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    1597. Cinq ans après une première tentative du shogun Hideyoshi d'envahir la péninsule coréenne, les Japonais récidivent. L'amiral Yi Sun-Sin, maître des mers durant le premier conflit, a été arrêté et torturé par la dynastie coréenne Joseon sur fond d'intrigues de cour et rétrogradé au rang de simple soldat. En août, la flotte coréenne est détruite par les Japonais à la bataille de Chilchonryang. Les Japonais qui pensent contrôler les mers se préparent à remonter vers le nord à partir de leurs bases au sud de la Corée, le long de la côte ouest, pour s'emparer de la capitale de la dynastie Joseon. Après la mort de son successeur lors de la bataille de Chilchonryang, Yi Sun-Sin reprend la tête de la flotte coréenne. Il ne lui reste plus que 13 navires pour faire face à l'armada japonaise...

    Enorme succès au box-office sud-coréen, The Admiral : Roaring Currents raconte le triomphe de l'amiral Yi Sun-Sin, qui par son triomphe inespéré lors de la bataille de Myeongryang contribue à l'échec de la deuxième invasion japonaise de la Corée en 1597. Yi Sun Sin rassemble les débris de la flotte coréenne après que celle-ci ait été pratiquement annihilée par les Japonais. Avec 12 navires et 1 500 hommes, en octobre, il repousse plusieurs escadres de reconnaissances japonaises et tient la mer, contrairement au roi de la dynastie Joseon qui souhaitait dissoudre la marine et incorporer les hommes dans l'armée de terre. Yi Sun Sin embusque ses navires au nord du détroit de Myeongryang : ce détroit connaît de forts courants qui changent toutes les 3 heures, ce qui est idéal pour empêcher les Japonais de concentrer leurs forces et de manoeuvrer à leur guise. En outre la marée en changeant pousse les navires dans la direction opposée ce qui favorise une contre-attaque. Au matin du 26 octobre, Yi Sun Sin fait face à 133 navires japonais de guerre qui protègent 200 transports de troupe. A la tête de son navire, il  commence à bloquer la route aux Japonais ce qui encourage ses officiers à faire de même avec leurs vaisseaux. Au changement de marée, les navires japonais sont surpris et entrent en collision. Une contre-attaque fulgurante des Coréens disloque la flotte japonaise à coups de canons. Le commandant de l'avant-garde japonaise est tué et le vainqueur de la précédente bataille blessé. Les pertes sont difficiles à établir : Yi Sun-Sin parle d'une trentaine de vaisseaux japonais endommagés dans son journal sans plus de détails. Il est certain en tout cas que les Japonais sont privés de leur flotte ce qui empêche la coordination avec les troupes terrestres : face aux Joseon soutenus par les Chinois de la dynastie Ming, les Japonais doivent finalement renoncer et rembarquer chez eux.







    Le réalisateur sud-coréen Kim Han-min, déjà auteur de plusieurs autres films notoires, joue ici très clairement sur la corde patriotique ce qui explique le succès du résultat final. Les deux heures se découpent entre une première partie d'une heure sur le contexte et la mise en place de la stratégie dans les deux camps (davantage évidemment le coréen) puis une heure de franche bataille navale avec des séquences spectaculaires. Si le ton patriote explique le manichéisme opposant le "bon" côté coréen aux "méchants" japonais, le réalisateur montre une dynastie Joseon et ses forces armées en pleine décomposition après les premières défaites. Dans le film, Yi Sun-Sin, véritable légende comparable en quelque sorte à notre Jeanne d'Arc, doit d'ailleurs maintenir la discipline au besoin par la plus grande brutalité. La première heure du film pose d'ailleurs le cadre de façon assez nette. Quant à la deuxième partie, pleine de l'action propre à la bataille navale, à grands renforts d'images de synthèse, de tirs canons ou d'arquebuses et de corps-à-corps sanglants comme sait le faire depuis longtemps le cinéma sud-coréen, elle est plutôt réussie même si on relève quelques limites. Bref, un film qui ne dépareille pas face à certaines productions occidentales, et qui permet aussi de découvrir un pan méconnu de l'histoire de la Corée.








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    Pierre-François Souyri est un spécialiste de l'histoire du Japon, notamment médiévale. Il a d'ailleurs été formé par un historien japonais dans ce pays. En France, il contribue à la formation de la revue Cipango et participe aux Annales. Il interroge l'histoire médiévale japonaise en parallèle à celle de l'Europe, tout en se faisant historien de la longue durée.

    Cet ouvrage est en fait la réédition augmentée d'un livre paru en 1998. En 1180 commence la révolte des Minamoto contre les Taira. Pour les historiens japonais de la fin du XIXème siècle-début du XXème siècle, c'est le début d'un Moyen Age ressemblant à celui de l'Europe, alors imitée. Le nouveau pouvoir, le shôgunat, cohabite avec l'ancien pouvoir impérial jusqu'au XIVème siècle avant de le remplacer. Pour les historiens japonais du début du XXème siècle, c'est le moment où se fonde l'identité nationale du Japon. Ce qui est nié, c'est la mobilité sociale voire même l'instabilité sociale profonde de cette période. Les tensions sont très fortes entre groupes sociaux, au sein des familles. Les communautés paysannes résistent aux prélèvements. Au XVème siècle, des conflits de nature diverse se généralisent et font basculer le pays dans un état de quasi guerre civile. Plus qu'un âge des guerriers (bushi), c'est donc un âge de révoltes que reconsidèrent les historiens japonais d'aujourd'hui. L'arrivée des Européens constitue un nouveau défi auquel les Japonais apportent une réponse originale : en tenant à distance ces étrangers, le Japon fait preuve d'une certaine modernité. Les sources écrites, notamment les archives, sont nombreuses pour étudier cette période, de même que les oeuvres de fiction ; en revanche l'épigraphie est très peu présente. Ce corpus est complété par les rouleaux peints, les fouilles archéologiques en plein essor depuis les années 1970 et le travail de l'anthropologie. Le Japon des environs de 1150 ne comprend pas encore l'île de Hokkaïdo ni l'archipel des Ryûkyû. Peuplé peut-être de 7 millions d'habitants, il est structuré par les deux régions du Kinai (autour de Kyôto) et de du Kantô. Les routes relient ces ensembles, mais la capitale impériale contrôle encore mal un Japon occidental tourné vers la mer et un Japon de l'est, avec ses plaines, ses chevaux, ses guerriers. La cour impériale domine le pays avec des administrateurs mais certaines régions sont en marge. Le Japon n'est pas isolé puisqu'il a des liens avec la Corée, la Chine, l'île d'Hokkaïdo et les Ryûkyû où se développent d'autres cultures.

    A la fin de la période ancienne, l'Etat japonais s'éloigne du modèle chinois. Dès le XIème siècle, la famille Fujiwara qui domine la cour doit apprendre à cohabiter avec la famille impériale. L'empereur-retiré affirme son pouvoir en étendant sa domination sur les provinces où il se crée des réseaux de clientèle et des revenus. Cette évolution se recoupe avec l'organisation de notables locaux en féodalité de type militaire, qui va jouer un rôle de plus en plus important dans l'histoire politique du pays. Au XIIème siècle, le modèle ancien du Japon s'écroule.

    Entre 1180 et 1185, le clan Moritomo, issu de ce groupe nouveau des guerriers, impose sa domination sur le pouvoir et élimine ses rivaux Taira. C'est alors qu'est installé le shôgunat qui va placer les guerriers à la tête des affaires jusqu'à l'ère Meiji. Les shôguns installent une nouvelle capitale à Kamakura, qui donne son nom à une période de paix civile relative qui dure jusqu'en 1333, notamment sous l'égide de la famille des régents des shôguns, les Hôjô. Le shôgunat voit son prestige renforcé par la défaite de deux tentatives d'invasion mongole à la fin du XIIIème siècle.

    Le XIIIème est un grand moment de réflexion au Japon, d'une interpénétration entre la culture des intellectuels et celle populaire. Ces interrogations métaphysiques du bouddhisme, aussi, répondent à l'essor des communautés villageoises, le dynamisme économique, le réveil des provinces et et la naissance d'un peuple urbain : une littérature orale populaire apparaît. Les moines, les prédicateurs, les conteurs, laissent entrevoir un monde inquiet, fasciné par la mort, vu comme une décadence, à part les tenants du zen, qui à l'inverse sont optimistes, ce qui correspond plus au dynamisme du Japon de l'ère Kamakura. Ces représentations ne disparaissent qu'au XIVème siècle.

    Grands défrichements, essor du commerce intérieur : les campagnes japonaises s'émancipent, commencent à sortir de la domination servile, même si les crises de subsistance demeurent. Les deux capitales, Kyôto et Kamakura, se font concurrence. Le XIVème siècle n'a pas de chronologie claire. La période Muromachi marque le début de l'insoumission, de l'instabilité. Après la chute du régime de Kamakura, la restauration impériale ne dure que quelques années. Le Japon est coupé entre deux cours jusqu'en 1392. La victoire du shôgunat Ashikaga conforte l'invasion de l'ouest par les guerriers de l'est, alors que les paysans s'émancipent de plus en plus. Triomphe du bouddhisme zen, le XIVème siècle est un siècle de transition où la violence se réinstalle dans les rapports sociaux. Les guerres par intermittence se succèdent. Les guerriers locaux prennent le pouvoir, la féodalisation du pays s'accélère ; le pouvoir central est discrédité. Les paysans s'organisent et luttent pour leur autonomie et le contrôle de la terre.

    Les gouverneurs nommés par les shôguns dans les provinces finissent par accaparer beaucoup de pouvoirs, mais ils doivent affronter les guerriers locaux et les communautés paysannes. C'est le moment où les Japonais se font pirates dans les eaux asiatiques. La période Muromachi n'a pas non plus de limite définie : elle s'achève entre la guerre d'Ônin (1467-1477) et le coup d'Etat à Kyôto en 1493. Le pouvoir shôgunal reste forte jusqu'en 1441 puis les Ashikaga se replient sur le Kinai. Les grands vassaux des provinces prennent le pouvoir, mais le peuple trouve aussi son mot à dire : c'est le "gekokujô", le "monde à l'envers" pour certains chroniqueurs devant l'effacement de la noblesse et de la cour impériale face à de nouveaux acteurs. Le Japon échange de plus en plus avec l'extérieur et développe un commerce international. Okinawa sert de pont entre le Japon et la Chine. Guildes et prêteurs japonais font leur apparition. Le Kinai prospère reste le coeur du pays. Les paysans, dont la condition se dégrade à cause de la structuration d'une économie désormais monétaire, sont mécontents de la puissance de ces nouvelles couches sociales de marchands, souvent urbaines. Les révoltes rurales se multiplient. Les guerres d'Ônin ravagent la capitale impériale, Kyôto, pendant dix ans. La culture de cour s'efface devant celle de milieux plus humbles : poèmes renga, jeux de mots, farces, énigmes, théâtre, favorisés par des mécènes. La mode chinoise recule dès le XVème siècle en faveur de productions nationales, dont la généralisation du tatami.

    Le nom de la période Sengoku fait référence à celle des Royaumes Combattants en Chine. L'inversion des hiérarchies  continue jusqu'aux années 1570. La centralisation du pouvoir par les seigneurs de guerre se heurte à l'aspiration à l'autonomie locale. C'est dans les régions périphériques que les seigneurs de guerre construisent d'abord de mini-Etats, qu'ils vont ensuite étendre. Les communes villageoises, les communes régionales se multiplient, de même que les ligues de la secte ikkô à caractère religieux. L'autonomie urbaine qui va de pair avec l'autodéfense se développe également. Les bourgeois triomphent mais constituent aussi une culture laïque qui annonce la modernité. Le pouvoir du shôgun s'effrite tandis que montent en puissance les seigneurs de guerre. Cette nouvelle couche est bien différente des anciens gouverneurs de province. Leur pouvoir ne tient à aucune forme légale. Les Portugais arrivent à Tanegashima en 1543. Les seigneurs de guerre comprennent alors le besoin d'assurer une base économique pour construire un puissant outil militaire, afin d'unifier le pays. La période Sengoku est une renaissance qui prépare l'avènement d'un nouveau monde japonais.

    L'historien termine son ouvrage par la comparaison entre Moyen Age européen et japonais. Cette réflexion existe chez les Européens dès le XVIème siècle ; chez les Japonais, elle survient au XIXème siècle quand il s'agit de montrer que le Japon est aussi moderne que l'Europe. L'idée de la similitude entre les deux périodes n'est remise en cause qu''après 1945. Malgré les différences évidentes, on remarque des similitudes : naissance d'une société locale dominée par des notables militarisés ; bond économique et technologique ; phénomène monastique. Mais les deux sociétés n'évoluent pas toujours de manière identique. Le Japon semble plus violent que l'Europe. En outre, la sortie de période ne débouche pas sur le même résultat et les différences semblent l'emporter sur les ressemblances.

    Un ouvrage intéressant complété par beaucoup de notes, une bibliographie volontairement occidentale pour ne pas décourager le lecteur, des cartes incorporées au fil du texte et une chronologie détaillée de la période au début du livre.

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    1864. Le sous-marin mis au point par les Confédérés pour briser le blocus naval de l'Union autour de Charleston a coulé avec son inventeur, Hunley, qui donne désormais son nom au bâtiment. Le général Beauregard (Donald Sutherland), qui cherche toujours à briser l'étau nordiste autour du port, confie le commandement du bateau renfloué à l'adjoint de Hunley, George E. Dixon (Armand Assante). Celui-ci reste hanté par la mort de sa femme, tué lors de l'explosion d'une mine contre le bateau à vapeur qui la transportait...

    Téléfilm sorti en 1999, The Hunley raconte la mission ultime du bâtiment du même nom : un précurseur des sous-marins pas complètement submergé, lancé à Mobile en juillet 1863 et qui tua 3 de ses équipages dont le dernier lors de sa seule attaque réussie qui constitue l'objet du film.

    Long de 12 m, le Hunley est convoyé par rail à Charleston, où il coule une première fois lors d'essais en août 1863, tuant ses 5 hommes d'équipage. Renfloué, il coule à nouveau en octobre, entraînant dans la mort 8 hommes dont son inventeur. Renfloué de nouveau, il peut mener son ultime attaque le 17 février 1864 où il coule le sloop USS Housatonic qui faisait partie du blocus, mais sa destruction entraîne la perte du sous-marin qui coule définitivement avec son équipage. L'épave a été retrouvée en 1995. L'analyse de l'épave, transférée dans un musée, a depuis montré que l'engin s'était probablement retrouvé trop près de sa cible (la charge explosive était placée sur une perche fixée à l'avant du sous-marin, placée en éperonnant le bateau ; en reculant, une corde tirée par le sous-marin faisait exploser la torpille), ce qui l'a endommagé pendant l'explosion ; en outre un homme du sloop a réussi à tirer un coup de fusil à travers l'un des postes d'observation vitrés du Hunley.






    Dixon, le commandant du sous-marin pendant sa dernière sortie, joué par Armand Assante, est le seul membre de l'équipage dont le parcours est un peu connu. Comme cela est montré dans le film, il a combattu à Shiloh où il a été blessé à la jambe gauche, ce qui le laisse boîteux ; par chance, une pièce en or a dévié la balle qui lui aurait été sinon fatale. Une légende s'est bâtie sur cet épisode, invérifiable, selon laquelle la pièce lui aurait été donnée par son amante, ce dont se sert le téléfilm.






    Le scénario lui-même vaut surtout pour le jeu d'acteurs de Armand Assante et de Donald Sutherland, comment souvent excellent, et pour l'aspect documentaire.

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    Merci à https://twitter.com/green_lemonnn?lang=fr, https://twitter.com/maps_meast et Mathieu Morant.

    Une des dernières vidéos de combat de l'Etat Islamique se situe dans le wilayat al-Halab, autrement dit la province d'Alep et associés dans le découpage de l'organisation. Comme souvent, cette vidéo est un montage élaboré, qui rassemble ici des actions survenues pour la plupart au mois de septembre 2015, au nord et au nord-est d'Alep.

    Dans une première séquence, on voit des combattants autour de plusieurs véhicules, dont un camion armé d'un canon antiaérien S-60 de 57 mm. D'autres sont embarqués dans un véhicule blindé BMP-1. Vu le bandeau rouge, il s'agit probablement de documents rebelles capturés (on retrouve le même bandeau plus bas sur un document capturé).



