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    Pour cette nouvelle annonce de publication, une première : j'écris en effet pour la première fois dans le magazine Ligne de front des éditions Caraktère, avec cet article consacré à la conquête de la Prusse-Orientale en 1945 (avec encore une fois la couverture : merci !). Deuxième magazine dans lequel j'interviens après Batailles et Blindés : la page qui récapitule les articles sera modifiée en conséquence.

    C'est un sujet qui m'a été imposé et que j'ai traité sans originalité. J'entends par là qu'il s'agit d'une synthèse équilibrée entre points de vue allemand et soviétique, mais j'aurais aimé faire appel à des sources un peu plus originales que celles que j'ai utilisées. Malheureusement cela n'a pas été possible. L'article fournit cependant le minimum à connaître sur la campagne.

    En outre, il comprend trois cartes et il est bien illustré. Deux petites corrections en revanche pour les légendes. P.25, sur la photo du haut, j'ai commis un raccourci : je voulais dire bien sûr que la cadence de tir de l'IS-2 est ralentie par le fait que l'obus est séparé de la cartouche... p.31, en revanche, mes correcteurs ont rajouté, sur la photo du bas, que la Volkssturm succombe face à la supériorité numérique et matérielle de l'Armée Rouge. Pour tout dire, cette vision me semble un peu datée : certes, les Soviétiques ont la supériorité numérique, mais ce n'est pas pour cela uniquement qu'ils l'ont emporté. Ils ont tout simplement été meilleurs que les Allemands. Je tenais à faire la précision. Pour le reste, tout est très bien.

    Comme d'habitude, dès que possible, une vidéo de présentation et un supplément en ligne.

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    Le colonel Allen Faulkner (Richard Burton), mercenaire et ancien officier de l'armée britannique, arrive à Londres pour rencontrer le riche banquier Sir Edward Matheson (Stewart Granger). Ce dernier lui propose une opération risquée pour secourir Julius Limbani (Winston Ntshona), un leader démocratique sur le point d'être exécuté par un dictateur africain. Limbani est gardé dans une prison par le régiment d'élite du dictateur, les Simbas. Faulkner accepte sur le principe mais se met à la recherche d'anciens camarades, indispensables pour accomplir cette opération : Rafer Janders (Richard Harris) et Shawn Fynn (Roger Moore) en premier lieu...

    Les Oies Sauvages, inspiré d'un roman, appartient au sous-genre du film de guerre des productions consacrées aux mercenaires dans la période post-coloniale -ce n'est pas le premier : il y avait eu, par exemple, Le dernier train du Katanga en 1964, et il y en aura d'autres, jusqu'à Expendables, comme Les chiens de guerre. MacLagen est un spécialiste du genre puisqu'il a en fait signé une trilogie dans ce sous-genre (avec quelques différences entre les films cependant) : Le commando de Sa Majesté (avec Gregory Peck etDavid Niven) en 1980, dont l'action se situe pendant la Seconde Guerre mondiale en Inde (autre mission spéciale avec des vieux -au sens littéral du terme- de la vieille) et Les loups de haute mer (Roger Moore dirige une équipe qui doit contrer une prise d'otages sur une plate-forme pétrolière) en 1979.

    Le producteur voulait faire du film un succès à l'image des Canons de Navarone (1961). Mais l'ensemble fait plus penser à la suite de celui-ci, L'ouragan vient de Navarone (1978). En réalité à ce moment-là, le cinéma britannique est sur le déclin et même ces petites productions de guerre reposant sur le schéma classique d'un panel de héros menant des missions périlleuses durant un confit commence à sérieusement s'essouffler. Le film connaît des longueurs, les moyens ne sont pas toujours à la hauteur pour les scènes d'action, la violence reste sagement contenue, et le propos est éminemment masculin. Les acteurs ne rattrapent pas forcément l'ensemble : Burton et Moore campent un numéro classique, Harris se démarque un peu, et Hardy Kger rite d'un rôle étrange, incarnant un Sud-Africain raciste qui se convertit en une conversation au rejet de l'apartheid (!). Le film a d'ailleurs été critiqué à sa sortie pour avoir été tourné, en partie, dans l'Afrique du Sud de l'apartheid (dans des conditions parfois surprenantes : le camp des acteurs dans la province du Transvaal est environné de babouins, lesquels n'hésitent pas à pénétrer dans les habitations : il faut des gardiens la nuit pour tirer en l'air et les effrayer !). Cela ne l'empêche pas de dispenser une morale convenue : critique des banquiers sans scrupules (déjà...), des dealers, mercenaires qui finissent par se rallier à une cause (!), duplicité des leaders blancs ou noirs pendant la décolonisation... la fin semble d'ailleurs refléter l'atmosphère de déclin qu'incarne le film : le baroud d'honneur des mercenaires est loin d'être brillant (ce n'est pas Saïgon en 1975, mais ce n'est pas loin), et il ne reste plus que la vengeance désabusée pour satisfaire les frustrations de Richard Burton. A noter cependant la belle chanson de thème de Joan Armatrading.

     

    La question qui tue maintenant: d'où vient le titre Les Oies Sauvages ? Le premier qui me donne la réponse gagne un exemplaire gratuit de 2ème Guerre Mondiale n°48.


     

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    Avant la vidéo et le supplément (ils arrivent, je le promets, dès que je trouverai un peu de temps !), petit retour sur le reste du magazine.

    Notons déjà que le prix est passé de 9,90 euros à 7,90 euros, ce qui n'est pas rien. Et c'est une bonne chose, car comme je le disais dans la recension du premier numéro, la concurrence est féroce. Merci également à Jean-Pascal Soudagne de me citer dans l'éditorial.

    - le rédacteur-en-chef signe d'ailleurs un premier article sur le mémorial de Compiègne, où se trouvait un camp de transit nazi (Frontstalag 122) pendant l'Occupation. Un site peu connu où le mémorial a été inauguré en 2008 seulement.

    - Patrick Facon revient sur le général MacArthur, le transfuge de Corregidor. Article simple qui fait bien le tour de la question, décortiquant l'héroïsation de MacArthur et ses enjeux politiques, en particulier.

    - Pierre Lévêque signe de la même façon une synthèse efficace sur la traque et la mort du Bismarck. Sujet classique.

    - beaucoup moins classique par contre, l'article de Pierre Dufour dédié au coup de force japonais en Indochine le 9 mars 1945 et surtout à la retraite du 5ème REI vers la Chine nationaliste (qui passe d'ailleurs, entre autres, par un certain village du nom de Dien Bien Phu...). L'auteur propose également un résumé de la guerre contre le Siam en 1941, p.61.

    -les rubriques Actualités et Publications sont intéressantes mais mériteraient d'être développées.

    En résumé : une certaine alioration du magazine pour son deuxième numéro. Le prix est moins élevé ; le contenu reste de qualité, orienté vulgarisation grand public ; les cartes sont bien faites ; les sujets sont plutôt variés. Quelques points à améliorer : proposer plus de contenu pour le même prix (la concurrence, à prix équivalent ou inférieur, ayant plus de matière) ; les illustrations sont sans doute perfectibles ; fournir une bibliographie indicative pour chaque article, afin de creuser la question (seul mon dossier le fait dans ce n°2) ; enfin, garnir un peu plus les rubriques Actualités et Publications.

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    En attendant le supplément gratuit (qui n'arrivera probablement que la semaine prochaine, comme les autres qui manquent encore...), voici déjà l'avant-dernière vidéo concernant mes publications récentes, qui présente l'article des Dossiers de la 2ème Guerre Mondiale sur la bataille de Moscou (1941). J'ai choisi des images tirées d'un vieux documentaire en français dont le commentaire date parfois un peu, mais que j'affectionne particulièrement par simple nostalgie.


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    Printemps 794. Les Vikings d'Ulf Le Blanc razzient le monastère de Jarrow, et s'intéressent en particulier à la récupération de certains trésors. Bien plus à l'est, dans le territoire svear, Harald Larsson doit épouser la belle Lina. Pendant le banquet célébrant le mariage, Bjorn Jorgensson dit le Beau, un banni, fait irruption avec une troupe de guerriers chrétiens et massacre la plupart des invités. Harald et son frère Henrik, Lina et la femme d'Henrik, Sigrid, sont emmenés en captivité par Bjorn. Ce dernier est accompagné d'Arno de Salzbourg, abbé chrétien, et remplit pour Charlemagne une mission qui semble des plus importantes...

    Attention : la couverture ci-contre, particulièrement réussie, l'attrait légendaire du Viking et le lexique qui donne un certain sérieux au début du volume ne doivent pas faire illusion. Hammerfall démarre en effet en demi-teinte. Le scénario, relativement classique, semble réserver quelques surprises et maintient le suspense (il faut tout suivre...), mais la dernière page introduit une dose d'heroïc fantasy avec les Skanes que l'on n'attendait pas.

    Le titre Hammerfall -qui renvoie d'ailleurs à un groupe de heavy metal suédois !- est accrocheur mais derrière l'impression qui se dessine d'une retranscription quasi historique de l'épopée viking à la fin du VIIIème siècle, le scénario de Sylvain Runberg brouille donc les pistes. Il y a du sérieux, l'auteur joue sur le moment que constitue les premières attaques du viking face à l'empire carolingien chrétien, mais en introduisant de l'imaginaire, on se demande comment va se dérouler la suite. Le dessin reste très sobre, efficace, mais sans plus. A suivre, donc.

