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    1945, Allemagne. Le soldat américain Lee Lorelli abat avec son fusil M1 un sniper allemand particulièrement doué qui décimait sa section. Récupérant le Mauser du sniper allemand, Lorelli se retrouve désormais à jouer les tireurs d'élite pour le lieutenant Howell. Mais où donc Lorelli a-t-il appris à tirer ? Mystère... pas pour longtemps.

    Encore un petit tome des éditions Gerfaut, avec ses récits de guerre éculés mais qui ont le mérite de la simplicité. Ici, nous voilà du côté américain, avec l'histoire d'un sniper en devenir à la fin de la guerre, lors de la poussée en Allemagne, qui n'est autre qu'un tueur à gages de la pègre parti dans l'armée pour échapper à la justice américaine. Rien de très original, mais ça prend bien.

    Comme dans Le feu de l'enfer, ça tire de partout, mais les scènes d'action sont entrecoupés de flash-back où Lorelli raconte comment il en est venu à aimer les armes à feu et à devenir tireur d'élite. La peinture des soldats allemands, et en particulier des Waffen-SS, est très sombre, mais l'auteur n'épargne pas le camp américain et les déprédations qui ont pu être commises dans les dernier mois de la guerre. Les combats ont d'ailleurs été, en Allemagne de l'Ouest, beaucoup plus durs que ce que l'on pense généralement, même si on ne peut bien sûr pas faire la comparaison avec le front de l'est.

    A noter qu'en fin de volume, les éditions du Gerfaut proposent le premier chapitre du roman de guerre Les canons de Sébastopol, de Boris Orloff, qui a dû sortir juste après dans la même collection.


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    Après quelques jours d'absence liés à l'écriture d'un bon dossier pour un magazine, sur un sujet passionnant (à suivre prochainement), poursuite des lectures des romans de guerre aux éditions Gerfaut.

    Celui-ci est signé Karl Sterberg, dont il y a fort à parier que c'est un pseudonyme (est-ce le fameux Enrique Sanchez Pascual, qui signe une bonne partie des romans de guerre de la collection ? Ce nom-là ne figure pas dans les pseudonymes listés que j'ai pu dénicher sur le net).

    Cette fois-ci, l'action se déroule en janvier 1945, lors de l'offensive soviétique Vistule-Oder et en Prusse-Orientale. Le quatrième de couverture situe l'action dans cette dernière province alors qu'au fil du récit, on a en fait plus l'impression de se trouver en Pologne, plus au sud, au moment de l'anabase des troupes allemandes dépassées par l'Armée Rouge qui fonce sur l'Oder. De toute façon la localisation reste assez floue, ce qui fait partie du genre.

    Ce qui en fait partie aussi, ce sont les clichés qui s'accumulent au fil des pages : déchaînement de violence et autres exactions de la part de l'Armée Rouge, réduite à une horde de Mongols caracolant à cheval et maniant le couteau comme personne (sic), en particulier pour égorger les Allemandes violées ; opposition entre les "gentils" de la Wehrmacht et les Waffen-SS fanatisés et leurs comparses de circonstance, des Hitlerjugend tout aussi mécaniques dans leurs réactions ; enfin, la brutalité ambiante, où l'on viole et exécute à tours de bras, comme le fameux passage où le capitaine SS envoie les prisonniers soviétiques dans les champs de mines pour faire passer ces camions. Avec au passage une sévère critique des "faisans dorés" du parti nazi, des civils poltrons, et des Polonais. La conclusion du livre laisse d'ailleurs un peu dubitatif.

    En voilà un de la série que l'on peut facilement ranger dans le Panzerporn et oublier très vite.



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    Belgique, dans la nuit du 12 au 13 novembre 1943. Un train de déportés parti de Bruxelles s'arrête sur la voie. A bord, Olya van Horn, une Juive allemande jusque là réfugiée en Belgique. Elle se remémore les événements qui l'ont conduite jusqu'au train, depuis sa ville natale de Hambourg, dix ans auparavant...

    A l'ombre du convoi est une BD en deux tomes, inspirée d'un fait authentique : dans la nuit du 19 au 20 avril 1943, le convoi n°20 de déportés, transportant 1 600 personnes, est stoppé en pleine campagne grâce à un feu rouge factice, et trois résistants parviennent à faire descendre plus de 230 personnes des wagons.

    Le récit est centré sur le parcours de plusieurs personnages : dans le tome 1, ce sont Olya et Wilhem Maier. Olya incarne le calvaire subi par les Juifs en Allemagne, avec la montée du nazisme et l'arrivée au pouvoir d'Hitler, d'autant plus que son père, Juif et libraire, est marié à une femme allemande. Wilhem, lui, qui fait partie de l'escorte du convoi de déportés, est un peu le symbole de ces "hommes ordinaires" décrit par Christopher Browning et qui participe à la Shoah.

    Graphiquement, c'est plutôt réussi, les cases attirent l'oeil. On peut être un peu dérouté par les flash-back spatiaux et chronologiques, mais on s'y retrouve assez bien. Un bon premier tome qui encourage la lecture du second.




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    Le prochain article que je mettrai en ligne sur le blog L'autre côté de la colline portera sur le "modèle mandchourien" de l'Armée Rouge. L'article m'a été inspiré par le livre de Jacques Sapir, La Mandchourie oubliée, et par la question d'un commentateur anonyme sur ce sujet rapidement survolé dans l'ouvrage en question. Voici donc, à partir des sources de Jacques Sapir et d'une ou deux autres récupérées au passage, un aperçu du "modèle mandchourien" de l'Armée Rouge.



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    La collection Duel d'Osprey, lancée en 2007, compare deux machines opposées lors d'un conflit, de leur développement jusqu'à leur rencontre sur le champ de bataille. Dans ce volume de 2008, Peter Davies, spécialiste des appareils américains, signe son premier volume pour Osprey en mettant face-à-face le F-4 Phantom II de l'USAF et le MiG-21 de la VPAF pendant la guerre du Viêtnam. L'arrivée du MiG-21 dans les cieux nord-viêtnamiens en 1966 change en effet la donne pour l'USAF qui se retrouve face à un adversaire encore plus dangereux que les MiG-17 ou 19 déjà utilisés par Hanoï.

    La partie Développement montre bien les différences de conception des deux appareils. Initialement le F-4 Phantom II est conçu pour la Navy, qui souhaite un intercepteur capable de protéger les porte-avions, d'où les deux réacteurs pour la survie de l'appareil. Le F-4 est pensé pour engager les avions ennemis avec des missiles air-air à guidage radar (d'où la présence d'un second membre d'équipage, l'opérateur radar) ou infrarouge, c'est pourquoi il est dépourvu de canons pour le combat rapproché. Son caractère sophistiqué le rend vulnérable au climat d'Asie du Sud-Est et les transmissions ne sont pas le point fort de l'appareil. Le MiG-21, au contraire, est un appareil rustique, destiné à être produit en grandes quantités : il compte sur sa vitesse et son taux de montée pour intercepter les bombardiers américains au missile ou les détruire en combat rapproché au canon.

    Plusieurs versions du F-4 servent au Viêtnam, le C, le D et le E, enfin équipé d'un canon dans le nez. Le MiG-21, qui est l'un des appareils à réaction les plus construits avec sans doute plus de 10 000 exemplaires livrés, a été fourni par l'URSS à raison de peut-être 40 appareils par an. 13 des 17 as de la VPAF ont volé sur MiG-21. On trouve les versions C, D, F et J, ainsi que des versions d'entraînement biplaces.

