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    Titre : Déclenchement des raids-Couverture de la vie du mujahid des médias Abu Marya al-Iraqi

    Durée : 25 minutes 7 secondes.

    Lieu(x) : le bandeau indique que le combat de la séquence 2 se déroule près du village d’al-Dabas au nord de Baiji. Idem pour les séquences 3 et 4.

    Date (sûre par recoupement ou estimée) : la vidéo a été publiée le 21 février 2017. Les images de raids des séquences 3 et 4 correspondent à des reportages photos et vidéos publiées les 2 et 3 janvier derniers. 2 attaques de drones de la séquence 5 correspondent à des reportages photos des 5 et 6 février derniers.

    Type de vidéo : c’est une vidéo mixte, avec images de combats et propagande (éloge posthume).

    Découpage (séquences) :

    1 : 14’’-53’’, introduction.
    2 : 53’’-2’15’’, raid nocturne.
    3 : 2’15’’-5’21’’, assaut des positions de miliciens chiites de la mobilisation populaire.
    4 : 5’21’’-13’13’’, , assaut des positions de miliciens chiites de la mobilisation populaire.
    5 : 13’13’’-14’51’’, attaques de drones armés et VBIED.
    6 : 14’51’’-25’7’’, hommage à Abu Marya al-Iraqi.



    Forces attaquées/adversaires : essentiellement des miliciens chiites de la mobilisation populaire. L’EI filme plusieurs miliciens dans leurs positions au moins et 2 s’échappant dans un technical, pris sous les tirs.

    Effectifs engagés : les raids engagent plusieurs dizaines de combattants.

    Moyens d'appui utilisés (canons, mortiers, armes artisanales...) : dans la séquence 4, 2 KPV (capturés sur place ?) sont utilisés pour tirer sur un Mi-35 et un autre hélicoptère qui l’accompagne.






    La séquence 5 montre des attaques de drones armés :

    1 : à côté de véhicules (Humvees et pick-up) de la police fédérale ou de miliciens chiites.
    2 : contre un Humvee.
    3 : contre 3 Humvees et un pick-up de la police fédérale ou de miliciens chiites.




    Véhicules utilisés (chars, véhicules blindés, technicals...) : dans la séquence 2, l’EI fait tirer un technical avec KPV.



    Dans la séquence 3, l’EI engage un technical avec KPV et 2 véhicules blindés improvisés, l’un porteur d’une mitrailleuse Type 77/85 en tourelle, l’autre avec une mitrailleuse de 14,5 mm. Les deux véhicules sont porteurs de blindage SLAT et de blindage improvisé.




    2 véhicules blindés improvisés sont visibles dans la séquence 4 : l’un avec blindage SLAT sur l’avant, blindage artisanal sur les côtés et mitrailleuse DSHK en tourelle ; l’autre avec une mitrailleuse Type 77/85. Il y a également un pick-up avec mitrailleuse lourde KPV de 14,5 mm.







    Kamikazes (identité) :

    1 : Abu Khaled al-Faransi (Français). Les images sont anciennes (déjà montrées en juillet 2016 dans un reportage photo de la wilayat), c'est étonnant.



    Véhicules kamikazes (types, impact) : néant.

    Armes légères et lourdes (fusils d'assaut, mitrailleuses, RPG, etc) - groupes de combat et leurs tactiques : dans la séquence 3, le groupe de combat débarqué comprend au moins un tireur RPG-7 (avec AK supplémentaire) et un tireur PK. Un tireur PK (le même) porte en plus une AKM. Il y a probablement un deuxième tireur RPG-7 dans le groupe.







    Dans la séquence 4, on observe un tireur RPG-7 avec roquette tandem, le pourvoyeur, et un tireur PK. Un combattant avec AKM tire depuis le véhicule blindé improvisé armé d’une DSHK. Un autre tireur RPG-7 portant en plus une AKMS ouvre le feu. On voit aussi un fantassin avec M-4 (ou copie) à lunette.




    Destructions de véhicules adverses : néant.

    Butin matériel : dans la séquence 2, une tente des miliciens chiites porte l’emblème des Pasdarans

     

    Dans la séquence 3, un fantassin de l’EI porte un mortier léger capturé.

    Dans la séquence 4, un Toyota Land Cruiser est pris par les combattants de l’EI. On voit une mitrailleuse DSHK dans une des positions des miliciens chiites investies. L’EI capture un Safir iranien avec canon sans recul M40 de 106 mm. L’EI utilise un bulldozer pour percer une levée de terre et évacuer un Land Cruiser capturé.





    Morts/prisonniers/blessés adverses : dans la séquence 2, un corps adverse est visible.

    Dans la séquence 3, l’EI abat un combattant adverse. Plusieurs autres corps sont filmés dans une position détruite.

    3 corps sont filmés dans la séquence 4.

    Morts/blessés de l'EI : néant.

    Effets visuels/montage/techniques de propagande : la louange à Allah est suivie de la mention Islamic State et du logo de la wilayat, sous-titré en anglais.

    Le combat de la séquence 3 est filmé pour partie avec caméra GoPro montée sur tireur RPG-7.

    La séquence 6 utilise des images d’archives et des formules utilisées par la contre-propagande face à l’EI. Il y a un hommage assez long à Abu Marya al-Iraqi, reporter de guerre célèbre de la branche média, qui dirigeait celle de la wilayat Salahuddine. Il avait commencé sa carrière comme guetteur pour les djihadistes irakiens qui jetaient des grenades au bord de la rue sur les véhicules américains (l’EI montre 2 extraits vidéos de 2007 filmant de telles attaques, effaçant le vieux logo d’Al Furqan). Abu Marya avait de cette branche média de Salahuddine une des plus prolifiques de l’EI. Il avait monté personnellement 25 vidéos et contribué à des dizaines d’autres. Il a été tué en juillet 2016 près de Shirqat, dans le même secteur qu’Omar al-Shishani qu’il suivait à ce moment-là. On constate un déclin très net des productions vidéos de la wilayat Salahuddine après sa mort (une seule vidéo en août dernier, avec des images d’archives). C’est notamment lui qui avait filmé le raid sur Samarra, le 5 juin 2014, une attaque de l’EIIL précédant la chute de Mossoul (on l’entend pleurer en tournant les images dans Samarra dans cette vidéo). Il avait également filmé les exécutions de camp Speicher juste après la chute de Mossoul. On voit Abu Marya en compagnie d’Omar al-Shishani dans une photo insérée à l’intérieur de cette rétrospective. 2 combattants, Abu Qotayba Al Iraqi et Abu Omar Al Iraqi, évoquent Abu Marya. L’EI montre des images d’Abu Marya formant de futurs reporters de la branche média dans une salle de classe. On constate que les étudiants ont sur leur table des drones Phantom 4. Une photo montre Abu Marya conseillant un étudiant sur le pilotage du drone, semble-t-il. On voit ensuite son enterrement.

    Religion : dans la séquence 4, on entend un discours audio d’al-Adnani.

    Nasheeds (poèmes chantés) présents dans la vidéo :

    1 : 53’’-2’09’’ Adajah

    2 : 2’15’’-5’14’’ Aurilladha

    3 : 5’20’’-8’11’’ Qasaeqat

    4 : 8’20’’-12’55’’ Fought

    5 : 13'13’’-14’45’’ Kayfema Jidtum

    6 : ?

    7 : ?

    Commentaires particuliers : cette vidéo de la wilayat Salahuddine est la première depuis longtemps. La dernière, en août 2016, n'était constituée que d'images d'archives. La wilayat Salahuddine était pourtant, dans la première moitié de 2016, l'une des plus productives en termes de vidéos militaires. On s'explique mieux la chute drastique de la production de vidéos avec la mort d'Abou Maryia al-Iraqi dont il est question dans la moitié de la vidéo. Celui-ci avait fait de la branche médiatique de Salahuddine un modèle du genre au sein de l'EI : manifestement sa mort en juillet 2016 lui a porté un coup assez rude. On note que la wilayat conduit encore des raids mécanisés en forme d'attaques de harcèlement contre les positions irakiennes protégeant les lignes de communication vers Mossoul, mais contre des objectifs relativement restreints. C'est aussi la 3ème vidéo longue à montrer des attaques de drones armés (3). D'ailleurs, l'éloge d'Abou Marya al-Iraqi fournit aussi la preuve que la formation des reporters de guerre de l'EI comprend l'emploi des drones pour la propagande.

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    Le Parti Islamique du Turkestan (PIT) fait partie de ces groupes djihadistes en Syrie « satellites » de la branche syrienne d'al-Qaïda, le front al-Nosra, devenu Jabhat Fateh al-Sham, lui-même intégré dans la nouvelle coalition Hayat Tahrir al-Sham (janvier 2017). Héritier d'un groupe djihadiste ouïghour né dès l'après-djihad afghan contre les Soviétiques, le PIT, proche d'al-Qaïda, est resté fidèle à l'organisation même après le début du conflit avec l'EIIL, devenu l'EI en 2014. Si l'EI compte aussi des Ouïghours, la majorité de ceux ayant émigré pour le djihad a rejoint le PIT. La formation ne commence à faire la publicité de sa branche syrienne qu'à partir de 2014. En 2015, le PIT acquiert une certaine visibilité de par son rôle dans l'offensive contre la province d'Idlib ; depuis, il a été de toutes les grandes offensives menées par al-Nosra puis Jabhat Fateh al-Sham dans le nord-ouest de la Syrie. Conséquent, prenant de plus en plus de place sur le théâtre syrien, le PIT, installé dans la province d'Idlib, combat dans celles de Lattaquié, Hama, et Alep. Il semble s'être investi en Syrie bien qu'il conserve sa base pakistanaise.




    Historique


    Le Parti Islamique du Turkestan (PIT) est une organisation islamiste séparatiste fondée par les Ouïghours de l'ouest de la Chine. Son but est de créer un Etat indépendant, le Turkestan oriental, sur le Xinjiang chinois. Les Ouïghours, un peuple turcophone, constituent 45% de la population du Xinjiang, la plus grande province chinoise, à l'ouest du pays. La politique communiste à l'égard de cette minorité, accordant d'abord une autonomie pour provoquer un ralliement spontané au pouvoir, a au contraire soudé une communauté qui n'était pas forcément unie. Kashgar, éphémère capitale du Turkestan en 1933, est le symbole de la lutte des Ouïghours. En avril 1990, des Ouïghours vétérans du djihad afghan contre les Soviétiques lancent la lutte armée contre l'Etat chinois après avoir créé l'année précédente le Parti Islamique du Turkestan Oriental (PITO). En 2008, quatre jours avant le début des Jeux Olympiques de Pékin, une attaque de grande envergure est menée à Kashgar. Urumqi, où la population est partagée entre Ouïghours et Hans chinois, est également le théâtre de violentes, comme les émeutes du 5 juillet 2009.

    Le PIT revendique de 300 à 500 combattants au Pakistan et des antennes en Turquie et en Syrie. Il se veut le successeur du Mouvement Islamique du Turkestan Oriental (MITO), créé en 1997 et dirigé par Hasan Mahsum, formé en Afghanistan et au Pakistan, et Abudukadir Yapuquan. Dès 1998, le MITO se réfugie dans l'Afghanistan des talibans, et les premiers contacts sont établis avec Ben Laden et le Mouvement Islamique d'Ouzbékistan. Mashum est tué lors des bombardements américains à la frontière afghano-pakistanaise fin 2001. Abdul Haq al-Turkestani, ancien chef de ce qui devient ensuite le PIT, est annoncé tué par une frappe de drone en février 2010 au nord-Waziristan (il refera surface dans une vidéo du PIT en 2016). Abdullah Mansour prend alors la suite. En dépit de la perte de plusieurs chefs successifs, le PIT se maintient dans la durée et peut continuer à frapper la Chine. Turkestani a développé la branche média du PIT, Sawt al-Islam/Islam Awazi (La voix de l'islam) : le magazine Turkestan Islamique (publié tous les 4 mois) démarre en 2008, et à partir de 2012 le PIT collabore avec la branche média du Mouvement Islamique d'Ouzbékistan (MIO).

    Dès 2012, les autorités chinoises signalent le départ en Syrie, pour le djihad, de combattants ouïghours. Depuis le mois de mai, le Mouvement Islamique du Turkestan Oriental et l'Association de Solidarité et d'Education du Turkestan Oriental, basée en Turquie, achemineraient des combattants ouïghours en Syrie.

    En 2013, un Chinois Han converti à l'islam, apparaît dans une vidéo de Jaysh Muhajirin wal-Ansar, formation dirigée par Omar al-Shishani (qui passera ensuite à l'EI). La vidéo est mise en ligne en mars : le Chinois a pour nom de guerre Yusuf al-Sini (Bo Wang de son vrai nom). Dans une vidéo du front al-Nosra, d'autres combattants ouïghours semblent présents. De fait, le PIT, basé au Pakistan, appelle dans son magazine Turkestan Islamique (12ème volume, 9 février 2013) au djihad en Syrie. En juillet, la Chine arrête dans le Xinjiang un étudiant parti à Istanbul, ayant combattu à Alep, et qui aurait projeté des attentats à son retour. Les autorités expliquent aussi que les 15 assaillants d'un poste de police à Turpan, dans le Xinjiang, en juin 2013 (attaque qui a fait plus de 40 tués), seraient des aspirants au djihad, qui faute de pouvoir partir, auraient commis un attentat sur place. Cette annonce fait suite à un total de 5 incidents violents s'étant déroulés dans le Xinjiang entre mars et juin 2013. La Chine estime alors que 30 à 100 combattants ouïghours ont déjà pu entrer en Syrie ; la communauté ouïghoure en Turquie compte 20 000 membres, dont certains travaillent pour l'Association de Solidarité et d'Education du Turkestan Oriental, qui fournit une aide humanitaire aux Syriens et qui est pointée du doigt par la Chine. Une vidéo du PIT de janvier 2017 affirme que sa brigade syrienne a combattu avec le front al-Nosra, en 2013, dans les provinces de Raqqa, Hasakah et Alep.

    En juin 2014, le TIP officialise sa présence en Syrie : il déclare avoir une brigade sur place, dirigée par Abu Ridha al-Turkestani, probablement un Syrien (il parle arabe) et revendique une attaque suicide à Urumqi en mai 2014 et une attaque au VBIED sur la place Tiananmen en octobre 2013. En octobre 2014, le TIP met en ligne sur son site sadiqlar.com, probablement administré depuis la Turquie, un livret en ouïghour à destination des femmes, puis un autre justifiant le djihad en Syrie. En novembre, un djihadiste d'origine néerlandaise ayant combattu avec la jamaat de Sayfullah Shishani (ralliée au front al-Nosra) photographie un groupe de 14 combattants du TIP dans le nord de la Syrie. Une des vidéos d'Islam Awazi, la branche média du TIP, montre que ce dernier aligne au minimum plusieurs dizaines de combattants en Syrie en 2014. Le groupe a prêté allégeance au mollah Omar des talibans, ce qui plaide en faveur de l'hypothèse que dès ce moment-là, le TIP opère de concert avec le front al-Nosra, probablement entre les provinces d'Idlib et de Lattaquié. Le TIP en Syrie publie des photos d'enfants-soldats, de 2 chars, d'une femme avec un SVD Dragunov, de pièces antiaériennes. Comme l'émirat islamique du Caucase, qui avait sa branche syrienne avec Jaysh Muhajirin wal-Ansar, le TIP semble faire de même en Syrie.

    Novembre 2014 : des combattants du PIT photographiés par un djihadiste néerlandais.

    Les hommes du PIT sur un T-72.

