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    L'intérêt de David J. Morris pour la bataille de Khafji remonte à sa période en tant qu'élève officier à Quantico en 1992. Il se trouve qu'un des sergents instructeurs d'une section présente à ce moment-là était un vétéran de Khafji. Pour Morris, cette bataille rangée, la première pour l'armée américaine depuis la fin de la guerre du Viêtnam, préfigurerait les engagements en Afghanistan, par exemple, où de petites équipes américaines très mobiles guident et encadrent des forces alliées contre un adversaire du tiers-monde -tout en subissant aussi, parfois, les aléas de la puissance de feu de leur propre camp... Morris souligne que rien n'était joué d'avance contre l'Irak en 1990-1991. La prise de Khafji par les Irakiens, le 29 janvier 1991, donne l'occasion à certains Américains de venger l'affront du Viêtnam, selon lui. L'auteur base son récit, essentiellement, sur l'interview de plus d'une centaine de vétérans américains qui ont participé à la bataille de Khafji.


    Le mouvement des Irakiens sur Khafji prend par surprise deux sections de reconnaissance profonde des Marines et un groupe de Special Forces stationnés sur la frontière saoudienne avec l'Irak, comme "sonnettes", pour collecter du renseignement et protéger un énorme dépôt de carburant des Marines situé non loin des premières lignes. Par conséquent, la plupart de ces petits groupes situés bien en avant du reste des forces est contraint de se replier dans la ville de Khafji devant l'assaut des blindés irakiens. Avec leurs moyens de communication, les Marines vont guider des frappes aériennes sur les chars et les véhicules blindés irakiens tout en restant dissimulés dans des bâtiments, à la merci d'être découverts et éliminés par les assaillants.

    L'assaut de Saddam Hussein comprend en fait trois secteurs d'attaque. Khafji est le point faible parce que la ville est défendue par la Garde Nationale saoudienne et des unités du Qatar. Les forces de reconnaissance des Marines ne peuvent compter que sur des mitrailleuses lourdes et des missiles antichars, et le soutien de LAV. Ils sont hors de portée de leur artillerie et doivent s'appuyer sur leurs alliés arabes pour espérer repousser les Irakiens. Les Marines guident les frappes via une équipe ANGLICO (Air-Naval Gunfire Liaison Company) qui suit les unités arabes qui montent en ligne sur Khafji. Cette équipe comprend à la fois des pilotes et des artilleurs.

    Pour Morris, la bataille a tout simplement été oubliée parce qu'elle n'a pas impliqué au moins une grande unité américaine, mais seulement des Saoudiens, des Qataris et une poignée d'Américains. Pourtant, la bataille de Khafji montre à l'évidence les forces mais aussi les grandes faiblesses de l'armée irakienne, en dépit de huit années de guerre contre l'Iran : de quoi dégonfler la baudruche créée depuis le mois d'août 1990 où la contre-attaque est présentée comme devant finir dans un bain de sang face à la quatrième armée du monde (!). Le plan irakien était audacieux, mais les généraux irakiens n'ont pas réussi à complètement le mener à bien. L'USAF tue, selon les statistiques, 2 000 Irakiens pendant les frappes ; 75 véhicules irakiens et 48 soldats sont tués à Khafji et 400 faits prisonniers. Côté américain, les Marines sont surtout victimes de tirs "Blue on Blue" : un LAV-TOW détruit un de ses homologues notamment parce que les TOW n'ont qu'une vision thermique, et que la silhouette de chaleur des véhicules est parfois difficile à distinguer, notamment de nuit en plein milieu d'une bataille. L'aviation américaine, de même, n'est pas exempte de "friendly fire" pendant les combats.

    Morris passe beaucoup de temps sur cette partie de la bataille, l'attaque ouest des Irakiens contre le groupe de reconnaissance des Marines stationné sur une digue de sable, appuyé par une compagnie de LAV-25, et qui protège une route menant au coeur de l'Arabie Saoudite ; un peu moins sur l'attaque à l'est contre la ville de Khafji elle-même, où deux équipes ANGLICO des Marines se retrouvent prises au pigèe. L'originalité du livre est qu'il se place du point de vue du combattant, ce qui tranche dans une littérature qui s'intéresse souvent, à propos de la guerre du Golfe, aux décisions stratégiques, etc. Mais le livre est aussi écrit par un ancien officier des Marines et cela se ressent, à plusieurs titres. D'abord, comme souvent dans ces récits américanocentrés, les Irakiens et les alliés arabes de la coalition pilotée par les Etats-Unis sont certes braves, mais mal entraînés et donc ridicules ou inutiles sur le plan militaire. Ensuite, l'US Army n'est pas non plus présentée sous les meilleurs auspices : les Special Forces abandonnent soi-disant les Marines à leur sort, l'USAF ne fait que bombarder tout ce qui est en-dessous d'elle... mais elle aurait suffisamment affaibli les Irakiens pour que la grande offensive terrestre ne soit finalement qu'une "promenade de santé" pour l'US Army. Si l'on ajoute à cela l'utilisation par l'auteur d'un vocabulaire pas forcément expliqué dans le lexique pourtant présent, on comprendra que l'intérêt du livre en soit singulièrement diminué.




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    Depuis quelques jours, vous pouvez lire sur L'autre coté de la colline un article sur la bataille de Sadowa (1866)écrit par mon camarade David François.

    Pour le prochain article de ce blog collectif, je livrerai un gros papier sur l'armée impériale russe (1914-1917). Un sujet méconnu et qui s'est révélé tout à fait passionnant à traiter, à partir de près de 20 sources différentes, le tout avec une soixantaine de notes de bas de page (!). A suivre le 20 avril prochain.

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    Afin de faciliter la lecture et pour éviter de mettre un jour un billet devenu même plus qu'un article de fond, avec plus de 45 pages de fichier texte (!), je mets en ligne une nouvelle série, par nationalité, sur les volontaires étrangers en Syrie, côté insurrection. Les billets seront aussi plus faciles à mettre à jour et par ailleurs plus susceptibles, également, d'être traduits en anglais, comme celui-ci. Je commence donc avec les Jordaniens qui sont sans doute parmi, si ce n'est les plus nombreux aux côtés de l'insurrection syrienne.


    Depuis le début de l'insurrection, les militants jordaniens ont gagné la Syrie1. Au départ, ils comptaient renverser Bachar el-assad pour installer un Etat islamique sunnite, dans une dimension guerrière proprement religieuse. Cette approche s'est intensifiée avec le caractère de plus en plus sectaire du conflit. Parmi les Jordaniens, salafistes ou djihadistes, qui sont partis pour la Syrie, il y a certains vétérans d'Afghanistan ou d'Irak, et certaines sources parlent de plusieurs milliers d'hommes en tout. On sait que Zarqawi, un Jordanien, avait dirigé la branche d'al-Qaïda en Irak jusqu'à sa mort en juin 2006. Son mentor spirituel, Abu Muhammad al-Maqdisi, un Jordanien d'origine palestinienne, est le chef de file du djihadisme en Jordanie. Les djihadistes semblent gagner du terrain autour des villes de Maan et de Zarqa, cette dernière étant d'ailleurs la ville natale de Zarqawi. En octobre 2012, les autorités démantèlent une cellule qui s'apprêtaient à commettre des attentats anti-occidentaux à Amman grâce à des explosifs et à des armes venus de Syrie. Il faut dire qu'au départ, elles ont eu tendance à fermer les yeux sur le transit de combattants jordaniens en direction de ce pays. Mohammed el-Shalabi, un des leaders djihadistes jordaniens, affirme que de 700 à 800 combattants sont partis en Syrie, un chiffre qu'il est difficile de vérifier. D'autres rapports parlent de 500 hommes.



    On sait par contre que Mahmoud Abdoul Al, le gendre de Abu Muhammad al-Talawi, un des cheiks djihadistes influents de Jordanie, s'est fait sauter à Deraa en octobre 2012. Al-Tahawi lui-même encourage les Jordaniens à se joindre au djihad sous la bannière d'al-Nosra. D'autres clercs sunnites jordaniens ont fait de même depuis, à l'instar du chef d'al-Qaïda, Ayman al-Zawahiri. Au début des hostilités, les Jordaniens franchissent la frontière dans les provinces de Deraa et de Rif Dishmashq. Ils sont aussi présents à l'ouest et à l'est de la Syrie, à Alep, Homs et Deir es-Zor. Le gouvernement jordanien laisse d'abord faire, sans doute dans l'intention de se débarrasser à peu de frais de ses djihadistes. Mais quand le conflit s'éternise, les autorités verrouillent la frontière et mettent le hola sur le trafic d'armes qui revient vers la Jordanie. En conséquence, les Jordaniens font désormais un détour via la Turquie et pénètrent en Syrie par le nord. La plupart des volontaires s'intègrent dans le front al-Nosra, et les combattants expérimentés semblent même diriger certaines brigades de l'organisation. Deux Jordaniens d'ascendance palestinienne, originaires de Zarqa, ont aidé à l'établissement du conseil de la Choura d'al-Nosra, aux côtés d'Abu Muhammad al-Juhani, le chef de l'organisation. Ces deux militants, Iyad Toubasi et Mustafa Abdul Latif, ont fait partie du commandement d'al-Qaïda en Irak. Ils sont présents en Syrie depuis le début du conflit. Le premier est par ailleurs marié à la soeur de Zarqawi. Abou Gelebeb, c'est son nom de guerre, est l'émir d'al-Nosra pour les provinces de Deraa et Damas. Blessé en décembre 2012, il est soigné en Turquie avant de rejoindre le combat. C'est Latif qui prend la suite du front sud d'al-Nosra. Proche de Zarqawi, il avait notamment organisé l'arrivée des Syriens venus se battre en Irak contre les Américains.


    Abu Muhammad al-Maqdisi-Source : http://www.documents.sy/uploaded_files/images/51333f84bc02c.jpg


    En décembre 2013, les Jordaniens forment le plus gros contingent de volontaires étrangers venus se battre en Syrie aux côtés des rebelles, avec plus de 2 000 hommes2. Selon Abou Sayaf, le chef des djihadistes jordaniens, il y a actuellement 1 200 Jordaniens encore en Syrie ; 200 auraient été tués depuis le début de leur participation. En plus des militants historiques, une génération plus jeune contriburait désormais en majorité au départ, originaire des villes de Zarqa, Salt, Maan et Irbid. Les Jordaniens seraient majoritairement dans des brigades radicales, en particulier celles du front al-Nosra. Ils seraient assez opposés aux vues de l'EIIL en ce qui concerne le traitement des minorités et ses pratiques de guerre, de manière générale3.

    On estime qu'il y a en Jordanie 5 000 salafistes djihadistes, pour 15 000 salafistes environ au total. Plutôt discrets jusqu'en 2011, la guerre en Syrie leur a donné l'occasion de s'exprimer : face à un « ennemi proche », ils défendent la création d'une « forteresse » en Syrie (Diyar al-Tamkeen) pour étendre leurs activités en capitalisant sur l'expérience acquise sur place. Le groupe des salafistes djihadistes est assez lâche, avec plusieurs chefs influents, comme Abu Muhammad al-Maqdisi et Abu Muhammad al-Tahawi. Les Jordaniens restent parmi les plus gros contributeurs en volontaires étrangers avec probablement entre 700 et 1 000 hommes actuellement sur le terrain, en février 2014. Pour les salafistes djihadistes jordaniens, la guerre en Syrie recentre l'affrontement non pas contre l'Occident mais contre les dirigeants de l'étranger proche jugés impie, un combat qui peut finalement s'importer en Jordanie. Les autorités ne s'y trompent et ont arrêté de 150 à 170 personnes jusqu'en janvier 2014, dont, en décembre dernier, Raed Hijazi, un personnage qui aurait des liens avec al-Qaïda. En outre, le conflit est devenu de plus en plus sectaire, opposant sunnites et chiites, et les combattants jordaniens pourraient être amenés à intervenir sur d'autres champs de bataille d'un tel djihad. Une victoire en Syrie pourrait radicaliser davantage encore les salafistes-djihadistes jordaniens contre le pouvoir hachémite4.

    Abu Muhammad al-Tahawi-Source : http://www.memri.org/image/13714.jpg


    Début avril 2014, les autorités jordaniennes arrêtent 9 membres de la tendance salafiste djihadiste, dont un ancien détenu de Guantanamo, Osama Abu Kabir. Kabir a été capturé en Afghanistan en novembre 2001 et a été transféré à Guantanamo en juin 2002. Transféré en Jordanie en novembre 2007 puis relâché, il a repris ses activités terroristes. Arrêté de nouveau en 2009 après le démantèlement d'une cellule qui préparait des attentats contre Israël, condamné à 15 ans de prison, il était pourtant libre depuis lors. Une des autres personnes appréhendées aurait des liens avec le front al-Nosra, en Syrie. Kabir est un vétéran de l'Afghanistan, où il s'est rendu pour combattre les Américains aux côtés de Muhammad Aslam Bin Khan, un membre important d'al-Qaïda relié à la préparation d'attentats terroristes internationaux. Ce dernier est un expert en explosifs et à des liens avec la Jemaah Islamiyah, organisation rattachée à al-Qaïda en Asie du sud-est5.

    Osama Abu Kabir-Source : http://www.newsmaxworld.com/GlobalTalk/Jordan-terrorism-Guantanamo/2014/04/08/id/564454/


    Récemment, le New York Times a raconté l'histoire d'Abou Abdoullah, un habitant de Zarqa parti combattre en Syrie aux côtés des insurgés et probablement du front al-Nosra, pendant trois mois. Sa femme le presse de rentrer, ce qu'il fait à contrecoeur. Les estimations varient de 800 à 1 200 volontaires partis se battre en Syrie depuis 2011, selon les autorités jordaniennes, un nombre probablement sous-estimé, puisque l'étude de l'ICSR en décembre 2013 plaçait la barre maximum à près de 2 100 Jordaniens. Une centaine au moins aurait déjà péri sur le champ de bataille6. Les volontaires ne partent pas seulement en raison d'un déclassement économique ou d'une politique jugée inepte dans le royaume : certains, manifestement, le font par conviction authentique, pour l'instauration d'un Etat islamique, à travers l'engagement dans le front al-Nosra ou l'EIIL. Abou Abdoullah, par exemple, est parti après avoir vu des images terribles à la télévision et par crainte de l'extension de l'influence iranienne dans la région. Un trafiquant lui fait passer la frontière, de nuit, avec 16 autres Jordaniens : ils ont les pouches bourrés de médicaments, et n'emportent que leurs vêtements ou presque. Agé de plus de 30 ans, il ne se révèle pas très doué à l'entraînement militaire et se retrouve affecté à la logistique, achetant de la nourriture pour les combattants et les familles réfugiées. Mohammed Abu Rahaim, un autre habitant de Zarqa, enseignant sur la culture islamique, a deux fils qui sont partis combattre au sein du front al-Nosra, dont l'un a été tué. Leur mère fait partie d'une famille de réfugiés syriens qui a fui la répression du régime contre les Frères Musulmans, au début des années 19807.



    1Suha Philip Ma’ayeh, « Jordanian Jihadists Active in Syria », CTC Sentinel, Volume 6 Issue 10, octobre 2013, p.10-13.
    2Aaron Y. Zelin, Sami David, « Up to 11,000 foreign fighters in Syria; steep rise among Western Europeans », The International Centre for the Study of Radicalisation, 17 décembre 2013.
    3Mona Alami, « The Jordanian Connection », NOW., 19 décembre 2013.
    4Mona Alami, « The New Generation of Jordanian Jihadi Fighters », Sada/Carnegie Endowment for International Peace, 18 février 2014.

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    Since the beginning of the insurgency, Jordanian activists have reached Syria1. Initially, they planned to overthrow Bashar al-Assad to install a Sunni Islamic state in a strictly religious dimension war. This approach has intensified with the character of increasingly sectarian conflict. Among Jordanians, or Salafi jihadists, who left for Syria, there are some veterans of Afghanistan or Iraq, and some sources speak of several thousand men in all. We know that Zarqawi, a Jordanian, had led al- Qaida in Iraq until his death in June 2006. His spiritual mentor, Abu Muhammad al- Maqdisi, a Jordanian of Palestinian origin, is the leader of jihadism in Jordan. Jihadists seem to be gaining ground around the cities of Maan and Zarqa, the latter being also the hometown of Zarqawi. In October 2012, the authorities dismantle a cell that is about to commit anti-Western attacks in Amman with explosives and weapons from Syria. It must be said at the outset, they have tended to overlook the transit Jordanian fighters towards this country. Mohammed al-Shalabi, a Jordanian jihadist leader, says 700 to 800 fighters left in Syria, a number that is difficult to verify. Other reports speak of 500 men.



    Against we know that Mahmoud Abdul Al, the son of Abu Muhammad al-Talawi an influential jihadist sheikhs Jordan, blew himself up in Deraa in October 2012. Al-Tahawi itself encourages Jordanians to join jihad under the banner of al- Nosra. Other Sunni clerics Jordan did the same since, as the leader of al Qaeda, Ayman al -Zawahiri. At the beginning of hostilities, Jordanians across the border in the provinces of Daraa and Rif Dishmashq. They are also found in the west and east of Syria, Aleppo, Homs and Deir es-Zor. The Jordanian government lets first do it, no doubt with the intention of getting rid inexpensively of its jihadists. But when the conflict drags on, the authorities lock the border and put the hola on arms trafficking returning to Jordan. Accordingly, the Jordanians are now a detour via Turkey and Syria penetrate from the north. Most volunteers are integrated into the front al- Nosra and experienced fighters seem even lead some brigades of the organization. Two Jordanians of Palestinian descent from Zarqa helped in the establishment of the Shura Council of al- Nosra alongside Abu Muhammad al- Juhani, the head of the organization. Both activists Iyad Toubasi and Mustafa Abdul Latif, were part of al-Qaeda command in Iraq. They are present in Syria since the conflict began. The first is also married to the sister of Zarqawi . Abu Gelebeb, his « nom de guerre » is the emir of al-Nosra for the provinces of Deraa and Damascus . Wounded in December 2012, he was treated in Turkey before re-joining the fight. Latif is taking following of the southern front of al-Nosra . Close to Zarqawi, he organized the arrival of the Syrians who came to Iraq to fight against the Americans.



