Are you the publisher? Claim or contact us about this channel


Embed this content in your HTML

Search

Report adult content:

click to rate:

Account: (login)

More Channels


Channel Catalog


    0 0

    1982, URSS, près de Rostov-sur-le-Don. Un corps est retrouvé dans le champ d'une ferme collective. La fouille des bois voisins entraîne la découverte de 7 autres cadavres à des états variés de décomposition. Viktor Burakov (Stephen Rea), un expert médico-légal, est chargé de l'enquête. Face aux errements et aux menaces de la bureaucratie soviétique, incapable d'admettre l'existence d'un tueur en série en URSS, il sera aidé et protégé par le colonel Mikhail Fetisov (Donald Sutherland), qui dirige la milice de Rostov.

    Le téléfilm s'inspire d'un livre de Robert Cullen, The Killer Department (1993), qui raconte l'histoire du tueur en série Andrei Chikatilo. Surnommé "le boucher de Rostov", Chikatilo a reconnu 56 crimes (la plupart, des enfants de moins de 17 ans) et a été jugé pour 52 d'entre eux, avec abus sexuel et mutilation des victimes. Il a commis la plupart de ses meurtres dans l'oblast de Rostov, d'où son surnom. Il commet son premier meurtre en 1978, mais ce n'est qu'en 1983 que Moscou envoie une équipe spéciale dirigée par le major (et non colonel comme cela est montré dans le téléfilm) Fetisov, qui dirige 10 enquêteurs dont Burakov qui mène l'investigation. En septembre 1984, Chikatilov est arrêté pour un comportement suspect à une station de bus mais il est relâché car l'analyse de sang ne correspond pas au sperme prélevé sur les victimes. Il se fait discret et ne commet pas de meurtre pendant près d'un an. Burakov demande ensuite une expertise à un psychiatre, Bukhanovsky, une première en URSS sur les tueurs en série : il la baptise "Citoyen X" (d'où le nom du téléfilm). Ce n'est qu'avec la glasnost et les prémices de la chute de l'URSS que l'affaire se dénoue. Les médias soviétiques communiquent davantage sur l'affaire. Burakov a remarqué que plusieurs des meurtres les plus récents ont eu lieu près des lignes de train de l'oblast de Rostov : il fait investir les gares les plus importantes par des policiers en uniforme et n'en laissent que 3 plus petites surveillés par des policiers en civil. Le 6 novembre 1990, après avoir commis un autre meurtre, Chikatilo attire l'attention d'un agent qui établit un rapport. Les enquêteurs, au vu du nom qui est déjà apparu pendant l'enquête, établissent une surveillance et l'arrêtent au bout d'une semaine, le 20 novembre. C'est Bukhanovsky, le psychiatre, qui parvient à obtenir ses aveux. Condamné à mort, il est exécuté le 14 février 1994 d'une balle dans la tête dans une cellule de la prison de Novocherkassk.

    Le téléfilm prend quelques libertés avec les faits, mais vaut pour l'interprétation remarquable de Stephen Rea et de Donald Sutherland, avec un aspect quasi documentaire. La relation entre les deux personnages tient tout le film, tout comme l'idée de surmonter les blocages de la bureaucratie soviétique. Sans parler de petits bonus comme l'intervention de Max von Sydow dans le rôle du psychiatre. Tout est effroyablement humain dans le téléfilm, de Burakov, inspecteur qui craque face à l'absurdité de sa hiérarchie, jusqu'au tueur, un "monsieur tout le monde", et aux meurtres montrés, réalistes dans être gore. Et les décors de la Hongrie post-soviétique font également très authentiques.

    0 0

    Cette bande dessinée a été réalisée à partir du témoignage d'Haytham al-Aswad, un jeune Syrien qui a vécu le début de la révolution syrienne en 2011 aux premières loges, pour ainsi dire. L'histoire est racontée par Nicolas Hénin, journaliste, ancien otage de l'Etat Islamique en Irak et au Levant (EIIL), l'ancêtre de l'EI, en 2013-2014. Le dessin est dû au Coréen Kyungeun Park.

    Le destin d'Haytham permet de revivre, comme une histoire vraie, le début de la révolution syrienne. Haytham est né à Deraa, là où tout a commencé. Bastion du parti Baath, Deraa compte pourtant, avant la révolution, des activistes anti-régime, comme le père d'Haytham, très actif à partir du "printemps de Damas", de courte durée, qui suit l'avènement au pouvoir de Bashar el-Assad en 2000. Haytham lui-même, passé par le moule d'endoctrinement de l'école, raconte comme il était grisé par les manifestations organisées par le régime. Le dégrisement vient par l'action des moukhabarat, les services de renseignement, qui éliminent les opposants ; l'occasion d'évoquer le sinistre bagne de Palmyre, ville que l'EI vient tout juste de reprendre au régime syrien (qui l'avait lui-même reconquise, avec l'aide des Russes, à grand renfort de propagande, en mars 2016, après l'avoir perdue en mai 2015) en décembre dernier. On parle beaucoup, à raison, des monuments antiques de Palmyre dynamités par l'EI, mais beaucoup moins des tortures et exécutions commises dans la prison par le régime syrien sous Hafez puis Bachar el-Assad.




    Le père d'Haytham est mis à l'écart de son travail d'enseignant en raison de ses opinions politiques. Au moment du printemps arabe en 2011, les moukhabarat ne lui cachent pas qu'il disparaîtrait s'il se montrait trop virulent. Le 27 février, 15 écoliers sont arrêtés par la sécurité politique d'Atef Najib, cousin de Bachar, pour avoir dessiné des graffitis anti-régime. Le 18 mars, les habitants de Deraa manifestent après avoir appris la mort des écoliers, torturés et exécutés. Le régime fait venir par hélicoptère des renforts qui tirent des gaz lacrymogènes, puis à balles réelles, sur la foule, tuant les premiers manifestants. Haytham accompagne son père aux manifestations suivantes. Ce dernier, menacé par les shabiha, doit entrer dans la clandestinité.

    Haytham transpose le combat de son père à l'école. Mais le 24 avril, le régime syrien envoie l'armée pour encercler Deraa. La mère d'Haytham décide faire quitter la ville à sa famille. Comme le montre l'épisode de la sortie de la ville, certains soldats syriens répugnent à accomplir la tâche qui est la leur, contrairement aux moukhabarat qui vont de plus en plus encadrer la troupe pour s'assurer de l'efficacité du cordon. Le père d'Haytham finit par quitter la Syrie via la Jordanie pour continuer le combat en France. Haytham et sa famille, à leur tour, franchissent la frontière.

    En France, Haytham découvre la liberté, les barres chocolatées, le libre accès à Internet, Paris. L'apprentissage du français n'est pas évident, mais Haytham fait son chemin, ne rencontrant que peu de réactions racistes (il évolue dans une classe FLE), parfois les gabegies administratives. C'est à Paris qu'Haytham rencontre les premiers journalistes qui vont écrire les premiers articles sur lui. Via Internet, Haytham reste en contact avec la famille demeurée en Syrie. Un de ses cousins, engagé parmi les rebelles, est tué au combat. Un autre fait partie du front al-Nosra, et a également péri. Un autre a été torturé, avant d'être relâché par les moukhabarat.

    Le témoignage d'Haytham, scénarisé pour la bande dessinée, est sans aucun doute précieux, car il sonne vrai. Une façon de se rappeler que la révolution syrienne n'a pas commencé avec les djihadistes de l'EI, ou du front al-Nosra, mais bien avec des manifestants victimes de la répression militaire d'un régime prêt à tout pour s'accrocher au pouvoir.

    0 0

    Titre : Entre deux Etats : tribulations et gains

    Durée : 27 minutes 24 secondes

    Lieu(x) : les combats de la séquence 6 se déroulent sur la colline Sheikh Aqil à l'ouest d'al-Bab, et à l'hôpital. Même localisation pour la séquence 7 sur le butin.

    Date (sûre par recoupement ou estimée) : les combats de la séquence 4 correspondent à un reportage photo du 1er novembre, et d'autres plans à des reportages des 8 et 13 novembre. Certains combats de la séquence 6 correspondent à une vidéo Amaq du 22 décembre 2016 de même que les images du butin de la séquence 7.

    Type de vidéo : c’est une vidéo de défense agressive, l’EI contre-attaque différents adversaires autour de la ville d’al-Bab.

    Découpage (séquences) :

    1 : 15''-1'16'', introduction.
    2 : 1'16''-9'19'', références historiques, discours.
    3 : 9'19''-11'49'', propagande.
    4 : 11'49''-15'36'', combats contre les Kurdes
    5 : 15'36''-19'08'', tirs de missiles antichars.
    6 : 19'08''-23'11'', combats sur le front d'al-Bab.
    7 : 23'11''-24'58'', butin.
    8 : 24'58''-27’24’’, exécution d’un prisonnier.



    Forces attaquées/adversaires : l’EI affronte les Kurdes des SDF, l’armée turque et ses alliés rebelles syriens.

    Effectifs engagés : dans la séquence 6, un groupe de 14 combattants est visible autour d'un feu, dont un adolescent qui entonne un nasheed de l'EI. De manière générale l’infanterie engagée comprend plusieurs groupes de combat à chaque fois.



    Moyens d'appui utilisés (canons, mortiers, armes artisanales...) : dans la séquence 4, un mortier artisanal et un mortier de 120 mm participent au pilonnage.




    Dans la séquence 5, on peut voir des tirs de missiles antichars :

    1 : deux tirs de missiles antichars simultanés contre 2 véhicules voisins (un Kornet et un HJ-8?), dont au moins un véhicule blindé (touchés).




    2 : un tir de missile antichar contre un camion (communication) (touché).

    3 : un tir de missile antichar contre un char Leopard 2A4 turc (touché).

    4 : un tir de missile antichar contre un véhicule (?) (touché).

    5 : un tir de missile antichar contre un véhicule (?) (touché)

    6 : un tir de missile antichar contre un char Leopard 2A4 turc (sans doute Metis-M) (touché).



    7 : un tir de missile antichar contre un véhicule blindé ACV-15 AACP (touché).



    8 : un tir de missile antichar contre une automitrailleuse ZPT (touchée).

    Véhicules utilisés (chars, véhicules blindés, technicals...) : dans la séquence 4, l'EI utilise un canon sans recul M40 de 106 monté sur Land Cruiser, un camion AZP S-60 de 57 mm monté sur camion, un char T-55. On voit plus loin un Land Cruiser avec ZU-23 et un Hilux avec KPV. Il y a aussi un autre Hilux avec KPV.









    Dans la séquence 6, l'EI déploie un char T-72, un char T-55, un BMP-1. Un KPV sur Hilux ouvre le feu, ainsi que 2 autres KPV sur technicals. L'EI déploie aussi un Land Cruiser avec tourelle de BMP-1 à l'arrière (numéro 232), comme celui vu à Deir-ez-Zor ; il évoque aussi un F350 avec même tourelle vu dans la dernière vidéo al-Jazirah en Irak (ouest de Mossoul).












    Kamikazes (identité) :

    1 : Abu Abd Al Rahman Al Shami (Syrien).

    2 : Abu Asma Al Shami (Syrien).

    3 : Abu Maha Al Iraqi (Irakien), vise des véhicules à l'ouest d'al-Bab.

    Véhicules kamikazes (types, impact) :

    1 : Abu Abd Al Rahman Al Shami conduit un camion ou bulldozer blindé, et se jette sur une concentration de 13 pick-up et d'une AZT des rebelles syriens probablement.

    2 : BMP-1 détourellé. Se jette sur une position entourée de levées de terre ; une mitrailleuse lourde tire sur le BMP-1, sans pouvoir rien faire pour l'arrêter.



    3 : Abu Asma Al Shami conduit un pick-up avec coque de blindage et explose sur la partie ouest de l'hôpital (colline à l'ouest d'al-Bab).

    Armes légères et lourdes (fusils d'assaut, mitrailleuses, RPG, etc) - groupes de combat et leurs tactiques : le groupe de combat de la séquence 4 dispose d'au moins un tireur RPG-7. Les fantassins de l'EI envoient des grenades sur les combattants kurdes. On voit aussi un tireur PK.

    Dans la séquence 6, le groupe de combat de l'EI comprend un tireur sur Zastava M84 (avec AK dans le dos) et un tireur RPG-7 (avec AK dans le dos).





    L'exécution de la séquence 8 se fait une avec une M249.

    Destructions de véhicules adverses : dans la séquence 5, après la série de missiles antichars, on peut voir un véhicule blindé ACV-15 AACP incendié, qui a perdu sa tourelle, sans doute touché par un missile antichar. On peut voir ensuite 2 carcasses de chars Leopard 2A4 (tourelle éjectée à chaque fois) et 1 de ZPT. Il y a aussi un Otokar Cobra couché sur le flanc gauche. Sur une route, un char M-60T Sabra (numéro 264944) et un Otokar Cobra (numéro 25944?) ont été détruits. L'EI filme les obus de 120 mm du char et remorque le Cobra. Sur une colline, l'EI filme un Leopard 2A4 abandonné de même qu'un ACV-15. Au moins 2 autres carcasses de Leopard 2A4 sont visibles.


















    Butin matériel : dans la séquence 7, l'EI filme un ACV-15 AIFV avec tourelle Sharpshooter capturé. On voit aussi un Leopard 2A4 capturé (numéro 532) et un bulldozer.




    Morts/prisonniers/blessés adverses : dans la séquence 4, l'EI filme entre 10 et 20 corps adverses, parfois avec les mises en scène habituelles (argent ou cigarettes disposés sur le corps).

    Morts/blessés de l'EI : néant.

    Effets visuels/montage/techniques de propagande : la louange à Allah est suivie de la mention Islamic State et du logo de la wilayat, sous-titré en anglais.

    Dans la séquence 1, on voit les hommes de l'EI dans des tranchées. A noter que le titre de la vidéo s'affiche ensuite sur un montage comprenant une image du film Kingdom of Heaven (2005).

    Dans la séquence 2, l'EI montre une biographie de Mahomet par Muhamad Ibn Abd Wahab (couverture d'un livre). La séquence insiste sur les débuts de l'islam et la conquête de l'Arabie (l'EI utilise les images d'un film sans doute tourné dans le monde arabe). Il y est question d'Al Saddiq, l'ami, et d'Al Farouq, celui qui distingue entre le vrai et le faux. L'EI cite le verset 214 de la sourate de la Vache. Il insiste ensuite sur le rôle de la branche irakienne de l'organisation, avant la naissance de l'EI en 2014 : on voit des images d'un camp d'entraînement dans la province d'al-Anbar A la fin de la séquence 2, les combattants, avec leurs AK-47 dans le dos, creusent une tranchée avec des pioches.

    La séquence 3 montre des blessés et morts américains (images d'archives, soldats). On voit aussi des montages avec le Colisée de Rome sur lequel fonce un char de l'EI ; l'EI montre aussi les monuments de Palmyre pour symboliser la conquête de Sham, et la grande arche de Ctésiphon pour indiquer qu'Allah a donné les clés de la Perse. L'EI compare la défense d'al-Bab à la bataille de la tranchée en 627 à Médine.

    Dans la séquence 6, les combats, les VBIED et les carcasses de véhicules adverses sont en partie filmés par drone.

    L'exécution de la séquence 8 (réalisée par un Syrien, Abu Othman Al Shami)semble reproduire le traitement d'un cadavre de combattant de l'EI par les rebelles : dans une vidéo de ceux-ci, on voit un rebelle mitrailler un corps et le frapper avec son AK-47, ce que fait le bourreau de l'EI avec le prisonnier.

    Religion : au début de la séquence 1, on entend un discours d'Abu Bakr Al Baghdadi.

    Dans la séquence 2, un combattant de l'EI, Abu Anas Al Zarqawi (Jordanien) parle longuement. On le revoit encore dans la séquence 3. Un combattant creusant la tranchée parle également, Abu Mazar al Shami (Syrien).

    Dans la séquence, on entend Zarqawi. L'EI fait aussi référence à un écrit d'Ibn Tamiyya, qui lui-même fait allusion à la sourate al-Anfal (verset 49).

    Nasheeds (poèmes chantés) présents dans la vidéo :

    1 : ?

    2 : ?

    3 : 11’55’’-13’50’’ We came as Eagles

    4 : 13’56’’-15’30’’ Qasaeqat

    5 : 16’16’’-19’02’’ Fought


    7 : 21’19’’-23’06’’ Sunnatullah

    8 : 23’11’’-24’53’’ Halili Kabiri

    9 : 25’52’’-27’02’’ Sirna Hubbillillah

    Commentaires particuliers :L’EI a déjà consacré deux vidéos au front d’al-Bab depuis un mois. Il faut dire que l’enjeu est important et que le groupe peut montrer des succès contre l’armée turque et ses alliés rebelles syriens. Parmi les combattants, on peut voir un adolescent, qui entonne un nasheed : il faut observer que les dernières vidéos de l’EI (à Mossoul, mais pas seulement) montrent de plus en plus d’adolescents parmi les combattants. Comme la première vidéo, celle-ci met l’accent sur les tirs de missiles antichars (presque 10) avec une première : deux tirs de missiles antichars simultanés. Les matériels vus dans la première vidéo et que l’on peut deviner dans celle-ci laissent penser à la présence d’une « katiba antichars »  dénommée ainsi par l'EI et vu en action pour la défense au sud de Mossoul à l’été 2016. Si celle d’Irak n’a pas migré vers la Syrie, cela veut dire que l’EI a constitué au moins 2 katibas antichars mobiles équipées d’une gamme variée de lanceurs (Konkurs/Fagot, TOW, Kornet, Metis-M). Ici encore, l’EI déploie, par mauvais temps, au moins un char T-55, un char T-72 et un BMP-1. Le Land Cruiser avec tourelle de BMP-1 montée à l’arrière est identique à celui vu sur le front de Deir-es-Zor en septembre dernier ; un autre véhicule similaire a été vu en décembre en action à l’ouest de Mossoul (tourelle sur F350). Cela signifie que l’EI standardise probablement la fabrication de véhicules improvisés. L’armée turque et les rebelles n’ont pas encore trouvé de contre-mesures efficaces contre les VBIED (l’EI emploie ici au moins un BMP-1 détourellé mieux protégé contre les tirs, à dessein sans doute). Le nombre de chars et véhicules blindés turcs détruits est important, et l’EI s’empare même de quelques véhicules.

    0 0

    Depuis 2014, la 104ème brigade de la Garde Républicaine syrienne et son chef légendaire, le général Zahreddine, sont associés à la défense de l'aéroport militaire et de la poche tenue par le régime syrien à Deir-es-Zor, face à l'EI. Pourtant, l'unité avait commencé, en 2011, par réprimer les manifestants descendant dans les rues au début de la révolution. L'unité, partie intégrante de la garde prétorienne du régime Assad, est largement maintenue à Damas et ses alentours dans les premières années du conflit pour parer à toute éventualité, fournissant ponctuellement des détachements pour certaines opérations dans le pays. Avec l'avènement de l'EI et sa conquête de la province de Deir-es-Zor, la 104ème brigade est jetée dans la bataille pour conserver ce bastion du régime dans l'Est du pays. Depuis deux ans et demi, Zahreddine et ses hommes tiennent, tant bien que mal, cette poche contre laquelle l'EI s'est jusqu'à présent usé : mais la récente offensive de janvier 2017 a pour la première fois réussi à couper en deux tronçons le territoire contrôlé par le régime. Isolés, ravitaillés uniquement par air, les hommes de la 104ème brigade constituent pourtant un symbole fort pour le régime, celui de la combativité. Il n'empêche que le succès de la défense doit aussi beaucoup au soutien aérien, renforcé par l'allié russe, dont disposent les combattants de la Garde.




    Historique


    La Garde Républicaine a été créée en Syrie par Hafez el-Assad en 1976. Elle est commandée par Adnan Makhlouf, le cousin de sa femme. Les recrues viennent d'abord de l'armée de l'air, branche historiquement la plus liée au clan Assad. Progressivement, cette unité prétorienne passe au rang d'unité mécanisée, notamment après la dissolution des Compagnies de Défense de Rifat al-Assad suite au coup d'Etat manqué de ce frère de Hafez, en 1984. En 2011, au déclenchement de la révolution, la Garde Républicaine syrienne comprend pas moins de 3 brigades mécanisées (dont la 104ème, qui accompagne les 105ème et 106ème : 3 500 hommes chacune), deux régiments de sécurité (101ème, 102ème, 1 500 hommes chacun) et un régiment d'artillerie (100ème) : elle équivaut en fait à une division d'infanterie mécanisée, comparable à la 4ème division blindée, sauf qu'elle obtient le meilleur matériel et qu'elle est systématiquement maintenue à plein effectif. La plupart des officiers et soldats sont alaouites mais on trouve aussi des sunnites dans l'encadrement, comme le fils de l'ancien ministre de la défense Mustapha Tlass, qui a fait défection en 2012. La Garde Républicaine est destinée à prévenir tout soulèvement intérieur : c'est pourquoi elle est stationnée sur le mont Qasioun au nord de Damas, près du palais présidentiel.

    La 104ème brigade mécanisée, dans la Garde Républicaine, a une importance symbolique particulière. Elle a été commandée, en effet, par Basel el-Assad, héritier présomptif de Hafez, avant sa mort accidentelle en 1994, puis par son frère Bachar el-Assad, avant qu'il ne remplace son père comme président. Elle est ensuite prise en main par Issam Zahreddine, un Druze de la province de Suweyda. Au début de la révolution (et selon les documents fournis par le régime à l'ONU), la 104ème brigade a opéré pour partie à Deraa, dans le sud de la Syrie, où un conscrit de Deir-es-Zor est tué le 25 avril 2011. Un autre est tué le 8 juin à Douma (Damas). Un troisième meurt suite à des blessures à Homs en août 2011. 2 autres sont tués à Douma en août. Un sixième est tué à Harasta en septembre 2011. 2 conscrits sont tués à Douma en octobre. Un sergent tombe à Harasta en novembre 2011. La Garde Républicaine brise les manifestations de mars-mai 2011 dans et autour de la capitale, et opère principalement dans celle-ci. Au moins un témoignage de soldat défecteur précise que la 104ème brigade a battu des manifestants arrêtés, et que le général Zahreddine donnait lui-même les ordres, portant un bâton électrique pour procéder aux tabassages. De petits détachements sont parfois envoyés pour des opérations à l'extérieur de la capitale, comme c'est le cas pour le siège de Homs à partir de février 2012 auquel participe manifestement la 104ème brigade.

    Le général Zahreddine, un Druze, commande la 104ème brigade.


    En mai 2013, l'aviation israëlienne conduit des frappes à Damas, notamment contre des stocks d'armes à destination du Hezbollah, mais vise aussi la base de la 104ème brigade à Qasioun. Au moment des attaques chimiques dans l'est de la Ghouta, à Damas, le 21 août 2013, la base de la 104ème brigade sur le mont Qasioun est pointée du doigt comme site de lancement probable des roquettes M14 de 140 mm modifiées qui ont servi à cette attaque. En octobre, la 104ème brigade est mobilisée pour l'offensive du régime pour rouvrir le cordon de ravitaillement en direction d'Alep, mais une partie de l'unité est finalement déroutée vers Deir-es-Zor, menacée par les rebelles syriens, puis par l'EI qui chasse les autres rebelles de la ville, et de la province, en juillet 2014. Zahreddine mène en personne le contingent qui engage des T-72 Ural, des T-72M1, des BMP-1, quelques ZSU-23/4 d'autres unités. La 104ème brigade dipose aussi de 2 lanceurs IRAM Falaq-2 et d'armes légères modernes comme des AK-74M et des fusils anti-matériel iraniens AM-50. Elle vient épauler la 137ème brigade de la 17ème division, l'unité locale déjà bien entamée par les combats à Deir-es-Zor. A l'automne 2014, la 104ème brigade combat à la fois l'EI dans le centre-ville dans de difficiles combats urbains mais aussi sur l'île Sakr, à l'Est de la ville. Elle engage ses T-72, suivis par l'infanterie et épaulés par d'autres T-72 et les ZSU 23/4, pour confiner l'EI dans une partie de la ville et laisser le combat final à la 137ème brigade, aux Forces Nationales de Défense, et à au moins une milice qu'elle a formée. La 104ème brigade bénéficie de l'appui aérien du 8th Squadron basé sur l'aéroport militaire et équipé de MiG-21 ; il peut aussi compter sur le 819th Squadron avec des Su-24M2. Des MiG-23BN, Mi-25 et Mi-8 sont aussi déployés sur l'aéroport militaire. L'EI lance une première grande offensive d'envergure en décembre 2014 à Deir-es-Zor : les succès initiaux forcent les troupes de la 104ème brigade à se replier sur l'aéroport lui-même pour sécuriser l'installation, et à laisser les Forces Nationales de Défense et autres combattants à tenir les points les plus exposés sur la ligne de front. L'EI emploie de nombreux VBIED, notamment un char T-55 bourré d'explosifs, mais aussi des BMP-1. Il a également fait usage de nombreux drones pour repérer et étudier les positions adverses. Durant cette offensive, l'EI exécute par décapitation de nombreux prisonniers, dans un but évident de guerre psychologique et de propagande : en face, la 104ème brigade, et jusqu'au propre fils du général Zahreddine, qui sert comme officier dans l'unité, se font une spécialité de parader avec des têtes de combattants de l'EI décapités, et entassent les corps dans des camions qui font parfois le tour des positions contrôlées par le régime, ou les déversent dans des fosses communes. La bataille de Deir-es-Zor est un enjeu symbolique fort, dans les deux camps.

    En avril 2015, la 104ème brigade est rappelée à Damas, mais est dépêchée en urgence, de nouveau, à Deir-es-Zor, dès le mois suivant, l'EI ayant profité du départ de l'unité pour lancer une nouvelle offensive. On signale aussi la présence de la 104ème brigade (sans doute une partie non engagée à Deir-es-Zor) à Wadi Barada au mois de mai. Dans la nuit du 6 au 7 décembre, 4 appareils américains frappent la base de la 137ème brigade à Ayash, base des Panther Forces et des forces spéciales russes qui guident les frappes aériennes contre l'EI.

    En janvier 2016, l'EI lance une nouvelle offensive sur Deir-es-Zor qui lui permet de s'emparer des quartiers nord de la ville. La 104ème brigade est obligée de céder du terrain malgré l'appui aérien russse désormais disponible côté régime. En mars 2016, le général Ghassan Taraaf arrive avec une unité spéciale de 100 hommes pour renforcer la 104ème brigade à Deir-es-Zor et préparer des opérations offensives. A ce moment-là, une source pro-régime indique que la garnison comprend 4 000 hommes, entre la 104ème brigade et la 137ème brigade. La 104ème brigade se repose beaucoup sur la puissance de feu des chars, des canons D-30 et M-46, et des avions de l'aéroport militaire pour repousser les assauts successifs de l'EI. En mai 2016, un document montre les noms de 350 soldats de la brigade tués au combat depuis 2013. Un chiffre important quand on sait qu'environ un millier d'hommes de la 104ème brigade aurait combattu à Deir-es-Zor (avec probablement des hommes recrutés sur place, comme ceux de la tribu al-Shaytat). Le 1er septembre, la 104ème brigade montre des photos d'un bulldozer blindé de l'EI détruit dans les combats de rues. Le 6 septembre 2016, la 104ème brigade fait sauter un réseau de tunnels de l'EI découvert dans la ville de Deir-es-Zor. Ce même mois, l'EI relance une offensive pour prendre le terrain au sud de l'aéroport militaire, notamment le mont Tardah qui domine le secteur. Le régime ne parvient qu'à grand peine à repousser l'assaut. Le 12 novembre 2016, la 104ème brigade abat un drone de l'EI, un quadcopter type Phantom 4, au-dessus de ses positions.