    Combattants du PIT ; on note le RPG-7 avec charge tandem.

    Le combattant à gauche tient un Steyr AUG.

    Fusil anti-matériel AM 50 iranien sans doute capturés à des miliciens chiites irakiens, au Hezbollah ou au régime syrien.

    Une femme vise avec un SVD Dragunov.

    Abu Rida al-Turkistani, le chef syrien de la brigade du TIP.


    Une vidéo d'Islam Awazi montre 2 kamikazes du PIT dont un s'est fait sauter dans la province d'Idlib lors d'une offensive menée par le front al-Nosra (27 mai 2014). En avril 2015, le PIT combat au sein de la coalition « La bataille de la victoire » pour prendre Jisr al-Shughur, aux côtés du front al-Nosra, d'Ahrar al-Sham, Jaysh al-Islam, Jabhat Ansar al-Din, Junud al-Sham. Une vidéo de ce dernier groupe mentionne la « Katibat Turkestani », qui semble être le nom de la branche syrienne du PIT. La brigade aurait perdu au moins 20 combattants dans la bataille de Jisr-al-Shughur. Avant la bataille, les combattants du PIT écoutent un sermon du sheikh saoudien Muhaysini, proche d'al-Nosra ; leur chef, Abu Rida al-Turkestani, plante le drapeau du PIT au centre de la ville. Le PIT a combattu aux côtés du groupe Junud al-Sham de Muslim Shishani et du groupe ouzbek Katiba al Tawhid wal Jihad. Un membre important du groupe, Ibrahim Mansour, confirme à un site d'information turc que le PIT combat en Syrie depuis 2012 ; le djihad en Syrie permet à la formation d'acquérir de l'expérience pour le djihad au Xinjiang. Le PIT semble opérer dans les provinces d'Idlib et de Lattaquié et dispose de 2 camps d'entraînement, dont un dans une villa réquisitionnée, où il forme aussi des enfants. Il donne les noms de plusieurs de ses tués au combat, dont un 3ème kamikaze utilisé contre l'hôpital de Jisr-al-Shughur. Un autre kamikaze a également été employé durant la bataille. Abu Rida al-Turkestani, un Syrien qui commandait le PIT en Syrie, est tué pendant les combats. Jacob Zenn estime que le PIT en Syrie pourrait déjà compter 1 000 combattants à cette date. En août, le PIT prend part à la bataille dans la plaine d'al-Ghab : il est avec Jund al-Aqsa à la centrale thermique de Zeyzoun. En septembre, il publie des photos de ses combattants dans la base aérienne d'Abu Duhur, assiégée et finalement prise par le front al-Nosra et des groupes djihadistes satellites. En octobre, le PIT combat à la fois dans le Jabal al-Akrad, dans la province de Lattaquié, et dans la province de Hama. A ce moment-là, la majorité des recrues ouïghoures se retrouvent dans le PIT lié à al-Qaïda, et non à l'EI, bien que celui-ci compte également des Ouïghours dans ses rangs. En décembre, le PIT poste une photo d'un tir de missile antichar TOW, capturé ou fourni par des rebelles ayant reçu l'arme des Etats-Unis. Le groupe aurait perdu 30 combattants en quelques semaines face à l'offensive du régime dans la montagne Turkmène, dans la province de Lattaquié.









    Le millier d'Ouïghours du PIT serait surtout installé à Idlib, entre les villes de Jisr al-Shughur, Ariha, et dans le Jebel al-Zawiya. En mars 2016, le PIT diffuse un nouveau reportage photo sur l'entraînement d'enfants dans l'un de ses camps au nord-ouest de la Syrie. En mai, le PIT rejoint Jaysh al-Fateh, la coalition pilotée par le front al-Nosra, qui chasse en parallèle Jund al-Aqsa, suspectée d'avoir des sympathies pour l'EI. Le PIT participe à la capture de Khan Touman, au sud d'Alep. En juin, l'émir du PIT, Abdul Haq al-Turkestani, s'en prend violemment dans une vidéo de propagande à l'EI, et au Mouvement Islamique d'Ouzbékistan (MIO), ancien allié du PIT, mais qui a prêté allégeance à l'EI en août 2015. Ce même mois, le PIT participe à l'offensive lancée à partir du 27 dans la province de Lattaquié. Une vidéo de Zawahiri en juillet 2016 fait l'éloge les combattants ouïghours. Le PIT est également présent lors du lancement de l'offensive pour débloquer le siège des quartiers Est d'Alep, à partir du 31 juillet, juste après le retrait « formel » du front al-Nosra d'al-Qaïda, et le changement de nom pour Jabhat Fateh al-Sham. De nouvelles images de l'entraînement d'enfants dans un camp militaire sont diffusées en septembre 2016. Le 30 octobre, le PIT engage plusieurs kamikazes dans l'ultime offensive de Jaysh al-Fateh pour desserrer l'étau à Alep.













    Début janvier 2017, Abou Omar al-Turkestani, un Ouïghour, est tué par une frappe américaine près de Sarmada, dans le nord de la province d'Idlib. Il était membre de l'Union du Djihad Islamique, scission issue du Mouvement Islamique d'Ouzbékistan et recrutant parmi les Ouzbeks. En Syrie, il prend la tête d'Ansar Jihad, dont il devient le commandant militaire : le groupe est composé de combattants d'Asie Centrale et de Turcs. Il est fort probable qu'Ansar Jihad collabore avec le PIT, les deux étant proches de Jabhat Fateh al-Sham, composante essentielle de la nouvelle coalition Hayat Tahrir al-Sham. En février 2017, le PIT confirme la mort d'un combattant français, le 2ème dans ses rangs. La mort de ce Français avait été annoncé en juillet 2016 par Firqatul Ghuraba, le groupe du Français Omar Diaby/Omsen, proche d'al-Qaïda. Le Français apparaissait dans une vidéo du PIT de novembre 2016. Le premier Français tué avec le PIT est Reda Layachi, d'Hérouville-Saint-Clair, tué dans la province d'Idlib fin 2015. Les deux décès laissent penser que Firqatul Ghuraba combat avec le PIT, dans la province de Lattaquié et dans celle d'Idlib. Le PIT bénéficie aussi de la propagande d'Abou Zar al-Burmi, un mufti liée à la brigade de l'Imam Boukhari (groupe ouzbek en Syrie proche d'al-Qaïda), qui, rallié à l'EI pour un temps en 2015, est revenu vers al-Qaïda et s'en est expliqué dans plusieurs vidéos de propagande pour le PIT notamment.





    Propagande


    Le PIT est proche d'al-Qaïda, on l'a dit. En Syrie, bien que non intégré formellement à la branche syrienne de l'organisation, l'ex-front al-Nosra, il collabore étroitement avec lui depuis au moins 2015 sur le plan militaire.

    Présent sur Facebook et Twitterà une époque, le PIT semble désormais privilégier Telegram. Son média de propagande, Islam Awazi, diffuse de nombreuses productions vidéos. Le logo de ce dernier reprend les codes d'al-Qaïda, jusqu'au drapeau.



    Le PIT a créé des séries de vidéos : l'une d'entre elles s'intitule « Appel depuis les lignes de front du djihad », où ses combattants exhortent les musulmans à les rejoindre en Syrie pour faire le djihad. Il y a aussi des nasheeds mis en vidéos qui, contrairement aux autres productions, semblent systématiquement sous-titrés en anglais. Parfois, le PIT met également en ligne des montages plus conséquents, comme cette longue vidéo du 18 janvier dernier consacrée à la « vérité à propos des médias chinois ». Parfois, des clercs musulmans apparaissent dans les vidéos du PIT, comme le sheykh saoudien Muhaysini, proche de Jabhat Fateh al-Sham, que l'on aperçoit fréquemment avec le PIT. Une autre série intitulée « Les amoureux du paradis » est dédiée aux martyrs du PIT sur le champ de bataille. Le PIT livre également les messages vidéos de ses kamikazes avant leurs opérations suicides, et réalise des montages vidéos parfois assez longs sur ses opérations militaires.


    Armements et tactiques


    Une analyse des dernières vidéos du PIT (depuis l'automne 2016) offre un aperçu de ses tactiques et de son équipement militaire. Le groupe aligne des véhicules blindés de prise (BMP-1) de même que des chars (T-55, T-62, T-72). Les moyens d'appui, relativement conséquents (pièces d'artillerie capturées, mortiers artisanaux, roquettes artisanales, canons sans recul, technicals) préparent souvent les assauts, avec les tirs tendus des chars. Le PIT opère avec une infanterie assez conséquent, divisée en groupes de combat d'une dizaine d'hommes, où les porteurs d'armes collectives emportent souvent des armes individuelles en plus des PK et RPG-7 par exemple. Il y a aussi des tireurs d'élite sur SVD et des snipers, comme celui sur AM 50. L'infanterie est souvent embarquée dans les véhicules blindés pour être déposée au plus près du champ de bataille. La discipline et les tactiques utilisées en combat urbain confirment que le PIT a reçu une formation de Malhama Tactical,le groupe de conseillers militaires proche de Jabhat Fateh al-Sham qui a offert ses services aux djihadistes proches d'al-Qaïda en Syrie.

    Une vidéo du 17 octobre 2016 montre la participation du PIT à l'offensive pour libérer les quartiers Est d'Alep à partir de la fin août. Un camion GAZ tracte un canon D-30 de 122 mm et transporte les obus. Un char T-72 est également présent. Les fantassins portent des RPG monocoups (RPG 22/26?). Le PIT déploie aussi un LRM Type 63 avec roquettes de 107 mm. Il prépare des batteries de roquettes artisanales (dont des Eléphants). Un tireur d'élite manipule un AM 50 iranien de 12,7 mm (sans doute capturé sur des miliciens chiites irakiens). Les combattants embarquent dans plusieurs BMP-1 et des pick-up, puis approchent de leurs objectifs à pied. Les groupes de combat comprennent au moins un tireur PK et un tireur RPG-7 (souvent avec un pourvoyeur). En plus du T-72, il y a au moins 1 T-55. Les fantassins sont appuyés par un D-30, un M-46 (?). Il y a aussi un technical avec bitube ZU-23, des roquettes artisanales et un mortier lourd qui sont utilisés, ainsi qu'un SPG-9 sur trépied en tir courbe. Le PIT a aussi un autre véhicule blindé de servitude (numéroté 0322). Pour un autre assaut, transportés en BMP-1, les fantassins sont appuyés par un T-72, un D-30 et 3 mortiers lourds artisanaux. Il y a aussi un Land Cruiser avec ZU-23, un Land Cruiser avec ZPU-2 et un char T-55. Dans un autre combat, outre un T-62 et un T-55, le PIT emploie un SPG-9 en tir courbe.









































































    Un nasheed vidéo du 26 novembre 2016 montre le PIT utiliser une mitrailleuse Type 77/85. Le groupe utilise aussi des mitrailleuses PK ; un des combattants porte un RPG monocoup. D'autres transportent un SPG-9 sur trépied. Le groupe met aussi en œuvre un lance-roquettes artisanal avec roquettes Grad de 122 mm. Le PIT aligne aussi dans cette vidéo 2 BMP-1, 1 T-62, 2 T-55, un canon M-46 de 130 mm, un canon D-30 de 122 mm, un lance-roquettes artisanal. L'infanterie est toujours très nombreuse, avec plusieurs dizaines d'hommes.


























    Une vidéo (nasheed, en arabe sous-titré en anglais) du 6 février 2017 montre plus d'une vingtaine de combattants en deux colonnes, avec leur drapeau. Une autre scène montre également un groupe de plus de 20 hommes. Les combattants du PIT s'entraînent en courant dans une tranchée, en rampant sous des barbelés dans la neige et sous les tirs de l'instructeur, en passant au milieu de pneus. On voit aussi plus d'une trentaine d'enfants soldats à l'entraînement. Les fantassins sont armés d'AK, on distingue quelques armes collectives (RPG-7). Le groupe dispose d'une pièce d'artillerie. Une mitrailleuse Type 77/85 ouvre le feu. Un tireur d'élite opère sur AM 50.






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    Titre : L'épée du courage.

    Durée : 23 minutes 34 secondes.

    Lieu(x) : dans la séquence 3, un bandeau évoque le « 3ème assaut à l'ouest de Tal Afar ». La séquence 4 parle de la conquête du village de Sharaa, au sud-ouest de Tal Afar. Dans la séquence 6, un bandeau parle du « 3ème assaut au sud-est de Tal Afar ». Dans la séquence 9, l'assaut aurait lieu au sud de Tal Afar.

    Date (sûre par recoupement ou estimée) : la vidéo a été mise en ligne le 3 mars 2017. Les images de la séquence 2 correspondent à un reportage photo du 16 janvier lors d'une attaque sur le village de Jahaf, près de Tal Abtah. Les images suivantes sont probablement postérieures (certaines doivent être notamment de février).

    Type de vidéo : c'est une vidéo de défense agressive, l'EI contre-attaque pour sortir de Tal Afar avec des colonnes mécanisées, des tirs de missiles antichars et autres moyens d'appui.

    Découpage (séquences) :

    1 : 13''-1'23'', introduction.
    2 : 1'23''-3'18'', préambule.
    3 : 3'18''-8'48'', assaut d'une position de miliciens chiites à l'ouest de Tal Afar.
    4 : 8'48''-11'29'', assaut du village de Sharaa.
    5 : 11'29''-13'41'', tirs de missiles antichars.
    6 : 13'41''-17'21'', assaut contre une position de miliciens chiites au sud-est de Tal Afar (sans doute Saraya al-Khorasani).
    7 : 17'21''-18'11'', tirs d'artillerie.
    8 : 18'11''-19'10'', transition.
    9 : 19'10''-23'24'', assaut contre une position de miliciens chiites au sud de Tal Afar.

     

    Forces attaquées/adversaires : les miliciens chiites de la mobilisation populaire. Dans la séquence 5, on aperçoit un véhicule qui porte peut-être le drapeau de Saraya Ansar al-Aqeeda. Dans la séquence 6, la position attaquée comprend des drapeaux qui semblent bien ceux de Saraya al-Khorasani. Dans la séquence 9, un camion capturé par l'EI porte l'emblème des miliciens chiites turkmènes de la mobilisation populaire (commandement nord).





    Effectifs engagés : assez conséquents, plusieurs dizaines d'hommes au moins pour chaque colonne mécanisée.

    Moyens d'appui utilisés (canons, mortiers, armes artisanales...) : dans la séquence 2, un combattant tire avec un lance-roquettes artisanal à déclenchement électrique expédiant des roquettes air-sol S-5K HEAT soviétiques. Un montage similaire était déjà apparu dans une vidéo de la wilayat al-Furat l'été dernier. On voit également plusieurs tirs avec des canons sans recul SPG-9 porté à l'épaule.




    Dans la séquence 3, les drones armés qui filment les miliciens chiites lâchent ensuite leurs projectiles :

    1 : sur un pick-up, le projectile tombe sur le toit.
    2 : sur un pick-up, le projectile tombe devant.
    3 : sur un pick-up, le projectile tombe sur la plate-forme arrière, provoquant un incendie.
    4 : à un autre moment (temps différent et le drone vole plus haut), un pick-up est visé, le projectile tombe juste à côté.










    Pour éliminer un char M1 Abrams qui se trouve derrière la première levée de terre et la première ligne de défense des miliciens chiites, l'EI tire un missile antichar Fagot qui incendie le blindé.






    2 M113 des miliciens chiites ouvrent le feu sur les combattants de l'EI : un drone armé lâche un projectile qui touche le toit de l'un d'entre eux.