     



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    Ivan Cadeau est docteur en histoire et officier enseignant auprès de différents organismes de l'Armée de Terre, auteur de plusieurs ouvrages. Il est spécialiste en particulier de la guerre d'Indochine et de la guerre de Corée et a soutenu sa thèse sur l'action du génie en Indochine. C'est donc logiquement qu'il signe, dans la collection L'histoire en batailles chez Tallandier, un volume sur Dien Bien Phu.

    Comme il le rappelle dans l'introduction, la défaite de Dien Bien Phu soulève en France beaucoup d'incompréhension alors que le conflit, jusque là, ne passionnait guère les foules. On a cherché des responsables à ce désastre. Est-ce pour autant un succès stratégique ? On peut en douter. Plus convaincante est l'idée selon laquelle cette défaite est un choc psychologique qui permet au gouvernement français de mener la sortie du conflit. Pour Ivan Cadeau, Dien Bien Phu est d'abord une tragédie, au sens antique du terme, celles des soldats français, mais celle aussi des bo doï, dont il parle un peu dans son récit, moins que de la garnison française cependant. La querelle au sein du haut-commandement français a contribué à prolonger la bataille de Dien Bien Phu, dans la mémoire, avec la formation d'une commission d'enquête en 1955.




    Le premier chapitre revient sur les racines de la guerre d'Indochine. La défaite de 1940 a fragilisé la position du colonisateur français et permis l'ascension du Viêtminh. Si en 1946 il ne s'agit que de lutter que contre une guérilla, dès 1950, la guerre d'Indochine s'inscrit désormais dans le contexte de la guerre froide, Hô Chi Minh étant soutenu par Mao et la France, par les Etats-Unis. Quand le général Navarre arrive en Indochine, au printemps 1953, son rôle est clairement de trouver une porte de sortie honorable pour l'armée française, qui a perdu l'initiative des opérations. Navarre observe le terrain jusqu'en juillet : son plan est de rester sur la défensive au Nord-Viêtnam pour accélérer la pacification au sud et confier de plus en plus de responsabilités aux troupes viêtnamiennes. Encore faut-il que le Viêtminh ne s'attaque pas au Laos.

    L'armée du Viêtminh comprend désormais un corps de bataille régulier de 6 divisions d'infanterie et d'une division lourde (avec les appuis), sans compter les unités régionales ou de territoriaux. Le corps expéditionnaire français a l'avantage numérique mais n'est pas homogène et la qualité des troupes laisse à désirer, hormis une petite élite. Les Français manquent en particulier d'une réserve qui pourrait agir comme force de manoeuvre : seuls quelques bataillons sont disponibles. En revanche, ils ont la supériorité pour l'artillerie et les moyens aériens. Navarre s'attend alors à une nouvelle attaque viêtminh sur le delta du Tonkin. Mais Giap réoriente l'effort au nord-ouest, vers le Laos, dès le mois de novembre 1953, juste avant l'occupation de Dien Bien Phu. Il s'agit en particulier d'éliminer les maquis organisés par les Français et qui perturbent la logistique viêtminh. Côté français, c'est le général Cogny, commandant les forces terrestres au Nord-Viêtnam, qui signale à Navarre, dès juin 1953, l'intérêt de faire de Dien Bien Phu une nouvelle base aéroterrestre, en abandonnant Na San devenue inutile depuis le siège de l'automne précédent. La décision ne fait pas l'unanimité et on s'inquiète en particulier de l'éloignement de Dien Bien Phu par rapport aux bases aériennes censées assurer le ravitaillement par air. Navarre tranche pourtant en faveur de l'opération : il s'agit aussi de protéger le Laos, pays allié dans le combat contre le Viêtminh.

    Le 20 novembre 1953, l'opération Castor est lancée pour occuper le site. Le 6ème BPC de Bigeard saute en plein milieu d'une unité viêtminh : les combats sont durs et les paras français ne peuvent éliminer complètement l'adversaire, qui se replie. Bientôt trois autres bataillons paras arrivent sur place et on commence les retranchements. Dien Bien Phu est conçue, dès le départ, comme une base aéroterrestre à partir de laquelle les Français doivent rayonner, et non comme un camp retranché comme Na San : d'où les faiblesses de la défense. Le 7 décembre, le colonel De Castries prend la tête du nouveau Groupe Opérationnel Nord-Ouest. A la veille de la bataille, 8 points de résistance principaux accueillent désormais 10 bataillons, pourvus d'une artillerie conséquente et même de quelques blindés. En février 1954, tout le monde considère la place comme imprenable. Mais quelques-uns ne sont pas du même avis : les conseillers américains qui ont combattu en Corée trouvent les défenses bien légères ; les bataillons français sont en sous-effectifs ; l'artillerie, en alvéoles à ciel ouvert, n'est pas bien protégée. Dès décembre 1953, Giap fait converger ses divisions autour de Dien Bien Phu. Navarre, bien renseigné, le sait et accepte le combat autour de la base. Dès la mi-décembre cependant, les Français sont pris dans un étau qui ne cesse de se resserrer, et toutes les sorties autour de Dien Bien Phu donnent lieu à de violents combats.

    Giap obtient une supériorité de 3 contre 1 ; grâce à un immense effort logistique et l'emploi de 50 à 75 000 coolies, l'artillerie viêtminh est hissée avec la DCA en particulier autour de la façade est de la base. L'aviation française n'est pas en mesure d'interdire la logistique viêtminh. Le Viêtminh veut lancer l'attaque dès le 25 janvier 1954, mais Giap prend, dit-il, la décision la plus difficile de sa vie, en reportant l'assaut : il manque en particuliers d'obus. Fin février,  avec un soutien chinois de plus en plus massif, Giap accélère les préparatifs. Le 12 mars, les Français, qui ont identifié presque tout l'ordre de bataille viêtminh autour de la base, s'attendent à l'assaut le lendemain. Les bataillons français ont été usés depuis décembre, accusant plus de 1 000 pertes -le 3ème bataillon de la 13ème DBLE, sur atrice, n'a plus que 450 hommes en ligne...  L'artillerie viêtminhrègle son tire dès le 11 mars en détruisant plusieurs appareils sur la piste ; les nouveaux canons antiaériens de 37 mm se dévoilent dès le 13 mars en abattant un appareil français. A 17h10, un terrible barrage d'artillerie tombe sur Béatrice, le point fortifié qui couvre la piste d'aviation. La position, mal organisée, est emportée, non sans mal, à minuit. Le lendemain, à 18h00, l'artillerie pilonne Gabrielle, autre colline importante qui protège le terrain d'aviation. Mieux organisée, la défense ne cède qu'au matin du 15 mars.

    Le moral français est alors au plus bas. La puissance de l'artillerie et de la cinquantaine de canons de DCA de 37 mm, qui vont asphyxier la piste et donc la base, a été complètement sous-estimée. De Castries a manqué l'occasion unique de contre-attaquer pour reprendre au plus vite Gabrielle, le 15 mars. La bataille n'a pas été suffisamment préparée côté français. Le lieutenant-colonel Piroth, commandant l'artillerie du camp, qui avait promis la destruction des canons viêtminh, se suicide dans la nuit du 14 au 15 mars. Le 16, les unités thaïes qui tiennent Anne-Marie commencent à se débander. La piste est inutilisable au bout d'une semaine et le ravitaillement doit se faire par parachutage. Giap a néanmoins perdu plusieurs milliers d'hommes durant les premiers assauts et doit se réorganiser. Les Français vont profiter de ce moment de répit. Le 16 mars, le 6ème BPC de Bigeard saute sur Dien Bien Phu et une dizaine de jours pus tard, le bataillon mène une opération contre la DCA à l'ouest de la base qui regonfle le moral de la troupe. Les paras deviennent l'âme de la résistance, autour de Langlais et Bigeard : les défenses sont un peu consolidées, et sur les collines, les aéroportés renforcent les autres catégories de défenseurs jugés moins solides.

    Dans la soirée du 30 au 31 mars commence la "bataille des cinq collines". Le Viêtminh cherche à emporter les collines qui, à l'est, dominent le centre de la base. Il aurait sans doute pu, avec une meilleure coordination, aller jusqu'à la victoire finale à ce moment-là. Surpris par ses premiers succès, Giap va en effet sans doute manquer le coche. Les Dominiques tombent, de même qu'Eliane 1 : seul le tir de canons de 105à zéro sur Dominique 3 et celui de mitrailleuses quadruples de 12,7 mm empêchent les bo dois d'aller plus loin. En outre, Eliane 2, après de très violents combats, reste aux mains des Français. Ceux-ci contre-attaquent et reprennent Eliane 1 mais, faute d'effectifs, ne peuvent s'y maintenir. Le Viêtminh a trop groupé son infanterie qui souffre des tirs d'artillerie français ; en outre, le renseignement sur les positions ennemies a fait défaut, tout comme la coordination entre unités. Le 10 avril, une nouvelle contre-attaque perment de reprendre Eliane 1 qui est tenue jusqu'au 1er mai. Pendant ce temps, à Hanoï, la querelle entre Navarre et Cogny éclate au grand jour. L'hypothèse d'un soutien américain s'étiole pour des raisons politiques, et les projets de dégagement extérieur de la base, envisagés dès janvier 1954, sont mis en oeuvre trop tardivement.