    A l'arrière-plan, un camion probablement équipé d'un canon S-60 soviétique de 57 mm.

    Dans le BMP-1.



    Il y a ensuite un véhicule kamikaze (camion avec blindage improvisé), monté par Abu Muhamad Al Safrani, qui explose « quelque part au nord d'Alep ». Des combattants de l'EI progressent en combat de rues. Puis un deuxième kamikaze, à bord d'un camion avec benne avec blindage improvisé, se fait sauter, semble-t-il, près de al-Harat, au nord-est d'Alep, près de la fameuse zone industrielle de Sheikh Najjar tant disputée entre les rebelles syriens et le régime. Un technical armé d'une pièce de 37 mm AA ouvre le feu. Puis un troisième kamikaze à bord d'un camion blindé se fait lui aussi exploser à Tall Susayn, à 13 km au sud de Mare. Cette localité au nord d'Alep a été le théâtre de violents combats entre l'EI et rebelles syriens en septembre. On peut voir ensuite le butin : boîte de munitions de 12,7 mm américaines, armes légères, mitrailleuses, lance-roquettes...

    Premier véhicule kamikaze de l'EI.






    Deuxième véhicule kamikaze.



    Camion probablement équipé d'un canon de 37 mm AA soviétique modèle 1939.


    Le 3ème kamikaze.




    Le butin.
     
    Tall Susayn, au nord d'Alep, et au sud de Mare où se fait exploser l'un des kamikazes de l'EI.

    Désormais coutumier du fait dans ses montages, l'EI reprend des extraits de chaînes arabes et notamment ici de quelques vidéos mettant en scène les rebelles qui lui font face au nord d'Alep (brigades Noureddine al-Zanki qu'on reconnaît dans la voix off). Apparaît ensuite une carte du Proche et Moyen-Orient avec les noms d'Etats attribués par l'EI : Sham en Syrie, Masr en Egypte, l'Irak, la Péninsule Arabique, le Yémen, le Faris pour l'Iran, le Khorassan pour l'Afghanistan/Pakistan...

    La carte montrée par l'EI dans la vidéo.


    La scène suivante présente des combattants de l'EI en combat urbain contre des rebelles syriens. Un groupe de deux hommes progresse, jette une grenade en avant puis ouvre le feu à l'AK-47. Ils sont soutenus par un technical armé d'une KPV en 14,5 mm. Pour franchir les rues, les combattants de l'EI se couvrent avec des tirs de mitrailleuse PK, d'AK-47 et des jets de grenades. Ils lancent aussi des explosifs improvisés semble-t-il.



    Jet de grenade pour protéger la progression.


    Un technical avec KPV de 14,5 mm.







    Un combattant portant une caméra sur la tête pénètre dans une maison où se trouve une grosse escouade, environ une dizaine d'hommes. Il s'agit en fait d'un document rebelle capturé par l'EI. Un char rebelle hors d'usage se trouve à l'extérieur du bâtiment, les rebelles veulent l'utiliser. Un des hommes est touché de plein fouet par une balle et s'effondre (la vidéo repasse la scène en slow-motion, là encore technique connue...). Dans la maison il y a également un combattant blessé. Les fantassins décident finalement de passer par une fenêtre, font descendre leurs armes (dont un RPG-7) et atterrisent dans les courettes et jardins. On peut voir le technical avec KPV intervenir de nouveau, puis encore des jets de cocktail Molotov. Les combattants de l'EI semblent prendre pour cible un char qui doit être celui que les rebelles voulaient utiliser. Ils se couvrent mutullement pour traverser les rues. Un véhicule rebelle est bientôt en flammes. Outre l'habituel butin (armes légères, etc), le caméraman montre une carte d'identité d'un jeune homme de 19 ans aux couleurs du Front Islamique. Un corps décapité porte sur son T-Shirt l'emblème du Fatah Halab, une coalition de groupes rebelles formé en avril 2015 opérant à Alep. Une carcasse de BMP-1 est également visible, probablement mis hors de combat durant l'affrontement, sans que l'on puisse l'affirmer avec certitude. On peut voir ensuite de nombreux corps de rebelles tués, dont plusieurs portent là encore l'emblème du Fatah Halab sur leur T-Shirt.

    Blessé rebelle dans la maison.

    A droite, un combattant rebelle touché vient de s'effondrer.

    Les hommes passent par les fenêtres.


    Dans les jardins.






    Deux cibles adverses en rouge, dont un char probablement à gauche (celui que les rebelles veulent utiliser), sont désignées dans la vidéo.


    Véhicule en flammes.


    On reconnaît l'emblème du Front Islamique.

    Sur ce T-Shirt, c'est celui du Fatah Halab.

    Carcacasse de BMP-1.


    L'emblème du Fatah Halab apparaît sur d'autres corps.


    Dans la séquence suivante, un jeune garçon, Abu Talhat Al Ansari (un Syrien) est interrogé par un interlocuteur invisible. Il est précisé au début qu'il était avec les rebelles (?), sans que l'on en sache plus. C'est peut-être là encore un document capturé.



    La scène qui vient après montre un convoi rebelle manifestement détruit dans une petite localité, avec quantité de véhicules détruits et de corps de rebelles. L'EI capture un BMP-1, des caisses de munitions de 12,7 mm et des « canons de l'enfer ». Un camion-citerne capturé porte également le logo du Fatah Halab.








    Un BMP-1 détruit.

    Boîte de munitions de 12,7 mm.

    Sur le camion, encore le logo du Fatah Halab.


    L'EI met ensuite en scène un de ses canons D-30 de 122 mm, que l'on voit tirer sous divers angles, puis un camion équipé d'un canon de 37 mm, des mortiers et plusieurs technicals : un Toyota avec bitube ZU-23 de 23 mm, un autre avec KPV de 14,5 mm, puis on revoit tirer le camion portant un canon de 37 mm.





    Le D-30 de 122 mm en action.

    Camion avec canon AA de 37 mm.



    Toyota avec bitube AA ZU-23 de 23 mm.




    Technical avec KPV de 14,5 mm.

    Canon de 37 mm AA.


    La dernière séquence montre un groupe de combat de l'EI (avec au moins un RPG-7) en combat urbain. Les rebelles ont abandonné plusieurs « canons de l'enfer » et semblent appartenir aux bataillons islamiques al-Safwa qui opèrent dans le secteur. Un BMP-1 a également été abandonné. Outre la présentation de nombreux cadavres, jusqu'à la nausée (certains en état de décomposition avancée ; un à la face arrachée ; on voit également une cervelle...), l'EI semble mettre en scène certains corps qui portent à la bouche de nombreuses cigarettes tandis que d'autres sont dispersées sur le cadavre (au moins deux dans la vidéo). L'ensemble se termine par le discours d'un combattant accompagné d'un camarade qui reste muet.




    BMP-1 hors de combat.



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    Une des dernières vidéos de l'Etat Islamique (EI) montre ses opérations dans la province d'al-Anbar, à l'est de la ville de Ramadi, en Irak. Cette dernière est tombée aux mains de l'EI en mai 2015. Depuis, l'armée irakienne et les milices tentent de la reprendre depuis la base de Habaniya, cherchant à encercler la ville. Depuis peu, elles ont changé de tactique en maintenant une présence permanente dans les zones de contact avec l'EI, de façon à contester la domination de celui-ci sur les environs de la ville1. En novembre, l'offensive de l'armée irakienne vers le centre-ville de Ramadi a été freinée par le mauvais temps2.





    La vidéo commence par une cérémonie où une vingtaine de combattants de l'EI psalmodient ensemble, en cercle, les bras tendus et les mains jointes vers le centre, à côté d'un drapeau du groupe.



    L'opération est ici une attaque de faible envergure sur un petit poste de la police fédérale irakienne, comme on le devine plus tard dans la suite des images. Comme souvent dans ce cas de figure, l'opération démarre de nuit : la scène est filmée en vision nocturne. Le groupe de combat comprend une vingtaine d'hommes et au moins 2 véhicules (dont un technical armé) et dispose d'au moins un tireur RPG-7. Dans la vidéo, c'est d'ailleurs ce dernier qui ouvre le bal en tirant une munition OG-7V antipersonnel avec son lance-roquettes, puis une deuxième. Un technical et les AK-47 entrent ensuite dans la danse. Les assaillants finissent par pénétrer dans le poste de la police fédérale. On aperçoit dans la cour deux Humvees probablement de couleur sombre et un Dzik-3 ce qui conforte l'idée qu'on a à faire à la police irakienne. La caméra s'attarde sur un corps au sol.

    Le groupe d'attaque : une vingtaine d'hommes, deux véhicules.





    Tireur RPG-7 avec munition antipersonnel OG-7V.







    Entrée dans la base : un Humvee.

    Un Dzik-3.

    Un corps au sol.


    Le jour finit par pointer. Un combattant tire une longue salve avec sa mitrailleuse PK. L'EI utilise plusieurs mortiers, des roquettes artisanales (dont un lanceur de calibre 107 mm) pour pilonner les positions ennemies. Un char T-55 semble-t-il est visé par un canon sans recul SPG-9 et incendié -peut-être que cette séquence a été rajoutée et ne fait pas partie de l'assaut du poste, elle a été prise sur une vidéo antérieure. Un groupe de 6 combattants de l'EI se déplace. La caméra filme ensuite un appareil de l'aviation irakienne évoluant à haute altitude, probablement un avion d'attaque au sol Su-25 Frogfoot. Après un ultime tir de mitrailleuse, 5 corps sont montrés dont au moins un porte une pièce d'uniforme de la police irakienne. Un des combattants de l'EI semble ensuite utiliser un portable d'un des policiers décédés pour se moquer des correspondants de ce dernier. On voit ensuite plusieurs autres corps et un uniforme de la police irakienne, ce qui confirme les indices précédents, avec un symbole chiite.


    Tir à la PK.


    Mortier lourd en action.

    Roquette artisanale filant vers sa cible.



    Un canon sans recul SPG-9 ouvre le feu. La scène ne colle pas trop avec le contexte de la vidéo...

    De même que sa cible, un char T-55 incendié.



    Un groupe de combattants de l'EI en mouvement.

    Un appareil irakien : un Su-25 ?




    Ce combattant a récupéré semble-t-il le téléphone portable d'un policier.


    Uniforme de la police irakienne, avec symbole chiite (ci-dessous).



    L'EI a fait deux prisonniers. Ligotés les mains derrière le dos (l'un est blessé), ils sont jetés sans ménagement sur un tapis et abattus. L'EI met la main sur un camion, un mortier de 82 mm et un Humvee de couleur sombre (forces spéciales donc). On voit également un véhicule de la police fédérale irakienne. Les scènes finales semblent rajoutées : des combattants de l'EI brandissent le drapeau de l'organisation à côté de véhicules portant l'emblème de la milice Kataib Hezbollah (qu'on n'a pas vu jusqu'ici). On voit également deux autres Humvees de couleur sombre.

    Un des deux prisonniers sommairement exécutés par l'EI.




    Un camion, un Humvee de couleur sombre, un mortier de 82 mm comme prises.




    Véhicule de la police irakienne.

    Ces images de porte-étendards de l'EI à côté de véhicules arborant l'insigne de Kataib Hezbollah paraissent également décalés avec le reste de la vidéo : des rajouts ?







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    Il y a quelques jours, l'Etat Islamique mettait en ligne une vidéo montrant le raid d'un commandant de l'organisation, surnommé Abou Zayyad al-Zaydi. L'action se déroule dans la province « Shamal Baghdad » de l'Etat Islamique, c'est à dire au nord de la capitale irakienne.

    Abu Ma'az Al Iraqi, de la "chambre militaire" de l'EI, assis, le visage masqué, tenant un M-4, prend la parole. L'assaut commence à l'aube. Les combattants de l'EI tirent à la mitrailleuse PK sur plusieurs cibles, dont une tente en flammes devant laquel un homme brandit dans chaque main une AK-47. On voit également une autre position où flotte un drapeau. Un combattant s'est emparé d'un drapeau chiite où figure Abbas ou Ali, signe qu'on est peut-être en présence de miliciens chiites comme cela se confirme plus tard dans la vidéo.



    Abu Ma'az Al Iraqi, qui parle dans la vidéo pour commenter l'opération.



    Une AK-47 dans chaque main, ce combattant de l'EI se tient devant une tente en feu.


    Un drapeau chiite, avec Ali ou Abbas, a été pris.


    Un combattant de l'EI met à bas un autre drapeau chiite visiblement, alors que les tirs à la mitrailleuse PK continuent. L'EI s'en prend manifestement à des positions défensives établies rapidement avec des moyens de fortune : sacs de sable, tôles, etc. Sur l'un d'entre elles flotte un drapeau chiite et l'on voit des hommes évoluer autour de la position. Un des miliciens est vu en train de s'abriter derrière une carcasse de pick-up située juste à côté du poste. Un combattant de l'EI, avec une AK-47 dans chaque main, fonce en direction de ce dernier. Un autre combattant arrive au pied des sacs de sable, et jette visiblement une grenade ; sur le poste, on distingue une mitrailleuse DShK et un drapeau irakien. C'est une simple escouade qui prend le poste et met à bas le drapeau chiite (sur lequel est également figuré Abbas ou Ali) : moins de 10 hommes, avec un tireur RPG-7 puisqu'on voit un pourvoyeur avec les munitions dans le dos.


    Mitrailleuse PK.




    Position défensive sommaire avec drapeau chiite. A droite, une carcasse de véhicule.


    On voit un milicien chiite à gauche de la carcasse.

    Un djihadiste fonce vers le poste.


    Un combattant jette une grenade dans le poste.

    On voit la DShK utilisée dans le poste.

    Un combattant épaule son AK-47 sur les sacs de sable.

    Le drapeau chiite est mis à bas.


    On voit ensuite entrer en action, alors que le jour s'est levé, les moyens d'appui : 5 lance-roquettes artisanaux, des mortiers de 82 mm, et deux technicals : un avec bitube de 14,5 mm KPV et l'autre avec une seule arme du même modèle protégée par un bouclier. Un MRAP et un autre véhicule (Humvee?) des adversaires de l'EI sont pris pour cible par deux mitrailleuses PK. L'un des 2 tireurs PK a un M-16 dans le dos ; un pourvoyeur tient le M-4 de l'autre tireur. Les PK, un tireur RPG-7 et un mortier léger visent ensuite, de nouveau, des positions défensives aménagées sommairement, où flottent des drapeaux. Un combattant de l'EI tire dans la fente de visée d'un bunker, puis les drapeaux chiites (avec encore Abbas ou Ali) sont mis à bas. L'assaut continue. Une escouade (un peu moins d'une dizaine d'hommes), avec un tireur RPG-7 et son pourvoyeur, et une mitrailleuse PK, s'attaque à d'autres positions défensives sommaires ; un des combattants jette une grenade devant lui.

    Batterie de lance-roquettes artisanaux.

    Mortier en action.



    Toyota Hilux avec bitube KPV de 14.5 mm.


    Autre véhicule avec monotube KPV de 14,5 mm protégé par un bouclier.




    Un MRAP et un autre véhicule visés par les combattants de l'EI.

    2 tireurs PK. Celui de gauche porte un M-16 dans le dos ; le pourvoyeur de celui de droite tient probablement le M4 du tireur.




    Tir au RPG-7.

    Toujours la PK.



    Mortier léger.


    Tir dans la fente d'observation du bunker.


    Au premier plan le tireur RPG-7 de l'escouade.











    L'EI utilise ensuite plusieurs kamikazes qui sont lancés sur les positions adverses. Les deux premiers embarquent dans des pick-up ou camions entièrement recouverts de plaques de blindage additionnel. On peut voir pour le premier les bonbonnes explosives et le kamikaze à l'intérieur du véhicule ; sur le deuxième, les explosifs sont sur la plate-forme arrière. Parmi les deux kamikazes, il y a un Egyptien, Abu Musab al-Masri et un Saoudien, Abu Abdel Rahman al-Jazrawi. Sur une route, les combattants de l'EI investissent des positions établies sur celle-ci, dont une porte le drapeau irakien et un autre chiite. Un tireur RPG-7 tire sur ce qui semble être un M113 qui jonche le bas-côté. 2 corps sont ensuite visibles dont l'un porte un insigne de manche malheureusement difficilement identifiable (il ressemble à un insigne de l'armée irakienne). Le troisième kamikaze reçoit un peu plus d'attention de la part de l'EI. Il livre un petit discours à bord de son pick-up transporté en véhicule suicide. Il s'appelle Abu Muhammad al-Tajiki, c'est donc un Tadjik venu se battre avec l'Etat Islamique.