    Dès son entrée en service, en 1966, le MiG-21 est utilisé en conjonction avec les MiG-17 et MiG-19, en effectuant des interceptions à haute altitude. Côté américain, si certains pilotes de l'USAF sont des vétérans de la Corée ou de la Seconde Guere mondiale, la politique de rotation rapide des personnels produit, comme dans les forces terrestres, un manque d'expérience évident, d'autant que l'USAF n'entraîne plus ses pilotes au combat aérien rapproché. En face, les pilotes nord-viêtnamiens, servent plusieurs années, voire toute la guerre, et bénéficient d'une formation au dogfight par leurs instructeurs russes. Hésitants et malhabiles en 1966, ils forment un groupe beaucoup plus cohérent en 1972 lors des offensives Linebacker, un constat réalisé par les pilotes américains eux-mêmes. En outre, à ce moment-là, les effectifs sont passé à une centaine d'appareils en ligne. Ils sont su s'adapter et ont finalement réussi à tenir la dragée haute aux changements imposés par les Américains, y compris pendant les opérations Linebacker de 1972.

    Frustrés au départ par leurs piètres résultats, les pilotes américains, confrontés au caractère erratique de leurs missiles, sont revigorés par l'opération Bolo du colonel Olds, en janvier 1967, conçue pour redorer le blason de la chasse américaine face aux MiG. Olds, vétéran de la Seconde Guerre mondiale, craint d'ailleurs plus à ce moment-là les MiG-17 que les MiG-21. Mais ceux-ci apprennent et dès l'automne 1967, ils sont devenus beaucoup plus redoutables. Ils mettent au point de nouvelles tactiques pour contrer la supériorité américaine.

    L'efficacité des MiG-21 tient d'abord à un bon contrôle radar depuis le sol, et à l'inexpérience des pilotes américains en combat aérien et aux défaillances de leurs missiles. Après Bolo, les MiG-21 réduisent leur désavantage dans le ratio de pertes avec leurs nouvelles tactiques, jusqu'à l'arrêt de Rolling Thunder en 1968. L'échec viêtnamien pousse l'USAF, après le conflit, à développer de nouvelles structures de commandement et de contrôle, de nouveaux programmes d'entraînement (Red Flag) et de nouveaux appareils (F-16 et surtout F-15), des changements qui montreront leur efficacité pendant la guerre du Golfe. 

    Pourvu d'une bibliographie, et malgré une petite erreur dans le texte (confusion entre Linebacker I et Linebacker II), ce volume Duel est un bon ouvrage d'introduction au sujet mais n'apportera rien au connaisseur. Ce format ne peut en effet remplacer des livres plus conséquents comme celui de Michel sur les combats aériens au-dessus du Nord-Viêtnam.



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    1944, Philippines. Une compagnie d'infanterie américaine débarque sur une petite île occupée par une faible garnison japonaise. Puoro, un Philippin au service de Franck Hussman, ancien planteur désormais l'amant de sa soeur Taormina, observe le débarquement et en fait part à son maître. Les Marines, débarqués sans opposition, voient bientôt venir à eux un émissaire japonais qui affirme être envoyé pour présenter la reddition de la garnison. Interloqués, les Américains se laissent néanmoins convaincre au vu des événements qui suivent. Mais les Japonais n'ont pas habitué les Marines à vouloir se rendre...

    Dernier de la pile pour le moment, ce volume de la collection Guerre des éditions du Gerfaut évoque, cette fois-ci, la guerre du Pacifique. Le roman est apparemment inspiré des souvenirs du chirurgien militaire John Rusclauss, qui intervient directement dans la fiction. En ce qui concerne l'histoire principale, rien de bien neuf par rapport au ton général de la collection : les Américains, vaillants combattants de la liberté, se heurtent à la sournoiserie et au fanatisme des Japonais samouraïs -on se croirait en plein Buck Danny des premiers tomes...- qu'il ne reste plus qu'à éliminer au lance-flammes (d'où le titre).

    Par contre, il y a un passage intéressant, lorsque Rusclauss évoque des anecdotes de son temps de services sur les sous-marins américains. Là, ça sonne déjà un peu plus vrai et cela permet également d'avoir un aperçu de cette guerre silencieuse restée relativement méconnue par rapport à la bataille de l'Atlantique et aux U-Boote. A noter quand même des réflexions originales sur la ségrégation aux Etats-Unis à travers l'image du vieux planteur de Géorgie.



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    Nouvel article dans le doyen des magazines de Caraktère, Batailles et Blindés, pour son numéro 55. Intitulé "Pour un Panther de plus...", c'est en fait un bref aperçu du fameux duel entre un Pershing de la 3rd Armored Division et un Panther de la 9. Panzerdivision devant la cathédrale de Cologne, le 6 mars 1945, lors de l'entrée des Américains dans la ville.

    J'analyse rapidement le duel, étant entendu que les sources sont étiques puisque l'équipage allemand a été en partie décimé et les témoignages des survivants a priori non recueillis, on ne peut donc que compter sur les témoignages américains (!).

    Une vidéo de présentation, avec les non moins fameuses images du cameraman Jim Bates, et un supplément gratuit en ligne, comme d'habitude, suivront.

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    Et voici la vidéo de présentation de mon dernier article sur le duel entre le Panther allemand et le Pershing américain devant la cathédrale de Cologne, le 6 mars 1945, immortalisé par l'US Signal Corps. J'ai bien sûr inséré dans la vidéo les images du duel et celles prises précédemment au moment de l'entrée des Américains dans la ville. Bon visionnage !


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    Voici le supplément gratuit pour le dernier article paru dans Batailles et Blindés : un petit comparatif des deux adversaires du duel, Panther et Pershing, deux blindés conçus selon des besoins différents... le tout à partir de la bibliographie citée en fin d'article. Bonne lecture !


    Le vaincu : le Panzer V Panther


    Le Panther tire son origine de la rencontre des Allemands avec le T-34/76 soviétique pendant l'opération Barbarossa. Le T-34 surclasse alors tous les blindés de la Panzerwaffe, que ce soit en termes de mobilité, de fiabilité mécanique, de puissance de feu, ou de blindage, avec son inclinaison si caractéristique. A Mtsensk, en particulier, près d'Orel, la Panzergruppe 2 de Guderian et sa 4. Panzerdivision doivent affronter le T-34, non sans pertes, les 4-6 octobre 1941. Suite à l'engagement, Guderian demande à une commission spéciale de venir examiner un T-34 capturé. Entre les 18 et 21 novembre, des constructeurs de chars et des officiers d'état-major observent le véhicule. Guderian conseille de copier purement et simplement le T-34 pour pallier au retard allemand. Mais la commission rejette l'idée car il faudrait des alliages en acier et une fabrication de moteurs diesel qui surpassent les possibilités de l'industrie nazie. La commission conseille à la place d'améliorer le Panzer IV et le StuG III.



    La réponse est donc d'intégrer les points forts du T-34 à un nouveau modèle de char moyen allemand. La commission « Panther » en détermine trois : un canon à long tube, à haute vélocité, capable de perforer un blindage épais ; la suspension, avec de grandes roues et de larges chenilles, qui permettent d'obtenir une bonne mobilité et une vitesse appréciable ; enfin, un blindage incliné, ce qui ne veut pas dire forcément surabondant, mais qui résiste mieux aux obus. Fin novembre, la commission contacte Daimler-Benz et Maschinenfabrik Ausgsberg-Nuremburg (MAG) pour développer un nouveau char de 30 tonnes, baptisé VK30.02. Chaque prototype doit embarquer le canon de Rheinmetall de 75 mm L/70. Le 9 décembre 1941, le département de l'armement augmente le poids à 32,5 tonnes. Le prototype de Daimler-Benz, construit en trois exemplaires différents, ressemble beaucoup au T-34, hormis pour la suspension, qui reste celle des modèles Panzer I à IV. Celui de MAN ressemble plus aux chars allemands, sauf pour le blindage frontal, mais ses chenilles ont une meilleure pression au sol et sa capacité d'emport en carburant est plus grande. Hitler penche pour le prototype Daimler-Benz mais le 11 mai 1942, le département de l'armement opte pour celui de MAN, craignant notamment les tirs fratricides en raison de la ressemblance du prototype de Daimler-Benz avec le T-34.


    La rencontre avec le T-34 en 1941 va inspirer aux Allemands la mise au point du Panther..