    Pour se créer un passage dans la levée de terre, un combattant de l'EI allume une charge explosive (avec barre de chargement insérée par-dessus, de 0 à 100%) qui en sautant crée une première brèche. Un bulldozer élargit ensuite la brèche et laisse passer 2 VBIED.








    Dans la séquence 4, après l'explosion des VBIED, les véhicules de l'EI (dont un Humvee) s'engouffrent dans la brèche à leur tour.

    Dans la séquence 5, l'EI montre des tirs de missiles antichars :

    1 : missile Konkurs, touche une cible indéterminée.
    2 : missile Konkurs, touche une cible indéterminée.
    3 : missile Konkurs, frappe un véhicule blindé qui porte peut-être le drapeau de la milice chiite Saraya Ansar al-Aqeeda.
    4 : missile Konkurs, touche un M113 des miliciens chiites probablement.
    5 : missile Konkurs/Fagot vu l'aspect, touche un véhicule blindé (incendié).
    6 : missile HJ-8 (probable ; avec barre de chargement 0-100% insérée au moment du tir, filmé par drone), touche un bulldozer.
    7 : missile Konkurs/Fagot (probable vu l'aspect), touche un véhicule indéterminé.






















    On voit pour finir un char M1 Abrams touché qui essaie de se déplacer, mais un incendie se déclare (peut-être le véhicule touché en 7?).

    Dans la séquence 7, l'EI pilonne les positions adverses avec des moyens lourds : LRM Type 63 sur Safir iranien, lance-roquettes artisanal pour roquette de 107 mm, un canon D-30 de 122 mm, un D-30 monté sur camion, un S-60 de 57 mm monté sur camion, un camion-benne lance-roquettes (montage déjà vu dans d'autres wilayats l'an passé), un mortier de 120 mm, une pièce d'artillerie sur véhicule.



















    Véhicules utilisés (chars, véhicules blindés, technicals...) : dans la séquence 2, on aperçoit déjà un véhicule blindé improvisé et un technical. On voit ensuite un Land Cruiser avec ce qui semble être une mitrailleuse lourde NST (12,7 mm) ainsi qu'un technical avec DSHK protégée par un bouclier. On aperçoit plus loin un technical avec KPV.




    Dans la séquence 3, la colonne d'assaut de l'EI comprend au moins 8 véhicules, dont plusieurs technicals. 3 véhicules blindés improvisés débarquent une section d'assaut de l'EI près de la tranchée qui borde la position défensive des miliciens chiites. Un des véhicules blindés improvisés embarque une mitrailleuse DSHK en tourelle protégée par un bouclier ; il a des protections de blindage pour les roues et porte l'inscription « B33 ».





    Dans la séquence 4, un technical avec KPV participe au combat de Sharaa. Il y a un autre technical (peut-être avec mitrailleuse Type 77/85). 

     

    Dans la séquence 8, on voit une colonne avec 3 véhicules blindés improvisés et 3 technicals.

    La colonne de la séquence 9 comprend au moins un véhicule blindé improvisé et 3 technicals.

    Kamikazes (identité) :néant.

    Véhicules kamikazes (types, impact) :

    1 : 4x4 SUV avec coque de blindage artisanal.

    2 : pick-up avec coque de blindage artisanal.

    Armes légères et lourdes (fusils d'assaut, mitrailleuses, RPG, etc) - groupes de combat et leurs tactiques : dans la séquence 2, on aperçoit un tireur PK avec arme individuelle supplémentaire.



    Le groupe d'assaut de l'EI de la séquence 3 comprend au moins une dizaine d'hommes dont un tireur RPG-7 et le pourvoyeur, et un mitrailleur PK. Les tireurs RPG-7 visent un char M1 Abrams qui se trouve derrière la première levée de terre de la position défensive des miliciens chiites. Un des fantassins porte un AK avec embout pour lance-grenades.






    Pour le combat nocturne de la séquence 4 à Sharaa, les combattants de l'EI portent des brassards orange d'identification. On voit un tireur PK avec arme individuelle supplémentaire. Un tireur RPG-7 avec AK supplémentaire tire une roquette OG-7V. On remarque que les fantassins de l'EI longent les bâtiments de chaque côté des rues pour progresser.



    Dans la séquence 6, les combattants débarquent des véhicules blindés improvisés, franchissent la tranchée et la levée de terre. Il y a au moins un tireur RPG-7.



    Dans la séquence 9, un tireur PK et un tireur RPG-7 ouvrent le feu depuis un véhicule blindé improvisé.




    Destructions de véhicules adverses :à la fin de la séquence 4, l'EI montre le char M1 Abrams incendié par un missile antichar Fagot.



    Dans la séquence 9, les combattants de l'EI incendient un Humvee avec DSHK en tourelle (dans lequel se trouve un corps à la place conducteur.



    Butin matériel : dans la séquence 6, un Humvee avec DSHK est présent dans la position investie par l'EI.



    Dans la séquence 9, l'EI s'empare d'un Land Cruiser qui transporte sur sa plate-forme arrière des containers PA 117, probablement avec des munitions de 120 mm pour char M1 Abrams. Un Humvee est également capturé. L'EI s'empare aussi d'un AT-4, d'un mortier léger, de plusieurs mitrailleuses M240, de 5 M-16, de plusieurs autres armes légères et collectives (et de munitions).






    Morts/prisonniers/blessés adverses : dans la séquence 2, l'EI filme un corps adverse. A la fin de la séquence 2, un combattant de l'EI dans l'arrière d'un pick-up tient une tête coupée et le sabre à la main qui lui a sans doute servi à trancher cette tête.

    Dans la séquence 6, 5 miliciens chiites qui s'enfuient devant l'assaut des fantassins débarqués de l'EI sont abattus. 4 autres corps de miliciens sont filmés ensuite, dont 2 lardés de balles.

    Dans la séquence 9, 2 corps sont lardés de balles par les combattants de l'EI. 6 miliciens sont abattus lors de combats rapprochés.

    Morts/blessés de l'EI : dans la séquence 6, un fantassin de l'EI est tué par les miliciens chiites.

    Dans la séquence 8, l'EI montre plusieurs de ses blessés pendant un combat.

    Effets visuels/montage/techniques de propagande : la louange à Allah est suivie de la mention Islamic State et du logo de la wilayat, sous-titré en anglais.

    Dans l'introduction, on peut voir une dizaine d'hommes en tenue camouflée s'entraîner avec des armes américaines de prise (M-4, M249). Un cavalier portant le drapeau de l'EI traverse le camp pour terminer la séquence.

    Un passage historique dans la séquence 2 évoque les prophètes (Noé, Abraham, Moïse, Jésus et Muhammad), puis cite les principales batailles menées par les musulmans avant la conquête de La Mecque (630), sur fond d'images du film Kingdom of Heaven (décidément très utilisé par les djihadistes). L'EI montre ensuite plusieurs de ses membres (sans doute tués) : Abu Ibrahim Al Iraqi, Abu Mariyam Al Iraqi, Abu Aisha Al Iraqi, Hanzalt Al Turki, Abu Anas Al Iraqi (tous irakiens sauf l'avant-dernier, turc).

    Dans la séquence 3, un ou plusieurs drones armés de l'EI filment les mouvements des miliciens chiites derrière leurs positions défensives.







    Dans la séquence 8, un VBIED est filmé par drone jusqu'à son explosion.

    Religion : dans la séquence 6, on voit un combattant prier.

    Nasheeds (poèmes chantés) présents dans la vidéo :

    1 : ?

    2 : 3'18''-8'43'' Kayfeta Jidtum

    3 : 8'48''-11'22''Adajah

    4 : 11'33''-13'36''Fought

    5 : 14'09''-16'19''Qasaeqat

    6 : ?

    7 : 19'10''-22'55''Ilejhim Rakibna

    Commentaires particuliers : c'est la troisième vidéo longue de la wilayat al-Jazirah depuis le début de la bataille de Mossoul, le 17 octobre dernier. Comme la précédente, celle-ci montre les contre-attaques contre les miliciens chiites encerclant Tal Afar, mais cette fois-ci plutôt depuis Tal Afar elle-même, vers l'extérieur. Ces contre-attaques n'ont pas réussi à briser l'étau (voir l'analyse d'une vidéo publiée par un des adversaires de l'EI, Kataib Hezbollah, où l'une de ces contre-attaques échoue lamentablement) mais infligent toutefois des pertes aux miliciens chiites. On voit notamment un assaut contre une position tenue par Saraya al-Khorasani qui perd plusieurs combattants (9) devant l'assaut de l'EI ; un autre contre des miliciens turkmènes est du même ordre au niveau des pertes. Outre le lance-roquettes artisanal à déclenchement électrique pour roquettes S-5K, déjà vu précédemment, on note l'utilisation de drones armés pour filmer les miliciens chiites puis frapper leurs véhicules ; l'emploi de lance-missiles antichars, déjà important dans la précédente vidéo (avec 2 chars M1 Abrams détruits) ; et la tactique d'assaut contre les positions des miliciens chiites. Généralement les colonnes d'assaut comprennent une dizaine de véhicules, plusieurs véhicules blindés improvisés transports de troupes et plusieurs technicals. Des VBIED sont en général jetés sur la position pour ouvrir la voie ; puis l'infanterie débarque et cherche à nettoyer la première levée de terre. Ensuite, une brèche est pratiquée avec des explosifs, élargie par un bulldozer ; d'autres VBIED s'engagent pour attaquer la 2ème position, suivie des véhicules de combat. L'EI montre ici aussi des moyens d'appui plus lourds : canon D-30 en position fixe ou monté sur camion, Safir avec LRM Type 63, camion-benne lance-roquettes... dans le butin, plusieurs véhicules ici, et ces obus de 120 mm à l'arrière d'un Land Cruiser.

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    Titre : Les batailles épiques de la constance (4).

    Durée : 21 minutes 9 secondes

    Lieu(x) : sud de Mossoul.

    Date (sûre par recoupement ou estimée) : La vidéo a été mise en ligne le 11 mars 2017. Les images de la séquence 4 sont anciennes : elles datent du 5 décembre 2016 (vidéo Amaq)... Les images de la séquence 5 correspondent à un reportage photo du 26 décembre dernier. Les images de la séquence 2 datent du 4 janvier (vidéo Amaq du 2 janvier également).

    Type de vidéo : c’est une vidéo de raids mécanisés, ponctuée de quelques autres séquences.

    Découpage (séquences) :

    1 : 15’’-43’’, introduction.
    2 : 43’’-8’00, assauts sur des positions de miliciens chiites.
    3 : 8’00-10’27’’, séquence de transition (avec combat).
    4 : 10’27’’-14’40’’, combats contre l’armée irakienne.
    5 : 14’40’’-17’45’’, assaut contre une position de miliciens chiites.
    6 : 17’45’’-21'9'', VBIED et tirs de missiles antichars.



    Forces attaquées/adversaires : dans la séquence 2, de nuit, un technical ouvre le feu sur un hélicoptère de l’aviation irakienne qui mitraille les positions de l’EI.

    Effectifs engagés : quelques dizaines d'hommes voir plus pour les raids mécanisés.

    Moyens d'appui utilisés (canons, mortiers, armes artisanales...) :

    Dans la séquence 6, un certain nombre de tirs de missiles antichars :

    1 : missile Konkurs/Fagot ( ?) sur char T-72 (touché).
    2 : TOW ( ?) sur char (touché).
    3 : TOW ( ?) sur un MaxxPro (touché).
    4 : missile Konkurs/Fagot ( ?) sur char M1 Abrams (touché).
    5 : char (T-72 ?) touché.

    On voit ensuite une carcasse de BMP-1.

    6 : missile Konkurs/Fagot (?) sur char M1 Abrams.
    7 : missile Konkurs/Fagot (?) sur char T-55 ( ?), touché.


















    Véhicules utilisés (chars, véhicules blindés, technicals...) : dans la séquence 2, l’EI engage un technical avec KPV. Il y a aussi un pick-up surblindé avec DSHK protégée par un bouclier.





    Dans la séquence 3, l’EI utilise un technical avec ZU-23 monotube.



    Dans la séquence 5, la colonne de l’EI comprend au moins 3 véhicules blindés improvisés : un avec DSHK, un avec mitrailleuse Type 77/85, un avec KPV. Un bulldozer blindé ouvre la voie à un VBIED.






    Kamikazes (identité) :néant.

    Véhicules kamikazes (types, impact) :

    1 : véhicule Kia Motors avec coque de blindage artisanale.

    2 : 4x4 SUV avec coque de blindage.



    3 : 4x4 SUV avec coque de blindage ( ?),  explose à côté de 2 Humvees.




    Armes légères et lourdes (fusils d'assaut, mitrailleuses, RPG, etc) - groupes de combat et leurs tactiques : le groupe de combat débarqué de la séquence 2 comprend un tireur PK. On peut voir au moins 6 hommes courir en colonne dont le pourvoyeur RPG-7.



    Dans la séquence 3, on voit un tireur PK avec GoPro sur le front transportant en plus une AK à chargeur circulaire. La caméra filme 5 hommes dans un véhicule blindé improvisé (dont un tireur RPG-7) et 2 groupes de combat de 7-8 hommes, dont un avec mitrailleur PK, RPG-7 et 2 tireurs d’élite sur SVD. Le groupe de combat qui tire ensuite comprend un tireur PK et un fantassin avec M-16 à lunette.







    Dans la séquence 4, 2 combattants avec M-16 en couvrent un 3ème qui jette des grenades sur une position adverse. Lors d’un combat contre une colonne de l’armée irakienne, l’EI déploie un groupe de combat avec tireur PK et RPG-7. On voit un tireur PK avec AKMS.






    Dans la séquence 5, le groupe de combat débarqué comprend un tireur RPG-7, un mitrailleur sur Zastava M84 avec GoPro sur le front et AK en plus, couvert par 2 tireurs AK-47/AKM (tous portent un brassard blanc d’identification).



    Destructions de véhicules adverses : dans la séquence 2, un Land Cruiser est incendié. Un véhicule blindé improvisé et un pick-up de miliciens chiites sont détruits.





    Butin matériel : dans la séquence 2, l’EI s’empare d’une Land Cruiser avec DSHK protégée par un bouclier. Il capture aussi un Safir avec canon sans recul de 106 M40 (copie iranienne). A l’arrière d’un Land Cruiser se trouvent deux caisses de missiles Kornet-E (9M133 1). L’EI récupère aussi 5 technicals de miliciens chiites et 1 ambulance.





















    Sur les véhicules capturés, on remarque des emblèmes ou inscriptions renvoyant à plusieurs milices chiites de la mobilisation populaire : Jaish Al Mômel, Saraya Al Difa Al Watani, Liwa Al Taf, Qawat Murtadha Al Qataliyah.

    Morts/prisonniers/blessés adverses : l’EI filme 6 ou 7 corps de miliciens dans la séquence 2. L’un d’entre eux est mis en scène avec des cigarettes, comme souvent.

    Morts/blessés de l'EI : dans la séquence 3, l’EI montre un de ses morts. On voit aussi un blessé à la tête.

    Dans la séquence 5, un tireur RPG-7 de l’EI est tué pendant l’assaut.

    Effets visuels/montage/techniques de propagande : la louange à Allah est suivie de la mention Islamic State et du logo de la wilayat.

    Dans la séquence 2, les combats sont filmés en GoPro montée sur un combattant. Idem pour les séquences 3, 4 et 5. Un combattant de l'EI prend la radio d'un véhicule des miliciens chiites pour dialoguer avec leurs camarades.

    Dans la séquence 3, l'EI filme des murs dans une caserne reprise où les milices chiites ont laissé des graffitis (Kataib al-Imam Ali et Liwa al-Taf).

