sans doute ce mort au combat qui a droit à son poster de propagande le même jour.

    Lors du jour al-Quds, GNA déplace avec elle à Damas une maquette de la mosquée de Jérusalem.

    La Jeunesse Nationaliste Arabe à Qardaha (septembre 2016).



    On remarque Nasser sur la poitrine du combattant de ce montage.


    Assad visite un blessé.

    Hafez el-Assad est aussi célébré par la propagande de GNA.


    Objectif : libérer la Palestine.



    Le portrait d'Assad, omniprésent.

    A droite, Akram al-Kaabi, chef de Harakat Hezbollah al-Nujaba, accueilli à Alep par GNA.


    Nasser, encore et toujours.












    Effectifs, équipement, tactiques


    GNA ne communique pas énormément sur ses opérations militaires, ou en tout cas ne les montre pas dans le détail, visuellement parlant. D'après ses publications de propagande, on déduit que GNA est essentiellement une force d'infanterie, avec AK-47, mitrailleuses PK et RPG-7 surtout. Les véhicules blindés sont fournis, en appui, par le régime syrien, comme ce char visible sur une vidéo d'octobre 2016. Le 1er octobre, une photo montre cependant un combattant de GNA à côté d'un lance-missiles antichars Kornet. Une photo du 13 octobre 2016 laisse penser que GNA dispose peut-être de fusils anti-sniping Sayyad 2/AM 50 de 12,7 mm iraniens. Les effectifs, sans être très fournis, permettent visiblement d'alimenter les 4 bataillons qui composent la formation et qui sont déployés sur différents fronts.

    RPG-7 avec charge tandem.
    Missile antichar Kornet.

    Fusil de sniping lourd AM 50 de 12,7 mm.


     

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    Comme cela avait été annoncé par de nombreux spécialistes, et comme je l'avais supposé moi-même, les véhicules kamikazes de l'EI (VBIED) ont joué un rôle important dans la défense agressive de l'EI contre l'offensive sur Mossoul, dès le premier jour, le lundi 17 octobre. Au 6ème jour de la bataille, au moins 48 VBIED, d'après l'EI lui-même, ont été lancés sur ses adversaires : 12 le premier jour, le lundi 17 octobre, avec un pic le jeudi 20 octobre qui a vu l'utilisation de pas moins de 18 (!) VBIED. Arme classique de l'arsenal de l'EI, le VBIED devient ainsi un outil dans le retardement de la progression des Kurdes, de l'armée irakienne et de ses alliés les miliciens chiites vers le bâti de Mossoul.

    Le lundi 17 octobre, 12 attaques de VBIED sont menées par l'EI, dont au moins la moitié sur les peshmergasà l'est de Mossoul. Parmi ces derniers, il semble y avoir un camion-citerne probablement détruit à l'aide d'un missile antichar MILAN. Au moins un VBIED cependant frappe une colonne de véhicules de l'armée irakienne (un BMP-1 est pour ainsi dire éperonné) au sud/sud-est de la ville. 

    Camion-citerne transformé en VBIED détruit par les Kurdes avec un missile MILAN ?




    17 octobre : le VBIED de l'EI va éperonner un BMP-1 d'une colonne de l'armée irakienne au sud de Mossoul.


     

    Le mardi 18 octobre, les 5 opérations VBIED de la journée sont menées au sud, contre l'armée irakienne (près de Qayyara, Makhmour) et contre le Hashd (mobilisation populaire chiite). A Shirqat, dans la wilayat Salahuddine de l'EI où ce dernier mène une contre-attaque pour détourner l'attention de Mossoul, une vidéo Amaq présente ce qui semble être un VBIED : un véhicule type 4x4 bardé de plaques de blindage à l'avant et sur les côtés.


    Contre-attaque de l'EI près de Shirqat, 18 octobre : un 4x4 avec plaques de blindage artisanal jeté sur les positions adverses.


    Le mercredi 19 octobre, 3 VBIED se jettent contre les adversaires de l'EI, dont 2 contre l'armée irakienne et le Hashd au sud/sud-est de Mossoul. Les Kurdes capturent un VBIED intact typique des ateliers de Mossoul : blindage SLAT, plaques de blindage sur l'avant et les côtés. Un autre est également saisi, caché à l'abri sous un bâtiment. Un reportage photo de l'EI de la wilayat Ninive montre un des VBIED utilisés ce jour-là qui semble être un BMP ou véhicule blindé approchant dépourvu de tourelle et renforcé de blindage additionnel.




    Ce VBIED capturé par les Kurdes est typique des ateliers de la wilayat Ninive : blindage SLAT sur l'avant, plaques de blindage à l'avant et sur les côtés...


    Même modèle de VBIED (voire le même ?) dans un reportage de Sky News.
    Kamikaze du VBIED ci-dessous.
    Le VBIED semble être un véhicule blindé détourellé et muni d'une autre tourelle improvisée (BMP ?).





    Les Kurdes capturent un autre VBIED, sous un bâtiment.


    Le jeudi 20 octobre, pas moins de 18 VBIED sont utilisés alors que les Kurdes ouvrent le frond au nord de Mossoul : 6 au moins explosent à l'est/nord-est/nord-ouest de la ville et 4 au sud-est. La wilayat Dijlah publie un reportage photo montrant un des VBIED jeté contre une colonne irakienne : il s'agit d'un 4x4 muni d'une coque de protection artisanal avec plaques sur l'avant. Les Kurdes détruisent ce qui semble être un camion blindé artisanalement. Au nord de Mossoul, une vidéo Amaq montre un pick-up blindé avec plaques de renfort qui se jette sur les lignes kurdes. Au sud, les forces irakiennes capturent un VBIED intact : un 4x4 avec blindage SLAT et phares sur l'avant et plaques de blindage additionnel. La Golden Division (forces spéciales irakiennes) détruit un VBIED du même type (sans blindage SLAT) à Bartella.