    Le 14 janvier 2017, l'EI lance une offensive de grande envergure contre les positions du régime à Deir-es-Zor. Au bout de 3 jours, il parvient pour la première fois depuis le début du siège à couper la poche du régime en deux tronçons, isolant l'aéroport militaire des quartiers de la ville et du territoire tenu plus à l'ouest. Le 22 janvier, une centaine de soldats de la 104ème brigade sont déposés par hélicoptère sur la 137ème brigade, après avoir transité par avion via Qamishli.

    Ci-dessus et ci-dessous, cartes montrant l'évolution de la poche du régime à Deir-es-Zor après l'offensive de l'EI qui débute le 14 janvier dernier. Certaines cartes sont plus marquées pro-régime, d'autres pro-EI.


    Le 16 janvier, on voit que l'EI (ici sur une carte plutôt pro-régime) a coupé en deux la poche, séparant l'aéroport militaire de la base de la 137ème brigade à l'ouest.








    Combattant de la 104ème brigade tué à Deir-es-Zor en janvier 2017. Le béret rouge est l'apanage de la Garde Républicaine.




    Combattant du Hezbollah tué à Deir-es-Zor, aux côtés de la 104ème brigade.





    Propagande, idéologie


    Une page Facebook est dédiée à la 104ème brigade. La photo de couverture de la page associe le général Zahreddine au général Hassan, le commandant des Tiger Forces, sur fond de tir de BM-21 Grad. Une autre page semble être dédiée à une unité de la brigade. La page du fils du général Zahreddine est également très active.

    De nombreuses photos du général Zahreddine, véritable icône des pro-régime syriens, sont mises en avant. Le 16 janvier 2017, en pleine offensive de l'EI, des photos montrent Zahreddine et ses gardes du corps à côté de cadavres. Le 20 janvier, on voit encore des photos de nombreux cadavres présentés comme ceux des combattants de l'EI.



    Le 17 novembre 2016, une des pages Facebook se plaint d'un article d'al-Akhbar (quotidien libanais pourtant proche du Hezbollah, allié d'Assad) qui dépeint sous un jour un peu trop sombre la situation de la poche du régime à Deir-es-Zor.


    Armement, matériels, tactiques


    Les T-72 de la Garde Républicaine ont généralement un camouflage de type désertique. L'unité dispose de la version la plus récente du char en Syrie, le TURMS-T. La 104ème brigade a reçu de nombreux AK-74M et AKS-74U quand elle a été dépêchée, pour partie, à Deir-es-Zor, à l'automne 2014. C'est l'arme de choix de la garde rapprochée de Zahreddine, Saqr al-Harath, composée comme il se doit de nombreux Druzes. La 104ème brigade, contrairement à ses deux consoeurs de la Garde Républicaine, ne dispose pas de BMP-2 : à Deir-es-Zor, elle se repose sur les vieux BMP-1, en utilisant des tactiques adaptées. Une photo du 17 janvier 2017 sur une des pages Facebook montre le général Zahreddine à côté d'un technical portant un KPV bitube.

    Une analyse en source ouverte des documents produits par la 104ème brigade durant l'offensive de l'EI débutée le 14 janvier dernier permet de se faire une idée de ses modes d'opération. Une vidéo du 14 janvier filme des fantassins se protégeant derrière un BMP-1, un tir de missile antichar Metis-M, des technicals avec ZU-23 et DSHK. Dans une vidéo du 15 janvier, on peut voir un ZSU 23/4 utilisé en tir tendu et un mortier léger. Parmi les fantassins filmés le 17 janvier, un tireur d'élite avec SVD Dragunov et AK dans le dos, comme ceux de l'EI. Dans une vidéo du 18 janvier, on observe un Shilka sans canon, semble-t-il, et une position d'artillerie, avec au moins un canon M-46 de 130 mm. Assez curieusement, une vidéo du 20 janvier montre une charge de fantassins en ligne, à découvert : on peut supposer qu'une préparation a été effectuée avant sur les positions adverses. Le même jour, on peut voir un char T-55 faire feu en tir tendu, passant à côté d'un technical avec bitube ZU-23. En combat urbain à Deir-es-Zor, une vidéo du 21 janvier montre quelques fantassins faire le coup de feu avec AK-47 et RPG-7. Certains fantassins sont casqués Le même jour, on peut voir un char se diriger vers les positions adverses. Une autre vidéo montre plusieurs chars, un technical avec ZU-23, un camion avec S-60 de 57 mm appuyer des fantassins. Le 22 janvier, outre un char T-55 et un technical avec bitube ZU-23, on peut voir un lance-grenades AGS-17 russe en action. La 104ème brigade semble se reposer beaucoup sur les frappes aériennes : dans une vidéo du 23 janvier, Zahreddine visite la ligne de front pour la propagande, et observe sinon guide à la radio un raid aérien. Une autre vidéo montre un mortier lourd de 120 mm et un ZSU 23/4 en tir tendu. Le 24 janvier, une vidéo montre Zahreddine faisant le coup de feu avec un vieux fusil de sniperMosin Nagant 1891/30 à lunette.




























    0 0

    Titre : Les chevaliers des Dawawin.

    Durée : 38 minutes 33 secondes.

    Lieu(x) : Mossoul et ses environs immédiats.

    Date (sûre par recoupement ou estimée) : la vidéo a été mise en ligne le 24 janvier 2017. Les derniers kamikazes de la vidéo se sont fait exploser le 7 janvier, soit une quinzaine de jours avant ; les images précédentes sont plus anciennes. Les séquences de combat remontent à début janvier ou fin décembre 2016.

    Type de vidéo : c’est une vidéo thématique, dédiées à la fois aux kamikazes issus des bureaux administratifs de l’EI (diwans), et à l’utilisation, aussi, de drones armés.

    Découpage (séquences) :

    1 : 15''-1'56'', introduction.
    2 : 1'56''-4'25'', bataille de Mossoul.
    3 : 4'25''-9'08'', VBIED.
    4 : 9'08''-13'52'', VBIED.
    5 : 13'52''-16'42'', VBIED.
    6 : 16'42''-18'14'', combats.
    7 : 18'14''-18'44'', portraits de combattants.
    8 : 18'44''-20'04'', VBIED.
    9 : 20'04''-21'17'', blessés de l'EI.
    10 : 21'17''-24'02'', VBIED.
    11 : 24'02''-25'05'', reporters.
    12 : 25'05''-29'19'', VBIED.
    13 : 29'19''-29'57'', propagande.
    14 : 29'57''-30'28'', 1 VBIED.
    15 : 30'28''-32'17'', bombardement d'un B-52.
    16 : 32'17''-38’33’’, attaques avec drones armés.

     

    Forces attaquées/adversaires : petits groupes de combat (7-10 hommes).

    Effectifs engagés : dans la séquence 2, on voit un très jeune combattant lancer une grenade improvisée. On peut voir un groupe de 50 à 100 hommes assis dans une pièce (apparemment des membres de la Hisba).




    Moyens d'appui utilisés (canons, mortiers, armes artisanales...) : dans la séquence 2, on voit 3 tirs de SPG-9 successifs (dont 2 par des fantassins qui les portent à l'épaule). L'EI filme aussi une mitrailleuse Type 77/85 sur affût roulant.





    Dans la séquence 11, l'EI se sert d'un mortier léger.

    Pour la première fois, dans la séquence 16, l'EI montre ses drones armés en action. 2 hommes font décoller un Skywalker X7/X8, ou un modème approchant, armé de grenades de 40 mm modifiées. D'après cet article, il s'agit probablement de grenades de 40 mm de fabrication occidentale (l'EI a capturé des bandes de grenades de 40 mm pour lance-grenades Mk 19 à Mossoul, entre autres), ou de munitions OG-7VE High Explosive pour lance-roquettes RPG-7.












    1 : l'engin frappe un groupe de 7-8 hommes dans une rue, plusieurs blessés.

    2 : explose à côté de soldats irakiens dans une rue, plusieurs blessés.

    3 : tombe à côté d'un ILAV Badger et de 2 Humvees, un blessé.

    4 : tombe au milieu d'une concentration de véhicules.

    5 : tombe à côté d'un Humvee.

    6 : tombe sous un pick-up, à côté d'un ILAV Badger.

    7 : tombe sur la tourelle d'un Abrams, membre d'équipage blessé sinon tué.

    8 : tombe sur un Humvee.

    9 : tombe dans la tourelle d'un Humvee.

    10 : tombe dans la tourelle d'un Humvee.

    11 : tombe sur un groupe de 9 hommes à côté de Humvees. 1 tué probable, plusieurs blessés.

    12 : tombe à côté d'un Humvee, 1 blessé.

    13 : tombe sur un groupe de soldats, 1 tué probable, plusieurs blessés.

    14 : tombe sur un groupe de soldats, 1 tué probable.

    15 : tombe sur des soldats.

    16 : tombe sur le capot d'un Humvee.

    17 : tombe près d'un groupe de Humvees précédé d'un MaxxPro.

    18 : tombe sur l'avant d'un véhicule.

    19 : tombe sur l'avant d'un Humvee, qui prend feu.

    Véhicules utilisés (chars, véhicules blindés, technicals...) : dans la séquence 2, on voit tirer un technical avec DSHK. L'EI utilise aussi les motos pour le transport des combattants.

    Dans la séquence 6, on peut voir un véhicule blindé improvisé.

    Kamikazes (identité) :

    1 : Abu Imam Al Shishani (Tchétchène)

    2 : Abu Musa Al Shami (Syrien)

    3 : Abu Mariyam Al Maslawi (Irakien, Mossoul)

    4 : Yousif Al Maslawi (Irakien, Mossoul)

    5 : Abu Al Zubir Al Iraqi (Irakien)

    6 : Abu Abd Al Hakim Al Iraqi (Irakien)

    7 : Abu Yassir Al Iraqi (Irakien).

    8 : Abu Maslam Al Muhajir (étranger)

    9 : Abu Talha Al Iraqi (Irakien)

    10 : Qatada Al Iraqi (Irakien)

    11 : Abu Hassan Al maslawi (Irakien, Mossoul).

    12 : Abu Omar Al Maslawi (Irakien, Mossoul).

    13 : Abd al rahman Al Iraqi (Irakien).

    14-15 : Abu Bara et Abu Malik Al Iraqi (tireur, adolescent ; conducteur).

    16 : Abu Khatab Al Tunisi (Tunisien).



    17 : Abu Aisha Al A'alami

    18 : Abu Salah Al Janabi

    19 : Abu Yusef Al Daghestani (Daghestan).


    Véhicules kamikazes (types, impact) :

    1 : 4x4 avec coque de blindage, repeint.

    2 : 4x4 Kia Motors avec coque de blindage et blindage SLAT sur l'avant et les côtés. On observe le système de mise à feu avec 2 boutons identiques (pour pallier aux défaillances?).

    3 : 4x4 blanc avec coque de blindage, explose sur une concentration de véhicules irakiens.

    4 : pick-up blanc, explose sur un regroupement de véhicules.

    5 : camion, explose au milieu d'une colonne de Humvees.

    6 : 4x4 blanc avec coque de blindage. On voit encore les 2 boutons détonateurs sur le tableau de bord. Explose contre des Humvees.

    7 : 4x4 blanc avec coque de blindage. Sans doute guidé par drone. Explose sur une colonne de Humvees.

    8 : 4x4 blanc avec coque de blindage, explose le long d'une colonne de Humvees.

    9 : pick-up blanc, explose sur une colonne de véhicules.

    10 : camion, explose contre des Humvees.

    11 : 4x4 blanc, s'encastre dans un Humvee.

    Un des kamikazes de la séquence 10 a une oreillette sur l'oreille gauche, ce qui laisse penser qu'il y a bien un guidage à distance avec le drone. On voit toujours les deux boutons pressoirs.

    12 : véhicule de combat improvisé, avec un chauffeur et un tireur à l'arrière. Explose contre des chars T-72.

    13 : pick-up blanc avec blindage additionnel. Explose le long d'un regroupement de véhicules à l'arrêt.

    14 : pick-up avec blindage additionnel.

    15 : 4x4 avec coque de blindage, 2 boutons pressoirs, percute un Humvee.

    16 : pick-up avec renfort de blindage. Se jette sur un Humvee.

    17 : 4x4, percute 2 Humvees.

    On voit un camion, un pick-up avec blindages additionnels, de même qu'un 4x4 dont la cabine a été découpée pour mettre le blindage additionnel.

    18 : un 4x4 blanc vient percuter un Humvee après le largage du drone armé n°1.

    Armes légères et lourdes (fusils d'assaut, mitrailleuses, RPG, etc) - groupes de combat et leurs tactiques : dans la séquence 2, on peut voir un combattant avec RPK et un autre avec AK munie d'un lance-grenades tirer sur des avions, de même qu'un fantassin avec M-16. On voit aussi un tireur PK et un tireur RPG-7. Plus loin 2 autres tireurs PK sont filmés.

    Au début de la séquence 4, on peut voir des inghimasiyyi (avec gilets d'explosifs et détonateurs).

    Le groupe débarqué de la séquence 6 comprend un tireur RPG-7. Pour percer des trous dans les murs, les combattants utilisent 2 charges circulaires. Ces combattants appartiennent à la Hisba.




    Dans la séquence 11, on voit un groupe de combat avec PK et RPG-7.

    Destructions de véhicules adverses : néant.

    Butin matériel : néant.


    Morts/prisonniers/blessés adverses : néant.


    Morts/blessés de l'EI : des noms de tués ou de kamikazes sont cités dans plusieurs séquences :

    Abu AlGha'agha'a Al Ansari.

    Abu Rabiya Al Ansari.

    Abu Raqiya Al Maslawi (kamikaze, de Mossoul).

    Abu Zahra (kamikaze).

    Abu Salah Al Ansari

    Jafar Al Ansari

    Abu Sharaf Al Maslawi (kamikaze, de Mossoul).

    Abu Hassan Al Iraqi (Irakien).

    Abu Zahra Al Maslawi (kamikaze, de Mossoul).

    Al Alwalid Al Iraqi (Irakien)

    Abu Malik Al Iraqi (Irakien)

    Abu Ismail Al Maslawi (kamikaze, de Mossoul).

    Abu Al Darada Al Iraqi (kamikaze, Irakien)

    Khabab Al Iraqi

    Abu Hafiz Al Maslawi (kamikaze, de Mossoul).

    La séquence 9 insiste sur les blessés de l'EI. Un homme est blessé à la jambe droite. Un autre est touché à la jambe gauche. Un combattant assez jeune a été touché à la tête. On voit un autre blessé à la tête, un blessé à la main gauche, et un mort recouvert d'une couverture. Un blessé est port par 3 camarades. On pose un bandage sur la cuisse droite d'un blessé. Un blessé au bras droit est évacué en moto, de même qu'un autre. On voit enfin un blessé à la jambe droite, et un blessé soutenu par un camarade jusqu'à une moto.

    Dans la séquence 12, l'EI filme 3 de ses morts.

    On voit les noms suivants :

    Abu Hathifa al A'alami (tué)

    Abu Khatan al Iraqi (kamikaze, Irakien).

    Abu Hajer Al A'alami (tué)

    Mahmoud Al A'alami

    Dans la séquence 15, un groupe de 17 combattants de l'EI combat au sommet d'une crête. Un B-52 largue plusieurs bombes, qui font plusieurs tués et plusieurs blessés.





    Effets visuels/montage/techniques de propagande : la louange à Allah est suivie de la mention Islamic State, puis du logo de la wilaya, sous-titré en anglais.

    Dans la séquence 1, l'EI insiste sur les dawawin (remontrant des passages de la vidéo consacrée aux « divans » de l'EI il y a quelques mois), et montre des images d'archives. On voit aussi les véhicules et le bureau de la hisba, la police religieuse de l'EI.

    La séquence 4 évoque un kamikaze déjà vu dans une vidéo précédente de la wilayat Dijlah, Abu Marya Al Maslawi, conducteur d'un Humvee converti en VBIED, avec mitrailleur dans la tourelle. Abu Abida Al Maslawi et Abu Qatada Al Maslawi font un discours (le second est tué à l'hôpital Salam par un bombardement).

    Dans la séquence 5, on revoit une scène de tirage au sort pour les kamikazes comme dans la wilayat Halab il y a quelques mois.

    Dans la séquence 6, on revoit encore beaucoup la Hisba ; un panneau sur une arche en travers d'une route porte l'inscription : « La wilayat Ninive félicite l'EI ».

    Dans la séquence 10, on voit un docteur de l'EI, Al Doktor Fahr Al Maslawi (Mossoul).

    Dans la séquence 11, le tireur RPG-7 porte une GoPro pour filmer ses tirs. La séquence insiste sur les reporters de guerre de l'EI.

    Dans la séquence 12, on voit un adolescent utilisé comme kamikaze regarder une vidéo précédente de l'EI de la wilayat Ninive, et regarder son parcours sur tablette via un logiciel de localisation par satellite. Pendant son discours, on voit le « Bureau de l'armée, section des images aériennes », une salle de classe, avec tableau, étudiants derrière les tables, ceux de la rangée de droite ayant des caméscopes à côté d'eux. Un autre kamikaze fait de même sur tablette.

    Dans la séquence 13, un véhicule de l'EI porte l'emblème des services des égoûts.

    Religion : dans la séquence 1, on peut voir un combattant lire le Coran (idem dans la séquence 5).

    Nasheeds (poèmes chantés) présents dans la vidéo :

    1 : 15''-5'04''Bi Amrillahi Na'Tamiru


    3 : ?



    6 : ?

    7 :  18'45''-19'57''A'qululaha

    8 : ?

    9 : ?

    10 : 29'52''-30'22''Hayya Inghamis

    11 : 32'49''-38'31''Aurilladha

    Commentaires particuliers : cette 6ème vidéo longue de l'EI sur la bataille de Mossoul est encore une fois très longue (plus de 38 minutes). Un effort est encore fait pour mettre en ligne assez rapidement ce montage vidéo (il arrive 3 semaines seulement après le précédent) et les kamikazes les plus récents datent d'à peine 15 jours. L'EI insiste sur sa capacité à être un Etat : pourtant, la vidéo montre que l'EI est obligé de jeter comme kamikazes des membres de la Hisba (police religieuse), et ces derniers combattent aussi. De la même façon, les reporters de la branche média de l'EI sont utilisés comme kamikazes et subissent des pertes élevées dans leur activité classique. Les adolescents sont aussi nombreux parmi les combattants. Cela nous montre l'usure exercée sur l'EI à la fin des combats dans les quartiers Est. De la même façon, plusieurs séquences montrent la vulnérabilité de l'EI aux frappes aériennes : jamais jusque là les vidéos sur la bataille de Mossoul n'avaient également autant insisté sur les blessés (qui reçoivent des soins rudimentaires) et les tués. Les kamikazes sont ici surtout irakiens, mais on note la présence de quelques étrangers, et de deux enfants (dont un sur un véhicule à deux hommes, chose rare) : on note également qu'un Tunisien dans son VBIED porte une oreillette, ce qui confirme le guidage du kamikaze par un drone dans les rues des quartiers Est pour maximiser les effets de l'explosion avec choix de la cible. L'utilisation des drones armés est montrée, pour la première fois : on note qu'il y a même plus de frappes de drones armés que d'explosions de VBIED. Les drones sont moins efficaces que ces derniers, mais sont un moyen d'action moins onéreux et plus faciles à mettre en œuvre, même si leur action constitue plus une gêne qu'une menace sérieuse comme les VBIED.

    0 0

    Titre : Ecraser les adversaires (sous-titre : Du côté des résultats de l'armée de l'EI contre les apostats du PKK dans les périphéries de la Wilayat).

    Durée : 19 minutes 1 seconde

    Lieu(x) : les combats de la vidéo se déroulent au nord et à l’ouest de Raqqa. Les tirs de missiles antichars de la séquence 4 se déroulent à l’ouest de la wilaya.

    Date (sûre par recoupement ou estimée) : Le premier combat de la séquence 3 correspond à un reportage photo du 13 novembre 2016. Les images de la séquence 3 avec Abou Jandal al-Koweiti correspondent à un reportage photo du 8 décembre 2016 de la wilayat al-Barakah (Hasakah), et non Raqqah (ce qui suppose qu'Abou Jandal était dans la wilayat al-Barakah à cette date ou peu avant, juste avant le début de l'offensive sur Palmyre). Le combat où Ryan Lock trouve la mort correspond à un reportage photo du 26 décembre dernier (le combat semble avoir eu lieu le 21). Les dernières images de combat de la vidéo correspondant à un reportage photo du 10 janvier dernier, et à un autre du 13 janvier.

    Type de vidéo : c’est une vidéo de défense agressive, l’EI contre-attaque contre la poussée des SDF vers Raqqa au nord et à l’ouest de la ville.

    Découpage (séquences) :

    1 : 14’’-1’52’’, introduction.
    2 : 1’52’’-3’30’’, discours d’un cadre/clerc à la troupe.
    3 : 3’30’’-9’58’’, combats, hommages à Abu Jandal al-Kuwaïti.
    4 : 9’58’’-12’53’’, explosion d’un VBIED, combats.
    5 : 12’53’’-19’01’’, combats, exécution.



    Forces attaquées/adversaires : les SDF. Dans la séquence 4, un B-52 survole les positions de l’EI. Il est tiré par un technical avec ZU-23 bitube.




    Effectifs engagés : dans la séquence 1, on peut voir une dizaine de combattants faisant leurs préparatifs.

    Le groupe de combat de la séquence 3 (début) comprend au moins une douzaine d’hommes.

    Moyens d'appui utilisés (canons, mortiers, armes artisanales...) : dans la séquence 4, on peut voir un lance-missiles antichars Fagot qui frappe une pelleteuse. Un canon D-30 de 122 mm est également utilisé. Un autre tir de Fagot touche un véhicule blindé kurde. Un lance-missiles antichars Konkurs vise un groupe de pick-up près desquels marchent des combattants kurdes.















    Véhicules utilisés (chars, véhicules blindés, technicals...) : la colonne de la séquence 3 comprend un technical, deux motos (2 personnes), un véhicule de combat improvisé (Land Cruiser avec plaques de blindage), un Hilux avec KPV, un autre véhicule de combat improvisé. Plus loin, lors d’une autre attaque, la colonne comprend au moins un véhicule de combat improvisé avec mitrailleuse Type 77/85 (le tireur porte une GoPro), un VBIED (un seul bouton sur le détonateur), une moto (2 personnes).





    Dans la séquence 4, la colonne vue précédemment réapparaît : plusieurs véhicules de combat improvisés, une moto, un VBIED… on voit aussi un Land Cruiser avec bitube ZU-23, un char T-55 avec désignateur laser, un Land Cruiser avec mitrailleuse Type 77/85 (elle tire avec une PK sur le toit, et un fantassin avec AK-47). L’EI emploie un autre char T-55, un Hilux rouge avec KPV. Plus loin un autre technical avec KPV prend à partie les véhicules des SDF. On voit aussi des combattants monter dans un BMP-1. Dans un autre assaut, on peut voir un mitrailleur PK tirer sur le toit d’un véhicule improvisé, tandis que des fantassins avec AK-47 tirent à travers des fentes percées sur le blindage latéral.


















    Kamikazes (identité) : néant.

    Véhicules kamikazes (types, impact) :

    1 : pick-up avec renforts de blindage (roues), mais assez sommaire protégé.

    Armes légères et lourdes (fusils d'assaut, mitrailleuses, RPG, etc) - groupes de combat et leurs tactiques : dans la séquence 1, un tireur PK fait feu, la bande munitions est tenue par un pourvoyeur.



    Dans la séquence 3, une PK ouvre le feu depuis le toit d’un véhicule de combat improvisé. Un des véhicules embarque un groupe de 5-6 hommes, dont un tireur RPG-7, un fantassin AKS-47. Les combattants ont des grenades improvisées à leurs ceintures qu’ils jettent sur les positions adverses.





    Dans la séquence 4, un groupe de combattants de l’EI embarqué dans un véhicule de combat improvisé comprend un adolescent. Il y a aussi un tireur RPG-7 et un sniper sur AM 50 iranien.




    Destructions de véhicules adverses : néant.

    Butin matériel : dans la séquence 4, l’EI s’empare d’un RPG-7, de munitions, de plusieurs AK et d’un RPG monocoup (22/26 ?), une mitrailleuse PK, un mortier moyen avec des obus.




    Morts/prisonniers/blessés adverses : dans la séquence 1, un bourreau de l’EI armé d’un M-4 égorge un prisonnier présenté comme un Kurde.

    Dans la séquence 4, l’EI filme 4 corps de combattants des SDF et celui de Ryan Lock, un Britannique de 20 ans parti combattre avec les SDF et qui a été tué par l’EI dans ce combat. A la fin de la séquence, l’EI montre de nouveau 4 ou 5 corps adverses.

    Le bourreau de l’EI vu au début de la vidéo égorge un prisonnier dans la dernière scène, et parle cette fois en anglais (mais a priori, ce n’est pas un Anglais, plutôt un Arabe parlant anglais).

    Morts/blessés de l'EI : dans la séquence 1, un blessé de l’EI aux jambes gît au sol.

    Dans la séquence 3, l’EI fait un éloge prononcé d’Abu Jandal al-Kuwaiti, un de ses chefs militaires, tué le 26 décembre 2016 par une frappe aérienne américaine alors qu’il dirigeait une contre-attaque près de Raqqa contre les SDF. D’après la vidéo, il aurait eu un rôle clé dans les opérations militaires de la province d’Hasakah (images d’archives de l’offensive de mai-juin 2015), dans la bataille à Khanasser (celle de février 2016?) et aurait coordonné la contre-attaque au sud de Tabqa contre le régime en juin 2016. De son vrai nom Abdul Mohsen al-Zaghilani al-Taresh, né à al-Jahra au Koweït, a rejoint l’EIIL, devenu l’EI en 2014. Il aurait combattu à Deir-es-Zor en 2014, menant le « bataillon des chevaliers d’al-Jazeera » : en juillet 2015, il est parmi les commandants militaires de première importance dans la province de Hasakah (wilayat al-Barakah). Son unité est surnommée « le bataillon de réaction rapide » par al-Adnani. Combattant en Syrie (à Khanasser) et en Irak, il intègre le comité de la guerre de l’EI et en décembre 2016, alors qu’il participe à la reconquête de Palmyre, il est le n°2 militaire de l’EI en Syrie. Chargé de la défense de Raqqa, il trouve la mort alors qu’il organise une contre-attaque près du village de Jabar.



    Effets visuels/montage/techniques de propagande : dès la séquence 1, l’EI montre les images capturées sur les SDF de l’embuscade que l’on voit à la fin de la vidéo.