    Extrait de Dien Bien Phu (1992) de Schoendoerffer : pendant la bataille des cinq collines, l'assaut viêtminh emporte Dominique 2 et Eliane 1 avant de buter sur le tir à zéro des canons de 105 du lieutenant Brunbrouck.



    Après la bataille des cinq collines, il ne reste environ que 6 000 défenseurs, affaiblis par le nombre importants de blessés et les déserteurs, les "rats de la Nam Youn", réfugiés autour de la rivière qui passe au milieu de la base. Navarre continue de parachuter des volontaires non brevetés, en plus des bataillons de paras, pour alimenter la bataille. L'offensive finale du Viêtminhcommence le 1er mai, après l'ouverture de la conférence de Genève, appuyée par quelques LRM tout juste arrivés. Les Elianes et les Dominiques sont à nouveau assaillies, de même qu'Isabelle, le point de résistance le plus au sud. Les tentatives de sortie échouent. De Castres se résoud à décréter un cessez-le-feu à 16h00 le 7 mai, qui entre en vigueur à 17h30. Les Français ont perdu plusieurs milliers de tués et de blessés et laissent 10 000 prisonniers entre les mains du Viêtminh, dont bien peu reviendront de captivité. Les pertes de Giap restent incertaines : peut-être une vingtaine de milliers d'hommes en tout. Dien Bien Phu représente une défaite psychologique qui clôt la guerre d'Indochine : le cessez-le-feu est signé à Genève le 21 juillet. Le général Navarre, qui quitte son poste après la bataille, est jugé responsable du désastre. La commission d'enquête de 1955 accable quant à elle le général Cogny.

    La responsabilité de Navarre dans le désastre est une idée encore bien répandue aujourd'hui. Si les combattants n'ont pas démérité, comme le dit Ivan Cadeau dans sa conclusion, il va peut-être un peu loin en les disant victimes d'un "système politique corrompu" (sic) au contraire d'un "haut-commandement défaillant". L'auteur semble plus pertinent lorsqu'il souligne que l'idée d'engager une bataille décisive avec le corps de bataille viêtminh ne s'impose vraiment qu'à partir de décembre 1953, quand la garnison française est encerclée. Navarre a à la fois subi et saisi cette situation. De la même façon, il n'est sans doute pas responsable à lui seul du désastre : Cogny n'a pas suffisamment préparé la bataille (coordination air-sol par exemple) et De Castries ne l'a pas vraiment incarnée.



    Extrait de Dien Bien Phu (1992) : 7 mai, 17h30. Les Français capitulent. Après un moment de silence, les bo dois sortent de leurs positions et font prisonniers les survivants.


     

    L'ensemble est complété de 5 cartes placées au fil du texte et qui permettent de bien suivre les principaux mouvements de la bataille. On trouvera en fin de volume quelques annexes sur le camp français et une bibliographie indicative (essentiellement francophone). Au final, un bon ouvrage de synthèse, qui remet la bataille en perspective par rapport, en particulier, au débat sur les responsabilités de la défaite française. Peut-être peut-on regretter que le point de vue ne soit pas plus équilibré entre les deux camps. On peut lire l'interview de l'auteur sur Guerres et conflits.  






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    1944-1945. L'épopée de la 1ère brigade de chars indépendante tchécoslovaque, formée et équipée par l'Armée Rouge, et qui combat pour atteindre et percer la frontière de la Tchécoslovaquie. Le film met en scène la bataille de la passe de Dukla (8 septembre-28 octobre 1944) et l'avancée de la brigade en Slovaquie : il se termine sur la prise de la ville d'Ostrava, dans le nord de la Moravie.

    Brigade de chars est un film de propagande réalisé par la République socialiste tchécoslovaque dix ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale et 7 ans seulement après le coup de Prague. L'armée populaire tchécoslovaque a été largement mise à contribution puis qu'elle fournit 3 000 figurants et un impressionnant matériel soviétique mais aussi allemand, chose rare à l'époque. Outre les MG 42 et autres armes de poing, on voit ainsi en action des StuG III, des Panzer IV, un Panther, une Schwimmwagen, des canons de 88 mm et Pak 40 de 75 mm, des Flakvierling de 20 mm, etc. En face, une pléthore de matériel de l'Armée Rouge dont de nombreux T-34/85.


    Ci-dessous, une jeep fait feu dans les rues d'Ostrava avec une mitrailleuse légère DP.



    Quant au propos, il s'agit bien sûr d'un pur produit de la propagande communiste de l'époque. Le film s'ouvre et se termine par des scènes de combat mais l'essentiel du scénario vise à souligner l'héroïsme et la valeur des tankistes tchécoslovaques formés par l'Armée Rouge (notamment la figure du sergent Jura) opposés à la lâcheté et à la duplicité des Tchécoslovaques ralliés au gouvernement en exil à Londres. Ceux-ci sont bien sûr des personnages sans scrupules uniquement préoccupés de l'après-guerre et fort peu soucieux, d'abord, de vaincre l'Allemagne nazie. C'est caricatural mais l'intervention d'un commissaire politique côté tchécoslovaque et le discours très critique des partisans de Londres sont là, tout de même, pour montrer les oppositions, même si les communistes l'emportent, bien évidemment.

    Bref, pas le film du siècle, mais ça change des productions occidentales et on peut passer un bon moment. Ci-dessous, le film dans son intégralité non sous-titré et en-dessous, quelques scènes de combat.

     



     

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    Tour d'horizon du n°43 de Ligne de Front où j'ai moi-même signé l'article sur la conquête de la Prusse-Orientale qui figure en couverture.

    Comme l'annonce l'éditorial, l'hiver a été bien rempli avec la livraison prochaine d'un hors-série sur la Légion Etrangère, d'un autre déjà paru sur le GI et le Marine, etc. En outre, la rédaction introduit désormais une nouvelle rubrique de quelques pages sur les inventions militaires. La première est dédiée au canon à ondes sonores (Schallkanone) développé par les Allemands (1944-1945), sans pouvoir aller jusqu'au bout de l'expérience. C'est ce qui a inspiré Hergé pour l'album L'affaire Tournesol. A noter que depuis 2009, on se sert à nouveau du dispositif pour les moyens anti-émeutes, non sans controverses d'ailleurs.

    - Vincent Bernard (qui signale régulièrement mes articles : merci à lui) livre le premier article sur le parcours des troupes nippo-américaines en Europe pendant la Seconde Guerre mondiale. Le 442nd RCT va devenir l'une des unités les plus décorées de l'armée américaine, à l'encontre du racisme anti-jaunes et autres préjugés. Un combat qui se poursuit après la guerre, à l'instar des Noirs, pour revendiquer leur intégration pleine et entière et faire d'Hawaï, en 1959, un Etat américain.

    - Alexandre Thers consacre un long article aux tactiques d'infanterie allemande. L'infanterie fait en effet partie du système de la combinaison des armes mis en oeuvre pendant la Seconde Guerre mondiale. A noter qu'un lexique aurait été bienvenu car l'auteur manipule les termes pelotons, escouades et sections sans que l'on sache par moment ce que cela recouvre exactement (j'avoue avoir été un peu perdu). A noter l'encadré p.49 sur les fameux "groupes primaires" qui est le seul à mentionner en note une source, en l'occurrence le travail d'Omer Bartov. L'auteur propose aussi une rapide comparaison avec les principales nations adverses (Etats-Unis, Royaume-Uni, URSS).

    - Yann Mahé raconte ensuite l'opération menée par des troupes spéciales des Branderburgen, en février 1942, pour couper la voie ferrée de Mourmansk. Une mission à hauts risques qui ne donne que peu de résultats, dans des conditions extrêmes.

    - enfin, Bruno Nionévoque l'offensive d'Artois de mai-juin 1915, à travers notamment beaucoup de témoignages de soldats ou d'officiers. Très descriptif mais pour le coup, cela manque un peu d'analyse à mon goût.

    - dans la rubrique Recensions, je note la présence du Dien Bien Phu d'Ivan Cadeau que je viens également de chroniquer. 

    - enfin, on trouve une double page intéressante sur le film Tigre Blanc, que là aussi, j'avais récemment présenté, rapidement.

    Outre l'absence de sources (hormis dans mon article et celle que j'ai mentionnée dans l'article d'Alexandre Thers), on notera que le numéro comprend une majorité d'articles consacrée à l'armée allemande, encore une fois (dont le mien, à moitié). Preuve en est, encore une fois, que celle-ci reste incontournable commercialement parlant. Sur le sujet, on pourra lire la récente interview de Yannis Kadari sur le blog de Merchet, Secret Défense.

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    Pour compléter ma recension de ce jour du n°43 de Ligne de front, je vous propose une nouvelle vidéo présentant mon propre article dans le magazine sur la conquête de la Prusse Orientale en 1945 par les Soviétiques. Les extraits du documentaire de propagande de l'Armée Rouge sont cette fois sous-titrés en anglais. Je choisis volontairement ces documentaires soviétiques pour casser un peu l'emploi traditionnel (y compris par moi, au départ) d'extraits du Deutsche Wochenschau, histoire de montrer que j'essaie vraiment de proposer un point de vue équilibré. Bon visionnage !