    Le VBIED de la wilayat Dijlah est un 4x4 avec coque de blindage artisanal sur l'avant.







    Ce VBIED qui se jette contre les Kurdes ressemble à un camion blindé.

    Au nord de Mossoul, ce VBIED est un pick-up avec renfort de plaques de blindage.



    Ce VBIED est bâti sur un 4x4 Ssangyong Tarmac renforcé de plaques de blindage et d'un blindage SLAT à l'avant avec phares.

    Bartella : un VBIED est détruit par les ISOF.

    Un 2ème VBIED s'approche  : 4x4 avec plaques de blindage artisanal.

    2 soldats irakiens des ISOF se filment alors qu'un VBIED explosent à l'arrière-plan.


    Le vendredi 21 octobre, le nombre de VBIED retombe à 5 dans la journée selon l'EI.



    Que nous dit pour l'instant l'utilisation des VBIED par l'EI ? Que c'est une arme tactique importante y compris dans le cadre d'une défense, ici agressive. L'EI jette par vagues ses VBIED sur les points stratégiques : on le voit bien dans un reportage d'un journaliste « embedded » avec la Golden Division lors des combats à Bartella, à l'est de Mossoul, le 20 octobre : 4 VBIED frappent la colonne irakienne, dont un, le dernier, qui touche manifestement sa cible. Les deux jours où l'emploi a été le plus massif sont le premier jour de la bataille, 17 octobre, et le quatrième jour, quand les Kurdes ouvrent le front nord. Les VBIED ciblent en majorité les convois de véhicules irakiens ou kurdes. Dans le cadre d'une défense agressive de retardement avant l'entrée de ses adversaires dans la ville, l'EI utilise ses VBIED comme artillerie de substitution. Ils sont moins sujets à la contre-batterie que les mortiers ou roquettes artisanales, également utilisés, en revanche, ils sont vulnérables comme toujours aux tirs de missiles antichars ou autres armes à longue portée, d'autant plus que le mode opératoire ne change pas : l'EI envoie toujours sur le même objectif ses VBIED quand il s'agit de la même opération (on le voit bien à Bartella le 20 octobre). Le schéma d'emploi n'est donc pas très original, mais participe de la stratégie de l'EI qui vise manifestement à faire durer le plus longtemps possible les combats à l'extérieur de Mossoul, de façon, sans doute, à peaufiner la défense à l'intérieur de la ville. Les vidéos montrant les VBIED pris nous prouvent que l'EI stocke pour ainsi dire les VBIED dans les petites localités autour de Mossoul, à l'abri, en vue d'une utilisation lors de la défense de ces petits villages. Cela peut expliquer le grand nombre de véhicules utilisés jusqu'ici : la défense a été minutieusement préparée.

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    L'Etat Islamique, depuis le début de la bataille de Mossoul, a commencé à communiquer par le biais de sa propagande sur la défense menée pour l'instant à l'extérieur de la ville.

    Une première vidéo de l'agence Amaq (paravent de la propagande de l'EI) montre ainsi, de nuit, un groupe de 20 à 30 combattants dans les rues de la ville, déserte. Les hommes, armés d'AK-47, de M-16 et de mitrailleuses PK, font acte de présence : il s'agit de montrer que les forces militaires du groupe sont bien là. Mais le déploiement de forces n'est pas très conséquent.









    La première vidéo de l'agence Amaq montrant réellement les combats se tiendrait sur le front sud-est, face aux Kurdes irakiens. Les tirs surviendraient après l'explosion d'un VBIED contre une colonne kurde. On distingue effectivement dans cette colonne au loin deux chars T-55 et ce qui semble bien être deux véhicules blindés EE-11 Urutu dont disposent les peshmergas, un bulldozer et d'autres véhicules légers. On voit relativement peu de combattants de l'EI : 4 avec armes légères, et un dernier combattant manipulant un fusil de sniper improvisé à partir d'un tube antiaérien (14,5 ou 23 mm?) et qui fait feu deux fois sur une colonne composée cette fois surtout de Humvees.








    Une autre vidéo Amaq semble également montrer les combats contre les Kurdes à l'est ou au sud-est de Mossoul. Une mitrailleuse lourde KPV montée sur Toyota Hilux prend à partie une colonne de véhicules qui là encore semble bien être des peshmergas. Un véhicule est incendié. Une mitrailleuse KPV sur affût à roues tire également sur les véhicules kurdes. C'est ensuite une pelleteuse qui est incendiée par un tir de missile antichar.







    Une vidéo de la wilayat Salahuddine de l'EI, publiée par Amaq dès le mardi 18 octobre, montre une contre-attaque dans les environs de Shirqat, dans le corridor gagné par l'armée irakienne depuis le mois de mars au sud de Mossoul. Là encore, peu de combattants sont visibles : 4 tireurs, dont un mitrailleur PK, couvrent la progression rapide de ce qui semble être un VBIED. Un tireur RPG-7 réalise un tir « en cloche » tandis que non loin se trouvent deux autres mitrailleurs PK. Un Toyota Land Cruiser avec KPV protégée par un bouclier intervient également. L'EI semble vouloir mener des contre-attaques ponctuelles sur d'autres fronts (nord de Baiji dès le 17 octobre ; Shirqat le 18 octobre), comme souvent, pour détourner l'attention de l'armée irakienne et de ses alliés de Mossoul. La poche de Hawijah, à l'est du corridor grignoté par l'armée irakienne depuis mars 2016, constitue ainsi un accès de fixation que l'EI pourrait utiliser à bon escient.