    Abu Muhammad al-Maqdisi-Source : http://www.documents.sy/uploaded_files/images/51333f84bc02c.jpg


    In December 2013 , the Jordanians are the largest contingent of foreign volunteers who came to fight in Syria alongside the rebels , with more than 2,000 men2. Abu Sayyaf, leader of the Jordanian jihadists, says 1,200 Jordanians are still in Syria; 200 have been killed since the beginning of their participation. In addition to historical militants, a younger generation now comes mostly originally from native towns Zarqa, Salt, Irbid and Maan. Jordanians are mostly in radical brigades, especially al-Nosra. They would be rather opposed to the views of EIIL regarding the treatment of minorities and practices of war3.

    It is estimated that there are 5000 Jordan Salafi jihadists, for some 15,000 salafis in total. Rather discrete until 2011, the war in Syria gave them the opportunity to express themselves : facing a "near enemy" , they advocate the creation of a "fortress" in Syria (Diyar al- Tamkeen) to extend their business by capitalizing on the experience gained on site. Salafi jihadist group is various, with several influential leaders, such as Abu Muhammad al- Maqdisi and Abu Muhammad al- Tahawi. Jordanians are among the largest contributors of foreign volunteers with probably between 700 and 1,000 men currently on the ground in February 2014. For Salafi jihadists in Jordan, the war in Syria refocuses confrontation not against the West but against the leaders of the near abroad deemed ungodly, a fight that may eventually be imported into Jordan. The authorities are deceived and arrested 150 to 170 people until January 2014, which, in December, Raed Hijazi, a character who had links with al-Qaeda. In addition, the conflict became increasingly sectarian, between Sunnis and Shiites, and Jordanian fighters may need to intervene on other battlefields of this jihad. A victory in Syria could radicalize even more Jordanian Salafi jihadists against the Jordanian power4.


    Abu Muhammad al-Tahawi-Source : http://www.memri.org/image/13714.jpg


    Early April 2014, Jordanian authorities arrested nine members of the Salafist jihadist trend, including a former Guantanamo detainee, Osama Abu Kabir. Kabir was captured in Afghanistan in November 2001 and was transferred to Guantanamo in June 2002 Transferred in Jordan in November 2007 and released, he continued his terrorist activities. Arrested again in 2009 after the dismantling of a cell preparing attacks against Israel, sentenced to 15 years in prison, yet he was free since. One of the others arrested have links with al-Nosra. Kabir is a veteran of Afghanistan, where he went to fight the Americans with Muhammad Bin Aslam Khan, a senior member of al- Qaeda linked to the preparation of international terrorist attacks. The latter is an explosives expert and have links with the Jemaah Islamiyah organization linked to al- Qaeda in Southeast Asia5.


    Osama Abu Kabir-Source : http://www.newsmaxworld.com/GlobalTalk/Jordan-terrorism-Guantanamo/2014/04/08/id/564454/


    Recently, the New York Times told the story of Abu Abdullah, a resident of Zarqa who went to fight in Syria alongside insurgents and probably along al-Nosra front for three months. His wife urged him to return, which he did reluctantly. Estimates vary from 800 to 1,200 volunteers who have left for Syria since 2011, according to Jordanian authorities, a number probably underestimated, since the study of ICSR in December 2013 put the bar up to nearly 2,100 Jordanians. At least a hundred have already perished on the battlefield6. Volunteers do not leave just because of an economic or political reasons : some obviously do it by genuine conviction, for the establishment of an Islamic state, through their engagement in al-Nosra or ISIS. Abu Abdullah, for example, left after seeing the terrible images on TV and by fear of the spreading of Iranian influence in the region. A smuggler makes him cross the border at night with 16 other Jordanians, they have pouches stuffed with drugs, and outweigh their clothes or almost. Aged over 30 years, he turns out not very good in military training and finds himself assigned to logistics, purchasing food for combatants and refugee families. Mohammed Abu Rahaim, another resident of Zarqa, teaching on Islamic culture, has two sons who went to fight in al- Nosra, one was killed. Their mother is part of a family of Syrian refugees who fled the repression of the regime against the Muslim Brotherhood , in the early 1980's7.



    1Suha Philip Ma’ayeh, « Jordanian Jihadists Active in Syria », CTC Sentinel, Volume 6 Issue 10, octobre 2013, p.10-13.
    2Aaron Y. Zelin, Sami David, « Up to 11,000 foreign fighters in Syria; steep rise among Western Europeans », The International Centre for the Study of Radicalisation, 17 décembre 2013.
    3Mona Alami, « The Jordanian Connection », NOW., 19 décembre 2013.
    4Mona Alami, « The New Generation of Jordanian Jihadi Fighters », Sada/Carnegie Endowment for International Peace, 18 février 2014.

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    Au moins 20 Néerlandais sont partis combattre en Syrie depuis le début de la guerre civile et 6 y ont trouvé la mort1. Il n'y a pas de réseaux organisés jusqu'à présent qui recrutent les musulmans néerlandais sur place, mais des groupes comme Sharia4Holland, Behind Bars, Hizb-al-Tahrir et Millatu Ibrahim se servent du conflit pour promouvoir leur cause, ce qui est un facteur potentiel de radicalisation de leur public. Il est d'ailleurs fort possible que le nombre total de Néerlandais partis en Syrie dépasse en fait la centaine. Les 20 personnes qui ont été identifiées proviennent des communautés marocaine, somalienne et turque surtout, bien que l'une d'entre elles soit originaire de Bosnie. La majorité est néanmoins d'origine marocaine. Ils viennent de Zeist, Delft, Rotterdam et La Hague (en particulier le quartier de Schilderswijk). La plupart des hommes recrutés ont entre 23 et 26 ans, même si deux étaient des mineurs. Le soutien à la cause s'exprime via un site Internet et le recrutement s'effectuerait par des activistes de Sharia4Holland et Behind Bars qui ont déjà effectué le voyage en Syrie. Les volontaires gagnent la Turquie via les Pays-Bas ou la Belgique et entrent dans le nord de la Syrie.



    Le premier Néerlandais tué en Syrie, d'origine marocaine, est mort en mars 2013. Il faisait partie d'un groupe de 20 jeunes hommes de Delft, certains ayant un passé de délinquant ; lui-même cherchait manifestement à « racheter ses péchés » en partant combattre en Syrie. Un de ses amis, qui jouait dans l'équipe de foot Delfia, est également tué en Syrie, ainsi que son frère. Une jeune femme de 19 ans, connue sous le nom d'Oum Usama, de Zoetermeer, suspectée de procéder au recrutement, est arrêtée en juillet 2013. Un autre recruteur, Murat Ofkeli, surveillé par les autorités depuis 2001 et qui avait notamment envoyé en 2005 3 jeunes Néerlandais pour la Tchétchénie, qui avaient été arrêtés en Azerbaïdjan, n'est pas pris au sérieux jusqu'à ce que la presse se fasse l'écho de plaintes des parents des candidats au djihad. Banni de la mosquée As-Soennah de La Hague, Ofkeli aurait trouvé la mort en Syrie en juin 2013.

    Le chef des djihadistes néerlandais en Syrie, Abu Fidaa, a donné une interview au journal De Volkskrant en juin 2013. Il fournit des précisions qui sont impossibles à vérifier, mais qui n'en sont pas moins intéressantes. On conseille ainsi aux volontaires de lire 48 Laws of Power ou Les 36 Stratagèmes de la guerre, par exemple. D'après lui, une fois arrivés en Syrie, les volontaires sont entraînés pendant six semaines ; ils peuvent alors se porter candidats au martyr. Les Néerlandais sont mélangés avec d'autres nationalités pour favoriser l'intégration dans un djihad « global ». On pense que les Néerlandais sont surtout à Alep mais Abu Fidaa précise qu'ils se trouvent aussi dans d'autres parties du pays. 3 femmes ont également fait le choix de suivre leurs maris en Syrie.

    Abou Fidaa, à gauche sur la photo.-Source : http://onafhankelijkdelft.nl/wp-content/uploads/Abu-Fidaa-delft-jihadsrijder-kanonnevoer-assad.jpg


    Le 17 janvier 2014, le ministre des Affaires Etrangères néerlandais déclare que 10 Néerlandais ont déjà trouvé la mort en Syrie ; 120 seraient toujours là-bas ; et 20 sont revenus et étroitement surveillés2.

    Le recrutement, aux Pays-Bas, se ferait par des réseaux de plus en plus organisés en 2014. On trouve des mosquées salafistes, en particulier dans la communauté marocaine, et des imams appartiennent aussi à une organisation salafiste saoudienne, la fondation Ahl al-Sunnah. D'autres salafistes opèrent plus discrètement, en dehors des mosquées. Arrivés en Turquie par avion, généralement en provenance d'Allemagne, les volontaires gagnent la frontière et contactent par téléphone des personnes indiquées par les vétérans revenus aux Pays-Bas. Ils reçoivent armes et équipement sur place. Les Néerlandais stationnent généralement dans la province d'Alep3.

    Khalid K., arrêté une première fois par les autorités néerlandaises pour activités terroristes en 2011, vient de la ville d'Almere, surgie du néant au milieu des années 1970 aux Pays-Bas, sur une étendue d'eau du Zuidersee. Traité pour claustrophobie et schizophrénie, Khalid est relâché faute de preuves. Depuis, il est probablement parti combattre en Syrie, d'abord avec le front al-Nosra, puis avec l'EIIL. Une photo le présente, selon toute vraisemblance, en train de poser devant 5 têtes issues de corps décapités, d'anciens camarades du front al-Nosra4.

    En février 2014, le contre-terrorisme néerlandais estimait qu'une centaine de personnes était partie en Syrie ; 70 y seraient toujours, au moins 11 ont été tués et une vingtaine, qui est revenue, est étroitement surveillée. La plupart des volontaires sont des hommes jeunes, d'un peu plus de 20 ans, mais certains sont mineurs -9 cas rien que pour la région de La Hague. Zakariya al-Hollandi fait partie des convertis néerlandais, de son vrai nom Victor Droste. Il a rejoint le front al-Nosra. Il vient du village de Heeten, dans la province de Overijssel. L'endroit et le contexte familial semblent a priori peu propices à une conversion. Et c'est pourtant ce qui arrive en 2010. L'année suivante, il commence à s'intéresser au mouvement salafiste radical britannique Islam4UK, de Choudary, puis à la version néerlandaise établie par celui-ci, Sharia4Holland. Après avoir rencontré Choudary lors d'une conférence, Droste, qui choisit désormais de s'appeler Zakariya al-Hollandi, rejoint un groupe radical à La Hague, où il écoute les prêches enregistrées de Anwar al-Awlaki, théologien d'al-Qaïda à la fois yéménite et américain et qui est tué par une frappe de drones américains au Yémen à la fin septembre 2011. Après une dispute avec ses parents à Noël de cette même année, Droste part pour la Syrie.

    En encadré, Victor Droste, un converti, alias Zakariya al-Hollandi.-Source : http://bin.snmmd.nl/m/m1mw7uqpmnl2_std1024.jpg/victor-droste-zakaria-al-hollandi.jpg


    A Arnhem, à 60 km au sud-ouest de Heeten, ville célèbre pour les combats qui s'y sont déroulés en septembre 1944, on trouve une forte communauté immigrée, marocaine et turque. Au moins deux jeunes du quartier de Malburgen sont partis pour la Syrie. Marouane vient de la communauté marocaine alors que Robbin est un converti. Jusqu'ici, ils étaient plutôt connus pour leur passion du rap. En juillet 2013, le ton de leurs vidéos de rap commence à changer. Ils prennent des cours d'arabe à l'association Omar al Khattab, dirigée par Anoire Rharsisse, qui recrute manifestement pour le djihad. Ils regardent en boucle des images et des vidéos des massacres commis en Syrie ; deux de leurs amis, Nadeem et Hakim (ce dernier arrêté par la police allemande), sont déjà partis. Ils lisent des ouvrages dont celui de Abu Muhammad al Maqdisi, un théologien jordanien salafiste radical, maître à penser d'al-Zarqawi. Sur Internet, ils consultent le site “De Ware Religie” (la vraie religion), proche des volontaires néerlandais du djihad syrien, ainsi que celui de Sharia4Belgium de Fouad Belkacem, un autre clone de Islam4UK. En novembre 2013, les deux jeunes gagnent la Syrie via la Turquie. Robbin est revenu de Syrie après 4 mois passés à Alep, fuyant le combat interne entre le front al-Nosra, l'EIIL et les autres groupes rebelles5.

    Robbin, le jeune converti d'Arnhem.-Source : http://www.carelbrendel.nl/wp-content/uploads/2014/01/Image386.png


    Récemment, les autorités néerlandaises ont renforcé la surveillance à titre préventif des personnes susceptibles de se radicaliser. Amsterdam, La Hague et Almere sont des villes particulièrements surveillées, suivies par Rotterdam, Delft, Zoetermeer, Gouda, Arnhem et Zeist, là d'où partent le gros du contingent des volontaires. 13 jeunes gens se sont vus retirer leurs passeports et plusieurs douzaines se sont vus priver d'aides sociales. Le contre-terrorisme parle de 100 Néerlandais peut-être présents en Syrie mais reconnaît que le nombre peut être à plusieurs centaines6.


    1Samar Batrawin « The Dutch Foreign Fighter Contingent in Syria », CTC Sentinel, Volume 6 Issue 10, octobre 2013, p.6-10.
    3Foreign fighters from Western countries in the ranks of the rebel organizations affiliated with Al-Qaeda and the global jihad in Syria, Meir Amit Intelligence and Terrorism Information Center, 3 février 2014.

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    At least 20 Dutch went to fight in Syria since the start of the civil war and 6 have found death1. There are no organized networks so far recruiting Dutch Muslims there, but groups like Sharia4Holland, Behind Bars, Hizb al- Tahrir and Ibrahim Millatu use the conflict to promote their cause, which is a potential source of radicalization of their audience. It is also quite possible that the total number of Dutch parties in Syria actually exceeds one hundred. 20 people who were identified are from the Moroccan community, Somali and Turkish communities also, although one of them is from Bosnia. The majority nevertheless is from Moroccan origin. They come from Zeist, Delft, Rotterdam and The Hague (especially from the Schilderswijk neighborhood). Most men were recruited between 23 and 26 years, although two were minors. Support for the cause is expressed via a website and recruitment would be done by activists from Sharia4Holland Behind Bars that have already made the trip to Syria. Volunteers are going to Turkey via the Netherlands or Belgium and fall in northern Syria.

     

    The first Dutch killed in Syria, of Moroccan origin, died in March 2013 he was part of a group of 20 young men from Delft, some with a criminal history ; himself clearly looking to "redeem their sins" starting fight in Syria. One of his friends, who played in the football team Delfia, is also killed in Syria, as well as his brother. A young woman of 19 years, known as Umm Usama, Zoetermeer, is suspected to recruit, and was arrested in July 2013. Another recruiter, Murat Ofkeli , monitored by the authorities since 2001 and who had sent in 2005 3 young Dutch for Chechnya, who were arrested in Azerbaijan, is not taken seriously until the press echoes the complaints of parents of candidates for jihad. Banned from the As-Soennah mosque in The Hague, Ofkeli have died in Syria in June 2013.

    The head of Dutch jihadists in Syria, Abu Fidaa , gave an interview to the newspaper De Volkskrant in June 2013. Provides details that are impossible to verify, but they are interesting. They advise volunteers to read 48 Laws of Power and The 36 Stratagems of war, for example. According to him, once arrived in Syria, the volunteers are trained for six weeks ; they can then be candidates for martyrdom. The Dutch are mixed with other nationalities to promote the integration into a "global" jihad. It is believed that the Dutch are mainly in Aleppo but Abu Fidaa says they are also found in other parts of the country. 3 women have also made the choice to follow their husbands in Syria.

    Abou Fidaa, à gauche sur la photo.-Source : http://onafhankelijkdelft.nl/wp-content/uploads/Abu-Fidaa-delft-jihadsrijder-kanonnevoer-assad.jpg


    January 17, 2014, the Dutch Minister of Foreign Affairs said that 10 Dutch have died in Syria ; 120 would still be there; and 20 have returned and are closely watched2.

    Recruitment, the Netherlands , would be through networks more and more organized in 2014. There are Salafi mosques, especially in the Moroccan community, imams who belong to a Saudi Salafi organization, the Ahl al-Sunnah Foundation. Other Salafis operate more discreetly, outside mosques. Arrived in Turkey by plane, usually from Germany, volunteers reach the border and contact by telephone the persons indicated by the veterans who come back in the Netherlands. They receive weapons and equipment on site. The Dutch generally stationed in the province of Alep3.

    Khalid K., first arrested by the Dutch authorities for terrorist activities in 2011, comes from the city of Almere, born out of nowhere in the middle of the 1970s in the Netherlands, a body of water of the Zuiderzee. Treated for schizophrenia and claustrophobia, Khalid is released for lack of evidence. Since then, it's probably gone off to fight in Syria, first with the front al-Nosra then with ISIS. Photo presents him, in all likelihood, posing before 5 heads from decapitated bodies, former comrades of the al-Nosra front4.

    In February 2014, the Dutch counter-terrorism says a hundred people had left for Syria ; there would still be 70 on site, at least 11 were killed and twenty, who returned, are closely monitored. Most volunteers are young men, a little over 20 years, but some are minor -9 cases just for the La Hague. Zakariya al- Hollandi is part of Dutch converts, whose real name is Victor Droste. He joined al- Nosra. He comes from the village of Heeten in the province of Overijssel. The location and family background seem not conducive to a conversion. And yet this is what happens in 2010. Following year, he became interested in the British radical Salafi movement Islam4UK, created by Choudary, then the Dutch version established by him, Sharia4Holland. After meeting Choudary at a conference, Droste, who now chooses to call Zakariya al- Hollandi, joined a radical group in The Hague, where he heard the sermons recorded by Anwar al- Awlaki, a theologian from al-Qaeda, both Yemeni and U.S., who is killed by a U.S. drone strike in Yemen in late September 2011. After an argument with his parents at Christmas of that year, Droste left for Syria.