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    Harald, Hendrik et Sigrid sont désormais prisonniers des Skanes, peuple non humain du Svartalaheim, dont ils deviennent les esclaves. Pendant ce temps, Bjorn le Beau continue sa route, accompagné d'Arno de Salzbourg, discipline d'Alcuin. Charlemagne a envoyé l'expédition mais son palais est observé par une force mystérieuse. Bientôt une révolte de Saxons occupe toute l'attention du souverain carolingien...

    Encore une fois, la couverture du deuxième tome de Hammerfall est trompeuse. Si les auteurs ont le souci du détail et d'une certaine inscription dans la trame historique de l'ère viking, il n'en demeure pas moins que le récit mêle de plus en plus de fantastique à la réalité, avec l'apparition croissante de monstres issus de la mythologie scandinave -les Fundinns n'étant par ailleurs pas sans rappeler les gobelins ou les orques du Seigneur des Anneaux. Résultat : entre récit basé sur l'histoire et épopée fantastique, on ne voit pas bien où le scénariste veut nous mener. Des pistes sont lancées, mais on n'en voit pas le bout. Les mots Skanes ou Fundinns, par exemple, n'apparaissent pas non plus dans le lexique, alors que pour le coup, cela aurait été utile. L'histoire se divise en de multiples points de vue et on a l'impression, en refermant le tome, qu'on a pas beaucoup avancé. Difficile d'accrocher.



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    Après un mois environ de tâtonnement et de reprise en main de Facebook, après quatre ans d'absence ou presque (argh....), j'ai découvert l'utilité de créer une page Facebook pour Historicoblog (3) et non d'avoir recours forcément à mon profil personnel...

    La page est créée depuis aujourd'hui, donc si vous voulez suivre l'actualité du blog sur Facebook sans passer par mon profil personnel, c'est par ici : 

    https://www.facebook.com/Historicoblog3

    A bientôt !

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    Stephen Turnbull est un écrivain et historien britannique, plutôt spécialisé dans l'histoire militaire asiatique et en particulier celle du Japon. Il est d'ailleurs diplômé de l'université de Leeds où il enseigne sur les religions d'Extrême-Orient (!), puisqu'il est également intéressé par cette matière. Depuis 1977, il a écrit une cinquantaine de livres, principalement chez Osprey. Visiblement, il a aussi un intérêt pour l'ordre teutonique et les croisades dans la Baltique puisqu'il est l'auteur de ce volume de la collection Campaign dédié à la bataille de Tannenberg. Les illustrations sont signées Richard Hook.

    Comme l'auteur le rappelle en introduction, la bataille de Tannenberg est devenue un enjeu mémoriel. En 1914, les Allemands, qui avaient battu deux armées russes dans la même région des lacs Mazures, s'empressent de baptiser ce succès du nom de Tannenberg pour effacer le souvenir du désastre des chevaliers teutoniques face aux Polonais et aux Lituaniens. Turnbull décrit ensuite l'installation de l'ordre en Prusse, puis le conflit avec la Pologne, qui commence en 1308 alors même que le siège des chevaliers teutoniques est établi l'année suivante à Marienbourg, au centre de leurs possessions, entre la Poméranie et la Livonie. Les Teutoniques se retournent ensuite, pendant une bonne partie du XIVème siècle, contre le duché de Lituanie, païen, contre lequel sont menées de nombreuses expéditions bénéficiant de l'apport "d'invités" de l'ordre (Turnbull commet d'ailleurs une erreur p.14 en affirmant que Jean de Bohême est mort à Poitiers, en 1356 : c'est à Crécy, dix ans plus tôt). Tout change en 1386 lorsque Jagellon de Pologne, devenu chrétien, réunit sous son autorité ce royaume et la Lituanie désormais convertie au christianisme, ce qui enlève aux Teutoniques le motif principal de leurs raids. En guise de prélude à l'affrontement ouvert entre les deux puissances, la Samogitie, région mal soumise cédée par Jagellon avant son accession au trône aux Teutoniques, se soulève à plusieurs reprises, déclenchant des expéditions de représailles de Marienbourg.



     

    D'après Turnbull, les chiffres des forces en présence à Tannenberg font débat, et il retient 27 000 Teutoniques opposés à 39 000 Polono-Lituaniens, sans trop expliquer pourquoi ni comment, d'ailleurs. Les Polonais sont organisés autour du système des bannières féodales, avec le renfort de mercenaires tchèques. Les Lituaniens fournissent une cavalerie légère et sont appuyés par un petit contingent mongol de la Horde d'Or, dirigé par un khan en exil, Jelal-el-Din, fils de Toqtamish. Côté teutonique, l'organisation repose sur le système des lances, mais le nombre de chevaliers de l'Ordre est faible, peut-être 250 en tout. Le gros des troupes repose sur des contingents de chevaliers laïcs, parfois d'ascendance polonaise, de mercenaires et de quelques "invités".

    Les coalisés ont pour objectif de prendre Marienbourg, le siège de l'Ordre, au coeur de la Prusse. Les Teutoniques, quant à eux, restent en position centrale de façon à pouvoir contrer toute menace sur leurs frontières. Les Polonais franchissent la Vistule le 2 juillet alors que des attaques de diversion ont été lancées à l'ouest et à l'est pour retenir une partie des forces teutoniques. Le 10 juillet, l'armée coalisée approche d'un affluent de la Vistule, la Drweca, aux gués de Kauernick, surmontés d'une forteresse teutonique. Le Grand Maître, Ulrich von Jungingen, défend le passage avec son armée, ayant laissé 3 000 hommes à Schwetz sous les ordres d'Heinrich von Plauen. Incapables de franchir les gués, les coalisés rebroussent chemin pour passer la rivière plus au nord ; pendant ce temps, les Teutoniques traversent la rivière en aval et se positionnent le 14 juillet près des villages de Grunwald et Tannenberg, barrant la route de Marienbourg le lendemain aux coalisés qui cherchent à regagner la Drweca.

    Face aux Teutoniques, les Polonais sont à gauche, les Lituaniens à droite. Les chevaliers souhaitent que les coalisés attaquent leurs lignes bien préparées : la pluie empêche de se servir de l'artillerie, mais au matin, les Teutoniques reculent légèrement pour dévoiler leurs pièces malgré tout. Les Lituaniens chargent alors le flanc gauche de l'adversaire, mais sont repoussés : leur retraite distrait cependant des chevaliers et des "invités" qui les poursuivent et pillent leurs bagages. Un contingent de chevaliers russes, de Smolensk, entre les deux ailes des coalisés, tient bon, tandis que le grand duc lituanien Vytautas, cousin de Jagellon, empêche le flanc droit des Polonais de succomber et protège la bannière de Cracovie. Ulrich von Jungingen saisit alors l'occasion : il emmène le gros des Teutoniques sur la gauche de son armée, contourne le village de Tannenberg et charge le flanc droit des Polonais, visant le souverain Jagellon. Celui-ci doit combattre pour se dégager ; les Lituaniens finissent par se rallier et prennent de flanc les Teutoniques ; le Grand Maître, enfin, est tué dans la mêlée, ce qui donne le signal de la déroute pour son Ordre. La poursuite, sanglante, dure jusque dans la soirée. Les Teutoniques laissent la moitié de leur effectif sur le terrain ainsi que 14 000 prisonniers ; seuls 1 500 hommes reviennent à Marienbourg. Les coalisés ont sans doute perdu 4 à 5 000 hommes ainsi que 8 000 blessés.

    Ils manquent une occasion unique de venir à bout des Teutoniques en ne fonçant pas immédiatement sur Marienbourg. Heinrich von Plauen a le temps d'en organiser la défense. Le siège dure du 18 juillet au 10 septembre mais finalement, les coalisés renoncent. Von Plauen, élu Grand Maître en novembre, doit faire face à de nouvelles incursions : le traité de Thorn, en 1411, sauve temporairement l'Ordre décimé et sans le sou. Von Plauen est démis dès 1413. A partir de 1440, les Teutoniques sont menacés par la fronde des villes prussiennes, qui en appellent au roi de Pologne Casimir IV. Bien que son armée soit battue à Chojnice en 1454, Marienbourg finit par être livrée par des mercenaires bohêmiens non soldés en 1456. Le second traité de Thorn, en 1466, consacre la mainmise polonaise sur la Prusse même si les Teutoniques conservent un fief au sein du royaume et la Livonie. Le mythe de Tannenberg naîtra, côté allemand, avec les romantiques du XIXème siècle, qui en feront le sacrifice ultime des Allemands pour faire barrière aux "Slaves"et sauver l'Europe chrétienne.