    Dans la séquence 2, un cadre/clerc, Abu Omar Al Shami, fait un discours à la troupe.

    Tout l’assaut de la séquence 3 est filmé par caméras GoPro montées sur les combattants. Un des combattants GoPro est tué dans l’assaut.

    Dans la séquence 4, l’EI récupère des séquences filmées par le groupe de combattants des SDF qui est battu, et les insère dans le montagne pour montrer le combat des deux côtés et identifier les morts adverses.

    Religion : dans la séquence 1, on entend un discours d’Abu Omar Al Baghdadi.

    Dans la séquence 3, on entend un discours d’Abu Ibrahim Al Qamishli. On le réentend plus loin (c’est sans doute le combattant avec GoPro tué dans le véhicule).

    Dans la séquence 4, on entend un discours d’Abu Al Hassan Al Muhajir, et plus loin un autre de Abu Mas'ab Al Zarqawi.

    Nasheeds (poèmes chantés) présents dans la vidéo :

    1 : ?

    2 : 4’41’’-6’26’’ Fought

    3 : ?

    4 : 9’57’’-12’52’’ We came as eagles

    5 : 13’08’’-18’28’’ Kayfema Jidtum

    Commentaires particuliers : c'est la première vidéo de la wilayat ar-Raqqah spécifiquement consacrée à la défense de la ville, depuis le lancement de l'opération Colère de l'Euphrate par les SDF début novembre 2016. La vidéo a une ampleur chronologique assez large puisque les recoupements montrent des opérations entre le 13 novembre et le 13 janvier. On note les deux exécutions, au début (ce qui est rare) et à la fin, par un bourreau probablement non anglophone mais qui s'exprime en anglais la deuxième fois. Encore une fois, l'EI insiste sur les pertes : combattant avec GoPro tué en pleine action, éloge d'Abou Jandal al-Kuwaiti, responsable de la défense de Raqqa et tué le 26 décembre par une frappe aérienne (encore un cadre militaire important qui disparaît)... on note que la garnison de Raqqa dispose de moyens conventionnels conséquents (sont montrés ici 2 chars T-55, un canon D-30, plus toute la flotte de véhicules, des lance-missiles antichars). L'EI fait aussi un focus sur les combattants étrangers venus comme volontaires au sein des SDF : outre Ryan Lock, dont le corps est filmé, un Canadien, Nazzareno Tassone, a été tué dans le même combat, et on le reconnaît semble-t-il dans les images capturées du combat que l'EI insère dans la vidéo.

    0 0

    Titre : Le rugissement des lions.

    Durée : 10 minutes 49 secondes.

    Lieu(x) : d'après les bandeaux, le raid de la séquence 2 a lieu au nord d'al-Rutba ; même secteur dans la séquence 5.

    Date (sûre par recoupement ou estimée) : la vidéo a été mise en ligne le 30 janvier 2017.

    Type de vidéo : c'est une vidéo de raids mécanisés/motorisés dans le désert. L'EI attaque de petites positions.

    Découpage (séquences) :

    1 : 16''-1'06'', introduction.
    2 : 1'06''-3'41'', raid sur une petite position.
    3 : 3'41''-4'28'', deux tués au combat de l'EI.
    4 : 4'28''-5'23'', un tué de l'EI.
    5 : 5'23''-10'49'', raid mécanisé.

     

    Forces attaquées/adversaires : dans la séquence 5, après la prise du poste, on peut voir 6 soldats irakiens en fuite.

    Effectifs engagés : dans la séquence 2, le groupe de combat prépare l'attaque en examinant le terrain sur une tablette (une dizaine d'hommes).



    Moyens d'appui utilisés (canons, mortiers, armes artisanales...) : néant.

    Véhicules utilisés (chars, véhicules blindés, technicals...) : la colonne de la séquence 2 comprend un Land Cruiser avec ZU-23 monotube, un Land Cruiser avec KPV protégé par un bouclier, deux véhicules blindés improvisés dont un avec mitrailleuse Type 77/85 en tourelle. Il y a aussi un Land Cruiser avec mitrailleuse Type 77/85, un autre avec bitube ZU-23 et un Hilux avec GAU 16/21.













    La colonne de la séquence 5 comprend un Land Cruiser avec ZU-23, un véhicule blindé improvisé avec DSHK en tourelle protégée par un bouclier, le Land Cruiser avec ZU-23 monotube portant le drapeau de l'EI sur l'avant. Il y a aussi un Land Cruiser avec ZPU-2.













    Kamikazes (identité) : néant.

    Véhicules kamikazes (types, impact) : néant.

    Armes légères et lourdes (fusils d'assaut, mitrailleuses, RPG, etc) - groupes de combat et leurs tactiques : dans la séquence 1, le groupe de combat comprend un tireur RPG-7 (avec GoPro sur le front), un tireur PK, un fantassin avec M-16 à lunette, d'autres fantassins dont certains portent 2 armes individuelles. Le groupe vise une position où se trouve un BMP-1, apparemment.

    Le groupe de combat de la séquence 2 comprend un ou deux tireurs PK (dont un avec M-16 dans le dos) et 2 tireurs RPG-7.






    Le groupe de combat de la séquence 5 comprend au moins une dizaine d'hommes, dont un tireur PK (manqué de peu par une roquette de RPG venant de la position attaquée) et un fantassin avec M-16 à lunette. Pendant l'assaut (filmé en GoPro), les fantassins grimpent jusqu'au petit sommet où se situe le poste irakien et y jette des grenades.






    Destructions de véhicules adverses : un Humvee est incendié dans la séquence 5.



    Butin matériel : dans la séquence 5, des armes sont récupérées, dont une DSHK, un mortier léger et des munitions.

    Morts/prisonniers/blessés adverses : l'EI larde de balles 3 corps de soldats irakiens dans la séquence 5.

    Morts/blessés de l'EI : dans la séquence 3, l'EI montre 2 de ses tués, Abu Al Bara Al Ansari (Irakien) et Abu Said Al Shami (Syrien).

    Dans la séquence 4, un tireur PK ou MG-1M qui filme en GoPro est tué par une roquette ou un obus.

    Effets visuels/montage/techniques de propagande : la louange à Allah est suivi de la mention Islamic State et du logo de la wilayat, sous-titré en anglais.

    La dernière scène de la vidéo montre une attaque par drone armée similaire à celles vues dans la dernière vidéo de l'EI à Mossoul.



    Religion : néant.

    Nasheeds (poèmes chantés) présents dans la vidéo :

    1 : 21''-59''Fought

    2 : 1'08''-3'17''Kulamah

    3 : 5'50''-9'00''Kayfema Jidtum


    Commentaires particuliers : deuxième vidéo de la wilayat al-Furat avec le mot « lion » dans son titre... production courte (10 minutes), par rapport à la moyenne des vidéos de l'EI depuis novembre, souvent des gros montages (parfois 30 minutes et plus). L'action se déroule toujours autour de la ville d'al-Rutbah. La wilayat al-Furat continue de mener des opérations motorisées/mécanisées, des raids sur de petites positions pour aguerrir et motiver ses troupes, et ramener du butin, avec technicals et véhicules blindés improvisés. Le changement, c'est l'accent mis sur les pertes (ici 3 tués sont montrés), ce qui n'était pas le cas dans cette wilayat jusqu'ici : tendance assez générale dans la propagande de l'EI, on insiste beaucoup plus sur les pertes subies au combat (dans un but élogieux évidemment), c'est nouveau depuis quelques temps. Les soldats irakiens abattus dans une des séquences voient leurs corps criblés de balles, dans un but de terreur évident. Grande surprise : la scène finale, avec attaque de drone armé, comme à Mossoul. Ce qui annonce peut-être une prochaine vidéo avec d'autres attaques de drones dans ce secteur : cela confirmerait que l'emploi se généralise.

    0 0

    Lors de leur déploiement à l'automne 2014 sur les lignes de front de Deir ez-Zor, les éléments de la 104ème apparaissent comme équipés d'un armement individuel de qualité : celui-ci est même au-dessus des standards de certaines des autres unités d'élite du Régime, qu'il s'agisse de la Garde Républicaine, de la 4ème Division ou encore de certains régiments de forces spéciales. Bien que les éternels AK-47, AKM, AKMS, et autres Type-56 semblent alors rester les fusils d'assaut standards, de nombreux soldats de Zahreddine sont équipés d'AK-74M, flambant neufs, pour certains équipés de lance-grenades GP-30. L'AKS-74U est lui semble-t-il réservé aux officiers, et à la garde rapprochée du général druze de la 104ème.



     

    Garde républicain de la 104ème à Deir ez-Zor, armé du fusil d'assaut AK-74M. Photo publiée en février 2015.

    Garde républicain de la 104ème à Deir ez-Zor, armé d'u fusil d'assaut Type-56-I, et d'une AK-74M équipé d'un lance-grenade GP-30M. Photo publiée en février 2014.
    Des fusils d'assaut HK G3A3 et HK G3A4 sont utilisés pour le tir de précision, ainsi que des FN FAL, le fusil de précision standard aux mains des gardes républicains déployés à Deir ez-Zor étant le SVD-S Dragunov, et pour le sniping lourd, l'AM-50 Sayyad. Quelques OSV-96 sont également utilisés, ainsi qu'à partir du début de l'année 2015, le fusil de sniper Mts-116M.

    Ce soldat de la 104ème est armé du fusil SVD-S Dragunov. A noter le patch du Hezbollah, porté sous le patch « Anti-terrorisme » / « COMANDOS » (sic).

    Fusil de sniper Mts-116M mis en œuvre par un soldat de la Garde Républicaine. L'arme équipe également les S.M.F. du ministère de l'Intérieur. Photo publiée en mars 2015.

    Au côté d'un pick-up Nissan Frontier, ce soldat de la 104ème présente fièrement son fusil anti-matériel AM-50 Sayyad. Photo publiée en février 2015.


    L'armement d'appui est constitué de mitrailleuses légères PKM / PKMS, tandis que quelques lance-grenades automatiques AGS-17 sont également déployés. Différents modèles de RPG équipent la 104ème, dont des antiques RPG-2, le plus classique RPG-7 (y compris le modèle iranien), et le RPG-29. Les lance-missiles antichars utilisés comprennent le Milan franco-allemand, le Metis-M, le Konkurs, et le Fagot.

    Missile antichar 9K111 Fagot semble-t-il mis en œuvre par une unité de la Sécurité militaire syrienne. Photo publiée en janvier 2017.

    Si la 104ème est déployée à Deir Ez Zor avec a priori un armement léger de qualité, l'armement lourd est constitué uniquement des matériels récupérés sur place. Seuls quelques pick-up, en particulier les Nissan Frontier équipant la Garde Républicaine, ont fait le voyage, armés à la base de mitrailleuses PK. Un armement qui sera complété sur place à l'aide de mitrailleuses DShK, KPV, ZPU et bitubes ZU-23. 

    Un pick-up Toyota Hilux de la 104ème, armé d'un ZU-23-2, ouvre le feu sur les positions de l'EI, durant les combats dans le secteur du cimetière de Deir ez-Zor. Janvier 2017.

    Aux côtés de ces Technicals, différents Guntrucks sont largement utilisés, sur châssis de camions civils ou militaires. Ces camions sont armés en particulier de ZU-23-2 , de canons de 57 mm AZP S-60, et de canons M1939 de 37 mm, pour la plupart récupérés sur les stocks restant de la 113ème Brigade de Défense aérienne.

    Un canon AZP S-60 de 57 mm, filmé en janvier 2017, intervient en tir direct contre l'EI : il est monté sur le châssis d'un camion-benne civil Mercedes-Benz.

    GAZ-3308, équipé d'un bitube ZU-23-2. Photo publiée en octobre 2016.

    Chars et blindés (T-55, BMP-1, AMB-S) intervenant en appui des éléments de la 104ème proviennent pour l'essentiel des éléments rescapés de la 17ème Division (93ème et 137ème Brigades) : une division durement éprouvée par les combats dans la province, et dont certaines unités ont été déployées dans d'autres secteurs de la Syrie. Toutefois, d'autres modèles de chars sont également présents dans la poche de Deir Ez Zor : T-55AMV, T-72 et T-72M1, dont quelques-uns sont équipés du système TURMS-T. Si certains sont mis en œuvre par des équipages de la 104ème, il semblerait que d'autres unités de l'armée syrienne fournissent également du personnel, comme par exemple la 91ème Brigade de la 1re Division.

    Char T-55 déployé à Deir ez-Zor : il s'agit d'un rescapé de la 17ème Division. Photo publiée en octobre 2016.

    Un char T-55 s'apprête à ouvrir le feu sur les positions de l'EI, durant les combats dans le secteur du cimetière de Deir ez-Zor. La tourelle est sommairement protégée de sacs de sable, le tout étant recouvert de grillages. Janvier 2017.

    Un char T-55AMV, mis en œuvre par les défenseurs de Deir ez-Zor : l'état des briques de blindages réactifs, où de ce qu'il en reste, donnent une idée de la dureté des combats. Photo publiée en janvier 2017.

    L'artillerie lourde, pour l'essentiel des D-30 de 122 mm et M-46 de 130 mm, provient également des restes de la 17ème Division : les servants étant quand à eux parfois des membres de diverses unités de l'armée comme, par exemple le 141ème Régiment de la 1re Division. Quelques obusiers automoteurs 2S1 de 122 mm sont alignés par l'armée syrienne et la Garde dans la poche de Deir ez-Zor, tandis que des ZSU-23/4 sont utilisés pour les tirs contre des objectifs terrestres. Aux côtés de quelques lanceurs « Volcano », et il est possible que des BM-21 soient toujours à disposition des défenseurs de la poche de Deir ez-Zor.

    Un obusier D-30 de 122 mm ouvre le feu, à Deir ez-Zor, en janvier dernier.

    Tandis que le général Zahreddine s'installe dans le poste de pilotage, un obusier automoteur 2S1 de 122 mm s'apprête à faire feu. Photo publiée en janvier 2016.







    0 0

    David Thomson avait écrit, au début 2014, un premier livre consacré aux djihadistes français partis se battre en Syrie, que j'avais fiché ici même. Deux ans et demi plus tard, il publie un second ouvrage qui prolonge en quelque sorte le précédent. Entretemps, il y a eu la naissance de l'Etat Islamique (le premier livre était sorti initialement alors qu'existait encore l'ancêtre, l'EIIL), Charlie Hebdo, les attentats de Paris, ceux de 2016, etc. Le contexte est bien différent : alors que le sujet n'intéressait pas grand monde, quand j'ai moi-même commencé à travailler sur le conflit syrien (août 2013), écrivant également des résumés à partir des sources secondaires disponibles sur les djihadistes français au moment où David Thomson sortait son premier ouvrage, il occupe maintenant le devant de l'actualité.

    Comme dans le premier livre, le journaliste se base exclusivement ou presque sur les entretiens avec les djihadistes français. C'est sans doute la principale force du livre -et la principale faiblesse, diront certains. Contrairement à David Thomson, je crois que les "sources secondaires" qu'il évoque à la p.8 (PV, d'interrogatoires, etc : il les qualifie "d'indispensables mais biaisées", de "lucarne") peuvent apporter des éléments intéressants, s'ils sont contextualisés et pris avec recul, bien sûr. De la même façon, le renfort d'une approche "universitaire", avec toute la littérature secondaire disponible sur le sujet, permettrait, encore une fois, de croiser les sources. Témoignages recueillis à la source, documents officiels (de justice ou autres), travaux universitaires ou de spécialistes : voici une combinaison qui permettrait d'écrire une histoire globale (pour ne pas dire totale) du djihadisme français au Levant.Une démarche qui me semble d'autant plus nécessaire que je suis moi-même passé par mon travail par plusieurs étapes : de compilateur de sources secondaires pendant près d'un an, j'ai fini par comprendre qu'il fallait, un peu à l'image de David Thomson, travailler à la source, en étudiant les documents originaux produits par les acteurs du conflit syrien (rebelles, régime, milices chiites irakiennes, je ne suis venu aux vidéos militaires de l'EI qu'en août 2015).

    Il est vrai qu'en France, les passerelles existent peu, voire pas, entre les différents niveaux. Ceux que l'on appelle maintenant les "jihadologues", dont fait partie David Thomson, et qui travaillent à la source, au contact des djihadistes, n'ont pas été forcément reconnus pour leur travail par la sphère universitaire ou les institutions gouvernementales (du moins au départ en ce qui concerne D. Thompson, les choses ont évolué depuis). En vérité, les journalistes comme David Thompson réalisent un travail à la source que n'ont pas fait (ou que ne font plus), jusqu'à présent, les universitaires : c'est aussi un problème. David Thomson a aussi eu le malheur de se faire écharper, pour rien ou presque, sur un plateau de télévision un mois à peine après la sortie de son premier livre. Vu la suite des événements, on mesure l'inanité de la chose.




    Les six parties du livre sont organisées autour des figures interrogées par David Thomson. Le premier Bilel, cherche à quitter l'Etat Islamique, et le journaliste retranscrit les échanges surréalistes entre le djihadiste et le consulat français, qui l'aide à passer en Turquie. Bilel, arrivé en Syrie au printemps 2014, a d'abord combattu avec les Marocains d'Harakat Sham al-Islam, lié au front al-Nosra (branche syrienne d'al-Qaïda qui depuis a changé de noms deux fois), puis, sous la coupe d'un autre djihadiste français, Abou Maryam, est passé à l'EI après la proclamation du califat le 29 juin 2014. Bilel, d'abord installé près d'al-Bab, assure, comme quasiment tous les Français, n'avoir jamais combattu : il était dans la logistique. Les frappes aériennes de la coalition, le durcissement de la position turque à l'égard de l'EI mettent pour ainsi dire Bilel au chômage : rapatrié à Raqqa, avec sa femme qui est venue de France pour se marier avec lui, Bilel constate que l'EI n'est pas très populaire auprès des Syriens. L'événement qui précipite la rupture, ce sont les attentats de Paris. C'est alors que Bilel décide de faire défection.

    Yassin, lui, a été blessé trois semaines après son arrivée en Syrie, en septembre 2014. Il a été envoyé au front à Deir-es-Zor, un vrai Stalingrad de la guerre en Syrie. Depuis l'été 2014, le régime syrien tient une poche autour de l'aéroport militaire, seul bastion qui lui reste dans l'Est, encerclé de territoires contrôlés par l'EI qui cherche absolument à réduire cette flèche qui lui perce le  flanc. Presque trois ans d'offensives sans succès majeur (et où de nombreux Français ont été tués), même si la dernière, en janvier 2017, a réussi pour la première fois à couper la poche du régime en deux tronçons. Gravement blessé, Yassin est soigné dans des conditions sommaires à Mayadin, au sud de Deir-es-Zor, un bastion de l'EI près de la frontière irakienne. La famille de Yassin prend une décision folle : partir le chercher, les parents et ses deux soeurs ensemble. Pour déjouer la paranoïa des emnis, le service de renseignements et de contre-espionnage de l'EI (Amniyat), les deux parents jouent sur le fait qu'ils sont médecins, profession dont l'EI a le plus grand besoin. La famille parvient à rentrer en Syrie (ce qui montre au passage le réseau installé par l'EI en Turquie), le père retrouve Yassin à Mayadin. Pour sortir, il faut un temps jouer la comédie à Raqqa. Les parents y voient des choses étonnantes, comme ces médecins venus de Damas, payés par l'EI pour soigner à Raqqa, qui arrivent pourtant de zones contrôlées par le régime syrien. S'ensuit une évasion rocambolesque, qui manque plusieurs fois de tourner au drame.

    Zoubeir est un cas rare : c'est un repenti qui essaie de prévenir les départs en France. Il ne croit pas à la déradicalisation mise en oeuvre en France : ce qui l'a dégoûté, c'est le contact avec la réalité de l'EI, sur place, où ils voient les Français importer leur comportement des cités, les écarts entre le discours et la réalité. Devant la force de frappe de l'organisation sur les réseaux sociaux, David Thomson estime que le programme de contre-discours, avec Stopdjihadisme, est une goutte d'eau dans l'océan. C'est sans doute vrai : pour autant, un effort assez net a été fait par Twitter, par exemple, sur les contenus djihadistes. Les photos et les vidéos militaires, pour ne prendre que cet exemple que je connais  bien, sont beaucoup plus difficiles à trouver aujourd'hui qu'à l'été 2015 (on les trouve encore, mais en, cherchant) ; les compte pro-EI sont davantage signalés et suspendus qu'auparavant. Bref, on progresse. Dans le cas de Zoubeir, ce qui est intéressant, c'est qu'il ne vient pas comme beaucoup d'un milieu social modeste : mais comme de nombreux autres djihadistes français, il est passé d'abord par le salafisme quiétiste qui selon lui a préparé sa radicalisation et son basculement dans le salafisme djihadiste. En même temps, il incarne aussi le phénomène "d'islamisation de la révolte radicale" décrit par certains chercheurs. Zoubeir passe aussi par al-Qaïda avant de rejoindre l'EIIL. La recherche de femmes par les djihadistes arrivés sur place est un moteur puissant : Zoubeir raconte ainsi l'histoire de ces conversations avec une ancienne prostituée convertie à l'islam, ou d'une adolescente de 15 ans qui arrive très rapidement sur la zone. Il estime que le "LOL djihad" de ses camarades est en fait la simple islamisation de pratiques existant en France précédemment, comme les codes des cités : une revanche sociale en quelque sorte. A partir de 2014, avec la fitna entre djihadistes et l'intervention de la coalition, Zoubeir, écoeuré, décide de déserter. Mais une fois en prison, en France, à Fleury-Mérogis, il retrouve des camarades ou des aspirants au départ qui s'endurcissent dans leurs convictions. Il est dans la même cellule qu'Adel Kermiche, un des assassins du prêtre Jacques Hamel à Saint-Etienne-du-Rouvray en juillet 2016 : Zoubeir trouve Adel, qui n'a jamais été en Syrie, encore plus fanatisé que les djihadistes qui y ont été. Certains détenus diffusent même dans la prison, via des haut-parleurs, les anasheed (poèmes chantés guerriers, systématiquement intégrés dans les vidéos de combat par exemple) de l'EI ! Les prisons sont une étape du cursus djihadiste. Mais souvent, les djihadistes voient surtout des délinquants de droit commun chercher une justification religieuse à leur comportement. L'hostilité à l'Etat français rassemble cependant tout le monde, jusqu'aux Basques ou aux Corses terroristes, et l'hostilité contre l'institution pénitentiaire aussi. Le problème reste entier : rassemblés, les détenus djihadistes peuvent s'organiser, dilués, ils conservent une influence nuisible sur les autres. Pour Zoubeir, le djihadisme a tout à voir avec l'islam, et a donc bien une essence religieuse : c'est pour cela qu'il tente de couper les ponts avec la religion.

    La quatrième partie du livre est consacrée aux femmes. Elles sont nombreuses à être parties, moins nombreuses à être revenues. Comme le souligne le journaliste, elles ont plus été perçues comme victimes que comme une menace, du moins jusqu'en 2016. Avec l'attentat raté de septembre dernier en plein coeur de Paris, les choses ont un peu bougé. Safya, l'une des revenantes de David Thomson, a quitté l'EI en raison de la naissance de son bébé, et pas pour des raisons idéologiques. Elle ne regrette quasiment rien de son séjour à Raqqa, ni de ses convictions ; c'est seulement après les attentats de Paris qu'elle revient à un salafisme quiétiste. Même topo pour Lena, deuxième revenante, qui évoque l'insistance des femmes à perpétrer, sur place, des opérations kamikazes, au même titre que les hommes. En fait, aucune activité n'est prévue pour les femmes, mais les revenantes expliquent que le tabou sur la femme combattante, au sein de l'EI, finira par sauter, nécessité oblige. L'expérience de la brigade féminine de la hisbaà Raqqa, pourtant, avait fait long feu. Plus grave, Lena témoigne aussi de l'inutilité des programmes de déradicalisation, après le retour en France. Si les femmes présentent souvent des parcours chaotiques, l'explication de la violence sexuelle ou d'autre forme de traumatisme n'est pas suffisante, comme le montre les exemples du livre. Les facteurs sont multiples, et les femmes partent en toute connaissance de cause. Sur place, elles enchaînent les mariages, car l'espérance de vie des combattants est courte. Dans l'intervalle, elles passent par les maqqar, ces maisons d'attente qui sont conçues pour les pousser à sortir, par le mariage, au plus vite, comme celle de Raqqa tenue par Oum Adam, figure historique du djihad. Elles côtoient les Yézidies, esclaves à tout faire. Dans les mariages, le racisme ordinaire trouve aussi sa place dans l'EI, contre les Asiatiques ou les Noirs.

    La cinquième partie revient sur deux cas masculins. Kevin, catholique converti, avait rejoint Forsane Alizza, groupe dissous après l'affaire Merah en 2012. Avec son épouse, il part en Syrie, et il rejoint l'EIIL dès sa naissance au printemps 2013. A Raqqa, il croise de nombreux Français, dont de futurs membres des commandos du 13 novembre. En 2016 pourtant, avec 4 femmes et 6 enfants, il décide de partir, à cause de la situation militaire qui se dégrade -lui-même refusant de combattre. Toute la famille finit par passer en Turquie, où Kévin est détenu avant d'être transféré récemment en France. Quentin, lui, est passé par la filière d'Omar Diaby à Nice, dont il était déjà beaucoup question dans le premier livre de David Thomson de mars 2014. Entre 2013 et 2016, une centaine de personnes au moins sont parties depuis cette ville, pourtant dirigée par un maire qui ne cachait pas ses sympathies pour le "tout sécuritaire", et qui a connu un attentat meurtrier l'an passé. Ancien délinquant converti à l'islam radical, Diaby, alias Omsen, a étendu son emprise sur les quartiers. Il étend encore son influence avec Internet et ses vidéos Youtube : avec Mourad Farès à Lyon, il est la figure majeure du djihad français en 2012-2013. Farès rejoint l'EIIL ; Quentin également, mais il en sortira très vite, car il arrive juste avant le déclenchement de la fitna, début 2014, l'offensive rebelle anti-EI à laquelle va se joindre aussi le front al-Nosra, l'autre formation djihadiste qui attire alors les Français. Omar Diaby arrive et choisit de se détacher de l'EIIL ; pour autant, al-Nosra n'est pas prête à l'accueillir. Farès, réfugié en Turquie, finit par se rendre à la DGSI à l'été 2014. Diaby, qui s'est un temps fait passer pour mort, continue de survivre en roue libre, sans qu'on sache si al-Nosra l'a réellement coopté. Fin assez piteuse pour celui qui a entraîné des dizaines de candidats djihadistes en Syrie. Il a pourtant réussi à attirer vers lui en 2016 l'un des deux adolescents dont le court départ avait fait grand bruit dans les médias : c'était juste avant la parution du premier livre de David Thomson, en janvier 2014.