    En encadré, Victor Droste, un converti, alias Zakariya al-Hollandi.-Source : http://bin.snmmd.nl/m/m1mw7uqpmnl2_std1024.jpg/victor-droste-zakaria-al-hollandi.jpg


    In Arnhem, 60 miles southwest of Heeten , famous for the battles that took place there in September 1944, there is a large immigrant community, Moroccan and Turkish. At least two young from the Malburgen neighborhood left for Syria. Marouane comes from the Moroccan community while Robbin is a convert. So far, they were better known for their passion for rap. In July 2013, the tone of their rap videos begins to change. They take courses in Arabic to the association Omar al Khattab, led by Anoire Rharsisse, obviously recruiting for jihad. They look images and videos of the massacres in Syria ; two of their friends, Nadeem and Hakim (the latter arrested by German police) have already left. They read books, including that of Abu Muhammad al- Maqdisi, a Jordanian Salafi radical theologian, mentor of al -Zarqawi. On the Internet, they visit the site "De Ware Religi " (true religion), close the the Dutch volunteers of Syrian jihad, and that of Sharia4Belgium from Fouad Belkacem, another clone of Sharia4UK. In November 2013, the two youngs are going to Syria via Turkey. Robbin returned from Syria after 4 months in Aleppo, fleeing the internal struggle between the front al-Nosra, ISIS and other groups5.


    Robbin, le jeune converti d'Arnhem.-Source : http://www.carelbrendel.nl/wp-content/uploads/2014/01/Image386.png


    Recently, the Dutch authorities have stepped up preventive monitoring of persons likely to become radicalized. Amsterdam, The Hague and Almere cities are especially monitored, followed by Rotterdam, Delft, Zoetermeer, Gouda, Arnhem and Zeist, whence the large part of the contingent of volunteers is coming from. 13 young people were stripped of their passports and dozens have been deprived of social benefits. The counter-terrorism speaks of 100 Dutch that may be present in Syria, but recognizes that the number may be several hundreds6.


    1Samar Batrawin « The Dutch Foreign Fighter Contingent in Syria », CTC Sentinel, Volume 6 Issue 10, octobre 2013, p.6-10.
    3Foreign fighters from Western countries in the ranks of the rebel organizations affiliated with Al-Qaeda and the global jihad in Syria, Meir Amit Intelligence and Terrorism Information Center, 3 février 2014.

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    Aujourd'hui, sur L'autre côté de la colline, vous pouvez lire un article de mon cru sur l'armée impériale russe (1914-1917). Un sujet que je voulais traiter depuis un certain temps et auquel j'ai enfin pris le temps de me consacrer ces derniers mois, à partir d'environ une vingtaine d'ouvrages et d'articles parmi les plus récents, sur une vingtaine de pages, le tout muni d'une soixantaine de notes. Le résultat, je pense, constitue une bonne base de départ. Pour les amateurs du sujet ou les spécialistes authentiques qui liraient ce blog, n'hésitez pas à me faire part de votre avis. Bonne lecture !

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    Outre mes interventions radio sur Medi1, antenne du Maghreb, j'ai déjà été sollicité plusieurs fois par les médias télévisés depuis le début de l'année par rapport à mon travail sur le conflit syrien.

    Contacté aujourd'hui par France 24, j'ai accepté de répondre par téléphone à quelques questions pour le journal de 22h30. Avis aux amateurs de journaux télévisés tardifs...

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    Les Britanniques sont l'un des contingents de volontaires étrangers en Syrie parmi les plus importants d'Europe de l'ouest : plus de 300 personnes en janvier 2014, et sans doute plus de 400 en avril. Depuis le début de la guerre en Syrie, les autorités britanniques ont arrêté trois hommes suspectés de participer à des réseaux de recrutement et d'acheminement de volontaires pour les groupes djihadistes1. Le cas britannique rappelle de fâcheux souvenirs, notamment celui de la Bosnie. L'attention est attirée sur les volontaires britanniques au moment de l'enlèvement d'un journaliste anglais et d'un autre néerlandais, le 19 juillet 2012, qui sont finalement libérés par un groupe de rebelles qui les avaient aidés à pénétrer en Syrie. Or, parmi leurs ravisseurs, se trouve une douzaine de Britanniques, dont un docteur du National Health Service, Shajul Islam, d'origine bengalie, intercepté à son retour au pays via l'Egypte le 9 octobre suivant. D'autres arrestations ont lieu en janvier 2013, dont celle du frère de Shajul, et d'un homme qui avait converti un MAC-10 tirant à blanc en une arme opérationnelle. Najul Islam, c'est son nom, aurait assuré le soutien financier du voyage de son frère et de son complice, arrêté avec lui, et aurait également convoyé en Syrie des équipements de vision nocturne, des lunettes de visée et autres matériels sensibles. Dans un autre cas, Nassim Terreri et Walid Blidi, deux Londoniens d'origine algérienne, sont tués à Darkoush, à quelques kilomètres de la frontière turque, le 26 mars 2012. Les deux Britanniques appartenaient à la brigade Hisham Haboub, de l'Armée syrienne libre : ils sont morts en ouvrant le feu sur un convoi du régime qui a répliqué à leurs tirs, un autre Britannique du même groupe étant d'ailleurs blessé dans l'accrochage.



    Les Britanniques se sont en fait retrouvés sur nombre de champs de bataille du djihad depuis l'Afghanistan. La communauté dite « Londonistan » avait aussi produit des prêcheurs radicaux capables d'influencer la jeunesse britannique, jusqu'à pousser certains éléments à rejoindre al-Qaïda et à commettre les attentats du 7 juillet 2005 à Londres. Depuis le printemps arabe cependant, ce sont les communautés arabes en exil, via leurs liens avec leurs pays d'origine, qui sont devenus importantes, comme le montre le cas de la Libye et de la Tunisie, ou bien encore de l'Egypte. On estime qu'il y a au moins 13 000 exilés syriens au Royaume-Uni, dont une partie fournit des fonds, organise des convois, alimente aussi le vivier des volontaires. Mais comme on l'a vu, des Britanniques à proprement parler sont aussi partis en Syrie. Il y en a au moins 30. La communauté soudanaise de l'ouest de Londres parle de 21 hommes déjà entraînés sur place, et il y aurait eu des départs dans les communautés marocaine et somalienne. Des Syriens comme un prêcheur de l'est de Londres, Abu Basir al-Tartusi, qui n'était pas parmi les plus radicaux, sont aussi partis combattre en Syrie. On trouve aussi parmi eux Mustafa Setmariam Nassar, un théologien djihadiste vétéran de l'Afghanistan arrivé à Londres dans les années 90, qui avait soutenu les groupes radicaux en Algérie avant de retourner en Afghanistan et d'être arrêté par les Américains à Quetta en 2005, livré aux autorités syriennes qui l'ont relâché, sans que l'on comprenne bien pourquoi, en février 2012. Muhammad Surur bin Nayif Zain al-Abidin, en lien avec deux dissidents saoudiens, Saad al-Faqih et Muhammad al-Massari, contribue au financement des insurgés. Théologien salafiste, il est revenu au Qatar en 2004 et organise de là le flux financier à destination de certains groupes rebelles.

    A droite, Abou Basir al-Tartousi.-Source : http://mrc-tv.s3.amazonaws.com/sites/default/files/video_thumbs/118558/118558_0001.jpg


    Le portrait type du volontaire britannique est donc le suivant : un homme jeune, entre 20 et 30 ans, originaire du sud-est asiatique, plutôt bien éduqué, et qui a des liens avec des individus ou des groupes ayant des relations internationales. Les motivations relèvent plutôt de la solidarité de l'oumma (défendre les « frères syriens) et sont facilitées par l'accès aisé à la Syrie via la Turquie et l'absence d'une contre-discours qui empêcherait les jeunes musulmans ciblés de partir se battre. Les combattants syriens déconseillent cependant aux volontaires de se rendre par leurs propres moyens en Syrie : il faut d'abord entrer en contact avec les réseaux ou les groupes armés pour faciliter le transit2.

    Le 20 novembre 2013, Mohammed el-Araj, de l'ouest de Londres, est le deuxième Britannique à être reconnu mort au combat en Syrie par les autorités3. Mort à la mi-août 2013, il avait passé 18 mois en prison pour avoir protesté violemment devant l'ambassade israëlienne de Londres en 2009. Habitant de Ladbroke Grove, dans l'ouest de Londres, il était né dans un vol de British Airways et a grandi au Royaume-Uni. Il faisait une formation pour être ingénieur mécanicien avant son arrestation. Selon l'ISCR, el-Araj était en lien avec al-Nosra et l'EIIL et aurait combattu dans l'une de ses formations, ou un groupe associé, dans les provinces d'Alep et d'Idlib. Sa famille est d'origine palestinienne. Un de ses amis aurait également trouvé la mort en Syrie.

    Mohammed el-Araj.-Source : http://i.telegraph.co.uk/multimedia/archive/02741/mo_2741147b.jpg


    Le 6 février 2014, Abdul Waheed Majid meurt dans l'explosion d'un véhicule kamikaze en Syrie, lors de l'assaut raté sur la prison centrale d'Alep, sous la bannière d'al-Nosra et le nom de Abu Suleiman al Britani4. Ce n'est pas le premier. Il était cependant lié au groupe al Muhajiroun, de Crawley. Il était en contact avec les membres de ces cercles radicaux depuis la fin des années 1990 et le début des années 2000. Le cas de cet homme est inquiétant car il a attendu presque 15 ans d'activisme et d'engagement avant de partir sur le champ de bataille syrien, et il était connu des services de renseignement5. Au moins 10 citoyens britanniques auraient déjà péri sur les champs de bataille syriens. Deux Britanniques encore présents en Syrie, Mahdi Hassan, un ancien étudiant d'un cours privé catholique, et Muhammad Hamidur Rahman, salarié d'un petit commerce, discutent avec des sympathisants sur un réseau social basé en Lettonie, Ask.fm6.


    Ci-dessous, vidéo de l'assaut sur la Prison Centrale d'Alep par les insurgés, le 6 février dernier. A 16:00, on peut voir le kamikaze britannique qui va jeter un camion bourré d'explosifs sur l'entrée de la prison pour ouvrir la voie aux assaillants.



    Selon l'ISCR, en janvier 2014, au moins 50 Britanniques partis en Syrie sont revenus dans leur pays. Parmi les volontaires, de nombreux jeunes hommes d'origine pakistanaise, marocaine, tunisienne et libyenne. Si la plupart des départs sont individuels, des réseaux organisés autour de mosquées peuvent contribuer au financement et aux contacts sur place. Le réseau Sharia4UK, dirigé notamment par Anjem Choudary, fait de la propagande pour le recrutement. Né en 1967, d'origine pakistanaise, Choudary a étudié la médecine à l'université de Southampton. Devenu finalement avocat, il rallie le Cheikh Omar Bakri Muhammad, le fondateur d'al-Muhajiroon, interdite par les autorités britanniques, puis fonde al-Ghurabaa, également interdite, avant de lancer Sharia4UK, bannie en 2010. En mai 2012, il se rend aux Pays-Bas pour piloter le démarrage de Sharia4Belgium, qui recrute pour le djihad en Syrie. Bakri, né à Alep en 1958, rejoint les frères musulmans syriens, puis se radicalise au Liban. Arrivé en Angleterre en 1986, il fonde une branche de Hizb al-Tahrir, une organisation libanaise extrêmiste qui veut établir un califat islamique. En 2005, craignant une arrestation pour ses prises de position radicales sur le 11 septembre, il se réfugie au Liban. Dans une interview du 27 novembre 2013, il affirme que Choudari est son émir pour le Royaume-Uni7.

    Anjem Choudary.-Source : http://newsimg.bbc.co.uk/media/images/47110000/jpg/_47110018_-4.jpg


    Les Britanniques partis faire le djihad en Syrie participent aussi à la propagande de leur cause via des vidéos. Fin mars 2014, c'est le cas pour l'un d'entre eux, membre de l'EIIL. L'homme, qui a un accent londonien, prétend avoir déjà réussi à faire passer 3 ou 4 autres Britanniques en Syrie, via la Turquie. La vidéo est tournée à l'ouest de Hama, et l'on y voit notamment un technical armé d'une pièce quadruple de mitrailleuses ZPU de 14,5 mm. Un autre Britannique s'est également exprimé sur le djihad, et un autre a posté à la même époque sur Twitter un slogan détourné du fameux « Keep Calm » en le modifiant avec un « and support I.S.I.S. ». Un autre djihadiste britannique, Abou Doujana, âgé seulement de 19 ans, encourage les adolescents du Royaume-Uni à venir faire le djihad sur les réseaux sociaux, comme Ask.fm8.

    Source : http://www.waislama.net/wp-content/uploads/2014/03/Keep-Calm-and-Support-ISIS.jpg


    En avril 2014, c'est un footballeur, qui voulait jouer pour le club britannique d'Arsenal, de nationalité portugaise, qui est reconnu sur une de ces vidéos de propagande. Abu Isa Andaluzi était venu à Londres pour jouer dans le club renommé après avoir grandi auprès d'un footballeur célèbre. Cet homme serait en réalité Celso Rodrigues Da Costa, qui a vécu à Leyton, dans l'est londonien, avec ses deux frères. Il a probablement participé à des sessions d'entraînement où Arsenal supervise des recrutements. Les services britanniques pensent qu'au moins deux autres Portugais résidant à Londres sont partis en Syrie, dont un serait à Alep. Un groupe de Britanniques de l'ouest de la capitale a récemment publié des photos où on les voit aux côtés de Yilmaz, un ancien membre de l'armée néerlandaise interrogé par les médias de son pays d'origine, et qui forme maintenant les insurgés syriens dans un entraînement de type militaire. Da Costa encourage, dans sa vidéo, les musulmans d'Ukraine et de Crimée à venir faire le djihad en Syrie ; plus surprenant encore, il s'adresse même aux femmes9.

    Abou Isa Andulazi.-Source : http://www.thesundaytimes.co.uk/sto/multimedia/dynamic/00434/STN060704_434731k.jpg


    Abdullah Deghayes, 18 ans, venu de l'est du Sussex, est mort quant à lui en Syrie. Il a rejoint ses deux frères -dont l'un a été blessé à l'estomac en même que temps que lui était tué- malgré un déplacement de son père en Turquie pour l'empêcher de gagner ce pays. Le frère blessé, Amer, avait été le premier à partir, pour une action humanitaire au départ, mais a rapidement pris part aux combats. Abdullah est cependant le le neveu, comme ses frères, de Omar Deghayes, un ancien détenu de Guantanamo, arrêté au Pakistan en 2002 par les Américains et prisonnier jusqu'en 2007, et qui réside désormais à Tripoli, en Libye. Avant de mourir pour le djihad syrien, Abdullah vendait des articles de sport dans une boutique Adidas de Brighton. Comme le rappelle Peter Neumann, de l'ICSR, le profil de Abdullah Dehayes est différents des autres djihadistes britanniques, car il parle arabe et a des liens familiaux avec le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, alors que la plupart des Britanniques partis en Syrie viennent d'Asie du sud-est et ne parlent pas arabe10.








    1Raffaello Pantucci, « British Fighters Joining the War in Syria », CTC Sentinel, Volume 6 Issue 2, février 2013, p.11-15.
    2Shiraz Maher, « ICSR Insight: British Foreign Fighters in Syria », The International Centre for the Study of Radicalisation, 15 octobre 2013.
    7Foreign fighters from Western countries in the ranks of the rebel organizations affiliated with Al-Qaeda and the global jihad in Syria, Meir Amit Intelligence and Terrorism Information Center, 3 février 2014.

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    The British are a quota of foreign volunteers in Syria among the largest in Western Europe : more than 300 people in January 2014, probably over 400 in April1. Since the beginning of the war in Syria, the British authorities have arrested three men suspected of participating in networks of recruitment and referral of volunteers for jihadist groups2. The British case recalls unpleasant memories, including that of Bosnia. Attention is drawn to the British volunteers at the time of the kidnapping of a British journalist and another Dutch, July 19, 2012, which are eventually released by a group of rebels who helped them enter Syria. However, among their captors, is a dozen of British, including a doctor of the National Health Service, Shajul Islam, from Bengali origin, intercepted on his return to the country via Egypt on 9 October. Other arrests took place in January 2013, including that of Shajul brother, and a man who converted a MAC-10 firing white to an operational weapon. Najul Islam, that is his name, would have provided the financial support of the journey of his brother and his accomplice, who was arrested with him, and had also conveyed in Syria night vision equipment , telescopic sights and other sensitive materials. In another case, Nassim Terreri and Walid Blidi, two Londoners of Algerian origin, are killed in Darkoush, a few kilometers from the Turkish border, March 26, 2012. Both belonged to the British brigade Hisham Haboub, from the Free Syrian Army : they are killed when they opened fire on a convoy system that responded to their fire ; another British of the same group being also injured in the battle.

     

    The British are in fact found on many battlefields of jihad from Afghanistan. The so-called "Londonistan" community had also produced radical preachers capable of influencing the British youth, to push elements to join al-Qaeda and to commit the attacks of 7 July 2005 in London. Since the Arab Spring, however, it is the Arab exile communities, through their links with their countries of origin, which have become important, as in the case of Libya and Tunisia, or even Egypt shows. It is estimated that at least 13,000 Syrian exiles in the UK, part of which provides funds, organized convoys, also feeds the pool of volunteers. But as we have seen, the British strictly speaking are also coming in Syria. There are at least 30. Sudanese community in west London talking about 21 men already trained on site, and there would have been departures from the Moroccan and Somali communities. Syrians as a preacher of East London, Abu Basir al- Tartusi, which was not the most radical, are also left to fight in Syria. There are also among them Mustafa Setmariam Nassar, a veteran jihadist theologian from Afghanistan arrived in London in the 90's, which had supported radical groups in Algeria before returning to Afghanistan and being arrested by the Americans in 2005 in Quetta, delivered to the Syrian authorities, who have released him in February 2012. Surur bin Muhammad Zain al- Abidin Nayif in connection with two Saudi dissidents, Saad al- Faqih and Muhammad al- Massari, helps fund insurgents. Salafi theologian, he returned to Qatar in 2004 and then organizes the financial flows to some rebel groups.