    Un reportage photo du 20 octobre montre le front au nord de Mossoul. Les positions kurdes sont bombardées à coups de mortiers. Les combattants de l'EI sont vus en train de progresser dans des tunnels. Les tunnels, comme je m'en étais expliqué dans une interview avant l'offensive, ont été abondamment utilisés par l'EI dans la défense extérieure de la ville. Dès le premier jour, à l'est de Mossoul, les Kurdes irakiens rapportent que les villages en sont truffés. Un commandant kurde explique que 10 hommes de l'EI retardent sa progression dans un village en surgissant n'importe où grâce aux tunnels et en ouvrant le feu avec des fusils de snipers sur ses combattants. Ces tunnels, comme le montrent un exemple filmé par les Irakiens, peuvent être creusés jusqu'à 4 m sous terre. Les villages sont également préparés pour le combat de rues : on voit très bien dans les positions déjà prises les cloisons des bâtiments percés pour naviguer de pièce en pièce, grand classique du combat urbain. Une vidéo tournée par Amaq sur le même front nord la veille montre le harcèlement des positions kurdes avec des tirs de PK ou de RPG-7, un sniper armé d'un SVD Dragunov. Le pilonnage est effectué là encore avec un canon improvisé à partir d'un tube antiaérien (23 mm avec frein de bouche?) et un mortier lourd (120 mm ou approchant). Peu de combattants sont visibles (4-5).










    Ce que l'EI ne montre pas, ce sont les moyens de défense agressive, comme les 12 VBIED surtout jetés sur les Kurdes dès le début de l'offensive (on est à plus d'une vingtaine en trois jours et demi maintenant, sans compter tous ceux qui ont été capturés intacts), ou les moyens de défense indirecte. Les villages à l'est et au sud de Mossoul sont truffés de pièges explosifs, particulièrement craints des Kurdes irakiens et de leurs alliés de l'armée irakienne. Comme je l'avais dit également avant l'offensive, l'EI a fait un large usage de l'incendie des puits de pétrole ou de tas de pneus pour gêner l'action des appareils irakiens ou étrangers. Une vidéo tournée par les Kurdes montre aussi l'explosion de la ceinture d'un inghimasi (troupes de choc avec gilets explosifs) blessé près des peshmergas.

    Il est difficile de tirer des conclusions après seulement 3 jours de combat. L'EI semble privilégier à l'est, face aux Kurdes, une action de retardement, y jetant la majorité de ses VBIED (ainsi que sur le front nord qui vient de s'ouvrir aujourd'hui), alors que le combat semble plus soutenu sur le front sud face à l'armée irakienne et ses alliés, l'EI utilisant aussi des tirs de mortiers ou de roquettes pour stopper la progression adverse.

    Au 4ème jour de combat, les Kurdes irakiens ont finalement ouvert le front nord. L'EI a publié une vidéo montrant les combats sur ce front. On y voit un VBIED se jeter sur les positions kurdes : la journée d'hier a été marquée par l'emploi massif de VBIED, 17 en tout, soit 5 de plus que le premier jour (12), pour un total maintenant de 37 depuis le début des combats. Cette vidéo montre aussi un tireur PK avec AK-47 dans le dos, un tireur MG-3 et un tir de missile antichar Fagot contre une pelleteuse (à nouveau). En plus des tunnels, des engins explosifs improvisés et incendies de puits de pétrole, l'EI mène donc aussi une défense mobile dans les villages aux alentours d'Alep.







    Au sixième jour de la bataille, l'EI a contre-attaqué à Kirkouk en infiltrant la ville par le sud à partir de la poche de Hawija, avec des inghimasiyyi. Les forces venues de l'extérieur ont peut-être été aidées par des cellules dormantes. Même si les effectifs ne sont pas conséquents, il s'agit encore une fois de détourner des forces de l'offensive contre Mossoul. Les Kurdes ont d'ores et déjà entrepris le nettoyage de la ville, mais des miliciens turkmènes chiites de la mobilisation populaire affiliés à l'organisation Badr sont également intervenus. L'EI quant à lui, via Amaq, ses vidéos et reportages photos, insistent une fois de plus sur les tirs de missiles antichars : l'un qui détruit un Humvee kurde sur le front nord ; un reportage photo montrant un tir de canon sans recul SPG-9, un tir de missile antichar Konkurs, un autre de Fagot (?), des combattants armés de mitrailleuses PK, M-16 et AK-47. Parallèlement, la wilayat Dijlah publie les images d'un VBIED qui semble avoir attaqué une colonne de l'armée irakienne sans doute en route pour Mossoul. La wilayat al-Jazirah, elle, montre des images de harcèlement des positions kurdes avec des roquettes artisanales, des mortiers et un technical avec monotube ZU-23. Pour ajouter aux effets des incendies de puits de pétrole et de pneus, l'EI a incendié aujourd'hui une usine chimique au souffre entre Mossoul et Qayyara, forçant les troupes au sol à mettre leurs masques à gaz pour se protéger des émanations toxiques.
