    La dernière partie est consacrée à ceux qui ne sont pas revenus. Abou Mujahid est à Mossoul. Il fait partie du dernier carré, les fanatiques endurcis qui resteront jusqu'au bout. L'EI, sur la défensive, avait appelé à frapper les pays de la coalition, appel renouvelé par Al-Adnani (avant sa mort) en mai 2016. Frapper la France, les djihadistes français de l'EIIL y pensaient déjà, du moins pour certains (pas tous), si l'on se rappelle bien le premier livre de David Thomson : les frappes aériennes ont servi de prétexte. Plus intéressant, pour justifier ces actes, Abou Mujahid évoque le passé colonial de la France. Il a pourtant un profil atypique : ancien petit dealer et rappeur de Montreuil, il bascule dans l'islam radical dans une mosquée où se regroupent des aspirants au djihad. Un parcours qui rappelle celui de Deso Dogg en Allemagne. Abou Mujahid est à Mossoul ; d'autres sont à Raqqa, un petit groupe surtout originaire du sud-ouest, autour de Toulouse, souvent des vétérans du djihad irakien après l'invasion américaine. Ce sont eux qui pilotent la propagande française de l'EI : Dar-al-Islam, al-Hayat, bulletins radios sur Al-Bayan, et présence sur les réseaux sociaux, aussi. A Mossoul, le voisin d'Abou Mujahid n'est autre que Rachid Kassim, le Franco-Algérien de l'EI qui est derrière la plupart des attaques, réussies ou ratées, en France, de l'année 2016. David Thomson évoque aussi les anciens militaires français passés au djihad. Outre un bourreau psychopathe, qui aime tuer, on trouve le plus discret Abou Souleymane, légionnaire déserteur, qui a dirigé sa propre katiba, ce qui n'est pas un bon signe. Ou Younès le déserteur, ancien des commandos paras, focalisé uniquement sur le combat, très critique d'ailleurs de la propagande de l'EI, tombé au combat début 2016 près d'Alep.

    En conclusion, le journaliste souligne que l'année 2012 a été un déclic : avec une propagande djihadiste sophistiquée, un théâtre d'opérations alors facile d'accès, une utilisation quasi normale des réseaux sociaux, un sentiment de frustration et d'humiliation en France, des personnes trouvent une revanche sociale, un statut, une dignité, comblent un vide religieux, aussi, dans le djihad. Celui-ci est l'occasion d'expier les fautes passées. Les djihadistes sont surtout issus des milieux populaires, de Seine-Saint-Denis, des Yvelines (avec le cas particulier de Trappes), des Alpes-Maritimes, de Haute-Garonne. Outre le cas de Nice, déjà évoqué, Lunel, Nîmes, Roubaix ont aussi leur contingent de djihadistes. Les solidarités amicales jouent beaucoup. Il y a une djihadisation de la délinquance, que l'on retrouve dans les auteurs des attentats en France, mais beaucoup moins dans le contingent français actif en Syrie, ou dans les prisons. Pour David Thomson, on trouve en gros 70% de djihadistes issus de milieux musulmans conservateurs, et 30% de convertis. Souvent, les familles présentent des particularités ou des problèmes qui ont pu favoriser le processus : couples mixtes sur le plan religieux, absence d'un des parents (souvent le père), etc. Les violences sexuelles et les antécédents psychiatriques sont loin d'épuiser tous les cas : on a vu que les femmes sont consentantes à leur départ, et parfois plus radicales encore que les hommes. Si le niveau d'instruction est bas, celui de l'engagement religieux et politique est très élevé. Alors que l'EI, sur la défensive, n'appelle désormais plus à le rejoindre, mais à commettre des attentats sur place, le danger est donc toujours plus présent.

    Comme le précédent, le livre de David Thomson est fort utile. La collection de témoignages permet d'infirmer un certain nombre de lieux communs sur les motivations des djihadistes, ce qui était déjà le cas du premier ouvrage, avec ici, en plus, la dimension féminine qui est mieux traitée. Il permet d'appréhender le phénomène de l'intérieur. Il faut donc prendre le livre pour ce qu'il est : un travail de journaliste, à la source, et qui donne des informations pratiques sur les djihadistes français de l'EI en particulier. C'est aux chercheurs, analystes, et autres spécialistes, ensuite, de remettre ce travail en perspective, de le recouper avec d'autres sources, et de prolonger ce recueil, en forme de matière première, pas complètement brute, déjà dégrossie par le travail du journaliste.

    0 0

    L'auteur de cet ouvrage, Frédéric Pichon, est bien connu sur les réseaux sociaux quand il est question du conflit syrien. Vindicatif, agressif, surtout quand l'interlocuteur n'est pas de son avis, il n'hésite pas à déformer les propos de son vis-à-vis pour mieux marteler son message de soutien au régime Assad et à ses alliés, dont il ne s'est jamais vraiment caché. J'ai dû le bloquer sur Twitter en raison d'un de mes tweets détourné par lui, suivi d'une non moins creuse discussion sur le fil -ce qui arrivé à d'autres, au demeurant.

    J'avais déjà lu ce livre, reçu en service presse il y a longtemps, avant de voir F. Pichon "en action" sur Twitter. Je l'ai relu pour en dresser la fiche de lecture. Mon avis n'a pas vraiment changé quant au contenu. On peut du reste admirer le site très fourni de l'auteur ici.

    Le sous-titre donne le ton : il ne s'agit pas d'un ouvrage scientifique (l'auteur est pourtant chercheur, a soutenu une thèse sur la Syrie), mais d'un véritable pamphlet, appuyé par l'exorde du journaliste du Figaro. En résumé : la France a été en-dessous de tout, parce qu'elle aurait jeté aux orties le régime Assad, croyant à sa chute prochaine, alors "qu'il incarne à lui seul tout l'appareil étatique" (sic). Au lieu de donner des leçons de morale, la France aurait dû soutenir la Russie (re-sic). Une fois le ton du pamphlet posé, il n'y a pas grand chose à rajouter, malheureusement

     

    Dès l'introduction, Frédéric Pichon commence très fort en minimisant l'incident de Deraa, en mars 2011, qui lance la contestation en Syrie, avec une seule référence à l'appui. On attendait peut-être quelque chose d'un peu plus "musclé". C'est à l'image de l'appareil critique de tout l'ouvrage, singulièrement faible : 36 notes de bas de page en tout, dont 10 sans références, et aucune bibliographie, soit en gros 20 références (certaines se répètent dans les notes) pour 130 pages. Autant dire que c'est très léger, d'autant que les références citées ne sont pas des meilleures, on le verra. Sur un sujet aussi débattu que le conflit syrien, on espérait mieux. Frédéric Pichon minimise également les manifestations en Syrie (certes Alep et Damas n'ont pas bougé immédiatement, mais il y a eu des manifestations dès 2011...) et appuie sur l'armement des rebelles syriens pendant les tous premiers mois, évoquant les soldats du régime tués mais pas la répression féroce exercée par le régime dès le début ou presque. Une autre des idées maîtresses de l'auteur, c'est que la France a écarté "les vieux de la vieille" de la diplomatie ou de l'action sur le terrain (auxquels il semble s'identifier) pour favoriser une nouvelle génération de responsables incapables, commençant dès la p.14 des invectives à l'encontre de personnes jamais nommées ou presque, mais dont on devine les noms quand on connaît un peu le sujet. On rejoint l'attitude que je décrivais en introduction. Finalement, plus que la faute au régime, c'est la faute à la France, qui a laissé faire les pays du Golfe -autre mantra de F. Pichon-, le tout mâtiné d'une posture de "victime" de la bien-pensance et de l'étiquette de "pro-Assad" qu'on lui aurait collé... La faute aussi aux politiques, ces incapables dénoncés par F. Pichon.

    Le premier chapitre sur la présentation de la Syrie continue sur cette lancée. Le soulèvement syrien ? Le fait des régions périphériques, de potentats locaux pressés de se débarrasser du poids pesant du Baath, de même que le secteur informel et la mafia locale, comme à Deraa et Homs, épicentres de la contestation. F. Pichon rappelle d'ailleurs que Deraa était un nid à djihadistes allant faire leurs armes en Irak sous l'occupation américaine -bizarrement, il ne dit pas pourquoi le régime laissait faire à l'époque. La prise de pouvoir par les alaouites ? Une simple captation par ascension sociale depuis le début du mandat français. Sauf que ce ne sont pas tous les alaouites qui sont au sommet, mais bien une asabiyya, terme que l'auteur tord pour coller à son propos. Mais après tout, Assad arrive au pouvoir en 1970 "sans effusion de sang" (p.32). Le massacre de Hama (plusieurs dizaines de milliers de mort probablement, bien qu'on ignore le chiffre précis) ? La faute aux attentats des Frères Musulmans... finalement, les alaouites ressentent juste un complexe de "citadelle assiégée" devant la menace sunnite. Et Frédéric Pichon d'en rajouter sur la non-participation au soulèvement des villes sunnites (Damas, Alep), engoncées dans leur bourgeoisie, et participant presque plus que les alaouites à la corruption et à la captation de l'économie sous l'ère Assad. Le soulèvement de 2011, quant à lui ne serait dû qu'aux IDE investis par les pays du Golfe dans les années 2000, notamment dans les mosquées et les madrasas (F. Balanche, auteur qu'affectionne F. Pichon, dans son Atlas du Proche-Orient, dit pourtant que les investissements des pays du Golfe sont somme toute limités avant 2011), et au rôle d'al-Jazeera et du Qatar qui auraient enflammé les foules à coups de discours islamistes. D'où l'arrivée de ces "brigades internationales" de djihadistes (re-re-sic), dont F. Pichon oublie le pendant côté régime ; mais après tout, les djihadistes s'entretuent à la façon des staliniens et du POUM en 1937 (p.42), c'est évidemment plus intéressant que d'expliquer que e régime doit beaucoup à l'intervention étrangère.

    Le chapitre 2 commence avec une expression que l'auteur répétera souvent au fil des pages : psittaciste. Action de répéter sans réfléchir. C'est un peu ce que fait F. Pichon dans son livre, pourtant. D'ailleurs, p.44, arrive aussi une référence qui va également se répéter dans les trop rares notes : le C2FR... Il s'agit de montrer que le soulèvement syrien a été orchestré par des ONG américaines, main clandestine du gouvernement des Etats-Unis, à l'image des "révolutions de couleur". L'auteur nous explique aussi qu'à Banyas et Lattaquié, en mai 2011, les blindés, et un navire de guerre dans le second cas, ne sont utilisés seulement parce que le régime rencontre un arsenal impressionnant côté rebelles (pourquoi s'en servir sinon ? Il est vrai que les états de service du clan Assad plaident en leur faveur). Argument d'autorité qui n'est appuyé... sur rien. De même, le traitement médiatique est biaisé, d'après lui : al-Jazeera connaît la musique, selon l'auteur, qui se fait un plaisir de décortiquer une séquence de combat probablement montée (mais sans aucune référence à l'appui), oubliant de nous parler de la propagande du régime. Et Frédéric Pichon d'en rajouter sur les premiers attentats suicides, probablement le fait d'al-Nosra, tout juste créé, et que les rebelles attribuent parfois au régime. Sur l'attentat du 18 juillet 2012 contre des dignitaires du régime, en revanche, les choses semblent un peu plus compliquées que ne l'explique (sans aucune référence encore une fois) l'auteur, et on ne peut écarter l'hypothèse d'un règlement de comptes à l'intérieur du régime. La compassion de F. Pichon est bien sélective : oui, les rebelles ont commis des crimes de guerre, ont tiré sur des quartiers civils, mais les chiffres parlent d'eux-mêmes, et l'auteur ne nous en dit rien. Le régime a massacré la population syrienne sur une échelle qui n'a rien à voir avec les exactions des rebelles -et même avec celles de l'EI. L'indignation morale de l'auteur n'a donc ici que peu de poids, d'autant qu'elle ne s'appuie pas sur aucune source (sans même parler de sources de référence...).

    Le chapitre 3 est consacré aux relations entre la Russie et le régime Assad. On sourit à l'évocation de ces chars T-74 p.68 (aucun char soviétique ne porte ce numéro ; il y a par contre un char japonais, le Type 74, auquel pensait peut-être F. Pichon...). La Russie ne fait qu'armer la Syrie de manière défensive (re-re-re-sic) ; après tout les rebelles ont bien reçu des Stinger par caisses entières dès 2012, comme en Afghanistan (p.69). Et puis, dès 2012, les premiers djihadistes arrivent... F. Pichon n'a pas forcément tort : oui, beaucoup de Libyens et de Tunisiens sont venus se battre en Syrie dès 2012 ; étaient-ils tous des djihadistes ? Pas certain, ce qui se voit aux formations qu'ils ont rejoint sur le terrain -alors que le front al-Nosra s'impose progressivement dans l'insurrection cette année-là, et que l'EIIL, ancêtre de l'EI, n'existe pas encore. Et F. Pichon de reprendre les attaques personnelles anonymisées, bien sûr (2, p.76, un nom apparaît p. 79, enfin, J.-P. Filiu) et de nous parler des pertes du régime, mais pas des autres. Après tout, l'EIIL, la rébellion, sont financées par l'Arabie Saoudite, avec l'accord de la France, qui a laissé se créer un "nid à djihadistes" en Syrie.

    C'est que la France a pris le relais des néoconservateurs américains pour la bêtise, d'après F. Pichon, braquant tout le monde, jusqu'aux Américains, et faisant fi d'une diplomatie conçue pour discuter avec nos ennemis. Et l'auteur de consacrer 10 pages (p.86-96, sur un livre qui n'en compte que 120 de lui, ce n'est pas rien) au Qatar, auquel la France serait pour ainsi dire asservie. En plus, le vrai "Munich" (p.98) de la France, c'est d'avoir abandonné les chrétiens de Syrie, dont l'auteur reconnaît du bout des lèvres qu'ils ont très majoritairement partisans du régime -et de plus en plus dans l'action armée. Pas très loin de Maaloula, d'ailleurs, dont F. Pichon parle beaucoup, il y a la terrible prison de Sednaya, dont on comprend bien pourquoi il n'en parle pas -Assad y a beaucoup torturé, exécuté et pendu, comme le confirme un rapport récent d'Amnesty International. Et F. Pichon de s'affoler pour Kessab, prise par les rebelles en mars 2014 (F. Balanche, lui, parlait même d'un "deuxième génocide arménien" orchestré par la Turquie)... le tort de la France, c'est aussi de ne pas avoir choisi des rebelles "cooptés" par le régime. On n'en finit plus des "sic".

    Les Russes, finalement, sont des "réalistes" en matière de politique étrangère. Ils ont été "traumatisés" par l'expérience tchétchène. Dont acte : la France n'a rien compris. Le clou, c'est sans doute la pseudo-démonstration sur les attaques chimiques du 21 août 2013 : non, le régime n'avait rien à y gagner (alors qu'il a lancé une contre-attaque immédiatement après, et par la négociation, a pu continuer à loisir ses offensives avec armes conventionnelles, utilisant même du chlore par la suite, moins repérable que le sarin). Et F. Pichon, sur cet événement sensible, ne cite aucune source ou presque : arguments d'autorité, de nouveau. Assad, de toute façon, est la seule alternative. Quand on sait qu'il a fallu l'intervention directe de la Russie pour sauver le régime, encore une fois, en septembre 2015, le propos a de quoi faire sourire.

    L'Occident s'est-il trompé ? Peut-être. En tout cas, Frédéric Pichon, lui, ne trompe personne. Celui qui prétendait encore en juillet 2016 que jamais les rebelles syriens n'arriveraient à lever le blocus établi à grand peine par le régime autour d'Alep -avant d'être démenti pour un temps quelques jours plus tard- fanfaronne à mesure que le régime syrien, porté à bout de bras par ses alliés étrangers, s'impose comme un acteur incontournable du règlement du conflit. A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire, a-t-on coutume de dire. Sans psittacisme bien sûr.

    0 0

    Titre : Des clients, pas des chefs religieux

    Durée : 23 minutes 23 secondes.

    Lieu(x) : Mossoul. Dans la séquence 4, le 1er VBIED explose dans le quartier d'al-Intisar (sud-est) ; le 2ème explose dans le quartier de Muthana (nord-est) ; le 3ème à Bahwiza (nord-est) ; et le 4ème à al-Furqan (centre-est).

    Date (sûre par recoupement ou estimée) : la vidéo a été mise en ligne le 9 février 2017. Un des kamikazes de la séquence 4 s'est fait sauter le 7 janvier, un autre le 12 janvier. Certaines images de combat correspondent à des vidéos Amaq des 5,10 et 13 janvier.

    Type de vidéo : c'est une vidéo mixte, mêlant quelques images de combat et de VBIED à de la propagande.

    Découpage (séquences) :

    1 : 16''-3'38'', dénonciation de clercs sunnites « apostats ».
    2 : 3'38''-8'34'', discours de jeunes combattants, victimes civiles des bombardements.
    3 : 8'34''-10'13'', hommage aux cadres décédés de l'EI.
    4 : 10'13''-15'55'', VBIED.
    5 : 15'55''-16'56'', discours d' Abu Abd Albar Al Iraqi.
    6 : 16'56''-18'11'', séquence variée.
    7 : 18'11''-23'23'', propagande.



    Forces attaquées/adversaires : dans la séquence 4, 2 fantassins avec AK, dont une avec chargeur tambour, tire sur un EC-635 de l'aviation irakienne.



    Effectifs engagés : groupes de combat d'une dizaine d'hommes.

    Moyens d'appui utilisés (canons, mortiers, armes artisanales...) : néant.

    Véhicules utilisés (chars, véhicules blindés, technicals...) : dans la séquence 4, on voit un Hilux avec ZPU-2 en tir antiaérien.



    Dans la séquence 7, un Land Cruiser avec bitube ZU-23 ouvre le feu, il y a un Hilux avec KPV.



    Kamikazes (identité) :

    1 : Sheikh Abu Bilal Al Misri (Egyptien)



    2 : Abu Zaid Al Azeri (Azéri)

    3 : Abu Omar Al Maslawi (Irakien, Mossoul).

    4 : Abu Noor Al Iraqi (Irakien).

    Véhicules kamikazes (types, impact) :

    1 : Humvee de la Golden Division renforcé de plaques de blindage, blindage SLAT sur le sommet de la tourelle (on ne voit pas l'explosion).



    2 : pick-up avec blindage improvisé. Explose près d'un Humvee et d'un bâtiment abritant des soldats irakiens.

    3 : 4x4 SUV blanc avec blindage artisanal. Explose au milieu de véhicules et de soldats irakiens.

    4 : Abu Omar Al Maslawi explose au milieu d'un regroupement de véhicules (Humvees et un MaxxPro).

    5 : Camion, explose entre 2 Humvees.

    Armes légères et lourdes (fusils d'assaut, mitrailleuses, RPG, etc) - groupes de combat et leurs tactiques : dans la séquence 4, les combattants de l'EI tirent dans les rues avec AK-47, AKM, AKMS. On voit aussi 2 tireurs PK dont un porte en plus une AKMS. Plus loin un autre tireur PK a également une AKS-47 avec embout de lance-grenade ou silencieux dans le dos. Un autre combattant porte un M-16, un fantassin 2 AK-47/AKMS.

    Dans la séquence 7, parmi les nombreux fantassins qui tirent, un porte le drapeau de l'EI sur le dos. On voit également un mitrailleur avec une M240.




    Destructions de véhicules adverses : néant.

    Butin matériel : néant.

    Morts/prisonniers/blessés adverses : néant.

    Morts/blessés de l'EI : néant.

    Effets visuels/montage/techniques de propagande : la louange à Allah est suivie de la mention Islamic State et du logo de la wilayat sous-titré en anglais.

    Dans la séquence 1, l'EI qualifie « d'apostats » toute une série de dignitaires religieux sunnites : Youssef al-Qardaoui (théologien d'origine égyptienne, vivant au Qatar, qui intervient sur al-Jazeera, condamné à mort par contumace par l'Egypte en raison de ses liens avec les Frères Musulmans), Salmad Al Ouda (un clerc saoudien qui intervient fréquemment à la télévision saoudienne et dans la presse), Mohamed Hassan (chef salafiste égyptien), Abd Al Aziz Al Fawzan (un clerc saoudien), Aly Jomaa (clerc et juriste égyptien, grand mufti d'Egypte entre 2003 et 2013), A'ath Al Qarni (clerc saoudien qui a peut-être été victime d'une tentative d'assassinat inspirée par l'EI en mars 2016 aux Philippines), Mahdi Al Samidai (un cheikh irakien), Abdul Latif Al Hamim (un clerc sunnite irakien), Ahmad Badreddin Hassoun (grand mufti de Syrie depuis 2005, qui collabore avec le régime syrien), Ahmad al-Kabissi (prédicateur et religieux sunnite irakien), Mohamad Said Raslan (cheikh salafiste égyptien très hostile aux Frères Musulmans), Ali Hasan al-Halabi (cheikh salafiste jordanien), Yassir Barhami (clerc salafiste égyptien), Saleh Al Maghamsi (clerc saoudien, imam d'une mosquée de Médine), Sa'ad Al Shatri (clerc saoudien), Sadiq Al-Ghariani (grand mufti de Libye depuis 2012), Sa'ad Al Barik (cheikh saoudien). Un tweet de ce dernier (20 février 2014) sur des crimes commis par l'EI est inséré dans la séquence. L'EI utilise une citation de Ibn Qayyim al-Jawziyya (1292-1350), un juriste et mufti sunnite rattaché à l'école hanbalite, originaire de Damas, très influencé par Ibn Tamiyya, une des références classiques de l'EI : « On parle ici de savants corrompus qui sont sur les portes du paradis appelant les hommes à travers leurs mots mais leurs actions les guident vers le feu de l'enfer. A chaque fois que leurs mots appellent le peuple au Paradis, leurs actions ne sont pas confirmées par leurs mots. Si ces mots étaient vrais, ils les auraient suivis eux même. Ils semblent être des savants mais en réalité c'est des bandits de grand chemin. », pour discréditer ces clercs sunnites.

    Dans la séquence 2, l'EI fait parler un combattant assez jeune, Abu Raqiya Al Shami (Syrien), pour discréditer encore davantage les clercs sunnites évoqués précédemment. Des photos des clercs environnés de flammes, ou discutant avec des hommes politiques américains, comme John Kerry, sont insérées au milieu du discours du combattant. On voit plus loin des images de rebelles syriens (13ème division de l'ASL) et de victimes de bombardements de la coalition dans les zones tenues par l'EI (enfants, un bébé en particulier). Suit le discours d'un autre combattant assez jeune, Abu Nouris Al Iraqi (Irakien). On revoit la photo d'un des clercs environné de flammes, de même qu'une autre d'Erdogan (le combattant fait référence au front d'al-Bab et au bombardement turc des quartiers tenus par l'EI où se trouvent des civils).




    Dans la séquence 3, l'EI fait l'éloge de ses chefs « historiques » : Zarqawi, Abu Omar al-Baghdadi, Abu Hamza al-Mujahir, Abu Anas Al Shami (compagnon de Zarqawi, mentor d'al-Adnani, tué par les Américains en septembre 2004), Abu Abdullah al-Muhajir (tué en novembre 2016 par une frappe américaine), Abu Ali al-Anbari (tué par un raid des forces spéciales américaines en mars 2016), al-Adnani, Abu Malik Al Tamimi (clerc de l'EI tué en mai 2015). La séquence se conclut par deux photos inédites d'Abu Ali al-Anbari.



    Dans la séquence 5, l'EI fait à nouveau parler un jeune combattant, Abu Abd Albar Al Iraqi (Irakien), sur fond de photos des clercs « apostats » environnés de flammes.



    Dans la séquence 7, Abu Maria Al Iraqi prend la parole, suivi d'Abu Zeinab Al Iraqi. Les deux hommes semblent évoquer un sheikh tué dans les combats de Mossoul, Faris Al Mawsili (Mossouliote), dont on voyait les dernières images et le corps dans la deuxième vidéo longue sur la bataille, « La promesse de Dieu », mise en ligne le 14 novembre dernier. On voit encore des photos des clercs sunnites environnés de flammes.

    Religion : dans la séquence 3, on voit 2 combattants lire le Coran.

    Dans la séquence 3, l'EI cite Sufyan ibn `Uyaynah (725-814), un érudit de La Mecque spécialiste des hadiths et de l'exégèse du Coran : apparemment une référence à la sourate de l'Araignée (al-Ankhabut), verset 69 : « Ceux qui combattent pour Notre Cause, Nous les guiderons assurément sur Nos sentiers, car Dieu est avec ceux qui s’appliquent à accomplir des œuvres salutaires. » .

    Dans la séquence 4, le Sheikh Abu Bilal Al Misri (Egyptien, porte une ceinture d'explosifs), avant son attaque suicide, fait un discours, sur fond de photos des clercs sunnites dénoncés avec des flammes ; on reconnaît aussi sur une photo Ammar al-Hakim, dirigeant chiite du Conseil Suprême Islamique d'Irak.

    Dans la séquence 6, l'EI incruste une citation du prophète : « Allah a élevé grâce à ce livre (le Coran) certaines nations et a descendu d'autres ». Il est question du Sheikh Ibrahim al-Nama'a, membre du Parlement irakien.

    La séquence 7 qui conclut la vidéo se termine avec un montage qui scande : « Tuez l'imamat de l'incrédulité ».

    Nasheeds (poèmes chantés) présents dans la vidéo :

    1 : ?

    2 : ?


    4 : 14'10''-16'03'' A'qululaha

    5 : 21'51''-22'56'' Hilafati gatda Jalla

    6 : 22'57''-23'23'' Come come

    Commentaires particuliers : cette 7ème vidéo longue sur la bataille de Mossoul, moins longue que les précédentes, est la première à ne pas être centrée sur les combats. On note aussi que les images de combat et de VBIED datent de début janvier : l'EI ne communique pas comme de coutume sur ses revers, ici la chute des quartiers Est. Il faut noter toutefois que dans les derniers combats, l'EI a engagé des technicals en tir tendu ou antiaérien, ce qui a été plutôt rare dans les quartiers Est. Il n'y a que 4 VBIED montrés, soit beaucoup moins qu'auparavant (2 Irakiens, 2 étrangers), et pas de drones armés, cette fois. Les VBIED eux-mêmes sont plus disparates. On remarque le mitrailleur avec M240, rarement vue entre les mains de l'EI à Mossoul. Ici, l'EI fait surtout œuvre de propagande : il jette le discrédit sur les clercs sunnites des pays environnants faisant partie de la coalition, met en contrepoint de jeunes combattants engagés dans le djihad, souligne les victimes civiles dues aux frappes aériennes. On insiste aussi sur les chefs tués au combat et les exemples de « martyrs » durant la bataille de Mossoul. Comme de coutume, le groupe appuie son discours sur des références religieuses précises.

    0 0

    La division Sultan Murad est le résultat d'une coalition de brigades rebelles constituées de Turkmènes, en décembre 2015. Les Turkmènes, minorité syrienne, ont rapidement formé plusieurs brigades dans l'opposition armée dans les provinces de Lattaquié et d'Alep, tandis qu'ils commençaient à se structurer politiquement. A partir de l'été 2015, alors que la Turquie s'engage plus nettement contre l'EI, l'appui américain puis turc à la brigade, puis division Sultan Murad est de plus en plus évident. La division Sultan Murad est cependant davantage alignée sur la Turquie : bien que combattant d'abord le régime, elle s'est aussi affrontée aux Kurdes de l'YPG/SDF, et à l'EI. Depuis le lancement de l'opération Euphrates Shield le 24 août 2016, la division Sultan Murad semble la figure de proue des rebelles regroupés derrière l'armée turque pour reprendre al-Bab. Bénéficiant de nombreux matériels fournis par Ankara, l'unité semble s'inscrire dans la logique « néo-ottomane » du président Erdogan.