    Religion : à la fin de la séquence 2, on voit 3 combattants faire une prière de remerciement.

    Dans la séquence 3, un combattant lit le Coran.

    Nasheeds (poèmes chantés) présents dans la vidéo :

    1 : ?

    2 : 1’20’’-4’15’’ Fought

    3 : 4’39’’-7’55’’ يظنون البلاد بلا حماة

    4 : 8’50’’-10’22’’ Qasaeqat

    5 : 10’28’’-13’55’’ Hayya Inghamis

    6 : 14’41’’-17’40’’ Aurilladha

    7 : 17’44’’-20’54’’ Kayfema Jidtum

    Commentaires particuliers : c'est la 3ème vidéo de la wilayat Dijlah depuis le début de la bataille de Mossoul. Ici les séquences n'ont aucune cohérence chronologique, puisqu'on commence par les plus récentes pour passer aux plus anciennes et revenir à d'autres un peu plus récentes... la wilayat Dijlah continue d'attaquer les lignes de communication au sud de Mossoul, tenues par les miliciens chiites, adversaire davantage à sa portée. Le butin de l'assaut autour de Shirqat début janvier semble plus conséquent que ce que montrait les premières images diffusées juste après l'attaque. On note aussi la présence de tirs de missiles antichars, la katiba antiblindés est donc toujours présente (malheureusement aucun lanceur n'est visible). La wilayat Dijlah semble désormais privilégier les raids mécanisés éclairs, les attaques de VBIED et les tirs de missiles antichars pour harceler au mieux l'adversaire.

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    La 52ème brigade turkmène de la mobilisation populaire illustre les choix faits par certains Turkmènes chiites irakiens. La brigade, créée en juillet 2016, recrute majoritairement à Amerli, zone de peuplement turkmène chiite, dont le siège par l'EI en 2014 avait attiréun avant les milices chiites pro-iraniennes, soucieuses de se présenter en rempart contre les terroristes sunnites menaçant d'exterminer des coreligionnaires. Plus intéressant encore, cette 52ème brigade est en réalité le bras armé du Badr, une des milices pro-iraniennes et sans doute la plus importante numériquement, dans le secteur. La brigade assure essentiellement des tâches de sécurité locales mais a été mobilisée en octobre 2016 pour défendre Kirkouk attaquée par un commando suicide de l'EI.




    Historique


    La 52ème brigade turkmène de la mobilisation populaire (Hashd al-Shaabi) est constituée le 15 juillet 2016. C'est une des brigades turkmènes de la mobilisation populaire chiite, après la 16ème qui l'a précédée.

    Les Turkmènes irakiens, partagés entre chiites et sunnites (40%-60%) sur une population estimée entre 500 000 et 3 millions d'individus, ont réclamé une province autonome autour de la ville de Tal Afar, pour l'instant aux mains de l'EI à l'ouest de Mossoul. De fait, la communauté est très divisée sur des lignes à la fois sectaires et politiques. Certains Turkmènes sunnites du nord de l'Irak se sont réfugiés dans la zone contrôlée par la Turquie et ses alliés rebelles en Syrie, au nord et à l'est d'Alep. Mais les Turkmènes sunnites sont loin d'être tous favorables à la présence de la Turquie dans le nord de l'Irak. De nombreux Turkmènes chiites ont quant à eux rejoint la mobilisation populaire (Hashd al-Chaabi). Ils se sont affrontés à la fois à l'EI mais aussi aux Kurdes irakiens, notamment, à Tuz Khurmatu, zone de peuplement mixte au sud de Kirkouk.

    Yilmaz Najjar, qui annonce la création de la 52ème brigade à Tuz Khuzmato, explique qu'elle est formée pour assurer la sécurité de la localité contre l'EI. Najjar dit aussi que les Turkmènes chiites cherchent déjà à constituer une troisième brigade pour la mobilisation populaire. Le 15 septembre 2016, l'armée irakienne charge la 52ème brigade de la réfection d'un pont stratégique permettant de gagner le nord de Bagdad. Le 21 octobre, la 52ème brigade est mobilisée (à hauteur d’un millier d'hommes) pour rejoindre Kirkouk après l'attaque que l'EI a lancée sur la ville suite au déclenchement de l'offensive sur Mossoul quatre jours plus tôt.

    La brigade est commandée par Mehdi Taqi al-Amerli, ici au centre en bleu.


    La 52ème brigade semble recruter à Amerli, localité peuplée de Turkmènes chiites. Elle est commandé par Mehdi Taqi Al Amerli. En janvier 2017, le 4ème régiment de la brigade est dans les monts Hamrin. Le 1er janvier, Hadi al-Ameri, le chef du Badr, organisation pro-iranienneà laquelle est manifestement liée la 52ème brigade, rencontre Mehdi Taqi Alamrla. Le 4 janvier, le chef de la 52ème brigade rencontre le chef local de Saraya al-Khorasani. Le 14 janvier, le 4ème régiment de la brigade abat un drone de l'EI de type X7 Skywalker. Le 26 janvier, un communiqué annonce une opération conjointe avec Saraya al-Khorasani dans les monts Hamrin.


    Dans le bureau de Mehdi Taqi, on reconnaît le drapeau du Badr à droite.






    En février 2017, la 52ème brigade combat dans les montagnes Hamrin. Une publication du 4 février vante les combattants âgés de la brigade qui restent encore sous les armes. Le 7 février, un communiqué annonce que le 7ème régiment de la brigade a reçu un entraînement poussé, notamment aux combats de rue. Le chef du Badr, Hadi al-Ameri, visite le commandement de la 52ème brigade. Le 10 février, la branche média remercie des membres de la brigade pour l'entretien de leur véhicule. Le 12 février Mehdi Taqi Alamrla rencontre les chefs de tribus de la province de Salahuddine pour faire le point sur la sécurité dans le secteur. Des photos du 17 février montrent les armes prises à l'EI dans les monts Hamrin : outre de nombreux RPG-7 avec munitions et plusieurs mortiers, on remarque 3 technicals de la 52ème brigade dont 2 portent les emblèmes du Badr sur la portière conducteur.




    De nouveau, à droite, on reconnaît le drapeau du Badr.


    En mars 2017, la 52ème brigade a un détachement qui combat dans les monts Hamrin. Le 3 mars,Mehdi Taqi Alamrla met lui-même la main à la pâte à bord d'une pelleteuse pour une opération de terrassement, pour la caméra. Le 4 mars, des photos montrent des miliciens de la 52ème brigade opérant avec le 1er bataillon commando de la brigade de commandos de l'armée. Ce même jour, un autre reportage photo montre le 7ème régiment (Résistance d'Amerli ; sans doute une subdivision de la brigade) à l'entraînement. Il est question dans un autre reportage du 9ème régiment de « forces spéciales ». Un communiqué du 6 mars avec des photos montrant les miliciens turkmènes traînant un corps de combattant de l'EI mentionne le 3ème bataillon d'un régiment, sans doute une subdivision de la brigade. Le 10 mars, Mehdi Taqi Alamrla est avec le commandant de la 3ème brigade du Badr, « Les lions d'Amerli ».












    Propagande et idéologie


    La 52ème brigade du Hashd al-Chaabi dispose d’une page Facebook, régulièrement alimentée ; celle de sa branche média l’est un peu moins. Mehdi Taqi, le chef de la formation, a également un profil public sur Facebook assez fourni .

    L'emblème de l'unité reprend le bras dressé et le fusil d'assaut AK des Pasdarans (ce qui marque bien le lien avec l'Iran, via le Badr) ; on lit « Premier Ministre, l'Autorité da la mobilisation populaire », et « Média de guerre » en bas sous l'inscription « Brigade 52 ».



    La 52ème brigade turkmène semble étroitement liée à la branche du Badrà Amerli (dont la page Facebook est indiquée en lien sur la page de l’unité). Le drapeau du Badr est dans le bureau du commandant de la 52ème brigade. Un reportage photo du 16 février dans les monts Hamrin montre les combattants de la 52ème brigade avec le drapeau du Badr. Une vidéo du 19 février montre un combattant de la 52ème brigade avec un drapeau du Badr qu'il porte dans le dos.

    Drapeau du Badr.


    La 52ème brigade honore ses morts par des affiches : 1 le 14 janvier 2017, 2 le 30 janvier 2017, 1 pour le 1er mars 2017, et 4 rien que pour le 2 mars 2017, par exemple.

    Le 6 septembre 2016, on peut voir une photo de Qassem Soleimani, le chef de la force al-Qods des Pasdarans. Le 11 janvier, la branche média est en compagnie d'Abou Mahdi al-Muhandis. Le 27 janvier, un poster montre Khomeiny, Ameri et le chef de la 52ème brigade mis côte-à-côte. Le 30 janvier, on trouve sur la page du Badr d'Amerli la biographie du nouveau ministre de l'Intérieur, qui vient du Badr. Un poster du 11 février montre le commandant de la brigade aux côtés d'Ali al-Sistani, la plus haute autorité religieuse chiite irakienne. Un poster du 19 février montre Mohammad Mohammad Sadeq al-Sadr, le père de Moqtada al-Sadr, assassiné en 1999 par Saddam Hussein. Le 27 février, le commandant de la brigade apparaît sur un poster aux côtés d'Ameri, le chef du Badr. Le 28 février, un poster de la page du Badr d'Amerli montre et fait l'éloge de Khamenei. Mehdi Taqi partage souvent des vidéos d'archives de l'organisation Badr publiées sur les pages Facebook de son héritier actuel.


    Qassem Soleimani.

    Medhi Taqi avec Ameri, le chef du Badr, au centre.


    Avec le chef de la 3ème brigade du Badr (à droite), les lions d'Amerli (emblème en haut à droite).








    Armement, matériels, tactiques


    Les miliciens turkmènes sont majoritairement équipés d'AK. Les tireurs d'élite disposent de SVD Dragunov. Un reportage photo du 14 janvier 2017 montre que la 52ème brigade a au moins un fusil anti-matériel iranien AM 50 (12,7 mm).



    Une vidéo du 25 janvier sur la ligne de front des monts Hamrin montre 2 pick-up de la police fédérale avec KPV (et drapeau du Badr), un pick-up avec LRM Type 63. Un des fantassins qui parle devant la caméra porte l’emblème militaire du Badr sur la poitrine.





    Une vidéo du 31 janvier montre une colonne de la brigade : technical avec DSHK protégé par un bouclier embarquant un tireur PK, technical avec ZU-23 monotube, Land Cruiser avec DSHK, Land Cruiser avec ZU-23 dans une tourelle. On voit ensuite Mehdi Taqi tirer au mortier moyen (82 mm).



    Une vidéo du 21 février montre le camion avec canon sans recul M40 (copie iranienne) de 106 mm, qui ouvre le feu à deux reprises.





    Un cliché du 24 février montre le commandant de la 52ème brigade pilotant un Safir iranien avec canon sans recul M40 de 106 mm (qui porte sur le capot le drapeau du Badr).



    Le 8 mars, on peut voir en photo un Land Cruiser avec ZU-23 monotube.

    Un reportage photo du 10 mars 2017 montre que la 52ème brigade dispose d'un camion avec canon sans recul M40 (copie iranienne sans doute) de 106 mm, d'un technical avec KPV, d'un Humvee avec KPV et canon sans recul SPG-9 en tourelle, d'un véhicule de la police fédérale avec ZPU-2, d'un mortier moyen. Une vidéo du 10 mars montre les mêmes matériels. On revoit un véhicule avec ZU-23 en tourelle. Les miliciens tirent aussi avec un mortier de 82 mm.








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    Titre : Les avant-gardes de la rédemption.

    Durée : 17 minutes 11 secondes.

    Lieu(x) : l'assaut de la séquence 3 a lieu au Kilomètre 25, à l'ouest d'al-Rutbah.

    Date (sûre par recoupement ou estimée) : dans la séquence 2, il est question d'une attaque d'inghimasiyyi (20-25 hommes) contre la base aérienne d'Ain el-Asad qui a eu lieu le 13 février 2015. La séquence 3 correspond à un reportage photo du 26 février 2017.

    Type de vidéo : c'est une vidéo mixte, mêlant images d'archives et opérations récentes.

    Découpage (séquences) :

    1 : 15''-1'22'', introduction.
    2 : 1'22''-9'40'', images d'archives d'attaques d'inghimasiyyi.
    3 : 9'40''-17'11, attaque sur une position de l'armée irakienne.

     

    Forces attaquées/adversaires : armée irakienne.

    Effectifs engagés : plusieurs dizaines d'hommes pour le raid mécanisé (probablement plus de 50).

    Moyens d'appui utilisés (canons, mortiers, armes artisanales...) : dans la séquence 2, un mortier de 82 mm est utilisé pour préparer l'assaut.

    Véhicules utilisés (chars, véhicules blindés, technicals...) : dans la séquence 3, la colonne d'assaut de l'EI comprend un technical avec DSHK, un Land Cruiser avec bitube ZU-23, un véhicule avec mitrailleuse Type 77/85 protégée par un bouclier (recouvert de blindage SLAT), un véhicule blindé improvisé sans arme embarquée, un Land Cruiser avec KPV protégé par un bouclier. Les technicals de l'EI tirent plusieurs véhicules qui viennent secourir le poste attaqué : un Land Cruiser (touché par une roquette de RPG-7), un Humvee avec KPV en tourelle.











    Kamikazes (identité) : néant.

    Véhicules kamikazes (types, impact) : néant.

    Armes légères et lourdes (fusils d'assaut, mitrailleuses, RPG, etc) - groupes de combat et leurs tactiques : dans la séquence 3, un mitrailleur PK, un fantassin avec AKMS tirent depuis un véhicule blindé improvisé de l'EI. Le groupe de combat débarqué des véhicules comprend au moins un tireur RPG-7 et un autre sur Type 69 (copie chinoise du RPG-7), un mitrailleur avec ce qui semble être une PKT, un mitrailleur PK (avec AKMS dans le dos).















    Destructions de véhicules adverses : dans la position attaquée, les soldats irakiens tentent de s'enfuir à bord d'un Humvee avec mitrailleuse Type 77/85 en tourelle, mais sont criblés de balles par les combattants de l'EI.



    Butin matériel : la position prise contient 3 Humvees, dont celui criblé de balles. L'EI met aussi la main sur des caisses d'obus de mortiers de 60 mm, 4 RPG Type 69, un mortier léger, plusieurs mitrailleuses PK, des armes légères, des munitions.



    Morts/prisonniers/blessés adverses : dans la séquence 3, on voit un premier mort quand l'EI aborde la position de l'armée irakienne attaquée. 10 autres corps sont filmés quand la position est prise, dont celui de Jabar Abdal Hassan Al Zidawi, commandant adjoint d'un régiment de l'armée irakienne selon l'EI.

    Morts/blessés de l'EI : néant.

    Effets visuels/montage/techniques de propagande : la louange à Allah est suivie de la mention Islamic State et du logo de la wilayat.

    Dans la séquence 1, on peut voir Barack Obama, des dirigeants saoudiens et des rebelles syriens, et des images d'un film sur les premiers temps de l'islam.

    Dans la séquence 2, l'EI montre des extraits de la télévision irakienne et l'interview d'un soldat gardant la base aérienne d'Ain el-Assad. C'est la deuxième plus grande base aérienne d'Irak où sont stationnés des Américains. Elle se trouve non loin d'al-Baghdadi. L'EI montre le complexe résidentiel du commandement militaire de la base qui va être ciblé par l'attaque. Il se sert d'un drone pour préparer l'attaque des inghimasiyyi, que l'on voit s'entraîner au tir (AK/M-16, PK, RPG-7) et enfiler leurs gilets explosifs. On voit ensuite d'autres inghimasiyyi se préparer pour une attaque sur le barrage de Haditha (et plusieurs tués irakiens causés par l'attaque).