    Le 15 mai 1942, la Wehrmacht passe donc commande à MAN du nouveau Sdkfz 171 Panzerkampfwagen V Panther Ausführung A. En janvier 1943, la première version est cependant rebaptisée Ausführung (modèle) D. Plusieurs modifications ont été ajoutées, dont le passage de 60 à 80 mm du blindage frontal. Hitler, dès juin 1942, a même voulu porter le blindage frontal à 100 mm -un Panther II est ensuite à l'étude dans ce sens. Mais par contrecoup, le prototype V2 testé en novembre 1942 connaît de nombreux problèmes mécaniques en raison du poids rajouté par le blindage supplémentaire. Les Allemands tenteront de corriger ces problèmes sur les modèles ultérieurs, sans jamais les régler tout à fait. Mais le besoin de chars plus modernes se faisant sortir sur le front de l'est, le V2 est immédiatement mis en production sous le nom de modèle D. Entre novembre 1942 et janvier 1943, les 4 premiers exemplaires de série sont construits. La tourelle comprend une coupole pour le commandant de bord ; en plus du canon de 75 mm, le char embarque une mitrailleuse coaxiale MG34 et une autre en caisse. Trois lance-grenades fumigènes sont disposés sur chaque côté de la tourelle pour la défense rapprochée. Le char pèse désormais 44,8 tonnes. Les problèmes continuent cependant lors des essais en janvier-février 1943, le moteur ayant tendance, en particulier, à prendre feu.

    Au 22 février, les deux premiers bataillons de Panther (51. et 52.) ont déjà reçu 22 modèles D ; le chiffre atteindra 90 fin mars. Le haut-commandement allemand compte alors beaucoup sur les Panthers pour jouer un rôle décisif lors de l'offensive prévue pour l'été 1943 sur le front de l'est. Mais en avril, il convient qu'il faut réviser le modèle D pour résoudre certains problèmes chroniques. L'usine DEMAG de Falkensee procède aux modifications pour ne pas interrompre la production chez les autres constructeurs : 160 Panthers sont ainsi modifiés et reçoivent par exemple des Schürzen, ces jupes métalliques destinées à protéger les chenilles et les flancs contre les fusils antichars soviétiques. Au 31 mai, 368 Panthers ont été construits mais beaucoup ne sont pas encore opérationnels. Les 51. et 52. Bataillonen sont engagés lors de l'opération Zitadelle, le 5 juillet 1943, avec 96 Panthers chacun. Ils combattent sur la partie sud du saillant de Koursk aux côtés de la Panzergrenadier Division Grossdeutschland. Mais les équipages ne sont pas entraînés, les problèmes mécaniques sont légion : au 10 juillet, seulement 10 sont encore ligne ! 2 ont pris feu suite à des ennuis de moteur. Le premier engagement du Panther est donc peu brillant : cependant, le canon de 75 mm a montré ses qualités en engageant des T-34 à 1 500 mètres de distance. Malgré des modifications, les pertes sont encore lourdes sur le front de l'est jusqu'en septembre, date de l'introduction d'une nouvelle version du Panther, le modèle A. Le modèle D reste cependant en service jusqu'à la fin de la guerre.

    Le Panther Ausf. D. première version du char, connaît de nombreux problèmes de jeunesses, notamment mécaniques. Il est cependant engagé lors de l'opération Zitadelle contre le saillant de Koursk.


    Le modèle A est une reprise du châssis du modèle D avec une tourelle redessinée. Entre août 1943 et juillet 1944, 2 200 modèles A sont produits. Les premiers exemplaires servent au sein du II. Bataillon, Panzer Regiment 23 en septembre 1943, puis dans le II. Bataillon du Panzer Regiment 2 intégré à la 13. Panzerdivision. Les Panzerdivisionen commencent à recevoir leur bataillon de Panther, théoriquement doté de 76 unités. A partir de mars 1944, le modèle G commence à supplanter le modèle A mais celui-ci reste en service jusqu'au terme du conflit. Le modèle G embarque la tourelle du modèle A sur un nouveau châssis, au blindage renforcé. La dotation en obus est augmentée. Jusqu'en avril 1945, plus de 2 900 Panthers Ausf. G sortent des usines. Au total, 5 943 Panthers des différentes versions ont été réceptionnés par l'armée allemande. La production a cependant souffert du raid de la RAF sur l'usine Maybach, dans la nuit du 27 au 28 avril 1944, qui fabrique les moteurs du Panther. En outre, la perte de gisements de manganèse en Ukraine dès février 1944 ainsi que d'autres sites stratégiques affaiblit les ressources nécessaires aux alliages de l'acier utilisé sur le Panther. Le taux de molybdène dans le blindage diminue et celui-ci devient moins efficace pour arrêter les projectiles. L'usine MAN de Nuremberg, celle qui fabrique principalement le Panther, est touchée par un raid aérien allié le 10 septembre 1944 qui coûte l'équivalent de 4 mois de production. La fabrication de pièces détachées est considérablement diminuée, ce qui, combiné au rationnement en essence après la perte des champs pétrolifères de Roumanie, n'est pas sans conséquence sur la disponibilité des Panthers.

    Le Panther Ausf. G, dernière version produite, est engagée en masse pendant la contre-offensive des Ardennes. Ce Panther Ausf. G de la Leibstandarte a été détruit à Baugnez.


    Le Panther Ausf. G est d'abord employé dans des situations défensives : à l'été 1944, les chars de la 5. SS-Panzerdivision Wiking brisent les pointes blindées soviétiques devant Varsovie, après la poursuite consécutive à l'opération Bagration. Ceux de la 12. SS-Panzerdivision Hitlerjugend mènent la vie dure aux Alliés après le débarquement du 6 juin 1944. Mais le Panther est bientôt utilisé aussi dans la contre-offensive : 399 exemplaires sont engagés dans les Ardennes, le 16 décembre 1944. Certains, parmi la 150. Panzer-Brigade de Skorzeny, ont été modifiés par l'ajout d'une superstructure destinée à les faire ressembler à des TD M10... si le Panther est l'un des plus formidables chars de combat de la Seconde Guerre mondiale, c'est d'abord grâce à son armement principal, le canon de 75 mm KwK 42 L/70, servi par différents types de munitions et de remarquables optiques de visée. Son blindage incliné lui permet de résister à bonne distance, frontalement, à la plupart de ses adversaires, même si l'apparition des chars Staline côté soviétique remet en cause cette supériorité. Les flancs et l'arrière du Panther, en revanche, restent vulnérables. Surtout, le Panther est chroniquement sous-motorisé et n'a un rayon d'action utile que d'une centaine de kilomètres. En outre, il est entravé par de nombreux problèmes mécaniques et reste un char onéreux à la production et à l'entretien sur le champ de bataille. Il reflète l'orientation de l'armée allemande vers la défensive, puisque sa puissance de feu et son blindage ont primé sur le reste. Enfin, sa complexité illustre à merveille la quête de l'excellence propre à la recherche nazie qui néglige ainsi la production de masse : le Panther ne remplacera jamais complètement le Panzer IV...


    Le vainqueur : le M26 Pershing


    Le M26 Pershing est l'ancêtre du Main Battle Tank de la guerre froide, la série des Patton en particulier. Il a connu le feu dans les dernières semaines de la Seconde Guerre mondiale et une controverse a d'ailleurs fait rage pour savoir pourquoi il n'avait pas été engagé plus tôt. Le Sherman, le char standard de l'US Army en 1944, est en effet notoirement dépassé face aux derniers blindés allemands comme le Panther.

    Le Pershing naît du besoin de trouver un remplaçant au Sherman pour lutter contre les chars allemands, en particulier dans le rôle de soutien d'infanterie. Ce Sherman du 756th Tank Battalion a été détruit près de Vesoul, en septembre 1944.