    A l'instar du volume sur Lépante, Turnbull fait trop l'impasse, sans doute, sur l'histoire socio-économique des armées en présence ; de même, la postérité de Tannenberg est rapidement survolée -l'auteur se gardant bien, bizarrement, d'évoquer la récupération qu'en font les nazis, par exemple... le récit de la bataille lui-même est un peu confus, mais il est heureusement rattrapé par les cartes et les vues 3D qui permettent de bien suivre à la fois les phases de la campagne et les mouvements successifs lors de la bataille. Les illustrations de Hook sont agréables, bien que manquant peut-être un peu de panache. On pourrait également reprocher à Turnbull une vision quelque peu idéalisée des Teutoniques, qui transparaît dans certaines lignes. La bibliographie, uniquement anglophone (alors que de nombreux ouvrages en français existent sur les Teutoniques), est sans doute un peu limitée. Plus généralement, le format de la collection Campaign est probablement un peu réduit, avec ses 96 pages, pour explorer convenablement tous les aspects d'une bataille donnée : en ce sens, on peut se demander s'il peut remplacer véritablement un ouvrage universitaire ou assimiléau prix parfois équivalent. 


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    Bjorn le Beau, sa troupe, Arno de Salzbourg et ses deux prisonnière svears ont atteint l'île de Birka. Ils comptent y embarquer afin de faire voile vers le territoire d'Ulf le Blanc et de récupérer la relique volée à Jarrow, pour le compte de Charlemagne. Pendant ce temps, Harald et Henrik ont réussi à échapper aux Skanes. Charlemagne, quant à lui, intervient pour mettre un terme à la révolte saxonne dirigée par Wilsig...

    Pour ce troisième tome, on retrouve les ingrédients de la série : la troupe stipendiée par Charlemagne poursuit son chemin et doit cette fois non plus faire face aux non-humains du Svartalaheim mais à des géants mythiques gardant les sources d'Elivagar. Mais il manque toujours du souffle au scénario et le dessin de Boris Talijancic finit à force par lasser, car trop immobile. Le troisième tome est cependant un peu plus rythmé que le précédent, heureusement, mais les points de vue (trois différents !) sont encore une fois trop nombreux pour s'attacher à tel ou tel personnage en particulier. On a l'impression que tout doit se décider dans le quatrième et dernier tome (qu'il me manque, malheureusement) avec une explosion d'action et des interventions divines à foison. Reste aussi la très belle couverture, comme toujours signée Nicolas Fructus.





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    Poursuivant mes recensions de volume Campaign chez Osprey, pour l'instant toujours dans la même période de quelques siècles, j'en arrive à ce tome dédié au siège de Malte (1565) par les Ottomans. Il a été écrit par Tim Pickles, un Anglais vivant aux Etats-Unis et qui est a priori plutôt spécialise de la période napoléonienne. Etonnant, donc, qu'il signe un ouvrage sur le siège de Malte au XVIème siècle. A noter aussi que c'est un volume assez ancien de la collection Campaign, avec les défauts propres au format qui vont avec.

    Les chevaliers de Saint-Jean s'installent à Malte à partir de 1530 : c'est Charles Quint qui leur donne l'archipel en concessions, de façon à combler la perte de Rhodes en 1522 et à utiliser la puissance maritime que sont devenus les Hospitaliers pour harceler les Ottomans. Après le raid du corsaire Dragut en 1551, ceux-ci renforcent la défense de Malte en ajoutant un nouveau fort, baptisé Saint-Elme. Soliman le Magnifique regrette amèrement d'avoir laissé échappé les Hospitaliers sains et saufs de Rhodes après le siège de 1522. Aussi, en 1564, il décide d'en finir en jetant une expédition sur Malte. Mais le commandement de celle-ci est divisée : Mustapha Pacha a la prééminence mais doit compter avec l'amiral Piali, qui dirige la flotte, et avec Dragut, corsaire émérite qui a l'oreille du sultan et qui connaît bien les lieux puisqu'il a conduit pas moins de 7 raids contre Malte. En face, c'est le Grand Maître des Hospitaliers, La Valette, qui coordonne la défense chrétienne.



    Pickles passe assez vite sur les forces en présence. Côté turc, à l'infanterie des janissaires et aux irréguliers s'ajoutent un grand nombre de spahis, cavaliers démontés pour l'occasion. A cela s'ajoute des levées, des renégats et des troupes du génie : 40 000 hommes. En face, les Hospitaliers comptent 700 chevaliers parmi les 8 500 défenseurs, qui peuvent s'appuyer sur le soutien de la population de Malte.

    Les Turcs débarquent sur Malte les 18-19 mai 1565. Après avoir d'abord accosté au nord-ouest de l'île, ils se rabattent finalement vers le sud. Mustapha Pacha, pour satisfaire Piali qui souhaite un meilleur mouillage pour ses navires, attaque en premier le fort Saint-Elme, pilonné par l'artillerie dès le 24 mai. Le chevalier de Saint-Aubin parvient ensuite à forcer le blocus avec quelques galères de l'Ordre. Dragut arrive sur l'île quelques jours plus tard. Les Turcs ont commis l'erreur de ne pas nettoyer le nord de l'île de Malte et en particulier de prendre la bourgade de Mdina. La cavalerie chrétienne en profite pour lancer des raids sur les bagages et les positions d'artillerie turques qui encerclent les forts. Dans les assauts contre Saint-Elme, les Ottomans perdent plusieurs milliers d'hommes. Le 18 juin, Dragut, qui se tient en première ligne pour observer le pilonnage, est blessé par un tir de canon. Il vit jusqu'au 23 pour voir la chute du fort, dont tous les défenseurs sont massacrés, à part 5 survivants. Les Turcs ont perdu 8 000 hommes, un quart de leur effectif, contre Saint-Elme, les chrétiens 1 500.

    Ils se retournent alors contre les deux autres forts situés sur des promontoires s'avançant dans le grand port de Malte, Saint-Michel et Saint-Ange, ce dernier couvrant la petite ville de Birgu. Le vice-roi de Sicile envoie plus de 600 hommes en renfort, qui parviennent à rejoindre les défenseurs. La Valette protège le fort de Saint-Michel du côté de la grève, à l'ouest, en édifiant une palissade de pieux. Le 15 juillet, quand les Turcs repartent à l'assaut, ils se heurtent à des défenses solides. Une tentative de débarquement par 10 navires et 1 000 janissaires au nord du promontoire est défaite par une batterie de canons habilement dissimulés qui envoie 9 navires et 900 hommes par le fond. Les Ottomans perdent 3 000 hommes de plus en tout contre 250 chrétiens. Le 7 août, ils lancent à nouveau une attaque générale mais celle-ci est interrompue par un raid de la cavalerie chrétienne sur le camp ottoman, qui souffre particulièrement. Mustapha Pacha en vient alors à des tactiques de siège plus traditionnelles : il fait creuser des mines et construire des tours de siège, mais les chrétiens en viennent à bout.

    Malgré un moral chancelant, 8 000 Turcs repartent à l'assaut dès le 20 août. La Valette est bien renseigné sur les intentions ennemies grâce aux transfuges ou par des renégats revenus à leurs sentiments chrétiens dans le camp turc. Mustapha Pacha, à court de vivres sur une île désolée et manquant de munitions, cherche alors à se retourner contre Mdina qui menace ses arrières depuis le début, mais la place est maintenant lourdement défendue. Début septembre, une force de secours venue de Sicile, 28 galères et 9 000 hommes, arrive enfin à Malte. Les Turcs abandonnent leurs retranchements et font face à l'armée de secours, à la sortie des défenseurs de Mdina et des forts du port. Malgré des pertes conséquentes, la retraite et le rembarquement ne se transforment pas en déroute. Soliman le Magnifique, apprenant le désastre, jure de raser l'île et de massacrer tous les chevaliers, mais il meurt dès l'année suivante, en 1566. Le siège de Malte est un premier coup d'arrêt à l'expansion ottomane à l'ouest, mais il faudra la victoire de Lépante, cinq ans plus tard, pour que la flotte turque soit définitivement brisée.

    Comme dans les volumes précédents de la collection Campaign que j'avais commentés, on remarque que le format de 96 pages ne permet pas d'être véritablement complet. C'est encore plus vrai dans ce travail : Pickles survole les origines de la campagne, le contexte et les forces en présence. Seul le siège en lui-même est bien décrit, mais l'auteur ne cite pas ses sources, ce qui arrivait fréquemment au début de la collection et c'est est un tort. En outre, les vues 3D et les cartes comprennent de nombreux mouvements et, à l'époque,ceux-ci ne sont pas encore numérotés comme ils le sont dans les volumes plus récents. On a donc énormément de mal à suivre les phases de la campagne et des principaux combats. Les illustrations de Christa Hook sont jolies mais ne sont pas les meilleures que l'on peut trouver chez Osprey. Au final, on a l'impression que la qualité de la collection varie beaucoup selon les tomes : elle dépend à la fois des auteurs et de la date de publication, aussi, pour éliminer certains défauts. Néanmoins, il ne faut pas perdre de vue que les volumes Osprey constituent surtout une bonne entame, mais qu'il faut compléter par des lectures plus denses, de type universitaire.


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    Je commence cette semaine à proposer les suppléments gratuits manquants pour les articles récemment parus. Voici le premier, qui complète l'article paru dans le n°43 de Ligne de front sur la conquête de la Prusse-Orientale : le témoignage d'un ancien officier des éclaireurs soviétiques, qui a servi dans cette campagne.