    Abu Muhammad al-Tajiki


    Le premier véhicule kamikaze.

    ... et l'intérieur.

    Explosion du premier kamikaze.

    2ème véhicule kamikaze


    Explosion du 2ème kamikaze.
    Corps avec insigne de manche.

    Tir au RPG-7...
    ...sur un M113 (?) dans le bas-côté...





    Explosion du 3ème kamikaze.


    L'attaque se poursuit. Un groupe vise d'autres positions sommaires, avec un tireur PK (qui porte un M-4 dans le dos) et un sniper armé d'un SVD Dragunov. Une carcasse de Humvee se trouve à proximité mais semble ancienne. Les combattants de l'EI arrivent sur la route. Ils tirent en direction d'autres positions situées un peu plus loin. 3 hommes examinent un véhicule pick-up modifié typiquement à la façon des milices chiites comme Kataib Imam al-Ali (l'un des hommes tient un SVD Dragunov). Il est intéressant de noter que les membres de l'EI ne mettent jamais à bas le drapeau irakien, toujours les drapeaux chiites. Le tireur RPG-7 du groupe porte une AK-47 dans le dos. Les combattants prennent un autre technical. La progression se poursuit vers une autre position où un autre drapeau chiite est enlevé, tandis qu'un tireur PK et un autre au RPG-7 (avec munition antichar) tirent sur les fuyards (dont certains sont bien visibles).




    Tir à la PK. On note le M-4 dans le dos.

    Sniper avec SVD DRagunov.

    Carcasse de Humvee qui semble ancienne.




    Un véhicule modifié de prise qui ressemble étrangement à ceux fabriqués par la milice chiite Kataib al-Imam Ali.




    Tireur RPG-7 (avec munition antichar).

    Tireur PK.


    Un Humvee est visé.

    On voit les miliciens en mouvement.





    La caméra s'attarde ensuite sur plusieurs fuyards abattus à distance. Un Humvee près duquel sont plantés un drapeau chiite et un drapeau irakien est pris pour cible, puis un véhicule en mouvement difficile à identifier. Plusieurs technicals sont ensuite utilisés pour prendre à partie un convoi : ceux déjà vus avec tubes KPV de 14,5 mm (un simple et un double), ainsi qu'un autre avec un canon ZU-23 de 23 mm. Dans les images suivantes, on peut voir ensuite un M113 abandonné, un pick-up en feu et de nombreuses armes légères capturées (AK-47, PK, RPG-7). Un des corps présentés ensuite est associé à une carte d'identité portant l'emblème des forces Abou Fadl al-Abbas (à ne pas confondre avec Liwa Abou Fadl al-Abbas, la milice créée en Syrie par des chiites irakiens puis qui s'est installée aussi en Irak), affiliée au Sheikh Aws al-Khafaji qui a servi avec Muqtada al-Sadr. Cette milice est liée à Liwa Abou Fadl al-Abbas comme le montre le choix de son nom et de ses emblèmes1. On compte ensuite 7 autres corps de miliciens. Les djihadistes ont capturé une radio et s'amusent à écouter les appels paniqués de leurs adversaires.


    Technical avec pièce monotube ZU-23 de 23 mm.

    Le KPV de 14,5 avec bouclier.




    Le KPV bitube de 14,5mm.

    Carcasse de M113.

    Armes légères de prise : on note une dizaine de PK et 6 RPG-7.



    La carte d'identité montrée dans la vidéo a le logo des Forces Liwa Abu Fadl al-Abbas, milice chiite irakienne.



    Véhicules d'appui de l'Etat Islamique durant l'opération

    1 x Toyota Hilux avec bitube KPV de 14,5 mm

    1 x technical avec monotube KPV de 14,5 mm

    1 technical avec monotube ZU-23 de 23 mm



    Véhicules détruits ou capturés par l'Etat Islamique durant l'opération

    1 x M113 détruit (?)

    1 x pick-up modifié avec du blindage additionnel capturé

    1 technical avec arme lourde (KPV?) capturé

    1 M113 capturé (?)


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    Merci à Arnaud Delalande et https://twitter.com/green_lemonnn?lang=fr

    L'Etat Islamique a mis en ligne une courte vidéo de ses opérations dans la province de Djilah. Cette province dont le nom correspond au fleuve Tigre est de création récente dans le découpage territorial de l'EI : elle n'a été instaurée qu'en février 2015 et correspond à la région au sud de Mossoul, dans le nord de l'Irak1. Plus précisément, la vidéo présente les combats à Makhoul, autrement dit dans le Jabal Makhoul (mont Makhoul), des collines montagneuses située à 25 km au nord de Baiji, le long du Tigre. Longtemps disputée, cette ville, plaque tournante ferroviaire de l'Irak et qui contient une très importante raffinerie, a été reprise par l'armée irakienne et les milices chiites le 22 octobre 20152.




    La vidéo commence par une séquence au sommet d'une colline montagneuse. Le terrain a l'air difficile, avec de nombreux rochers. Les hommes de l'EI tirent à l'AK-47 (mais un des hommes tient une autre arme qui n'a pas l'air d'en être un : AK-74 ou autre chose?) et à la PK. L'un des AK-47 est équipé d'une « caméra embarquée », technique bien connue du groupe pour renforcer le côté « jeux vidéos » de ces productions. Un tireur RPG-7 tire une munition OG-7V antipersonnel. Un combattant tire avec son M-16 à côté d'un canon KPV de 14,5 en position fixe mais non servi, protégé par quelques sacs de sable. Le groupe dispose en revanche d'un canon antiaérien S-60 de 57 mm monté sur la plate-forme arrière d'un camion, qui a l'air de tirer à longue distance. Il emploie également un mortier, un canon de l'enfer et une batterie de roquettes artisanales.

    Tir à l'AK-47 (au centre) avec caméra embarque et à la PK à droite.

    Encore la technique "jeux vidéos".


    Tir de munition OG-7V antipersonnel avec RPG-7.

    Cette arme n'est pas une AK-47... AK-74, version irakienne d'une AK de prise ?

    Derrière le tireur M-16, un KPV de 14,5 en position fixe.

    S-60 de 57 mm AA sur camion.



    Mortier.

    Canon de l'enfer.

    Batterie de roquettes artisanales (107 mm sans doute).


    Un combattant parle tandis que l'on voit les hommes gagner, en pick-up puis à pied, le sommet des collines. Ils ne sont pas très nombreux, une vingtaine tout au plus. On revoit les armes d'appui, toujours les mêmes : le S-60 sur camion, le mortier, le canon de l'enfer. Les combattants de l'EI tire à la mitrailleuse PK, au M-16 et au RPG-7 (avec munition antichar cette fois). Les images ne doivent pas être légion dans ce secteur car le montage repasse le tir de munition OG-7V vu précédemment. Les hommes de l'EI sont survolés par un Cessna C-208 de l'aviation irakienne, puis par un hélicoptère Eurocopter EC-635 qui sont pris à partie par une mitrailleuse PK. Les combattants continuent à tirer à l'AK-47 et à la PK sur les collines d'en face, visiblement occupées par l'ennemi (mais on n'en voit pas davantage). Chose rare, les combattants de l'EI enterrent dans cette vidéo un de leurs tombés au combat : c'est seulement la 2ème vidéo de l'EI depuis que j'étudie les productions du groupe cet été qui montre des tués au combat. On peut voir ensuite plusieurs tireurs au SVD Dragunov et les tirs à l'AK-47 reprennent. Le canon KPV de 14,5 mm en position fixe est enfin utilisé. Le cameraman est en train de filmer un tireur RPG-7 avec une munition antichar tandem HEAT PG-7VR qui s'apprête à tirer lorsqu'un obus tombe, projetant des fragments de pierre partout. Le tireur RPG-7 fait feu ensuite mais le cameraman le manque.

    Discours d'un combattant (on remarque que les hommes ont les mêmes vêtements ; presque un uniforme informel !)...

    ... et progression vers le sommet des collines.

    Le même mortier.


    Toujours le S-60 porté sur camion.

    Tir à la PK.


    M-16.

    RPG-7 avec munition antichar.


    Le même tir de RPG-7 qu'au début... l'EI a l'air de manquer d'images à faire valoir.

    Cessna 208 de l'aviation irakienne. Avion d'observation, le Caravan peut aussi tirer des missiles Hellfire.

    Une PK le prend à partie.

    Un Eurocopter EC-635 de l'aviation irakienne, qui sert pour la reconnaissance armée, l'escorte de convoi ou le soutien de troupes au sol.


    Les positions ennemies sont en face. On ne les verra pas de plus près...






    Le groupe enterre un de ses morts. Il est rare que l'EI montre ses propres tués en dehors des kamikazes.


    Tir au SVD Dragunov.






    Le KPV entre en action.

    Le cameraman filme un tireur RPG-7 avec charge tandem qui s'apprête à tirer...

    Un obus explose. Les fragments de rochers volent.



    La vidéo se termine par un petit discours de combattants dans sa position. Bref, un montage de faible envergure qui montre que l'EI n'est probablement pas très étoffé pour le moment dans ce secteur. On ne voit qu'un tout petit groupe (10 à 20 hommes) en action avec quelques armes d'appui. Le montage trahit la faiblesse de l'organisation dans la région après la reprise de Baiji.






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    Merci à l'infatigable https://twitter.com/green_lemonnn?lang=fr pour la traduction des bandeaux.

    L'Etat Islamique a récemment publié une vidéo de propagande de ses opérations dans le wilayat d'al-Barakah (qui correspond à la province syrienne de Hasakah, au nord-est du pays).

    La vidéo commence comme souvent par des extraits emprunté à des chaînes arabes : ici on voit les combattants kurdes des YPG que l'EI affronte dans la province, mais aussi le général Austin, qui est à la tête du CENTCOM depuis mars 2013 (le commandement américain qui couvre l'Afrique du Nord, le Moyen-Orient et l'Asie Centrale, et donc principalement les théâtres irakien et afghan). On remarque également que l'EI floute les femmes combattantes des YPG ou celles qui assistent à leurs manifestations dans les images.



    Un combattant de l'EI, Abou Mohamed Al Maghrebi, entame alors un discours qui va s'étaler sur une bonne partie de la vidéo (qui dure presque 12 minutes). Abou Ibrahim al Homsi, un Syrien donc, fait également son discours avant de monter dans le pick-up surblindé qui va lui servir de véhicule kamikaze. Le kamikaze explose dans une petite localité après que sa progression ait été protégée par une couverture de feu. On voit ensuite une petite escouade de l'EI (8-10 hommes, dont un pourvoyeur RPG-7) commencer la progression.

    Abou Mohamed Al Maghrebi

    Abou Ibrahim al Homsi




    Le kamikaze se dirige vers son véhicule.

    ... qui se met en route.

    Tir de couverture.


    L'EI montre la progression du kamikaze avant l'explosion.


    Explosion du véhicule dans une petite localité.


    Escouade en progression. 7 hommes visibles dont le pourvoyeur RPG-7 (2ème à partir de la droite).


    Le discours de Abou Mohamed Al Maghrebi reprend pour plusieurs minutes. L'escouade, que l'on voit tirer au milieu, comprend bien un tireur RPG-7 et un tireur à la mitrailleuse PK. Le chef de groupe arbore un insigne bleu sur l'épaule droite, une sorte de ruban. Puis après un discours du calife al-Baghdadi, la vidéo de propagande met l'accent sur ses armes lourdes. On voit un technical avec Toyota Hilux embarquant un KPV de 14,5 mm monotube ; plusieurs tireurs à la mitrailluse PK qui ont l'air de faire feu pour le cameraman et pas sur un objectif précis ; des roquettes artisanales de 107 mm ; des pièces d'artillerie lourde probablement prises sur le régime syrien en 2014, un M-46 de 130 mm, un D-30 de 122 mm ; des lance-roquettes artisanaux ; des mortiers légers et canons de l'enfer ; un technical avec KPV de 14,5 mm ; un autre technical avec monotube ZU-23 de 23 mm ; une mitrailleuse DShK de 12,7 mm ; un autre technical avec bitube ZU-23 de 23 mm protégé par un bouclier sur un Toyota. On ne sait pas bien sur quoi les combattants de l'EI ouvrent le feu : les mortiers et lance-roquettes semblent viser une position fortifiée ; on voit vaguement un prisonnier. Pour le reste, notamment dans les dernières images, les hommes sourient, on a vraiment l'impression d'être dans une séquence montée pour la propagande.

    Discours du calife al-Baghdadi.


     Le chef d'escouade porte une sorte de ruban bleu à l'épaule droite.

    KPV de 14,5 mm sur Toyota Hilux.

    KPV de 14,5 mm.

    Tir à la mitrailleuse PK. Ca a tout l'air d'une scène montée pour l'objectif...

    Même constat...

    ...et toujours pareil : on ne voit pas sur quoi tirent les mitrailleurs...

    Lance-roquettes artisanal (107 mm ?)


    M-46 de 130 mm (pris à l'armée syrienne probablement).

    D-30 de 122 mm (lui aussi probablement pris à l'armée syrienne).

    M-46 de 130 mm ou sa copie chinoise le Type 59-1.

    D-30 de 122 mm.

    Roquettes artisanales.

    Mortier moyen.

    "Canon de l'enfer".

    Enfin une cible ! Une position fortifiée.



    KPV de 14,5 mm protégé par un bouclier.

    ZU-23 monotube de 23 mm.




    Des prisonniers ? Les seuls "ennemis", peut-être, visibles de toute la vidéo.


    Bitube ZU-23 de 23 mm.














    Séquence finale. 2 technicals et une dizaine d'hommes tirent, sur l'horizon, sans cible visible. Certains ont le sourire. Tout cela ressemble encore fort à un montage pour la caméra...


    En résumé, si l'on excepte l'attaque-suicide, cette vidéo confirme une tendance récente où la propagande de l'EI diminue nettement en qualité, faute d'actions victorieuses à célébrer sur le terrain : les montages sont de plus en plus évidents.

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    Merci à Mathieu Morant et https://twitter.com/green_lemonnn

    Une des dernières vidéos des opérations militaires de l'Etat Islamique a été produite par le wilayat de Salahuddine en Irak.











    Contrairement à l'habitude, celle-ci commence par un chant récité par Abou Othman Al Madani Al Imani, un combattant de l'EI dont un bandeau précise qu'il a été tué à l'ouest de Samarra. Un autre combattant chante à son tour, sur fond d'images montrant des pick-up Toyota en mouvement (l'un embarque un groupe de 5 hommes), ainsi que plusieurs Humvees au blindage renforcé dont l'un est armé d'une mitrailleuse DShK de 12,7 mm. Un des Humvees embarque sur sa plate-forme arrière 7 hommes dont un tireur RPG-7, ainsi qu'un autre qui manipule l'arme de tourelle. Le chanteur se nomme Abou Talhat Al Imani, et nous sommes apparemment à l'ouest de la ville de Samarra. On voit passer plusieurs véhicules de l'Etat Islamique durant son chant : un technical avec un ZU-23 monotube de 23 mm, un camion léger embarquant un canon antiaérien bitube de 37 mm, sans doute un Type 65 ou 74 chinois, la copie du M1939 soviétique, ainsi qu'un technical avec bitube KPV de 14,5 mm. Si l'heure du véhicule où est embarqué le cameraman est exacte, l'attaque a lieu à l'aube puisque l'horloge affiche 6h47. On revoit un des Humvees surblindés sur l'avant avec mitrailleuse DShK de 12,7 mm. Le chanteur, Abou Talhat Al Imani, semble avoir été tué puisqu'on voit des images de ce qui semble être son cadavre : il s'agit donc vraisemblablement d'un hommage posthume de l'EI à l'un de ses combattants.

    Les lieux de l'action dans la vidéo. On est à l'ouest de Samarra ; la séquence finale est sans doute à al-Hwesh.

    Abou Othman Al Madani Al Imani, kamikaze de l'EI.


    Humvee surblindé.



    Groupe de combattants de l'EI à l'arrière d'un pick-up.

    Abou Talhat Al Imani (à droite), qui chante un nasheed dans la vidéo.

    ZU-23 monotube de 23 mm.