    En 1942, les Etats-Unis se sont lancés dans la production de trois chars moyens. Le M3 combat déjà en Afrique du Nord dans l'armée britannique. Le M4 est destiné à remplacer le M3 sur les chaînes de montage et sera déjà présent à El-Alamein. Le char léger M7 a été redessiné pour être un char moyen : la production commence en décembre 1942 mais comme il ne présente pas d'avantages significatifs par rapport au M4, elle est arrêtée rapidement pour ne pas disperser l'effort industriel. Le dessin des chars moyens est alors guidé par l'emploi qu'en fait l'US Army : dans des bataillons indépendants ou des divisions blindées (Armored Divisions). Les bataillons indépendants fournissent un soutien à l'infanterie, à raison d'un bataillon par division. Leur tâche est surtout de venir à bout des positions retranchées que ne peuvent surmonter les fantassins. Dans les divisions blindées, au contraire, les chars servent de force d'exploitation après la rupture du front par l'infanterie. Dans aucune de ces deux tâches le char ne doit se mesurer à ses adversaires. Cette mission revient aux bataillons de Tank Destroyers : le M10, un dérivé du Sherman, embarque pour ce faire une pièce de 76 mm. Le Sherman est cependant conçu pour une rencontre avec les chars ennemis puisque son canon principal est à double emploi, utilisant des obus HE (High Explosive) et AP (Armor Piercing). Mais le combat contre les chars reste l'apanage des TD, pour lesquels sont développés de nouveaux canons antichars. L'armée américaine se distingue ainsi des autres belligérants, pour lesquelles il revient souvent au char de détruire le char adverse. En outre, pour ne pas compliquer l'effort logistique, le général McNair, qui dirige l'Army Ground Forces, tient à ne pas multiplier les modèles en production : en conséquence , celles-ci n'adoptent pas un char plus lourdement blindé destiné au soutien d'infanterie. Une des raisons qui expliquent le retard d'apparition du M26 est que le besoin d'un nouveau char n'a pas été pris en compte immédiatement.

    Le M4 Sherman, engagé dans le désert d'Afrique du Nord, est considéré au départ comme faisant jeu égal avec le Panzer IV et pouvant résister au Pak 38 allemand de 50 mm. Sa conception le rapproche cependant plus de la mission dévolue aux divisions blindées, bien qu'il serve aussi dans les bataillons indépendants. Les officiers d'infanterie auraient préféré un char davantage blindé pour mieux résister aux armes antichars adverses. L'armée américaine a bien développé le M6, un prototype de char lourd, dès février 1942, mais celui-ci ne débouche pas. Dans le cadre du Prêt-Bail et pour répondre aux demandes des Britanniques, qui exigent un char mieux blindé pour le soutien d'infanterie, l'US Army développe le T-14 Assault Tank, une version surblindée du Sherman, puis travaille pour son propre compte à l'automne 1942. La vitesse est réduite par le poids supplémentaire mais c'est l'occasion de tester plusieurs canons dont un nouveau de 76 mm qui sera monté sur le M18 Hellcat. Le T20 préfigure déjà le Pershing, avec une motorisation inédite. Le T23, aboutissement de la série, est présenté devant un parterre de responsables de l'US Army en avril 1943 mais connaît des problèmes en raison d'une transmission en partie électrique.

    Au moment où le prototype T23E3 est en passe d'être achevé, l'armée américaine a subi une sévère correction en Afrique du Nord à Kasserine. La rencontre avec le nouveau char Tigre I pousse les responsables à augmenter le blindage et le calibre du canon. 250 exemplaires sont cependant produits entre novembre 1943 et décembre 1944. Dès le mois de mai 1943, des prototypes modifiés ont pourtant été initiés. Le T26 dispose ainsi d'un blindage frontal de 100 mm et pèse 40 tonnes. 10 prototypes T26E1 sont achevés entre février et mai 1944. Avec l'invasion de la France et les derniers préparatifs, il est impossible que le Sherman soit remplacé si un nouveau modèle n'entre pas en service à l'automne 1943. Jacob Devers, qui a commandé l'arme blindée américaine et se trouve maintenant en Europe, demande que le développement du T26E1 soit accéléré et que 250 exemplaires soient construits, à raison de 1 pour 5 Shermans. Mais le général McNair refuse, arguant que le canon de 76 mm suffira contre les Tigres et que, de toute façon, les canons antichars peuvent aussi mettre hors de combat les blindés adverses avec les TD : ce n'est pas le rôle du Sherman. En réalité, la munition APC M62 du canon de 76 mm ne peut venir à bout du Tigre qu'à courte distance, alors que celui-ci peut détruire n'importe quel blindé américain sur un espace deux fois plus grand. La munition HVAP (High Velocity Armor Piercing), qui corrige en partie le problème, n'entre en service que fin 1944. En outre, les Tanks Destroyers n'ont pas brillé en Afrique du Nord. La doctrine est ici en cause. Elle remonte aux succès allemands de 1940. Pour contrer ceux-ci, l'armée américaine prévoit de concentrer une réserve de TD tractés ou autopropulsés pour briser une percée blindée. Ce concept essentiellement défensif empêche d'envisager comment les TD peuvent être utilisés dans une guerre offensive de mouvement. Les chars allemands sont en fait rarement concentrés en masse et les TD souvent absents quand on a besoin d'eux. En outre, les commandants de terrain ont fortement appuyé la recommandation de Devers. Eisenhower, pourtant, refuse d'accepter le T26E1, n'y voyant qu'un surcroît de blindage et ne voyant pas l'intérêt du nouveau canon de 90 mm.

    Le nouveau char est présenté en Angleterre, en janvier 1944. Le général Rose, futur commandant de la 3rd Armored Division, qui a rencontré les Tigres en Sicile, demande l'accélération du programme. Patton, lui aussi, s'oppose à l'introduction du T26E1 tout comme au Sherman rééquipé d'un canon de 76 mm, arguant que le canon de 75 est plus adéquat. Bien que grand practicien du combat blindé, Patton montre ici ses limites dans le domaine technique. En outre, les Américains, bien renseignés par les Soviétiques sur l'apparition du Pantherà l'été 1943, ont commis une erreur d'appréciation. Ils ont cru que le Pantherétait un char lourd, destiné comme le Tigreà servir en petit nombre dans des bataillons indépendants. Or le Panther, produit en série, doit au contraire (en théorie...) remplacer le Panzer IV dans les Panzerdivisionen. C'est ainsi qu'en juin 1944, la moitié des chars allemands en France sont des Panthers : la rencontre avec les chars américains sera beaucoup plus fréquente. Les Britanniques ont anticipé la menace et mis au point le canon de 17 livres, en version tractée ou monté sur un Sherman, le Firefly. Les Américains sont donc en retard par rapport à la mise au point du Panther par les Allemands, et simultanément du T-34/85 ou du JS-2 par les Soviétiques.

    Le T26E3 "Fireball" du 33rd Armored Regiment a été détruit par un Tigre I près de Cologne.


    En Normandie, l'US Army engage initialement 2 divisions blindées et 7 bataillons indépendants. Le M4 Sherman se révèle, de fait, potentiellement vulnérable à toutes les armes antichars allemandes ou presque. Lors du premier mois de combat, 32% des chars sont perdus. Car ce sont les Shermans qui rencontrent les blindés allemands et non les TD, qui ne jouent pas leur rôle défensif. Les généraux américains commencent enfin à ouvrir les yeux, surtout à partir du moment où après la percée de Cobra, leurs divisions font face aux reliquats des divisions blindées allemandes plutôt concentrées jusqu'alors face aux Britanniques. Dans l'urgence, on met au point le M36 Jackson, un nouveau TD équipé du même canon de 90 mm que le T26. La production du T26E3, la version équipée d'un canon de 90 mm, ne démarre qu'en novembre 1944 ! 705 sont construits avant la fin de la guerre. Après sa mise en service, il est baptisé M26 et reçoit le surnom de Pershing, du nom du commandant du corps expéditionnaire américain en France de la Grande Guerre. La poursuite en France, et la victoire en Lorraine contre une contre-attaque blindée allemande, laissent un temps penser que le Sherman serait suffisant. Mais la contre-offensive des Ardennes met à nouveau en lumière les faiblesses du char moyen standard américain, face au Tigre II et aux derniers modèles de chasseurs de chars de la Wehrmacht.