    Historique


    La brigade Sultan Murad a été créée le 28 mars 2013. Elle est issue d'un groupe rebelle turkmène disparu depuis, Jabhat Ahfad al-Sultan. Elle est commandée par le colonel Ahmed Othman qui a fait défection de l'armée syrienne en 2012. Ce groupe rebelle recrute parmi les Turkmènes du nord de la Syrie, surtout dans la province d'Alep. Très présents dans la région côtière de cette dernière province, les Turkmènes, d'après la Coalition Nationale Syrienne, ont été victimes de discriminations culturelles de la part du régime syrien, notamment quant à la langue et à leur activité économique. Ils auraient joué un grand rôle dans les manifestations initiales en 2011 à Alep, Lattaquié, Homs (où 40% des résidents de Bab Amr seraient turkmènes) et Damas. Pourtant, un rapport du Syrian Network for Human Rights rapporte que le 25 octobre 2013, à Alep, la division Sultan Murad bombarde un monastère, celui de Wartan, situé sur la ligne de front, avec des mortiers.

    En fait, les Turkmènes syriens n'avaient pas d'organisation politique avant la révolution de 2011, et ont dû apprendre à en créer une à partir de cette date. En mars 2012, deux entités sont nées : le Bloc Turkmène Syrien (BTS) et le Mouvement Turkmène Démocratique Syrien (MTDS). Ces deux mouvements n'ont pas du tout les mêmes fondations. A cela s'ajoute la Plateforme Turkmène Syrienne (PTS), initiée par la Turquie, qui tente de chapeauter les mouvements turkmènes syriens. Le BTS trouve ses origines dans les Turkmènes syriens installés en Turquie ; initié dès août 2011, il naît formellement en mars 2012 et se base surtout sur les Turkmènes de la province de Lattaquié, dans la région de Bayir-Bucak. Le MTDS est une réponse au précédent et émane de Turkmènes syriens, également pour la plupart établis en Turquie, soucieux de politiser leur communauté en Syrie : il naît également en mars 2012 à Istanbul. Il opère surtout avec les Turkmènes de la province d'Alep. Le BTS défend l'idée d'un Etat syrien comprenant les Turkmènes, mais pas celle d'un fédéralisme : un Etat suffisamment fort pour contrer les tendances séparatistes, mais démocratique et laïc. Le programme est sensiblement même dans le MTDS, qui insiste pour que les droits des Turkmènes soit garantis dans une Syrie unie.

    A Lattaquié, la principale formation militaires regroupant les Turkmènes est la brigade de la Montagne Turkmène dirigée par le colonel Awad. A Alep, les brigades turkmènes sont principalement dirigées par Ali Basher, un Turkmène d'Alep : la brigade du sultan Mehmet le Conquérant, la brigade du Sultan Abdul Hamid, etc. Il y a aussi des unités turkmènes dans les provinces de Homs, Raqqa, Damas, Idlib et Tartous. Il y aurait au total 3,5 millions de Turkmènes en Syrie, sunnites à 99%, dont 1,5 millions qui ont conservé leur identité (et surtout la langue) turque. Finalement, une Assemblée Turkmène Syrienne est fondée à Ankara le 29 mars 2013, en présence du Premier Ministre turc Erdogan ; elle tient son deuxième congrès les 9 et 10 mai 2014.

    En 2014, après les négociations manquées de Genève II, les rebelles syriens attaquent dans le nord de la province de Lattaquié, à Kessab (opération al-Anfal) le 21 mars, à Khan Sheykhoun et à Alep. Dans cette dernière ville, les rebelles cherchent à desserrer l'étau du régime sur les quartiers Est. En effet, l'EIIL ayant été chassé d'Alep avec l'offensive rebelle lancée en janvier, le régime en a profité pour avancer à l'est d'Alep. Les rebelles tentent de mettre la pression sur les quartiers ouest de la ville tenus par le régime. La brigade Sultan Murad est engagée dans ces opérations. A cette époque, l'unité est commandée sur le plan militaire par Fehim Isa.

    En juillet 2015, la brigade Sultan Murad se bat toujours dans les quartiers nord et nord-est d'Alep contre le régime. En août 2015, la division accueille une défection du régime syrien. La Turquie négocie alors avec les Etats-Unis son entrée dans la coalition anti EI. Dans les zones rurales autour d'Alep, le front al-Nosra, après un accord avec les rebelles, évacue certaines positions pour être remplacé par certaines brigades, dont Sultan Murad, qui semble de plus en plus liée à la Turquie. Le 15 septembre 2015, la brigade Sultan Murad fait partie des signataires d'un accord sur le processus de paix initié par l'ONU. Elle est récipiendaire cette année-là de missiles antichars TOW, fournis par la CIA, ce qui dénote aussi d'un soutien américain. La brigade Sultan Murad est alors principalement concentrée sur le front d'Alep (autour d'Handarat, au nord de la ville), mais elle a aussi un contingent à Idlib qui participe à la capture de la ville de Jisr-al-Shughour au printemps 2015. Elle intègre la coalition Fatah Halab qui regroupe des groupes rebelles de l'ASL ou islamistes. A partir du 16 octobre, la brigade Sultan Murad doit se défendre, à Alep, contre la grande offensive lancée par le régime avec l'appui massif de l'Iran et de la Russie, qui a commencé son intervention directe dans le conflit le mois précédent. Les missiles TOW permettent de quelque peu contrebalancer le matériel déployé par les alliés du régime. En novembre, la brigade Sultan Murad combat dans la montagne des Turkmènes, au nord de la province de Lattaquié, où le régime mène aussi une nouvelle offensive fortement appuyée par la Russie. Le 8 décembre 2015, la brigade Sultan Murad fusionne avec d'autres brigades turkmènes, la brigade du Sultan Mehmet le Conquérant, la brigade du martyr Zaki Turkmani et la brigade Ashbal al-Aqeeda pour former la division Sultan Murad.



    En janvier 2016, l'armée turque commence à retirer les engins explosifs et mines posés par l'EI près de la ville frontière de Jarabulus, et en informe la division Sultan Murad qui éloigne les civils du secteur. En février 2016, à Alep, des combattants de la division Sultan Murad humilient et frappent 4 prisonniers d'une formation liée aux Forces Démocratiques Syriennes dominées par les Kurdes syriens de l'YPG. Pour l'Institute Study of War, la division Sultan Murad constitue alors un groupe influent à Alep, qui peut changer la donne côté rebelles. En mars, la division Sultan Murad semble conduire un échange de prisonniers avec l'EI. Elle affronte également un autre groupe rebelle, les brigades Nour ad-Din al-Zanki, après un différent, dans la ville d'Alep ; les deux groupes font alors pourtant partie de Jaysh Halab, nouvelle coalition créée à Alep en février autour d'Ahrar al-Sham. En avril, la division Sultan Murad est dans la liste des groupes accusés par l'YPG de bombarder le quartier kurde de Sheikh Maqsud, au nord d'Alep, faisant de nombreuses victimes civiles, depuis le mois de novembre précédent. Ce même mois, elle participe à l'offensive de la Hawar Kilis Operations Room au nord d'Alep pour marcher sur al-Raï, alors tenu par l'EI. L'opération qui démarre le 4 avril est soutenue par des bombardements de l'artillerie turque et des frappes aériennes de la coalition. Al-Raï est prise le 7 avril mais une contre-attaque de l'EI reprend la localité le 11, et menace de couper en deux la poche d'Azaz au nord d'Alep (formée après l'offensive du régime au nord-ouest de la ville d'Alep en février 2016, et adossée à la frontière turque). L'EI ne se retire que début juin, abandonnant par la même occasion le siège de Mare, en raison de la progression des SDF à l'Est vers Manbij. La division Sultan Murad participe à la bataille pour briser le blocus des quartiers Est d'Alepà partir du 31 juillet. Une interview du colonel Othman le 23 août, la veille de l'intervention turque en Syrie, explique que les rebelles de la division Sultan Murad ont du mal à progresser de nuit en raison des IED laissés par l'EI derrière lui au nord/nord-est d'Alep. Le lendemain, la division fait partie des 5 000 rebelles syriens qui appuient l'armée turque dans sa conquête de Jarabalus, tandis que l'EI commence à se retirer en direction d'al-Bab. Dès lors, la division Sultan Murad accompagne l'armée turque au sein de l'opération Euphrates Shield, dans sa descente vers Dabiq, puis al-Bab. Parallèlement, le 30 octobre, la division Sultan Murad participe à la dernière offensive pour lever le blocus d'Alep contre les quartiers ouest tenus par le régime, le 30 octobre : elle se bat dans le quartier de Zahraa. En novembre 2016, une source attribue à la division Sultan Murad 550 combattants à Alep et autour de la ville. Le 13 novembre, un commandant militaire de la division, Kemal Ömer Tilki, est tué dans les combats contre l'EI à l'Est d'Alep.





    Début 2017, le secteur déjà libéré par l'armée turque et ses alliés rebelles, dont la division Sultan Murad, au nord d'al-Bab, doit faire face à une recrudescence des VBIED. La formation constitue un des éléments rebelles les plus conséquents opérant sur le front d'al-Bab en soutien d'Euphrates Shield et fait partie des premiers élémentsà entrer dans la ville le 8 février 2017.













    Propagande et idéologie


    La brigade puis division Sultan Murad tire son nom d'un sultan ottoman : Mourad II, qui règne de 1421 à 1444, puis de 1446 à 1451 -et père de Mehmet II le Conquérant, le vainqueur de Constantinople, dont une autre brigade rebelle turkmène porte le nom. Mourad II consolide l'empire ottoman fragilisé par l'incursion de Tamerlan au début du XVème siècle : il étend notamment l'empire dans les Balkans et remporte la victoire de Varna (1444). Il tente sans succès un premier siège de Constantinople : l'entreprise sera menée à son terme par son fils Mehmet.

    Cette dimension ottomane, et turque, se retrouve sur le drapeau initial de Liwa al-Sultan Murad : la shahada, la profession de foi musulmane, est en blanc (ou jaune comme ci-dessous) sur fond rouge, couleur du nationalisme turc. Plus que l'islam, c'est donc bien la dimension turque, ottomane, qui domine le discours de l'unité. La division Sultan Murad, en revanche, reprend dans son logo les emblèmes de la révolution syrienne et de l'ASL : l'aigle, le drapeau noir-blanc-vert avec 3 étoiles rouges, avec le nom ASL et celui de la formation. On constate cependant que ce dernier logo n'est utilisé que dans le coin supérieur gauche des vidéos Youtube de l'unité (et la petite introduction de chaque vidéo), qui continue d'aborder sur ses véhicules le drapeau rouge avec la Shahada. C'est donc une dimension que d'aucuns pourraient qualifier de « néo-ottomane » qui semble dominer parmi les rebelles de la division Sultan Murad.




    Un montage de propagande du 9 décembre 2016 montre un rebelle sur un cheval, tenant le drapeau de la division Sultan Murad. Une photo du 11 février montre des combattants en prière à al-Bab sur le drapeau de l'unité.




    Le groupe dispose d'un site Internet, d'un compte Twitter en arabe et d'un autre en turc, et d'une chaîne Youtube pour diffuser ses vidéos. La page Facebook reprend le contenu Twitter essentiellement.


    Armement, matériel, tactiques


    L'analyse des productions vidéos de la division Sultan Murad entre novembre 2016 et février 2017 (bataille d'al-Bab, en gros) permet d'avoir un bon aperçu de son armement, de son matériel et de ses tactiques. L'infanterie est assez conséquente (le groupe revendiquait 1 300 hommes l'an passé) et la division Sultan Murad est sans doute l'élément rebelle le plus important en soutien de l'armée turque dans Euphrates Shield. La discipline de feu, qui paraissait relativement bonne en novembre, se dégrade en février -sans doute en raison de l'incorporation de jeunes recrues, à cause des pertes : on note d'ailleurs un « trou » dans les vidéos en décembre-janvier, au moment où les combats à al-Bab contre l'EI entraîne de lourdes pertes dans l'armée turque et sans doute aussi parmi les rebelles syriens. L'infanterie est armée d'AK, de PK, de SVD et de RPG-7. Les M-16 et autres américaines sont moins nombreuses : la division Sultan Murad semble davantage soutenue par la Turquie seule que par les Etats-Unis et la Turquie de concert, comme c'est le cas pour la division al-Hamza. On note quelques M240 et M249, mais aussi des Zastava M84. La Turquie semble fournir des Milkor MGL dont une photo montre un exemplaire le 6 février.Les technicals embarquent aussi au moins une M2HB, et une M240 à côté d'un ZPU-2, de plusieurs ZU-23, de KPV, de Type 77/85. Des 3 groupes rebelles que j'ai étudiés jusqu'ici opérant avec Euphrates Shield, la division Sultan Murad est celui qui a le plus reçu de véhicules de l'armée turque : pas moins de 8 ACV-15 AACP (numéros ****75, avec emblème du groupe sur l'avant ; 243768 ; 19*157 ; ****63 ; 238061 ; 196149 ; ****87 ; 238001) et au moins 2 automitrailleuses ZPT. La division Sultan Murad dispose aussi de moyens d'appui, dont des mortiers : une batterie de 3 mortiers de 82 mm (sans doute des M69 serbes), et 1 mortier de 120 mm (avec munitions de la compagnie bulgare Dunarit Ruse, un 46 dans un cercle sur les obus), un lance-missiles antichars Fagot utilisé dans un rôle antipersonnel, un lance-roquettes artisanal pour roquettes Grad de 122 mm, 2 mortiers M252A2 de 81 mm et 2 mortiers M120 de 120 mm, d'autres mortiers de 120 mm. En outre, la division Sultan Murad est ponctuellement appuyée par des chars M-60T Sabra ou Leopard 2A4 de l'armée turque.











    Le 9 novembre, la division met en batterie 2 mortiers de 81 mm et 2 de 120 mm. Un Land Cruiser avec ZU-23 ouvre le feu.

    Une vidéo du 11 novembre montre un ACV-15, un Land Cruiser avec ZU-23 et un autre avec ZPU-2 en action, une mitrailleuse PK.

    Dans une vidéo du 12 novembre, un ACV-15 frappé de l'emblème de la division et chargé de fantassins est suivi d'un technical avec M2HB, d'un Land Cruiser avec M240B et de pick-up bourrés de fantassins. Chose rare, plusieurs de ces derniers sont armés de M-16.

    Le 14 novembre, on voit les combats près d'al-Bab dans une vidéo. La division a un Land Cruiser avec ZPU-2, un autre avec ZU-23, un Hilux avec KPV, un ACV-15 AACP. Des fantassins sont embarqués à bord de ce dernier. Une autre vidéo montre les fantassins monter de nuit dans un ACV-15, et de longues colonnes de véhicules en mouvement. Les Land Cruiser avec ZPU-2 et ZU-23 ouvrent le feu.

    Le 17 novembre, une batterie de 4 mortiers (1 lourd de 120 mm et 3 moyens de 82 mm) tirent sur le quartier de Zahra, à l'ouest d'Alep.

    Le 20 novembre, un char M-60T Sabra de l'armée turque est filmé par les rebelles de la division détruisant un véhicule de l'EI à Qabasin.

    Le 22 novembre, la division Sultan Murad marche sur Qabasin (nord-est d'al-Bab). Elle aligne un ACV-15 AACP, un Land Cruiser avec ZPU-2, un autre avec ZU-23, un Hilux avec KPV, un Land Cruiser avec M2HB. A côté des habituelles PK, on remarque une Zastava M84 flambant neuve. Une autre vidéo montre un tir de missile Fagot sur des fantassins du régime à Alep.

    Le 24 novembre, la division bombarde le quartier de Zahra à Alep avec un mortier lourd de 120 mm.

    Le 27 novembre 2016, la division Sultan Murad tire avec un lance-roquettes artisanal des roquettes Grad de 122 mm sur les positions du régime à Alep. Une autre vidéo montre les opérations près d'al-Bab : on voit un Land Cruiser avec ZPU-2, un Hilux avec KPV, un Land Cruiser avec mitrailleuse Type 77/85. Dans une 3ème vidéo sur le front d'al-Bab, un Land Cruiser avec ZU-23 ouvre le feu ; les rebelles sont appuyés par un char M-60T Sabra de l'armée turque. Il y a aussi un Land Cruiser avec M240 et un Hilux avec PK.

    Le 11 décembre 2016, une vidéo filme la mise en batterie et le tir d'un mortier de 82 mm contre le quartier de Zahraa, à l'ouest d'Alep, tenu par le régime.

    Le 24 janvier, une vidéo montre les combats près d'al-Bab. En plus d'une automitrailleuse ZPT, on distingue un Land Cruiser avec KPV, un autre avec une M240, un autre avec ZU-23, un autre avec DSHK.

    Le 8 février, une vidéo montre un tireur PK et d'autres fantassins armés d'AK faire le coup de feu à l'entrée d'al-Bab. Une autre vidéo du même jour montre le déploiement de nombreux technicals et d'au moins 1 ACV-15. Un ZU-23 sur Land Cruiser entre en action. Parmi les fantassins, on voit un tireur PK et un tireur RPG-7 et un tireur d'élite sur SVD Dragunov. Dans une 3ème vidéo, un ACV-15, un KPV sur pick-up, un ZU-23 sur camion, une M2HB et une M240B sur Land Cruiser sont visibiles. Il y a aussi une automitrailleuse turque ZPT et des mitrailleurs avec M240 et PK. Une 4ème vidéo filme les combats à Bazah : on distingue une automitrailleuse ZPT, un ACV-15, un mortier moyen, un ZU-23 sur Land Cruiser, un autre sur camion Isuzu, un ZPU-2 sur Land Cruiser, une M240 sur Land Cruiser, une M2HB sur Land Cruiser, un KPV sur technical, des mitrailleurs sur PK et M240, un bulldozer.

    Une vidéo du 10 février montre une colonne de la division à l'ouest d'al-Bab. Celle-ci comprend un Land Cruiser avec ZU-23 et un ACV-15. Un Land Cruiser avec M2HB ouvre le feu de même qu'un ZU-23 sur camion léger Isuzu. Les rebelles sont aussi appuyés par un char Leopard 2A4 de l'armée turque. 2 mitrailleurs ont des M249.

    Le 11 février, une vidéo de la division montre un technical (M240B sur Land Cruiser), 2 ACV-15 AACP manipulés par les rebelles turkmènes, un Land Cruiser avec DSHK, un autre avec M2HB, un Land Cruiser avec KPV ou ZPU-2. Les fantassins embarquent dans les ACV-15. Un mitrailleur tire avec une M240. Ils exhibent un drapeau de l'EI capturé et déploient le leur en hauteur.

    Le 12 février, une vidéo montre les combats à al-Bab. La division Sultan Murad déploie une flotte de pick-up (Land Cruiser surtout) et technicals, et manipule au moins un ACV-15 AACP. Parmi les technicals, 2 ZU-23 bitube sur Land Cruiser et un KPV sur le même véhicule. Les fantassins, parmi lesquels un tireur RPG-7 et un tireur PK, montent sur les silos d'al-Bab et y déploient le drapeau de leur formation.


































    0 0

    Titre : Prenez exemple sur leur ligne de conduite.

    Durée : 26 minutes 44 secondes.

    Lieu(x) : Mossoul et ses environs.

    Date (sûre par recoupement ou estimée) : la vidéo a été mise en ligne le 14 février 2017. La photo du 2ème adolescent kamikaze yézidi a été publiée par l'EI le 14 décembre 2016, deux mois avant cette vidéo. Il est probable que les 6 kamikazes montrés dans cette vidéo correspondent pour la plupart à la période de la bataille avant la chute des quartiers Est.

    Type de vidéo : c'est une vidéo thématique consacrée aux kamikazes sur VBIED.

    Découpage (séquences) :

    1 : 13''-2'11'', introduction.
    2 : 2'11''-4'14'', propagande.
    3 : 4'14''-6'37'', kamikaze Abu Islam Al Dameshqi.
    4 : 6'37''-10'30'', kamikaze Abu Al Ghamdi Al Idlib.
    5 : 10'30''-17'35'', kamikaze Abu Talab Al Baghdadi.
    6 : 17'35''-22'40'', deux kamikazes yézidis adolescents.
    7 : 22'40''-26'44'', kamikaze Abu Hamza Al Maslawi.



    Forces attaquées/adversaires : néant.

    Effectifs engagés : néant.

    Moyens d'appui utilisés (canons, mortiers, armes artisanales...) : néant.

    Véhicules utilisés (chars, véhicules blindés, technicals...) : néant.

    Kamikazes (identité) :

    1 : Abu Islam Al Dameshqi



    2 : Abu Al Ghamdi Al Idlib (adolescent).


    3 : Abu Talab Al Baghdadi (Irakien, Bagdad).


    4 : Abu Yussef Al Sinjari (Yézidi, adolescent).


    5 : Abu Khatab Al Sinjari (Yézidi, adolescent).

    6 : Abu Hamza Al Maslawi (Irakien, Mossoul, semble être revenu de l'étranger, il parle de sa hijra).



    Véhicules kamikazes (types, impact) :

    1 : Abu Islam Al Dameshqi mène une attaque de nuit, chose rare. On peut voir les tirs contre son véhicule de la colonne qu'il vise avant l'explosion.



    2 : Abu Al Ghamdi Al Idlib pilote un véhicule Kia renforcé de blindage artisanal. Il explose contre une colonne avec bulldozers en tête et Humvees.



    3 : Abu Talab Al Baghdadi pilote un 4x4 avec coque de blindage artisanal et se jette contre une colonne à l'extérieur de la ville de Mossoul (non filmé par drone).



    4 : Abu Yussef Al Sinjari pilote un 4x4 blanc avec coque de blindage. On remarque les charges explosives dans la portière déjà vues dans une précédente vidéo. Il se fait exploser contre un BMP-1.



    5 : Abu Khatab Al Sinjari se fait exploser au milieu d'une colonne de Humvees.

    6 : Abu Hamza Al Maslawi se fait exploser contre une colonne de véhicules.

    Armes légères et lourdes (fusils d'assaut, mitrailleuses, RPG, etc) - groupes de combat et leurs tactiques : néant.

    Destructions de véhicules adverses : néant.

    Butin matériel : néant.

    Morts/prisonniers/blessés adverses : néant.

    Morts/blessés de l'EI : néant.

    Effets visuels/montage/techniques de propagande : la louange à Allah est suivi de la mention Islamic State puis du logo de la wilayat Ninive.

    Dans la séquence 1, on peut voir un atelier de fabrication de VBIED, avec pose de blindage artisanal et peinture en blanc du véhicule.







    Dans la séquence 2, l'EI montre des images de rebelles syriens (division Sultan Murad, brigades Nour-ad-Din al-Zanki) et insiste sur le soutien des Américains. Il montre aussi les négociations d'Astana et ses tirs de missiles antichars sur le front d'al-Bab dans la dernière vidéo de la wilayat Halab. 4 kamikazes sont nommés : Khatab Al Shami, Abu Al Moatasim Al Shami, Abu Ma'an Al Shami, Abu Saif Al Shami (tous syriens). L'EI montre ensuite des photos d'Omar Shishani et d'al-Adnani.

    On revoit des images de rebelles syriens entraînés par les Américains dans la séquence 3 (Jaysh al-Mujahideen). Toutes les explosions de kamikazes sont filmées par drone sauf une.

    Dans la séquence 5, Abu Talab Al Baghdadi parle au milieu du Tigre, on voit aussi des images des quartiers ouest de Mossoul.

    La séquence 6 montre l'entraînement militaire d'enfants. Abu Yussef Al Sinjari, adolescent yézidi kamikaze, explique avoir reçu un endoctrinement religieux, puis une formation militaire. Ils ont rejoint avec son camarade kamikaze la Katiba Annas Ibn Al Nazar.

    Religion : dans la séquence 1, sur fond de combattants armés de fusils de précision ou lisant le Coran, l'EI insère une exégèse d'Ibn Kathir, juriste du XIIIème siècle et élève d'Ibn Tamiyyah, à propos du verset 16 de la sourate al-Maidah : « Par ceci (le Coran), Allah guide aux chemins du salut ceux qui cherchent Son agrément. Et Il les fait sortir des ténèbres à la lumière par Sa grâce. Et Il les guide vers un chemin droit. ».

    Dans la séquence 5, on peut voir la Mosquée Oussama Ibn Zayd, où l'EI endoctrine des enfants. On voit des combattants et des adolescents lire le Coran.

    Nasheeds (poèmes chantés) présents dans la vidéo :

    1 : ?

    2 : ?

    3 : ?

    4 : ?

    Commentaires particuliers : pour sa 8ème vidéo sur la bataille de Mossoul, l'EI n'a pas d'images de combat à montrer en raison de la chute des quartiers est. Il choisit donc de présenter des kamikazes (6), utilisés avant la chute, dont 3 adolescents, ce qui est significatif. Outre les 2 Yézidis endoctrinés par l'EI, on note cet Irakien probablement revenu d'Europe vers le territoire de l'EI et qui mène une opération kamikaze à Mossoul. L'EI Plus »cherche évidemment à inspirer ses troupes. On remarque les charges explosives dans la portière de la coque de blindage artisanale d'un des VBIED, caractéristique déjà notée précédemment dans une autre vidéo. Les attaques sont toujours filmées par drone. Les images de l'atelier de fabrication de VBIED sont également originales.

    0 0

    Titre : Déclenchement des raids-Couverture de la vie du mujahid des médias Abu Marya al-Iraqi

    Durée : 25 minutes 7 secondes.

    Lieu(x) : le bandeau indique que le combat de la séquence 2 se déroule près du village d’al-Dabas au nord de Baiji. Idem pour les séquences 3 et 4.

    Date (sûre par recoupement ou estimée) : la vidéo a été publiée le 21 février 2017. Les images de raids des séquences 3 et 4 correspondent à des reportages photos et vidéos publiées les 2 et 3 janvier derniers. 2 attaques de drones de la séquence 5 correspondent à des reportages photos des 5 et 6 février derniers.

    Type de vidéo : c’est une vidéo mixte, avec images de combats et propagande (éloge posthume).

    Découpage (séquences) :

    1 : 14’’-53’’, introduction.
    2 : 53’’-2’15’’, raid nocturne.
    3 : 2’15’’-5’21’’, assaut des positions de miliciens chiites de la mobilisation populaire.
    4 : 5’21’’-13’13’’, , assaut des positions de miliciens chiites de la mobilisation populaire.
    5 : 13’13’’-14’51’’, attaques de drones armés et VBIED.
    6 : 14’51’’-25’7’’, hommage à Abu Marya al-Iraqi.



    Forces attaquées/adversaires : essentiellement des miliciens chiites de la mobilisation populaire. L’EI filme plusieurs miliciens dans leurs positions au moins et 2 s’échappant dans un technical, pris sous les tirs.

    Effectifs engagés : les raids engagent plusieurs dizaines de combattants.