    Dans la séquence 3, on entend les combattants chanter le nasheed juste avant que celui-ci soit inséré en fond. 2 caméramen filment l'assaut de l'EI sur une position de l'armée irakienne.

    Religion : néant.

    Nasheeds (poèmes chantés) présents dans la vidéo :

    1 : 15''-1'20''Qasaeqat

    2 : 3'46''-4'27'', Allah has brightened a face

    3 : ?


    5 : ?

    6 : ?

    Commentaires particuliers : depuis le 30 janvier, c'est la 3ème vidéo (dont 2 militaires) de la wilayat al-Furat. La fréquence de ces vidéos de propagande confirme la place importante de cette wilayat transfrontalière, à cheval sur la Syrie et l'Irak, que l'EI renforce depuis près d'un an. Ce qui confirme que la chute des capitales a été bien anticipée. On est surpris par l'inclusion d'images d'archives, chose assez rare dans les vidéos récentes de cette wilayat. Un moyen peut-être de rappeler que des opérations d'inghimasiyyi contre des installations américaines ne sont pas à exclure dans un proche avenir. Pour le reste, la wilayat déploie de nouveau une colonne mécanisée assez fournie pour attaquer un objectif de faible ampleur, de façon à aguerrir ses combattants et à faire du butin tout en jetant le trouble chez l'adversaire. A noter que la wilayat semble opérer davantage à l'ouest qu'au nord, désormais, d'al-Rutbah.

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    Titre : Et vous serez supérieur.

    Durée : 34 minutes 54 secondes.

    Lieu(x) : Mossoul.

    Date (sûre par recoupement ou estimée) : dans la séquence 1, des images de combats de Mossoul-Ouest datent du 4 mars 2017 (d'autres, comme les tirs de snipers, sont plus anciennes). Dans la séquence 3, le kamikaze dentiste remonte au 30-31 janvier. Une des attaques de drones armés dans la séquence 6 remonte au 6 février (quartier d'al-Furqan, Est de Mossoul).

    Type de vidéo : c’est une vidéo mixte sur la défense de Mossoul.

    Découpage (séquences) :

    1 : 13''-3'52'', introduction.
    2 : 3'52''-7'41'', tirs au SPG-9 double.
    3 : 7'41''-12'15'', VBIED.
    4 : 12'15''-16'06'', combats de rues.
    5 : 16'06''-23’53’’, VBIED.
    6 : 23’53’’-30’24’’, VBIED et frappes de drones armés.
    7 : 30’24’’-32’04’’, tirs de snipers en vision nocturne.
    8 : 32’04’’-34’54’’, conclusion.



    Forces attaquées/adversaires : dans la séquence 2, un drone de l'EI filme une passe de tir d'un hélicoptère irakien Mi-28. Un B-52 est également filmé. L’EI montre des tirs d’obus au phosphore blanc.





    Effectifs engagés : plusieurs dizaines de combattants dans certaines séquences.

    Moyens d'appui utilisés (canons, mortiers, armes artisanales...) : dans la séquence 1, l'EI utilise 2 canons sans recul SPG-9 porté à l'épaule, un fusil de sniping bricolé à partir d'un tube antiaérien avec système de visée rudimentaire et frein de bouche (sans doute en calibre 12,7 mm). Il y  également un lance-roquettes antichars qui semble bien être une création originale de l'EI et pas un engin de prise. On voit aussi une attaque de drone armé sur un véhicule. On voit également 2 tirs de snipers abattant 2 soldats irakiens. Un mortier lourd (120 mm) ouvre le feu.





    Dans la séquence 2, l'EI utilise une paire de canons sans recul SPG-9 attachés ensemble, à déclenchement électrique et manipulés avec une manette de console (direction et observation avec une caméra pour recul de voiture). Deux obus sont tirés (dont un PG-9V ou variante) sur des soldats irakiens stationnant à côté d'un BMP-1. L'EI montre ensuite un tandem sniper/observateur avec fusil anti-matériel iranien AM 50 (12,7 mm).











    Dans la séquence 6, frappes de drones armés :

    1 : sur un véhicule blindé.
    2 : sur un groupe de soldats irakiens.
    3 : sur un groupe de soldats irakiens.
    4 : sur des soldats irakiens à côté de leurs véhicules.
    5 : sur un pick-up de la police fédérale (plate-forme arrière touchée).
    6 : sur un groupe de soldats irakiens à côté d’un MaxxPro.
    7 : sur un groupe de soldats irakiens.
    8 : sur un Humvee.





    Dans la séquence 7, l’EI emploie un groupe de sniperséquipés d’un Orsis T-5000 et d’un M-14 EBR avec silencieux et viseurs thermiques nocturnes (les fusils sont posés sur des couvertures ou draps pour empêcher la levée de poussière au moment du tir et le repérage) :

    1 : tir à 685 m, soldat touché.
    2 : tir à 475 m, soldat abattu.
    3 : tir à 600 m, soldat abattu.
    4 : tir à 688 m, soldat abattu.
    5 : tir à 710 m, soldat abattu.
    6 : tir à 685 m, soldat peut-être touché.









    Véhicules utilisés (chars, véhicules blindés, technicals...) : dans la séquence 1, on peut voir un Tacoma embarquant un KPV protégé par un bouclier. Il évolue sous la protection d'un dais qui recouvre toute la rue pour masquer les mouvements de l'EI. L'EI fait tirer un D-30 (122 mm), un M-46 (130 mm) et un S-60 (57 mm AA) chacun sur camion.









    Kamikazes (identité) :

    1 : Abu Harath Al A'alami (branche média ?).

    2 : Abu Salam Al Maslawi (Mossouliote, dentiste).

    3 : Abu Salam Al Maslawi (Mossouliote).

    4 : Abu Omar Al Maslawi (Mossouliote).

    5 : Abu Talaha Al Anbari (Irakien).

    6 : Abu Marwan Al Talai.

    7 : Abu Bakr Al Iraqi (Irakien).

    8 : Abu Omar Al Iraqi (Irakien).

    9 : Abu Anas Al Maslawi (Mossouliote).

    10 : Abu Farouq Al Iraqi (Irakien, adolescent, fait un discours).



    11 : Abu Abd Al Aziz Al Shishani (Tchétchène).

    12 : Ali Al Turkistani (Ouïghour?).

    13 : Abu Hajar Al Maslawi (Mossouliote, adolescent, fait un discours).



    14 : Abu Hossein Al Iraqi (Irakien, handicapé).

    15 : Abu Yamama Al Iraqi (Irakien).

    16 : Abu Yahya Al Jabouri (Irakien).


    Véhicules kamikazes (types, impact) :

    1 : SUV avec coque de blindage.

    2 : tracteur recouvert de plaques de blindage.



    3 : SUV noir avec coque de blindage.

    4 : SUV blanc/claire avec coque de blindage. Il se fait sauter au milieu d'un groupe de Humvees.

    5 : véhicule jaune qui se fait exploser contre des Humvees.

    6 : SUV avec coque de blindage. Explose contre une colonne de BMP-1, MaxxPro et Humvees.

    7 : SUV avec coque de blindage. Explose contre un campement irakien.

    8 : pick-up, explose contre une colonne de BMP-1.

    9 : SUV avec coque de blindage, pousse des voitures mises en travers d'une rue, explose contre des Humvees.

    10 : pick-up blanc avec coque de blindage, fausses roues et fausses fenêtres. Le 10 explose pour ouvrir la voie au 11.

    11 : SUV avec coque de blindage, fausses roues et fausses fenêtres. Il se fait exploser sur près d’une concentration de véhicules.

    12 : SUV avec coque de blindage, explose contre un Humvee.

    13 : pick-up avec coque de blindage, se fait exploser contre 2 Humvees.

    14 : SUV avec coque de blindage, se fait exploser contre un char M1 Abrams.

    15 : SUV avec coque de blindage.

    16 : SUV avec coque de blindage.

    17 : pick-up avec coque de blindage, visé par un RPG-7, explose sur une colonne de véhicules.

    18 : SUV avec coque de blindage, explose contre un Humvee.

    19 : pick-up avec coque de blindage, explose contre un groupe de soldats irakiens devant une colonne de véhicules.

    Armes légères et lourdes (fusils d'assaut, mitrailleuses, RPG, etc) - groupes de combat et leurs tactiques : dans la séquence 1, on peut voir un tireur PK et plusieurs tireurs RPG-7. Un fantassin tire avec un M-16 à lunette.





    Dans la séquence 2, on aperçoit plusieurs tireurs PK/MG-1M et un tireur sur Type 69.







    Au début de la séquence 4, l'EI montre ses troupes spéciales en train de s'équiper avec PK et M-4. Un groupe de combat dans les rues dispose d'un Type 69 et d'une M240. Un inghimasi (Abu Yaqin Al Iraqi, Irakien) place une charge contre un char M1 Abrams avant de se faire sauter près d'un Humvee. Un tireur RPG-7 avec charge tandem incendie un véhicule blindé (M1117?). On voit plus loin un tireur PK avec GoPro portant une arme individuelle supplémentaire, ainsi qu'un tireur RPG-7 avec GoPro.





    Destructions de véhicules adverses : dans la séquence 1, l'EI montre plusieurs véhicules détruits dans une rue. Puis un bulldozer, et un bulldozer à côté d'un Humvee.

    Butin matériel : néant.

    Morts/prisonniers/blessés adverses : dans la séquence 4, l'EI filme un corps avec uniforme de la police fédérale.

    Morts/blessés de l'EI : dans la séquence 1, un combattant de l'EI gît au coin d'une rue (peut-être le corps que l'on voit juste après).

    Effets visuels/montage/techniques de propagande : la louange à Allah est suivie de la mention « Islamic State » et du logo de la wilayat.

    Dès les premières images, dans la séquence 1, où l'on voit un panorama de Mossoul-ouest pendant les combats, on reconnaît la mosquée al-Nuri.

    Dans la séquence 2, l'EI reprend la séquence de la chaîne kurde Rudaw montrant une attaque probable à l'obus de mortier à gaz contre l'ERD (autour du 15 mars).



    Dans la séquence 4, l’EI incruste un reportage montrant des soldats irakiens qui témoignent sur les combats : « L'ennemi que nous combattons maintenant est l'ennemi le plus féroce de l'histoire du monde ».

    Dans la séquence 6, un drone de l’EI en vol filme un autre drone de la coalition. L’EI lance un drone de type Skywalker X7-X8 avec 4 munitions embarquées (grenades de 40 mm modifiées pour Mk 19). Un centre de commandement utilise les images du drone pour les frappes.

    A la fin de la séquence 8, l’EI montre un enregistrement audio dans un de ses studios. On voit avant les habitants de Mossoul se réjouir du départ de l'EI : ce dernier insère des images de mauvais traitements des civils par l'armée (avec un enfant obligé de crier le nom d'Ali et qui refuse, notamment).

    Religion : dans la séquence 1, c'est la première fois que l'EI montre aussi ses combattants dans des installations souterraines (en prière). A la fin de la séquence, on entend la voix du sheikh Al Qari Abida Al Maslawi (Mossouliote).

    Dans la séquence 2, plusieurs combattants lisent le Coran dans un souterrain.



    Nasheeds (poèmes chantés) présents dans la vidéo :

    1 : 25’’-3’37’’, We will move forth to excellence.

    2 : 3’53’’-5’23’’, Hayatud dhulli'la la Irtadiyha.

    3 : ?

    4 : ?

    5 : 12’18’’-13’30’’ I don’t care

    6 : 13’54’’-16’03’’ Fought

    7 : 18’20’’-21’54’’ يظنون البلاد بلا حماة

    8 : ?

    9 : ?
    10 : 27’58’’-30’21’’, Aurilladha.

    11 : 30’24’’-32’’00 Come, Come

    Commentaires particuliers : c'est la 9ème vidéo longue sur la bataille de Mossoul mise en ligne par l'EI. Le groupe a laissé passé un peu plus d'un mois depuis la précédente, le 14 février. La première vidéo sur les combats à l'ouest de Mossoul sonne comme un appel au sacrifice ultime : l'EI montre qu'il se battre jusqu'au bout à Mossoul. Pour preuve, il montre pour la première fois les tunnels qui ont joué un rôle si important dans la bataille ; l'emploi d'un obus à gaz ; un nouveau lance-roquettes antichars individuel qui semble bien fabriqué par ses soins ; ses snipers qui opèrent avec les meilleurs matériels de prise de nuit, avec des viseurs thermiques. Véhicules kamikazes et drones armés sont également de la partie, même si les images sont plus anciennes pour la plupart que les combats à l'ouest de Mossoul. Pour la première fois depuis très longtemps, l'EI montre même un inghimasi se faisant sauter près d'un véhicule adverse. Les pertes sont lourdes, jusque dans la branche média : un des narrateurs des vidéos a été tué par une frappe aérienne, un des kamikazes est encore probablement un membre de cette branche. Acculé, l'EI n'en tient pas moins à exploiter jusqu'au dernier moment la bataille pour sa propagande. Parmi les kamikazes, on note les nombreux adolescents et combattants handicapés.

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    Titre : La victoire vient avec la patience.

    Durée : 12 minutes.

    Lieu(x) : dans la séquence 1, il est question des combats à Ayn Zakr.

    Date (sûre par recoupement ou estimée) : la vidéo a été publiée le 21 mars 2017. Le butin de la séquence 1 correspond à des photos publiées le 1er février par l'EI. Le butin de la séquence 2 correspond à un reportage photo du 23 février. Certaines images de combat de la séquence 2 correspondent à un reportage photo du 9 mars dernier.

    Type de vidéo : c'est une vidéo mélangeant séquences de propagande et images de combat, Jaysh Khalid Ibn al-Walid est à l'offensive contre les rebelles syriens.

    Découpage (séquences) :

    1 : 11''-4'25'', propagande, exécutions.
    2 : 4'25''-9'37'', combats contre les rebelles syriens.
    3 : 9'37''-10'26'', propagande.
    4 : 10'26''-12'00, exécutions.

     

    Forces attaquées/adversaires : les rebelles syriens. Dans la séquence 1, l'EI insère des vidéos des rebelles montrant des technicals et un mortier de 120 mm fourni par les Américains. On voit aussi un barrage établi par les rebelles sur une route.

    Effectifs engagés : au début de la séquence 2, on voit plusieurs dizaines de combattants défiler avec les étendards de l'EI.

    Moyens d'appui utilisés (canons, mortiers, armes artisanales...) : dans la séquence 2, l'EI emploie un canon D-30 de 122 mm, plusieurs mortiers lourds (120 mm) et moyens, un canon sans recul SPG-9 sur trépied, une mitrailleuse DSHK.










    Dans la séquence 3, les combattants creusent des positions défensives autour d'un KPV sur pivot.



    Véhicules utilisés (chars, véhicules blindés, technicals...) : dans la séquence 1, on voit un Land Cruiser avec ZPU-2 et 2 chars T-55.




    Dans la séquence 2, un Land Cruiser avec ZPU-2, un autre avec KPV sont utilisés en tir tendu. On voit plus loin un Land Cruiser avec DSHK.





    Kamikazes (identité) : néant.

    Véhicules kamikazes (types, impact) : néant.