    Type 65 ou 74 chinois de 37 mm AA bitube.

    KPV bitube de 14, 5 mm.

    6h47 à l'horloge, attaque à l'aube.




    Véhicules déployés par l'Etat Islamique dans l'opération

    1 x Humvee mitrailleuse DShK 12,7 mm en tourelle
    1 x technical avec monotube ZU-23 de 23 mm
    1 x camion léger avec bitube AA de 37 mm (Type 65 ou 74?)
    1 x technical avec bitube KPV de 14,5 mm
    1 x Toyota Hilux avec lance-roquettes multiple Type 63 à 8 tubes sur plate-forme arrière
    1 x technical avec monotube KPV de 14,5 mm protégé par un bouclier
    1 x camion léger avec canon AA de 37 mm M1939
    1 x MT-LB (véhicule-suicide) avec mitrailleuse DShK de 12,7 mm
    1 x MT-LB avec mitrailleuse DShK de 12,7 mm (transport de troupes)


    Un groupe de combat de 10 hommes environ observe l'objectif à la jumelle. Le groupe comprend un tireur RPG-7. Les hommes, chose rare, ont un bandeau blanc attaché au bras gauche ou au bras droit, ou bien un bandana de même couleur, à des fins d'identification par rapport à l'adversaire. Le pilonnage de l'objectif commence avec un camion-benne sur lequel est monté un lance-roquettes à 3 tubes. L'EI a également installé des lance-roquettes fixes artisanaux, probablement avec de roquettes de 107 mm, dans une batterie assez conséquente. Un Toyota Hilux tire avec un lance-roquettes multiple Type 63 (à 8 tubes seulement) embarqué. Un autre Toyota porte un KPV monotube de 14,5 mm et on retrouve le véhicule déjà vu avec monotube ZU-23 de 23 mm. Il y a également un autre technical avec KPV de 14,5 mm monotube protégé cette fois par un bouclier. Un camion léger embarque une pièce de 37 mm AA M1939 avec bouclier.

    L'escouade avant l'assaut. On remarque le tireur RPG-7 et le brassard blanc sur la manche pour l'identification.



    Observation à la jumelle du poste ennemi.

    Un camion-benne avec lance-roquettes artisanal à 3 tubes.




    Batterie de lance-roquettes artisanaux (107 mm ?).




    Toyota Hilux avec Type 63 à 8 tubes.



    Camion avec canon de 37 mm AA.

    KPV en 14,5 mm sur Toyota Hilux.

    ZU-23 monotube.

    KPV de 14,5 mm avec bouclier.

    Toujours le 37 mm AA.


    Après le tir de barrage, la progression vers l'objectif commence. Pour traverser l'espace entre deux bâtiments, un homme en couvre un an par un tir de suppression. On voit ainsi le pourvoyeur RPG-7 couvrir le tireur RPG-7. La mitrailleuse PK du groupe est également utilisée à cette fin. La progression se fait ensuite en ligne, le RPG-7 sur la gauche, avec tir de couverture d'un homme pour protéger les bonds de l'autre, afin d'atteindre les levées de terre entourant le poste de la police fédérale irakienne qui est l'objectif de l'attaque. L'EI filme un hélicoptère de combat Mi-35 de l'aviation irakienne qui survole le poste mais on se demande s'il ne s'agit pas d'images rajoutées (?).Sur les levées de terre flottent un drapeau chiite rouge et un autre avec la figure d'Abbas ou d'Ali. On peut voir les 9-10 hommes du groupe ayant atteint les levées de terre ; puis un véhicule de la police fédérale irakienne qui quitte le poste. Celui-ci est finalement pris. Les combattants de l'EI mettent à bas le drapeau irakien et installent le leur. On remarque que le poste était surveillé par au mois une caméra, bien visible. L'EI capture des véhicules dont un technical embarquant un KPV de 14,5 mm avec bouclier et qui porte l'insigne, sur la portière avant conducteur et sur la partie arrière, d'une milice chiite : Liwa al-Shabab al-Risali, née en 2014 après la percée de ce qui devient l'EI dans le nord de l'Irak. Cette milice chiite se revendique du père de Muqtada al-Sadr, l'Ayatollah Muhammad Muhammad Sadeq al-Sadr et du Sheikh Mahmoud al-Tamimi, un clerc chiite reconnu de Ibrahim bin Ali (une localité à 30 km de Badgad environ) qui a été assassiné en 2004. Ce groupe reste très local et opère au nord de Bagdad et à l'est de la province d'Anbar : ici néanmoins il est présent à l'ouest de Samarra, donc bien au-delà de ses lieux d'action habituels1. Un combattant de l'EI montre ensuite un uniforme de la police fédérale irakienne abandonné à l'intérieur du poste, preuve que c'est bien celle-ci qui le défendait. Un autre combattant met à bas un drapeau chiite où est probablement représenté Ali, avec son épée à deux pointes Zulfiqar dégoulinante de sang. Un véhicule de la police fédérale irakienne a également été abandonné. Les combattants de l'EI récupèrent également sur le poste une mitrailleuse DshK de 12,7 mm qui était installée en position fixe. A l'intérieur du poste, un combattant exhibe un autre drapeau chiite capturé ainsi que plusieurs uniformes de la police fédérale irakienne : l'un porte les insignes de capitaine, et deux autres ceux de Second Lieutenant. Outre le véhicule de la milice chiite, l'EI s'empare d'un Humvee de la police fédérale, et de nombreuses caisses de munitions dont des obus de mortier de 60 mm. Le Humvee capturé semble embarquer une mitrailleuse DshK de 12,7 mm en tourelle.

    Progression de bâtiment en bâtiment avec tir de suppression.





    La mitrailleuse PK est utilisée pour le tir de suppression.

    Le pourvoyeur RPG-7 couvre le tireur RPG-7.




    Progression vers les levées de terre entourant le poste de police.

    Un drapeau chiite flotte.

    Un Mi-35 de l'aviation irakienne (image rajoutée ?)



    L'escouade est arrivée aux levées de terre.



    Un véhicule de la police s'enfuit.


    Le drapeau irakien est mis à bas.

    ... et remplacé par celui de l'EI. On note la caméra de surveillance.

    Ce technical avec KPV de 14,5 mm protégé par un bouclier porte l'emblème de la milice chiite Liwa al-Shabab al-Risali.


    Uniforme de la police fédérale irakienne.

    Drapeau chiite avec Ali (?) et son épée à deux pointes, Zulfiqar.

    Véhicule de la police irakienne.

    DShK de 12,7 mm en position fixe dans le poste.

    Drapeau chiite.

    Uniforme de capitaine de la police.

    2 uniformes de Second Lieutenant.



    Humvee de la police irakienne capturé.




    Dans le butin, des obus de mortier.






    Sur la portière de ce véhicule on reconnaît un autre emblème de la même milice chiite, Liwa al-Shabab al-Risali.



    Véhicules capturés par l'Etat Islamique dans l'opération

    1x technical avec KPV de 14,5 mm monotube protégé par un bouclier (milice chiite)
    1 x Humvee de couleur sombre avec mitrailleuse DshK de 12,7 mm



    La séquence suivante voit le retour de Abou Othman Al Madani Al Imani, le combattant décédé qui parlait au début de la vidéo. Il a en fait mené une attaque kamikaze à bord d'un véhicule surblindé (un MRAP ? Un camion?) que l'on voit exploser dans la vidéo (vu son nom de guerre, le kamikaze est probablement un Yéménite). Le kamikaze semble s'être jeté sur un barrage routier ou unn convoi de véhicules de la police fédérale irakienne : on voit la carcasse de ce qui semble être un Humvee et de nombreux corps portant l'uniforme de la police. Comme cela a été le cas au début de la vidéo, on entend alors un sermon du calife al-Baghdadi.

    Retour de Abou Othman Al Madani Al Imani.



    Son véhicule kamikaze...






    ... et l'explosion.

    La cible : un barrage routier ou un convoi de la police irakienne.




    Dans la scène suivante, un autre kamikaze entre en action : Abou Abd Al Wahid Al Tunisi, un Tunisien donc. Le véhicule-suicide est cette fois MT-LB probablement pris à l'armée irakienne (on voit le drapeau irakien sur le bouclier de l'arme de tourelle) et bourré d'explosifs. Le kamikaze est accompagné d'un homme qui manipule la mitrailleuse DShK de 12,7 mm en tourelle au départ. Le véhicule-suicide est couvert par des tirs de technicals (certaines images sont en fait les mêmes que celles de l'assaut contre le poste de police qui précède) et par un sniper (images de remploi aussi?).

    Abou Abd Al Wahid Al Tunisi



    Son véhicule-suicide : MT-LB avec DShK en tourelle.




    Tirs de soutien. Les images sont en fait les mêmes parfois que lors de l'assaut du poste de police.

    Sniper de l'EI.



    Explosion du kamikaze.



    Le kamikaze tunisien a manifestement ouvert la voie pour un assaut de l'EI sur la localité de al-Hwesh, à l'ouest de Samarra. Deux escouades mécanisées avancent : l'une est transportée par un autre MT-LB avec mitrailleuse DShK de 12,7 mm et l'autre par le Humvee de couleur sombre déjà observé équipé de la même arme. La dernière partie de la vidéo montre le combat urbain grâce à une « caméra embarquée » sur AK-47, technique bien rôdée qui donne cet aspect « jeux vidéos » parfois très emblématique des vidéos de l'EI. Un tireur RPG-7 expédie une munition antipersonnelle OG-7V. Le tireur de la caméra embarquée vise un véhicules en flammes. Puis, protégé derrière un muret, avec deux autres hommes équipés d'AK-47, il ouvre le feu sur un Humvee de couleur sombre qui passe devant eux. Le Humvee finit par s'arrêter. On observe des drapeaux chiites qui flottent dans la localité. Le combattant vise ensuite un technical alors qu'un autre homme tire sur le même véhicule une roquette antichar de RPG-7, sans l'atteindre toutefois. Une autre roquette antichar est tirée juste après sur le Humvee arrêté. Le combattant à la caméra embarquée en vise ensuite un autre qui arrive à décrocher. Puis il abat un homme qui prenait la fuite. Les drapeaux chiites rouges sont renversés et le drapeau de l'EI est planté dans le sol.

    Un MT-LB comme transport de troupes.

    Escorté par un Humvee avec DShK.




    Autre escouade à bord d'un Humvee.

    Caméra embarquée sur un AK-47 : retour de la mode "jeux vidéos"...



    A droite, tir de munition OG-7V antipersonnel de RPG-7.


    Un Humvee de la police irakienne pris pour cible.

    On remarque le drapeau chiite à gauche.

    Un technical pris pour cible. A droite le tireur RPG-7 s'apprête à lancer une roquette antichar.




    Tir de roquette antichar de RPG-7 sur un Humvee à l'arrêt.


    Un Humvee se déplace.


    Un fuyard est abattu.


    Drapeau chiite renversé.





    La vidéo de propagande est mieux montée que les deux dernières que j'ai étudiées, mais ce qui frappe, c'est la faiblesse des objectifs attaqués : un petit poste de la police fédér ale, et des hommes de cette dernière à bord de véhicules à al-Hwesh, qui représentent des cibles relativement faciles. L'EI déploie des moyens d'appui conséquents et surtout deux kamikazes lancés contre des objectifs d'assez faible valeur. Aucun corps n'est visible à part les policiers tués par l'explosion du premier kamikaze : le poste semble être pris après la fuite des policiers, et lors du combat urbain à la fin de la vidéo, on voit seulement un seul homme abattu de loin. On est loin du butin et des opérations de grande ampleur contre l'armée irakienne vues il y a encore quelques mois.



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    Merci à https://twitter.com/green_lemonnn pour la traduction des bandeaux.

    La province de Ninive de l'Etat Islamique a mis en ligne une courte vidéo de ses opérations militaires.

    On voit d'abord les hommes de l'EI préparer les mortiers et les lance-roquettes artisanaux qui vont tirer dans la vidéo, en photo, en parallèle du titre. La première arme que l'on distingue semble être un tube de 23 mm modifié pour le tir au sol, placé ici sur affût à roues. Il ressemble à l'arme de sniper déjà vue dans la province de Kirkouk. Ce sont ensuite plusieurs mortiers et canons de l'enfer qui prennent à partir une position fortifiée et des parties d'une localité, apparemment.




    Cette pièce sur affût à roues semble être un canon de 23 mm modifié pour le tir tendu. Il ressemble à une pièce de sniping vue dans la province de l'EI de Kirkouk.


    Tir de mortier.



    La cible semble être une place forte des Peshmergas kurdes.




    Une caserne des Kurdes est visée.



    Tir de roquettes artisanales.






    3 hommes avancent ensuite, 2 tenant chacun une mitrailleuse PK et leur arme individuelle dans le dos, accompagné d'un 3ème combattant avec AK-47. Les deux mitrailleurs PK ouvrent le feu sur un poste fortifié au loin, ainsi qu'un mortier léger. Plusieurs combattants équipés de M-16 (dont avec lunette de visée) font de même. Un technical avec KPV de 14,5 mm entre ensuite en action, suivi d'un autre avec ZU-23 monotube de 23 mm protégé par un bouclier. Un autre technical (Toyota) embarque également un autre KPV de 14,5 mm protégé par un bouclier. On voit enfin un dernier véhicule avec ZU-23 monotube sans bouclier cette fois.

    Deux hommes avec mitrailleuses PK sur l'épaule, et armes individuelles dans le dos, accompagné par un 3ème.

    Tir à la PK.


    La cible est toujours une caserne kurde.

    Mortier léger.

    M-16 dont l'un avec lunette de visée.



    Technical avecKPV de 14,5 mm.

    Technical avec ZU-23 monotube, protégé par un bouclier, de 23 mm.


    Technical avec KPV de 14,5 mm protégé par un bouclier.

    Autre ZU-23 monotube, sans bouclier cette fois.


    Lance-roquettes artisanaux (dont certains envoient des obus d'artillerie), mortiers et canons de l'enfer se déchaînent ensuite sur les mêmes positions qu'au début de la vidéo.

    Tir de roquettes artisanales








    Des obus d'artillerie réadaptés pour lance-roquettes.





    Au final, une vidéo assez courte, qui consiste en des tirs d'artillerie et de quelques armes légères. Aucun corps ennemi ni butin : le montage est purement anecdotique et relève véritablement de la propagande de l'organisation.

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    Merci à Mathieu Morant et https://twitter.com/green_lemonnn

    Fin novembre 2015, l'Etat Islamique met en ligne la vidéo présentant la capture de la ville de Mahin, à l'ouest d'al-Qaryatayn, elle-même tombée début août 2015. Le groupe s'était emparé de la localité de Mahin le 31 octobre 2015, après un raid nocturne visiblement assez rapidement couronné de succès (il faut dire aussi que la place n'était pas probablement pas beaucoup défendue par le régime syrien : d'ailleurs une milice pro-régime, le Parti National-Socialiste Syrien, y tenait garnison puisque 2 de ses membres ont été tués dans l'assaut initial). Mahin est située à un peu plus de 15 km à l'ouest d'al-Qaryatayn. La localité n'est qu'à 26 km de l'autoroute M5, artère de communication vitale pour le régime entre la capitale, Damas, et ses positions plus au nord (Homs, Hama, la bande côtière et jusqu'à Alep). A mi-chemin se trouve la petite ville de Sadad qui abrite une communauté chrétienne assyrienne. Surtout, de l'autre côté de l'autoroute, dans la partie orientale du massif du Qalamoun, l'Etat Islamique dispose de forces avec lesquelles il pourrait faire la jonction pour couper cette voie de communication.