    Vladimir Spindler, étudiant au déclenchement de Barbarossa, s'enrôle fin 1941 dans l'Armée Rouge. En février 1942, il est sur le front du Volkhov, près de Léningrad, au sein de la 286ème division de fusiliers. Spindler devient rapidement chef d'escouade et, de fait, commandant de la section de reconnaissance : il acquiert son expérience « sur le tas ». En septembre 1942, il accomplit avec son groupe une mission particulèrement périlleuse en vue de l'offensive de Siniavino, devant Léningrad. Devenu lieutenant au 1er janvier 1943, Spindler rejoint la 73ème brigade de fusiliers marins. Il participe à l'offensive pour lever le blocus de Léningrad ce même mois. La brigade est disssoute en septembre et Spindler reversé dans l'infanterie : il rejoint le 406ème régiment de la 124ème division de fusiliers. Il raconte avec émotion comment ses hommes viennent à bout d'un char Tigre, repéré grâce à une interception radio, mais que les Allemands parviennent à tracter vers leurs arrières. En prévision de l'offensive pour dégager Léningrad, en janvier 1944, Spindler mène un groupe de 20 hommes et surprend un observateur allemand isolé dans sa tranchée, ramené prisonnier. Il est décoré pour une autre mission du même genre, menée le 19 janvier, de l'ordre de l'Etoile Rouge. Blessé, il refuse de quitter le front. Rattachée à la 59ème armée, la 124ème division de fusiliers à laquelle appartient Spindler mène de durs combats en juillet 1944 pour s'emparer des îles de la baie de Vyborg. La division perd plus de 1 000 hommes et elle est mise au repos près de Vybord fin juillet. Devenu capitaine, Spindler commande la reconnaissance du 406ème régiment de fusiliers. Son unité entre en Prusse Orientale.

    " Aussitôt que nous nous trouvons en territoire ennemi, nous souhaitons prendre notre revanche pour les destructions, pillages et autres incendies de villages réalisés par les Allemands. Nous recevons ensuite l'ordre de bien nous comporter avec la population et de respecter les biens matériels. Nous ne réglons pas nos comptes avec les prisonniers de guerre ou les civils.



    En Prusse-Orientale, je parviens à monter et à réaliser une mission de reconnaissance pour ramener une « langue ». Pas très loin derrière notre première ligne de défense, il y a un grand moulin. Je grimpe dessus et, à travers une fente, j'ai une vue parfaite sur la tranchée ennemie. Un endroit attire mon attention : il y a un abri à côté d'un emplacement d'arme lourde. Je reçois l'ordre de faire un prisonnier. J'envoie chercher le commandant de la section de mortiers : en regardant par la fente, il peut ainsi régler le tir de ses tubes sur des cibles pré-sélectionnées. Pour ne pas révéler nos intentions, nous rusons. Nous tirons d'abord 5 obus au même en droit dans la tranchée allemande, puis un obus sur l'objectif, enfin d'autres obus sur un autre endroit de la tranchée. Nous répétons ce tir « désorganisé » deux fois. Pendant la répétition, j'observe sur ma montre qu'il s'écoule 60 secondes environ entre le départ des coups de mortiers et l'explosion. Un long tir de mitrailleuses doit constituer le signal pour le barrage de mortiers.



    J'inclus dans mon groupe un fantassin avec une mitrailleuse légère et, de nuit, nous nous engageons dans le no-man's-land. Je préviens tout le monde qu'après avoir pénétré dans la tranchée allemande, nous aurons 40 secondes pour accomplir la mission, car des obus de mortiers amis tomberont sur la position. 40 secondes et pas une de plus, « langue » ou pas ! Juste avant l'aube, nous approchons de l'objectif. J'ordonne au fantassin de tirer une longue rafale avec sa mitrailleuse légère. Celui-ci expédie un chargeur circulaire complet pour faire sortir les Allemands de leur abri. Mes hommes ne perdent pas de temps : ils tombent dans la tranchée, attrapent un Allemand et repartent aussitôt. Ensuite, le silence à nouveau. Nous délivrons le prisonnier sans pertes. Quand les Allemands à moitié réveillés se tiennent enfin dans leurs tranchées, ils reçoivent les obus de mortiers sur la tête. On pense qu'une section a été anéantie. En représailles, les Allemands bombardent notre première ligne et visent également le moulin, se doutant d'où le coup est venu. Il est cependant trop tard car tous nos hommes sont abrités. Il y a deux vélos appuyés contre le moulin. Par signes, je demande au prisonnier s'il sait pédaler et il me répond que oui : je lui intime l'ordre de me suivre en vélo en montrant mon pistolet pour bien lui faire comprendre qu'il ne doit pas songer à autre chose. Je l'emmène au QG du régiment où l'on me demande ce qui est arrivé à ma section et pourquoi l'artillerie allemande a tiré...



    Un autre épisode se déroule près de la ville de Goldap, alors que les Allemands sont en pleine retraite. Notre groupe de reconnaissance patrouille dans les forêts à la recherche de détachements ennemis. Soudain, je vois un grand groupe de soldats allemands venir vers nous de l'extrêmité d'une autre forêt, les mains en l'air, prononçant un mot dans une langue incompréhensible qui ressemble à « Bologne ». Ils sont apparemment très heureux de se constituer prisonniers et nous offre même leurs montres et autres objets, que pour ma part je refuse. Nous les forçons à se coucher et par radio, je préviens le QG que j'ai capturé une centaine d'Italiens. J'expédie deux de mes hommes avec les prisonniers au QG. Une heure se passe et le QG me répond par radio : « Qu'avez-vous fait des 7 Italiens ? » ; je ne comprend pas la question et réponds : « Comment ça, sept ? ». Le QG répond : « Vous avez dit avoir capturé 100 Italiens. Or, après recomptage, il n'y en a que 93. Donc je redemande : qu'avez-vous fait des 7 Italiens ? ». Je réponds : « Qui les a comptés ? J'ai simplement indiqué leur capture et je vous les ai envoyés ! » . Le QG répond : « Eh bien, vous ne les avez pas comptés, mais vous avez donné le nombre 100. Ce nombre a déjà été rapporté au commandant suprême. Où allons-nous pouvoir trouver 7 Italiens maintenant ? ». Cet événement tragi-comique s'arrête finalement là..." .



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    On continue les suppléments gratuits en retard avec celui pour le dossier du n°2 des  Dossiers de la 2ème Guerre mondiale, qui évoquait la bataille de Moscou (1941). Encore un témoignage soviétique, cette fois-ci un tankiste qui opère dans une unité de maintenance, ce qui est d'ailleurs fort intéressant...


    Né en 1914, Shvebig a une enfance qui résume les bouleversements connus par la Russie à partir de 1917. Privé de père à 7 ans (il est mort du choléra), il est contraint de chaparder pour survivre sur la Volga, sa mère étant dépourvue de ressources à Vo'lsk, dans le district de Saratov, où la famille a atterri après avoir quitté Saint-Pétersbourg, en 1918. En 1930, Shvebig a commencé des études et entre dans l'école de formation des ouvriers qui vient juste de s'installer. C'est là qu'il observe pour la première fois des chars en manoeuvre et décide de devenir tankiste. Il entre ensuite à l'usine comme ouvrier métallurgiste : le travail est dur. Finalement, en décembre 1932, il rejoint l'Armée Rouge et commence par servir dans la division de fusiliers Tsugulov du district militaire Transbaïkal, pendant six mois. Puis il rejoint un régiment mécanisé d'une division de cavalerie stationnée à la frontière de la Mandchourie. La division est commandée par Rokossovsky. Shvebig devient canonnier. Il sert sur T-26, puis BT-2 et BT-7, jusqu'en septembre 1933. Il gagne alors l'école des mécaniciens de chars à Léningrad et s'instruit sur le T-35 multitourelles. Pour tester la performance de trois modèles de motos, le directeur de l'école sollicite Shvebig pour faire partie d'une section spécialement choisie pour effectuer un parcours de longue haleine avec les engins. Les motos de l'usine de Moscou manipulés par le groupe de Shvebig remportent la palme.

    Celui-ci, diplômé, est affecté à la 5ème brigade de chars lourds stationnée à Kharkov. Il prend la tête de la section de maintenance du bataillon d'entraînement de la brigade. Shvebig suit les cours d'une académie militaire à partir de 1938. La formation est accélérée en raison de l'attaque allemande et Shvebig en sort le 7 octobre 1941. Il a remarqué les efforts désespérés fait par Staline pour remodeler l'armée soviétique, trop tard venus. C'est ainsi qu'il commence, à l'académie, à s'entraîner au maniement du T-34 et du KV-1. Les leçons de la guerre d'Hiver sont également analysées. Shevbig devient chef technique d'un régiment de chars de la 28ème brigade, alors en formation à Narofominsk. Rassemblée à Kubinka, la brigade compte 16 T-34, 5 KV-1 et 16 T-60 -reçus à la place de T-34, car il n'y en a pas assez, les usines déménagées ne pouvant pas encore reprendre une production à plein régime. La brigade aligne en fait les effectifs d'un bataillon.