    A droite, Abou Basir al-Tartousi.-Source : http://mrc-tv.s3.amazonaws.com/sites/default/files/video_thumbs/118558/118558_0001.jpg


    Type portrait of British volunteer is the following : a native of Southeast Asian young man between 20 and 30 years , fairly well educated, and who has links with individuals or groups with international relations. Motivations are more a solidarity ummah (defending « Syrian brothers ») and are facilitated by easy access to Syria via Turkey and the absence of a speech that would prevent young Muslims targeted to leave for jihad. However, Syrian fighters recommend volunteers to not make their own way in Syria, but first to contact networks or armed groups to facilitate transit3.

    November 20th, 2013, Mohammed el-Araj, west London, is the second British to be recognized dead in battle in Syria by authorities4. Dead in mid-August 2013, he spent 18 months in prison for protesting violently in front of the Israeli embassy in London in 2009. He lives in Ladbroke Grove, West London, and he was born in a British Airways flight, then raised in the United Kingdom. He was training to be a mechanical engineer before his arrest. According ICRH, el-Araj was linked to al-Nosra and ISIS and have fought in one of its groups, or an associated group, in the provinces of Aleppo and Idlib. His family is of Palestinian origin. One of his friends have also died in Syria.


    Mohammed el-Araj.-Source : http://i.telegraph.co.uk/multimedia/archive/02741/mo_2741147b.jpg



    February 6, 1914, Abdul Waheed Majid died in the explosion of a suicide bomber vehicle in Syria, during the failed assault on the Aleppo Central Prison, under the banner of al- Nosra and under the name of Abu Suleiman al Britani5. This is not the first. However, it was linked to al Muhajiroun group, Crawley . He was in contact with members of these radical circles since the late 1990s and early 2000s. This death is worrisome because the man has waited almost 15 years of activism and engagement before leaving to the Syrian battlefield , and he was known from intelligence agencies6. At least 10 British citizens have already died on the field of battle Syrian. Two Britons still in Syria, Hassan Mahdi, a former student of a Catholic private school, and Muhammad Hamidur Rahman, an employee of a small business, talk with supporters on a social network based in Latvia, Ask.fm7.


    Below,videoof the attackonAleppoCentral Prisonby insurgents,February 6 2014.At16:00you can see theBritishsuicide bomber whowill take a truckfull of explosivesonthe door of theprison topave the way forattackers.
     


    According to ICSR, in January 2014, at least 50 British left in Syria have returned to their country. Among the volunteers, many young men of Pakistani, Moroccan, Tunisian and Libyan origins. While most departures are individual, networks organized around mosques can contribute to funding and local contacts. Sharia4UK, the network, led by Anjem Choudary, in particular, made propaganda for recruitment. Born in 1967, from Pakistani origin, Choudary studied medicine at the University of Southampton. Eventually he became a lawyer, then rallied Sheikh Omar Bakri Muhammad, the founder of al- Muhajiroon prohibited by the British authorities, and founded al- Ghurabaa also prohibited, before launching Sharia4UK, banned in 2010. In May 2012, he comes to the Netherlands to control the start of Sharia4Belgium, which recruits for jihad in Syria. Bakri was born in Aleppo in 1958, joined the Syrian Muslim Brotherhood and radicalized in Lebanon. Arrived in England in 1986, he founded a branch of Hizb al-Tahrir, an extremist Lebanese organization that wants to establish an Islamic caliphate. In 2005, fearing arrest for his radical position on September 11, 2001, he took refuge in Lebanon. In an interview Nov. 27, 2013, he asserts that Choudari is its emir for the United Kingdom8.

    Anjem Choudary.-Source : http://newsimg.bbc.co.uk/media/images/47110000/jpg/_47110018_-4.jpg


    British who have left to do jihad in Syria are also involved in propaganda for their cause via video. In the end of March 2014 , it is the case for one of them, from ISIS. The man, who has a London accent, claims to have already managed to get 3 or 4 British in Syria via Turkey. The video is shot west of Hama, and one sees such a technical with a quadruple ZPU 14.5 mm machine guns. Another Briton also spoke about jihad, and another at the same time posted on Twitter a slogan inspired from the famous "Keep Calm" and modified with a "and support I.S.I.S". Another British jihadist, Abu Dujana, 19 years old, encourages teenagers in the UK to come to wage jihad on social networks such as Ask.fm9.

    Source : http://www.waislama.net/wp-content/uploads/2014/03/Keep-Calm-and-Support-ISIS.jpg


    In April 2014, a footballer, who wanted to play for the British club Arsenal, of Portuguese nationality, is recognized on these propaganda videos. Abu Isa Andaluzi had come to London to play in the prestigious club after growing up with a famous footballer. This man would actually be Celso Rodrigues Da Costa, who lived in Leyton, east London, with his two brothers. He probably participated in training sessions where Arsenal oversees recruitment. British intelligence believe that at least two other Portuguese living in London went to Syria, one would be in Aleppo. A group of British from west of the capital recently posted photos where you see them alongside Yilmaz, a former member of the Dutch army questioned by the media in his country of origin, and which now forms the Syrian insurgents in a military-style training . Da Costa encourages, in his video, the Muslims of Ukraine and Crimea coming to wage jihad in Syria ; even more surprising, he even addresses women10.

    Abou Isa Andulazi.-Source : http://www.thesundaytimes.co.uk/sto/multimedia/dynamic/00434/STN060704_434731k.jpg


    Deghayes Abdullah, 18, came from East Sussex, and died in April 2014 in Syria. He joined his two brothers, one of whom was shot in the stomach at the same time that he was killed, despite the movement of his father in Turkey to prevent him to go in this country. The injured brother, Amer, was the first to go, for humanitarian action at first, but quickly took part in the fighting. Abdullah, however, is the nephew, like his brothers, of Omar Deghayes, a former Guantanamo detainee, arrested in Pakistan in 2002 by the Americans and prisoner until 2007, and who now lives in Tripoli, Libya. Before dying for the Syrian jihad, Abdullah selling sporting goods in an Adidas shop in Brighton. As Peter Neumann, from the ICSR, is saying, the profile of Abdullah Dehayes is different from other British jihadists, because he speaks Arabic and has family ties with the Middle East and North Africa, while most British in Syria come from southeast Asia and do not speak Arabic11.









    1Foreign fighters from Western countries in the ranks of the rebel organizations affiliated with Al-Qaeda and the global jihad in Syria, Meir Amit Intelligence and Terrorism Information Center, 3 février 2014.
    2Raffaello Pantucci, « British Fighters Joining the War in Syria », CTC Sentinel, Volume 6 Issue 2, février 2013, p.11-15.
    3Shiraz Maher, « ICSR Insight: British Foreign Fighters in Syria », The International Centre for the Study of Radicalisation, 15 octobre 2013.
    8Foreign fighters from Western countries in the ranks of the rebel organizations affiliated with Al-Qaeda and the global jihad in Syria, Meir Amit Intelligence and Terrorism Information Center, 3 février 2014.

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    En Finlande, les premières rumeurs à propos de combattants partis en Syrie commencent à circuler dans les médias à partir d'août 20121. Un an plus tard, le ministère de l'Intérieur confirme que plus de 20 Finlandais ont déjà rejoint les groupes islamistes radicaux sur place. Ce phénomène marque la radicalisation, en filigrane, de musulmans finlandais depuis environ deux ans. La population musulmane finlandaise, très réduite au départ, s'est accrue dans les années 90 par l'apport de nombreux réfugiés. On l'estimait à 50 à 60 000 personnes en 2011, dont 90% de sunnites. Ce sont des musulmans de la deuxième génération, mal intégrés, originaires de zones de conflit, qui se sont radicalisés. Cependant, la plupart des musulmans radicalisés sont liés, de fait, à des groupes islamistes ou autres avec des enjeux locaux, même si plusieurs organisations comme al-Qaïda, les Shebaab, le Hezbollah sont représentées en Finlande. Les Shebaab, en particulier, sont plus visibles car ils ont recruté dans la communauté somalie finlandaise (15 000 personnes en 2012). Le processus semble se restreindre à partir de 2012, moment où les Shebaab s'associent très nettement à al-Qaïda et commencent à avoir recours à des méthodes classiques de l'organisation comme l'attentat à la voiture kamikaze.

    On pense qu'il n'y a pas eu de Finlandais engagés en Afghanistan. Le premier combattant étranger finlandais mis en évidence est Abu Ibrahim, parti combattre en Tchétchénie et arrêté par les autorités géorgiennes. Son père est un officier de l'armée finlandaise. Le plus gros contingent reste donc celui débauché par les Shebaab entre 2007 et 2009, avant la radicalisation de ce dernier mouvement vers al-Qaïda. On évoque aussi, peut-être, la présence d'un Finlandais auprès du Front National de Libération de l'Ogaden, en Ethiopie. C'est avec la guerre en Syrie que le contingent de volontaires finlandais est le plus important. Après les rumeurs dévoilées en août 2012, un premier martyr finlandais, Kamal Badri, est identifié en janvier 2013 : il a été tué à Alep. Quelques mois plus tard, les autorités commencent à parler d'une dizaine, puis d'une vingtaine de personnes parties en Syrie. Le portrait d'ensemble reste encore peu clair, faute d'informations suffisantes, même si l'on peut en déduire que la communauté musulmane radicalisée, en Finlande, se structure davantage depuis deux ans.

    En mars 2014, le service de renseignement et de sécurité finlandais estime que plus de 30 personnes ont déjà rejoint la Syrie, majoritairement dans les rangs du front al-Nosra, de l'EIIL, voire du groupe Jaish Al Muhajireen Wal Ansar2. La mobilisation est facilitée par l'effet d'entraînement du conflit syrien, la montée en puissance de l'islam radical en Finlande et par l'accès relativement facile au territoire de la Syrie. La frange de l'islam radical en Finlande compterait maintenant plusieurs centaines de personnes, ce qui augmenterait les candidats potentiels au djihad. Par ailleurs, la législation finlandaise ne peut appréhender des personnes qui souhaitent partir pour combattre à l'étranger, même en rejoignant un groupe terroriste. La plupart des volontaires finlandais sont partis seuls, même s'il y a au moins un cas où la famille a accompagné le djihadiste sur place. On a signalé la présence de Finlandais dans les provinces d'Idlib, Alep et Raqqa ; au moins deux Finlandais sont morts ; certains seraient revenus dans leur pays natal, d'autres auraient fait des aller-retour.

    Abou Anas al-Finlandi.-Source : http://neildoyle.com/wp-content/uploads/2014/02/Abu-Annas-from-Finland-killed-in-Syria-300x178.jpg


    Quatre combattants seulement ont été clairement identifiés. Muhammad est arrivé de Somalie en 1993, à l'âge de deux ans. Il a été élevé et éduqué en Finlande, à Espoo, avant de gagner la Turquie en décembre 2012 et de rejoindre l'EIIL. Il ne compte pas revenir en Finlande. Abou Mansour, repéré par le MEMRI en décembre 2013 lors d'un discours public à Raqqa, est probablement la même personne. Marwan, né en 1993, est un jeune converti à l'islam de Turku. Sa mère est finlandais et son père namibien. Après avoir bouclé son service militaire, il prétend vouloir étudier l'islam à l'étranger, gagne la Syrie à l'été 2012, a vec sa femme, et combat dans une unité au nord d'Alep qui comprendrait d'autres Finlandais. Il serait mort à Alep en juin 2013. Son profil Facebook indique qu'il a combattu dans la province d'Idlib en mars-avril 2013 ; parmi ses « amis », un autre combattant finlandais, Abu Anas al-Finlandi. Rami, né vers 1992 de mère finlandaise et d'un père issu d'un pays arabe, a vécu à Helsinki avant de gagner le sud de la Turquie en juillet 2013. Il avait eu une scolarité difficile, marquée par des problèmes d'abus d'alcool et un comportement délinquant. Converti à l'islam à l'adolescence, il sollicite l'imam de sa mosquée pour partir en Syrie. Abu Anas al-Finlandi, qui serait né vers 1993, originaire d'Espoo, aurait rejoint l'EIIL à la fin 2013 ; il a été tué en février 2014 pendant les affrontements entre l'EIIL et les autres groupes insurgés. Malgré le peu de renseignements sur les volontaires finlandais, on constate que ce contingent attire les recruteurs étrangers : Omar Bakri Mohammad, du groupe anglais al-Muhajiroon, aurait rencontré des combattants finlandais en Syrie et en Somalie, et Anjem Choudary est venu en Finlande en mars 2013, laissant penser qu'il aurait peut-être l'intention de développer un mouvement Sharia4Finland, à l'image de ceux déjà créés ailleurs en Europe3. Choudary était venu soutenir un Norvégien emprisonné, Mullah Krekar, ancien leader d'un groupe terroriste kurde d'Irak, Ansar al-islam4.



    1Juha Saarinen, « GUEST POST: The History of Jihadism in Finland and An Early Assessment of Finnish Foreign Fighters in Syria », Jihadology.net, 21 novembre 2013.
    3Juha Saarinen, « The Finnish Foreign Fighter Contingent in Syria », CTC Sentinel, March, 2014, Volume 7, Issue 3, p.6-10.

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    In Finland, the first rumors about fighters in Syria began to circulate in the media from August 20121. A year later, the Interior Ministry confirms that more than 20 Finns have already joined the radical Islamist groups on site. This marks radicalization, filigree, of Finnish Muslims for about two years. Finnish Muslim population, very small at first, grew in the 90's by the contribution of many refugees. It is estimated there are 50 to 60 000 people in 2011, 90 % Sunni. There are Muslims of the second generation, poorly integrated, originating in areas of conflict, which became radicalized. However, most radicalized Muslims are related, in fact, to Islamist and other groups with local issues, although several organizations like al-Qaida, the Shabaab, Hezbollah are represented in Finland. The Shabaab, in particular, are more visible because they recruited into the Somali community in Finland (15 000 in 2012). The process seems to be restricted from 2012, when the Shabaab associate clearly with al-Qaeda and begin to use conventional methods of organization like the kamikaze attack car.

    It is believed that there were no Finns engaged in Afghanistan. The first Finnish foreign fighter highlighted is Abu Ibrahim, who went to fight in Chechnya and was arrested by the Georgian authorities. His father was an officer in the Finnish army. The largest contingent remains this debauched by Shabaab between 2007 and 2009 , before the radicalization of this movement to al-Qaeda. It also evokes, perhaps, the presence of a Finn from the National Front for the Liberation of Ogaden, Ethiopia. It's with the war in Syria that the quota of Finnish volunteers is the most important. After rumors unveiled in August 2012, a Finnish first martyr, Kamal Badri , was identified in January 2013 : he was killed in Aleppo. A few months later, the authorities start talking about ten, then twenty people who have left in Syria. The overall picture remains unclear, with lack of information, although it can be inferred that the Muslim community radicalized in Finland, is structured since more two years.

    In March 2014, the intelligence and security Finnish service estimated that more than 30 people have already joined Syria, mostly in the ranks of al-Nosra, ISIS or Jaish Al Muhajireen Wal Ansar2. Mobilization is facilitated by fascination for the the Syrian conflict, the rise of radical Islam in Finland and the relatively easy access to the territory of Syria. The fringe of radical Islam in Finland now count several hundred people, which would increase the potential candidates for jihad. In addition, the Finnish legislation can not arrest people who want to go abroad to fight, even joining a terrorist group. Most Finnish volunteers left alone, even if there is at least one case where the family accompanied the jihadist on site. The presence of Finns was reported in the provinces of Idlib , Aleppo and Raqqa ; at least two Finns died ; some would be returned to their homeland, others would have done the trip several times.

    Abou Anas al-Finlandi.-Source : http://neildoyle.com/wp-content/uploads/2014/02/Abu-Annas-from-Finland-killed-in-Syria-300x178.jpg


    Only four fighters were clearly identified. Muhammad arrived from Somalia in 1993 at the age of two years. He was raised and educated in Finland, Espoo, before reaching Turkey in December 2012 and join the ISIS. It does not intend to return to Finland. Abu Mansour, spotted by MEMRI in December 2013 during a public speech in Raqqa, is probably the same person. Marwan, born in 1993, is a young convert to Islam from Turku. His mother is Finnish and his father Namibian. After completing his military service, he claims to want to study Islam abroad, gaining Syria in summer 2012, with his wife, and fight in a unit north of Aleppo, including other Finns. He died in Aleppo in June 2013. His Facebook profile says he fought in Idlib province in March-April 2013 ; among his "friends", another Finnish fighter, Abu Anas al-Finlandi. Rami, born about 1992, with a Finnish mother and a father from an Arab country, lived in Helsinki before reaching southern Turkey in July 2013. He had a difficult schooltime, marked by alcohol abuse problems and delinquent behavior. Converted to Islam as a teenager, he asks the imam of the mosque to leave in Syria. Abu Anas al-Finlandi, who was born around 1993, a native of Espoo, have joined ISIS at the end of 2013 ; he was killed in February 2014 during clashes between ISIS and other insurgent groups. Despite the limited information on the Finnish volunteers, we see that it attracts foreign recruiters : Omar Bakri Mohammad, from the English group al-Muhajiroon, had met with Finnish fighters in Syria and Somalia, and Anjem Choudary came to Finland in March 2013, suggesting that he might be planning to develop a Sharia4Finland movement, like those already established elsewhere in Europe3. Choudary had come to support a Norwegian jailed, Mullah Krekar, former leader of Iraq Kurdish terrorist group Ansar al-islam4.


    1Juha Saarinen, « GUEST POST: The History of Jihadism in Finland and An Early Assessment of Finnish Foreign Fighters in Syria », Jihadology.net, 21 novembre 2013.
    3Juha Saarinen, « The Finnish Foreign Fighter Contingent in Syria », CTC Sentinel, March, 2014, Volume 7, Issue 3, p.6-10.