    On comprend ainsi pourquoi le régime syrien a engagé des moyens particulièrement importants pour reprendre Mahin à l'Etat Islamique dès la mi-novembre. Outre la contribution de nombreuses milices pro-régime (outre le Parti National-Socialiste Syrien, qui a donc perdu 2 hommes dans l'assaut initial de l'EI sur Mahin, les Forces Nationales de Défense sont également présentes de même que les forces Sutoro, milice chrétienne assyrienne) et l'appui russe, le régime engage toute une série de matériels lourds. Une vidéo de Russia Today le 4 novembre montre, entre autres matériels, 2 hélicoptères de combat Mi-24 Hind qui sont indubitablement russes. A partir du 13 novembre, on peut voir dans des vidéos du régime des chars T-55 avec désignateur laser nord-coréen, des véhicules blindés BMP-1, au moins un automoteur antiaérien ZSU 23/4 utilisé pour le tir au sol. Le 16 novembre, le régime syrien s'empare de Hadath, au nord de Mahin. Les frappes aériennes sont très fournies pour soutenir la reconquête au sol. Une vidéo du 21 novembre apparemment tourné sur le front de Palmyre, plus à l'est, montre deux hélicoptères de combat Mi-24P russes qui déversent leurs roquettes, ce qui laisse encore une fois penser que les Mi-24 visibles dans la vidéo de l'Etat Islamique de la conquête de Mahin sont sans doute également russes. Le 22 novembre, le régime syrien reprend les hauteurs au sud-est de Mahin dominant l'immense dépôt de l'armée syrienne qui avait été également capturé par le groupe au début du mois. Le même jour, une chaîne russe met en ligne une vidéo montrant les opérations du régime syrien devant Mahin. On y voit l'utilisation d'un lance-roquettes multiples BM-21 Grad monté sur camion Ural-3420, ce qui est une première car les BM-21 syriens étaient jusque là montés sur Ural-375D. Parmi les canons utilisés, 2 D-30 de 122 mm flambant neufs avec camouflage inédit et 2 M46 de 130 mm. On peut voir également un char T-55 utilisé dans cette vidéo. Le régime semble reprendre la stratégie de l'encerclement en débordant la place par le nord et par le sud pour forcer l'EI à s'en retirer. Mahin est finalement reconquise par le régime le 23 novembre. Parmi les chars qui entrent dans la ville, outre plusieurs T-55, on aperçoit un T-72B1 également tout neuf du côté du régime.


    Ci-dessus, poster des 2 miliciens du PNSS tués par le véhicule kamikaze de l'EI à Mahin.









    23 novembre 2015 : le régime reprend Mahin et y entre avec un T-72B1 neuf...
    Reportage du côté régime le 4 novembre : un Grad en action.

    Même reportage : 2 Hinds indubitablement russes ; ceux qui ont appuyé la contre-attaque du régime sur Mahin le 1er novembre sont probablement russes également.


    Le régime utilise des canons D-30 flambant neufs avec un camouflage inédit.




    2 M46 de 130 mm.

    T-55 du régime syrien.


    La vidéo de l'Etat Islamique commence par une scène bestiale qui correspond à un moment ultérieur de la vidéo : un combattant s'apprête à trancher la tête d'un cadavre d'un combattant du régime. Puis vient le titre : le raid sur Mahin.



    L'attaque a lieu de nuit. On distingue un convoi de plusieurs véhicules, donc un technical avec KPV de 14,5 mm vraisemblablement, se dirigeant vers l'objectif. A l'arrière d'un camion bâché se tient une escouade : un homme chante un nasheed. Les combattants de l'Etat Islamique attaquent par le nord de la localité où se trouve un checkpoint du régime. Pour ouvrir la voie, le groupe emploie un véhicule kamikaze piloté par Abou Nasir ash-Shami, un Syrien donc. Celui-ci fait fait exploser un camion converti en véhicule suicide.



    Convoi en route.

    Dans un des véhicules.

    Le kamikaze Abou Nasir Ash-Shami.


    Son véhicule.


    L'explosion.



    L'EI passe alors à l'attaque. Le pilonnage est effectué par plusieurs pièces dont un lance-roquettes multiple monté sur pick-up qui est probablement celui qu'on revoit à la fin de la vidéo, avec un montage de Grad et de Type 63. Il y a également au moins un technical avec KPV de 14,5 mm, sans doute plusieurs, et une pièce lourde (canon ou char) indéterminée car toute la scène se passe de nuit et est donc filmée en vision nocturne, ce qui ne facilite pas l'identification. Les combattants de l'EI utilisent leurs armes individuelles : AK-47, au moins un RPG-7 et des grenades. On distingue ce qui semble être un véhicule blindé BMP-1 capturé. Les hommes de l'EI se prosternent. Puis on voit un autre BMP-1 sous abri qui ne semble pas être le même que précédemment, ainsi qu'un premier corps de combattant du régime. Les combattants de l'EI capturent ensuite, selon toute évidence, le char T-62 que l'on voit plus tard dans la vidéo. Ils s'en servent pour s'abriter afin de continuer leur avance. Le char T-62 tire au moins un obus. Les combattants de l'EI fouillent des tentes au milieu des positions du régime qui sont prises (on note d'ailleurs que le régime utilise des tentes UNHCR...). Dans l'une d'elles, un RPG-7 avec plusieurs roquettes. Une fusée éclairante illumine le ciel. En plus de l'habituelle mitrailleuse PK, un des combattants tire avec ce qui semble être une AK-107 avec lunette de visée. Le même tire ensuite avec un lance-grenades qui est probablement celui qu'on voit plus tard de jour. L'EI capture un canon D-30 de 122 mm ainsi que des armes légères (AK-47, etc) ; on voit encore des roquettes de RPG-7. Les portraits de Bachar el-Assad sont lacérés ou mis à bas ; on voit plusieurs corps de combattants du régime, dont l'un a la tête en train d'être tranchée par un homme de l'EI (pour une fois la caméra nous épargne le spectacle...).


    LRM sur technical.


    KPV de 14,5 mm.




    Tir de RPG-7.



    BMP-1 de prise, comme cela se confirmera à l'aube.




    Autre BMP-1 capturé.

    Cadavre de combattant du régime.

    T-62 capturé.




    Le T-62 tire.



    RPG-7 avec ses munitions.

    Fusée éclairante.

    AK-107 ou autre montage AK avec lunette de visée et rail ?


    Mitrailleuse PK.



    Canon D-30 de 122 mm de prise.




    Les portraits de Bachar el-Assad sont lacérés.



    A l'aube, on peut voir un technical en train de tracter le D-30 de prise. Les obus du canon dans des caisses sont également récupérés. Il y a également 3 caisses de missiles antichars 9M14 Malyutka (AT-3 Sagger, tout neufs ; peut-être la version iranienne), mais pas de lanceur. Le char capturé est bien un T-62. A l'intérieur d'un bâtiment, un combattant tient un lance-grenades RBG-6, probablement celui qui a été utilisé de nuit. Il aligne les AK-47 de prise le long d'un mur. On voit ensuite 2 BMP-1 capturés ce qui confirme ce qui a été vu de nuit : l'un sous abri et un autre à l'air libre avec des protections improvisées pour la tourelle.

    A l'aube, un technical prend en remorque le D-30.


    Les obus sont également récupérés.

    Le T-62 de prise.

    Ce combattant tient un lance-grenades RGB-6 croate.

    Le BMP-1 sous abri...

    Et l'autre avec blindage additionnel sur la tourelle.

    Missiles antichars pour AT-3 Sagger (sans doute la copie iranienne).


    A la fin de la vidéo, les armes d'appui entrent de nouveau en action. Il y a le technical avec montage LRM : 4 tubes de 107 mm Type 63 en partie supérieure et 3 tubes de Grad-P en partie inférieure. Il y a également un tube unique de Type 63 sur affût, un mortier et un canon AA S-60 de 57 mm monté sur camion. La cible est un convoi du régime avec plusieurs véhicules blindés venus de Sadad, la ville voisine au nord-ouest : l'action se passe donc entre les deux localités (on distingue Sadad visiblement lors d'une séquence). Un bitube KPV de 14,5 mm sur technical entre aussi en action. Le T-62 pilonne lui aussi un véhicule blindé et une dizaine de fantassins. Plusieurs hommes font de même avec des AK-47 et un RPG-7. Un avion du régime syrien, trop éloigné pour être reconnaissable, est tiré par un technical avec mitrailleuse DShK de 12,7 mm. On voit ensuite une paire d'hélicoptères de combat Mi-24 Hind : ils sont trop loin pour identifier formellement leur nationalité, mais leur tactique, vol à basse altitude, un appareil tirant ses roquettes pendant que l'autre le couvre, désigne à coup sûr des engins russes. La mitrailleuse DShK se déplace pour les prendre à partie. Le ballet des Hinds tirant leurs roquettes recommence avec cette fois 3 appareils. La vidéo se termine sur la vision de 4 cadavres de combattants du régime.

    La séquence finale a probablement lieu quelque part entre Mahin et Sadad.

    Le LRM sur pick-up : 3 tubes Grad-P en-dessous, 4 tubes Type 63 au-dessus.


    Tube de 107 mm Type 63.


    Mortier.

    Canon S-60 AA de 57 mm sur camion.

    On distingue une localité : peut-être Sadad ?


    Une colonne blindée du régime est visée.


    Bitube KPV de 14,5 mm en action.

    Le T-62 de prise ouvre le feu...

    ... sur un char et une dizaine de fantassins.

    Retranchés, les combattants de l'EI tirent avec les AK-47 (on note les roquettes de RPG-7 à gauche).


    Tir à la DShK sur un jet du régime.

    Les Mi-24 Hinds en action. Vu le mode opératoire, ils sont certainement russes.




    Le technical se déplace pour engager les Hinds.

    On compte jusqu'à 3 Hinds opérant de concert.




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    Il y a quelques semaines, je commentais une vidéo du groupe Etat Islamique montrant un raid au nord de Bagdad1. Les djihadistes combattaient dans cette vidéo une milice chiite irakienne, qui se bat également en Syrie : les Forces Abou al-Fadl al-Abbas. Voici une présentation succincte de cette milice chiite irakienne parmi les douzaines qui existent désormais dans le pays, et qui sont d'ailleurs loin de former un ensemble homogène.


    Un historique rapide de la milice


    Les forces Abou al-Fadl al-Abbas est une milice chiite irakienne liée au Sheikh Aws al-Khafaji, qui a fait partie du bureau de Muqtada al-Sadr. Ce dernier s'est rendu plusieurs fois en Syrie pour visiter les combattants irakiens soutenant le régime syrien2. Le nom de la milice et ses emblèmes la rapprochent d'ailleurs de Liwa Abou al-Fadl al-Abbas, la milice chiite irakienne historiquement parmi les plus anciennes s'étant créées pour soutenir le régime syrien (automne 2012). Le groupe s'inscrit ainsi dans ce djihad chiite qui a recruté jusqu'à l'Afghanistan et au Pakistan pour défendre le régime syrien. Ces milices, originellement cantonnées dans le secteur de Damas autour du sanctuaire chiite de Sayida Zaynab, sont rejointes dès l'automne 2013 par d'autres qui sont engagées sur d'autres fronts aux côtés du régime, comme à Alep. Si les premières milices se revendiquaient plutôt de Muqtada al-Sadr (qui n'a pourtant pas cautionné le départ de combattants chiites en Syrie), les milices apparues à l'automne 2013 et qui interviennent sur d'autres fronts ont des liens étroits avec l'Iran. C'est cependant la chute de Mossoul en juin 2014 qui conduit à l'émergence de la “Hashd Sha’abi” (Mobilisation Populaire) et à la fatwa de l'Ayatollah Sistani revendiquée par nombre de nouvelles milices chiites nées à ce moment-là comme moteur de leur création. Les milices issues de Liwa Abu al-Fadl al-Abbas présentent la particularité de se chevaucher et de considérer les opérations en Syrie et en Irak comme un champ de bataille unique. Al-Khafaji a d'abord créé sa milice en Irak mais elle est intervenue récemment en Syrie. Ces milices chiites fournissent une infanterie très demandée par le régime syrien à court d'hommes ; leur efficacité sur le terrain est plus mitigée. Les milices chiites proches de l'Iran, qui semblent les plus impliquées sur le front et les plus couronnées de succès, ont aidé à nettoyé les villes des provinces de Diyala et de Babil de la présence de l'EI. La chute de Ramadi en mai 2015 ou les très longs combats pour reprendre Baiji qui durent jusqu'en octobre montrent en revanche les limites de leur action, tout comme en Syrie3.




    Propagande


    La milice dispose d'une page Facebook4 et d'une chaîne Youtube5. Les images mises en ligne sur la page Facebook renvoient à quelques thèmes classiques pour les milices chiites irakiennes. Le sheikh al-Khafaji apparaît sur beaucoup de posters, à côté des symboles de la milice, en tenue de sheikh ou en uniforme militaire. On le voit parfois sur des montages à côté de combattants, comme celui du 8 novembre 2015 où figurent des hommes en tenue de forces spéciales avec en fond 2 panthères noires. Autre thème classique, la visite aux blessés, comme le montre une photo du 4 novembre. Comme toutes les autres milices chiites, les forces Abou al-Fadl al-Abbas honorent pieusement leurs morts, comme le montre une cérémonie funéraire le 2 novembre. Les cercueils portent à la fois le drapeau iraken et l'emblème de la milice. Les « martyrs » de la milice ont comme de coutume droit à leur poster, ainsi ce combattant le 29 octobre. Les cadres tués au combat ont droit à davantage de publicité que les simples combattants. Les symboles chiites sont également mobilisés : une affiche du 13 septembre présente Abbas, le demi-frère de Hussein, tombé à la bataille de Kerbala comme lui, qui donne d'ailleurs son nom à la milice, avec la tenue verte, les deux plumes blanches sur sa coiffe, et d'autres symboles associés au logo de la milice. Le logo du groupe est d'ailleurs aussi mis en avant : on le voit en gros plan sur la manche d'un combattant le 25 août, associé à une écharpe représentant Mohammad Sadeq al-Sadr, le père de Muqtada al-Sadr. Des combattants se tiennent lors d'une assemblée devant un immense drapeau renvoyant d'ailleurs aux symboles du Hezbollah. Al-Khafaji s'exprime d'ailleurs le 24 août devant un portrait de  Mohammad Sadeq al-Sadr. On voit d'ailleurs des miliciens coller des drapeaux et affiches de l'organisation dans les rues le 16 août. MohammadSadeq al-Sadrapparaît parfois seul sur les posters de la milice, avec le logo de celle-ci, comme sur cette image du 15 août, avec la carte de l'Irak aux couleurs nationales. Un poster du 12 août montre Abbas surplombant les logos de nombreuses milices chiites irakiennes : outre les forces Abou al-Fadl al-Abbas, on reconnaît par exemple Kataib Imam al-Ali ou Saraya al-Khorasani. Les images purement militaires, sur les opérations de la milice, sont rares ; on voit surtout des défilés comme le 11 juin, avec des miliciens en armes. Al-Khafaji est parfois lui-même représenté en armes sur les posters, comme le 24 mai où deux photos juxtaposées dans un montage le montrent tenant à gauche une mitrailleuse DSHK de 12,7 mm et à droite une mitrailleuse PK de 7,62 mm. Un poster du 5 janvier montre un détournement de la célèbre photo d'Iwo Jima, où le drapeau américain est remplacé par le drapeau irakien, avec 2 hélicoptères Mi-35 au-dessus et le logo de la milice à gauche.

    Le sheikh al-Khafaji, chef des Forces Abou al-Fadl al-Abbas, au centre, avec le turban blanc.

    Enterrement d'un cadre. Outre le drapeau irakien et les posters des "martyrs", on remarque l'emblème de la milice sur les cercueils.


    Défilé funéraire pour un cadre de la milice.


    Visite d'al-Khafaji aux blessés.




    Poster de propagande : à gauche, al-Khafaji et le logo de la milice, au centre les combattants en tenue de policier avec ds panthères noires en fond.



    Visite d'al-Khafaji à ses troupes.

    Poster d'un "martyr".


    Un cadre décédé (au centre) de la milice.



    Sur ce poster, on reconnaît à gauche Abbas, fils d'Ali et demi-frère d'Hussein, mort à Kerbala et considéré comme un héros guerrier par les chiites.


    Abbas veille sur les milices chiites irakiennes : Saraya al-Khorasanie (deuxième en partant d'en bas à droite vers le haut), Kataib Hezbollah (deuxième ligne, deuxième en parant de la gauche), Kataib al-Imam Ali (troisième ligne, troisième en partant de la gauche), etc.


    Un poster présentant le père de Muqtada al-Sadr,,  Mohammad Sadeq al-Sadr,  le logo du groupe et la carte de l'Irak aux couleurs nationales.



    Collage d'affiches.


    Mohammad Sadeq al-Sadr apparaît aussi sur les écharpes. On note l'insigne de manche.
     

    Des hommes en armes de la milice, avec M-16 et AK-47.
     