    Après 6 jours de combat, l'EI publie deux vidéos qui montrent que la défense agressive pour retarder l'entrée de ses adversaires dans la ville ne se limite pas à l'emploi d'IED, VBIED et de tunnels. Le groupe conduit aussi une défense mobile avec des combattants au sol. La 1ère vidéo, sur le front sud, montre davantage de combattants que précédemment : l'EI utilise un mortier léger (50/60 mm), un RPG-7, un des combattants à un M-4 à lunette. C'est la première vidéo également où l'EI montre des véhicules de l'armée irakienne détruits : un MRAP MaxxPro, un camion, un bulldozer blindé, un Humvee, un MRAP Casspir soit 5 véhicules en tout. L'EI filme aussi une caisse de munitions pour SPG-9. La 2ème vidéo montre une mitrailleuse lourde DSHK de 12,7 mm en position dans un village, et un VBIED jeté contre une position irakienne qui ressemble fort à celui vu dans un reportage filmé par un journaliste "embedded" avec les ISOF sur le front de Bartella. Là encore, les combattants de l'EI sont plus nombreux, se servent de motos ; l'EI filme un véhicule détruit (Humvee ?). A noter aussi, encore aujourd'hui, une autre attaque de diversion de l'EI à al-Rutbah, à l'ouest d'al-Anbar.


















     

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    Merci à https://twitter.com/green_lemonnn et https://twitter.com/MathieuMorant

    Titre : Ceux qui cherchent la vie.

    Durée : 20 minutes 33 secondes.

    Lieu(x) : dans la wilayat Halab de l'EI sans plus de précision.

    Date (sûre par recoupement ou estimée) : dans la séquence 4, l'homme qui regarde la vidéo sur son ordinateur nous donne une date : dimanche 9 octobre (marquée sur le PC).

    Type de vidéo : cette vidéo est entièrement consacrée aux kamikazes sur VBIED.

    Découpage (séquences) :

    1 : 27''– 1'26'', présentation des kamikazes qui vont se faire sauter.
    2 : 1'26''– 4'37'', kamikazes.
    3 : 4'37''– 7'45'', Abu Al farouq Al Shami et son VBIED.
    4 : 7'45''– 9'55'', Abu Luqman Al Tunisi et son VBIED.
    5 : 9'55''– 17'57'', Abu Maria Al Shami, son père ; attaque kamikaze du premier.
    6 : 17'57'' - 20'33'', attaque de VBIED contre le régime.

     

    Forces attaquées/adversaires : rebelles syriens et régime syrien.

    Effectifs engagés : dans la séquence 6, on voit un groupe d'une vingtaine de combattants, avec mitrailleuse PK et RPG-7.



    Moyens d'appui utilisés (canons, mortiers, armes artisanales...) : dans la séquence 5, l'EI tire avec un canon D-20 de 152 mm.



    Dans la séquence 6, Abu Shahab Al Hamawi (commandant militaire au bureau des soldats/personnels) tire au canon M-46 de 130 mm.




    Véhicules utilisés (chars, véhicules blindés, technicals...) : néant.

    Kamikazes (identité) :

    1 : Abu Al farouq Al Shami (Syrien ; paraplégique : blessé au combat?).



    2 : Abu Luqman Al Tunisi (Tunisien).



    3 : Abu Maria Al Shami (Syrien), il est précisé qu'il appartient au service de sécurité de l'EI et à la branche des armes lourdes de la partie nord de la wilayat. Il a un enfant très jeune.



    4 : Abu Ahmad Al Shami (Syrien), le père du précédent.



    5 : Abu Shahab Al Hamawi (Syrien, commandant militaire au bureau des soldats/personnels).



    6 : Abu Salah Al Safrani.



    Véhicules kamikazes (types, impact) :

    1 : Abu Al farouq Al Shami pilote un 4x4 Hyundai renforcé de plaques de blindage à l'avant (avec une forme de lame du bulldozer) et sur les côtés.



    2 : Abu Luqman Al Tunisi pilote un pick-up avec plaques de blindage à l'avant et sur les côtés.



    3 : Abu Maria Al Shami se fait exploser dans une réunion de rebelles syriens à Deraa, au sud de la Syrie.

    4 : Abu Salah Al Safrani pilote un 4x4 rouge renforcé de plaques de blindage.


    5 : Abu Shahab Al Hamawi jette son VBIED sur une base du régime syrien.

    Armes légères et lourdes (fusils d'assaut, mitrailleuses, RPG, etc) - groupes de combat et leurs tactiques : néant.

    Destructions de véhicules adverses : néant.

    Butin matériel : néant.

    Morts/prisonniers/blessés adverses : néant.

    Morts/blessés de l'EI : néant.

    Effets visuels/montage/techniques de propagande : la louange à Allah est suivie d'une petite introduction où l'EI compare sa propagande de 2007 à celle de 2016, à destination ici des enfants. Le logo de la wilayat avec sous-titres en anglais suit.

    Dans la séquence 2, on voit des enfants jouer dans un jardin d'enfants dont un qui a un modèle réduit de fusil d'assaut. La vidéo montre des kamikazes et leurs VBIED, leurs préparatifs religieux avant leur opération (dont la lecture du Coran), la prise d'un thé et d'un repas. Un homme regarde sur son ordinateur (avec fond d'écran au logo de la wilayat) les extraits de la vidéo.

    L'attaque kamikaze de la séquence 6 est filmée par drone. Le discours d'Adnani se fait sur fond des photos des kamikazes de la wilayat.

    Religion : on entend un discours d'Abu Omar Al Baghdadi juste après l'attaque kamikaze de la séquence 5.

    Après l'explosion du VBIED de la séquence 6, on entend un discours du sheikh Abu Muhamad Al Adnani.

    Nasheeds (poèmes chantés) présents dans la vidéo :

    1 : ?

    2 : ?

    3 : ?

    4 : ?

    5 : ?

    6 : ?

    7 : ?

    8 : ?

    Commentaires particuliers : cette vidéo est entièrement consacrée aux VBIED. On remarque que des cadres de l'organisation sont utilisés comme kamikazes. Le montage de propagande autour des kamikazes est élaboré (relation père-fils, tirage au sort entre 2 volontaires pour piloter le VBIED, etc).