    Rattachée au Front de l'Ouest, la 28ème brigade de chars dépend de a 16ème armée de Rokossovsky et rejoint Volokolamsk le 25 octobre. Le commandant de la brigade, le lieutenant-colonel Malygin, choisit de barrer la route aux Allemands à Novopetrovsk, installant son bataillon de chars dans une forêt à proximité, tandis que le bataillon de fusiliers motorisés reste dans la localité. Le 26 octobre, la brigade reçoit l'ordre de lancer une attaque le lendemain matin contre les forces allemandes présentes à Skirmanovo. Il faut d'abord prendre les hauteurs devant le village. Les Soviétiques envoient les chars lourds en avant, suivis des chars moyens puis par les fusiliers motorisés et des miliciens. Arrivés sur la crête, les chars sont pris sous un feu d'enfer. La brigade ne peut déboucher et perd le commandant du bataillon de chars, le commissaire politique et 5 machines, revendiquant 8 chars allemands détruits. Shvebig observe la bataille depuis un avant-poste en première ligne : son rôle consiste, avec un KV-1 mis à sa disposition par le commandant de brigade, à répérer les chars mis hors de combat et à les tracter à l'arrière pour les réparer avant qu'ils ne soient complètement détruits, ce qu'il fait pendant l'attaque.

    Au moment de la bataille de Moscou, les sections de réparation doivent aussi prélever tout le métal encore utilisable sur les carcasses des chars détruits, comme elles le peuvent (des détachements spéciaux au niveau du Front le feront à partir de 1943). Les mécanos s'occupent des réparations légères sur place après avoir tracté les engins, mais pour les réparations lourdes (perforation du blindage, compartiment moteur), ils doivent envoyer les véhicules à l'arrière. La compagnie de maintenance dispose de 2 camions pour effectuer les réparations et de 5 tracteurs Voroshilovets, équipés d'un moteur d'avion puissant, et qui tractent les chars endommagés. Shvebig doit faire face aux nombreux problèmes d'embrayage, de transmission et de vitesses du KV-1, trop lourd. Le KV-1 utilise également un moteur diesel et pendant l'hiver, le moindre problème du radiateur provoque une panne immédiate. Sur le T-34, le principal handicap est le système d'injection de carburant dans le moteur. Shvebig et son équipe examinent les nouveaux chars sortis d'usine et réceptionnés des pieds à la tête dès leur arrivée. Ils sont capables ainsi de déterminer les meilleurs centres de production, pour ainsi dire. L'usine de T-34 de Nijni-Tagil est la meilleure seon Shvebig, celle d'Omsk étant la pire, tandis que Chelyabinsk est entre les deux.

    Shvebig raconte : « Le 8 novembre, je me dirige vers le 28ème bataillon de chars, basé dans une clairière près du village d'Andreevka. Je suis dans un véhicule civil, une ZIS-110 ; la plupart des véhicules civils, autour de Moscou, a été abandonnée devant l'avance allemande. Nous avions trouvé la ZIS-110 dans la localité, nous l'avions réparée et conservée pour nous. A ce moment-là, je suis le commandant adjoint de la brigade. Mon prédécesseur s'appelait Shalagin. Un jour, je me rends au QG de la brigade à Novopetrovsk et un raid aérien allemand survient juste après que je sois rentré dans le local de la section technique. Je sprinte dans la cour avant que la maison ne soit pulvérisée. Shalagin est blessé aux deux jambes et meurt avant d'arriver à l'hôpital. Et je me retrouve commandant adjoint. Quoiqu'il en soit, la ZIS-110 est un véhicule confortable, la route est bonne et nous roulons vite. A peu près à un kilomètre avant d'arriver au bataillon, nous devons stopper car la route est coupée par une tranchée profonde et les deux côtés sont bordés par des bois. Je laisse le conducteur et marche à pied vers le bataillon, quand soudain j'aperçois deux Allemands en tenue de camouflage, avec leurs casques, cachés dans les buissons. Chacun d'entre deux porte une ceinture avec un couteau à gauche et une grenade à droite. Je me couche par terre et tire au pistolet dans l'espoir d'attirer l'attention du chauffeur et du bataillon. Mon chauffeur arrive et repousse les Allemands dans les bois en ouvrant le feu avec son pisolet-mitrailleur. Mis au courant, le capitaine Agopov, commandant le bataillon, envoie immédiatement des patrouilles pour débusquer les Allemands, qui sont capturés une demi-heure après. Durant leur interrogatoire, ils se montrent particulièrement arrogants : ils disent « Moscou est kaput ! » et prétendent que leur capture n'est qu'un coup du sort temporaire. » .

    Le 16 novembre, les Allemands atteignent la route Volokolamsk-Moscou. La brigade n'a plus que 2 chars opérationnels et et évacuée vers la rivière Istra pour se réorganiser et réparer les chars endommagés. Shvebig coupe par les bois pour éviter un raid aérien allemand et se retrouve au milieu d'une colonne de T-34 dans une clairière. Il se rend compte alors que les équipages parlent en allemand ! Il réussit pourtant à s'échapper avec son engin. La brigade est recomplétée et aligne bientôt 8 KV-1, 22 T-34 et 34 T-60. Mais elle n'est engagée à nouveau que le 20 avril 1942, à l'est de Rjev...


    Source :


    Témoignage recueilli sur Iremember.ru

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    Le hors-série n°32 du magazine 2ème Guerre Mondiale est consacré aux batailles en Hongrie de 1944-1945. Il est signé Jean-Philippe Liardet, responsable de Conflits et Stratégie (qui édite l'ensemble du label Champs de bataille), et habitué du sujet, puisqu'il a déjà réalisé plusieurs articles ou numéros de magazines sur un sujet approchant.

    Après une brève présentation de la Hongrie pendant l'entre-deux-guerres, Jean-Philippe Liardet revient sur l'engagement du pays aux côtés de l'Allemagne, en particulier à l'est, entre 1941 et 1943. Le contentieux avec la Roumanie empoisonne les relations au sein de l'Axe et, au moment de la contre-offensive soviétique autour de Stalingrad, les troupes hongroises sont décimées sur le Don.

    La Honved est donc réorganisée dès l'automne 1943 et quand l'Armée Rouge atteint les Carpathes, en mars 1944, l'armée allemande occupe la Hongrie pour prévenir une défection probable d'un allié chancelant. L'armée hongroise, refondue et en partie rééquipée de matériel allemand, montre certaines qualités, mais qui ne peuvent compenser les propres faiblesses d'une Wehrmacht alors en perte de vitesse, notamment sur le plan humain. Le 20 août 1944, l'offensive soviétique met la Roumanie hors-jeu et la retourne contre l'ancien allié allemand, tout en permettant à l'Armée Rouge de contourner par le sud les Carpathes. En remontant vers le nord et la plaine hongroise, les Fronts d'Ukraine subissent encore, en octobre 1944, un revers tactique conséquent autour de Debrecen, mais qui n'influe en rien sur la situation stratégique.




    Les Soviétiques reprennent l'offensive en direction de Budapest en novembre et la capitale hongroise est définitivement encerclée en décembre. Près de 80 000 soldats allemands et hongrois sont pris au piège. Alors que les Soviétiques investissent la ville, assez lourdement défendue, Hitler dépêche sa seule réserve notable, le IV. SS-Panzerkorps, pour mener une tentative de dégagement, l'opération Konrad, le 1er janvier 1945. Mais celle-ci, comme les opérations suivantes, Konrad II et III, ne parvient pas à desserrer l'étau. Pest tombe le 16 janvier, juste avant Konrad III, puis Buda le 13 février.

    Hitler continue cependant d'attaquer en Hongrie alors même que l'opération Vistule-Oder pulvérise le front allemand et amène l'Armée Rouge à 60 km de Berlin. Les contre-attaques successives en février-mars 1945, dont l'opération Frühlingserwachen (Réveil de printemps), ne mènent à rien. L'armée hongroise se désintègre progressivement. Le 16 mars, les Soviétiques entament leur offensive en direction de Vienne, atteinte dès la mi-avril. Pour l'auteur, c'est surtout la contre-offensive des Ardennes qui, au final, empêche les Allemands de stabiliser correctement la situation à l'est et en particulier en Hongrie.




    Ce hors-série est clairement orienté vers la vulgarisation : d'une lecture simple, le récit des opérations coule bien, même si quelques cartes supplémentaires n'auraient pas été de trop, en particulier pour suivre les contre-attaques allemandes de 1945. L'illustration est un autre point fort du numéro, avec de nombreuses photos parfois originales et bien légendées et les beaux profils couleurs de Thierry Vallet. Quelques coquilles sont passées au travers de la relecture. Le défaut principal, à mon sens, tient à qui connaît déjà le travail de Jean-Philippe Liardet sur ces combats en Hongrie : l'auteur évoque essentiellement le côté allemand et hongrois et néglige le côté soviétique. Celui-ci se résume dans le hors-série à quelques phrases de généralités et au listing des unités qui font face aux Allemands. Rien n'est dit sur la performance stratégique, opérative ou tactique de l'Armée Rouge, une absence que l'on peut constater également dans les encadrés (un chef de front comme Malinovski, présent de bout en bout, en aurait mérité un). L'analyse de Jean-Philippe Liardet trouve donc là sa principale limite, ce qui est confirmé avec la bibliographie indicative (commentée) citée p.78 qui ne comprend que des ouvrages abordant le côté allemand et hongrois. En résumé, un bon hors-série pour ceux qui veulent encore un aperçu de la dimension allemande et hongroise des combats, mais pas pour ceux qui recherchent un point de vue équilibré entre les deux camps.