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    En novembre 2013, 6 combattants en Syrie ont potentiellement été identifiés comme australiens, avec cependant des doutes sur plusieurs d'entre eux1. Trois cas sont cependant plausibles : Roger Abbas, Yusuf Topprakaya et un kamikaze connu sous le nom de Abou Asma al-Australi. Roger Abbas, tué en octobre 2012, venait de Melbourne et était d'origine libanaise : c'était aussi un champion de kickboxing. Arrivé au départ pour une aide humanitaire, il a visiblement combattu ensuite avec le front al-Nosra. Yusuf Topprakaya, tué en décembre 2012, était originaire de la communauté turque et était surveillé par les autorités australiennes depuis 2010. Arrivé à la frontière turque à la mi-2012, il attend de pouvoir entrer en Syrie et rejoint une unité locale des brigades Farouk près de la ville de Maarat al-Numan. Il se fait remarquer par ses compétences au tir et dans la fabrication de bombes, avant d'être tué par un sniper. A la mi-septembre 2013, enfin, Abou Asma al-Australi jette un camion rempli de 12 tonnes d'explosifs contre une école qui sert de lieu de cantonnement à des soldats du régime syrien dans la ville de al-Mreiya, dans la province de Deir es-Zor. L'attaque kamikaze aurait permis au front al-Nosra de prendre la base aérienne de la ville. Le martyr, originaire de Brisbane et de la communauté libanaise, était lui aussi surveillé par les autorités australiennes avant son départ.



    D'autres cas sont moins documentés. En août 2012, un cheik de Sydney, Mustapha al-Mazjoub, est tué en Syrie. D'ascendance saoudienne, il est à noter que son frère était le seul membre australien du Conseil National Syrien. Il serait mort au combat. En novembre 2012, un dénommé Marwan al-Kassab, considéré comme un Australien, meurt dans une explosion au Nord-Liban alors qu'il fabrique des bombes pour les rebelles syriens. En avril 2013, Sammy Salma, originaire de Melbourne, et qui avait voyagé avec Abbas, est également tué. En tout, on estime que 80 Australiens sont partis en Syrie et que 20, peut-être, ont combattu avec al-Nosra. La plupart sont issus de la communauté libanaise, 70% d'entre eux étaient connus des autorités précédemment et ils sont entrés en Syrie via la Turquie, un peu moins par le Liban. La Syrie n'est pas le premier cas de départ d'un contingent australien. Entre 1998 et 2003, 20 personnes avaient rejoint l'Afghanistan et les camps du LeT au Pakistan. Entre 2002 et 2012, 16 Australiens ont été arrêtés au Liban, ou condamnés in abstentia, pour activités djihadistes, principalement en lien avec Ansbat al-Ansar ou Fatah al-Islam. Après l'invasion de la Somalie par l'Ethiopie en 2006, de 10 à 40 Australiens ont également rejoint les Shebaab en Somalie. Des Australiens seraient également partis au Yémen en 2010. Le conflit en Syrie marque cependant un changement d'échelle. Une des causes est évidemment l'importance de la communauté libanaise : le conflit en Syrie concerne davantage ses membres que ceux en Somalie ou au Yémen. Ensuite, l'accès à la Syrie via la Turquie est beaucoup plus aisé que lors des conflits précédents. Enfin, le caractère de plus en plus sectaire du conflit et l'impuissance de la communauté occidentale à le juguler ont manifestement constitué un appel d'air pour des groupes comme al-Nosra ou l'EIIL.

    Roger Abbas.-Source : http://resources3.news.com.au/images/2012/10/31/1226506/977691-roger-abbas.jpg




    Yusuf Topprakaya.-Source : http://resources1.news.com.au/images/2013/01/02/1226546/770837-yusuf-toprakkaya.jpg


    Au centre, le Sheikh de Sydney, Mustapha al-Mazjoub.-Source : http://images.smh.com.au/2013/12/06/4987836/art-353-abindingfervour4-300x0.jpg


    Le combat s'est en outre transposé en Australie. Depuis le début 2012, 17 incidents ont été relevés comme étant en rapport avec le conflit syrien : principalement des attaques de sunnites contre des personnes, des biens ou des commerces chiites ou alaouites. Elles ont lieu surtout à Sydney et Melbourne et impliquent des personnes issues des communautés syrienne, turque et libanaise. L'Australie a connu plusieurs préparations d'attentats terroristes déjouées avant exécution, contre les J.O. De Sydney en 2000, une du LeT en 2003, et deux cellules autonomes démantelées à Sydney et Melbourne en 2005 qui comprenaient des personnes entraînées en Afghanistan et au Pakistan. Un attentat prévu contre les Hollsworthy Army Barracks en 2009, là encore arrêté à temps, concernait des hommes qui participaient au réseau de financement et de recrutement des Shebaab. A noter toutefois que les incidents sectaires ont reculé en 2013.

    En décembre 2013, deux hommes ont été arrêtés à Sydney. La police affirme qu'un des deux hommes, Hadmi Alqudsi, était un recruteur pour al-Nosra et probablement pour l'EIIL (il aurait envoyé au moins 6 personnes en Syrie). Le deuxième homme arrêté était sur le point de partir. Pour Andrew Zammit, le spécialiste de la question, cela signifie que les réseaux d'acheminement en Australie sont en train de s'organiser petit à petit2. Le 8 décembre d'ailleurs, les autorités annoncent avoir confisqué 20 passeports de peur de départs vers la Syrie, ce qui porte le total de la mesure à 90 en tout. En janvier 2014, après le déclenchement des combats contre l'EIIL, Yusuf Ali, un Australien, et son épouse, sont tués à Alep. Tyler Casey est entré en Syrie entre juin et août grâce à l'aide d'Alqudsi, arrêté en décembre 2013 à Sydney. Il combattait au sein du front al-Nosra. Né aux Etats-Unis, Yusuf a ensuite gagné l'Australie avec ses parents et a été élevé comme chrétien. Quand ses parents se séparent, lorsqu'il a 13 ans, il gagne les Etats-Unis avec sa mère. Il regagne l'Australie à 17 ans et se convertit à l'islam. En novembre 2011, il épouse Amira Ali à Sydney, qui est donc morte avec lui en Syrie. Yusuf est donc le 7ème Australien dont on est sûr qu'il ait bien été tué sur place3.

    Yusuf Ali.-Source : http://www.brisbanediary.com/wp-content/uploads/2014/01/Yusuf-Ali-Al-Qaeda-Link.jpg


    Ci-dessous, le prêcheur Musa Cerantonio, qui soutient ici al-Nosra début 2013, a depuis pris fait et cause pour l'EIIL.



    La dispute entre l'EIIL et le front al-Nosra, qui éclate en avril 2013, et qui dégénère en affrontement armé entre l'EIIL et les autres groupes rebelles à partir de janvier 2014, n'est pas sans conséquence sur le paysage des volontaires australiens. En février, Zawahiri, le chef d'al-Qaïda, désavoue publiquement l'EIIL et confirme son soutien au front al-Nosra, alors que les combats ont déjà commencé depuis un mois. Abu Sulayman, ancien prêcheur de Sydney, lié au front al-Nosra, intervient dès le 17 mars pour annoncer qu'il sert de médiateur entre les deux camps, puis s'engage publiquement, via des vidéos et des discours, pour défendre Zawahiri et le front al-Nosra contre l'EIIL. Mais les partisans d'al-Nosra ne sont pas seuls en Australie : Musa Cerantonio, un autre ancien prêcheur de Melbourne, a lui pris fait et cause pour l'EIIL. Les derniers morts australiens en Syrie appartiennent plutôt à l'EIIL, mais les informations sont trop éparses pour affirmer que ce groupe aurait pris le pas sur les autres dans le recrutement en Australie4. Le centre israëlien Meir Amit estime, en février 2014, que plusieurs douzaines à une centaine d'Australiens sont présents en Syrie ; selon les services de renseignement, ils pourraient même y avoir plusieurs centaines d'Australiens, dont une centaine rien que pour le front al-Nosra. La communauté libanaise constitue toujours un pôle de recrutement, notamment via les liens familiaux avec le nord du Liban et la région de Tripoli, qui faciliteraient le franchissement de la frontière avec la Syrie5. Au 24 avril 2014, ce sont au total 10 Australiens dont on est sûr qu'ils ont péri en Syrie6.



    1Andrew Zammit, « Tracking Australian Foreign Fighters in Syria », CTC Sentinel, Volume 6 Issue 11-12, novembre 2013, p.5-9.
    4Andrew Zammit, « Syria: a fractured opposition and Australian consequences », The Strategist/The Australian Strategic Policy Institute Blog, 24 avril 2014.
    5Foreign fighters from Western countries in the ranks of the rebel organizations affiliated with Al-Qaeda and the global jihad in Syria, The Meir Amit Intelligence and Terrorism Information Center, 3 février 2014.

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    In November 2013, six fighters in Syria have potentially been identified as Australians, but with doubts about several of them1. Three cases, however, are plausible : Roger Abbas Yusuf Topprakaya and a suicide bomber known as Abu Asma al-Australi. Roger Abbas, who was killed in October 2012, came from Melbourne and was of Lebanese origin : it was also a kickboxing champion. He came initially for humanitarian aid, but he visibly fought then with the al-Nosra front. Yusuf Topprakaya, who was killed in December 2012, was from the Turkish community and was monitored by Australian authorities since 2010. He arrived at the Turkish border in mid- 2012, he expects to enter Syria and joined a local unit of the Farouk Brigades near the town of Maarat al-Numan. He was noted for his skill in shooting and bomb making, before being killed by a sniper. In mid-September 2013, finally, Abu Asma al Australi throws a truck filled with 12 tons of explosives against a school that serves as billeting for soldiers of the Syrian regime in the city of al-Mreiya in the province of Deir es-Zor. The kamikaze attack would have allow al-Nosra to take airbase in the city. The martyr, from Brisbane and the Lebanese community, was also monitored by Australian authorities before departure.

    Other cases are less documented. In August 2012, a Sydney sheik, Mustapha al- Mazjoub, was killed in Syria. From Saudi descent, it should be noted that his brother was the only Australian member of the Syrian National Council. He died in combat. In November 2012 , a man named Marwan al- Kassab, regarded as an Australian, died in an explosion in northern Lebanon while manufacturing bombs for Syrian rebels. In April 2013, Sammy Salma, from Melbourne, who had traveled with Abbas, was also killed. In all, an estimated 80 Australians have left in Syria and 20, perhaps, fought with al- Nosra. Most are from the Lebanese community, 70% of them were previously known to the authorities and they came to Syria via Turkey, a little less by Lebanon. Syria is not the first case out of an Australian contingent. Between 1998 and 2003, 20 people had joined Afghanistan and the LeT camps in Pakistan. Between 2002 and 2012, 16 Australians were arrested in Lebanon, or convicted in absentia for jihadist activities, mainly related to Ansbat al-Ansar and Fatah al-Islam. After the invasion of Somalia by Ethiopia in 2006, from 10 to 40 Australians have also joined the Shabaab in Somalia. Australians have also gone in Yemen in 2010. Conflict in Syria, however, marks a change of scale. One reason is of course the importance of the Lebanese community : the conflict in Syria has more impact to its members than those in Somalia or Yemen. Then, access to Syria via Turkey is much easier than in previous conflicts. Finally, the increasingly sectarian character of the conflict and the inability of the Western community to curb it clearly have been a breath of fresh air for groups like al-Nosra or ISIS .


    Roger Abbas.-Source : http://resources3.news.com.au/images/2012/10/31/1226506/977691-roger-abbas.jpg




    Yusuf Topprakaya.-Source : http://resources1.news.com.au/images/2013/01/02/1226546/770837-yusuf-toprakkaya.jpg


    Au centre, le Sheikh de Sydney, Mustapha al-Mazjoub.-Source : http://images.smh.com.au/2013/12/06/4987836/art-353-abindingfervour4-300x0.jpg


    The fight is also implemented in Australia. Since early 2012, 17 incidents were identified as being related to the Syrian conflict, mainly Sunni attacks against persons, property or shops of Shiites or Alawites. They occur mostly in Sydney and Melbourne and involve people from Syrian, Turkish and Lebanese communities. Australia has experienced several preparations of terrorist attacks thwarted before execution, against the Sydney Olympics in 2000, one from LeT in 2003, and two autonomous cells dismantled in Sydney and Melbourne in 2005, which included individuals trained in Afghanistan and Pakistan. A planned attack against the Army Barracks in 2009 Hollsworthy again stopped in time, involved men who participated in the financing network and recruitment for the Shabaab. Note however that sectarian incidents declined in 2013.

    In December 2013 , two men were arrested in Sydney. Police say one of two men, Hadmi Alqudsi, was a recruiter for al-Nosra and probably for ISIS ( he would have sent at least six people in Syria). The second man arrested was about to leave. For Andrew Zammit, the specialist of the question, this means that the routing networks in Australia are getting more organized2. December 8, moreover, the authorities announced that they have confiscated 20 passports for fear of departures to Syria, bringing the total so far to 90 in all. In January 2014 , after the outbreak of fighting against ISIS, Yusuf Ali, an Australian, and his wife were killed in Aleppo. Tyler Casey came into Syria between June and August with the help of Alqudsi arrested in December 2013 in Sydney. He fought in the al-Nosra front. Born in the United States, Yusuf has gone then to Australia with his parents and was raised as a Christian. When his parents separated when he was 13, he has gone in the United States with his mother. He returns to Australia at 17 and converts to Islam. In November 2011 , he married Amira Ali in Sydney, which is dead with him in Syria. Yusuf is the 7th Australian we are sure that he has been killed on site3.


    Yusuf Ali.-Source : http://www.brisbanediary.com/wp-content/uploads/2014/01/Yusuf-Ali-Al-Qaeda-Link.jpg


    Below, the preacherMusaCerantonio, which supportsal-Nosraherein early 2013, has sincetaken up the causefor ISIS.




    The dispute between ISIS and al-Nosra, which started in April 2013, which degenerated into armed confrontation between ISIS and other rebel groups from January 2014, is not without effect on the landscape of Australian volunteers. In February, Zawahiri, the leader of al-Qaeda, publicly disavow ISIS and confirms its support for al-Nosra, as fighting has already started last month. Abu Sulayman, former preacher of Sydney linked to al-Nosra, comes on March, 17th, to announce that he mediates between the two camps, and then makes public commitment, through videos and speeches, to defend Zawahiri and al-Nosra against ISIS. But al- Nosra supporters are not alone in Australia : Cerantonio Musa, another former preacher of Melbourne, took up the cause for EIIL. The last Australians killed in Syria rather belong to EIIL, but the information is too sparse to say that this group would have taken precedence over others in the recruitment from Australia4. The Meir Amit Israeli center considers, in February 2014, that several dozen to a hundred Australians are in Syria ; according to intelligence, they might even be several hundreds of Australians, including a hundred just for al-Nosra. The Lebanese community is still a center for recruitment, including through family ties with northern Lebanon and Tripoli area that would facilitate border crossing with Syria5. April 24, 2014, there is a total of 10 Australians that we are sure they perished in Syria6.



    1Andrew Zammit, « Tracking Australian Foreign Fighters in Syria », CTC Sentinel, Volume 6 Issue 11-12, novembre 2013, p.5-9.
    4Andrew Zammit, « Syria: a fractured opposition and Australian consequences », The Strategist/The Australian Strategic Policy Institute Blog, 24 avril 2014.
    5Foreign fighters from Western countries in the ranks of the rebel organizations affiliated with Al-Qaeda and the global jihad in Syria, The Meir Amit Intelligence and Terrorism Information Center, 3 février 2014.

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    En avril 2013, le service de sécurité suédois estime que 30 personnes ont déjà rejoint les insurgés syriens1. L'auteur de l'article de référence sur la question a identifié personnellement 18 Suédois qui, à coup sûr, ont gagné la Syrie. Presque toutes ces personnes viennent du sud-ouest de la Suède, et plus de la moitié des faubourgs de Gothenburg, la seconde ville du pays. 11 sont originaires des faubourgs d'Angered et Bergjsön. Les liens d'amitié jouent incontestablement : trois candidats appartenaient ainsi au même cercle d'arts martiaux. D'autres fréquentaient une mosquée radicale bien connue de Gothenburg, la Bellevue Masjid. Seul l'un des hommes concernés avait un lien direct avec la Syrie, où il est entré en juin 2013. Un tiers des personnes est né en Suède de parents immigrés. Le reste provient de différents pays : Irak, Jordanie, Kosovo, Maroc et même Philippines. Pourtant au moins 10 sont d'origine libanaise (dont 2 qui étaient peut-être Palestiniens). Un seul à des origines familiales suédoises. Ce sont tous des hommes : l'âge moyen est de 23,5 ans. La plupart viennent de familles avec de nombreux enfants et à faible revenu ; 8 étaient sans emploi ou revenu d'aucune sorte. 8 étaient également connus pour délinquance, dont 4 pour des affaires de drogue et 3 pour des violences. L'un des volontaires, Abo Isa (un Palestinien né à Homs en 1984, émigré à l'âge de 8 ans et devenu citoyen suédois en juillet 19922), était un criminel endurci : il a fait trois fois de la prison et a été condamné en tout à 15 reprises. Haitham Rahma, né en 1960 dans une famille syrienne originaire de Homs, est un imam d'une mosquée de Stockhholm. Il est parti en Syrie pour établir une structure militaire sous couvert d'une autre baptisée Autorité de Protection Civile ; elle est affiliée avec les Frères Musulmans mais coopère aussi avec les groupes djihadistes. Rahma a fait acheminer des armes en Syrie et collecte des fonds pour le financement des insurgés3.



    Sur ces 18 Suédois, 8 ont été tués en Syrie. Abu Kamal est victime d'un éclat d'obus de char à Alep, en janvier 2013. A la mi-mars, une vidéo le présente comme un membre de Kataib al-Muhajirin ; un Britannique a d'ailleurs péri au cours de la même opération. Abu Omar, lui, est tué en avril 2013 par une roquette de RPG ; là encore, il aurait servi avec un groupe radical. Abu Dharr, qui avait réalisé la première vidéo de propagande en suédois, est tué en avril 2013. Abu Abdurahmann a été tué en juin 2013 dans la province d'Idlib ; il faisait lui aussi partie de Kataib al-Muhajirin. Deux frères, Abu Maaz et Abu Osman, ont également péri en Syrie. Ils ont été tués lors de l'attaque d'un checkpoint du régime près d'Abu Zeid, à proximité du Krak des Chevaliers, dans la province de Homs. Abu Maaz est mort au volant de la voiture kamikaze qu'il conduisait et son frère aîné dans les échanges de tirs qui ont suivi ; ils servaient dans Jund al-Sham. Un autre frère avait été tué 18 mois plus tôt, en 2012, lors d'affrontements sectaires à Tripoli, au Liban. Abu Omar Kurdi a lui été tué en août 2013 durant l'assaut de la base aérienne de Minnagh. En plus des 8 morts recensés, deux autres pourraient bien avoir été Suédois : Adam Salir Wali, tué par une grenade le 29 mars 2013 (le seul Suédois qui aurait rejoint l'Armée syrienne libre et pas un groupe radical), et Abu Mohammad al-Baghdadi, tué fin août 2013. Tous les Suédois ont rejoint, à l'exception de Wali, des groupes radicaux : al-Nosra (comme Muhammad Ali Abu Hamour tué le 15 avril 2013 ; Mark Abu Osama, un converti de Stockholm après les attentats du 11 septembre, qui laisse ses deux femmes et ses fils en Suède4), Kataib al-Muhajirin et Jund al-Sham. Certains se sont même ralliés à l'EIIL. Plusieurs sont fortement suspectés de crimes de guerre.