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    Harakat Hezbollah al-Nujaba (HHN) est une milice chiite irakienne créée au départ comme paravent, en Syrie, au déploiement de milices chiites irakiennes plus anciennes comme Asaib Ahl al-Haq (AAH). HHN prend progressivement son autonomie et après avoir combattu aux côtés du régime syrien en 2013-2014, revient en Irak pour affronter l'EI après juin 2014. HHN revient en Syrie dès le printemps 2015 et joue en particulier un grand rôle dans la batailled'Alep : en octobre 2016, alors que se déclenche la bataille de Mossoul, HHN prépare ses forces pour celle-ci tout en maintenant un contingent de plusieurs milliers d'hommes à Alep, en Syrie. Les publications d'HHN sur les réseaux sociaux permettent de mesurer son degré d'engagement dans la bataille de Mossoul (même s'il n'y a pas encore d'images au combat directement) et donc l'implication des milices chiites, qui sont censées ne pas rentrer dans la ville elle-même et plutôt contribuer à la poussée vers l'ouest de la ville de Mossoul, en direction de Tal Afar.

    Dès le 17 octobre, HHN publie un spot de propagande annonçant sa participation à la bataille de Mossoul, en recyclant des images de ses combats en Irak et en Syrie aux côtés du régime1, puis rajoute un deuxième trailer de propagande dans la même journée2.

    Le 18 octobre, HHN publie les photos de la conférence avec Moqtada al-Sadr, qui réunit aussi al-Kaabi et Amiri, le chef de l'organisation Badr, autrement dit les principaux responsables des milices chiites irakiennes.

    Au centre, Moqtada al-Sadr, à sa droite Amiri, et à l'extrême-droite al-Kaabi, le chef d'HHN.


    Une photo du 19 octobre montre un convoi d'HHN avec de nombreux Toyota Land Cruiser et un lanceur IRAM quadritube sur camion. Une autre photo dévoile un BMP-1 camouflé sur porte-chars. Une vidéo montre les lance-roquettes d'HHN : outre 2 lanceurs IRAM bitubes sur pick-up et un LRM sur pick-up, on voit un autre lanceur IRAM à 8 tubes sur camion.


    Le BMP-1 camouflé que l'on reverra sur la vidéo longue du 22 octobre.

    IRAM à 8 tubes monté sur camion.

    Humvee avec DSHK en tourelle. On note le drapeau d'HHN omniprésent sur ses véhicules.


    Le 21 octobre, HHN filme 4 de ses véhicules lance-roquettes qui arrivent à Qayyara, au sud de Mossoul. Dès ce jour-là, une courte vidéo montre un énorme convoi de véhicules se dirigeant vers Mossoul3.





    Le 22 octobre, HHN met en ligne la vidéo longue4 détaillant le convoi déjà vu précédemment qui remonte vers Mossoul, en partie filmé par drone. On peut y voir un énorme convoi comprenant des dizaines de Toyota Hilux et Land Cruiser aux drapeaux de l'organisation, avec probablement plusieurs centaines de combattants. L'une des scènes montre par exemple 5 Toyota Land Cruiser avec chacun une dizaine de combattants environ. Une scène filmée par drone montre 12 pick-up chargés de combattants (au moins 100 hommes). On voit plus loin 10 Land Cruiser chargés de combattants, plus de nombreux Toyota Hilux et autres véhicules dont certains de la police fédérale. Dans le convoi, on peut voir 2 véhicules légers Safir iraniens, l'un avec un canon sans recul de 106 mm, l'autre avec un LRM Type 63. Il y a également 3 Humvees renforcés de plaques de blindage, un porte-chars transportant un BMP-1 et un M113, un ILAV Badger, un M1117 avec tourelle embarquant un ZU-23 monotube et deux pick-up portant des lanceurs IRAM bitubes. Ce déploiement de matériel montre l'extrême porosité entre la milice chiite et les forces de sécurité irakiennes. Le même jour, d'autres photos montrent des hommes d'HHN au combat dans le nord de la province de Salahuddine.


    En 2ème position, le Safir (véhicule léger iranien) à canon sans recul de 106.



    2 des 3 Humvees de la colonne.

    Le BMP-1 sur porte-chars avec un M113.

    A gauche, un ILAV Badger.

    Les 3 Humvees (ci-dessus et ci-dessous) dans la colonne.


    M113 et BMP-1 sur porte-chars.



    IRAM bitube sur pick-up.

    M1117 avec canon ZU-23 (23 mm) monotube.

    Safir avec LRM Type 63.





    Le 23 octobre, al-Kaabi, le chef d'HHN, déclare que la bataille de Mossoul est une étape importante de la lutte contre l'EI mais ne marque pas pour autant la fin de la guerre. HHN publie aussi une photo de ses 2 lance-roquettes bitubes IRAM sur pick-up : les photos d'HHN sont désormais sous-titrées en anglais.


    Les 2 pick-up avec IRAM, on note la traduction en anglais en bas à droite.




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    Pendant la Grande Guerre Patriotique (probablement en 1942, à l'été).Aleksey Fedotov (Pavel Kadochnikov) est un major des renseignements soviétiques. Il assiste à l'interrogatoire d'un espion ennemi qui livre des informations sur le nouveau quartier général allemand à Vinnitsa, en Ukraine. L'espion réussit à s'évader pendant son transfert en camion cellulaire. Fedotov est parachuté en Prusse-Orientale pour approcher, dans une petite ville, une famille de commerçants en faillite dont le fils est l'adjoint du responsable SS chargé de la sécurité de Vinnitsa, von Rummelsburg. Se faisant passer pour un citoyen suisse, Fedotov parvient à monter une affaire commerciale avec la famille et le fils l'introduit à Vinnitsa. Seulement Fedotov ignore que von Rummelsburg cherche à démanteler les réseaux clandestins soviétiques et a une taupe dans son organisation...