    Armes légères et lourdes (fusils d'assaut, mitrailleuses, RPG, etc) - groupes de combat et leurs tactiques : plusieurs mitrailleurs PK tirent dans la séquence 2. Les fantassins sont armés d'AK. Un tireur PK porte une tenue de camouflage. Un autre tireur PK abat un drone des rebelles syriens. Un autre semble tirer avec une PKT. On aperçoit également un AKMS avec lance-grenades GB-30. Un tireur d'élite emploie ce qui semble être un Mosin Nagant 1891/30 avec lunette de visée.













    Destructions de véhicules adverses : néant.

    Butin matériel : dans la séquence 1, l'EI s'empare de fusils d'assaut, de mitrailleuses lourdes, de munitions, d'un Land Cruiser, d'un viseur pour lance-missiles antichars.




    Dans la séquence 2, l'EI prend aux rebelles 1 D-30, 1 M-46, un Land Cruiser avec KPV bitube, de nombreuses caisses avec obus de char et d'artillerie, une mitrailleuse DSHK, un BMP-1, un char T-55 (sur lesquels on lit respectivement : Mujahedi Huran et Les martyrs de la liberté), un camion Kamaz.














    Morts/prisonniers/blessés adverses : dans la séquence 1, un combattant pose le pied sur 4 têtes coupées. Un enfant tient deux couteaux que prennent deux bourreaux qui vont exécuter « l'apostat Ali Tamar Al Jahmani, agent des services de renseignement de la Jordanie et Muhamad Ali Safadi, agent de Sahwat ». Les deux hommes sont égorgés. Puis un bourreau décapite au sabre « l'apostat Anas Al Khamis, agent de Sahwat ».

    Dans la séquence 2, un rebelle est abattu à bout portant. Puis l'EI filme 23 corps de rebelles ; plusieurs sont décapités, d'autres sont mis en scène avec des cigarettes comme souvent.

    Dans la séquence 4, deux bourreaux égorgent et décapitent « Omar Ali Arar, agent de Sahwat, Nashat muhamad Al A'ayd - Agent de sahwat ».

    Morts/blessés de l'EI : néant.

    Effets visuels/montage/techniques de propagande : la louange à Allah précède le titre de la vidéo. la séquence 1 dénonces les rebelles syriens « vendus » à la Jordanie, « vampires » du sang des musulmans (sic). L'EI montre l'afflux supposé de population dans le bassin du Yarmouk contrôlé par Jaysh Khalid Ibn al-Walid. L'EI insère plusieurs communiqués détaillant assassinats et combats à Ayn Zakr.

    Dans la séquence 3, l'EI insère des extraits de vidéos du Front du sud (rebelles syriens).

    Religion : dans la séquence 3, un combattant lit le Coran. Plusieurs dizaines de combattants sont filmés en prière.




    Nasheeds (poèmes chantés) présents dans la vidéo :

    1 : ?

    2 :  2'13''-2'39''Al Hamdullilah

    3 : ?

    4 : ?

    5 : 4'34''-8'01''Fought

    6 : 8'05''-9'16''Al Hamdullilah

    Commentaires particuliers :Jaysh Khalid ibn al-Walid a profité de l'offensive lancée par Hayat Tahrir al-Sham (HTS) et d'autres groupes rebelles à Deraa, à partir du 12 février, pour attaquer à revers les rebelles syriens et étendre la poche qu'il contrôle adossée au Golan. L'attaque commence les 19-20 février : la branche de l'EI parvient non seulement à conquérir des positions mais à tuer un certain nombre de rebelles et à s'emparer d'un butin non négligeable, comme le montre la vidéo. Bien que non rattachée à une wilayat, le groupe bénéficie de l'expertise de la branche média de l'EI : les codes sont les mêmes. Il n'y a pas de kamikaze employé ici mais on note l'armement assez lourd, avec un canon D-30, plusieurs chars T-55 et un lance-grenades GB-30 sous AK, assez rare. La vidéo se caractérise aussi par un certain nombre d'exécutions, en plus de la mise en scène des corps.

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    Constitués après la défaite peu glorieuse du régime syrien et de ses alliés à Palmyre en décembre 2016 , les ISIS Hunters (chasseurs d'EI) ont pour vocation de tenir de manière fiable Palmyre et les alentours, la ville ayant été reprise le 2 mars par le régime syrien et ses alliés. Unité dite de « forces spéciales », ISIS Hunters a été formée par la Russie : de par sa présence active sur les réseaux sociaux, en anglais, l'unité sert en quelque chose de « vitrine » à la démarche russe de reconstitution de troupes efficaces pour le régime syrien. Peu nombreux, les ISIS Hunters sont pour autant très tributaires de l'allié russe.




    Historique


    Les ISIS Hunters font partie du 5ème corps de l'armée arabe syrienne, constitué avec l'appui de la Russie, à partir de novembre 2016. La Russie cherche en effet à s'appuyer sur des forces syriennes solides pour renforcer les capacités militaires du régime, déliquescentes avant son intervention : d'où la formation du 5ème corps (à vocation « commando », « antiterroriste »), après celle du 4ème. Mais alors que ce dernier visait à remettre sous la tutelle du régime des milices déjà existantes, le 5ème corps sera constitué uniquement de volontaires. La Russie cherche aussi à bâtir des forces qui peuvent servir de contrepoids à l'Iran, dont les objectifs diffèrent, en Syrie, de ceux de Moscou. De fait, le 5ème corps connaît, malgré les salaires alléchants qui sont proposés, des problèmes de recrutement : les vides sont en partie comblés par les brigades du parti Baath. Le 5ème corps a reçu de la Russie des chars T-62M et des véhicules blindés BMP-1, en plus d'autres véhicules logistiques. Cette unité a manifestement été encadrée par les forces spéciales russes (ce qui est confirmé par une source pro-russe) ; elle aurait été entraînée à Lattaquié avant d'être déployée sur le front de Palmyre. Les ISIS Hunters auraient été conçus pour garder les installations stratégiques dans et autour de Palmyre : l'aéroport militaire, les cantonnements, les champs gaziers et pétroliers. La Russie cherche manifestement à former des troupes solides pour le régime syrien capables de tenir le terrain conquis. Bien que les ISIS Hunters soient formés avec du personnel syrien, l'encadrement russe est évident. Ivan Slyshkin, 23 ans, qui a servi deux ans en Tchétchénie, intègre la compagnie de sécurité privée « Wagner » russe, qui opère à partir de la base de Molkino, à Krasnodar, où se trouve la 10ème brigade indépendante du GRU, et envoie des hommes en Syrie depuis l'intervention russe en 2015. Slyshkin est tué le 12 février 2017 par un sniper lors d'une opération près du champ gazier d'al-Shaer. Il participait à la formation des ISIS Hunters. Il est probable que d'autres Russes de la compagnie Wagner participent à l'encadrement de l'unité.

    La page Facebook du groupe est créée le 27 février 2017. Le compte Twitter du groupe est apparaît le lendemain, le 28 février 2017, quelques jours avant la reprise de Palmyre par le régime syrien. Une première et courte vidéo, en forme de bande-annonce, montre une dizaine de combattants, avec AK, casques et gilets pare-balles, évoluer dans le désert, autour de Palmyre. Une photo du 28 février montre 9 fantassins, avec casque, le même uniforme et AK, en colonne dans le désert. Dans une autre vidéo du même jour, une GoPro montée sur un fantassin filme une progression sur une colline autour de Palmyre ; le porteur de la GoPro montre une position avec mitrailleuse PK abandonnée.



    Les ISIS Hunters semblent tous équipés de Type 56-II.



    Dans une vidéo du 1er mars, ISIS Hunters filme une dizaine de corps de combattants de l'EI, et des positions souterraines dans lesquelles ceux-ci s'abritaient. Une autre vidéo montrant la destruction supposée d'un char de l'EI à courte portée ressemble fort une mise en scène. Le groupe annonce combattre vers l'aéroport militaire de Palmyre, puis dans la citadelle. Des sources russes indiquent effectivement que les ISIS Hunters auraient joué un rôle important dans l'assaut sur l'aéroport, sans doute aidés par les forces spéciales russes. Dans une vidéo du 2 mars, un des hommes du groupe parle en arabe à l'intérieur de celle-ci. Un cliché du 4 mars montre le drapeau du groupe derrière lequel on aperçoit un canon D-30. Une vidéo du 4 mars, accompagné d'un commentaire provocant à l'égard de l'EI, filmée avec un smartphone, montre des installations souterraines de l'EI et plusieurs corps. Le 5 mars, une photo s'accompagne d'une légende indiquant que les ISIS Hunters vont tenir garnison dans Palmyre, et que la ville ne sera jamais reprise par l'EI. Une photo du 6 mars montre les ISIS Hunters dans les catacombes de la citadelle de Palmyre. Le 12 mars, le groupe annonce se tenir prêt pour la bataille de Raqqa. Un portrait de groupe du 15 mars montre 13 combattants des ISIS Hunters. Une publication du 16 mars promet aux combattants de l'EIO d'être « écorchés vifs » (!). Le 19 mars, une vidéo mise en scène dans l'amphithéâtre de Palmyre voit un combattant syrien, parlant en arabe mais sous-titré en anglais, inviter à rejoindre les rangs de ISIS Hunters. Le 23 mars, l'EI lance 120 hommes dans une attaque au nord de Palmyre : ISIS Hunters prétend avoir contribué à repousser l'attaque, tuant 24 adversaires et en blessant 12. Un drone détruit un technical de l'EI (Land Cruiser avec bitube ZU-23) comme le montre une vidéo.






    Sous les bunkers de l'aéroport de Palmyre.










    Propagande, idéologie


    L'emblème du groupe est à la fois simple et évocateur : au centre, une tête de mort dans une cible (on se rappelle que la tête de mort est l'emblème de la Garde Républicaine syrienne...), deux impacts de balles de part et d'autre, et le nom ISIS Hunters en anglais et en arabe. Le rouge et le noir renvoient à deux couleurs utilisées sur le drapeau du régime syrien.



    En dehors de sa qualification d'unité de « forces spéciales »,ISIS Hunters ne fait pas trop la propagande du régime syrien, même si l'association est évidente, notamment dans les vidéos. Il faut remarquer que le compte Twitter et la page Facebook, créés quasiment en même temps, proposent des vidéos où les discours en arabe sont systématiquement sous-titrés en anglais (ce qui n'est pas forcément le cas des bandeaux en arabe). Il faut sans doute y voir la main de la Russie, soucieuse d'assurer à cette petite unité de forces spéciales, servant de « vitrine », une certaine visibilité.


    Armement, matériels, tactiques


    ISIS Hunters, en tant qu'unité de forces spéciales, ne doit pas compter un effectif important : tout au plus les vidéos montrent-elles une dizaine d'hommes ensemble. Une vidéo de Ruptly le 3 mars montre une vingtaine de combattants. Le recrutement est syrien mais l'encadrement russe ne fait guère de doute.

    La prise en main par la Russie se voit aussi dans l'équipement : uniforme standardisé, casques (avec filets de camouflage MultiCam russes), gilets pare-balles. Quant à l'armement, il se compose d'après les images de fusils d'assaut Type 56-II, sans que des armes collectives soient visibles, sauf dans la vidéo du 3 mars, où l'on voit un tireur RPG-7 avec 2 pourvoyeurs et une mitrailleuse RP-46. Un drone armé est utilisé le 23 mars contre un technical de l'EI. Un canon D-30 est visible derrière le drapeau de l'unité sur un cliché.















































    Un Land Cruiser avec bitube ZU-23 détruit par un drone armé.




    Sur le casque, le camouflage MultiCam russe.





    Au premier plan, une mitrailleuse RP-46.



    Tireur RPG-7 et pourvoyeur.







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    Titre : Aux portes des batailles épiques.

    Durée : 28 minutes 48 secondes.

    Lieu(x) : dans la séquence 3, le tir de char près d'un hélicoptère Mi-8 a lieu à l'ouest de la ville de Deir-es-Zor. Le kamikaze de la séquence 4 se fait sauter« dans le bâtiment de l'électricité ». Dans la séquence 4, on lit sur un bâtiment «  Projet Port Said agricole ». Dans la séquence 5, les tirs ont lieu à l'ouest de Deir-es-Zor, après la prise du cimetière.

    Date (sûre par recoupement ou estimée) : la vidéo a été mise en ligne le 24 mars 2017. Le VBIED de la séquence 3 correspond à un reportage photo du 24 octobre 2016. Le S-60 sur camion et le KPV sur technical de la séquence 3 correspondent aussi au 24 octobre 2016, de même que le tir du T-55 dans la séquence 4. Un autre tir de T-55 dans la séquence 4 correspond à un reportage photo du 25 décembre 2016. Le tir de D-30 sur camion dans la séquence 3 et tous les tirs de M-46 correspondent à un reportage photo du 14 janvier 2017, au début de la dernière grande offensive à Deir-es-Zor. Le D-30 de la séquence 4 date également du 14 janvier. Le combat nocturne de la séquence 3 et les combats d'infanterie diurnes de la séquence 3 correspondent également à des photos suivant l'offensive du 14 janvier. Le tir de SPG-9 de la séquence 9 remonte à un reportage photo du 17 janvier. Les dernières images de la vidéo, avec les tirs du T-62 et du BMP-1, datent probablement de février 2017 (9 février pour le char T-62). Une des frappes de drones de la séquence 4 correpond à un reportage photo du 14 février.

    Type de vidéo : c'est une vidéo mixant propagande et offensive de grande ampleur contre la poche du régime à Deir-es-Zor, avec plusieurs séquences chronologiques d'octobre 2016 à février 2017.

    Découpage (séquences) :

    1 : 13''-2'05'', introduction.
    2 : 2'05''-9'19'', discours de combattants et propagande.
    3 : 9'19''-13'44, premières scènes de combat.
    4 : 13'44''-25'22'', combats et butin à Deir-es-Zor.
    5 : 25'22''-28'48'', propagande.



    Forces attaquées/adversaires : dans la séquence 3, un Su-24 russe largue ses bombes non loin d'une position de mortier moyen de l'EI qui s'apprêtait à tirer.



    Dans la séquence 4, plusieurs Mi-8 larguent du ravitaillement sous parachutes, l'EI en récupère une partie, dont des fûts d'essence.








    Effectifs engagés : dans la séquence 3, un commandant tenant un sabre s'adresse à une cinquantaine d'hommes, dont un tireur PK et un autre caméraman (2 filment la scène).



    Moyens d'appui utilisés (canons, mortiers, armes artisanales...) : dans la séquence 2, pendant le discours d' Abu Abdallah Al Shami, on voit à l'arrière-plan 4 hommes installer un mortier de 120 mm.



    Dans la séquence 3, une mitrailleuse DSHK sur affût est utilisée. Un canon M-46 (130 mm) entre en action. 


     

    Dans la séquence 4, une DSHK sur affût ouvre le feu, de même qu'une mitrailleuse lourde KPV et une mitrailleuse Type 77/85. 





    L'EI montre ses attaques de drones armés :

    1 : sur des soldats se déplaçant à pied.
    2 : sur un véhicule.
    3 : sur un bâtiment.
    4 : sur un bulldozer.
    5 : sur un char T-72.
    6 : sur une position défensive.
    7 : sur une position défensive.
    8 : sur un char T-72 et autres véhicules proches.
    9 : sur un véhicule.
    10 : sur un camion tractant un mortier.
    11 : sur un camion.
    12 : sur un groupe de soldats.
    13 : sur un parking de véhicules.
    14 : l'EI semble larguer des tracts avec le drone.
    15 : sur un véhicule.
    16 : sur un véhicule.
    17 : sur un véhicule.





    Un canon D-30 ouvre le feu. Un canon SPG-9 porté à l'épaule ouvre le feu. L'EI déploie une batterie de mortiers (un moyen, un lourd). Après la séquence de butin, on revoit le M-46 ouvrir le feu.