    Un T26E3 de la 9th Armored Division. Les chars de l'unité participent à la prise du pont de Remagen, le 7 mars 1945.


    Les 20 premiers T26E3 arrivent en Europe en janvier 1945. Ils sont attribués au 12th Army Group de Bradley qui les distribuent dans la 1st US Army : 10 rejoignent respectivement la 3rd Armored Division et la 9th Armored Division. Les premiers sont engagés au combat dès le 25 février 1945 sur la Roer. Le premier Pershing est perdu le lendemain dans une embuscade tendue vraisemblablement par un Tigre I. Deux hommes sont tués mais le char peut être réparé. Le 27, un T26E3 de la E Company, 33rd Armored Regiment, détruit un Tigre I et deux Panzer IV de la 9. Panzerdivision près d'Elsdorf, dans le même secteur que les précédents engagements. Le Tigre a été touché à plus de 800 m par une munition HVAP puis une AP. Les deux Panzer IV ont été détruits à plus d'un kilomètre ! Les Pershing de la 9th Armored Division sont également engagés à la même époque : le premier char est perdu le 1er mars sous un coup d'obusier de 150 mm. Les T26E3 du 14th Tank Battalion participent, le 7 mars, à la capture du pont de Remagen, sur le Rhin. Le seul T26E3 totalement détruit l'est près de Cologne par un obus de 88 tiré par un automoteur antichar Nashorn. Le 6 mars, devant la cathédrale de Cologne, le Pershing est l'un des protagonistes, face au Panther, d'un des duels de chars les plus célèbres de la Seconde Guerre mondiale.



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    Afrique du Nord. Le lieutenant Rockaway, qui s'est distingué au feu, reçoit l'ordre, du colonel Priwitt, de mener une mission spéciale derrière les lignes allemandes, pour préparer une nouvelle offensive britannique. Objectif : un transmetteur radio mobile essentiel aux communications de Rommel. Rockaway doit recruter un commando parmi une compagnie disciplinaire pour mener à bien la mission...

    Livre acheté en même temps que ceux de la collection "Guerre" des éditions du Gerfaut. C'est le même genre mais peut-être en un peu mieux mené, tout de même. L'auteur s'est documenté un peu sur la guerre du désert, malgré quelques coquilles. En revanche, au niveau de la chronologie, on est un peu perdu : le texte parle de novembre 1942 alors qu'est évoqué une mission commando pour tuer Rommel... qui a bien eu lieu, mais un an plus tôt. Bref, c'est confus. Sur le fond, sinon, rien d'original, avec un scénario digne des 12 salopards.

    A noter que l'auteur, Piet Legay (pseudonyme de Baudoin Chailley, né en 1939), a également signé, sous d'autres noms, de nombreux volumes dans la collection Guerre de chez Gerfaut.



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  • 05/31/13--10:56: Ajouts aux blogolistes
  • Deux ajouts aux blogolistes aujourd'hui :

    -unetudianthistorien, le blog Wordpress de Michel Deniau, qui se définit lui-même comme "un simple étudiant historien antiquisant vivant à Strasbourg". Beaucoup de billets intéressants et une personne avec laquelle il est agréable d'échanger, avec des thématiques qui se recoupent parfois avec les miennes (vulgarisation, histoire militaire, histoire antique...).

    - World War II and others Books Reviews, le blog de T. Kunikov,étudiant américain en histoire, titulaire d'un master et qui poursuit des études en doctorat. Il offre notamment de nombreuses fiches de lecture sur des ouvrages traitant du front de l'est.

    N'hésitez pas, également, à venir "aimer" la page Facebook d'Historicoblog (3) et à venir échanger avec moi et d'autres personnes régulièrement citées ici ! En outre, je relaie sur ma page les informations concernant les publications à venir, et d'autres liées à l'histoire militaire, ou à l'actualité.



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    C'est un très vieux volume de la collection Men-at-Arms d'Osprey auquel on a affaire ici, puisqu'il est paru à l'origine en 1979. Ecrit par Ian Heath, un Britannique passionné par l'histoire militaire, et illustré par Angus McBride, disparu récemment, il ne comprend d'ailleurs que 40 pages, ce qui est bien peu.

    La période couverte ici dans l'Empire byzantin est assez courte, puisqu'elle s'étend du règne de Léon VI (886) à la fin de celui d'Alexis Ier Comnène (1118). Ian Heath passe d'abord en revue la structure, le paiement et l'équipement des troupes byzantines.

    Puis il présente les Tagmata, autrement dite l'armée centrale à disposition de l'empereur et composée d'unités de sa garde, dont la composition se modifie d'ailleurs pendant la période en question. Une partie particulière est dédiée à la fameuse garde varange, composée de Suédois descendus à Constantinople par la Russie, qui sont remplacés progressivement par des Danois, des Norvégiens, puis des Saxons vaincus après Hastings. Osprey a d'ailleurs consacré récemment un autre de ses volumes à cette unité. Revenant sur le système des thèmes, l'armée provinciale, Ian Heath explique que celui-ci périclite dès le règne de Nicéphore Phocas, notamment parce que les grands propriétaires orientaux accaparent le système pour leur propre compte. D'où le recours de plus en plus massif aux mercenaires, en particulier d'origine turque.

    L'auteur termine par une description de la bataille de Manzikert, en 1071, qui n'est pas forcément très claire et d'ailleurs difficile à suivre en l'absence de cartes (!), aussi bien globale que tactiques -alors qu'à l'inverse, une carte évoque la bataille de Durazzo (1081)... sans qu'il en soit question dans le texte. Heath explique cependant que la défaite byzantine détruit l'armée traditionnelle de l'Empire et en particulier les Tagmata ; en outre, Byzance perd progressivement l'Asie Mineure et donc sa principale source de recrutement. Il est dommage que Ian Heath ne s'attarde pas à un peu plus sur le règne d'Alexis Ier Comnène, qui a la charge de reconstruire l'armée byzantine après le désastre de Manzikert. Les légendes des planches d'Angus McBride, plutôt anciennes mais toujours de belle facture, complètent le tout.

    L'ouvrage, trop bref, dépourvu de bibliographie, peine donc à satisfaire vraiment, d'autant qu'il ne s'attarde pas sur des points importants comme le recrutement ou la question très complexe des thèmes.

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    Pour la première fois depuis mars (!), j'ouvre le bal sur L'autre côté de la colline ce mois-ci avec cet article, inspiré de l'ouvrage de Jacques Sapir et d'une question d'un anonyme, et consacré au "modèle mandchourien" développé par l'Armée Rougeà partir de 1960. L'occasion de combler, probablement, une certaine lacune en français sur ce sujet, avec ce petit aperçu, qui ne demande qu'à être développé... bonne lecture !

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  • 06/01/13--09:00: 500 000...
  • ... c'est le nombre de visites sur le blog, total déjà dépassé depuis quelques jours, puisqu'en fait, on dépasse déjà les 510 000 (!), avec une progression impressionnante depuis un an et demi.  Pour résumer, on est à 30 000 visites par mois environ depuis le début de l'année, soit une moyenne de 1 000 visites par jour qui se maintient. Plus de visiteurs américains et russes qu'avant également. De beaux chiffres, qui pourraient sans doute être encore améliorés si j'avais le temps de faire quelques ajouts, notamment la fameuse page "Lectures incontournables de l'histoire militaire" que j'envisage depuis longtemps... Un rythme de publication à maintenir, donc, et à diversifier aussi, probablement, un peu en dehors de l'histoire militaire stricto sensu, par exemple (revenir à l'histoire plus générale, à l'actualité de l'histoire, aux débats en cours, etc). Mais l'activité d'écriture est prenante...

    Venez me rejoindre aussi sur la page Facebook d'Historicoblog (3), qui après un bon mois d'existence approche déjà tout doucement des 100 "J'aime" !

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    On trouve régulièrement, dans la collection Histoire des éditions Ouest-France, clairement orientée vers la vulgarisation, des titres intéressants. Ici, Nathalie Meyer-Sablé, docteur en histoire contemporaine, mais pas spécialiste des guerres de Vendée ou de la chouannerie, aborde pourtant ce thème, avec Christian Le Corre, qui n'est pas un historien.