    Inspiré d'un roman, Agent secret (parfois appelé Les exploits d'un officier des renseignements) est le premier film soviétique après 1945 à évoquer l'action des services de renseignement durant le conflit. En plus du roman, le personnage principal est inspiré d'un homme authentique : Nikolai Khokhlov, agent du NKVD en 1941, qui avait été entraîné pour mener des attentats à Moscou si les Allemands venaient à prendre la ville, puis qui est parachuté en Biélorussie occupée où, déguisé en officier nazi, il participe à l'assassinat du Gauleiter, Wilhelm Kube. Passé au KGB après la guerre, il déserte à l'ouest en 1954.









    Jusqu'à la mort de Staline, les films de guerre soviétiques ne brillent pas pas leur qualité. En général, ils sont à la gloire de Staline, ou bien valorisent les morts ou les estropiés du conflit. Agent secret tranche justement avec ce postulat. Il met à l'honneur le thème de l'espionnage. Fedotov retrouve sa femme après une mission pour un court instant ; aucune romance dans le film, l'officier est tout entier dédié à sa mission, et repart aussitôt sur l'ordre de son supérieur. Le scénario nous plonge dans le milieu très secret de l'espionnage, mais avec une dose certaine de réalisme. Tout le film se passe quasiment de nuit. Parachuté en territoire allemand, Fedotov doit faire montre d'un sang-froid exceptionnel pour ne pas être démasqué. Pour approcher le QG allemand à Vinnitsa, il mise sur les faiblesses d'une famille commerçante désargenté dont le fils s'est placé dans la SS. En outre le scénario oppose à Fedotov un adversaire à sa taille : von Rummelsburg, le chef du SD à Vinnitsa, qui parvient à placer une taupe dans les réseaux clandestins soviétiques, un Ukrainien -ainsi est abordé la collaboration avec l'ennemi de certains citoyens soviétiques. Fedotov, arrivé à Vinnitsa, installe son entreprise, tombe sur l'espion rencontré à Moscou qui avait réussi à s'échapper, et par un exceptionnel sang-froid, là encore, parvient à se sortir d'une mauvaise situation. Au traître ukrainien s'oppose les Ukrainiens patriotes, qui vont aider Fedotov dans sa mission. Le film montre toute les ruses et manoeuvres propres au monde des agents secrets : pour repérer le traître, Fedotov sacrifie un de ses employés à l'usine de Vinnitsa qui était venu spontanément se proposer à lui comme dénonciateur des Juifs et des communistes (sic). L'opérateur radio qui transmettait les messages de Fedotov après l'avoir rencontré en Prusse Orientale est éliminée, comme nombre de partisans ukrainiens, ce qui montre les risques énormes pris par ces personnes durant le conflit. Une fois la taupe éliminée, Fedotov peut mener à bien sa mission : en profitant des indiscrétions et des ennuis pécuniers du fils de commerçant devenu SS, il parvient à s'introduire au QG de Vinnitsa auprès du général dont il doit dérober les plans d'opérations. La fin du film, avec l'opération ratée de braquage du coffre-fort et l'enlèvement du général, est peut-être la partie la plus ubuesque. Cela n'enlève rien à l'intérêt de l'ensemble, où le héros Fedotov, navigue dans l'ombre, dans un monde où tous les coups sont permis, ce qui écorne quelque peu la figure du héros stalinien.











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    L'EI a bien préparé la bataille de Mossoul : c'est une évidence lorsqu'on essaie de cerner les moyens et les tactiques engagés pour la défense extérieure de la deuxième ville irakienne. Il n'y a pas eu pour l'instant forcément d'innovation tactique, mais l'EI a su faire bon usage de moyens éprouvés, voire les déployer à une échelle sans précédent. Le degré d'organisation peut laisser songeur sur la phase de combat urbain qui va inévitablement suivre la défense du pourtour de la ville. Comment l'EI a-t-il préparé la protection de l'espace à l'extérieur de Mossoul et que nous apprend-il sur sa façon de faire la guerre ? Ce sont à ces deux questions que nous allons essayer de répondre dans les points ci-dessous.




    1 Les tunnels


    Comme à Falloujah en Irak, ou en Syrie à Manbij, l'EI a utilisé des tunnels pour organiser la défense des villages environnant Mossoul, au nord, au sud, et à l'est. Rien d'étonnant à cela : avant la bataille, la wilayat Ninive de l'EI avait fait la publicité (photos, vidéos) de ces tunnels. Ces tunnels visent d'abord à offrir une protection contre les frappes aériennes1. Ventilés pour des ouvertures à la surface, ils sont souvent pourvus de courant électrique, de lits. L'EI peut ainsi y dissimuler des snipers qui attaqueront par surprise les combattants entrés dans les villages. Il peut également placer des mitrailleurs ou des tireurs RPG-7 aux entrées, et faire sortir aussi des inghimasiyyi2. Une dizaine de combattants de l'EI a pu, grâce aux tunnels, tenir un village pendant des heures face aux Kurdes irakiens dès le premier jour de la bataille.



    Lit et installation électrique dans un tunnel, secteur de Khazir.