    Dans la séquence 5, un missile antichar détruit un camion portant un bitube ZU-23.



    Véhicules utilisés (chars, véhicules blindés, technicals...) : Dans la séquence 3, un char tire sur le ravitaillement débarqué d'un hélicoptère Mi-8. Un camion avec canon D-30 (122 mm) est engagé : il porte l'inscription « Wilayat Al Khayr, Katiba Al Thaqil ( Lourde) ». Il y a aussi un char T-55 avec renforts de sacs de sable sur la tourelle. Il y a aussi 2 camions avec canons S-60 de 57 mm dont l'un porte la même inscription que celui embarquant le D-30. L'EI déploie un technical avec KPV.









    Dans la séquence 4, un technical est engagé de nuit en tir tendu. Un Land Cruiser avec ZU-23 monotube ouvre le feu sur un appareil du régime, de même qu'une DSHK montée sur la tourelle d'un char. Un des 2 camions avec S-60 vu précédemment vise en tir antiaérien un hélicoptère Mi-8. On voit plus loin l'équipage d'un Land Cruiser changer un des tubes d'un ZU-23, puis le véhicule ouvre le feu. On voit de nouveau le S-60 sur camion, puis un char T-55 avec renforts de sacs de sable sur la tourelle. Plus loin, le T-55 avec sacs de sable en renfort de tourelle refait une apparition. Dans une autre scène, un char T-62 est accompagné d'un technical avec ZPU-2. Plus loin apparaît un autre char T-55 qui porte un emblème avec le marquage « Atelier », sans aucun doute celui s'occupant des véhicules blindés de la wilayat al-Khayr. Un autre char T-62 est également engagé. Puis on aperçoit de nouveau le T-55. Au moment de la séquence du butin, on voit un char T-62 avec blindage SLAT sur la tourelle.
















    Dans la séquence 5, l'EI engage un BMP-1 avec renforts de sacs de sable autour de la tourelle et un char T-62 avec blindage SLAT sur la tourelle.







    Kamikazes (identité) :

    1 : Abu Ali Al shami (Syrien).



    2 : Abu Balal Al Misri (Egyptien).

    Véhicules kamikazes (types, impact) : dans la séquence 3, un VBIED (pick-up avec plaques de blindage sur l'avant et les côtés) est visible. Dans la séquence 5, Abu Balal Al Misri pilote un pick-up.




    Armes légères et lourdes (fusils d'assaut, mitrailleuses, RPG, etc) - groupes de combat et leurs tactiques : dans la séquence 1, on peut voir une colonne d'une quinzaine d'hommes avec tireur RPG-7 (portant une AKM en plus), pourvoyeur et tireur PK. Un autre groupe progresse en colonne dans un cadre urbain, avec pourvoyeur RPG-7 et une dizaine de combattants.

    Dans la séquence 3, l'EI filme un groupe de de 8 combattants, et 6 autres entassés à l'arrière d'un pick-up. Une autre séquence montre un groupe opérant de nuit, avec mitrailleuse PK, RPG-7 et fusils d'assaut.





    Dans la séquence 4, les fantassins de l'EI opère aussi de nuit, avec mitrailleuse PK et lance-grenades RBGP 40/1 mm M08-00 (serbe). Un fantassin observe les positions ennemies avec un périscope. Un tireur RPG-7 expédie une roquette. Un groupe de combat tirant par des meurtrières comprend un tireur RPG-7 avec arme individuelle, idem pour le tireur PK ; plusieurs portent des grenades. Le groupe aligne plusieurs tireurs PK, et au moins un enfant-soldat. Un des fantassins porte le drapeau de l'EI sur une hampe dans le dos. Un combattant observe au périscope le tir d'une PK. Un tireur RPG-7 ouvre le feu. On revoit l'enfant-soldat. Un tireur PK porte une arme individuelle supplémentaire. 
















     

    Dans la séquence 5, Abu Ayad filme un enfant-soldat.

    Destructions de véhicules adverses : néant.

    Butin matériel : dans la séquence 4, l'EI s'empare d'un mortier, de grenades, de boîtes de munitions. Puis il filme l'énorme butin saisi lors de la percée après l'offensive de janvier 2017 : sans doute plus de 3,320,600 de balles de 7.62x39mm, 7.62x54Rmm, 12.7mm et 14.5mm, 2,310 obus de 85mm, 693 obus de 100mm, 13 obus de 125mm, 120 obus de 120mm, 68 roquettes de 122mm, 15 mines antichars TM-62. L'EI filme plus loin 3 chars T-72M1 et un T-72M1 TURMS capturés. L'EI capture aussi des quantités immenses d'obus de 85mm UBR-365P AP, mais ne dispose pas du canon utilisant ces munitions (D-44 de 85 mm, sauf peut-être à un exemplaire). En revanche il met la main sur 693 obus de 100 mm pour char T-55 qu'il va pouvoir utiliser à bon escient. Derrière un fusil SVD, on peut voir des caisses iraniennes de mai 2015, arrivées probablement avant l'encerclement complet des positions du régime à Deir-es-Zor et le siège imposé à l'aéroport militaire. L'EI s'empare d'autres véhicules : 1 AMB-S, 1 Tatra 148, et1 UAZ-469. Le butin est évacué sur de nombreux pick-up et camions.




























    Morts/prisonniers/blessés adverses : dans la séquence 3, l'EI filme 5 corps de combattants du régime. Lors du combat de nuit, un autre corps est filmé. En plus de 2 corps vus précédemment, on en voit 4 ou 5 autres plus loin.

    Dans la séquence 4, l'EI filme 9 corps de combattants du régime (dont un des Forces Nationales de Défense, Hassan Hatar, de Lattaquié). Un autre corps est mis en scène avec des cigarettes. Plus loin, un combattant de l'EI montre une tête et l'on voit le corps décapité juste après.

    Morts/blessés de l'EI : dans la séquence 3, l'EI filme au moins 8 de ses blessés.

    Effets visuels/montage/techniques de propagande : la louange à Allah est suivie de la mention Islamic State et du logo de la wilayat.

    Dans la séquence 1, l'EI insère des images de forces spéciales occidentales, de Poutine, de Barack Obama et de Saoudiens. On peut voir aussi Harry Sarfo, ancien membre allemand de l'EI ayant fait défection en 2015 et qui apporté un témoignage fourni sur le fonctionnement de l'EI. On voit des images de la dernière vidéo de la wilayat al-Jazirah.

    Dans la séquence 2, Abu Abdarahman Al Shami et Abu Abdallah Al Shami (Syriens) prennent la parole. Ils dénoncent les rebelles proches de la Turquie, ceux qui sont dans la province d'Idlib. La nouvelle coalition Hayat Tahrir al-Sham, organisée autour de Jabhat Fateh al-Sham, est décrite comme « apostate », de même que Jolani ; l'EI s'en prend encore une fois à Harakat Nour ad-Din al-Zanki. L'EI fustige aussi les négociations en cours, à Astana ou ailleurs, l'évacuation des combattants d'Alep dans les fameux bus verts, et les projets avortés d'organisation d'une armée rebelle unique. L'EI confond les rebelles avec les forces du régime, qui pour lui sont des ennemis. L'EI insère aussi des images montrant les forces spéciales danoises. Abu Abdal Qahar Al Shami (Syrien) prend enfin la parole.





    Dans la séquence 3, un combattant prend la parole devant une carcasse de BMP-1.

    Dans la séquence 4, un combattant agite le drapeau de l'EI. Puis l'EI montre des images de Rome, d'Istanbul, d'une rencontre Erdogan/Obama en 2014 et de sa vidéo sur sa 3ème brigade blindée al-Farouk (novembre 2015). On voit également Vladimir Poutine, un MV-22 Osprey, de vieilles images de la wilayat (vidéo d'octobre dernier), des images de la wilayat Halab (mai dernier, décembre dernier).

    Dans la séquence 5, l'EI rend hommage à ses reporters de guerre (on reconnaît des images de la wilayat Ninive à Mossoul). Un focus est fait sur Abu Ayad al-Misri (Egyptien) que l'on voit avec son ami Abu Ahmad. Abu Ayad avait manifestement tourné certaines images montrées dans la vidéo précédente de la wilayat (octobre 2016) et même de plus anciennes (décembre 2015). Il a peut-être été tué par un sniper du régime, on voit son enterrement.



    Religion : un combattant prie dans la séquence 1.

    Dans la séquence 3, un combattant prie, un autre lit le Coran.

    Dans la séquence 4, plusieurs combattants font une prière de remerciement.



    Nasheeds (poèmes chantés) présents dans la vidéo :

    1 : ?



    4 : 15'34''-17'25''We come as eagles

    5 : ?

    6 : 18'21''-21'20''Fought



    9 : ?


    Commentaires particuliers : c'est la première vidéo militaire de la wilayat al-Khayr depuis octobre 2016. Ce montage reprend des opérations s'étalant d'octobre 2016 à février 2017. Le gros morceau, c'est évidemment la grande offensive lancée à partir du 14 janvier dernier qui a abouti à la coupure en deux morceaux de la poche du régime. L'EI avait été remarquablement discret sur cette offensive, ne publiant des documents photos et vidéos qu'au compte-gouttes -contrairement à la prise de Palmyre en décembre 2016, où les publications avaient été très nombreuses. L'EI a engagé des appuis conséquents dans son offensive de janvier : un canon D-30, un canon M-46, des lance-missiles antichars et canons sans recul, sans parler des frappes de drones armés (une quinzaine dans la vidéo). De la même façon, les véhicules sont très nombreuses : outre les technicals, on compte un D-30 sur camion, 2 S-60 sur camion, pas moins de 3 chars T-55 et 1 char T-62 et 1 BMP-1. S'il y a peu de véhicules kamikazes, l'infanterie est conséquente, et chose à noter, opère fréquemment de nuit ; on note le lance-grenades RBGP-40 serbe déjà observé à Deir-es-Zor. Il y a également plusieurs adolescents dans les rangs de l'EI. Le butin matériel est énorme : sans doute plus de 3 millions de cartouches pour fusils d'assaut et mitrailleuses lourdes, des centaines d'obus de T-55, et d'autres munitions. En outre l'EI s'empare de pas moins de 4 T-72M1 dont une de la variante TURMS. L'EI ne filme qu'une vingtaine de corps adverses, ce qui est relativement peu par rapport à certaines vidéos précédentes de la wilayat. La wilayat al-Khayr montre toujours autant ses pertes : ici, 8 blesssés. Si l'EI n'a probablement pas les moyens de réduire les deux tronçons de la poche du régime, il n'en demeure pas moins que le butin lui permet encore de tenir ce front pour un certain temps.

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    Jaysh al-Izza résulte de la fusion de brigades locales du nord de la province de Hama, autour de Latamneh. Dès 2015, en tant que membre de l'ASL, elle reçoit des missiles antichars TOW de la CIA ; en septembre elle est parmi les premières à être visée par les bombardements russes suite à l'intervention de Moscou. Début 2016, le groupe reçoit toujours de missiles TOW. Combattant surtout au nord de la province de Hama, Jaysh al-Izza est en première ligne de l'offensive déclenchée fin mars 2017 au nord de cette agglomération. Disposant de moyens conséquents, elle est entièrement tournée vers le combat contre le régime et ne communique pas trop sur son programme pour le futur de la Syrie : on peut deviner que la formation n'est pas islamiste, mais on ne peut guère en dire plus.




    Historique


    Jaysh al-Izza (L'armée de la gloire) est un groupe rebelle qui opère principalement au sud de la province d'Idlib, dans la province d'Alep et au nord de la province de Hama. A l'origine, on trouve un groupe rebelle constituée par le major Jameel al-Saleh, un officier ayant fait défection, début 2012, et qui rejoint l'Armée Syrienne Libre. Le groupe devient ensuite la brigade Shuhada Latamneh, et a sa base à Latamneh, au nord de la province de Hama. En 2013, après avoir fusionné avec d'autres brigades, le groupe devient l'Union al-Izza. En 2015, après avoir incorporé d'autres formations, l'Union al-Izza devient l'Armée al-Izza (Tajamou al-Izza). Jaysh al-Izza résulte donc de la fusion de brigades locales, comme la brigade Shuhada Latamneh and la brigade des descendants Abu Obeidah Ibn al-Jarrah. Elle est assez bien organisée en raison de la présence d'un certain nombre d'officiers ayant fait défection. Elle combat à Idlib, Hama et Alep, où elle fait partie d'ailleurs de la coalition Fatah Haleb. Jaysh al-Izza reçoit des missiles TOW de la CIA et fait partie de ces groupes soutenus de nouveau indirectement par les Etats-Unis après l'intervention russe en Syrie de septembre 2015. Jaysh al-Izza est d'ailleurs un des premiers groupes frappés par les bombardements aériens russes, qui visent sa base de Latamneh, mais les livraisons de missiles TOW aident à tenir le front à Hama, et le groupe est témoin des problèmes rencontrés par les Russes avec le régime syrien sur la ligne de front.

    L'ISW qualifie en mars 2016 Jaysh al-Izza de groupe anti-régime, sans agenda islamiste : il continue de recevoir des missiles TOW. Un article de février lui donne 1 000 combattants. Fin juin 2016, Jaysh al-Izza participe à l'offensive dans le nord de la province de Lattaquié, aux côtés de la coalition Jaysh al-Fateh. En septembre, sur le front de Hama, Jaysh al-Izza abat un hélicoptère Gazelle du régime syrien avec un missile TOW. En octobre, les combats entre Ahrar al-Sham et Jund al-Aqsa affaiblissent la ligne de front au nord de Hama face au régime, ce que déplore Jaysh al-Izza. En novembre, une source donne au groupe plus de 800 hommes ; la brigade al-Asifat au nord de la province de Homs rejoint Jaysh al-Izza, ce qui donne pour la première fois à celle-ci une présence dans cette province.

    En mars 2017, Jaysh al-Izza est en pointe de l'offensive déclenchée au nord d'Hamaà partir du 21, aux côtés d'Hayat Tahrir al-Sham et d'autres groupes rebelles. L'objectif de l'attaque est d'emporter la ville de Hama, et notamment en prenant deux positions clés : l'aéroport militaire et la montagne Zayn al-Abdeen, à 5 km au nord de Hama, qui domine le secteur et sur laquelle le régime a disposé son artillerie. Le 4 avril, un Land Cruiser avec roquettes Grad tire sur les positions du régime en représailles de l'attaque chimique sur Khan Sheykhoun.


    Propagande et idéologie


    Comme de nombreux groupes liés à l'ASL, Jaysh al-Izza dispose d'un compte Twitter (mais pas de page Facebook) et d'une chaîne Youtube. Le compte Twitter reprend aussi plusieurs communiqués. Le 22 mars 2017 par exemple, le groupe communique au lendemain du déclenchement de l'offensive au nord de Hama pour annoncer que la ville de Mardeh, peuplée majoritairement de chrétiens, n'est pas un objectif de l'attaque -contrairement aux dires du régime, qui joue de nouveau sur la corde communautaire. Plusieurs vidéos de l'offensive sur Hama sont filmées par drone. Jaysh al-Izza, comme de nombreux autres groupes rebelles, est tourné vers le combat immédiat, non dans la propagande à propos du futur d'une Syrie sans Assad.

    L'emblème de Jaysh al-Izza, visible sur la page Twitter, comprend le nom du groupe, au centre, en blanc sur fond vert, surmonté d'un drapeau avec la shahada (profession de foi musulmane). En-dessous de l'emblème du groupe, on lit le nom de l'opération déclenchée au nord de Hama, titre également d'un nasheed (que l'on ne rencontre pourtant pas dans les vidéos du groupe).