    A gauche, Abou Maaz.-Source : http://1.bp.blogspot.com/-yR6wDnWNflc/Uf00rZs1PJI/AAAAAAAAB_E/V_sUNykazR0/s1600/AbuBrittas.jpg




    9 des 18 Suédois identifiés étaient précédemment liés au terrorisme ou au djihadisme. Isa al-Suedi est le frère cadet d'un homme condamné pour la préparation d'une attaque du type Mumbaï contre un quotidien danois, avec trois autres hommes, à partir de la Suède. Il avait été arrêté à la frontière somalienne en 2007 et au Waziristan en 2009. Abu Omar était le fils d'un djihadiste albanais du Kosovo. Un des oncles de la fratrie est emprisonné pour avoir participé à la préparation d'un attentat contre des trains en Allemagne en mai 2006 ; un autre était le quatrième responsable hiérarchique du mouvement libanais Fatah al-Islam et a été tué par l'armée libanaise en mai 2007. Abu Dharer Filippino annonce depuis la Syrie, fin octobre 2012, qu'il a été entraîné au Pakistan en 2001 par le LeT. Il est retourné en Suède au printemps 2013 et fait depuis une intense propagande pour le djihad. Le profil type des volontaires suédois est donc assez ciblé : un homme jeune, du sud-ouest de la Suède, probablement des faubourgs de Gothenburg, d'une famille immigrée mais pas syrienne, sans emploi, déjà condamné pour délinquance. Des amis ou des parents peuvent le relier au terrorisme ou au djihadisme.

    Abou Dahrer Filippino.-Source : http://1.bp.blogspot.com/-5mrwv7kBRvc/UIxbSM-c5oI/AAAAAAAABRA/NZDBucrbF9k/s1600/Filippino.jpg


    D'après Per Gudmundson, le spécialiste des Suédois partis faire le djihad en Syrie, 5 d'entre eux ont péri à l'automne 2013 sur le champ de bataille. Kassem Hamade, un étudiant de 22 ans, était un Suédois d'origine palestinienne : il a été tué à Alep en novembre 2013. Abou Ahmad al Falastini, qui s'appelle en réalité Omar Shahade, a lui aussi des racines palestiniennes, mais il est né en 1987 à Göteborg. Il était le frère de Khaled Shahade (alias Khaled SigSauer) et trois de ses cousins sont également partis en Syrie, ce qui tend à prouver que dans le cas suédois, les liens familiaux tiennent une place particulière dans le recrutement. Abou Ismaël, alias Bilal Sellman, né en décembre 1994 dans la banlieue de Stockholm, est parti en Syrie à l'automne 2013. Il a été tué en novembre 2013. Otman El Khamlichi, alias Abou Tesnim, avait déjà été recherché en décembre 2006 après un coup de filet dans le milieu de la communauté marocaine : un Suédois d'origine marocaine, Ahmed Sofri, avait été condamné à la prison pour avoir organisé le départ de djihadistes en Irak. Otman El Khamlichi est né en 1979 à Tétouan au Maroc. Il a émigré en Suède en novembre 2003, sans en prendre la nationalité, et a épousé une fille de Sofri. Il dirige une entreprise de nettoyage dans la banlieue de Stockholm avec Makram Ben Salem Mejri, la veuve d'un djihadiste suédois mort en Irak. Puis il gagne la Syrie où il trouve la mort juste avant Noël 2013. Yassin Ben Salah était l'un des fondateurs des Panthers (inspirés des Black Panthers) de la banlieue de Göteborg. Il est en lien via Internet avec des djihadistes syriens dès le mois de juin 2013. Parti en Syrie en octobre, il meurt en décembre ; il avait probablement effectué un premier aller-retour, après avoir été blessé contre les troupes du régime et être rentré en Suède pour se soigner. Avec au moins 5 tués, l'année 2013 a donc été la plus meurtrière pour les Suédois partis faire le djihad en Syrie -sans compter les cas moins certains, comme le Bosniaque Hamza Alisici, qui dit avoir vécu 6 mois en Suède, à Göteborg, sans que l'on puisse vérifier sa présence sur les listes de recensement de la population5.

    Bilal Sellman, jeune Suédois mort en Syrie, quasiment un enfant-soldat.-Source : http://3.bp.blogspot.com/-o1B3LUM5T-I/UvECYZjiH7I/AAAAAAAACHE/n8MWsAtKRzU/s1600/BilalSellmanAbuIsmael.jpg


    Abou Tesnim.-Source : http://2.bp.blogspot.com/-Ztx6Ob2jP5U/UvEPRQ57EYI/AAAAAAAACHo/GSu2GIgLqV4/s1600/AboTesnimOthmanJamlichi.jpg


    Le 13 février 2014, deux Suédois ont été tués en Syrie, un de Göteborg et un autre de Stockholm6. Le premier, Alaa Yasin, est né en août 1990 de parents d'origine libanaise. Yasin avait été condamné pour une affaire de drogue il y a cinq ans. Apparemment sans aucun revenu, il était parti se battre en Syrie depuis le début de 2013 et peut-être aussi tôt que le mois d'août 2012. Le deuxième Suédois s'appelait apparemment Ebu Zubajr, et était d'origine éthiopienne. Ces deux tués portent à 17 le nombre de morts suédois en Syrie. A ce moment-là, on estime que 75 Suédois ont fait le voyage pour le djihad, ce qui induit une très forte mortalité parmi ces combattants. Pour le colonel Johan Wiktorin, de l'armée suédoise, on atteindrait même le nombre de 210 à 300 Suédois partis en Syrie, ce que conteste Gudmundson, qui reconnaît cependant que sa propre évaluation peut-être inférieure à la réalité7.

    Alaa Yasin, le 1er janvier 2013.-Source : http://2.bp.blogspot.com/-ZSF6PUKati4/Uv3ga4f9uvI/AAAAAAAACJM/XXbarrqO9CI/s1600/AlaaLowLow11jan.jpg


    Début avril 2014, un ressortissant suédois, qui se fait appeler Magnus Ranstorp, a voyagé avec Anjem Choudary au Liban pour protester contre le traitement du Sheikh Omar Bakri, qui est lié à al-Qaïda. Seulement quelques Suédois jusqu'ici ont été reliés aux mouvements radicaux de Choudary et associés, comme Mehdi Ghezali, détenu de Guantanamo et élève d'Omar Bakri. Le site de Choudary précise que ce Suédois serait le neveu de Bakri. Cette personne, en tout cas, s'est manifeste dans des articles d'opinion et sur des sites islamistes radicaux, prêchant la violence, sous une forme Sharia4Sweden qui semble montrer que des liens plus étroits entre Choudary et la Suède existent désormais. Choudary n'a jamais été en Suède, mais à la réunion qu'il a tenue en Norvège, il y avait un Suédois dans la salle, Abou Dujanah, un jeune homme qui vient de Boras (la ville d'où vient aussi le Suédois qui a accompagné Choudary au Liban), et qui est proche de la famille el Hassan de la même localité, qui compte déjà trois « martyrs » en Syrie. La coïncidence ne manque pas d'interroger8...


    1Per Gudmundson, « The Swedish Foreign Fighter Contingent in Syria », CTC Sentinel, Volume 6 Issue 9, septembre 2013, p.5-9.
    2Foreign fighters from Western countries in the ranks of the rebel organizations affiliated with Al-Qaeda and the global jihad in Syria, The Meir Amit Intelligence and Terrorism Information Center, 3 février 2014.
    3Foreign fighters from Western countries in the ranks of the rebel organizations affiliated with Al-Qaeda and the global jihad in Syria, The Meir Amit Intelligence and Terrorism Information Center, 3 février 2014.
    4Foreign fighters from Western countries in the ranks of the rebel organizations affiliated with Al-Qaeda and the global jihad in Syria, The Meir Amit Intelligence and Terrorism Information Center, 3 février 2014.

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    In April 2013, the Swedish Security Service estimates that 30 people have already joined the Syrian insurgents1. The author of the article's reference on the matter personally identified 18 Swedes, who have certainly left to Syria. Almost all of these people come from the south-western Sweden, and more than half of the suburbs of Gothenburg, the second city of the country. 11 are from the suburbs of Angered and Bergjsön. The bonds of friendship undoubtedly play : three candidates belonged to the same martial arts circle. Other attending a well-known radical mosque in Gothenburg, Bellevue Masjid. Only one of these men had a direct link with Syria, which he joined in June 2013. A third of this Swedes are born in Sweden from immigrant parents. The rest comes from different countries : Iraq, Jordan, Kosovo, Morocco and even Philippines. Yet at least 10 are of Lebanese origin (2 of which were perhaps Palestinians). One has Swedish origins. These are all men : the average age is 23.5. Most come from families with many children and low-income ; 8 were unemployed or without income of any kind. 8 were also known for crime, including 4 for drug cases and 3 for violence. One of the volunteers, Abo Isa (a Palestinian born in Homs in 1984, emigrated at the age of 8 and who became a Swedish citizen in July 19922), was a hardened criminal : he was jailed three times and was sentenced to a total of 15 times. Haitham Rahma is born in 1960 in a native Syrian family (from Homs), he is an imam of a mosque in Stockhholm. He went to Syria to establish a military structure under the guise of another called Civil Protection Authority ; it is affiliated with the Muslim Brotherhood but also cooperates with jihadist groups. Rahma was delivering weapons to Syria and raising funds to finance insurgents3.



    Of the 18 Swedish identified, 8 were killed in Syria. Abu Kamal suffered a shrapnel tank in Aleppo in January 2013 mid-March, a video presents him as a member of al-Kataib Muhajirin ; a British has also perished during the same operation. Abu Omar was killed in April 2013 by a RPG's rocket ; again, he would have served with a radical group. Abu Dharr, who had conducted the first propaganda video in Swedish, was killed in April 2013. Abu Abdurahmann was killed in June 2013 in the province of Idlib ; he was also part of al- Kataib Muhajirin. Two brothers, Abu Maaz and Abu Osman, also died in Syria. They were killed in an attack on a checkpoint near Abu Zeid regime, close to the Krak des Chevaliers in the province of Homs. Abu Maaz died in driving the car-bomb and his elder in the shootout that followed the explosion ; they served in Jund al -Sham. Another brother was killed 18 months earlier, in 2012, during sectarian clashes in Tripoli, Lebanon. Abu Omar Kurdi was killed in August 2013 during the assault on the Minnagh airbase. In addition to the 8 dead identified, two others might have been Swedish : Adam Sully Wali, killed by a grenade March 29, 2013 (the only Swede who had joined the Free Syrian Army and not a radical group) and Abu Mohammad al-Baghdadi, who was killed in late August 2013. All the Swedes joined, except Wali, radical groups : al-Nosra (as Muhammad Ali Abu Hamour killed April 15, 2013, Mark Abu Osama, a convert of Stockholm after the September 11 attacks, leaving his two wives and his son in Sweden4), Kataib Jund al-Muhajirin and al- Sham. Some even joined ISIS. Many are strongly suspected of war crimes.



    A gauche, Abou Maaz.-Source : http://1.bp.blogspot.com/-yR6wDnWNflc/Uf00rZs1PJI/AAAAAAAAB_E/V_sUNykazR0/s1600/AbuBrittas.jpg




    9 out of 18 Swedes who were identified were also previously linked to terrorism or jihadism. Isa al-Suedi is the younger brother of a man condemned for the preparation of a Mumbai-type attack against a Danish newspaper, with three other men from Sweden. He was arrested at the border with Somalia in 2007 and in Waziristan in 2009. Abu Omar was the son of an Albanian jihadist from Kosovo. One of the uncles of the siblings was imprisoned for participating in the preparation of an attack against trains in Germany in May 2006 ; another was the fourth supervisor of Lebanese group Fatah al -Islam and was killed by the Lebanese army in May 2007. Abu Dharer Filippino announces from Syria in late October 2012 he was trained in Pakistan in 2001 by LeT. He returned to Sweden in spring 2013 and has since made intense propaganda for jihad. The typical profile of Swedish volunteers is quite targeted : a young man, from southwestern Sweden, probably the suburbs of Gothenburg, from a Syrian immigrant family, without employment, already convicted of crime. Friends or relatives can connect to terrorism or jihadism.


    Abou Dahrer Filippino.-Source : http://1.bp.blogspot.com/-5mrwv7kBRvc/UIxbSM-c5oI/AAAAAAAABRA/NZDBucrbF9k/s1600/Filippino.jpg


    According to Per Gudmundson, specialist of the Swedes wo have left to do jihad in Syria, five of them have died in the fall of 2013 on the battlefield. Kassem Hamade, a 22 year old student, was a Swede from Palestinian origin : he was killed in Aleppo in November 2013. Abu Ahmad al Falastini, which is actually called Omar Shahade, also from Palestinian roots, was born in 1987 in Gothenburg. He was the brother of Khaled Shahade (alias Khaled SigSauer) and three of his cousins have also left to Syria, which tends to prove that in the Swedish case, family ties hold a special place in recruitment. Abu Ismail, alias Bilal Sellman, born in December 1994 in the suburbs of Stockholm, left Syria in autumn 2013. He was killed in November 2013. Othman El Khamlichi, alias Abu Tesnim, had already been searched in December 2006 after a police operation in the middle of the Moroccan community : a Swede of Moroccan origin, Ahmed Sofri, was sentenced to prison for having organized the departure of jihadists in Iraq. Othman El Khamlichi was born in 1979 in Tetouan, Morocco. He emigrated to Sweden in November 2003, without taking Swedish nationality, and married a daughter of Sofri. He runs a cleaning business in the suburbs of Stockholm with Makram Ben Salem Mejri, the widow of a dead Swedish jihadist in Iraq. Then he gone to Syria where he was killed just before Christmas 2013. Yassin Ben Salah was one of the founders of the Panthers ( inspired by the Black Panthers ) in the suburbs of Gothenburg. It is linked via Internet with Syrian jihadists since the month of June 2013. Left in Syria in October, he died in December. ; he probably made a first trip after being injured against the regime's troops and be returned to Sweden for treatment. With at least 5 killed, 2013 has been the deadliest year for the Swedish jihadists in Syria - not to mention at least some uncertain cases, such as the Bosnian Alisici Hamza, who said he lived six months in Sweden, Gothenburg without that we can verify its presence on the list of census population5.



    Bilal Sellman, jeune Suédois mort en Syrie, quasiment un enfant-soldat.-Source : http://3.bp.blogspot.com/-o1B3LUM5T-I/UvECYZjiH7I/AAAAAAAACHE/n8MWsAtKRzU/s1600/BilalSellmanAbuIsmael.jpg


    Abou Tesnim.-Source : http://2.bp.blogspot.com/-Ztx6Ob2jP5U/UvEPRQ57EYI/AAAAAAAACHo/GSu2GIgLqV4/s1600/AboTesnimOthmanJamlichi.jpg


    On 13 February 2014, two Swedes were killed in Syria, one from Gothenburg and another from Stockholm6. The first, Alaa Yasin, was born in August 1990 parents of Lebanese origin. Yasin was sentenced for a drug case there five years ago. Apparently with no income, he had gone to fight in Syria since the start of 2013 and perhaps as early as August 2012. The second Swedes apparently called Ebu Zubajr and was of Ethiopian origin. Both are killed and bring to 17 the number of dead Swedes in Syria. At this time, an estimated 75 Swedes have traveled for jihad, which indicates a very high mortality among these fighters. For Colonel Johan Wiktorin, from the Swedish army, the number can reach 210, maybe 300 Swedes who have gone in Syria, which denies Gudmundson, which recognizes, however, that its evaluation may be less than the true number7.


    Alaa Yasin, le 1er janvier 2013.-Source : http://2.bp.blogspot.com/-ZSF6PUKati4/Uv3ga4f9uvI/AAAAAAAACJM/XXbarrqO9CI/s1600/AlaaLowLow11jan.jpg



    In the beginning of April 2014, a Swedish national, who calls himself Magnus Ranstorp, traveled with Anjem Choudary to Lebanon to protest against the treatment of Sheikh Omar Bakri, who is linked to al- Qaeda. Few Swedish have been linked to Choudary radicals and associated movements, such as Mehdi Ghezali, Guantanamo detainee and student of Omar Bakri. Choudary 's website states that this would be the Swedish nephew of Bakri. This person, in any case, is manifested in opinion pieces and radical Islamist websites, preaching violence, in a form of Sharia4Sweden that suggests that closer links between Choudary and Sweden now exist. Choudary has never been to Sweden, but at the meeting held in Norway, there was a Swede in the room, Abu Dujanah, a young man who comes from Boras (the city from which also comes the Swedish who accompanied Choudary in Lebanon), which is close to the family el Hassan in the same locality, which already has three "martyrs" in Syria8.



    1Per Gudmundson, « The Swedish Foreign Fighter Contingent in Syria », CTC Sentinel, Volume 6 Issue 9, septembre 2013, p.5-9.
    2Foreign fighters from Western countries in the ranks of the rebel organizations affiliated with Al-Qaeda and the global jihad in Syria, The Meir Amit Intelligence and Terrorism Information Center, 3 février 2014.
    3Foreign fighters from Western countries in the ranks of the rebel organizations affiliated with Al-Qaeda and the global jihad in Syria, The Meir Amit Intelligence and Terrorism Information Center, 3 février 2014.
    4Foreign fighters from Western countries in the ranks of the rebel organizations affiliated with Al-Qaeda and the global jihad in Syria, The Meir Amit Intelligence and Terrorism Information Center, 3 février 2014.