    2 Les IED


    Là encore, aucune surprise : en défense, et en particulier en milieu urbain, l'EI a toujours utilisé les engins explosifs improvisés (IED) qui sont même devenus l'une de ses spécialités. Le premier Américain tombé dans la bataille, près de Bashiqa, le jeudi 20 octobre, le Chief Petty Officer Jason Finan, a été victime d'un de ces engins dissimulés au bord d'une route. L'EI dispose les IED au bord des routes et voies d'accès, pour ralentir les mouvements adverses, mais piège aussi toutes les habitations des localités qu'il contrôle, et jusqu'à des objets que l'on ne soupçonnerait pas, y compris les Corans. Les démineurs kurdes ne sont pas forcément très bien équipés, contrairement aux Américains, pour venir à bout de tous ces engins3. Le lieutenant-colonel Gulani, un spécialiste kurde des IED (il en avait désamorcé 5 000) est d'ailleurs tué par un engin le mardi 18 octobre.

    Jason Finan.

    Le lieutenant-colonel Gulani.

    3 Les VBIED


    L'utilisation de VBIED, elle aussi, n'est pas une surprise de la part de l'EI, mais c'est son ampleur qui étonne quelque peu. En une semaine, du lundi 17 au lundi 24 octobre, ce sont pas moins de 58 VBIED que l'EI revendique avoir utilisé contre les assaillants. D'après les images de véhicules capturés sur les différents fronts, il apparaît que l'EI a préparé la défense des localités extérieures à Mossoul jusque dans l'emploi des VBIED, qui ont manifestement été stockés sous des abris dans les villages pour être jetés rapidement sur les assaillants qui approchent. Cela explique sans doute que le nombre le plus élevé de VBIED survienne le premier jour (12), puis le quatrième jour, jeudi 20 octobre (18), quand les Kurdes ouvrent le front nord. Depuis, la plupart des VBIED ayant été « consommés », le nombre a diminué. Les types sont assez variés avec une majorité toutefois de 4x4 avec coque artisanale de blindage (plaques) sur l'avant et les côtés, mais on a aussi vu des pick-up surblindés, des camions blindés sur le même modèle et même un camion-citerne. Les VBIED ont de la même façon été utilisés dans plusieurs attaques à l'extérieur pour soulager la pression sur la ville (Shirqat, al-Rutbah).


    VBIED lancé à Shirqat.


    VBIED utilisé par la wilayat Dijlah.

    VBIED en mouvement sur le front nord.

    VBIED à Bartella, filmé par un reporter "embedded" avec la Golden Division.



    VBIED détruit sous abri, à l'est de Mossoul, par la 9ème division irakienne.


    4 Les incendies


    L'incendie de colonnes de pneus ou de puits de pétrole avait déjà été utilisé par l'EI en juillet 2016 quand l'armée irakienne attaquait Qayyara, au sud de Mossoul, qui sert aujourd'hui de base logistique aux Américains engagés dans la bataille. De la même façon, on savait avant la bataille que l'EI avait creusé autour de Mossoul des tranchées remplies d'essence destinées à être incendiées pour gêner en particulier l'action de l'aviation. Dès le premier jour de la bataille, l'EI utilise cette arme pour aveugler le ciel. Le samedi 22 octobre, l'EI franchit un cap supplémentaire en incendiant une mine de souffre au sud de Mossoul, forçant les troupes au sol à s'équiper de masques à gaz : prélude, bénin, peut-être, à l'emploi d'armes chimiques par l'EI... Le mardi 25 octobre, l'EI commence à incendier une montagne de souffre aux alentours de Mossoul, répandant des vapeurs toxiques dans l'atmosphère.






    5 Les missiles antichars


    L'EI ne se contente pas de mener la bataille avec des engins explosifs improvisés ou des VBIED. Le groupe a aussi déployé à l'extérieur de la ville des éléments de défense mobile, comme les équipes de lance-missiles antichars (ATGM). Une des premières vidéos publiées par l'agence Amaq sur les combats autour de Mossoul montre un tir de missile antichar sur une pelleteuse (le lanceur n'est pas visible). Une autre vidéo publiée quelques jours plus tard sur le front nord (ouvert le jeudi 20 octobre) nous dévoile le lanceur : il s'agit d'un lance-missiles antichars Fagot. Les reportages, depuis, ne cessent de montrer des tirs d'ATGM : un Humvee détruit par un missile antichar (lanceur non visible) sur le front nord, un lance-missiles antichars Konkurs en action, de même qu'un Fagot (?), jusqu'à ce tir de missile antichar (lanceur non visible : Kornet? ) qui vient démolir par l'arrière un char irakien M1 Abrams. Un reportage photo de la wilayat Ninive montre de nombreux coups au but de missiles antichars (lanceur non visibles) sur divers véhicules (BMP-1, ce qui semblent être des BAE Caiman). De nouveau, ce n'est pas une surprise : les 2dernières vidéos de la wilayat Dijlah, qui couvre l'approche sud de Mossoul, avant la bataille, montraient des tirs de missiles antichars effectués par une « katiba (détachement) antichar », qui pour la première vidéo comprenait au moins un lance-missiles antichars Metis-M, un TOW et un Kornet-E, ainsi qu'un autre lanceur non visible.


    ATGM Fagot.


    ATGM Konkurs.

    ATGM Fagot ?



    Char M1 Abrams détruit avec un ATGM (Kornet ?).


    Nombreux tirs de missiles antichars dans un reportage sur le front nord.




    6 Un combat d'infanterie légère


    La défense des villages à l'extérieur de Mossoul implique l'engagement d'un petit contingent de combattants de l'EI chargés de ce combat de retardement. Tous les indices montrent qu'il ne s'agit que d'une petite partie de l'effectif total de la garnison, au maximum quelques centaines d'hommes. Les premières vidéos et photos de l'EI ne montrent que quelques hommes engagés au feu. Dès le départ, ils font beaucoup usage de fusils de sniping lourd bricolés à partir de tubes antiaériens, munis de frein de bouche (23 mm/14,5 mm), arme classique désormais de l'arsenal de l'EI. Quelques véhicules, technicals avec armes embarquées, sont visibles, ainsi que quelques mortiers : cependant les défenseurs semblent surtout se reposer sur des moyens légers et facilement transportables (mortiers légers de 50/60 mm, canons sans recul SPG-9, plus les armes collectives classiques : mitrailleuses PK ou MG-3, lance-roquettes RPG-7). Il y a également de nombreux snipers (dont un sur la version para du FN FAL modifiée). L'EI a cependant utilisé au moins une mitrailleuse lourde DSHK de 12,7 mm sous affût qu'il nous montre dans la défense d'un village.