    Dans l'introduction, elle montre déjà que les territoires de l'ouest, au début de la Révolution, sont plutôt favorable aux réformes, comme ils l'avaient montré dans les cahiers de doléance : aucune singularité. Une carte permet de voir que les guerres de Vendée se déroulent d'ailleurs dans une "Vendée militaire" qui ne se situe qu'à 32% dans le département actuel de la Vendée.

    Un des points forts du livre est de remettre le soulèvement dans son contexte. Si la révolte gronde en Vendée, c'est parce que ses habitants n'ont pas accès au rang de citoyen actif et donc à la participation politique. En outre, les privilèges n'ont pas été complètement abolis et les paysans ne peuvent accéder, fréquemment, aux biens nationaux mis en vente, confisqués par la bourgeoisie. Enfin, reste la singularité héritée du rattachement tardif au royaume de France et à un statut particulier. Mais c'est la Constitution Civile du clergé qui met le feu aux poudres : l'Ouest compte un grand nombre de prêtres réfractaires, qui sont déportés après la journée du 10 août 1792. Les premières émeutes, provoquées aussi par la peur de la disette, éclatent dès l'été 1792. Certains nobles, passés à l'action contre-révolutionnaire clandestine, épaulent déjà les premiers mouvements.

    La levée de 300 000 hommes en mars 1793 sert de détonateur. Mais l'insurrection s'apparente plus à une jacquerie : les nobles sont dépités de voir qu'après les premiers succès, les paysans retournent tout simplement chez eux ! Et même si la révolte s'étend à la Bretagne, dès la fin mars, les Blancs subissent leurs premiers revers. Il n'y a en fait aucune unité de commandement, peu d'armes et de poudre, encore moins de cavalerie et d'artillerie : les bandes vendéennes s'équipent largement sur l'adversaire, qui lui, est davantage organisé. Des défauts qui apparaissent lors du siège de Nantes, qui voit la mort d'un des chefs les plus charismatiques, Cathelineau. Westermann et Kléber et ses Mayençais doivent cependant batailler jusqu'en octobre 1793 pour repousser les Vendéens au-delà de la Loire. La grande virée de Galerne, après la poussée jusqu'à Granville, se termine en massacre dans les marais de Savenay : d'ordinaire, on date du 23 décembre 1793 la fin des guerres de Vendée et le passage à la chouannerie.

    Le général Turreau organise ses colonnes infernales, pour extirper l'insurrection. La chouannerie, plus diffuse, s'étend aussi sur un territoire plus vaste. Il faut attendre avril-mai 1795 pour voir des négociations entre quelques chefs importants, Charette et Stofflet notamment, et les généraux de la République. Tout est remis en cause par le débarquement des émigrés, convoyés par les Anglais, en juin, à Quiberon. Mais Hoche enferme et écrase les assaillants dans la presqu'île. Les autres chefs, dont Cadoudal, continuent alors la chouannerie. Le second débarquement du comte d'Artois, tant attendu, n'aura pas lieu.Tour à tour, en février et mars 1796, Stofflet et Charette sont pris et exécutés. Hoche poursuit la pacification tandis que les royalistes se préparent à s'emparer par la voie légale du pouvoir : mais leurs espoirs sont anéantis par le coup d'Etat de Fructidor an V (septembre 1797). La guerre reprend, dopée par la loi Jourdan sur la conscription d'août 1798. Il revient à Bonaparte de terminer le conflit, Cadoudal signant la paix en 1800. Il est arrêté et mis à mort en 1804 alors qu'il préparait un projet d'enlèvement de Napoléon.

    Si les causes des guerres de Vendée sont bien mises en lumière, la dimension proprement militaire n'est qu'à peine effleurée, tout comme l'est l'arrière plan socio-économique, voire politique. De même, rien n'est dit sur la postérité du conflit et sur les divisions qu'il entraîne dans la société française et, plus largement, dans le champ de l'histoire, en particulier depuis les commémorations du bicentenaire et l'émergence des "lieux de mémoire" chers à Pierre Nora, sans parler de la question du "génocide" vendéen... de ce point de vue la conclusion est particulièrement faible. La bibliographie p.126 est d'ailleurs assez contrastée, mélange d'ouvrages anciens et plus récents, d'historiens ou non : Nathalie Meyer-Sablé cite fréquemment Soboul, certes figure historique de l'étude des événements révolutionnaires, mais qui date un peu... En revanche, comme tous les volumes de la collection, celui-ci est abondamment illustré, avec des légendes développées.


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    Squadron Signal Publications fournit toute une série de petits volumes, depuis quarante ans, dédiés aux principaux blindés, avions et navires de combat des guerres du XXème siècle. Abondamment illustrés, avec un texte relativement court, ils constituent l'idéal pour s'initier à la dimension matérielle des blindés, par exemple. Ressentant ce besoin dans le cadre de mon travail d'écriture, notamment pour distinguer les différentes versions d'un char, j'ai commencé par la lecture du volume consacré au M4 Sherman, paru initialement en 1976.

    Comme le rappelle l'introduction, le Sherman symbolise à lui seul les différences de choix en termes d'économie de guerre : la famille est produite, au final, à plus de 55 000 exemplaires, soit le double de la production de chars allemande entre 1939 et 1945 (!). Inspiré du M3 Grant/Lee, le Sherman, équipé d'un moteur d'avion, lui succède dès l'automne 1942 en Afrique du Nord. Souvent critiqué pour ses faibles performances au regard de son armement principal et de son blindage, il faut se souvenir, comme le rappelle l'auteur, que la doctrine américaine prévoit des chars accompagnant l'infanterie ou opérant au sein de divisions blindées pour l'exploitation mais qui ne sont pas censés engager les chars ennemis, tâche qui revient aux canons antichars et aux Tank Destroyers automoteurs.

    Les différentes versions sont ensuite passées en revue : M4, produit jusqu'en janvier 1944 à plus de 6 700 exemplaires ; M4A1, produit jusqu'à la même date, à plus de 6 200 exemplaires ; M4A3, version choisie pour perdurer après la guerre, produite à plus de 4 600 exemplaires. Des améliorations sont apportées au fil du temps. Le M4A3E2 Jumbo est ainsi une version surblindée du Sherman d'origine. A partir de janvier 1944, un canon de 76 mm est monté sur les M4A1 et M4A3 (plus de 3 300 et 1 900, respectivement). Le M4A3E8 Easy Eight est un M4A3 à canon de 76 mm équipé d'une nouvelle suspension Horizontal Volute Spring Suspension (HVSS) qui permet au char de mieux manoeuvrer en terrain difficile.

    Bref, une excellente initiation, abondamment illustrée avec des photos, profils couleur et dessins de détail, pour mieux identifier les principales versions du M4 Sherman.


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    Batailles et Blindés, le magazine le plus ancien des éditions Caraktère, approche de son dixième anniversaire, avec le n°55. Et ce au moment-même où le groupe lance un sixième et nouveau magazine, Air Combat, dédié au combat aérien de 1945 à nos jours. L'occasion aussi d'analyser peut-être plus finement le contenu du magazine.

    - la deuxième mouture de la nouvelle rubrique tenue par le blog Secret Defiance s'intitule "S'intéresser à la Wehrmacht, est-ce suspect ?". A nouveau, je ne suis pas d'accord avec ce qui est affirmé ici. Mises à part les diatribes sur "l'idéologie actuelle", "l'historiquement correct" et la "propagande", qui n'apportent rien de neuf, j'aimerai revenir un peu sur le fond, puisque cette page ne le fait pas vraiment. Que peut-on dire sur ce sujet ?