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    Avant de parler de la présence des Tchétchènes en Syrie, il faut signaler qu'une diaspora tchétchène est présente dans le pays depuis le XIXème siècle (1866) suite à un déplacement forcé de populations sous l'Empire ottoman. Les familles tchétchènes se sont installées à la fois dans le nord (Qamichli, Raqqa) et le sud (Kouneitra) du pays. Il y aurait eu encore 7 à 8 000 Tchétchènes en Syrie au déclenchement du conflit en 2011. En avril 2013, un spécialiste estimait qu'un très petit nombre seulement avait rejoint l'insurrection, alors que certains combattent au sein des forces du régime1.


    Le logo de  Jaysh al-Muhajireen wal al-Ansar .-Source : http://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/0/0f/Jaish_al-Muhajireen_wal-Ansar.jpg


    Les Tchétchènes figurent parmi les étrangers partis rejoindre l'insurrection syrienne2. Les premiers combattants nord-caucasiens sont signalés dès le mois d'août 2012. Le départ de volontaires en Syrie n'est pas sans entraîner des discordes, notamment parmi les Tchétchènes et les Ingouches, car le combat local face à la Russie est toujours considéré comme plus important que les guerres extérieures comme le conflit syrien. Rustam Gelayev a été le premier tué tchétchène en août 2012. Depuis, les Tchétchènes ont notamment formé l'ossature du groupe Jaysh al-Muhajireen wal al-Ansar, créé en mars 2013, et dont une partie a rallié l'EIIL en novembre 2013. On trouve en Syrie non seulement des Tchétchènes et des Nord-Caucasiens issus de la région en question, mais également des membres des communautés en exil ou des groupes de réfugiés proches des frontières du Caucase3. Le recrutement se fait parmi les Tchétchènes d'Europe, ceux qui étudient dans les pays arabes, ou bien aussi parmi ceux de Géorgie. En plus des Tchétchènes, il faut ajouter que le FSB russe a reconnu dès le mois d'août 2013 que 200 citoyens du Dagestan combattaient probablement en Syrie. Un réseau de recrutement se serait installé en Russie pour débaucher des Nord-Caucasiens, des citoyens d'Asie Centrale et du Tatarstan. Le réseau serait dirigé par un salafiste vétéran de l'Afghanistan, un Tatar du nom de Salman Bulgar4. De Tchétchénie même, l'afflux s'est accru depuis cet automne mais ne concerne pour l'instant qu'un maximum de 100 personnes, dont peut-être quelques femmes. Mais les Tchétchènes ont intégré les groupes parmi les plus puissants de l'insurrection et leur influence est sans doute sans rapport avec leur nombre réel.



    En février 2014, les Tchétchènes et les autres Nord-Caucasiens opèrent essentiellement au sein de 4 groupes, tous commandés par des Tchétchènes : Omar al-Shishani (Shishani signifiant « le Tchétchène »), Seyfullakh al-Shishani ( (tué le 6 février 2014 lors de l'assaut de la prison centrale d'Alep), Amir Muslim et Salahuddin al-Shishani5. Omar al-Shishani est un Tchétchène du village de Jokolo, de la gorge de Pankisi, en Géorgie, né en 1986. Il a servi en Abkhazie en 2006-2007 mais n'a pu continuer à faire partie de l'armée géorgienne en raison de la tuberculose. Arrêté pour achat et détention illégale d'armes, en septembre 2010, il gagne l'Egypte une fois relâché. En prison, il aurait rencontré un Saoudien qui lui aurait vanté les mérites du djihad et notamment d'un Saoudien commandant de djihadistes en Tchétchénie, Thamir Saleh Abdullah al-Suwailem. A sa sortie de prison, Tarkhan Batirashvili prend le nom de guerre d'Omar al-Shishani. Il serait arrivé en Egypte en février 2011. D'après le journal al-Akhbar, proche du Hezbollah et donc du régime syrien, à prendre avec circonspection, Omar aurait été sous l'influence d'un clerc saoudien, d'un homme d'affaires qatari et d'un Turc, Mansour al-Turki6. Il passe en Syrie via la Turquie. Dans la région d'Alep, il entre en contact avec une figure importante du djihadisme, Abu al-Athir al-Absi, qui finit par le mettre en contact avec Baghdadi, l'émir de l'EIIL. Il combat à Alep dès septembre 20127 et fonde Jaysh al-Muhajireen wa’l-Ansar (qui aurait compté jusqu'à 3 000 combattants du Caucase, d'Ukraine, de Crimée et de pays arabes ; la plupart des volontaires tchétchènes d'Europe semblent cependant rejoindre ce groupe.), puis devient ensuite émir du nord de la Syrie pour l'EIIL en avril 2013. Son second est Abou Jihad Shishani, qui devient influent après la prise de la base aérienne de Minnagh, au mois d'août 2013. 

    Omar al-Shishani (à gauche) et Abou Jihad (à droite)-Source : http://www.memrijttm.org/image/Omar%20and%20Abu%20Jihad.JPG
     

    Seyfullakh, un Tchétchène de Pankisi réfugié en Turquie, fait partie du groupe d'Omar ash-Shishani jusqu'à ce qu'il fasse scission en septembre 2013 pour fonder sa propre force avec quelques douzaines de combattants. Il a rallié le front al-Nosra le 31 décembre 2013, après avoir participé à la prise de l'hôpital al-Kindi, bastion du régime à Alep8. Il est tué dans l'assaut sur la Prison Centrale de la ville, le 6 février dernier. Le groupe de Seyfullakh a ensuite été repris par Mohammad Khorasany, un autre Tchétchène, qui depuis a lui aussi péri au combat. Salahuddin avait récupéré une bonne partie des combattants d'Omar en novembre 2013 : en effet, ceux-ci avaient refusé de prêter allégeance à l'émir de l'EIIL, Baghdadi, se considérant déjà liés à l'émir du Caucase, Oumarov9. D'autres ne voulaient tout simplement pas être incorporés dans l'EIIL. Jaysh al-Muhajireen wal al-Ansar, qui reste le nom du groupe originel piloté par Salahuddin, a combattu, à Alep, aux côtés de ce qui est devenu en janvier 2014 l'Armée des Moudjahiddine, et même du Front Islamique, contre les forces du régime, mais en évitant les combats contre l'EIIL. Début mars 2014, l'adjoint de Salahuddin, un Tatar de Crimée du nom d'Abdul Karim Krymsky, s'en est violemment pris à l'EIIL et à son attitude à Alep10. Amur Muslim, un Tchétchène de Pankisi, est vétéran des deux guerres en Tchétchénie. Il avait été arrêté par les Russes en 2008 mais assez étrangement, vite relâché. Il dirige son propre groupe, Jund al-Sham, dans la province de Lattaquié. Il est surnommé « Spoka » (le sommet de la colline, en russe) pour avoir capturé les villages alaouites sur les hauteurs durant une offensive dans cette province. Muslim a servi dans les forces de défense aérienne soviétiques en Mongolie, puis en Tchétchénie au sein de l'insurrection, aux côtés de combattants arabes. Il a des liens importants avec des bailleurs de fonds du Moyen-Orient, depuis l'époque d'Ibn al-Khattab, ce qui lui a permis d'attirer des combattants expérimentés du djihad. Il a participé à l'assaut sur la Prison Centrale d'Alep aux côtés du front al-Nosra11.

    Au centre, en noir, Seyfullakh, tué lors de l'assaut raté sur la prison centrale d'Alep le 6 février 2014. A droite, l'émir Muslim, chef tchétchène indépendant de Jund al-Sham.



    Ci-dessous, la vidéo montrant l'assaut de la Prison Centrale d'Alep le 6 février 2014, où contribue le groupe de Seyfullakh rallié à al-Nosra et où l'on distingue également l'émir Muslim. Seyfullakh est tué pendant le repli, à 34:30 environ.



    A gauche, l'émir Muslim.-Source : http://www.chechensinsyria.com/wp-content/uploads/2014/03/mujahid02.jpg


    Les Tchétchènes ont, de fait, souvent été présents en pointe des combats parmi les plus importants pour l'insurrection syrienne. Jaysh al-Muhajireen wal al-Ansar a ainsi joué un rôle non-négligeable dans la prise de la base aérienne de Minnagh, en août 2013, assiégée depuis des mois par les rebelles, dans la province d'Alep. Ce même mois, certains éléments tchétchènes sont impliqués dans la première offensive contre la province de Lattaquié, menée par des groupes liées à l'EIIL. Le 6 février 2014, le groupe du Tchétchène Seyfullakh, intégré depuis le 31 décembre 2013 au front al-Nosra, joue un rôle important dans un assaut sur la prison centrale d'Alep, lors duquel son chef trouve la mort. L'émir Muslim, autre chef tchétchène resté indépendant, participe également à l'opération. Muslim collabore aussi avec d'autres formations rebelles comme celles du Front Islamique pour contrer la progression du régime sur le district industriel de Sheikh Najjar, au nord-est d'Alep, début mars 2014. Jaysh al-Muhajireen wal al-Ansar, menée par Salahuddin, a combattu au nord-ouest d'Alep, dans les premiers mois de 2014, avec Jaysh al-Mujahideen et le Front Islamique, contre le régime, mais pas face à l'EIIL. Enfin, on peut souligner que la composante tchétchène de l'insurrection syrienne a joué un rôle important dans la dernière offensive contre la province de Lattaquié, sur le point de passage frontalier de Kessab, lancée le 21 mars 2014. Le groupe de l'émir Muslim est présent. En outre, les bataillons Ansar al-Sham, composante du Front Islamique bien implantée dans la province de Lattaquié, et qui a mené l'offensive, ont leur commandement militaire dirigé par un Tchétchène, Abou Mousa ash-Shishani. D'ailleurs, un des bataillons d'Ansar al-Sham porte le nom d'un des anciens présidents tchétchènes qui avait combattu la Russie : Dzhokar Doudayev. Les Tchétchènes sont présents de longue date dans la province de Lattaquié (via notamment le groupe de l'émir Muslim) ; Ansar al-Sham essaie de reprendre possession de la Tour 45, une hauteur stratégique qui domine le secteur du point de passage frontalier de Kessab12. Les Tchétchènes bénéficient, au sein de l'insurrection syrienne, d'une réputation d'efficacité militaire -peut-être exagérée, mais qui les sert sur le plan psychologique- qui les fait souvent craindre de leurs adversaires.




    Sur cette vidéo, on distingue l'émir Muslim, pendant l'offensive al-Anfal dans la province de Lattaquié, commencée le 21 mars 2014, et qui a permis aux insurgés de percer jusqu'à la Méditerranée.



    Il existe d'autres formations comprenant des Tchétchènes ou des Nord-Caucasiens, moins importantes. Abu Musa, qui est arrivé en Syrie en 2012, dirigerait un groupe de 300 hommes. Jamaat Sabiri est un groupe incluant surtout des Ouzbeks et dirigés par Abdullah al-Tashkenti, un chef dont on sait peu de choses et qui est mort durant l'assaut sur la Prison Centrale d'Alep. Le groupe a combattu aux côtés d'Omar Shishani et prétend disposer de camps d'entraînement en Syrie. Le groupe Khalifat jamaat combat également le régime syrien ; son chef, Abdul Hakim Shishani, reste assez mystérieux13. Il compterait 100 militants. Récemment, on a vu apparaître sur les réseaux sociaux des djihadistes russophones un groupe dirigé par un Dagestanais, Abu Hanif, qui fait partie de l'EIIL mais conserve une organisation distincte en raison de la proximité culturelle et linguistique de ses membres. Les combattants du groupe viennent de Russie, du Nord-Caucase et du Kazakhstan. Le groupe a été l'origine fondé dans la province d'Alep par Abu Hanif et un autre Dagestanais, Abu Banat14.

    Plus originale encore, l'histoire de ce kamikaze, Abu Khalid, qui se fait sauter le 25 avril 2013 à Alep. Ramazan, originaire de Nizhnegorsk en Crimée, est un Tatar dont le profil ne correspond pas à celui de la majorité des combattants nord-caucasiens. D'âge mûr, il fait partie de Jaish al-Muhajireen wal-Ansar, d'Omar ash-Shishani : c'est avec ce groupe qu'il va conduire un camion bourré d'explosifs contre l'hôpital al-Kindi. On pense que quelques Tatars de Crimée combattent ou ont combattu en Syrie. Les autorités tatares locales accusent le groupe islamiste radical Hizb ut-Tahrir de conduire le recrutement, de même que les médias ukrainiens, qui évoquent en avril 2013 la mort de Abdullah Jepparov, de Belogorsk, en Crimée, tué en Syrie. Abullah aurait été recruté par Hizb ut-Tahrir avec 6 autres Tatars de Crimée, puis transporté en Turquie avec eux, et de là en Syrie15.


    Ci-dessous, vidéo récente mise en ligne par le site FiSyria soutenant les Tchétchènes et autres russophones proches de l'EIIL, montrant un camp d'entraînement en Syrie.



    La majorité des Tchétchènes présents en Syrie (de 400 à 1 000) est au départ constituée d'étudiants présents en Syrie ou en Egypte, au déclenchement de la révolution, qui ont contribué à attirer les autres. Les Tchétchènes de Pankisi ont aussi beaucoup plus de facilité à gagner la Syrie que le Nord-Caucase, paradoxalement. D'autres viennent des 150 à 250 000 Tchétchènes réfugiés en Europe. Très peu de volontaires sont donc issus de la Tchétchénie à proprement parler. Les volontaires sont formés pendant un mois à un mois et demi, sauf pour ceux qui ont au moins un an d'expérience du combat. Ils sont étroitement limités dans leurs déplacements les 4 premiers mois. Manifestement, les Nord-Caucasiens cherchent à créer en Syrie des camps d'entraînement pour le combat dans le Nord-Caucase, où il est difficile d'installer de telles structures. Quelques volontaires seraient déjà retournés au Nord-Caucase.

    En janvier 2014, Shahid Temirbulatov, un Tchétchène, a été le premier citoyen russe poursuivi devant la justice pour avoir combattu en Syrie. Il avait gagné ce pays en juillet 2013. Manifestement, le FSB et le GRU (renseignement militaire) russes n'ont pas réussi à identifier et suivre, avant un certain temps, les principaux commandants tchéchènes, ni à infiltrer les groupes présents en Syrie -du moins pour l'instant. Shamil Nurmagomedov, un résident du Dagestan âgé de 24 ans, a été arrêté le 7 décembre 2013 à Khasavyurt. Il est accusé d'avoir rejoint la Syrie en juillet 2013, d'avoir subi un entraînement à Atmeh avant de rallier Jaysh al-Muhajireen wal al-Ansar et de combattre jusqu'au 20 novembre 2013. Ces condamnations contre des personnages relativement marginaux dans le djihad parti du Nord-Caucase visent peut-être à dissuader les volontaires possibles. Les Russes ne s'en sont pas pris, par exemple, à Magomed Abdurakhmanov, alias Abou Banat, qui a servi un temps au Centre de Combat contre l'Extrêmisme du Dagestan, puis est parti en Syrie où une vidéo le montre en train d'exécuter deux prêtres16.



    1Ahmet Burak OZTAS, Combattants Tchétchènes en Syrie: Mythe ou Réalité?, EHESS, avril 2013.
    2Mairbek Vatchagaev, « Chechens Among the Syrian Rebels: Small in Number, but Influential », Eurasia Daily Monitor Volume: 10 Issue: 223, The Jamestown Foundation, 12 décembre 2013.
    3Mark Youngman, « The North Caucasus Insurgency’s Syrian Balancing Act », Jihadology.net, 7 septembre 2013.
    4Emil Souleimanov, « North Caucasian Fighters Join Syrian Civil War », CACI Analyst, 21 août 2013.
    5Murad Batal al- Shishani, « Islamist North Caucasus Rebels Training a New Generation of Fighters in Syria », Terrorism Monitor Volume: 12 Issue: 3, The Jamestown Foundation, 7 février 2014.
    9Depuis les combats entre l'EIIL et les autres groupes rebelles syriens en janvier 2014, les dissensions entre Tchétchènes s'affirment et se retrouvent entre deux sites Internet : Kavkaz Center qui soutient plutôt les groupes liés à al-Nosra et au commandement central d'al-Qaïda, et FiSyria qui lui appuie les groupes proches de l'EIIL. Cf http://eaworldview.com/2014/04/syria-special-chechen-foreign-fighters-wound-fighting/
    16Mairbek Vatchagaev, « Russia Arrests Several North Caucasian ‘Syrians’ », Eurasia Daily Monitor Volume: 11 Issue: 48, The Jamestown Foundation, 13 mars 2014.

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    Before talking about the presence of Chechens in Syria, it should be noted that Chechen diaspora is present in the country since the nineteenth century (1866) following a forced displacement under the Ottoman Empire. Chechen families settled in both the north (Qamishli , Raqqa) and south (Quneitra) of the country. There would have been 7 to 8 000 Chechens in Syria when the conflict erupted in 2011. In April 2013, an expert estimated that only few had joined the insurrection, while some fight in regime forces1.



    Le logo de  Jaysh al-Muhajireen wal al-Ansar .-Source : http://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/0/0f/Jaish_al-Muhajireen_wal-Ansar.jpg


    Foreign Chechens also join the insurrection2. The first North-Caucasian fighters are reported in the month of August 2012. Departure of volunteers in Syria is not without cause discord, especially among Chechens and Ingush, because the local fight against Russia is still considered as more important than external wars as the Syrian conflict. Rustam Gelayev was the first Chechen killed in August 2012. Since, the Chechens in particular formed the backbone of the group Jaysh al-Muhajireen wal al-Ansar, created in March 2013, and some of which joined ISIS in November 2013. In Syria it is found not only Chechens and North Caucasians from the region (Russian North Caucasus), but also community members in exile or refugee groups near the borders of Caucasus3. Recruitment is made also among Chechens in Europe, who study in Arab countries, or also from those of Georgia. In addition to the Chechens, it must be added that the Russian FSB recognized as early as August 2013 that 200 citizens of Dagestan probably fought in Syria. A recruitment network had settled in Russia for poaching of North Caucasians, the citizens of Central Asia and Tatarstan. The network is led by a Salafist veteran of Afghanistan, a Tatar named Salman Bulgar4. In Chechnya itself, the influx has increased since the fall but for now concerns a maximum of 100 people, including perhaps some women. But the Chechens integrated groups among the most powerful of insurrection and their influence is probably unrelated to their actual number .