    Al-Khafaji manipule une DSHK (à gauche) et une PK à droite.
    Détournement de la levée du drapeau américain à Iwo Jima (ici aux couleurs irakiennes), logo de la milice, 2 Mi-35 réunis sur ce poster.

    La chaîne Youtube participe largement à l'effort de propagande du groupe. Outre les discours à la télévision irakienne de al-Khafaji, on trouve également de nombreuses vidéos sur les cérémonies funéraires pour les « martyrs » ou des hommages à ces derniers, comme le cadre Mohsen Bahrani, récemment tué. On peut voir aussi des adresses d'al-Khafaji à sa troupe, comme dans cette vidéo du 12 novembre dernier. Ce dernier fait également des discours lors de réunions. Le 26 juillet, il parle également à des hommes de sa milice qui partent se battre dans la province d'al-Anbar. La milice a également son chanteur attitré, que l'on peut voir sur plusieurs vidéos mises en ligne en juin.


    Vidéo honorant ce cadre de la milice tué au combat.


    Dsicours d'al-Khafaji à la troupe.




    Le chanteur de la milice, sans ses oeuvres, un M-16 à la main.


    Opérations militaires


    La milice ne communique finalement qu'assez peu sur ses opérations militaires. Les vidéos de la milice montrent des hommes équipés d'AK-47, de mitrailleuses PK et de lance-roquettes RPG-7. Le groupe dispose aussi d'équipements fournis ou « prêtés » par l'armée irakienne comme un canon de 155 mmn, et il est pourvu d'au moins un véhicule léger iranien Safir avec un LRM Type 63.

    Le combattant à gauche porte une AK-47, à droite une mitrailleuse PK.




    Un Safir iranien avec LRM Type 63.


    Une opération menée en Irak dont la vidéo a été mise en ligne le 4 octobre montre plusieurs dizaines d'hommes impliqués dans le nettoyage de bâtiments occupés par l'EI. Le groupe dispose de mitrailleuses PK, d'au moins un RPG-7 et d'un tireur d'élite avec SVD Dragunov. Les combattants portent parfois des uniformes, dont ceux de la police irakienne, ainsi le reporter qui combat lui-même AK-47 à la main. Les armes individuelles sont des AK ou des M-16 avec lunettes de visée de différents types. Au niveau du matériel plus lourd, la milice emploie un canon sans recul, un mortier, un technical avec un LRM Type 63, un autre avec des tubes Grad, et deux véhicules légers iraniens Safir avec Type 63. L'opération débouche sur la capture de quelques armes et de quelques drapeaux de l'EI, mais aucun corps d'ennemi abattu n'est visible.



    Le tireur SVD Dragunov.


    M-16 avec lunette de visée.

    Drapeaux de l'EI capturés.


    Type 63 sur pick-up.


    Armes capturées.


    Un Safir avec LRM en train de tirer.


    Ce pick-up semble avori un LRM avec tubes de Grad à l'arrière.


    Une vidéo du 1er août montre les miliciens opérant probablement dans la province d'al-Anbar, puisqu'un panneau indicateur montre la direction de Ramadi. Les combattants se déplacent en pick-up et tiennent des positions défensives aménagées sommairement avec des sacs de sable. Ils ont au moins une arme lourde (KPV?) et un Humvee avec mitrailleuse DSHK de 12,7 mm (de couleur sombre, donc police ou forces spéciales). Une vidéo du 2 juillet met en scène un mortier de 81 mm de la milice qui tire un obus HE.

    Humvee sombre avec DSHK en tourelle.


    Le 25 mars, la section locale des Forces Abou al-Fadl al-Abbas organise un défilé dans les rues de Nadjaf. Au milieu des drapeaux chiites, le drapeau irakien. Le 20 novembre 2014, la chaîne Youtube de la milice diffuse un reportage de Al-Manar, la station de télévision du Hezbollah, montrant ses hommes en action en Irak.



    Défilé à Nadjaf.










    Reportage d'al-Manar en novembre 2014. On reconnaît l'insigne de manche de la milice.

    Les forces Abou al-Fadl al-Abbas interviennent aussi en Syrie aux côtés du régime. La milice elle-même ne diffuse aucune information à ce sujet, comme beaucoup d'autres. Une vidéo mise en ligne fin novembre a en revanche été tournée par un combattant sur son smartphone, montre plusieurs dizaines d'hommes de la milice dans la Ghouta orientale, à l'est de Damas, accompagnant des véhicules blindés du régime (on reconnaît un automoteur antiaérien ZSU 23/4 et probablement un char T-72, peut-être aussi des BMP). En mai 2015, une vidéo montre al-Khafaji qui visite des blessés de sa milice en Syrie.






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    Irlande, à l'époque des raids vikings au début du Moyen Age. Un jeune garçon assiste, impuissant, à la mort de ses parents sous les coups des Vikings. L'un de ces derniers l'épargne alors que le chef, Thord, a ordonné de le tuer aussi. Sa soeur est enlevée par les Vikings. Vingt ans plus tard, devenu un homme, le survivant débarque en Islande d'un navire marchand pour se venger et retrouver sa soeur...

    Le vol du corbeau est le premier film de ce réalisateur suédois qui ouvre une trilogie. Cette production scandinave est loin des standards occidentaux qui ont pu être posés par des films comme Les Vikings de R. Fleischer ou Le 13ème guerrier de McTiernan, qui ont leurs propres qualités. Le scénario est classique mais poussé de manière intéressante : le réalisateur questionne le concept de vengeance (à travers la séquence finale où le fils que la soeur a eu avec le chef viking commence à prendre les armes déposées par l'Irlandais pour venger son propre père), de loyauté (la soeur de l'Irlandais ; les deux frères et chefs vikings) et même les superstitions païennes des Vikings, tournées en dérision par les ruses de l'Irlandais chrétien. Surtout, les paysages de l'Islande tranchent singulièrement avec les réalisations occidentales, de même que la musique (voir ci-dessous), mélange inédit d'instruments traditionnels et de synthétiseur. On sent tout  de même, dans quelques scènes, l'influence du western spaghetti à la Sergio Leone.





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    Les Jordaniens sont parmi les plus gros contributeurs du djihad syrien : avec probablement 1 500 à 2 000 combattants, ils suivent de près les Tunisiens et les Saoudiens qui restent encore en tête. Pourtant, en 2011, les salafistes jordaniens se concentraient encore sur leur agenda local. Mais la naissance du front al-Nosra en Syrie, début 2012, change la donne. Les grands chefs du salafisme-djihadiste jordanien appuient alors le djihad en Syrie, aux côtés d'al-Nosra. Puis survient un autre tournant : la naissance de l'EIIL en avril 2013 et le début de la guerre larvée, puis ouverte, avec le front al-Nosra qui se place sous l'autorité d'al-Qaïda contre Baghdadi. La plupart des salafistes-djihadistes jordaniens se placent alors du côté du front al-Nosra contre l'héritier de Zarqawi, mais dès la fin 2013, les volontaires sont de plus en plus nombreux à rejoindre les rangs de ce qui devient, en juin 2014, l'Etat Islamique. Si le front al-Nosra recrute encore en Jordanie, il semble bien désormais que la tendance porte les volontaires vers l'EI, malgré tous les efforts dépoyés par les vétérans du djihad global d'al-Qaïda pour limiter l'influence du groupe en Jordanie.

     

    Avant les années 1970, le salafisme en Jordanie cherchait à calquer les pratiques contemporaines sur un passé idéalisé. Avec le financement wahabbite venu d'Arabie Saoudite, il a eu tendance à prendre un tour militant et politique, tout en restant quiétiste. Le royaume jordanien favorise ce courant pour contrer les Frères Musulmans. Son véritable fondateur est Muhammad Nasr al-Din al-Albani, un érudit albanais proche de l'aile de Damas des Frères Musulmans syriens. Albani crée un salafisme basé sur le modèle saoudien : conservateur, non violent et soumis au politique. Dans les années 1990, Maqdisi crée la version djihadiste du salafisme jordanien et devient également l'un des théoriciens du djihad global, qui inspirera l'action d'al-Qaïda. Cependant, Maqdisi est partisan de convaincre la société si un Etat ne peut être emporté par la violence : d'où la rupture avec son élève, Zarqawi, qui dirigera de manière sanglante Al-Qaïda en Irak. Maqdisi critique ouvertement les attaques sur les autres musulmans, y compris les chiites : il justifie uniquement le djihad contre une force d'invasion étrangère. Après avoir été relâché de prison en 2008, Maqdisi tente de reconstruire le mouvement djihadiste, suite à la mort de Zarqawi deux ans plus tôt. Il n'a cependant rien d'un modéré : en Afghanistan, il avait tenu une position plus dure que Abdullah Azzam, le mentor de Ben Laden, sur la façon de traiter les croyances polythéistes. Maqdisi est de nouveau arrêté en décembre 2010, juste avant les révolutions des printemps arabes, qui vont permettre à une génération plus jeune d'occuper le devant de la scène : Abu Qatada al-Filistini, Abu Sayyaf, le chef des salafistes à Maan, qui comme Abu Qatada s'est positionné en faveur d'al-Nosra, et Saad al-Hunayti, qui vient d'Irbid, et qui est le membre le plus éminent du courant jordanien à avoir rejoint ensuite l'Etat Islamique1.
     
    Muhammad Nasr al-Din al-Albani
    Abu Qatada al-Filistini
    Abu Sayyaf
    Saad al-Hunayti
     

    En Jordanie, les salafistes ne cherchent pas tant à abattre le régime que le réformer de l'intérieur : en mars 2011, dans les manifestations, il demande l'application de la loi islamique et la libération de leurs prisonniers. Ce n'est qu'en avril 2011 que les salafistes djihadistes, par la voix de Saad al-Hunayti et Abu Muhammad al-Tahawi critiquent les salafistes fidèles au gouvernement. Le 15 avril, les premiers affrontements avec les forces du gouvernement éclatent à Zarqa, et les deux voix des salafistes-djihadistes sont arrêtés. Ayman al-Balawi, imam de la mosquée Sanjaqiya d'Amman, a participé à ces événements : c'est le frère de Humam al-Balawi, le kamikaze qui a mené à l'attaque-suicide contre la base américaine de Khost en Afghanistan, en 2009, tuant 7 officiers de la CIA et un membre de la famille royale jordanienne. Arrêté, il est relâché en avril 2013. Fin 2011, les salafistes jordaniens font des concessions dans leurs discours ; la Syrie par ailleurs n'a jamais été évoquée. Mais le gouvernement ne relâche pas la pression sur les salafistes-djihadistes2.

    Abu Muhammad al-Tahawi
    Ayman al-Balawi.


    L'émergence du front al-Nosra début 2012 dans la guerre en Syrie constitue un tournant. De nombreux Jordaniens partent se battre et meurent en Syrie alors même qu'aucun appel au djihad n'a été lancé en Jordanie. Abou Sayyaf décl are en avril 2012 que ce djihad ne cessera pas. Le gouvernement jordanien tolère les excès de rhétorique des djihadistes mais agit déjà pour les empêcher de passer à l'acte. Ce n'est que fin 2012 que les djihadistes jordaniens reconnaissent participer activement à la guerre en Syrie, notamment au sein du front al-Nosra. En novembre, Imad al-Naturi d'Irbid réalise une attaque-suicide à Deraa, au sud de la Syrie, près de la frontière jordanienne. Abu Muhammad al-Tahawi, arrêté en 2011, puis relâché, s'engage dès février 2012 en soutien du djihad syrien. Il est de nouveau emprisonné le 17 janvier 20133. Les djihadistes jordaniens pleurent de manière visible leurs morts dans le conflit syrien dès le mois de septembre 20124. Le 24 septembre, un des « martyrs » reçoit les honneurs funèbre à Zarqa. 3 jours plus tôt, Baraka Abu Yassin était pleuré après sa mort à Hama, en Syrie. Une autre cérémonie a lieu le 22 septembre au camp palestinien de Baqaa, le plus grand camp de réfugiés du pays au nord-est d'Amman. Montasser Beiruti, alias « Ashek al-Hawr », est mort la semaine précédente à Idlib. Dès cette époque, des douzaines de Jordaniens franchissent les 35 km de frontière avec la Syrie pour combattre le régime de Bachar el-Assad. Les combattants jordaniens ont déjà une importance particulière : leur expérience en Irak, en Tchétchénie et en Afghanistan les rend précieux. Ils rejoignent plutôt le front al-Nosra, mais aussi les Brigades Abdullah Azzam, Fatah al-Islam, Jund al-Sham et les Brigades al-Farouq. Le 22 septembre, les autorités arrêtent un groupe de djihadistes qui cherchaient à passer en Syrie ; l'un d'entre eux est accompagné de son épouse, qui le suivait. Le neveu de Zarqawi est également arrêté le même jour alors qu'il tente de rejoindre la province syrienne de Deraa. Mohammad Shalabi, alias « Abu Sayyaf », annonce le lendemain que 4 Jordaniens ont rejoint cette dernière province et que plus d'une centaine de Jordaniens sont déjà partis se battre en Syrie. En octobre 2012, une cellule est démantelée à Amman : elle préparait un attentat contre l'ambassade américaine. Les djihadistes honorent ce même mois Nasser Dalgamouni, père de 6 enfants, tombé en Syrie où il était parti avec son AK-47. Le même jour, un soldat est tué lors d'affrontements à la frontière avec des djihadistes tentant de gagner le pays voisin. Abou Walid, instituteur de 38 ans venu d'un camp de réfugiés palestiniens, n'avait pas pu combattre en Irak ou en Afghanistan. Mais en août 2012, avec 4 autres Jordaniens, il passe en Syrie et combat dans une brigade d'al-Nosra avec des Libyens et des Yéménites, entre autres combattants étrangers du monde arabe. Il revient en octobre 2012 en Jordanie5. Le 18 octobre, deux cousins de Zarqawi, Zayed Sweiti et Firas Khalailah, sont arrêtés à leur retour de Syrie, où ils ont passé 5 mois, avec un autre Jordanien6. Mahmoud Abdelal, père de 5 enfants, s'est fait sauter en octobre 2012 en Syrie. Agé de 33 ans, mécanicien, plusieurs fois condamné pour avoir voulu combattre en Cisjordanie ou en Irak, il mène une attaque-suicide à Deraa avec une ceinture explosive. Mahmoud était le gendre de Abu Mohammad Tahawi, un des chefs salafistes jordaniens7. Ce dernier a dès 2012 appelé à combattre en Syrie dans les rangs d'al-Nosra8.

    En avril 2013, avec la naissance de l'EIIL et la rupture avec al-Nosra, les salafistes-djihadistes jordaniens sont davantage pris pour cible par le gouvernement puisqu'ils ne peuvent désormais plus cacher le lien avec al-Qaïda, qui appuie al-Nosra. Les icônes jordaniennes du salafisme-djihadiste comme Abu Qatada critiquent alors l'EIIL et sa stratégie, comme l'exécution d'Abou Khalid al-Suri du groupe Ahrar al-Sham. Mais depuis novembre 2013, les salafistes-djihadistes rattachés à al-Qaïda contrôlent de moins en moins les candidats au djihad qui rejoignent plutôt l'Etat Islamique né en juin 2014. Omar Mahdi Al Zaydan, un salafiste d'Irbid, a pris fait et cause pour cette organisation. Les salafistes-djihadistes proches d'al-Qaïda se rangent officiellement du côté du front al-Nosra à partir du 4 février 2014. Abou Sayaff déclare alors que 2 000 Jordaniens sont déjà partis en Syrie, dont 10% sont morts. Pourtant l'aile zarqawiste, favorable à l'EI, gagne en puissance en raison des succès de l'EI né en juin, qui attirent des volontaires ; en outre la frontière jordanienne est mieux surveillée, et les candidats passent par la Turquie ou d'autres zones frontalières contrôlées par l'EI et non plus par al-Nosra. En octobre, Hunayti, qui s'était rendu en Syrie pour dialoguer avec l'EI, et Jaafar al-Shami, font défection à Alep avec 40 hommes pour rejoindre l'EI. Zaydan gagne Raqqa et Tahawi, depuis sa prison, soutient également l'EI. En juillet 2014, Golani, le chef d'al-Nosra, remplace son chef juriste par un Jordanien, , ce qui montre la consolidation des liens entre le groupe et les salafistes-djihadistes jordaniens fidèles à al-Qaïda. Le 24 décembre 2014, alors que la Jordanie a rejoint la coalition frappant l'Etat Islamique en Irak, puis en Syrie, le pilote jordanien Moaz al-Kassasbeh est abattu à bord de son F-16 et capturé par l'EI, puis brûlé vif en janvier 2015. Cette mise à mort soulève les Jordaniens contre l'EI, mais les salafistes-djihadistes proches d'al-Qaïda reconnaissaient déjà avant qu'ils avaient perdu la jeunesse attirée par l'EI9.