    Jaysh al-Izza rend hommage à ses morts à travers des posters. Depuis le début de l'offensive de Hama, le 21 mars, et jusqu'au 6 avril, le groupe reconnaît la mort de 15 combattants, soit presque un par jour. Un martyr est présenté le 23 mars. Un poster présente 4 tués le 24 mars. Deux « martyrs » sont honorés par un poster le 25 mars. Un combattant est honoré le 27 mars. Le 28 mars, Raafat Rahmon est déclaré « martyr » ainsi que Abdullah al-Hamoud (Abu Arabi). Le 2 avril, un poster rend hommage à Nawaf Saleh. Le 3 avril, il annonce la mort de Abdul Bari Seyyadi et de Ibrahim Khaled Al-Awad, un commandant de brigade. Le 4 avril, le groupe annonce la mort de Mohamed Mahmoud Sweidan. Un de ses combattants est tué le 5 avril, un autre le 6 avril.

    23/03/17
    1

    24/03/17
    4

    25/03/17
    1

    27/03/17
    1

    28/03/17
    2
    Raafat Rahmon
    Abdullah al-Hamoud (Abu Arabi)
    02/04/17
    1
    Nawaf Saleh
    03/04/17
    2
    Abdul Bari Seyyadi
    Ibrahim Khaled Al-Awad (commandant de brigade)
    04/04/17
    1
    Mohamed Mahmoud Sweidan
    05/04/17
    1

    06/04/17
    1


    15 tués



    Ce commandant tué le 3 avril est armé d'un lance-grenades RBG-6 croate sur la photo.














    Armement, matériel, tactiques


    Une analyse des publications de Jaysh al-Izza depuis le début de l'offensive au nord de Hama (21 mars) offre un bon aperçu de son armement, de ses matériels et tactiques de combat.

    Le 20 mars, la veille de l'attaque, une vidéo montre son camp d'entraînement. Les hommes pratiquent des exercices physiques, s'entraînent à arrêter les occupants d'un véhicule, à franchir un cours d'eau et éliminer une sentinelle. Il y a aussi un entraînement au combat en milieu urbain. Malgré cette vidéo montrant une formation quasi militaire, sur le terrain, les miliciens de Jaysh al-Izza ne se distinguent pas par leur discipline de feu ou leur entraînement, qui semble donc limité à une petite partie de la troupe, sans doute destinée à des missions spéciales ou à mener les assauts.

    La flotte de véhicules du groupe est elle assez conséquente. Le 22 mars, Jaysh al-Izza montre un automoteur d'artillerie 2S1 Gvozdika de 122 mm (les obus de 122 mm portent les marquages, probablement, d'une usine bulgare), pris au régime, en action. Une autre vidéo du même jour filme 2 technicals utilisés en tir tendu contre les positions du régime : un Land Cruiser avec ZPU-4 et un autre véhicule. Une 3ème vidéo montre le chargement de boîtes de munitions à l'arrière d'un pick-up ; les combattants montent les munitions sur des bandes de mitrailleuses, devant un BTR-60PB pris sur le régime. Le groupe aligne aussi un Land Cruiser avec blindage improvisé sur l'avant et sur les côtés (et blindage SLAT sur l'avant) et un char T-55 avec renforts de tourelle. Une autre vidéo permet d'apercevoir un char T-55 avec renforts de tourelle. Dans une autre vidéo, Jaysh al-Izza s'empare d'un T-55, d'un T-72 et d'un BMP-1 abandonnés par le régime. Une autre vidéo montre l'utilisation d'un camion avec canon de 37 mm M1939 en tir tendu. On voit également un pick-up avec ZPU-2. Dans une vidéo du 23 mars, on peut voir un pick-up avec ZPU-2 et des motos utilisées par le groupe. Jaysh al-Izza utilise un bulldozer pour niveler une position défensive du régime capturée. Le 24 mars, le groupe filme de nouveau son 2S1 en action, de même que le 26 mars, le 27 mars. Le 27 mars, un Land Cruiser appuie les fantassins en tir tendu. Le 28 mars, Jaysh al-Izza engage un BMP-1 et le BTR-60PB, ainsi qu'un char T-55M. Le 2S1 tire de nouveau ce jour-là. Le groupe déploie aussi un Land Cruiser avec bitube ZU-23 en tir tendu. Le 2S1 est de nouveau en action le 2 avril, de même que 2 Land Cruiser avec ZU-23 et ZPU-2. Le 4 avril, un Land Cruiser avec 14 tubes lance-roquettes Grad (122 mm) entre en action. Le 2S1 ouvre à nouveau le feu le 5 avril.

    Chars
    Véhicules blindés
    Artillerie automotrice
    Technicals
    1 x T-55 (capturé durant l'offensive)

    1 x T-72 (capturé durant l'offensive)

    1 x T-72

    1 x T-62

    1 x T-55

    1 x T-55M


    1 x BTR-60PB


    1 x BMP-1 (capturé durant l'offensive)

    1 x BMP-1
    1 x 2S1 Gvozdika (122 mm)
    1 x Land Cruiser avec ZPU-4
    1 x Land Cruiser DIY avec blindage improvisé
    1 x camion avec canon bitube de 37 (Type 65)
    1 x pick-up avec ZPU-2
    1 x Land Cruiser avec ZU-23
    1 x Land Cruiser avec 14 tubes Grad (122 mm)







    Le marquage 22 entouré d'un cercle sur la caisse des obus de 122 mm du 2S1 indique une usine bulgare (à déterminer).







    Le BTR-60PB de Jaysh al-Izza.


    Land Cruiser transport de troupes avec blindage artisanal.










    Jaysh al-Izza, pendant l'offensive, tire de nombreux missiles antichars avec 2 lanceurs (TOW et Fagot). Le 22 mars, une vidéo montre un premier tir de missile antichar TOW contre ce qui est identifié comme un char T-72 du régime. Le 23 mars, un deuxième tir de TOW touche un camion portant un bitube de 37 mm. Un Fagot est utilisé pour cibler une position avec mitrailleuse KPV. Le 24 mars, un troisième tir de missile TOW est effectué sur un char présenté comme un T-90 (mais qui est en fait un T-62M du 5ème corps). Le 25 mars, le quatrième tir de missile TOW frappe un regroupement de combattants du régime. Le 26 mars, un cinquième tir de missile TOW vise un char désigné comme un T-90. Le 27 mars, le sixième tir de missile TOW frappe un attroupement de combattants du régime. Le 31 mars, le septième tir de missile TOW touche un BMP-1. Le huitième tir de TOW le 2 avril vise un char T-72. Un deuxième tir deFagot, le même jour, vise un canon de 37 mm. Le 3 avril, le neuvième tir de missile antichar TOW touche un char. Le dixième tir de TOW, le 4 avril, frappe un lance-roquettes du régime sur pick-up. Le 5 avril, le troisième tir de Fagot cible un canon de 57 mm sur véhicule. Le onzième tir de TOW frappe un T-72 le 6 avril.

    Date
    Type de missile
    Cible
    22/03/17
    TOW
    Char T-72
    23/03/17
    TOW

    Fagot
    Camion avec bitube de 37 mm (Type 65)
    Position avec KPV
    24/03/17
    TOW
    T-90 (en fait T-62M du 5ème corps)
    25/03/17
    TOW
    Attroupement de combattants du régime
    26/03/17
    TOW
    Char T-90 (?)
    27/03/17
    TOW
    Attroupement de combattants du régime
    31/03/17
    TOW
    BMP-1
    02/04/17
    TOW
    Fagot
    Char T-72
    Camion avec canon de 37 mm
    03/04/17
    TOW
    Char
    04/04/17
    TOW
    Lance-roquettes sur véhicule
    05/04/17
    Fagot
    Canon de 57 mm sur véhicule
    06/04/17
    TOW
    Char T-72
    15 jours
    11 tirs de TOW
    3 tirs de Fagot
    14 tirs de missiles antichars
















































    Jaysh al-Izza dispose aussi de moyens d'appui non négligeables. Le 22 mars, une vidéo filme un canon M-46 de 130 mm (avec instructions sur le côté en anglais) qui expédie 3 obus sur les positions du régime. Une autre vidéo montre également un mortier lourd de 120 mm, plusieurs mortiers moyens de 81-82 mm, et 3 mortiers artisanaux. Dans une autre vidéo, les fantassins de Jaysh al-Izzah s'emparent d'un mortier abandonné par le régime. Le 23 mars, on peut revoir la batterie de mortiers moyens en action. On voit encore les mortiers de 81/120 mais aussi un mortier léger de 60 mm. Le 24 mars, un mortier de 81 mm pilonne les positions adverses de même qu'un canon sans recul SPG-9. Les mortiers interviennent encore le 28 mars. Le 3 avril, le M-46 ouvre de nouveau le feu. Le 6 avril, un mortier de 120 mm pilonne les positions du régime.




















    Sur le flanc gauche du M-46, des inscriptions en anglais.













    D'après une vidéo du 22 mars, le groupe de combat standard compte une dizaine d'hommes, des fantassins armés d'AK, un tireur PK et un tireur RPG-7. L'infanterie est assez nombreuse : on voit parfois à l'image plusieurs dizaines de combattants. Un des tués, le commandant de brigade, est armé sur le poster d'un lance-grenades RBG-6 croate. Dans cette vidéo, la caméra filme 3 corps de combattants du régime. Une vidéo du 23 mars montre un autre corps de combattant du régime. Le 29 mars, une autre séquence montre une dizaine de corps de combattants du régime. Le 2 avril, ce sont encore 2 corps qui sont filmés. Les fantassins de Jaysh al-Izza, malgré la vidéo présentant le camp d'entraînement, sont de qualité moyenne : la discipline de feu de certains est quasi nulle, alors que d'autres sont beaucoup plus méthodiques.











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    Titre : Les flèches des monothéistes.

    Durée : 9 minutes 12 secondes.

    Lieu(x) : la wilayat Kirkouk.

    Date (sûre par recoupement ou estimée) : le tir 13 correspond à un reportage ancien daté du 12 octobre 2016. Les tirs 6, 17 et 24 correspondent à un reportage photo du 26 janvier 2017.

    Type de vidéo : c'est une vidéo thématique sur les snipers.

    Découpage (séquences) :

    1 : 15''-55'', introduction.
    2 : 55''-5'01'', tirs de snipers.
    3 : 5'01''-9'12'', entraînement et tirs de snipers.



    Forces attaquées/adversaires : surtout les Kurdes irakiens, qui sont visés par les tirs.

    Effectifs engagés : néant.

    Moyens d'appui utilisés (canons, mortiers, armes artisanales...) : néant.

    Véhicules utilisés (chars, véhicules blindés, technicals...) : néant.

    Kamikazes (identité) : néant.

    Véhicules kamikazes (types, impact) : néant.

    Armes légères et lourdes (fusils d'assaut, mitrailleuses, RPG, etc) - groupes de combat et leurs tactiques : dans la séquence 1, on peut voir deux snipers en tenue camouflée : l'un porte un SVD Dragunov, l'autre un M-16A4 avec lunette de visée. On voit également un sniper avec ce qui semble être un Mauser Kar 98K, modifié par l'EI : le verrou et le canon semble avoir été faits par l'EI, la lunette vient d'un Zastava M76 Zrak, et la bouche du canon semble venir d'une mitrailleuse PKM.









    Dans la séquence 2, on peut voir les snipersévoluer en tandem (un tireur, un observateur avec jumelles). Les tirs des snipers commencent dans cette séquence :

    1 : un homme debout le long d'un petit édifice protégé par des sacs de sable, discute avec un autre couché au sommet. Visé à la tête (tué).
    2 : 3 hommes, un prenant un selfie avec une perche de 2 autres à côté d'un canon sans recul SPG-9 protégé par des sacs de sable. Celui qui tient la perche est blessé sur le flanc gauche (le sniper tire plusieurs fois).
    3 : homme en faction derrière des sacs de sable (touché?)
    4 : 3 hommes en faction dans une tranchée (tir raté semble-t-il).
    5 : milicien sortant d'une position où flotte le drapeau du Kurdistan irakien (touché).
    6 : 2 hommes en patrouille ; 1 touché à la face mais survit, le sniper tire une 2ème fois et le manque.
    7 : homme en faction (touché).
    8 : 3-4 hommes en faction (un touché, peut-être tué).
    9 : un homme sur une position défensive avec masque en tête de mort, touché à la jambe gauche.
    10 : un homme en faction (tué, tir à la tête).
    11 : homme marchant derrière une ligne de sacs de sable (touché, tué?)
    12 : un homme en patrouille, touché à la jambe droite.
    13 : groupe de 4 hommes, un touché dans le dos (blessé?)
    14 : un homme sortant d'une petite guérite, touché à la jambe.
    15 : un homme dans un bunker de sacs de sable, où flotte le drapeau du Kurdistan irakien, touché à la tête (tué?)













    Dans la séquence 3, on voit un cours donné aux snipers sur les différentes parties du corps à toucher en priorité, avec illustration sur un tableau.

    16 : homme en faction à côté d'un bunker de sacs de sable (touché dans le dos, tué?)
    17 : 2 hommes en faction à côté d'un bunker de sacs de sable, un manqué, l'autre tué.
    18 : homme en faction (même endroit que le 9), blessé.
    19 : 3 hommes en patrouille, 1 touché (blessé?)
    20 : 2 hommes en faction à côté d'un bunker.
    21 : 1 homme en faction (touché au ventre).
    22 : 1 homme en patrouille (manqué).
    23 : 1 homme en train d'attacher un câble à côté du drapeau du Kurdistan irakien (tué, touché en pleine tête).
    24 : 1 homme en train d'attacher un drapeau chiite (touché, tué?)
    25 : 2 hommes en patrouille, 1 touché et tué ?
    26 : 2 hommes dans une position de sacs de sable, 1 touché et tué ?
    27 : 1 homme en faction.
    28 : 4 hommes en faction, 1 touché dans le dos, 1 autre visé et manqué.
    29 : 1 homme en faction, touché, blessé.













    Destructions de véhicules adverses : néant.

    Butin matériel : néant.

    Morts/prisonniers/blessés adverses : néant.

    Morts/blessés de l'EI :néant.

    Effets visuels/montage/techniques de propagande : la louange à Allah est suivie de la mention « Islamic State » et du logo de la wilayat.

    Religion : néant.

    Nasheeds (poèmes chantés) présents dans la vidéo :

    1 : ?

    2 : 1'56''-4'55''Hallili Kabiri

    3 : 6'30''-9'12''Aurilladah

    Commentaires particuliers : c'est la première vidéo thématique sur les snipers depuis celle à Mossoul de novembre 2016. Certaines images sont anciennes puisqu'elles remontent à octobre ; d'autres, plus récentes, datent de janvier dernier. Dans ce reportage photo, on voit un sniper avec un Orsis T-5000 (la wilayat en avait pris un à la Fighting Division al-Abbas il y a un an environ). Mais ici ce sont d'autres matériels qui sont manipulés : l'incontournable SVD Dragunov, un M-16 à lunette et un montage plus original, un Kar 98K customisé par l'EI. On a affaire ici à de véritables snipers opérant de manière indépendante, en tandem, avec tireur et observateur ; il n'est pas exclu d'ailleurs que sur certains tirs plusieurs snipers opèrent ensemble. Il n'y a pas de fusil anti-matériel ici. Comparés à ceux de Mossoul, les snipers de la wilayat Kirkouk semblent moins efficaces : on voit beaucoup moins de tirs mortels que dans la vidéo de novembre.

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