    Moyens d'appui utilisés (canons, mortiers, armes artisanales...) : dans la séquence 4, 2 KPV (capturés sur place ?) sont utilisés pour tirer sur un Mi-35 et un autre hélicoptère qui l’accompagne.






    La séquence 5 montre des attaques de drones armés :

    1 : à côté de véhicules (Humvees et pick-up) de la police fédérale ou de miliciens chiites.
    2 : contre un Humvee.
    3 : contre 3 Humvees et un pick-up de la police fédérale ou de miliciens chiites.




    Véhicules utilisés (chars, véhicules blindés, technicals...) : dans la séquence 2, l’EI fait tirer un technical avec KPV.



    Dans la séquence 3, l’EI engage un technical avec KPV et 2 véhicules blindés improvisés, l’un porteur d’une mitrailleuse Type 77/85 en tourelle, l’autre avec une mitrailleuse de 14,5 mm. Les deux véhicules sont porteurs de blindage SLAT et de blindage improvisé.




    2 véhicules blindés improvisés sont visibles dans la séquence 4 : l’un avec blindage SLAT sur l’avant, blindage artisanal sur les côtés et mitrailleuse DSHK en tourelle ; l’autre avec une mitrailleuse Type 77/85. Il y a également un pick-up avec mitrailleuse lourde KPV de 14,5 mm.







    Kamikazes (identité) :

    1 : Abu Khaled al-Faransi (Français). Les images sont anciennes (déjà montrées en juillet 2016 dans un reportage photo de la wilayat), c'est étonnant.



    Véhicules kamikazes (types, impact) : néant.

    Armes légères et lourdes (fusils d'assaut, mitrailleuses, RPG, etc) - groupes de combat et leurs tactiques : dans la séquence 3, le groupe de combat débarqué comprend au moins un tireur RPG-7 (avec AK supplémentaire) et un tireur PK. Un tireur PK (le même) porte en plus une AKM. Il y a probablement un deuxième tireur RPG-7 dans le groupe.







    Dans la séquence 4, on observe un tireur RPG-7 avec roquette tandem, le pourvoyeur, et un tireur PK. Un combattant avec AKM tire depuis le véhicule blindé improvisé armé d’une DSHK. Un autre tireur RPG-7 portant en plus une AKMS ouvre le feu. On voit aussi un fantassin avec M-4 (ou copie) à lunette.




    Destructions de véhicules adverses : néant.

    Butin matériel : dans la séquence 2, une tente des miliciens chiites porte l’emblème des Pasdarans

     

    Dans la séquence 3, un fantassin de l’EI porte un mortier léger capturé.

    Dans la séquence 4, un Toyota Land Cruiser est pris par les combattants de l’EI. On voit une mitrailleuse DSHK dans une des positions des miliciens chiites investies. L’EI capture un Safir iranien avec canon sans recul M40 de 106 mm. L’EI utilise un bulldozer pour percer une levée de terre et évacuer un Land Cruiser capturé.





    Morts/prisonniers/blessés adverses : dans la séquence 2, un corps adverse est visible.

    Dans la séquence 3, l’EI abat un combattant adverse. Plusieurs autres corps sont filmés dans une position détruite.

    3 corps sont filmés dans la séquence 4.

    Morts/blessés de l'EI : néant.

    Effets visuels/montage/techniques de propagande : la louange à Allah est suivie de la mention Islamic State et du logo de la wilayat, sous-titré en anglais.

    Le combat de la séquence 3 est filmé pour partie avec caméra GoPro montée sur tireur RPG-7.

    La séquence 6 utilise des images d’archives et des formules utilisées par la contre-propagande face à l’EI. Il y a un hommage assez long à Abu Marya al-Iraqi, reporter de guerre célèbre de la branche média, qui dirigeait celle de la wilayat Salahuddine. Il avait commencé sa carrière comme guetteur pour les djihadistes irakiens qui jetaient des grenades au bord de la rue sur les véhicules américains (l’EI montre 2 extraits vidéos de 2007 filmant de telles attaques, effaçant le vieux logo d’Al Furqan). Abu Marya avait de cette branche média de Salahuddine une des plus prolifiques de l’EI. Il avait monté personnellement 25 vidéos et contribué à des dizaines d’autres. Il a été tué en juillet 2016 près de Shirqat, dans le même secteur qu’Omar al-Shishani qu’il suivait à ce moment-là. On constate un déclin très net des productions vidéos de la wilayat Salahuddine après sa mort (une seule vidéo en août dernier, avec des images d’archives). C’est notamment lui qui avait filmé le raid sur Samarra, le 5 juin 2014, une attaque de l’EIIL précédant la chute de Mossoul (on l’entend pleurer en tournant les images dans Samarra dans cette vidéo). Il avait également filmé les exécutions de camp Speicher juste après la chute de Mossoul. On voit Abu Marya en compagnie d’Omar al-Shishani dans une photo insérée à l’intérieur de cette rétrospective. 2 combattants, Abu Qotayba Al Iraqi et Abu Omar Al Iraqi, évoquent Abu Marya. L’EI montre des images d’Abu Marya formant de futurs reporters de la branche média dans une salle de classe. On constate que les étudiants ont sur leur table des drones Phantom 4. Une photo montre Abu Marya conseillant un étudiant sur le pilotage du drone, semble-t-il. On voit ensuite son enterrement.

    Religion : dans la séquence 4, on entend un discours audio d’al-Adnani.

    Nasheeds (poèmes chantés) présents dans la vidéo :

    1 : 53’’-2’09’’ Adajah

    2 : 2’15’’-5’14’’ Aurilladha

    3 : 5’20’’-8’11’’ Qasaeqat

    4 : 8’20’’-12’55’’ Fought

    5 : 13'13’’-14’45’’ Kayfema Jidtum

    6 : ?

    7 : ?

    Commentaires particuliers : cette vidéo de la wilayat Salahuddine est la première depuis longtemps. La dernière, en août 2016, n'était constituée que d'images d'archives. La wilayat Salahuddine était pourtant, dans la première moitié de 2016, l'une des plus productives en termes de vidéos militaires. On s'explique mieux la chute drastique de la production de vidéos avec la mort d'Abou Maryia al-Iraqi dont il est question dans la moitié de la vidéo. Celui-ci avait fait de la branche médiatique de Salahuddine un modèle du genre au sein de l'EI : manifestement sa mort en juillet 2016 lui a porté un coup assez rude. On note que la wilayat conduit encore des raids mécanisés en forme d'attaques de harcèlement contre les positions irakiennes protégeant les lignes de communication vers Mossoul, mais contre des objectifs relativement restreints. C'est aussi la 3ème vidéo longue à montrer des attaques de drones armés (3). D'ailleurs, l'éloge d'Abou Marya al-Iraqi fournit aussi la preuve que la formation des reporters de guerre de l'EI comprend l'emploi des drones pour la propagande.

    0 0

    Le Parti Islamique du Turkestan (PIT) fait partie de ces groupes djihadistes en Syrie « satellites » de la branche syrienne d'al-Qaïda, le front al-Nosra, devenu Jabhat Fateh al-Sham, lui-même intégré dans la nouvelle coalition Hayat Tahrir al-Sham (janvier 2017). Héritier d'un groupe djihadiste ouïghour né dès l'après-djihad afghan contre les Soviétiques, le PIT, proche d'al-Qaïda, est resté fidèle à l'organisation même après le début du conflit avec l'EIIL, devenu l'EI en 2014. Si l'EI compte aussi des Ouïghours, la majorité de ceux ayant émigré pour le djihad a rejoint le PIT. La formation ne commence à faire la publicité de sa branche syrienne qu'à partir de 2014. En 2015, le PIT acquiert une certaine visibilité de par son rôle dans l'offensive contre la province d'Idlib ; depuis, il a été de toutes les grandes offensives menées par al-Nosra puis Jabhat Fateh al-Sham dans le nord-ouest de la Syrie. Conséquent, prenant de plus en plus de place sur le théâtre syrien, le PIT, installé dans la province d'Idlib, combat dans celles de Lattaquié, Hama, et Alep. Il semble s'être investi en Syrie bien qu'il conserve sa base pakistanaise.




    Historique


    Le Parti Islamique du Turkestan (PIT) est une organisation islamiste séparatiste fondée par les Ouïghours de l'ouest de la Chine. Son but est de créer un Etat indépendant, le Turkestan oriental, sur le Xinjiang chinois. Les Ouïghours, un peuple turcophone, constituent 45% de la population du Xinjiang, la plus grande province chinoise, à l'ouest du pays. La politique communiste à l'égard de cette minorité, accordant d'abord une autonomie pour provoquer un ralliement spontané au pouvoir, a au contraire soudé une communauté qui n'était pas forcément unie. Kashgar, éphémère capitale du Turkestan en 1933, est le symbole de la lutte des Ouïghours. En avril 1990, des Ouïghours vétérans du djihad afghan contre les Soviétiques lancent la lutte armée contre l'Etat chinois après avoir créé l'année précédente le Parti Islamique du Turkestan Oriental (PITO). En 2008, quatre jours avant le début des Jeux Olympiques de Pékin, une attaque de grande envergure est menée à Kashgar. Urumqi, où la population est partagée entre Ouïghours et Hans chinois, est également le théâtre de violentes, comme les émeutes du 5 juillet 2009.

    Le PIT revendique de 300 à 500 combattants au Pakistan et des antennes en Turquie et en Syrie. Il se veut le successeur du Mouvement Islamique du Turkestan Oriental (MITO), créé en 1997 et dirigé par Hasan Mahsum, formé en Afghanistan et au Pakistan, et Abudukadir Yapuquan. Dès 1998, le MITO se réfugie dans l'Afghanistan des talibans, et les premiers contacts sont établis avec Ben Laden et le Mouvement Islamique d'Ouzbékistan. Mashum est tué lors des bombardements américains à la frontière afghano-pakistanaise fin 2001. Abdul Haq al-Turkestani, ancien chef de ce qui devient ensuite le PIT, est annoncé tué par une frappe de drone en février 2010 au nord-Waziristan (il refera surface dans une vidéo du PIT en 2016). Abdullah Mansour prend alors la suite. En dépit de la perte de plusieurs chefs successifs, le PIT se maintient dans la durée et peut continuer à frapper la Chine. Turkestani a développé la branche média du PIT, Sawt al-Islam/Islam Awazi (La voix de l'islam) : le magazine Turkestan Islamique (publié tous les 4 mois) démarre en 2008, et à partir de 2012 le PIT collabore avec la branche média du Mouvement Islamique d'Ouzbékistan (MIO).

    Dès 2012, les autorités chinoises signalent le départ en Syrie, pour le djihad, de combattants ouïghours. Depuis le mois de mai, le Mouvement Islamique du Turkestan Oriental et l'Association de Solidarité et d'Education du Turkestan Oriental, basée en Turquie, achemineraient des combattants ouïghours en Syrie.

    En 2013, un Chinois Han converti à l'islam, apparaît dans une vidéo de Jaysh Muhajirin wal-Ansar, formation dirigée par Omar al-Shishani (qui passera ensuite à l'EI). La vidéo est mise en ligne en mars : le Chinois a pour nom de guerre Yusuf al-Sini (Bo Wang de son vrai nom). Dans une vidéo du front al-Nosra, d'autres combattants ouïghours semblent présents. De fait, le PIT, basé au Pakistan, appelle dans son magazine Turkestan Islamique (12ème volume, 9 février 2013) au djihad en Syrie. En juillet, la Chine arrête dans le Xinjiang un étudiant parti à Istanbul, ayant combattu à Alep, et qui aurait projeté des attentats à son retour. Les autorités expliquent aussi que les 15 assaillants d'un poste de police à Turpan, dans le Xinjiang, en juin 2013 (attaque qui a fait plus de 40 tués), seraient des aspirants au djihad, qui faute de pouvoir partir, auraient commis un attentat sur place. Cette annonce fait suite à un total de 5 incidents violents s'étant déroulés dans le Xinjiang entre mars et juin 2013. La Chine estime alors que 30 à 100 combattants ouïghours ont déjà pu entrer en Syrie ; la communauté ouïghoure en Turquie compte 20 000 membres, dont certains travaillent pour l'Association de Solidarité et d'Education du Turkestan Oriental, qui fournit une aide humanitaire aux Syriens et qui est pointée du doigt par la Chine. Une vidéo du PIT de janvier 2017 affirme que sa brigade syrienne a combattu avec le front al-Nosra, en 2013, dans les provinces de Raqqa, Hasakah et Alep.

    En juin 2014, le TIP officialise sa présence en Syrie : il déclare avoir une brigade sur place, dirigée par Abu Ridha al-Turkestani, probablement un Syrien (il parle arabe) et revendique une attaque suicide à Urumqi en mai 2014 et une attaque au VBIED sur la place Tiananmen en octobre 2013. En octobre 2014, le TIP met en ligne sur son site sadiqlar.com, probablement administré depuis la Turquie, un livret en ouïghour à destination des femmes, puis un autre justifiant le djihad en Syrie. En novembre, un djihadiste d'origine néerlandaise ayant combattu avec la jamaat de Sayfullah Shishani (ralliée au front al-Nosra) photographie un groupe de 14 combattants du TIP dans le nord de la Syrie. Une des vidéos d'Islam Awazi, la branche média du TIP, montre que ce dernier aligne au minimum plusieurs dizaines de combattants en Syrie en 2014. Le groupe a prêté allégeance au mollah Omar des talibans, ce qui plaide en faveur de l'hypothèse que dès ce moment-là, le TIP opère de concert avec le front al-Nosra, probablement entre les provinces d'Idlib et de Lattaquié. Le TIP en Syrie publie des photos d'enfants-soldats, de 2 chars, d'une femme avec un SVD Dragunov, de pièces antiaériennes. Comme l'émirat islamique du Caucase, qui avait sa branche syrienne avec Jaysh Muhajirin wal-Ansar, le TIP semble faire de même en Syrie.

    Novembre 2014 : des combattants du PIT photographiés par un djihadiste néerlandais.

    Les hommes du PIT sur un T-72.

    Combattants du PIT ; on note le RPG-7 avec charge tandem.

    Le combattant à gauche tient un Steyr AUG.

    Fusil anti-matériel AM 50 iranien sans doute capturés à des miliciens chiites irakiens, au Hezbollah ou au régime syrien.

    Une femme vise avec un SVD Dragunov.

    Abu Rida al-Turkistani, le chef syrien de la brigade du TIP.


    Une vidéo d'Islam Awazi montre 2 kamikazes du PIT dont un s'est fait sauter dans la province d'Idlib lors d'une offensive menée par le front al-Nosra (27 mai 2014). En avril 2015, le PIT combat au sein de la coalition « La bataille de la victoire » pour prendre Jisr al-Shughur, aux côtés du front al-Nosra, d'Ahrar al-Sham, Jaysh al-Islam, Jabhat Ansar al-Din, Junud al-Sham. Une vidéo de ce dernier groupe mentionne la « Katibat Turkestani », qui semble être le nom de la branche syrienne du PIT. La brigade aurait perdu au moins 20 combattants dans la bataille de Jisr-al-Shughur. Avant la bataille, les combattants du PIT écoutent un sermon du sheikh saoudien Muhaysini, proche d'al-Nosra ; leur chef, Abu Rida al-Turkestani, plante le drapeau du PIT au centre de la ville. Le PIT a combattu aux côtés du groupe Junud al-Sham de Muslim Shishani et du groupe ouzbek Katiba al Tawhid wal Jihad. Un membre important du groupe, Ibrahim Mansour, confirme à un site d'information turc que le PIT combat en Syrie depuis 2012 ; le djihad en Syrie permet à la formation d'acquérir de l'expérience pour le djihad au Xinjiang. Le PIT semble opérer dans les provinces d'Idlib et de Lattaquié et dispose de 2 camps d'entraînement, dont un dans une villa réquisitionnée, où il forme aussi des enfants. Il donne les noms de plusieurs de ses tués au combat, dont un 3ème kamikaze utilisé contre l'hôpital de Jisr-al-Shughur. Un autre kamikaze a également été employé durant la bataille. Abu Rida al-Turkestani, un Syrien qui commandait le PIT en Syrie, est tué pendant les combats. Jacob Zenn estime que le PIT en Syrie pourrait déjà compter 1 000 combattants à cette date. En août, le PIT prend part à la bataille dans la plaine d'al-Ghab : il est avec Jund al-Aqsa à la centrale thermique de Zeyzoun. En septembre, il publie des photos de ses combattants dans la base aérienne d'Abu Duhur, assiégée et finalement prise par le front al-Nosra et des groupes djihadistes satellites. En octobre, le PIT combat à la fois dans le Jabal al-Akrad, dans la province de Lattaquié, et dans la province de Hama. A ce moment-là, la majorité des recrues ouïghoures se retrouvent dans le PIT lié à al-Qaïda, et non à l'EI, bien que celui-ci compte également des Ouïghours dans ses rangs. En décembre, le PIT poste une photo d'un tir de missile antichar TOW, capturé ou fourni par des rebelles ayant reçu l'arme des Etats-Unis. Le groupe aurait perdu 30 combattants en quelques semaines face à l'offensive du régime dans la montagne Turkmène, dans la province de Lattaquié.









    Le millier d'Ouïghours du PIT serait surtout installé à Idlib, entre les villes de Jisr al-Shughur, Ariha, et dans le Jebel al-Zawiya. En mars 2016, le PIT diffuse un nouveau reportage photo sur l'entraînement d'enfants dans l'un de ses camps au nord-ouest de la Syrie. En mai, le PIT rejoint Jaysh al-Fateh, la coalition pilotée par le front al-Nosra, qui chasse en parallèle Jund al-Aqsa, suspectée d'avoir des sympathies pour l'EI. Le PIT participe à la capture de Khan Touman, au sud d'Alep. En juin, l'émir du PIT, Abdul Haq al-Turkestani, s'en prend violemment dans une vidéo de propagande à l'EI, et au Mouvement Islamique d'Ouzbékistan (MIO), ancien allié du PIT, mais qui a prêté allégeance à l'EI en août 2015. Ce même mois, le PIT participe à l'offensive lancée à partir du 27 dans la province de Lattaquié. Une vidéo de Zawahiri en juillet 2016 fait l'éloge les combattants ouïghours. Le PIT est également présent lors du lancement de l'offensive pour débloquer le siège des quartiers Est d'Alep, à partir du 31 juillet, juste après le retrait « formel » du front al-Nosra d'al-Qaïda, et le changement de nom pour Jabhat Fateh al-Sham. De nouvelles images de l'entraînement d'enfants dans un camp militaire sont diffusées en septembre 2016. Le 30 octobre, le PIT engage plusieurs kamikazes dans l'ultime offensive de Jaysh al-Fateh pour desserrer l'étau à Alep.













    Début janvier 2017, Abou Omar al-Turkestani, un Ouïghour, est tué par une frappe américaine près de Sarmada, dans le nord de la province d'Idlib. Il était membre de l'Union du Djihad Islamique, scission issue du Mouvement Islamique d'Ouzbékistan et recrutant parmi les Ouzbeks. En Syrie, il prend la tête d'Ansar Jihad, dont il devient le commandant militaire : le groupe est composé de combattants d'Asie Centrale et de Turcs. Il est fort probable qu'Ansar Jihad collabore avec le PIT, les deux étant proches de Jabhat Fateh al-Sham, composante essentielle de la nouvelle coalition Hayat Tahrir al-Sham. En février 2017, le PIT confirme la mort d'un combattant français, le 2ème dans ses rangs. La mort de ce Français avait été annoncé en juillet 2016 par Firqatul Ghuraba, le groupe du Français Omar Diaby/Omsen, proche d'al-Qaïda. Le Français apparaissait dans une vidéo du PIT de novembre 2016. Le premier Français tué avec le PIT est Reda Layachi, d'Hérouville-Saint-Clair, tué dans la province d'Idlib fin 2015. Les deux décès laissent penser que Firqatul Ghuraba combat avec le PIT, dans la province de Lattaquié et dans celle d'Idlib. Le PIT bénéficie aussi de la propagande d'Abou Zar al-Burmi, un mufti liée à la brigade de l'Imam Boukhari (groupe ouzbek en Syrie proche d'al-Qaïda), qui, rallié à l'EI pour un temps en 2015, est revenu vers al-Qaïda et s'en est expliqué dans plusieurs vidéos de propagande pour le PIT notamment.





    Propagande


    Le PIT est proche d'al-Qaïda, on l'a dit. En Syrie, bien que non intégré formellement à la branche syrienne de l'organisation, l'ex-front al-Nosra, il collabore étroitement avec lui depuis au moins 2015 sur le plan militaire.

    Présent sur Facebook et Twitterà une époque, le PIT semble désormais privilégier Telegram. Son média de propagande, Islam Awazi, diffuse de nombreuses productions vidéos. Le logo de ce dernier reprend les codes d'al-Qaïda, jusqu'au drapeau.



    Le PIT a créé des séries de vidéos : l'une d'entre elles s'intitule « Appel depuis les lignes de front du djihad », où ses combattants exhortent les musulmans à les rejoindre en Syrie pour faire le djihad. Il y a aussi des nasheeds mis en vidéos qui, contrairement aux autres productions, semblent systématiquement sous-titrés en anglais. Parfois, le PIT met également en ligne des montages plus conséquents, comme cette longue vidéo du 18 janvier dernier consacrée à la « vérité à propos des médias chinois ». Parfois, des clercs musulmans apparaissent dans les vidéos du PIT, comme le sheykh saoudien Muhaysini, proche de Jabhat Fateh al-Sham, que l'on aperçoit fréquemment avec le PIT. Une autre série intitulée « Les amoureux du paradis » est dédiée aux martyrs du PIT sur le champ de bataille. Le PIT livre également les messages vidéos de ses kamikazes avant leurs opérations suicides, et réalise des montages vidéos parfois assez longs sur ses opérations militaires.


    Armements et tactiques


    Une analyse des dernières vidéos du PIT (depuis l'automne 2016) offre un aperçu de ses tactiques et de son équipement militaire. Le groupe aligne des véhicules blindés de prise (BMP-1) de même que des chars (T-55, T-62, T-72). Les moyens d'appui, relativement conséquents (pièces d'artillerie capturées, mortiers artisanaux, roquettes artisanales, canons sans recul, technicals) préparent souvent les assauts, avec les tirs tendus des chars. Le PIT opère avec une infanterie assez conséquent, divisée en groupes de combat d'une dizaine d'hommes, où les porteurs d'armes collectives emportent souvent des armes individuelles en plus des PK et RPG-7 par exemple. Il y a aussi des tireurs d'élite sur SVD et des snipers, comme celui sur AM 50. L'infanterie est souvent embarquée dans les véhicules blindés pour être déposée au plus près du champ de bataille. La discipline et les tactiques utilisées en combat urbain confirment que le PIT a reçu une formation de Malhama Tactical,le groupe de conseillers militaires proche de Jabhat Fateh al-Sham qui a offert ses services aux djihadistes proches d'al-Qaïda en Syrie.

    Une vidéo du 17 octobre 2016 montre la participation du PIT à l'offensive pour libérer les quartiers Est d'Alep à partir de la fin août. Un camion GAZ tracte un canon D-30 de 122 mm et transporte les obus. Un char T-72 est également présent. Les fantassins portent des RPG monocoups (RPG 22/26?). Le PIT déploie aussi un LRM Type 63 avec roquettes de 107 mm. Il prépare des batteries de roquettes artisanales (dont des Eléphants). Un tireur d'élite manipule un AM 50 iranien de 12,7 mm (sans doute capturé sur des miliciens chiites irakiens). Les combattants embarquent dans plusieurs BMP-1 et des pick-up, puis approchent de leurs objectifs à pied. Les groupes de combat comprennent au moins un tireur PK et un tireur RPG-7 (souvent avec un pourvoyeur). En plus du T-72, il y a au moins 1 T-55. Les fantassins sont appuyés par un D-30, un M-46 (?). Il y a aussi un technical avec bitube ZU-23, des roquettes artisanales et un mortier lourd qui sont utilisés, ainsi qu'un SPG-9 sur trépied en tir courbe. Le PIT a aussi un autre véhicule blindé de servitude (numéroté 0322). Pour un autre assaut, transportés en BMP-1, les fantassins sont appuyés par un T-72, un D-30 et 3 mortiers lourds artisanaux. Il y a aussi un Land Cruiser avec ZU-23, un Land Cruiser avec ZPU-2 et un char T-55. Dans un autre combat, outre un T-62 et un T-55, le PIT emploie un SPG-9 en tir courbe.









































































    Un nasheed vidéo du 26 novembre 2016 montre le PIT utiliser une mitrailleuse Type 77/85. Le groupe utilise aussi des mitrailleuses PK ; un des combattants porte un RPG monocoup. D'autres transportent un SPG-9 sur trépied. Le groupe met aussi en œuvre un lance-roquettes artisanal avec roquettes Grad de 122 mm. Le PIT aligne aussi dans cette vidéo 2 BMP-1, 1 T-62, 2 T-55, un canon M-46 de 130 mm, un canon D-30 de 122 mm, un lance-roquettes artisanal. L'infanterie est toujours très nombreuse, avec plusieurs dizaines d'hommes.


























    Une vidéo (nasheed, en arabe sous-titré en anglais) du 6 février 2017 montre plus d'une vingtaine de combattants en deux colonnes, avec leur drapeau. Une autre scène montre également un groupe de plus de 20 hommes. Les combattants du PIT s'entraînent en courant dans une tranchée, en rampant sous des barbelés dans la neige et sous les tirs de l'instructeur, en passant au milieu de pneus. On voit aussi plus d'une trentaine d'enfants soldats à l'entraînement. Les fantassins sont armés d'AK, on distingue quelques armes collectives (RPG-7). Le groupe dispose d'une pièce d'artillerie. Une mitrailleuse Type 77/85 ouvre le feu. Un tireur d'élite opère sur AM 50.






    0 0

    Titre : L'épée du courage.

    Durée : 23 minutes 34 secondes.

    Lieu(x) : dans la séquence 3, un bandeau évoque le « 3ème assaut à l'ouest de Tal Afar ». La séquence 4 parle de la conquête du village de Sharaa, au sud-ouest de Tal Afar. Dans la séquence 6, un bandeau parle du « 3ème assaut au sud-est de Tal Afar ». Dans la séquence 9, l'assaut aurait lieu au sud de Tal Afar.

    Date (sûre par recoupement ou estimée) : la vidéo a été mise en ligne le 3 mars 2017. Les images de la séquence 2 correspondent à un reportage photo du 16 janvier lors d'une attaque sur le village de Jahaf, près de Tal Abtah. Les images suivantes sont probablement postérieures (certaines doivent être notamment de février).

    Type de vidéo : c'est une vidéo de défense agressive, l'EI contre-attaque pour sortir de Tal Afar avec des colonnes mécanisées, des tirs de missiles antichars et autres moyens d'appui.