    Omar Mahdi Al Zaydan
    Sami al-Aridi


    Les djihadistes jordaniens passent les 350 km de la frontière syrienne grâce à des contrebandiers qui leur font traverser les champs de mines. Le voyage coûte de 600 à 900 dollars par personne avec une taxe de 400 dollars par arme transportée. Abu Qudamah, un homme de 30 ans, a été grièvement blessé par un lance-roquettes en combattant avec le front al-Nosra à Deraa. Les salafistes jordaniens acheminent aussi des armes depuis le sud d'Amman. Le prix de l'AK-47 monte de 800 dollars à 1 830 dollars en raison de la demande. Les balles s'achètent à 3,5 dollars au lieu d'1,5. En avril 2013, Munif Samara, du camp de Zarqa, indique que 500 Jordaniens sont au combat en Syrie, que 40 y ont trouvé la mort dont 7 dans des attaques-suicides10. Les djihadistes jordaniens ne sont pas seulement issus des prisons ou des camps palestiniens : certaines membres de l'élite sociale rejoignent aussi les salafistes, comme cet officier de l'armée de l'air qui fait défection pour rallier al-Nosra en juillet 201311. Fin octobre 2013, les djihadistes jordaniens, par la voix de Mohammed al-Shalabi, revendiquent un millier de combattants en Syrie répartis entre le front al-Nosra, l'EIIL et Ahrar al-Sham essentiellement. Joas Wagemakers, spécialiste du sujet, explique que les Jordaniens partent se battre en Syrie car les djihadistes y voient la possibilité de conquérir un Etat musulman ; en outre le gouvernement jordanien ne souhaite pas le maintien du régime syrien ; enfin, existe alors la possibilité de conquérir un territoire pour en faire un Etat Islamique, selon les voeux de Maqdisi. Ce dernier reste la figure la plus importante en Jordanie : aucun des autres salafistes n'a son envergure internationale, alors même que le mouvement salafiste-djihadiste jordanien n'a pas de véritable cohérence, pour diverses raisons12. En novembre 2013, des estimations portent à 128 le nombre de Jordaniens tués en Syrie. Les djihadistes jordaniens affirment que 60 sont morts aux côtés du front al-Nosra ou de l'EIIL13. Le mouvement djihadiste jordanien s'est déchiré après la naissance de l'EIIL en avril 2013 et l'échec de la récupération par ce dernier du front al-Nosra : si Maqdisi et Abu Qatada, extradé de Grande-Bretagne vers les prisons jordaniennes, restent fidèles à ce dernier et à la ligne d'al-Qaïda, d'autres prêcheurs salafistes comme Mahdi Zeydan penchent pour l'EIIL et Baghdadi14.

    En mars 2014, un jeune homme de 24 ans enterré à Maan est le 17ème homme de la ville à périr au combat en Syrie. Au début de l'année 2014, les candidats au djihad proviendraient plutôt du camp d'Irbid. Les salafistes-djihadistes jordaniens seraient 5 000 : l'engagement en Syrie donne naissance à une nouvelle génération de combattants davantage préoccupés par les enjeux locaux et régionaux qu'internationaux. Ces derniers veulent créer une « forteresse » (Diyar al-Tamkeen) en Syrie, d'où ils pourraient ensuite rayonner. Le groupe est relativement lâche, avec des chefs comme al-Tahawi qui dans une fatwa a appelé au djihad en Syrie dès février 2012. Les djihadistes jordaniens ciblent « l'ennemi proche » ; la Jordanie, pour parer à toute éventualité, a procédé à de nombreuses arrestations, dont celle, en décembre 2013, de Raed Hijazi, connu sous le nom de guerre de Abou Ahmed al-Amriki. Par ailleurs, la dimension confessionnelle du conflit, entre sunnites et chiites surtout, s'impose de plus en plus : Abou Qatada a justifié les attentats terroristes au Liban contre le Hezbollah qui soutient le régime syrien. Enfin, le conflit syrien offre la possibilité de créer un Etat islamique transnational, à partir de la « forteresse » initiale15. En juin 2014, avec la percée de l'EIIL en Irak et la naissance consécutive de l'Etat Islamique, des partisans de l'EI à Maan manifestent en Jordanie, baptisant leur cité la « Falloujah » locale16. A Maan, le drapeau de l'EI flotte au-dessus de la ville, et ses slogans tapissent les murs. Les jeunes sont attirés par le groupe alors que la « vieille garde », elle, reste proche d'al-Qaïda. Mais les activistes de l'EI sont assez peu nombreux et la scène djihadiste reste divisée17. Certains Jordaniens qui cherchent à rejoindre l'Etat Islamique sont finalement embrigadés par le front al-Nosra, qui est présent en force sur la frontière avec la Syrie18.

    The Atlantic raconte l'histoire de Jihad Ghaban, jeune Jordanien de 20 ans qui rejoint la Syrie en juin 2013 et passe une année au service de la branche médiatique du front al-Nosra, avant de prendre les armes et d'être tué en octobre 201419. Pour Al-Akhbar, journal libanais proche du Hezbollah, les Jordaniens forment l'ossature du front al-Nosra et sont particulièrement bien représentés dans la province de Deraa et dans la Ghouta, autour de Damas20. Selon une étude récente de l'ONG Mercy Corps, la pauvreté n'est pas à l'origine du départ des candidats au djihad jordaniens, qui viennent de milieux très variés. Il n'y a pas non plus de compensation financière de la part des groupes armés syriens vers les familles des tués au combat. Le plus souvent, les candidats invoquent le désir de protéger les femmes et les enfants sunnites comme motif de leur engagement au djihad ; les réseaux sociaux permettent de comprendre qui part, et quels groupes les volontaires rejoignent. Une fois sur place, les combats fratricides entre groupes armés sunnites sont la principale source de désillusion des volontaires jordaniens. L'étude a été menée à Maan, Salt et Zarqa, principaux foyers de candidats au djihad, et a permis d'approcher le parcours de 23 combattants jordaniens. La plupart (19 sur 23) avaient un emploi avant leur départ, et plutôt qualifié (on trouve des docteurs ou des ingénieurs). Les recruteurs, en revanche, sont souvent payés, en fonction de la qualité des recrues. Les candidats se décident souvent par leur réseau familial ou d'amis, qui comprend souvent un membre ayant fait le djihad en Syrie. Internet et les réseaux sociaux dramatisent le djihad et donnent une dimension différente des crimes attribués au régime syrien, à l'Iran ou ou Hezbollah. La religion, au départ, n'intervient pas forcément : la réaction renvoie plus à l'émotion. En revanche les combattants justifient leur entreprise par une légitimation religieuse. Le lieu commun des femmes sunnites violées par les soldats du régime syrien semble agir comme un catalyseur du recrutement. Le djihad est vu par certains comme une forme de réhabilitation sociale, aussi. Si ils reviennent en Jordanie, c'est parce que la réalité du djihad les a déçus, ou qu'ils ont seulement combattu des sunnites et non des chiites ou des alaouite ; enfin, des mères ont parfois réussi à faire venir leurs fils21. En avril 2015, un responsable salafiste de Maan, Musa Abdullat, évoque 2 000 Jordaniens partis faire le djihad en Syrie dont 1 300 avec l'Etat Islamique ; 250 auraient péri22. En janvier 2015, l'ICSR revoyait à 1 500 le nombre de Jordaniens partis en Syrie, ce qui place la Jordanie juste derrière l'Arabie Saoudite et la Tunisie en chiffres bruts ; en revanche, au prorata de la population, la Jordanie arrive en tête23.

    Le 9 novembre 2015, un capitaine de police jordanien ouvre le feu dans un centre d'entraînement de la police près d'Amman et tue 2 contractors américains, un instructeur sud-africain et 2 Jordaniens, avant d'être abattu. L'attaque survient le jour anniversaire des attentats d'Amman en 2005, le plus meurtrier sur le sol jordanien24. En décembre 2015, la province d'al-Anbar de l'Etat Islamique publie une vidéo montrant l'attaque kamikaze effectuée à bord d'un véhicule suicide par Mohammed al-Dhalaein, 23 ans le fils d'un député jordanien indépendant, Mazen al-Dhalaein. Mohammed étudie la médecine en Ukraine puis l'été dernier rejoint l'EI en passant par la Turquie. Il mène son attaque suicide au début du mois d'octobre au nord de Ramadi, en Irak25.


    La province d'al-Anbar de l'EI a diffusé la vidéo de l'attaque-suicide de Mohammed al-Dhalaein en décembre 2015.


    Dans le prologue, l'EI utilise des extraits du film de Ridley Scott Kingdom of Heaven (2005)-la scène du siège de Jérusalem par Saladin en 1187.


    Mohammed al-Dhalaein devant son véhicule suicide, un M113 capturé sur l'armée irakienne et affublé du drapeau de l'EI pour les besoins de la vidéo.


    A gauche, Mohammed al-Dhalaein en Ukraine, avant son départ pour rejoindre l'EI.

    Son père Mazen.






    L'EI lance plusieurs véhicules suicides début octobre 2015 au nord de Ramadi, en Irak.


    Tirs de soutien par une mitrailleuse PK...

    ... un canon sans recul...

    ... une M2HB de 12,7 mm sur affût original...

    ... une autre pièce lourde...

    ... et l'explosion.









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    Merci à https://twitter.com/green_lemonnn?lang=fr

    Cette vidéo de l'Etat Islamique, tournée dans la province de Ninive, présente un camp d'entraînement de l'organisation. Un combattant qui se tient au sommet d'un bâtiment du camp d'entraînement porte le drapeau de l'organisation. Dans la première partie de la vidéo, on peut voir des combattants, qui ont tous le visage caché, descendre en rappel le long du bâtiment, certains tirant avec des AK-47 vers le sol. D'autres descendent la tête en bas. D'autres glissent le long d'un treuil (dont un avec un drapeau noir dans le dos) et tombent en dessous dans une surface plane d'eau, dont ils se relèvent ensuite pour tirer ) à l'AK-47.













    Un instructeur présente ensuite une formation aux premiers secours. Puis il tient un discours devant les armes traditionnelles utilisées par l'EI : AK-47, M-16, RPG-7, mitrailleuse PK, mortier léger. On voit ensuite un homme démonter une mitrailleuse PK.









    La scène suivante montre le discours d'un personnage dont le surnom est Abu Talhat Al Ansari. Durant son discours, la caméra s'attarde sur les auditeurs. Outre le drapeau de l'EI fixé au mur, on remarque des schémas présentant visiblement les armes et les munitions.





    On peut voir ensuite la cantine du camp, les tables sont bien garnies. Le drapeau de l'EI trône toujours en bonne place. On distingue ensuite le dortoir des élèves combattants qui ressemble exactement à celui d'une armée. Les élèves s'entraînent ensuite au combat rapproché. Un instructeur présente ensuite le RPG-7 (on entend distinctement « RPG seven »). L'entraînement passe ensuite en extérieur : les hommes sautent à travers des cercles de feu ou au-dessus de buissons en feu, sur fond de la voix du cheikh Abu Hamza Al Muhajer, visiblement décédé. Une moto passe ensuite au ralenti sur les torses de soldats alignés en rang. Un autre homme casse avec un marteau des dalles empilées sur des torses d'élèves. Un autre homme passe en courant sur les torses. Puis on voit les élèves manipuler en groupe les AK-47.















    Dans la scène finale, les élèves, mains tendues et jointes vers le centre, en cercle, scandent les mêmes phrases, à côté du drapeau. Un beau montage de propagande, donc, pour nous montrer que l'EI n'est pas affecté par les frappes aériennes et conserve la capacité d'entraîner ses combattants.




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    Quatrième tome de la série uchronique Le Grand Jeu de J.-P. Pécau, Indochine poursuit l'histoire de cette Seconde Guerre mondiale au cours modifié, le tout emprunt de fantastique autour des expériences secrètes menées par les nazis.

    Le tome 4 est surtout un tome de transition où il ne se passe à vrai dire pas grand chose, tout en étant bourré de références. La première étant le code "Gerboise rouge" de l'explosion nucléaire dans le Sahara français en 1946, qui correspond au 3ème essai nucléaire français en Algérie en 1960.

    Le personnage de Jacques Bergier garantit que le fin mot du scénario se trouve dans les écrits du Matin des magiciens, avec ses imaginations sur l'ésotérisme et l'occultisme nazi. Le coup de force des ligues d'extrême-droite de Déat et Doriot a lieu le 6 février 1946 dans la BD, ce qui évidemment est tiré du 6 février 1934.

    J.-P. Pécau glisse également dans son histoire Sartre, Navarre (le commandant en chef en Indochine au moment de Dien Bien Phu, de même que Robert Capa (mort en Indochine). L'introduction de ce nouvel espace amène aussi à croiser Hô Chi Minh et Giap. Le périple à Dien Bien Phu est l'occasion de mettre en scène Bigeard et, de manière plus étonnante, le fameux BMC (Bordel militaire de campagne) du camp retranché, parfaitement authentique.




    En ce qui concerne l'histoire, pas grand chose à se mettre sous la dent. Le journaliste Nestor Serge est envoyé par Bergier en Indochine, les événements étranges se succèdent, sans que l'on en devine encore tous les tenants et les aboutissants. Espérons que le tome 5 soit un peu moins rempli de références et plus d'action.




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    Merci à Arnaud Delalande et https://twitter.com/green_lemonnn

    Le wilayat al-Jazirah de l'organisation Etat Islamique a été créé en février 2015, en même temps que le wilayat Dijlah et le wilayat Ninive. Le wilayat al-Jazirah comprend la région à l'ouest de Mossoul jusqu'à la frontière avec la Syrie, même si celle-ci n'est pas vraiment respectée par l'EI : c'est la route irakienne parallèle à la frontière qui sert de délimitation plus ou moins nette avec le wilayat al-Barakah dans la province syrienne de Hasakah. Le wilayat al-Jazirah comprend notamment le massif du Sinjar.



    Le titre de la vidéo sous-entend que l'action se déroule à Shandukhat, dans la banlieue de Dohuk, une localité à 60 km au nord de Mossoul, et place forte du PKK. La vidéo commence par un tir de roquettes artisanales sur affût, puis de mortier. On peut voir aussi un technical avec monotube ZU-23 de 23 mm, protégé par un bouclier.

    D'après la vidéo, l'action se déroule à Shandukhat, dans la banlieue de Dohuk, au nord de Mossoul (point rouge sur la carte).


    Tir de roquettes sur affûts.


    Technical avec monotube ZU-23 de 23 mm, protégé par un bouclier.


    On peut voir ensuite des hommes régler le tir d'un lance-roquettes artisanal sur affût. Un PC portable sert manifestement à aider à la précision du tir. La vue satellite visible sur l'écran du PC nous place en revanche dans un autre secteur : le tir semble être effectué depuis Abu Mariya, à l'ouest de Mossoul, à 55 km environ au sud-ouest de Shandukhat, vers Qaryat al-Ashiq ou une cible au nord de cette dernière localité. La vidéo mélange donc des théâtres différents du wilayat, a priori, dans un but de propagande. La position est survolée par un appareil irakien. Les positions des peshmergas sont ensuite bombardées avec le lance-roquettes artisanal et un mortier de 120 mm (mais les bandeaux indiquent qu'il s'agit de Shandukhat, c'est plus qu'étonnant ; serait-ce un montage ? ).





    Le réglage du tir de roquette se fait avec un PC portable et vue satellite.

    On voit bien sur l'ordinateur que l'on se trouve à l'ouest de Tal Afar : à gauche, Ebu Mariye (Abou Maria), Asik pour Qaryat al-Ashiq.



    La zone à l'ouest de Tal Afar, vue à différents échelles (point rouge).

    Les deux théâtres évoqués dans la vidéo sont à 55 km de distance, respectivement au nord et à l'ouest de Mossoul (points rouges sur la carte).


    Un appareil de l'aviation irakienne (An-32B ?)



    Mortier de 120 mm.