    SPG-9 porté à l'épaule.


    Monotube ZU-23 sur Hilux.

    Mitrailleur PK.

    Tir en cloche de RPG-7.



    M-16 à lunette.

    Mortier léger.



    7 Les attaques extérieures


    Ici aussi, selon une tactique éculée, l'EI a lancé des contre-attaques dès le premier jour de la bataille, lundi 17 octobre, pour montrer qu'il conserve des capacités en dehors de Mossoul, pour gêner les assaillants et éventuellement les forces à détourner des moyens de la bataille. Le lundi 17 octobre, les combattants de l'EI lancent un raid au nord de Baiji, la grande ville pétrolière au sud de Mossoul reprise par l'armée irakienne un an plus tôt. Le lendemain, mardi 18 octobre, les combattants de l'EI attaquent près de Shirqat, au nord de la province de Salahuddine, localité qui avait été chèrement défendue par l'EI dans l'approche de Mossoul, en employant un VBIED et au moins un technical. Depuis, l'EI n'a cessé de harceler l'armée irakienne à cet endroit. Le mercredi 19 octobre, l'EI lance une première contre-attaque dans le Sinjar, à l'ouest de Mossoul, qui se double d'une seconde le lundi 24 octobre, avec emploi de VBIED et même d'un véhicule porte-pont et autres engins du génie pour franchir les tranchées et levées de terre kurdes, technique qui avait déjà été testée lors de la contre-attaque dans la plaine au nord de Mossoul en mai dernier. Surtout, le vendredi 21 octobre, l'EI investit par le sud la ville de Kirkouk à partir de la poche de Hawija, que l'armée irakienne n'a pas réduite avant de s'attaquer à Mossoul, et qui invite l'EI à s'en servir pour lancer des contre-attaques. Peut-être aidés par des celulles dormantes dans la ville, les inghimasiyyi de l'EI s'accrochent des heures à certains quartiers et bâtiments de la ville, et les Kurdes irakiens doivent battre le rappel d'effectifs pour éliminer les attaquants, aidées par des renforts du PKK et même de la mobilisation populaire chiite (Turkmènes du Badr notamment). Enfin, le dimanche 23 octobre, l'EI pénètre dans la ville d'al-Rutbah, à l'ouest de la province d'al-Anbar, et parvient à contrôler une partie voire la totalité de la localité, forçant l'armée irakienne à rameuter des troupes pour l'en déloger. Cette attaque n'a rien d'étonnant : la wilayat al-Furat, à cheval sur l'Irak et la Syrie, a développé cette année ses capacités de raids motorisés/mécanisés et dans ses deuxdernières vidéos montraient des assauts tout autour d'al-Rutbah, objectif prévisible.



    8 La propagande


    Dès le début de la bataille, comme à l'accoutumée, l'EI a su gérer la communication autour des combats défensifs et des contre-attaques extérieures. Une première vidéo montre ainsi 20 à 30 combattants à l'intérieur de Mossoul, à la nuit tombée, les rues désertes, pour montrer que la situation est sous contrôle. Depuis, chaque jour ou presque, des reportages photos et vidéos couvrent les différents fronts, et de nombreux documents sont également publiés pour couvrir les attaques de diversion menées à l'extérieur de la ville, ailleurs en Irak. Amaq publie un communiqué quotidien pour résumer les opérations du jour. Il y a eu cependant un silence relatif mardi 25 octobre. A noter également que l'EI ne donne pas cette fois la majorité des noms des kamikazes jetés dans les VBIED sur les forces adverses, peut-être aussi parce qu'il y en a pléthore.

    Bulletin pour le 7ème jour de la bataille (dimanche 23 octobre).

    Dépêche d'Amaq pour le lundi 24 octobre.



    9 Et après ?


    La défense extérieure de Mossoul par l'EI n'est qu'une action de retardement, même si elle a été bien préparée. Les effectifs déployés et la disproportion des forces font que l'EI ne pourra tenir indéfiniment le pourtour de la ville, ce qui n'était pas l'objectif recherché. Il s'agit de gagner du temps pour peaufiner le combat urbain et permettre d'autres initiatives (évacuation des responsables, transfert d'hommes et de matériels par le corridor vers la Syrie à l'ouest/sud-ouest). La véritable question à se poser est la suivante : que nous prépare l'EI pour le combat de rues ? Le degré de préparation de la bataille à l'extérieur de la ville ne peut manquer d'inquiéter. L'EI emploiera-t-il des drones piégés, armequasi nouvelle qu'il a testé juste avant la bataille contre les Kurdes irakiens et les forces spéciales françaises au nord de la ville ? Fera-t-il usage, en dehors des incendies de matières toxiques, de son arsenal chimique ? Emploiera-t-il en combat urbain, en plus de tous les moyens déjà listés ici, des chars et véhicules blindés, des pièces d'artillerie lourde en position enterrée ou semi-enterrée, camouflés, qui pourraient causer des dommages avant d'être inévitablement détruits ? Réserve-t-il d'autres surprises tactiques ? Autant de questions auxquelles nous aurons peut-être une réponse quand la phase de combat urbain, à proprement parler, commencera, ce qui ne saurait tarder.



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