     

    In February 2014, the Chechens and other North Caucasians mainly operate in 4 groups, all controlled by the Chechens : Omar al-Shishani (Shishani meaning "Chechen") Seyfullakh al-Shishani (killed February 6, 2014 during the assault of Aleppo Central Prison), Salahuddin al-Shishani and Amir Muslim5. Omar al-Shishani was a Chechen rom the village of Jokolo, in the Pankisi Gorge, Georgia, born in 1986. He served in Abkhazia in 2006-2007 but could not continue to be part of the Georgian army due to tuberculosis. Arrested for purchase and illegal possession of weapons, in September 2010, he goes to Egypt once released. In prison, he met a Saudi who had praised him the merits of jihad including a Saudi jihadi commander in Chechnya, Thamir Saleh Abdullah al- Suwailem. Upon leaving prison, Tarkhan Batirashvili took the nom de guerre Omar al-Shishani. He would be arrived in Egypt in February 2011. According to the newspaper al- Akhbar, close to Hezbollah and the Syrian regime therefore, be treated with caution, Omar would have been under the influence of a Saudi cleric, a Qatari businessman and a Turk, Mansour al- Turki6. He goes then in Syria via Turkey. In the Aleppo region, it comes into contact with an important figure of jihadism, Abu al-Athir al-Absi, who eventually put him in touch with Baghdadi, Emir of ISIS. He fought in Aleppo in September 20127 and founded Jaysh al- Muhajireen wa'l-Ansar (which would have counted up to 3,000 fighters from the Caucasus, Ukraine, Crimea and Arab countries, most of the Chechen volunteers from Europe however, seem to join this group) then becomes emir of northern Syria for ISIS in April 2013. His second is Shishani Abu Jihad, who became influential after taking airbase Minnagh , in August 2013.

    Omar al-Shishani (à gauche) et Abou Jihad (à droite)-Source : http://www.memrijttm.org/image/Omar%20and%20Abu%20Jihad.JPG


    Seyfullakh, a Chechen refugee in Turkey from Pankisi is part of the Omar Shishani group until it was split in September 2013 to start his own formation with a few dozen fighters. He joined the al-Nosra front the December 31, 2013 , after participating in the capture of the al -Kindi hospital, bastion of the regime in Alep8. He was killed in the assault on the Central Prison in the city, on February 6 2014. Seyfullakh group was then taken by Mohammad Khorasany, another Chechen, who has since also died in combat. Salahuddin had recovered much of Omar fighters in November 2013 : in fact, they had refused to swear allegiance to the Emir of ISIS, Baghdadi, considering themselves already linked to the Emir of Caucasus Umarov9. Others simply do not want to be incorporated into ISIS. Jaysh al-Muhajireen wal al-Ansar, which remains the name of the original group led by Salahuddin, fought in Aleppo, alongside what became in January 2014 the Army of the Mujaheedin, and even Islamic Front, against the regime forces, but avoid fighting against ISIS. Beginning in March 2014, the Deputy of Salahuddin, a Crimean Tatar named Abdul Karim Krymsky, attacked violently ISIS and his attitude in Aleppo10. Amur Muslim, a Chechen from Pankisi, is a veteran of two wars in Chechnya. He was arrested by the Russians in 2008, but strangely enough, soon released. He leads his own group, Jund al-Sham in the province of Latakia. He is nicknamed "
    Spöka" (the top of the hill , in Russian) for capturing the Alawite villages in the hills during an offensive in the province. Muslim served in the Soviet air defense forces in Mongolia and in Chechnya in the insurrection, alongside Arab fighters. It has important links with donors in the Middle East since the time of Ibn al-Khattab, which enabled him to attract experienced jihadists. He participated in the assault on Aleppo Central Prison alongside al- Nosra front11.


    Au centre, en noir, Seyfullakh, tué lors de l'assaut raté sur la prison centrale d'Alep le 6 février 2014. A droite, l'émir Muslim, chef tchétchène indépendant de Jund al-Sham.



    Below isthe video showingthe assault ofAleppoCentral Prison,6 February 2014,whichhelpsSeyfullakh, who joinedal-Nosra,and where wealsodistinguishes Emir Muslim.Seyfullakhis killed duringthe retreat, about34:30.



    A gauche, l'émir Muslim.-Source : http://www.chechensinsyria.com/wp-content/uploads/2014/03/mujahid02.jpg


    Chechens have been, in fact, often present in fighting among the most important for the Syrian uprising. Jaysh al-Muhajireen wal al-Ansar has played a not insignificant role in taking the Minnagh airbase, in August 2013, besieged for months by the rebels in the province of Aleppo. That same month, some Chechen elements are involved in the first attack against the province of Latakia, led by ISIS-related groups. On 6 February 2014, the group of Chechen Seyfullakh integrated since December 31, 2013 at the al- Nosra front plays an important role in an attack on Aleppo Central Prison, in which its leader is killed. The Emir Muslim, another Chechen leader remained independent, is also involved in the operation. Muslim also collaborates with other rebel formations such as the Islamic Front to counter the progression of the regime on the industrial district of Sheikh Najjar, northeast of Aleppo, in March 2014. Jaysh al-Muhajireen wal al-Ansar, conducted by Salahuddin, fought northwest of Aleppo, in the early months of 2014, with Jaysh al-Mujahideen and Islamic front against the regime, but not facing ISIS. Finally, it may be noted that the Chechen part of the Syrian uprising has played an important role in the last offensive against the province of Latakia, on the border crossing point Kessab, launched on 21 March 2014. Group of Emir Muslim is present. In addition, the battalions Ansar al-Sham , a component of well established Islamic Front in the province of Latakia, and which led the offensive, have their military command led by a Chechen, Mousa Abu ash- Shishani. Moreover, one of the battalions of Ansar al -Sham is named after a former Chechen presidents who fought Russia : Dzhokar Dudayev. Chechens are long present in the province of Latakia (via the group including the Emir Muslim) ; Ansar al -Sham tries to repossess the Tour 45, a strategic hill overlooking the area of border crossing point of Kessab12. Chechens have, in the Syrian insurrection, military reputation for efficiency -perhaps exaggerated, but that is also psychological war- which provoks often fear from their opponents.





    In this video, we distinguishEmir Muslimduring theAnfaloffensivein the province ofLatakia, which beganMarch 21, 2014,and allowedthe insurgentsto penetrateto the Mediterranean.



    There are other formations including Chechens or North Caucasians, less important. Abu Musa, who arrived in Syria in 2012, lead a group of 300 men. Jamaat Sabiri is a group including especially Uzbeks and directed by Abdullah al-Tashkenti, a leader who little is known and who died during the attack on Aleppo Central Prison. The group fought alongside Omar Shishani and claims to have training camps in Syria. The Caliphate group Jamaat also fight the Syrian regime ; its leader, Abdul Hakim Shishani remains fairly mysterious13. It would count 100 militants. Recently, it has emerged on djihadist's social networks, Russian-speaking, a group led by a a man from Dagestan, Abu Hanif, part of ISIS but which retains a separate organization because of cultural and linguistic proximity of its members. Group fighters are from Russia, North Caucasus and Kazakhstan. The group was originally founded in the province of Aleppo by Abu Hanif and another man from Dagestan, Abu Banat14.
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    Most original yet, the history of the suicide bomber Abu Khalid, who blew up April 25, 2013 in Aleppo. Ramazan, from Nizhnegorsk, Crimea, is a Tatar whose profile does not match that of the majority of North-Caucasian fighters. Mature, it is part of Jaish al-Muhajireen wal-Ansar, Umar ash-Shishani's group : it is with this group he will lead a truck packed with explosives against the al-Kindi hospital. It is believed that some Crimean Tatars fought or are fighting in Syria. Local Tatar authorities accuse the radical Islamist group Hizb ut- Tahrir driving recruitment, as well as the Ukrainian media, which evoke in April 2013 death of Abdullah Jepparov, Belogorsk, Crimea, killed in Syria. Abdullah was recruited by Hizb ut-Tahrir with 6 other Crimean Tatars and transported with them in Turkey, and thence in Syria15. .


    Below,recentvideo postedby thewebsiteFiSyriasupportingChechens and otherRussian speaking related to ISIS,showinga training campin Syria.




    The majority of Chechens in Syria (400 to 1 000) is initially composed of students in Syria or Egypt at the outbreak of the revolution, which helped to attract others. Chechens from Pankisi have also much easier to go to Syria that those of the North Caucasus, paradoxically. Others come from the 150 to 250 000 Chechen refugees in Europe. Very few volunteers are from Chechnya itself. Volunteers are trained for a month/a month and a half, except for those who have at least one year of combat experience. They are closely limited in their movements the first 4 months. Clearly, North Caucasians seek to create in Syria training camps for combat in the North Caucasus, where it is difficult to install such structures. Some volunteers would have already returned to the North Caucasus.

    In January 2014, Shahid Temirbulatov, a Chechen, was the first Russian citizen sued in court for fighting in Syria. He has gone in the country in July 2013. Clearly, the Russian FSB and the GRU (military intelligence) failed to identify and track leading Chechen commanders before a certain time, or to infiltrate groups in Syria- at least for now. Nurmagomedov Shamil, a resident of Dagestan aged 24, was arrested December 7, 2013 in Khasavyurt. He is accused of having joined Syria in July 2013, having undergone training in Atmeh before joining Jaysh al-Muhajireen wal al-Ansar and fight until 20 November 2013. These convictions against relatively marginal characters among jihadists in the North Caucasus may be designed to deter potential volunteers. The Russians have not arrested, for example, Magomed Abdurakhmanov, alias Abu Banat, who served past in the Center Against Extremism in Dagestan, then went to Syria, where a video shows him killing two priests16.

     

    1Ahmet Burak OZTAS, Combattants Tchétchènes en Syrie: Mythe ou Réalité?, EHESS, avril 2013.
    2Mairbek Vatchagaev, « Chechens Among the Syrian Rebels: Small in Number, but Influential », Eurasia Daily Monitor Volume: 10 Issue: 223, The Jamestown Foundation, 12 décembre 2013.
    3Mark Youngman, « The North Caucasus Insurgency’s Syrian Balancing Act », Jihadology.net, 7 septembre 2013.
    4Emil Souleimanov, « North Caucasian Fighters Join Syrian Civil War », CACI Analyst, 21 août 2013.
    5Murad Batal al- Shishani, « Islamist North Caucasus Rebels Training a New Generation of Fighters in Syria », Terrorism Monitor Volume: 12 Issue: 3, The Jamestown Foundation, 7 février 2014.
    9Since the fighting between ISIS and other rebel groups in January 2014, disagreements between Chechens are growing and are seeing between two Internet sites : Kavkaz Center which rather supports groups linked to al-Nosra and central command of al-Qaeda, and FiSyria supporting those linked to ISIS. Cf http://eaworldview.com/2014/04/syria-special-chechen-foreign-fighters-wound-fighting/
    16Mairbek Vatchagaev, « Russia Arrests Several North Caucasian ‘Syrians’ », Eurasia Daily Monitor Volume: 11 Issue: 48, The Jamestown Foundation, 13 mars 2014.

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    Me voici de retour pour tenir les fiches de lecture habituelles... je terminais mon deuxième ouvrage, dont je reparlerai plus tard. Par ailleurs, le suivi du conflit syrien me prend aussi beaucoup de temps.

    Encore un volume de la collection bleue des éditions J'ai Lu : la traduction de l'ouvrage de deux auteur soviétiques (le sous-titre est d'ailleurs : L'affaire Sorge vue de Moscou) qui traite du fameux espion Richard Sorge.

    Richard Sorge est cet espion soviétique, qui a été en poste en Allemagne puis au Japon, et qui a fourni de nombreux renseignements sur ces deux ennemis de l'URSS, jusqu'à son arrestation en octobre 1941. Les Soviétiques ne tentent pas de le récupérer et Sorge est finalement exécuté par les Japonais le 7 novembre 1944. L'URSS lui accorde le titre de Héros de l'Union Soviétique vingt ans plus tard, en 1964.

    Ce livre a donc été écrit pendant la guerre froide, probablement au moment de la reconnaissance de Sorge par l'URSS. Fils d'ingénieur des mines en Azerbaïdjan, Sorge a cependant grandi en Allemagne où sa famille s'est ensuite installée. Son oncle avait été le secrétaire de Karl Marx. Il sert dans l'armée allemande pendant la Grande Guerre. Gravement blessé, c'est là, selon les auteurs, qu'il se serait mis à détester la guerre pour sa triste réalité. Il se convertit d'ailleurs au communisme pendant sa convalescence. Dès 1920, il sert comme agent du Komintern en Allemagne, effectue des aller-retour entre ce pays et Moscou. Passé au GRU, le renseignement militaire, en 1928, sous la houlette de son chef Berzine, il oeuvre deux ans plus tard à Shanghaï sous la couverture d'un correspondant pour un journal allemand, le Frankfurter Zeitung. C'est là qu'il rencontre Ozaki, un journaliste japonais qui sera plus tard l'une de ses principales sources.

    Rapatrié en URSS en 1932, il repart en Allemagne l'année suivante, juste après la prise du pouvoir par les nazis, pour obtenir une accréditation au Japon, car le GRU souhaite obtenir le maximum d'informations à la fois sur cet ennemi potentiel, mais aussi sur l'Allemagne, perçue comme une menace avec l'entrée en scène d'Hitler. Sorge bâtit au Japon un réseau d'informateurs très précieux : il bénéficie de contacts auprès des hommes politiques japonais influents, et par ailleurs il se construit une façade en adhérant au NSDAP et en étant proche de l'ambassadeur allemand, Ott, un agent de l'Abwehr. Il a joué un rôle important pour prévenir Moscou des manoeuvres japonaises, en particulier lors des conflits aux frontières de la Mandchourie, en 1938-1939. En 1941, il prévient également Staline de la menace d'une attaque allemande, fournissant même la date exacte de Barbarossa (ce qui est la version soviétique, non confirmée par les archives), mais Staline n'en a cure, et se méfie de Sorge, qu'il n'apprécie pas. Après l'invasion allemande, le travail de Sorge consiste à déterminer si les Japonais vont, ou non, ouvrir un second front contre l'URSS à l'est. Cependant, il ne faut pas sur-estimer l'impact de Sorge dans le dénouement de la bataille de Moscou : le transfert de réserves depuis l'Extrême-Orient et l'intérieur de l'URSS a en fait commencé dès avant l'opération Barbarossa. Les Japonais, un peu par hasard, finissent par mettre la main sur Ozaki, puis sur Sorge.

    Le travail des deux auteurs soviétiques, qui se lit comme un roman, est intéressant par ce qu'il et parce qu'il ne dit pas. Le nom de Staline n'apparaît, me semble-t-il, pas une fois dans le texte : rien n'est dit d'ailleurs du dédain affiché par le Vojd pour Sorge -même si on voit, dans une scène fameuse, celui-ci pleurer lorsqu'il découvre l'annonce de l'agence TASS du 14 juin 1941, qui confirme l'aveuglement de Staline sur les intentions allemandes. Les déboires sentimentaux et la surconsommation d'alcool de l'espion sont également passés sous silence, les deux auteurs préférant insister sur les succès obtenus et les informations rapportées -jusqu'à l'excès, comme on vient de le dire. Cependant, on ne peut nier que Sorge a bâti l'un des réseaux de renseignement les plus utiles pour l'URSS dans cette période critique des années 30 à 1941.




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    1917. Le capitaine Hardt (Conrad Veidt), le commandant du sous-marin allemand U-29, est envoyé pour prendre contact avec un agent allemand près des îles Orcades, à proximité de la base de la flotte britannique. Pendant ce temps, Anne Burnett, une institutrice, se rend aux îles Orcades pour tenir son poste. Mais en chemin, elle est enlevée par des agents allemands et une autre femme (Valerie Hobson) prend sa place pour jouer le rôle d'Anne Burnett. Celle-ci donne les instructions de la mission à Hardt : il s'agit de faire couler la flotte britannique par un groupe de U-Boote, grâce aux renseignements obtenus par le lieutenant Ashington (Sebastian Shaw), un traître à la solde des Allemands. Mais la mission de Hardt ne va pas se dérouler exactement comme prévu...

     L'espion noir, un film sorti en 1939, marque la première collaboration entre les réalisateurs britanniques Michael Powell et Emeric Pressburger -qui deux ans plus tard signeront le fameux 49ème parallèle. Ils sont réunis par Alexander Korda, un producteur et réalisateur britannique d'origine hongroise, pour adapter un roman d'espionnage de Joseph Storer Clouston, lui-même natif des îles Orcades. Le film est produit par les studios américains Columbia Pictures afin de respecter les quotas dans les cinémas britanniques, qui doivent accueillir des productions nationales.





    Comme dans 49ème parallèle, les deux réalisateurs arrivent à aller au-delà de la présentation binaire du film de guerre entre le camp "ami" et le camp "ennemi" -ce qui est d'autant plus remarquable que Pressburger, journaliste et scénariste à l'UFA, a fui l'Allemagne au moment de la montée du nazisme. Et cela a d'autant plus d'impact que le film sort à la veille de la Seconde Guerre mondiale, en 1939. Si le film débute par une mise en scène autour de l'équipage du sous-marin allemand, qui attire la sympathie, cette vision est contrebalancée par l'exécution de l'institutrice britannique par les agents allemands. Les Britanniques, au contraire, n'apparaissent d'abord pas sous leur meilleur jour, avec l'officier stipendié par l'Allemagne, par exemple. L'insistance sur les portraits d'une communauté locale -celle des îles Orcades- n'est également pas très à l'avantage des Anglais, entre le révérend qui insiste absolument pour inviter tout le monde à dîner afin de bénéficier de tickets de rationnement, ou bien ce civil curieux reconverti en policier scrutateur. Le tout sur fond de paysage écossais nocturne, embrumé. L'étude de caractères de la première partie du film, en huis clos, laisse la place à la course au succès ou à l'échec de la mission. Le final donne comme leçon que la guerre laisse finalement peu de place au sentiment... bref, un film qui annonce par bien des égards 49ème parallèle, ce qui justifie déjà de le regarder.




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