    On voit ensuite 3 combattants, dont un armé d'un M-16 camouflé avec lunette de visée, jeter des imprécations contre le PKK. Ce dernier porte d'ailleurs en plus une AK-47 dans le dos. La petite escouade qui monte en ligne est lourdement armée : 2 mitrailleuses PK, un tireur RPG-7 avec un pourvoyeur lourdement chargé en roquettes. Un canon KPV de 14,5 mm monté sur un chariot à roulettes est utilisé pour tirer à travers une meurtrière. Une mitrailleuse DSHK de 12,7 mm équipée d'une lunette de visée est également utilisée pour tirer en intérieur à travers une meurtrière. On revoit le technical avec ZU-23 monotube ainsi qu'un tireur d'élite avec SVD Dragunov. La vidéo se termine sur le coup de feu fait par 3 ou 4 membres de l'escouade, dont le tireur RPG-7 et son pourvoyeur. Au final, des pilonnages, des tirs, mais aucun cadavre ennemi ni de butin : la vidéo est là pour combler un vide...

    Le combattant à gauche porte un M-16 camouflé avec lunette de visée.

    ... et une AK-47 en plus dans le dos.

    La petite escouade qui va faire le coup de feu pour la caméra. Elle est surarmée.

    On voit le pourvoyeur RPG-7 au premier plan.



    KPV sur chariot roulant.


    DSHK en intérieur avec lunette de visée.


    SVD Dragunov.



    Le tireur RPG-7 charge le lance-roquettes. On voit bien les poches du pourvoyeur.




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  • 12/21/15--05:15: 1944 (2015) de Elmo Nüganen
  • Juillet 1944. Les Soviétiques attaquent les positions défensives de l'Armee Abteilung Narva sur la ligne Tannenberg, en Estonie. Karl Tammik (Kaspar Velberg) combat avec ses camarades de la 20ème division de la Waffen-SS, recrutée parmi les Estoniens. Les pertes sont lourdes en repoussant les vagues d'assaut de l'Armée Rouge. Les Estoniens sont finalement contraints de se replier, sous le feu des avions soviétiques. La section de Tammik décide finalement de se retrancher sur la route pour bloquer les avant-gardes soviétiques au lieu de rejoindre Tallinn. Les SS tendent une embuscade à une colonne blindée soviétique, qui se révèle en fait être un élément du 8ème corps estonien de l'Armée Rouge (249ème division de fusiliers). Tammik est tué par Jüri Jögi (Kristjan Üksküla), un soldat estonien combattant pour les Soviétiques. Ce dernier récupère sur le cadavre une lettre que Karl avait écrite pour sa soeur. A Tallinn, il se met à la recherche de celle-ci pour lui remettre la lettre...








    Sujet délicat que l'Estonie durant la Seconde Guerre mondiale. Indépendant entre 1918 et 1939, le pays a été annexé par les Soviétiques en 1940, qui y ont exercé leur loi. Puis, les nazis sont arrivés avec Barbarossa et certains Estoniens ont vécu cette entrée comme une libération, allant pour certains jusqu'à s'engager dans les rangs de la Waffen-SS pour combattre aux côtés du IIIème Reich, alors que d'autres étaient enrôlés dans l'Armée Rouge. La libération de l'Estonie à l'automne 1944 mit parfois face-à-face, dans les deux camps, des Estoniens. Mais c'est l'URSS qui sort victorieuse de la guerre et l'Estonie s'y retrouve incorporée, de nouveau, jusqu'à la chute du bloc soviétique 45 ans plus tard. On s'explique que la mémoire de cette époque soit conflictuelle.











    Le réalisateur Elmo Nüganen choisit de contourner l'obstacle : son film se veut clairement une oeuvre de réconciliation. Au lieu de parler de la guerre elle-même et de la place de l'Estonie dans le conflit, il s'intéresse aux Estoniens. D'où ce jeu de miroirs entre les Estoniens servant dans la Waffen-SS et ceux du 8ème corps estonien de l'Armée Rouge. Nüganen présente des Estoniens qui sont entrés dans la Waffen-SS de manière volontaire : la plupart combattent pour défendre l'Estonie contre une invasion qu'il juge étrangère, d'autres sont davantage anticommunistes, mais un des camarades de Tammik, dans le film, pérore dans un moment d'énervement que leur combat est de toute façon perdu. Les SS Estoniens n'ont que peu d'estime pour le gouvernement collaborateur dont un représentant vient leur annoncer que les Estoniens appartiennent bien à la race aryenne (sic) avant de leur donner des photos dédicacées d'Hitler... est-ce à dire que le réalisateur est parfaitement complaisant ? Pas vraiment. Les Estoniens combattent aux côtés de Danois de la Waffen-SS qui leur ressemblent ; Nüganen insère dans l'escouade de Tammik deux frères jumeaux dont l'un est rapidement abattu par un tireur d'élite soviétique. Des jumeaux : le symbole de ce destin si ambivalent des Estoniens, puisque le survivant finit dans l'Armée Rouge.









    L'Armée Rouge, qui apparaît d'abord informe, avec ses vagues humaines et ses chars taillées en pièces, au début du film, par les Estoniens. Avec ses Il-2 qui mitraillent les colonnes de civils, alors que les SS Estoniens tentent de les sauver -les milices formée à la hâte pour défendre le pays étant en pleine débandade. Et puis il y a cette scène magnifique : les SS Estoniens tendent une embuscade à une colonne soviétique, composée d'autres Estoniens. Tout le monde se fige : les SS survivants se retirent. Dans la réalité, une telle scène est-elle crédible ? Reste la beauté de l'oeuvre cinématographique. Tammik est tué. Le récit passe alors à son meurtrier, Juri, déboussolé parce qu'il a abattu un Estonien. A l'image des trappeurs de la taïga qui ont servi aux SS un dernier repas avant leur combat et qui prennent les Estoniens soviétiques pour des combattants au service de l'Allemagne... Juri retrouve à Tallinn la soeur de Tammik, et lui remet la lettre. Naît aussi une idylle. Plane sur lui la sombre menace du commissaire politique de l'unité, qui ne comprend pas pourquoi le capitaine de compagnie a épargné les SS estoniens, ni pourquoi Juri est si bouleversé. Les combats sur l'île de Saaremaa, en septembre 1944, finissent par donner aux combats un caractère inexpiable, y compris entre Estoniens. La scène finale, prévisible, vient néanmoins clore un film qui touche son sujet, au final, avec un certain brio. Malgré un faible budget -qui n'empêche pas la qualité de la reconstitution), le réalisateur délivre un message de réconciliation entre Estoniens, même si on peut critiquer l'authenticité de certaines scènes de combat (notamment la première où une poignée d'Estoniens défait une vague d'assaut soviétique) ou des partis pris un peu caricaturaux (comme le commissaire politique estonien).

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    Merci à Arnaud Delalande et https://twitter.com/green_lemonnn

    Cette vidéo du wilayat Djilah de l'Etat Islamique est la suite de celleparue un peu plus tôt dans l'année, qui relatait les opérations dans les monts Makhoul, au nord de la ville de Baiji. Cette première vidéo, guère impressionnante, montrait même les combattants de l'EI enterrer un de leurs morts, ce qui est très rare.





    L'introduction de cette vidéo est constituée par la mise en scène d'armes lourdes. L'EI réalise un montage pour le moins original : un canon D-30 de 122 mm monté sur camion, un parallèle improvisé au système Caesar français (155 mm) par exemple. Dans cette séquence d'introduction on peut voir tirer également un char T-55, un mortier lourd, un canon de l'enfer et un bitube antiaérien de 37 mm monté sur camion (probablement un Type 63/65/74 chinois), ainsi qu'un bitube KPV de 14,5 mm sur Land Cruiser, et enfin un monotube KPV tirant par une meurtrière dans un bâtiment. Difficile de dire si ces armes lourdes interviennent près des monts Makhoul ou non, mais c'est probablement le cas toutefois.

    Le "Caesar de l'EI" : canon D-30 de 122 mm sur camion.

    Char T-55.




    Mortier de 120 mm.


    Bitube de 37 mm AA (sans doute un Type 63/65/74 chinois).


    Bitube KPV sur Land Cruiser.

    KPV sur affût.


    On reconnaît immédiatement le terrain des monts Makhoul dans la vidéo précédent : les combattants de l'EI tirent sur les hauteurs d'en face à l'AK-47 et à la mitrailleuse PK. On revoit aussi le canon de 14,5 mm KPV appuyé sur des sacs de sable. Couverts par un tireur au SVD Dragunov, un tireur RPG-7 et une mitrailleuse PK, une escouade de 6-7 hommes progresse vers les positions adverses, où flotte un drapeau chiite comme on le verra plus loin. Une autre escouade avec le tireur RPG-7 et un autre homme transportant une roquette rejoint les premiers partis devant.



    Le KPV sur affût, en haut à gauche capture de la première vidéo de la province de Dijlah.





    Tireur SVD Dragunov.







    Les combattants de l'EI progressent néanmoins difficilement, rampant sur le sommet d'une crête. L'un d'entre eux parvient à arracher le drapeau chiite planté là : visiblement celui de la milice chiite Kataib Jund al-Imam. Cette milice, dirigée par 'Abu Ja'afar' Ahmed al-Asadi, porte-parole des Comités de Mobilisation Populaire (levée en masse chiite depuis juin 2014), est alignée sur l'Iran et le courant de l'ayatollah Khomeini. Elle a notamment participé aux combats pour reprendre la ville de Baiji, au sud des monts Makhoul1. Les tirs de RPG-7, mitrailleuse PK et AK-47 continuent, alors que les hommes de l'EI progressent sur les crêtes, sur fond de discours de l'un d'entre eux. Un slow-motion de tir au RPG-7 est accompagné par l'inscrustation du verset 17 de la sourate al-Anfal.


    Le drapeau chiite flottant sur la crête est pris. Apparemment celui de la milice chiite Kataib Jund al-Imam.




    RPG-7.



    Verset 17 de la sourate Al Anfal.


    Les hommes de l'EI descendent en contrebas des crêtes, où se trouvait le camp de base de leurs adversaires. On voit plusieurs véhicules fuir le long des routes des crêtes, dont un Humvee. Sur la route au milieu des crêtes, plusieurs véhicules détruits. Au loin, sur la route au-delà des crêtes en contrebas, un convoi de véhicules qui se replie. Le verset 111 de la sourate Al Imran est incrusté dans la vidéo à ce moment-là. Dans le camp ennemi, les hommes de l'EI filment des fanions chiites représentant Abbas et Ali. Un drapeau chiite est mis à bas, un autre est pris. 2 cadavres sont visibles dont l'un porte la tenue de la police fédérale irakienne. Plusieurs pièces d'identité sont montrées devant la caméra. Un autre drapeau chiite est visible, celui de la milice Harakat al-Nujaba. Cette milice a été créée en 2013 par des groupes irakiens pro-iraniens comme Asaib Ahl al-Haq pour servir de couverture à un réseau d'acheminement de combattants en Syrie pour soutenir le régime Assad. Harakat al-Nujaba a des liens étroits avec l'Iran et le Hezbollah. A sa création, en juin 2013, son chef est Akram Kaabi, membre bien connu du proxy iranien Asaib Ahl al-Haq. La milice contrôle d'autres formations plus petites qui lui servent en quelque sorte de subdivisions en Syrie2. Depuis, Harakat al-Nujaba est revenu en Irak pour combattre l'Etat Islamique, mais la stabilisation de la situation a permis un engagement renouvelé en Syrie en 2015, notamment dans la région d'Alep, où la milice est intervenue historiquement depuis sa création3. On peut voir ensuite un uniforme avec l'emblème des troupes aéroportées irakiennes.



    Un Humvee prend la fuite.

    Convoi de véhicules en fuite devant l'EI.



    Abbas sur les fanions, à côté d'Ali à droite (non visible ici).

    Drapeau chiite mis à bas.

    Un des deux seuls corps visibles, qui porte apparemment l'uniforme de la police fédérale.




    Le drapeau d'Harakat Hezbollah al-Nujabah.

    Cet uniforme porte l'emblème des troupes aéroportées (ou de la qualification d'aéroporté ?).


    L'EI récupère également un bulldozer. On voit une carcasse de Humvee de couleur sombre (forces spéciales) détruit. Les combattants mettent aussi la main sur de nombreuses caisses de munitions, plusieurs véhicules légers, au moins 2 mortiers de 60 mm en batterie avec leurs caisses d'obus.





    Obus de mortier de 60 mm de prise, à côté de deux mortiers encore en batterie.


    L'opération se poursuit. Depuis les positions conquises, les hommes de l'EI tirent à la PK sur d'autres bunkers plus loin sur la route. Sur l'une des positions adverses, on voit flotter un drapeau chiite. Devant, sur la route, un véhicule de la police fédérale irakienne criblé de balles. Les combattants sont survolés par un hélicoptère d'attaque Mi-35 et par deux autres hélicoptères plus légers. Ces derniers sont pris à parti par 2 PK. Le poste reçoit une roquette de RPG-7. Un combattant visiblement étranger (il est blond) tire sur ce dernier avec un AK-47 muni d'un lance-grenades. On voit le tireur RPG-7 se déplacer avec un pourvoyeur portant une roquette tandem. Une escouade d'une dizaine d'hommes environ tire sur le poste.






    Véhicule de la police criblé de balles.


    Un Mi-35 survole les positions de l'EI.

    Deux autres hélicoptères tournent autour du champ de bataille : en haut un Bell 407, en bas un EC-635 de l'aviation irakienne.



    Ce combattant probablement étranger de l'EI tient un AK-47 avec lance-grenades.



    Un bulldozer ouvre la voie sur la route à un véhicule-suicide, un pick-up surblindé piloté par un kamikaze dont on ne voit pas le nom. L'engin fonce à toute allure et explose près de la position ennemie. L'EI ne doit pas aligner des moyens considérables, comme il ressort de la vidéo, puisqu'il jette un véhicule-suicide sur un objectif de faible valeur, preuve qu'il n'est pas en position de force face aux miliciens chiites. Au final, la progression est assez limitée : les combattants de l'EI ont réussi à chasser les miliciens d'une ou deux crêtes, mais butent sur les fortifications de campagne qui se trouvent sur les routes juste derrière.

    L'EI n'arrive pas à prendre la position. Un véhicule-suicide va dégager la voie.

    Le véhicule, un pick-up surblindé, fonce vers la cible...

    ... et explose.




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    1799. Napoléon Washington, fils adoptif du président américain George Washington, s'empare du fort espagonol protégeant l'entrée du port mexicain de Veracruz. Après avoir chassé les Anglais du Canada et rallié les colons de Louisiane, Napoléon espère maintenant conquérir le Mexique et les colonies espagnoles d'Amérique latine. Mais, peu soutenu par le Congrès qui ne veut pas s'engager hors des Etats-Unis, il songe à rembarquer. C'est alors que se présente Isabel, qui fait miroiter aux yeux du conquérant le légendaire El Dorado...

    Jour J, la série uchronique de Delcourt, a eu ses bons tomes. Avec le temps, le ressort a tendance à s'épuiser, même si des volumes tardifs ont pu être bien mené.

    Rien de tel ici avec une uchronie qui a du mal à convaincre. Difficile de croire que le père de Bonaparte, qui aurait tué Paoli ayant vendu la Corse aux Anglais, se serait rapproché de Washington, serait mort en le protégeant de son corps sur la Delaware, tandis que le fils se couvrirait de gloire durant la guerre d'indépendance, chasserait les Anglais du Canada et se lancerait à la conquête des colonies espagnoles, périssant en suivant la chimère mythique de l'Eldorado -parallèle évident avec la campagne de Russie. On a du mal à croire que Napoléon, même sur la fin, aurait pu suivre une aventurière sortie de la jungle à la recherche d'un trésor fantasmé. Bref, ce n'est pas la meilleure trouvaille de la série, à mon sens.

    Outre un scénario qui peine à convaincre, se pose toujours le problème des multiples références présentes dans l'album, que l'on repère, mais sans les connaître forcément toutes. Certes, quelques notes viennent parfois expliquer telle ou telle chose, mais cela reste insuffisant. Il en faudrait plus. D'autant que l'histoire tient en un seul tome cette fois et qu'il y a beaucoup d'informations données pour la comprendre. Et qu'il y a aussi beaucoup de personnages entourant Napoléon, dont la plupart restent assez flous. Le dessin en revanche est bon.




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