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    Aujourd'hui, sur L'autre côté de la colline, David François nous parle de l'opération Unthinkable. Une opération qui porte bien son nom ! Je vous laisse découvrir ce passionnant article, en attendant le mien le 10 mai (en cours d'écriture) et celui d'Adrien Fontanellaz le 20 mai.

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    Derek S. Zumbro est professeur à l'université de Floride occidentale. Il s'intéresse particulièrement à l'Allemagne, à l'histoire militaire et en particulier celle de la Seconde Guerre mondiale. Actuellement, ses recherches portent sur la ville de Nuremberg pendant la période nazie.

    Dans cet ouvrage, paru en 2006, Zumbro se propose de retracer l'histoire de l'encerclement et de la reddition du Groupe d'Armées B allemand, dans la Ruhr. Walther Model, le chef du Groupe d'Armées B, qui se suicide pour échapper à la capture le 21 avril 1945, est une figure centrale de ce récit. Zumbro propose une histoire vue "d'en bas", reposant sur des témoignages essentiellement allemands (ou des interviews, comme celles des officiers de l'état-major de Model), pour illustrer à la fois les rapports entre soldats américains et soldats et civils allemands, mais aussi la désintégration de la Wehrmacht dans les derniers mois de a guerre à l'ouest. Son travail montre aussi l'impact des bombardements aériens alliés sur l'armée allemande et l'intensité des combats alors que les Anglo-Américains entrent sur le sol de la Mère-Patrie. Zumbro met également en évidence de nombreux cas où des civils allemands dressant des drapeaux blancs sur leurs maisons à l'arrivée des Américains ont été abattus par les hommes de la Wehrmacht. Mais le coeur de son propos est surtout de décrire comment l'Allemand défait rencontre et considère le vainqueur américain.

    J'avoue avoir été un peu déçu à la lecture de ce gros ouvrage (plus de 400 pages bien denses, quand même). On a en effet ici à faire à une collection de témoignages, surtout allemands, qui certes s'inscrivent dans cette tendance récente (enfin... de 20 ans déjà, au moins) à examiner la guerre vue d'en bas, une sorte de micro-histoire, mais qui néglige complètement la macro-histoire qui certes, auparavant, avait le dessus. Contrairement à certaines autres recensions de ce livre, je ne trouve pas pour ma part que l'équilibre soit là. On suit certes les décisions prises par Hitler et répercutées par le Groupe d'Armées B, avant de descendre à l'échelon du simple soldat, mais tout cela est trop confus pour offrir un tableau clair. Et ce même avec du côté américain, avec l'enveloppement mené par deux pinces mécanisées au nord et au sud (cette dernière à partir de la tête de pont de Remagen) qui se rejoignent près de Paderborn, où ont d'ailleurs lieu des combats assez violents. En revanche, l'auteur, qui présente du côté allemand l'épisode bien connu de Remagen, montre comment la Wehrmacht se désintègre du haut vers le bas tout simplement parce que les ressources manquent pour établir une barrière efficace contre l'adversaire -une situation que les Allemands eux-mêmes constatent et agissent souvent en conséquence, en se repliant.

    Le texte n'est illustré que par deux cartes (!), ce qui est très insuffisant, malgré la présence de deux livrets photos insérés dans le texte. La bibliographie montre que l'auteur emploie surtout des sources primaires (et en particulier les interviews) et des documents officiels, et fort peu les sources secondaires -assez limitées il est vrai. Si l'ouvrage de Zumbro apporte quantité de descriptions des engagements de moindre envergure ayant eu lieu pendant la bataille de la poche de la Ruhr, il faut aussi noter qu'il manque parfois de précision sur les troupes ou matériels engagées, et qu'il comment des erreurs factuelles (bataille d'Aix-la-Chapelle, en octobre 1944, évoquée au début du livre ; bataille de Cologne, début mars 1945, etc). Ce n'est donc pas, pour moi, l'ouvrage de référence sur la question : il faut le compléter par d'autres lectures.

     

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    Dans un futur proche. Le jeu illégal Avalon a le vent en poupe chez une jeunesse désorientée, à la recherche de sensations fortes. Mais le jeu entraîne des comportements addictifs : certains joueurs finissent par perdre leur esprit dans Avalon, leurs corps demeurant à l'état végétatif. On les appelle les non-revenus. Le nom d'Avalon est tiré de l'île du même nom des légendes arthuriennes, où reposent les âmes des héros tombés au combat. Ash (Malgorzata Foremniak), une joueuse d'Avalon, a gagné suffisamment d'expérience pour devenir un personnage de classe A, la plus puissante, et gagner ainsi sa vie en effectuant des missions du jeu. Elle opère en solitaire après avoir été membre d'une des nombreuses équipes de joueurs qui opèrent dans Avalon, les Wizards, qui a éclaté sans que l'on sache trop pourquoi. Ash rencontre un jour un de ses anciens coéquipiers, Stunner (Bartek Swiderski), qui lui apprend que l'ancien leader des Wizards, Murphy (Jerzy Gudezko), s'est transformé en non-revenu. Murphy a essayé d'accéder à une classe secrète du jeu, la classe Spécial-A, qui permet d'engranger encore plus de points d'expérience. Ash se met alors en tête d'accéder à la classe Spécial-A, en cherchant son point d'entrée dans le jeu : une fillette aux yeux tristes qui apparaît aux joueurs ayant accompli les missions les plus périlleuses, surnommée "The Ghost"...

    Voilà un film décapant, tourné en Pologne, à Varsovie entre autres, par un réalisateur nippon. D'ailleurs les acteurs eux-mêmes sont polonais. Tout le propos tourne en fait autour de la confusion entre monde virtuel et monde réel. Et on se laisse prendre facilement au schéma d'entrée, avec le texte de présentation, qui nous laisse entendre que l'on a à faire à un jeu vidéo illégal dans un futur proche. D'abord le monde dans lequel évolue Ash ne ressemble en rien à celui d'un futur proche : comme le font remarquer certaines analyses, ce serait plutôt une représentation de la Pologne à la fin de l'ère soviétique, avant la fin de l'URSS, où l'alimentation est rationnée, où tout est gris et l'air marqué par les fumées des cheminées industrielles. Le nom du jeu ensuite, pose rapidement question : pourquoi appeler un jeu Avalon alors que justement il provoque par addiction des morts cérébrales pour le joueur ? Ironiquement, c'est sans doute pour signifier qu'on s'intéresse moins au jeu qu'à l'histoire des joueurs.

    En réalité, on comprend vite qu'Ash n'est qu'une sorte d'avatar, un personnage dont même le pseudo-quotidien est fictif : le monde virtuel d'Avalon comprend de nombreuses dimensions et les joueurs semblent y graviter un permanence pour fuir un monde qui les désenchante. Ainsi, le nom d'Avalon tiré de la légende arthurienne n'est en fait qu'un prétexte pour introduire à la réflexion sur la confusion entre réel et virtuel. Quand Ash emprunte des livres à la bibliothèque pour se documenter sur Arthur, les pages de ceux-ci sont vides... tout le film est donc une partie de jeu vidéo où l'on pousse Ash à liquider ses souvenirs et regrets de l'époque où elle appartenait aux Wizards, ce qu'elle fait en affrontant, sans trop vouloir le faire, son ancien coéquipier Murphy devenu un non-revenu dans la classe Spécial-A, mais que l'on voit dans une autre dimension en état de mort cérébrale (virtuelle).




    Quand Ash arrive dans la classe Special-A ou classe réelle, on passe du noir et blanc à la couleur, on comprend que rien n'est réel, mais Ash elle-même semble totalement perdue dans cette classe réelle qui ressemble à s'y méprendre à la réalité. Façon de montrer combien les joueurs sont déconnectés par rapport à la vraie vie. Ce qui prouve aussi à quel point le joueur est manipulé, puisqu'elle est forcée d'affronter Murphy et n'a pas vraiment le choix, y compris dans le monde virtuel. Partie de jeu vidéo filmée, un jeu qui ne s'arrête jamais : à la fin, après être venue à bout de Murphy, alors qu'elle poursuit "The Ghost", Ash voit s'afficher : "Bienvenue à Avalon", comme si il n'y avait pour le joueur aucun moyen d'en sortir. Le jeu recrée un quotidien rassurant pour le joueur -le chien : quand celui-ci disparaît, Ash commence à paniquer, d'autant qu'une espèce de bug du jeu laisse entendre les bruits d'hélicoptères des missions- et rend celui-ci complètement dépendant du monde virtuel au point qu'il ne reconnaît même plus la réalité dont s'inspire le niveau classe réelle. La quête du Graal de Ash est ainsi sans fin.

    Sur le plan technique, les décors somptueux de la Pologne post-soviétique (Wroclaw, également) sont complétés par la participation de l'armée nationale qui a fourni des T-72, un Mi-24 et même un ZSU-23/4. L'allié Yannick Harrel me confiait d'ailleurs que la scène où le Shilka tire a dû planifiée à la séquence près car le nombre de munitions était limité ! La même source a fourni également les armes légères (Dragunov, RPG-7) qui équipent les joueurs, ainsi que les fameux couvre-chefs de tankistes soviétiques qui donnent un certain charme aux players !

    Un film à découvrir, assurément. 


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