    1) L'intérêt pour l'armée allemande, Wehrmacht ou Waffen-SS, ou plus largement, toutes ses branches (Luftwaffe, Kriegsmarine, etc), est indéniable dans les magazines de la presse spécialisée en histoire militaire. Il suffit de regarder les couvertures des magazines principaux mis en vente ce mois-ci (encore que Batailles et Blindés déroge cette fois à la règle). Sans parler des sommaires : rien que ce sur ce numéro, deux articles sont consacrés uniquement à des récits allemands. Pourquoi une telle prédominance ? Tout simplement parce que c'est le sujet le plus porteur commercialement : tous les responsables de magazines le reconnaissent, Yannis Kadari compris, pour les éditions Caraktère, et je ne connais qu'un seul magazine -par charité je tairai le nom ici- dont la rédaction refuse d'admettre que le choix des sujets (et même hors armée allemande) a aussi une dimension commerciale. On peut le déplorer, car la Wehrmacht, n'est pas, loin s'en faut, le seul acteur pour qui s'intéresse à l'histoire militaire de la Seconde Guerre mondiale.





    2) Mais là où Secret Defiance manque quelque chose (mais visiblement ce n'est pas l'objet de son discours), c'est dans le pourquoi. Pourquoi ce constat d'une omniprésence de l'armée allemande actuellement dans la presse spécialisée ? La réponse est fort simple, et tient à une dimension historiographique souvent négligée : les survivants de la Wehrmacht, en particulier les officiers supérieurs et généraux, ont été récupérés par les Américains après la fin du conflit, pour obtenir le maximum d'informations sur l'adversaire soviétique, dans le cadre de la guerre froide. Résultat : l'encadrement de la Bundeswehr, la nouvelle armée ouest-allemande, est composée d'anciens de la Wehrmacht, en grande partie. Résultat aussi : le discours des mémorialistes allemands (Guderian, Manstein...) sur leur prestation et sur l'adversaire soviétique, en particulier, peut s'imposer, puisqu'il est rassurant dans le cadre d'un possible affrontement avec les Soviétiques (qui n'ont vaincu, en gros, que par la force du nombre et les erreurs folles d'Hitler, selon ces généraux) et conforté par l'absence du point de vue d'en face, qui reste derrière le rideau de fer et orchestré, il faut bien le dire aussi, par la propagande soviétique. A ce moment-là, dans les années 1950, l'impact de ces choix reste relativement limité. Mais à partir de l'échec viêtnamien, les militaires américains vont se pencher sur l'expérience allemande de la Seconde Guerre mondiale et mythifier son excellence tactique et son professionnalisme supposé, à l'heure de la doctrine dite Active Defense en Europe. C'est à ce moment-là, en France, que démarre aussi la fascination pour l'armée allemande, suite aux nombreux ouvrages de Jean Mabire et au décollage d'une presse spécialisée qui reflète parfois ces propos révisionnistes, ou simplement, en dehors de toute idéologie d'extrême-droite, une fascination qui montre le succès de la propagande de Goebbels et de son esthétique, avec un discours construit à partir des seules sources allemandes, et focalisé uniquement, parfois, sur les aspects matériels (monographies des éditions Heimdal). Cette fascination  perdure jusqu'à aujourd'hui et on en voit le résultat sur le lectorat. Pourquoi l'armée allemande est-elle commercialement porteuse ? Parce que tout ce discours, bâti depuis 40 ans, continue à se maintenir en dépit, par exemple, des profonds changements historiographiques réalisés sur l'Armée Rouge depuis les années 1980, ou de ceux sur l'armée allemande, sa stratégie, ses tactiques, son efficacité et sa contribution aux crimes nazis depuis une bonne vingtaine d'années. On ne peut que constater ce décalage entre une historiographie, surtout anglo-saxonne et qui a du mal à passer en français (ce qui est sans doute, aussi, une autre partie du problème), qui a depuis longtemps dépassé ces clichés hérités de la guerre froide, et un grand public qui n'a pas encore intégré tous ces acquis, faute là encore de vulgarisation suffisante. Résultat : devant un impératif commercial de survie, les magazines sont obligés de s'aligner et d'avoir recours à ce que l'on appelle, de manière péjorative, le "German Bias", le biais allemand. Si le parti pris d'extrême-droite, dans cet intérêt, ne concerne probablement qu'une minorité (qui cependant existe bel et bien), il n'en demeure pas moins que c'est là une "revanche posthume" de la Wehrmacht, qui réussit encore, plus de 70 ans après, à monopoliser l'attention.

    Ces considérations ne sont finalement qu'une redite, car tout cela a déjà souvent été présenté. On peut aller parcourir, le magazine Guerres et Histoire, qui dans son n°7, au sein du dossier sur la supériorité militaire allemande, proposait, sous la plume de Nicolas Aubin, un article en forme de conclusion qui faisait justement le tour de la question. Tout comme d'ailleurs cet ouvrage-ci, chronique récemment par David François, et qui retrace l'histoire du problème pour nos amis d'outre-Atlantique (un ouvrage équivalent manque d'ailleurs en France sur le sujet : ça ferait un beau sujet de thèse...).

    Pour conclure, soyons clair : Secret Defiance se trompe tout simplement de problème : ce n'est pas s'intéresser à la Wehrmacht qui est suspect, c'est pourquoi et surtout comment. Le comment, on en parlera tout à l'heure...

    - le blindorama d'Alexandre Thers est consacré à la Roumanie, alliée de l'Axe entre 1941 et 1944 -puisqu'après août 1944, elle rejoint le camp soviétique : pourtant, la date de fin est bien 1945 et il n'est pas question ici de cette seconde période. La Roumanie bricole avec différents types de matériels, français, allemands, soviétiques retournés, et quelques productions nationales. Comme souvent, le IIIème Reich a été avare de ses véhicules pour un allié plus que méprisé. De manière fortuite, Adrien Fontanellaz vient tout juste de mettre en ligne un court article sur le même sujet, mais qui fournit une bibliographie indicative, contrairement à l'article de Batailles et Blindés.

    - concernant mon article sur Cologne, je dois signaler qu'un lien Internet a été coupé dans la bibliographie, celui-ci, qui m'a été fort utile pour certains aspects.

    - le dossier, qui fait la couverture, est signé Pierre Dufour et traite de la campagne d'Allemagne de la 5ème DB, à grand renfort de témoignages, complétés par un ordre de bataille, un organigramme de la division, mais une seule carte générale, ce qui est un peu court pour suivre au niveau tactique, en particulier.

    - l'article suivant, de Laurent Tirone, évoque... Otto Carius, encore. Je dis encore car dans le n°47 (ce n'est pas si vieux...), il était déjà là. Qu'avons nous ici ? Tout simplement un long extrait des mémoires de Carius, Tiger in the Mud, qui font également partie de la "revanche posthume" de la Wehrmacht" dont je parlais tout à l'heure. Car le témoignage n'est pas mis en perspective par l'auteur : si les photos, nombreuses, sont bien légendées, rien dans le texte ne présente, hors récit de Carius, le contexte stratégique. Il n'y a pas d'analyse tactique de l'engagement, ni de considérations sur ce que cela nous apprend sur l'emploi des Tigres, leurs limites, ou sur les engagements à Narva, qui sont effectivement une bataille importante pour l'armée allemande dans la partie nord du front de l'est. Par ailleurs, rien n'est dit sur ce que font les Soviétiques en face -à part ce qu'en voit et ce qu'en juge Carius...- et l'article ne comprend pas de carte pour se repérer. Il faut donc en trouver ailleurs pour essayer de suivre un peu le récit. Un autre magazine, en son temps, qui traitait du même engagement, avait lui inséré des cartes de situation tactiques... bref, on peut se demander ce que nous apporte ce témoignage brut, livré tel quel : c'est la question du "comment" de tout à l'heure, qui revient ici. L'article ne présente pas vraiment de questionnement.

    Voici une carte tactique des opérations décrites dans l'article de Laurent Tirone. Il faudrait aussi une carte plus stratégique et des cartes sub-tactiques pour pourvoir suivre correctement...-Source : Champs de bataille n°4.

    - Jean-Jacques Cécile, qui écrivait auparavant dans Assaut (magazine qui semble ne pas avoir survécu à la disparition d'Yves Debay, et dont les auteurs, j'imagine, doivent aller chercher du travail ailleurs), intervient pour présenter les changements intervenus dans le domaine de la reconnaissance, en Irak et en Afghanistan, au sein des armées américaine, britannique et canadienne en particulier.