    Découpage (séquences) :

    1 : 13''-1'23'', introduction.
    2 : 1'23''-3'18'', préambule.
    3 : 3'18''-8'48'', assaut d'une position de miliciens chiites à l'ouest de Tal Afar.
    4 : 8'48''-11'29'', assaut du village de Sharaa.
    5 : 11'29''-13'41'', tirs de missiles antichars.
    6 : 13'41''-17'21'', assaut contre une position de miliciens chiites au sud-est de Tal Afar (sans doute Saraya al-Khorasani).
    7 : 17'21''-18'11'', tirs d'artillerie.
    8 : 18'11''-19'10'', transition.
    9 : 19'10''-23'24'', assaut contre une position de miliciens chiites au sud de Tal Afar.

     

    Forces attaquées/adversaires : les miliciens chiites de la mobilisation populaire. Dans la séquence 5, on aperçoit un véhicule qui porte peut-être le drapeau de Saraya Ansar al-Aqeeda. Dans la séquence 6, la position attaquée comprend des drapeaux qui semblent bien ceux de Saraya al-Khorasani. Dans la séquence 9, un camion capturé par l'EI porte l'emblème des miliciens chiites turkmènes de la mobilisation populaire (commandement nord).





    Effectifs engagés : assez conséquents, plusieurs dizaines d'hommes au moins pour chaque colonne mécanisée.

    Moyens d'appui utilisés (canons, mortiers, armes artisanales...) : dans la séquence 2, un combattant tire avec un lance-roquettes artisanal à déclenchement électrique expédiant des roquettes air-sol S-5K HEAT soviétiques. Un montage similaire était déjà apparu dans une vidéo de la wilayat al-Furat l'été dernier. On voit également plusieurs tirs avec des canons sans recul SPG-9 porté à l'épaule.




    Dans la séquence 3, les drones armés qui filment les miliciens chiites lâchent ensuite leurs projectiles :

    1 : sur un pick-up, le projectile tombe sur le toit.
    2 : sur un pick-up, le projectile tombe devant.
    3 : sur un pick-up, le projectile tombe sur la plate-forme arrière, provoquant un incendie.
    4 : à un autre moment (temps différent et le drone vole plus haut), un pick-up est visé, le projectile tombe juste à côté.










    Pour éliminer un char M1 Abrams qui se trouve derrière la première levée de terre et la première ligne de défense des miliciens chiites, l'EI tire un missile antichar Fagot qui incendie le blindé.






    2 M113 des miliciens chiites ouvrent le feu sur les combattants de l'EI : un drone armé lâche un projectile qui touche le toit de l'un d'entre eux.





    Pour se créer un passage dans la levée de terre, un combattant de l'EI allume une charge explosive (avec barre de chargement insérée par-dessus, de 0 à 100%) qui en sautant crée une première brèche. Un bulldozer élargit ensuite la brèche et laisse passer 2 VBIED.








    Dans la séquence 4, après l'explosion des VBIED, les véhicules de l'EI (dont un Humvee) s'engouffrent dans la brèche à leur tour.

    Dans la séquence 5, l'EI montre des tirs de missiles antichars :

    1 : missile Konkurs, touche une cible indéterminée.
    2 : missile Konkurs, touche une cible indéterminée.
    3 : missile Konkurs, frappe un véhicule blindé qui porte peut-être le drapeau de la milice chiite Saraya Ansar al-Aqeeda.
    4 : missile Konkurs, touche un M113 des miliciens chiites probablement.
    5 : missile Konkurs/Fagot vu l'aspect, touche un véhicule blindé (incendié).
    6 : missile HJ-8 (probable ; avec barre de chargement 0-100% insérée au moment du tir, filmé par drone), touche un bulldozer.
    7 : missile Konkurs/Fagot (probable vu l'aspect), touche un véhicule indéterminé.






















    On voit pour finir un char M1 Abrams touché qui essaie de se déplacer, mais un incendie se déclare (peut-être le véhicule touché en 7?).

    Dans la séquence 7, l'EI pilonne les positions adverses avec des moyens lourds : LRM Type 63 sur Safir iranien, lance-roquettes artisanal pour roquette de 107 mm, un canon D-30 de 122 mm, un D-30 monté sur camion, un S-60 de 57 mm monté sur camion, un camion-benne lance-roquettes (montage déjà vu dans d'autres wilayats l'an passé), un mortier de 120 mm, une pièce d'artillerie sur véhicule.



















    Véhicules utilisés (chars, véhicules blindés, technicals...) : dans la séquence 2, on aperçoit déjà un véhicule blindé improvisé et un technical. On voit ensuite un Land Cruiser avec ce qui semble être une mitrailleuse lourde NST (12,7 mm) ainsi qu'un technical avec DSHK protégée par un bouclier. On aperçoit plus loin un technical avec KPV.




    Dans la séquence 3, la colonne d'assaut de l'EI comprend au moins 8 véhicules, dont plusieurs technicals. 3 véhicules blindés improvisés débarquent une section d'assaut de l'EI près de la tranchée qui borde la position défensive des miliciens chiites. Un des véhicules blindés improvisés embarque une mitrailleuse DSHK en tourelle protégée par un bouclier ; il a des protections de blindage pour les roues et porte l'inscription « B33 ».





    Dans la séquence 4, un technical avec KPV participe au combat de Sharaa. Il y a un autre technical (peut-être avec mitrailleuse Type 77/85). 

     

    Dans la séquence 8, on voit une colonne avec 3 véhicules blindés improvisés et 3 technicals.

    La colonne de la séquence 9 comprend au moins un véhicule blindé improvisé et 3 technicals.

    Kamikazes (identité) :néant.

    Véhicules kamikazes (types, impact) :

    1 : 4x4 SUV avec coque de blindage artisanal.

    2 : pick-up avec coque de blindage artisanal.

    Armes légères et lourdes (fusils d'assaut, mitrailleuses, RPG, etc) - groupes de combat et leurs tactiques : dans la séquence 2, on aperçoit un tireur PK avec arme individuelle supplémentaire.



    Le groupe d'assaut de l'EI de la séquence 3 comprend au moins une dizaine d'hommes dont un tireur RPG-7 et le pourvoyeur, et un mitrailleur PK. Les tireurs RPG-7 visent un char M1 Abrams qui se trouve derrière la première levée de terre de la position défensive des miliciens chiites. Un des fantassins porte un AK avec embout pour lance-grenades.






    Pour le combat nocturne de la séquence 4 à Sharaa, les combattants de l'EI portent des brassards orange d'identification. On voit un tireur PK avec arme individuelle supplémentaire. Un tireur RPG-7 avec AK supplémentaire tire une roquette OG-7V. On remarque que les fantassins de l'EI longent les bâtiments de chaque côté des rues pour progresser.



    Dans la séquence 6, les combattants débarquent des véhicules blindés improvisés, franchissent la tranchée et la levée de terre. Il y a au moins un tireur RPG-7.



    Dans la séquence 9, un tireur PK et un tireur RPG-7 ouvrent le feu depuis un véhicule blindé improvisé.




    Destructions de véhicules adverses :à la fin de la séquence 4, l'EI montre le char M1 Abrams incendié par un missile antichar Fagot.



    Dans la séquence 9, les combattants de l'EI incendient un Humvee avec DSHK en tourelle (dans lequel se trouve un corps à la place conducteur.



    Butin matériel : dans la séquence 6, un Humvee avec DSHK est présent dans la position investie par l'EI.



    Dans la séquence 9, l'EI s'empare d'un Land Cruiser qui transporte sur sa plate-forme arrière des containers PA 117, probablement avec des munitions de 120 mm pour char M1 Abrams. Un Humvee est également capturé. L'EI s'empare aussi d'un AT-4, d'un mortier léger, de plusieurs mitrailleuses M240, de 5 M-16, de plusieurs autres armes légères et collectives (et de munitions).






    Morts/prisonniers/blessés adverses : dans la séquence 2, l'EI filme un corps adverse. A la fin de la séquence 2, un combattant de l'EI dans l'arrière d'un pick-up tient une tête coupée et le sabre à la main qui lui a sans doute servi à trancher cette tête.

    Dans la séquence 6, 5 miliciens chiites qui s'enfuient devant l'assaut des fantassins débarqués de l'EI sont abattus. 4 autres corps de miliciens sont filmés ensuite, dont 2 lardés de balles.

    Dans la séquence 9, 2 corps sont lardés de balles par les combattants de l'EI. 6 miliciens sont abattus lors de combats rapprochés.

    Morts/blessés de l'EI : dans la séquence 6, un fantassin de l'EI est tué par les miliciens chiites.

    Dans la séquence 8, l'EI montre plusieurs de ses blessés pendant un combat.

    Effets visuels/montage/techniques de propagande : la louange à Allah est suivie de la mention Islamic State et du logo de la wilayat, sous-titré en anglais.

    Dans l'introduction, on peut voir une dizaine d'hommes en tenue camouflée s'entraîner avec des armes américaines de prise (M-4, M249). Un cavalier portant le drapeau de l'EI traverse le camp pour terminer la séquence.

    Un passage historique dans la séquence 2 évoque les prophètes (Noé, Abraham, Moïse, Jésus et Muhammad), puis cite les principales batailles menées par les musulmans avant la conquête de La Mecque (630), sur fond d'images du film Kingdom of Heaven (décidément très utilisé par les djihadistes). L'EI montre ensuite plusieurs de ses membres (sans doute tués) : Abu Ibrahim Al Iraqi, Abu Mariyam Al Iraqi, Abu Aisha Al Iraqi, Hanzalt Al Turki, Abu Anas Al Iraqi (tous irakiens sauf l'avant-dernier, turc).

    Dans la séquence 3, un ou plusieurs drones armés de l'EI filment les mouvements des miliciens chiites derrière leurs positions défensives.







    Dans la séquence 8, un VBIED est filmé par drone jusqu'à son explosion.

    Religion : dans la séquence 6, on voit un combattant prier.

    Nasheeds (poèmes chantés) présents dans la vidéo :

    1 : ?

    2 : 3'18''-8'43'' Kayfeta Jidtum

    3 : 8'48''-11'22''Adajah

    4 : 11'33''-13'36''Fought

    5 : 14'09''-16'19''Qasaeqat

    6 : ?

    7 : 19'10''-22'55''Ilejhim Rakibna

    Commentaires particuliers : c'est la troisième vidéo longue de la wilayat al-Jazirah depuis le début de la bataille de Mossoul, le 17 octobre dernier. Comme la précédente, celle-ci montre les contre-attaques contre les miliciens chiites encerclant Tal Afar, mais cette fois-ci plutôt depuis Tal Afar elle-même, vers l'extérieur. Ces contre-attaques n'ont pas réussi à briser l'étau (voir l'analyse d'une vidéo publiée par un des adversaires de l'EI, Kataib Hezbollah, où l'une de ces contre-attaques échoue lamentablement) mais infligent toutefois des pertes aux miliciens chiites. On voit notamment un assaut contre une position tenue par Saraya al-Khorasani qui perd plusieurs combattants (9) devant l'assaut de l'EI ; un autre contre des miliciens turkmènes est du même ordre au niveau des pertes. Outre le lance-roquettes artisanal à déclenchement électrique pour roquettes S-5K, déjà vu précédemment, on note l'utilisation de drones armés pour filmer les miliciens chiites puis frapper leurs véhicules ; l'emploi de lance-missiles antichars, déjà important dans la précédente vidéo (avec 2 chars M1 Abrams détruits) ; et la tactique d'assaut contre les positions des miliciens chiites. Généralement les colonnes d'assaut comprennent une dizaine de véhicules, plusieurs véhicules blindés improvisés transports de troupes et plusieurs technicals. Des VBIED sont en général jetés sur la position pour ouvrir la voie ; puis l'infanterie débarque et cherche à nettoyer la première levée de terre. Ensuite, une brèche est pratiquée avec des explosifs, élargie par un bulldozer ; d'autres VBIED s'engagent pour attaquer la 2ème position, suivie des véhicules de combat. L'EI montre ici aussi des moyens d'appui plus lourds : canon D-30 en position fixe ou monté sur camion, Safir avec LRM Type 63, camion-benne lance-roquettes... dans le butin, plusieurs véhicules ici, et ces obus de 120 mm à l'arrière d'un Land Cruiser.

    0 0

    Titre : Les batailles épiques de la constance (4).

    Durée : 21 minutes 9 secondes

    Lieu(x) : sud de Mossoul.

    Date (sûre par recoupement ou estimée) : La vidéo a été mise en ligne le 11 mars 2017. Les images de la séquence 4 sont anciennes : elles datent du 5 décembre 2016 (vidéo Amaq)... Les images de la séquence 5 correspondent à un reportage photo du 26 décembre dernier. Les images de la séquence 2 datent du 4 janvier (vidéo Amaq du 2 janvier également).

    Type de vidéo : c’est une vidéo de raids mécanisés, ponctuée de quelques autres séquences.

    Découpage (séquences) :

    1 : 15’’-43’’, introduction.
    2 : 43’’-8’00, assauts sur des positions de miliciens chiites.
    3 : 8’00-10’27’’, séquence de transition (avec combat).
    4 : 10’27’’-14’40’’, combats contre l’armée irakienne.
    5 : 14’40’’-17’45’’, assaut contre une position de miliciens chiites.
    6 : 17’45’’-21'9'', VBIED et tirs de missiles antichars.



    Forces attaquées/adversaires : dans la séquence 2, de nuit, un technical ouvre le feu sur un hélicoptère de l’aviation irakienne qui mitraille les positions de l’EI.

    Effectifs engagés : quelques dizaines d'hommes voir plus pour les raids mécanisés.

    Moyens d'appui utilisés (canons, mortiers, armes artisanales...) :

    Dans la séquence 6, un certain nombre de tirs de missiles antichars :

    1 : missile Konkurs/Fagot ( ?) sur char T-72 (touché).
    2 : TOW ( ?) sur char (touché).
    3 : TOW ( ?) sur un MaxxPro (touché).
    4 : missile Konkurs/Fagot ( ?) sur char M1 Abrams (touché).
    5 : char (T-72 ?) touché.

    On voit ensuite une carcasse de BMP-1.

    6 : missile Konkurs/Fagot (?) sur char M1 Abrams.
    7 : missile Konkurs/Fagot (?) sur char T-55 ( ?), touché.


















    Véhicules utilisés (chars, véhicules blindés, technicals...) : dans la séquence 2, l’EI engage un technical avec KPV. Il y a aussi un pick-up surblindé avec DSHK protégée par un bouclier.





    Dans la séquence 3, l’EI utilise un technical avec ZU-23 monotube.



    Dans la séquence 5, la colonne de l’EI comprend au moins 3 véhicules blindés improvisés : un avec DSHK, un avec mitrailleuse Type 77/85, un avec KPV. Un bulldozer blindé ouvre la voie à un VBIED.






    Kamikazes (identité) :néant.

    Véhicules kamikazes (types, impact) :

    1 : véhicule Kia Motors avec coque de blindage artisanale.

    2 : 4x4 SUV avec coque de blindage.



    3 : 4x4 SUV avec coque de blindage ( ?),  explose à côté de 2 Humvees.




    Armes légères et lourdes (fusils d'assaut, mitrailleuses, RPG, etc) - groupes de combat et leurs tactiques : le groupe de combat débarqué de la séquence 2 comprend un tireur PK. On peut voir au moins 6 hommes courir en colonne dont le pourvoyeur RPG-7.



    Dans la séquence 3, on voit un tireur PK avec GoPro sur le front transportant en plus une AK à chargeur circulaire. La caméra filme 5 hommes dans un véhicule blindé improvisé (dont un tireur RPG-7) et 2 groupes de combat de 7-8 hommes, dont un avec mitrailleur PK, RPG-7 et 2 tireurs d’élite sur SVD. Le groupe de combat qui tire ensuite comprend un tireur PK et un fantassin avec M-16 à lunette.







    Dans la séquence 4, 2 combattants avec M-16 en couvrent un 3ème qui jette des grenades sur une position adverse. Lors d’un combat contre une colonne de l’armée irakienne, l’EI déploie un groupe de combat avec tireur PK et RPG-7. On voit un tireur PK avec AKMS.






    Dans la séquence 5, le groupe de combat débarqué comprend un tireur RPG-7, un mitrailleur sur Zastava M84 avec GoPro sur le front et AK en plus, couvert par 2 tireurs AK-47/AKM (tous portent un brassard blanc d’identification).



    Destructions de véhicules adverses : dans la séquence 2, un Land Cruiser est incendié. Un véhicule blindé improvisé et un pick-up de miliciens chiites sont détruits.





    Butin matériel : dans la séquence 2, l’EI s’empare d’une Land Cruiser avec DSHK protégée par un bouclier. Il capture aussi un Safir avec canon sans recul de 106 M40 (copie iranienne). A l’arrière d’un Land Cruiser se trouvent deux caisses de missiles Kornet-E (9M133 1). L’EI récupère aussi 5 technicals de miliciens chiites et 1 ambulance.





















    Sur les véhicules capturés, on remarque des emblèmes ou inscriptions renvoyant à plusieurs milices chiites de la mobilisation populaire : Jaish Al Mômel, Saraya Al Difa Al Watani, Liwa Al Taf, Qawat Murtadha Al Qataliyah.

    Morts/prisonniers/blessés adverses : l’EI filme 6 ou 7 corps de miliciens dans la séquence 2. L’un d’entre eux est mis en scène avec des cigarettes, comme souvent.

    Morts/blessés de l'EI : dans la séquence 3, l’EI montre un de ses morts. On voit aussi un blessé à la tête.

    Dans la séquence 5, un tireur RPG-7 de l’EI est tué pendant l’assaut.

    Effets visuels/montage/techniques de propagande : la louange à Allah est suivie de la mention Islamic State et du logo de la wilayat.

    Dans la séquence 2, les combats sont filmés en GoPro montée sur un combattant. Idem pour les séquences 3, 4 et 5. Un combattant de l'EI prend la radio d'un véhicule des miliciens chiites pour dialoguer avec leurs camarades.

    Dans la séquence 3, l'EI filme des murs dans une caserne reprise où les milices chiites ont laissé des graffitis (Kataib al-Imam Ali et Liwa al-Taf).

    Religion : à la fin de la séquence 2, on voit 3 combattants faire une prière de remerciement.

    Dans la séquence 3, un combattant lit le Coran.

    Nasheeds (poèmes chantés) présents dans la vidéo :

    1 : ?

    2 : 1’20’’-4’15’’ Fought

    3 : 4’39’’-7’55’’ يظنون البلاد بلا حماة

    4 : 8’50’’-10’22’’ Qasaeqat

    5 : 10’28’’-13’55’’ Hayya Inghamis

    6 : 14’41’’-17’40’’ Aurilladha

    7 : 17’44’’-20’54’’ Kayfema Jidtum

    Commentaires particuliers : c'est la 3ème vidéo de la wilayat Dijlah depuis le début de la bataille de Mossoul. Ici les séquences n'ont aucune cohérence chronologique, puisqu'on commence par les plus récentes pour passer aux plus anciennes et revenir à d'autres un peu plus récentes... la wilayat Dijlah continue d'attaquer les lignes de communication au sud de Mossoul, tenues par les miliciens chiites, adversaire davantage à sa portée. Le butin de l'assaut autour de Shirqat début janvier semble plus conséquent que ce que montrait les premières images diffusées juste après l'attaque. On note aussi la présence de tirs de missiles antichars, la katiba antiblindés est donc toujours présente (malheureusement aucun lanceur n'est visible). La wilayat Dijlah semble désormais privilégier les raids mécanisés éclairs, les attaques de VBIED et les tirs de missiles antichars pour harceler au mieux l'adversaire.

    0 0

    La 52ème brigade turkmène de la mobilisation populaire illustre les choix faits par certains Turkmènes chiites irakiens. La brigade, créée en juillet 2016, recrute majoritairement à Amerli, zone de peuplement turkmène chiite, dont le siège par l'EI en 2014 avait attiréun avant les milices chiites pro-iraniennes, soucieuses de se présenter en rempart contre les terroristes sunnites menaçant d'exterminer des coreligionnaires. Plus intéressant encore, cette 52ème brigade est en réalité le bras armé du Badr, une des milices pro-iraniennes et sans doute la plus importante numériquement, dans le secteur. La brigade assure essentiellement des tâches de sécurité locales mais a été mobilisée en octobre 2016 pour défendre Kirkouk attaquée par un commando suicide de l'EI.




    Historique


    La 52ème brigade turkmène de la mobilisation populaire (Hashd al-Shaabi) est constituée le 15 juillet 2016. C'est une des brigades turkmènes de la mobilisation populaire chiite, après la 16ème qui l'a précédée.

    Les Turkmènes irakiens, partagés entre chiites et sunnites (40%-60%) sur une population estimée entre 500 000 et 3 millions d'individus, ont réclamé une province autonome autour de la ville de Tal Afar, pour l'instant aux mains de l'EI à l'ouest de Mossoul. De fait, la communauté est très divisée sur des lignes à la fois sectaires et politiques. Certains Turkmènes sunnites du nord de l'Irak se sont réfugiés dans la zone contrôlée par la Turquie et ses alliés rebelles en Syrie, au nord et à l'est d'Alep. Mais les Turkmènes sunnites sont loin d'être tous favorables à la présence de la Turquie dans le nord de l'Irak. De nombreux Turkmènes chiites ont quant à eux rejoint la mobilisation populaire (Hashd al-Chaabi). Ils se sont affrontés à la fois à l'EI mais aussi aux Kurdes irakiens, notamment, à Tuz Khurmatu, zone de peuplement mixte au sud de Kirkouk.

    Yilmaz Najjar, qui annonce la création de la 52ème brigade à Tuz Khuzmato, explique qu'elle est formée pour assurer la sécurité de la localité contre l'EI. Najjar dit aussi que les Turkmènes chiites cherchent déjà à constituer une troisième brigade pour la mobilisation populaire. Le 15 septembre 2016, l'armée irakienne charge la 52ème brigade de la réfection d'un pont stratégique permettant de gagner le nord de Bagdad. Le 21 octobre, la 52ème brigade est mobilisée (à hauteur d’un millier d'hommes) pour rejoindre Kirkouk après l'attaque que l'EI a lancée sur la ville suite au déclenchement de l'offensive sur Mossoul quatre jours plus tôt.

    La brigade est commandée par Mehdi Taqi al-Amerli, ici au centre en bleu.


    La 52ème brigade semble recruter à Amerli, localité peuplée de Turkmènes chiites. Elle est commandé par Mehdi Taqi Al Amerli. En janvier 2017, le 4ème régiment de la brigade est dans les monts Hamrin. Le 1er janvier, Hadi al-Ameri, le chef du Badr, organisation pro-iranienneà laquelle est manifestement liée la 52ème brigade, rencontre Mehdi Taqi Alamrla. Le 4 janvier, le chef de la 52ème brigade rencontre le chef local de Saraya al-Khorasani. Le 14 janvier, le 4ème régiment de la brigade abat un drone de l'EI de type X7 Skywalker. Le 26 janvier, un communiqué annonce une opération conjointe avec Saraya al-Khorasani dans les monts Hamrin.


    Dans le bureau de Mehdi Taqi, on reconnaît le drapeau du Badr à droite.






    En février 2017, la 52ème brigade combat dans les montagnes Hamrin. Une publication du 4 février vante les combattants âgés de la brigade qui restent encore sous les armes. Le 7 février, un communiqué annonce que le 7ème régiment de la brigade a reçu un entraînement poussé, notamment aux combats de rue. Le chef du Badr, Hadi al-Ameri, visite le commandement de la 52ème brigade. Le 10 février, la branche média remercie des membres de la brigade pour l'entretien de leur véhicule. Le 12 février Mehdi Taqi Alamrla rencontre les chefs de tribus de la province de Salahuddine pour faire le point sur la sécurité dans le secteur. Des photos du 17 février montrent les armes prises à l'EI dans les monts Hamrin : outre de nombreux RPG-7 avec munitions et plusieurs mortiers, on remarque 3 technicals de la 52ème brigade dont 2 portent les emblèmes du Badr sur la portière conducteur.




    De nouveau, à droite, on reconnaît le drapeau du Badr.


    En mars 2017, la 52ème brigade a un détachement qui combat dans les monts Hamrin. Le 3 mars,Mehdi Taqi Alamrla met lui-même la main à la pâte à bord d'une pelleteuse pour une opération de terrassement, pour la caméra. Le 4 mars, des photos montrent des miliciens de la 52ème brigade opérant avec le 1er bataillon commando de la brigade de commandos de l'armée. Ce même jour, un autre reportage photo montre le 7ème régiment (Résistance d'Amerli ; sans doute une subdivision de la brigade) à l'entraînement. Il est question dans un autre reportage du 9ème régiment de « forces spéciales ». Un communiqué du 6 mars avec des photos montrant les miliciens turkmènes traînant un corps de combattant de l'EI mentionne le 3ème bataillon d'un régiment, sans doute une subdivision de la brigade. Le 10 mars, Mehdi Taqi Alamrla est avec le commandant de la 3ème brigade du Badr, « Les lions d'Amerli ».












    Propagande et idéologie


    La 52ème brigade du Hashd al-Chaabi dispose d’une page Facebook, régulièrement alimentée ; celle de sa branche média l’est un peu moins. Mehdi Taqi, le chef de la formation, a également un profil public sur Facebook assez fourni .

    L'emblème de l'unité reprend le bras dressé et le fusil d'assaut AK des Pasdarans (ce qui marque bien le lien avec l'Iran, via le Badr) ; on lit « Premier Ministre, l'Autorité da la mobilisation populaire », et « Média de guerre » en bas sous l'inscription « Brigade 52 ».



    La 52ème brigade turkmène semble étroitement liée à la branche du Badrà Amerli (dont la page Facebook est indiquée en lien sur la page de l’unité). Le drapeau du Badr est dans le bureau du commandant de la 52ème brigade. Un reportage photo du 16 février dans les monts Hamrin montre les combattants de la 52ème brigade avec le drapeau du Badr. Une vidéo du 19 février montre un combattant de la 52ème brigade avec un drapeau du Badr qu'il porte dans le dos.

    Drapeau du Badr.


    La 52ème brigade honore ses morts par des affiches : 1 le 14 janvier 2017, 2 le 30 janvier 2017, 1 pour le 1er mars 2017, et 4 rien que pour le 2 mars 2017, par exemple.

    Le 6 septembre 2016, on peut voir une photo de Qassem Soleimani, le chef de la force al-Qods des Pasdarans. Le 11 janvier, la branche média est en compagnie d'Abou Mahdi al-Muhandis. Le 27 janvier, un poster montre Khomeiny, Ameri et le chef de la 52ème brigade mis côte-à-côte. Le 30 janvier, on trouve sur la page du Badr d'Amerli la biographie du nouveau ministre de l'Intérieur, qui vient du Badr. Un poster du 11 février montre le commandant de la brigade aux côtés d'Ali al-Sistani, la plus haute autorité religieuse chiite irakienne. Un poster du 19 février montre Mohammad Mohammad Sadeq al-Sadr, le père de Moqtada al-Sadr, assassiné en 1999 par Saddam Hussein. Le 27 février, le commandant de la brigade apparaît sur un poster aux côtés d'Ameri, le chef du Badr. Le 28 février, un poster de la page du Badr d'Amerli montre et fait l'éloge de Khamenei. Mehdi Taqi partage souvent des vidéos d'archives de l'organisation Badr publiées sur les pages Facebook de son héritier actuel.


    Qassem Soleimani.

    Medhi Taqi avec Ameri, le chef du Badr, au centre.


    Avec le chef de la 3ème brigade du Badr (à droite), les lions d'Amerli (emblème en haut à droite).








    Armement, matériels, tactiques


    Les miliciens turkmènes sont majoritairement équipés d'AK. Les tireurs d'élite disposent de SVD Dragunov. Un reportage photo du 14 janvier 2017 montre que la 52ème brigade a au moins un fusil anti-matériel iranien AM 50 (12,7 mm).



    Une vidéo du 25 janvier sur la ligne de front des monts Hamrin montre 2 pick-up de la police fédérale avec KPV (et drapeau du Badr), un pick-up avec LRM Type 63. Un des fantassins qui parle devant la caméra porte l’emblème militaire du Badr sur la poitrine.





    Une vidéo du 31 janvier montre une colonne de la brigade : technical avec DSHK protégé par un bouclier embarquant un tireur PK, technical avec ZU-23 monotube, Land Cruiser avec DSHK, Land Cruiser avec ZU-23 dans une tourelle. On voit ensuite Mehdi Taqi tirer au mortier moyen (82 mm).



    Une vidéo du 21 février montre le camion avec canon sans recul M40 (copie iranienne) de 106 mm, qui ouvre le feu à deux reprises.





    Un cliché du 24 février montre le commandant de la 52ème brigade pilotant un Safir iranien avec canon sans recul M40 de 106 mm (qui porte sur le capot le drapeau du Badr).



    Le 8 mars, on peut voir en photo un Land Cruiser avec ZU-23 monotube.

    Un reportage photo du 10 mars 2017 montre que la 52ème brigade dispose d'un camion avec canon sans recul M40 (copie iranienne sans doute) de 106 mm, d'un technical avec KPV, d'un Humvee avec KPV et canon sans recul SPG-9 en tourelle, d'un véhicule de la police fédérale avec ZPU-2, d'un mortier moyen. Une vidéo du 10 mars montre les mêmes matériels. On revoit un véhicule avec ZU-23 en tourelle. Les miliciens tirent aussi avec un mortier de 82 mm.








    0 0

    Titre : Les avant-gardes de la rédemption.

    Durée : 17 minutes 11 secondes.

    Lieu(x) : l'assaut de la séquence 3 a lieu au Kilomètre 25, à l'ouest d'al-Rutbah.

    Date (sûre par recoupement ou estimée) : dans la séquence 2, il est question d'une attaque d'inghimasiyyi (20-25 hommes) contre la base aérienne d'Ain el-Asad qui a eu lieu le 13 février 2015. La séquence 3 correspond à un reportage photo du 26 février 2017.

    Type de vidéo : c'est une vidéo mixte, mêlant images d'archives et opérations récentes.

    Découpage (séquences) :

    1 : 15''-1'22'', introduction.
    2 : 1'22''-9'40'', images d'archives d'attaques d'inghimasiyyi.
    3 : 9'40''-17'11, attaque sur une position de l'armée irakienne.

     

    Forces attaquées/adversaires : armée irakienne.

    Effectifs engagés : plusieurs dizaines d'hommes pour le raid mécanisé (probablement plus de 50).

    Moyens d'appui utilisés (canons, mortiers, armes artisanales...) : dans la séquence 2, un mortier de 82 mm est utilisé pour préparer l'assaut.

    Véhicules utilisés (chars, véhicules blindés, technicals...) : dans la séquence 3, la colonne d'assaut de l'EI comprend un technical avec DSHK, un Land Cruiser avec bitube ZU-23, un véhicule avec mitrailleuse Type 77/85 protégée par un bouclier (recouvert de blindage SLAT), un véhicule blindé improvisé sans arme embarquée, un Land Cruiser avec KPV protégé par un bouclier. Les technicals de l'EI tirent plusieurs véhicules qui viennent secourir le poste attaqué : un Land Cruiser (touché par une roquette de RPG-7), un Humvee avec KPV en tourelle.











    Kamikazes (identité) : néant.

    Véhicules kamikazes (types, impact) : néant.

    Armes légères et lourdes (fusils d'assaut, mitrailleuses, RPG, etc) - groupes de combat et leurs tactiques : dans la séquence 3, un mitrailleur PK, un fantassin avec AKMS tirent depuis un véhicule blindé improvisé de l'EI. Le groupe de combat débarqué des véhicules comprend au moins un tireur RPG-7 et un autre sur Type 69 (copie chinoise du RPG-7), un mitrailleur avec ce qui semble être une PKT, un mitrailleur PK (avec AKMS dans le dos).















    Destructions de véhicules adverses : dans la position attaquée, les soldats irakiens tentent de s'enfuir à bord d'un Humvee avec mitrailleuse Type 77/85 en tourelle, mais sont criblés de balles par les combattants de l'EI.



    Butin matériel : la position prise contient 3 Humvees, dont celui criblé de balles. L'EI met aussi la main sur des caisses d'obus de mortiers de 60 mm, 4 RPG Type 69, un mortier léger, plusieurs mitrailleuses PK, des armes légères, des munitions.



    Morts/prisonniers/blessés adverses : dans la séquence 3, on voit un premier mort quand l'EI aborde la position de l'armée irakienne attaquée. 10 autres corps sont filmés quand la position est prise, dont celui de Jabar Abdal Hassan Al Zidawi, commandant adjoint d'un régiment de l'armée irakienne selon l'EI.

    Morts/blessés de l'EI : néant.

    Effets visuels/montage/techniques de propagande : la louange à Allah est suivie de la mention Islamic State et du logo de la wilayat.

    Dans la séquence 1, on peut voir Barack Obama, des dirigeants saoudiens et des rebelles syriens, et des images d'un film sur les premiers temps de l'islam.

    Dans la séquence 2, l'EI montre des extraits de la télévision irakienne et l'interview d'un soldat gardant la base aérienne d'Ain el-Assad. C'est la deuxième plus grande base aérienne d'Irak où sont stationnés des Américains. Elle se trouve non loin d'al-Baghdadi. L'EI montre le complexe résidentiel du commandement militaire de la base qui va être ciblé par l'attaque. Il se sert d'un drone pour préparer l'attaque des inghimasiyyi, que l'on voit s'entraîner au tir (AK/M-16, PK, RPG-7) et enfiler leurs gilets explosifs. On voit ensuite d'autres inghimasiyyi se préparer pour une attaque sur le barrage de Haditha (et plusieurs tués irakiens causés par l'attaque).

    Dans la séquence 3, on entend les combattants chanter le nasheed juste avant que celui-ci soit inséré en fond. 2 caméramen filment l'assaut de l'EI sur une position de l'armée irakienne.

    Religion : néant.

    Nasheeds (poèmes chantés) présents dans la vidéo :

    1 : 15''-1'20''Qasaeqat

    2 : 3'46''-4'27'', Allah has brightened a face

    3 : ?


    5 : ?

    6 : ?

    Commentaires particuliers : depuis le 30 janvier, c'est la 3ème vidéo (dont 2 militaires) de la wilayat al-Furat. La fréquence de ces vidéos de propagande confirme la place importante de cette wilayat transfrontalière, à cheval sur la Syrie et l'Irak, que l'EI renforce depuis près d'un an. Ce qui confirme que la chute des capitales a été bien anticipée. On est surpris par l'inclusion d'images d'archives, chose assez rare dans les vidéos récentes de cette wilayat. Un moyen peut-être de rappeler que des opérations d'inghimasiyyi contre des installations américaines ne sont pas à exclure dans un proche avenir. Pour le reste, la wilayat déploie de nouveau une colonne mécanisée assez fournie pour attaquer un objectif de faible ampleur, de façon à aguerrir ses combattants et à faire du butin tout en jetant le trouble chez l'adversaire. A noter que la wilayat semble opérer davantage à l'ouest qu'au nord, désormais, d'al-Rutbah.

    0 0

    Titre : Et vous serez supérieur.

    Durée : 34 minutes 54 secondes.

    Lieu(x) : Mossoul.

    Date (sûre par recoupement ou estimée) : dans la séquence 1, des images de combats de Mossoul-Ouest datent du 4 mars 2017 (d'autres, comme les tirs de snipers, sont plus anciennes). Dans la séquence 3, le kamikaze dentiste remonte au 30-31 janvier. Une des attaques de drones armés dans la séquence 6 remonte au 6 février (quartier d'al-Furqan, Est de Mossoul).

    Type de vidéo : c’est une vidéo mixte sur la défense de Mossoul.

    Découpage (séquences) :

    1 : 13''-3'52'', introduction.
    2 : 3'52''-7'41'', tirs au SPG-9 double.
    3 : 7'41''-12'15'', VBIED.
    4 : 12'15''-16'06'', combats de rues.
    5 : 16'06''-23’53’’, VBIED.
    6 : 23’53’’-30’24’’, VBIED et frappes de drones armés.
    7 : 30’24’’-32’04’’, tirs de snipers en vision nocturne.
    8 : 32’04’’-34’54’’, conclusion.



    Forces attaquées/adversaires : dans la séquence 2, un drone de l'EI filme une passe de tir d'un hélicoptère irakien Mi-28. Un B-52 est également filmé. L’EI montre des tirs d’obus au phosphore blanc.





    Effectifs engagés : plusieurs dizaines de combattants dans certaines séquences.

    Moyens d'appui utilisés (canons, mortiers, armes artisanales...) : dans la séquence 1, l'EI utilise 2 canons sans recul SPG-9 porté à l'épaule, un fusil de sniping bricolé à partir d'un tube antiaérien avec système de visée rudimentaire et frein de bouche (sans doute en calibre 12,7 mm). Il y  également un lance-roquettes antichars qui semble bien être une création originale de l'EI et pas un engin de prise. On voit aussi une attaque de drone armé sur un véhicule. On voit également 2 tirs de snipers abattant 2 soldats irakiens. Un mortier lourd (120 mm) ouvre le feu.





    Dans la séquence 2, l'EI utilise une paire de canons sans recul SPG-9 attachés ensemble, à déclenchement électrique et manipulés avec une manette de console (direction et observation avec une caméra pour recul de voiture). Deux obus sont tirés (dont un PG-9V ou variante) sur des soldats irakiens stationnant à côté d'un BMP-1. L'EI montre ensuite un tandem sniper/observateur avec fusil anti-matériel iranien AM 50 (12,7 mm).











    Dans la séquence 6, frappes de drones armés :

    1 : sur un véhicule blindé.
    2 : sur un groupe de soldats irakiens.
    3 : sur un groupe de soldats irakiens.
    4 : sur des soldats irakiens à côté de leurs véhicules.
    5 : sur un pick-up de la police fédérale (plate-forme arrière touchée).
    6 : sur un groupe de soldats irakiens à côté d’un MaxxPro.
    7 : sur un groupe de soldats irakiens.
    8 : sur un Humvee.





    Dans la séquence 7, l’EI emploie un groupe de sniperséquipés d’un Orsis T-5000 et d’un M-14 EBR avec silencieux et viseurs thermiques nocturnes (les fusils sont posés sur des couvertures ou draps pour empêcher la levée de poussière au moment du tir et le repérage) :

    1 : tir à 685 m, soldat touché.
    2 : tir à 475 m, soldat abattu.
    3 : tir à 600 m, soldat abattu.
    4 : tir à 688 m, soldat abattu.
    5 : tir à 710 m, soldat abattu.
    6 : tir à 685 m, soldat peut-être touché.









    Véhicules utilisés (chars, véhicules blindés, technicals...) : dans la séquence 1, on peut voir un Tacoma embarquant un KPV protégé par un bouclier. Il évolue sous la protection d'un dais qui recouvre toute la rue pour masquer les mouvements de l'EI. L'EI fait tirer un D-30 (122 mm), un M-46 (130 mm) et un S-60 (57 mm AA) chacun sur camion.









    Kamikazes (identité) :

    1 : Abu Harath Al A'alami (branche média ?).

    2 : Abu Salam Al Maslawi (Mossouliote, dentiste).

    3 : Abu Salam Al Maslawi (Mossouliote).

    4 : Abu Omar Al Maslawi (Mossouliote).

    5 : Abu Talaha Al Anbari (Irakien).

    6 : Abu Marwan Al Talai.

    7 : Abu Bakr Al Iraqi (Irakien).

    8 : Abu Omar Al Iraqi (Irakien).

    9 : Abu Anas Al Maslawi (Mossouliote).

    10 : Abu Farouq Al Iraqi (Irakien, adolescent, fait un discours).



    11 : Abu Abd Al Aziz Al Shishani (Tchétchène).

    12 : Ali Al Turkistani (Ouïghour?).

    13 : Abu Hajar Al Maslawi (Mossouliote, adolescent, fait un discours).



    14 : Abu Hossein Al Iraqi (Irakien, handicapé).

    15 : Abu Yamama Al Iraqi (Irakien).

    16 : Abu Yahya Al Jabouri (Irakien).


    Véhicules kamikazes (types, impact) :

    1 : SUV avec coque de blindage.

    2 : tracteur recouvert de plaques de blindage.



    3 : SUV noir avec coque de blindage.

    4 : SUV blanc/claire avec coque de blindage. Il se fait sauter au milieu d'un groupe de Humvees.

    5 : véhicule jaune qui se fait exploser contre des Humvees.

    6 : SUV avec coque de blindage. Explose contre une colonne de BMP-1, MaxxPro et Humvees.

    7 : SUV avec coque de blindage. Explose contre un campement irakien.

    8 : pick-up, explose contre une colonne de BMP-1.

    9 : SUV avec coque de blindage, pousse des voitures mises en travers d'une rue, explose contre des Humvees.

    10 : pick-up blanc avec coque de blindage, fausses roues et fausses fenêtres. Le 10 explose pour ouvrir la voie au 11.

    11 : SUV avec coque de blindage, fausses roues et fausses fenêtres. Il se fait exploser sur près d’une concentration de véhicules.

    12 : SUV avec coque de blindage, explose contre un Humvee.

    13 : pick-up avec coque de blindage, se fait exploser contre 2 Humvees.

    14 : SUV avec coque de blindage, se fait exploser contre un char M1 Abrams.

    15 : SUV avec coque de blindage.

    16 : SUV avec coque de blindage.

    17 : pick-up avec coque de blindage, visé par un RPG-7, explose sur une colonne de véhicules.

    18 : SUV avec coque de blindage, explose contre un Humvee.

    19 : pick-up avec coque de blindage, explose contre un groupe de soldats irakiens devant une colonne de véhicules.

    Armes légères et lourdes (fusils d'assaut, mitrailleuses, RPG, etc) - groupes de combat et leurs tactiques : dans la séquence 1, on peut voir un tireur PK et plusieurs tireurs RPG-7. Un fantassin tire avec un M-16 à lunette.





    Dans la séquence 2, on aperçoit plusieurs tireurs PK/MG-1M et un tireur sur Type 69.







    Au début de la séquence 4, l'EI montre ses troupes spéciales en train de s'équiper avec PK et M-4. Un groupe de combat dans les rues dispose d'un Type 69 et d'une M240. Un inghimasi (Abu Yaqin Al Iraqi, Irakien) place une charge contre un char M1 Abrams avant de se faire sauter près d'un Humvee. Un tireur RPG-7 avec charge tandem incendie un véhicule blindé (M1117?). On voit plus loin un tireur PK avec GoPro portant une arme individuelle supplémentaire, ainsi qu'un tireur RPG-7 avec GoPro.





    Destructions de véhicules adverses : dans la séquence 1, l'EI montre plusieurs véhicules détruits dans une rue. Puis un bulldozer, et un bulldozer à côté d'un Humvee.

    Butin matériel : néant.

    Morts/prisonniers/blessés adverses : dans la séquence 4, l'EI filme un corps avec uniforme de la police fédérale.

    Morts/blessés de l'EI : dans la séquence 1, un combattant de l'EI gît au coin d'une rue (peut-être le corps que l'on voit juste après).

    Effets visuels/montage/techniques de propagande : la louange à Allah est suivie de la mention « Islamic State » et du logo de la wilayat.

    Dès les premières images, dans la séquence 1, où l'on voit un panorama de Mossoul-ouest pendant les combats, on reconnaît la mosquée al-Nuri.

    Dans la séquence 2, l'EI reprend la séquence de la chaîne kurde Rudaw montrant une attaque probable à l'obus de mortier à gaz contre l'ERD (autour du 15 mars).



    Dans la séquence 4, l’EI incruste un reportage montrant des soldats irakiens qui témoignent sur les combats : « L'ennemi que nous combattons maintenant est l'ennemi le plus féroce de l'histoire du monde ».

    Dans la séquence 6, un drone de l’EI en vol filme un autre drone de la coalition. L’EI lance un drone de type Skywalker X7-X8 avec 4 munitions embarquées (grenades de 40 mm modifiées pour Mk 19). Un centre de commandement utilise les images du drone pour les frappes.

    A la fin de la séquence 8, l’EI montre un enregistrement audio dans un de ses studios. On voit avant les habitants de Mossoul se réjouir du départ de l'EI : ce dernier insère des images de mauvais traitements des civils par l'armée (avec un enfant obligé de crier le nom d'Ali et qui refuse, notamment).

    Religion : dans la séquence 1, c'est la première fois que l'EI montre aussi ses combattants dans des installations souterraines (en prière). A la fin de la séquence, on entend la voix du sheikh Al Qari Abida Al Maslawi (Mossouliote).

    Dans la séquence 2, plusieurs combattants lisent le Coran dans un souterrain.



    Nasheeds (poèmes chantés) présents dans la vidéo :

    1 : 25’’-3’37’’, We will move forth to excellence.

    2 : 3’53’’-5’23’’, Hayatud dhulli'la la Irtadiyha.

    3 : ?

    4 : ?

    5 : 12’18’’-13’30’’ I don’t care

    6 : 13’54’’-16’03’’ Fought

    7 : 18’20’’-21’54’’ يظنون البلاد بلا حماة

    8 : ?

    9 : ?
    10 : 27’58’’-30’21’’, Aurilladha.

    11 : 30’24’’-32’’00 Come, Come

    Commentaires particuliers : c'est la 9ème vidéo longue sur la bataille de Mossoul mise en ligne par l'EI. Le groupe a laissé passé un peu plus d'un mois depuis la précédente, le 14 février. La première vidéo sur les combats à l'ouest de Mossoul sonne comme un appel au sacrifice ultime : l'EI montre qu'il se battre jusqu'au bout à Mossoul. Pour preuve, il montre pour la première fois les tunnels qui ont joué un rôle si important dans la bataille ; l'emploi d'un obus à gaz ; un nouveau lance-roquettes antichars individuel qui semble bien fabriqué par ses soins ; ses snipers qui opèrent avec les meilleurs matériels de prise de nuit, avec des viseurs thermiques. Véhicules kamikazes et drones armés sont également de la partie, même si les images sont plus anciennes pour la plupart que les combats à l'ouest de Mossoul. Pour la première fois depuis très longtemps, l'EI montre même un inghimasi se faisant sauter près d'un véhicule adverse. Les pertes sont lourdes, jusque dans la branche média : un des narrateurs des vidéos a été tué par une frappe aérienne, un des kamikazes est encore probablement un membre de cette branche. Acculé, l'EI n'en tient pas moins à exploiter jusqu'au dernier moment la bataille pour sa propagande. Parmi les kamikazes, on note les nombreux adolescents et combattants handicapés.

    0 0

    Titre : La victoire vient avec la patience.

    Durée : 12 minutes.

    Lieu(x) : dans la séquence 1, il est question des combats à Ayn Zakr.

    Date (sûre par recoupement ou estimée) : la vidéo a été publiée le 21 mars 2017. Le butin de la séquence 1 correspond à des photos publiées le 1er février par l'EI. Le butin de la séquence 2 correspond à un reportage photo du 23 février. Certaines images de combat de la séquence 2 correspondent à un reportage photo du 9 mars dernier.

    Type de vidéo : c'est une vidéo mélangeant séquences de propagande et images de combat, Jaysh Khalid Ibn al-Walid est à l'offensive contre les rebelles syriens.

    Découpage (séquences) :

    1 : 11''-4'25'', propagande, exécutions.
    2 : 4'25''-9'37'', combats contre les rebelles syriens.
    3 : 9'37''-10'26'', propagande.
    4 : 10'26''-12'00, exécutions.

     

    Forces attaquées/adversaires : les rebelles syriens. Dans la séquence 1, l'EI insère des vidéos des rebelles montrant des technicals et un mortier de 120 mm fourni par les Américains. On voit aussi un barrage établi par les rebelles sur une route.

    Effectifs engagés : au début de la séquence 2, on voit plusieurs dizaines de combattants défiler avec les étendards de l'EI.

    Moyens d'appui utilisés (canons, mortiers, armes artisanales...) : dans la séquence 2, l'EI emploie un canon D-30 de 122 mm, plusieurs mortiers lourds (120 mm) et moyens, un canon sans recul SPG-9 sur trépied, une mitrailleuse DSHK.










    Dans la séquence 3, les combattants creusent des positions défensives autour d'un KPV sur pivot.



    Véhicules utilisés (chars, véhicules blindés, technicals...) : dans la séquence 1, on voit un Land Cruiser avec ZPU-2 et 2 chars T-55.




    Dans la séquence 2, un Land Cruiser avec ZPU-2, un autre avec KPV sont utilisés en tir tendu. On voit plus loin un Land Cruiser avec DSHK.





    Kamikazes (identité) : néant.

    Véhicules kamikazes (types, impact) : néant.

    Armes légères et lourdes (fusils d'assaut, mitrailleuses, RPG, etc) - groupes de combat et leurs tactiques : plusieurs mitrailleurs PK tirent dans la séquence 2. Les fantassins sont armés d'AK. Un tireur PK porte une tenue de camouflage. Un autre tireur PK abat un drone des rebelles syriens. Un autre semble tirer avec une PKT. On aperçoit également un AKMS avec lance-grenades GB-30. Un tireur d'élite emploie ce qui semble être un Mosin Nagant 1891/30 avec lunette de visée.













    Destructions de véhicules adverses : néant.

    Butin matériel : dans la séquence 1, l'EI s'empare de fusils d'assaut, de mitrailleuses lourdes, de munitions, d'un Land Cruiser, d'un viseur pour lance-missiles antichars.




    Dans la séquence 2, l'EI prend aux rebelles 1 D-30, 1 M-46, un Land Cruiser avec KPV bitube, de nombreuses caisses avec obus de char et d'artillerie, une mitrailleuse DSHK, un BMP-1, un char T-55 (sur lesquels on lit respectivement : Mujahedi Huran et Les martyrs de la liberté), un camion Kamaz.














    Morts/prisonniers/blessés adverses : dans la séquence 1, un combattant pose le pied sur 4 têtes coupées. Un enfant tient deux couteaux que prennent deux bourreaux qui vont exécuter « l'apostat Ali Tamar Al Jahmani, agent des services de renseignement de la Jordanie et Muhamad Ali Safadi, agent de Sahwat ». Les deux hommes sont égorgés. Puis un bourreau décapite au sabre « l'apostat Anas Al Khamis, agent de Sahwat ».

    Dans la séquence 2, un rebelle est abattu à bout portant. Puis l'EI filme 23 corps de rebelles ; plusieurs sont décapités, d'autres sont mis en scène avec des cigarettes comme souvent.

    Dans la séquence 4, deux bourreaux égorgent et décapitent « Omar Ali Arar, agent de Sahwat, Nashat muhamad Al A'ayd - Agent de sahwat ».

    Morts/blessés de l'EI : néant.

    Effets visuels/montage/techniques de propagande : la louange à Allah précède le titre de la vidéo. la séquence 1 dénonces les rebelles syriens « vendus » à la Jordanie, « vampires » du sang des musulmans (sic). L'EI montre l'afflux supposé de population dans le bassin du Yarmouk contrôlé par Jaysh Khalid Ibn al-Walid. L'EI insère plusieurs communiqués détaillant assassinats et combats à Ayn Zakr.

    Dans la séquence 3, l'EI insère des extraits de vidéos du Front du sud (rebelles syriens).

    Religion : dans la séquence 3, un combattant lit le Coran. Plusieurs dizaines de combattants sont filmés en prière.




    Nasheeds (poèmes chantés) présents dans la vidéo :

    1 : ?

    2 :  2'13''-2'39''Al Hamdullilah

    3 : ?

    4 : ?

    5 : 4'34''-8'01''Fought

    6 : 8'05''-9'16''Al Hamdullilah

    Commentaires particuliers :Jaysh Khalid ibn al-Walid a profité de l'offensive lancée par Hayat Tahrir al-Sham (HTS) et d'autres groupes rebelles à Deraa, à partir du 12 février, pour attaquer à revers les rebelles syriens et étendre la poche qu'il contrôle adossée au Golan. L'attaque commence les 19-20 février : la branche de l'EI parvient non seulement à conquérir des positions mais à tuer un certain nombre de rebelles et à s'emparer d'un butin non négligeable, comme le montre la vidéo. Bien que non rattachée à une wilayat, le groupe bénéficie de l'expertise de la branche média de l'EI : les codes sont les mêmes. Il n'y a pas de kamikaze employé ici mais on note l'armement assez lourd, avec un canon D-30, plusieurs chars T-55 et un lance-grenades GB-30 sous AK, assez rare. La vidéo se caractérise aussi par un certain nombre d'exécutions, en plus de la mise en scène des corps.

    0 0

    Constitués après la défaite peu glorieuse du régime syrien et de ses alliés à Palmyre en décembre 2016 , les ISIS Hunters (chasseurs d'EI) ont pour vocation de tenir de manière fiable Palmyre et les alentours, la ville ayant été reprise le 2 mars par le régime syrien et ses alliés. Unité dite de « forces spéciales », ISIS Hunters a été formée par la Russie : de par sa présence active sur les réseaux sociaux, en anglais, l'unité sert en quelque chose de « vitrine » à la démarche russe de reconstitution de troupes efficaces pour le régime syrien. Peu nombreux, les ISIS Hunters sont pour autant très tributaires de l'allié russe.




    Historique


    Les ISIS Hunters font partie du 5ème corps de l'armée arabe syrienne, constitué avec l'appui de la Russie, à partir de novembre 2016. La Russie cherche en effet à s'appuyer sur des forces syriennes solides pour renforcer les capacités militaires du régime, déliquescentes avant son intervention : d'où la formation du 5ème corps (à vocation « commando », « antiterroriste »), après celle du 4ème. Mais alors que ce dernier visait à remettre sous la tutelle du régime des milices déjà existantes, le 5ème corps sera constitué uniquement de volontaires. La Russie cherche aussi à bâtir des forces qui peuvent servir de contrepoids à l'Iran, dont les objectifs diffèrent, en Syrie, de ceux de Moscou. De fait, le 5ème corps connaît, malgré les salaires alléchants qui sont proposés, des problèmes de recrutement : les vides sont en partie comblés par les brigades du parti Baath. Le 5ème corps a reçu de la Russie des chars T-62M et des véhicules blindés BMP-1, en plus d'autres véhicules logistiques. Cette unité a manifestement été encadrée par les forces spéciales russes (ce qui est confirmé par une source pro-russe) ; elle aurait été entraînée à Lattaquié avant d'être déployée sur le front de Palmyre. Les ISIS Hunters auraient été conçus pour