    - Hugues Wenkin poursuit ses articles de fond sur la bataille des Ardennes. Ici, il évoque la contre-attaque américaine de Patton pour secourir Bastogne. C'est un article équilibré, avec des références aux deux parties en présence, de nombreuses photos bien légendées, trois cartes pour se repérer (là encore, on aurait bien aimé en avoir une en plus au niveau tactique), et avec une analyse des combats en conclusion. Mais là encore, il manque les sources.

    - enfin, Yann Mahé dresse rapidement l'exploit du "diable d'El-Alamein", Günther Halm, chargeur d'un 7,62 cm Pak 36 (r) qui détruit ou endommage avec sa pièce 16 Valentine britanniques le 22 juillet 1942. Là encore, les sources ne sont pas mentionnées et on retombe sur le "comment". Certes, c'est un exploit tactique bien décrit, mais on aurait aimé en savoir plus sur le contexte stratégique (évoqué rapidement au début), sur ce que cela implique en termes de combat antichar (pourquoi les Valentine chargent-ils ainsi ? quelle est la doctrine britannique et les pratiques en 1942 ? et celle, antichar, des Allemands ?) et sur le personnage lui-même (quel est son parcours ensuite ? qu'en est-il de son appartenance à une Wehrmacht au service du pouvoir nazi ? etc). Une fois de plus, un véritable questionnement est absent, sans doute en raison de la brièveté du propos.





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    Le Café Stratégique n°26 portera sur Cultures et géopolitique au Sahara. L'invité est Arnaud Contreras, documentariste pour Radio France et RFI.

    Ce sera le jeudi 13 juin, à 19h, au café Concorde, comme d'habitude.

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  • 06/03/13--11:03: Trop de caractère...
  • ... pour Caraktère. Mon billet de ce jour sur Batailles et Blindés n°55 m'a valu d'être remercié, en tant que pigiste, par le groupe en question.

    Plus sérieusement, le problème couvait depuis quelques mois et l'incident d'aujourd'hui n'en est que la conclusion (le prétexte ?) logique. Je ne développe pas toute l'histoire ici, par simple retenue ou correction, comme on veut, mais vous avez compris que cela tient à des problèmes de fond.

    Le seul tort que j'ai, et vis-à-vis des lecteurs de ce blog aussi, c'est de ne pas avoir exposé ces doutes plus tôt. Pour être honnête, j'attendais une évolution de la ligne éditoriale de Caraktère (Batailles et Blindés essentiellement, en ce qui me concerne) au moment même où j'y suis arrivé, et qui ne s'est pas produite. La tendance a été inverse, et je n'ai pas voulu en parler plus tôt. Erreur de ma part, je le concède volontiers. Cela n'aurait, je pense, rien changé au dénouement. Mais je m'en excuse.

    Je ne regrette pas cette année passée chez Caraktère qui m'a permis de faire quelques articles intéressants et qui ont été très bien illustrés, comme celui sur l'armée russe en Ossétie du Sud/Géorgie du n°52 de Batailles et Blindés, ou celui sur Aix-la-Chapelle du n°54.

    Ce sera l'occasion, probablement, de passer à autre chose : un mal pour un bien. Comme disait l'autre : "Ce n'est qu'un début...".


    Mise à jour 1 : correction du début du billet pour ne pas être taxé de comportement "totalitaire", comme le suggère le commentaire de Yann... je suis bien loin de croire au complot (sic) et de faire de Caraktère un repaire de fascistes (re-sic), par contre ne pas reconnaître que le billet n'est pas le motif de mon remerciement (en plus du reste qui s'étale sur quelques mois), non.

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    Même collection que le livre sur le Sherman, et même principe, avec cette fois la contribution de Steven Zaloga, fin connaisseur de l'armée soviétique et de ses matériels. Le texte est un peu plus développé.

    Le T-34 est l'un des chars les plus connus de la Seconde Guerre mondiale. Il est le descendant des chars légers BT, dédiés à l'exploitation de la percée. L'expérience de la guerre d'Espagne pousse l'Armée Rouge à se doter de chars mieux blindés et pourvus d'un moteur diesel. Le blindage renforcé et incliné du T-34, développé dès 1938, pose des problèmes à l'industrie soviétique qui doit aussi coordonner les efforts de plusieurs usines produisant les différentes parties. C'est pourquoi la production de masse ne débute qu'à la fin 1940. Initialement, le T-34 modèle 1940 dispose d'un canon L-11 de 76 mm, remplacé en 1941 par le plus performant F-34 de même calibre : c'est le nouveau T-34 modèle 1941. Au déclenchement de Barbarossa, seuls 967 T-34/76 sont en ligne au sein de l'énorme masse des BT et T-26, notamment. Ils sont surtout remarqués par l'infanterie et les canons antichars allemands qui peinent à les détruire, mais pas trop par les Panzer et leurs chefs, qui ne prennent conscience du problème posté par le T-34 qu'à l'automne, lorsque les nouvelles brigades de chars plus petites que les encombrants corps mécanisés sont formées puis engagées au combat. Celles-ci comprennent, en proportion, davantage de chars modernes, dont le T-34, qui donne du fil à retordre à Guderian devant Mtsensk, au sud de Moscou, près d'Orel, sur la route de Toula.


    Un T-34/76 mod. 1941 enlisé dans une zone marécageuse.-Source : http://www.wwiivehicles.com/ussr/tanks-medium/t-34-medium-tank/1941/t-34-76-1941-medium-tank-02.png


    Le déménagement en urgence des usines de production devant l'avance allemande entraîne un ralentissement des sorties. Chelyabinsk (Tankograd), Nijni-Tagil et Omsk deviennent les nouveaux centres de production, qui atteint déjà le niveau d'avant-guerre dès mars 1942, avant de décoller au-delà. Stalingrad et ses trois usines compensent la perte des autres centres, avant la bataille de la seconde partie de 1942. L'usine Barrikady fournit d'ailleurs un mantelet modifié pour le F-34 qui donne naissance au T-34 modèle 41/42.


    Un T-34/76 modèle 1943.-Source : http://www.wwiivehicles.com/ussr/tanks-medium/t-34-medium-tank/1943/t-34-76-1943-medium-tank-02.png


    Le T-34 modèle 1942, conçu pour la production de masse cette fois, est produit à plus de 12 500 exemplaires. Le modèle 1943 conserve toujours le canon de 76 mm, qui montre ses limites dès la bataille de Koursk, avec une tourelle redessinée. Il faut attendre décembre 1943-janvier 1944 pour qu'une nouvelle version embarque un canon plus puissant de 85 mm : le T-34/85 modèle 1943 avec le D-5T, puis le T-34/85 modèle 1944 avec le Zis-53 et, enfin, une tourelle pouvant accueillir trois  hommes d'équipage. Ce dernier point, combiné à un meilleur entraînement des équipages et à l'adoption systématique de radios, améliore grandement les performances des unités blindées soviétiques. Des versions lance-flammes (OT-34) et de déminage (PT-34) sont développées à partir du T-34/76 et du T-34/85. Le T-34 sert aussi de base aux canons automoteurs SU-122, puis aux chasseurs de chars SU-85, remplacé par le SU-100 une fois adopté le T-34/85. Ce dernier continue son parcours après la guerre, étant fréquemment engagé au combat, notamment pendant la guerre de Corée, dès 1950. Le T-44, développé avant la fin du conflit, préfigure déjà la famille des T-54/55.

    Un T-34/85 de la 1ère brigade de chars polonaise à Gdynia, en mars 1945.-Source : http://www.wwiivehicles.com/poland/foreign/t_34_85_01.jpg

    Le SU-100 du lieutenant Alferov, du 2ème front de Biélorussie, en embuscade à Dantzig/Gdansk, avril 1945. Source : http://www.armchairgeneral.com/rkkaww2/galleries/SP_guns/SU_100/photos/SU_100_1.jpg


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